Miltiadis Varvitsiotis : les restrictions imposées en situation de crise sanitaire doivent être ‘nécessaires, temporaires, proportionnées et constamment réexaminées’

« Face à la pandémie de COVID-19, la population a largement observé les restrictions imposées pour protéger les vies humaines et la santé publique, faisant preuve d'une grande maturité et de respect de la vie humaine », a déclaré Miltiadis Varvitsiotis, le ministre grec délégué aux Affaires européennes, Président du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe, s’exprimant aujourd'hui devant la Commission permanente de l'APCE. « Cela ne signifie pas qu’à l’avenir, les valeurs démocratiques et les libertés fondamentales puissent être restreintes facilement ou sans explications appropriées, dans toute situation d'urgence. Les mesures adoptées dans des situations similaires doivent être nécessaires, temporaires, proportionnées et constamment réexaminées », a-t-il ajouté.

M. Varvitsiotis a souligné que le thème principal de la présidence grecque serait « la protection de la vie humaine et de la santé publique en situation de pandémie – gestion efficace d’une crise sanitaire dans le plein respect des droits de l'homme et des principes de la démocratie et de l'État de droit ». Il a annoncé que la session ministérielle qui se tiendra à Athènes le 4 novembre devrait être l'occasion pour le Comité des Ministres d'adopter un ensemble de prescriptions, sous la forme d'une déclaration politique, sur la manière de protéger les droits de l'homme dans le contexte d'une pandémie.

« Nous avons également l'intention de mettre l'accent sur des priorités thématiques spécifiques concernant les droits, les espoirs et les préoccupations des jeunes, notamment en matière d'éducation et de culture démocratique à l'ère numérique (accès à l'information, aux écoles et aux universités). Ces priorités sont essentielles pour maintenir l'implication des jeunes dans notre processus démocratique par le biais du numérique, mais aussi pour les préserver des fausses informations et de toutes les distorsions de la réalité dans les médias sociaux », a-t-il ajouté.

Parmi les autres priorités de la présidence grecque mentionnées par M. Varvitsiotis figurent la protection des enfants en tant que personnes vulnérables exposées au risque de pauvreté ou victimes de violence, de traite des êtres humains ou de travail forcé, et les mineurs migrants non accompagnés ; la préservation du droit des nouvelles générations de profiter d’un patrimoine culturel à l’abri des répercussions du changement climatique ; ainsi que la Charte sociale européenne et les droits sociaux dans le cadre du Conseil de l'Europe, notamment l'impact de la crise de la pandémie sur le droit des groupes sociaux vulnérables à l’accès aux soins de santé en tant que bien public.

Enfin, le Président du Comité des Ministres a annoncé un certain nombre de conférences ministérielles organisées dans le cadre de la présidence grecque, en particulier la tenue d'une conférence des ministres de la justice sur « l'indépendance de la justice et l'État de droit » à Athènes les 21 et 22 septembre ; une conférence des ministres de l'éducation sur la création d'un "Observatoire pour l'enseignement de l'histoire" à Athènes à la fin du mois d'octobre, ainsi que des conférences des ministres de la culture et des sports.

« Cela serait extrêmement important que la Déclaration d'Athènes fixe un certain nombre de normes à respecter pour de prochaines crises concernant les libertés, les droits, la démocratie, l'État de droit, car, malheureusement, une situation similaire pourrait se produire à l'avenir et, bien que nous sachions que la vie sera différente après toute crise, nos valeurs doivent rester intactes », a déclaré Rik Daems, le Président de l’APCE. « Je suis extrêmement heureux que vous ayez pris en compte le lien entre environnement et droits de l'homme dans le cadre de votre présidence. Les questions relatives au climat et à l’environnement sont cruciales parce que la nature nous a fait le cadeau le plus précieux que chacun d'entre nous puisse recevoir, à savoir la vie – l'article 2 de la Convention parle du ‘droit à la vie’. Il est donc évident que ces deux questions importantes, l'environnement et les droits de l'homme, devraient être liées », a conclu Rik Daems.