La Convention fixe des ‘lignes rouges’ claires qui ne peuvent être franchies, même en cas d’urgence grave de santé publique

« La Convention européenne des droits de l'homme, ainsi que de nombreux autres instruments juridiques du Conseil de l'Europe qui constituent notre système de convention, fixent des ‘lignes rouges’ claires qui ne peuvent être franchies, même en cas d’urgence grave de santé publique », a déclaré aujourd'hui le Président de l'APCE, Rik Daems. « Nous devons protéger la vie de nos citoyens, mais cela ne peut se faire au détriment des droits de l'homme et de la démocratie qui sont les pierres angulaires de nos sociétés et de nos institutions », a-t-il ajouté.

S’exprimant lors de la conférence annuelle 2020 du Programme européen de formation aux droits de l’homme pour les professionnels du droit (HELP) à Strasbourg, Rik Daems a souligné que la pandémie de coronavirus avait mis la démocratie, les droits de l'homme et l'Etat de droit sous une pression extrême. « Pour continuer à défendre ces valeurs dans les moments difficiles, nous sommes guidés par la Convention européenne des droits de l'homme. Cela est particulièrement pertinent aujourd'hui, alors que, dans les circonstances exceptionnelles de la pandémie, la grande majorité – sinon la totalité – de nos États membres ont dû adopter des mesures d'urgence accordant de larges pouvoirs à l'exécutif et limitant l'exercice des libertés individuelles », a-t-il déclaré.

« HELP est bien plus qu'un système de formation », a souligné le Président de l'APCE, « c'est un programme qui s'adapte constamment à la demande. Au cours de cette conférence, par exemple, un nouveau cours sur les droits de l'homme et l'environnement sera présenté. Cela est particulièrement important pour moi et pour l'Assemblée, car lier l'environnement aux droits de l'homme est et devrait être l'une des priorités politiques de notre Organisation. Ces dernières années ont vu une jurisprudence croissante de la Cour de Strasbourg et des tribunaux nationaux en matière d'environnement », a-t-il ajouté.

« Nous devons consolider notre cadre juridique afin de proposer des orientations et des normes claires dans ce domaine. La plus belle chose que la nature nous ait donnée, c'est la vie. L'article 2 de la Convention européenne garantit le droit à la vie. Par conséquent, l'environnement est un droit humain ! Nous nous réjouissons de travailler avec les présidences grecque et allemande du Comité des Ministres pour progresser davantage dans ce domaine », a conclu M. Daems.