COVID-19 : face à la prochaine pandémie, les États doivent agir rapidement et respecter les droits de l'homme

Les États confrontés à de futures crises pandémiques devraient « agir vite pour endiguer toute résurgence, en prenant des mesures efficaces et éprouvées, mises en œuvre dans le respect des droits », a déclaré l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE). Les réponses doivent être « fondées sur des données, basées sur des preuves et comprendre des dispositions relatives aux droits de l'homme ».

La Commission permanente de l'Assemblée débattait d'un rapport d'Andrej Hunko (Allemagne, GUE) sur les « enseignements pour l'avenir » après avoir évalué la manière dont les gouvernements ont réagi à la pandémie - le premier de cinq rapports majeurs sur différents aspects de la COVID-19.

Dans une résolution adoptée aujourd'hui lors d'une réunion par vidéoconférence, les parlementaires ont déclaré que certains États avaient opté pour « le repli nationaliste ainsi que des réponses répressives et autoritaires, plutôt que de réagir posément et généreusement, en adoptant des mesures efficaces, fondées sur des faits établis, coordonnées sur le plan international et respectueuses des droits humains ».

« De nombreux États semblent avoir pris conscience trop tardivement du danger qui les guettait, ou n'ont pas voulu le voir. Même au niveau européen et international, y compris à l'OMS, le sentiment que la réponse a été trop tardive est difficile à dissimuler », ont-ils ajouté.

« L'inaction au début, la lenteur des réponses apportées par la suite, des mesures hâtives et des réouvertures prématurées pourraient bien avoir un coût en termes de pertes humaines, mais aussi de dommages potentiellement durables pour nos systèmes politiques, démocratiques, sociaux, financiers et économiques » ont-ils souligné.

La Commission permanente a énuméré les mesures que les États devraient prendre pour faire face à la COVID-19, notamment la mise en œuvre de la « distanciation physique, autant que possible sur une base volontaire, et - si nécessaire – par le confinement / des fermetures dans le respect des droits pendant la durée nécessaire à la réduction de la propagation active du SRAS-COV-2 au sein de la population jusqu’à un niveau contrôlable grâce à l’utilisation rigoureuse de tests, le traçage des contacts en respectant la protection des données, le placement en quarantaine et l’auto-isolement ».

Toutes les mesures d'intervention en matière de santé publique doivent « respecter les droits humains, intégrer la dimension de genre, impliquer de façon importante les femmes dans la prise de décision et protéger les groupes vulnérables de la population ».

L'APCE a également appelé à une réforme de l'OMS en la rendant indépendante des contributions volontaires pour lui permettre de remplir ses fonctions essentielles, en lui donnant le pouvoir d’effectuer des visites inopinées dans les Etats membres pendant une crise sanitaire, en renforçant le Règlement sanitaire international et en veillant à ce qu'elle soit soumise à un contrôle indépendant, idéalement parlementaire.