Les rapporteurs de l’APCE expriment leur profonde inquiétude et leurs attentes à l’approche des procès en Turquie

Les rapporteurs de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) pour le suivi de la Turquie, Thomas Hammarberg (Suède, SOC) et John Howell (Royaume-Uni, CE/AD), ont exprimé leur profonde inquiétude et leurs attentes à l’approche des deux procès de militants de la société civile qui se tiendront en Turquie cette semaine.

« Au cours des derniers mois, nous nous sommes félicités de l’intention déclarée des autorités turques d’étendre la liberté d’expression à l’occasion de la réforme du système judiciaire et de l’élaboration d’un nouveau plan d’action pour les droits de l’homme. Nous espérons maintenant qu’elles saisiront toutes les occasions de transformer leurs bonnes intentions en mesures concrètes. L’acquittement récent de l’écrivaine Asli Erdogan est, dans ce contexte, un geste positif et bienvenu », ont-ils déclaré.

« Cette semaine, nous suivrons avec beaucoup d’attention les audiences de deux procès emblématiques : la prochaine audience du "procès du Parc Gezi", qui concerne 16 militant·es de la société civile accusés d’avoir organisé les manifestations de 2013, qui se tiendra le 18 février 2020, et le "procès de Büyükada" concernant des militants de la société civile ayant participé à un séminaire sur les droits de l’homme en 2017, qui doit reprendre le lendemain », ont-ils ajouté.

« Dans le "procès du Parc Gezi", nous sommes très préoccupés par les condamnations à perpétuité requises contre le philanthrope renommé Osman Kavala, Mücella Yapici et Yigit Aksakoglu, pour avoir prétendument utilisé la coercition et la violence et avoir tenté de renverser le gouvernement, ainsi que par les lourdes peines de prison requises à l’encontre d’autres militant·es pour leur soutien présumé. Nous attendons des juges turcs qu’ils s’inspirent de la récente décision de la Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme, qui a demandé la libération immédiate d’Osman Kavala, et nous espérons que toutes les accusations portées contre les 16 militant·es de la société civile seront abandonnées. »

« Dans le cadre du "procès Büyükada", nous réitérons les appels précédents à l’abandon des charges contre Taner Kiliç, président honoraire d’Amnesty International Turquie - qui risque 15 ans de prison - et à l’acquittement de tous les autres défenseur·es des droits de l’homme poursuivi·es pour des accusations liées au terrorisme », ont-ils déclaré.

« Nous espérons que les autorités turques seront cohérentes avec leurs intentions déclarées, et tiendront pleinement compte des récents arrêts de la Cour constitutionnelle turque sur la liberté d’expression et de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme. Nous avons l’intention de poursuivre l’examen de ces questions et défis lors de notre prochaine visite d’information en Turquie au printemps », ont conclu les corapporteurs.