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<title> Le terrorisme : une menace pour les démocraties </title>
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<blockquote>
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  <p align="justify"><font face="Verdana" size="3"><b><span lang="FR">Le 
  terrorisme : une menace pour les démocraties</span></b></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><b><span lang="FR">Doc. 10056</span></b><span lang="FR"><br>
  27 janvier 2004</span></font></p>
  <p align="justify"><b><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">Rapport</span></font></b><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR"><br>
  Commission des questions politiques<br>
  Rapporteur&nbsp;: M. Murat Mercan, Turquie, Groupe du Parti populaire européen</span></font></p>
<hr size="1">
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><i><span lang="FR">Résumé</span></i></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">Le terrorisme est 
  devenu un phénomène plus redoutable au cours des dix dernières années. 
  L'existence de réseaux terroristes internationaux est maintenant un fait 
  établi. Grâce à la puissance destructrice accrue dont ils disposent, ces 
  réseaux cherchent à déstabiliser des régimes et à ruiner les valeurs 
  démocratiques.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">Après une longue 
  période de léthargie, les pays démocratiques ont maintenant commencé à faire 
  preuve de fermeté dans la lutte contre le terrorisme. Les mesures prises à 
  l'échelle nationale et internationale se multiplient, mais elles n'ont pas 
  encore atteint un niveau optimum. Il y a des divergences entre les partenaires 
  de l'Alliance atlantique pour ce qui est de la perception de la menace et des 
  méthodes employées.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">Le cadre législatif 
  est morcelé et incomplet. Malgré ses efforts, les Nations Unies ne sont pas 
  parvenues à élaborer une convention générale sur la lutte contre le 
  terrorisme. Le rapport invite les Etats membres plus homogène du Conseil de 
  l'Europe à surmonter les obstacles, y compris la définition du terrorisme. Le 
  Comité des Ministres est invité à entamer sans délai des travaux pour élaborer 
  une convention générale.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><b><span lang="FR">I.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Projet de recommandation <i>[<a href="../../../Documents/AdoptedText/TA04/FREC1644.htm">Lien 
  vers le texte adopté</a>]</i></span></b></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;Assemblée parlementaire rappelle ses textes antérieurs, en particulier les
  </span><a href="../../AdoptedText/TA01/FREC1534.htm">Recommandations 1534 
  (2001)</a><span lang="FR"> et </span>
  <a href="../../AdoptedText/TA02/FREC1550.htm">1550 (2002)</a><span lang="FR">, 
  ainsi que les réponses y afférentes du Comité des Ministres, qui sont 
  globalement positives.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Elle observe que des attentats terroristes particulièrement violents ont été 
  perpétrés dans différentes parties du monde depuis le 11 septembre 2001, et 
  que l&#146;existence d&#146;une menace terroriste mondiale est aujourd&#146;hui un fait bien 
  établi.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;Assemblée exprime sa plus profonde sympathie aux familles des victimes et à 
  tous ceux blessés ou autrement atteints par les récents attentats terroristes 
  en Russie et en Turquie.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Tandis que l&#146;amélioration de la coopération internationale, le renforcement 
  des mesures de sécurité nationale et l&#146;accroissement du nombre de 
  ratifications de différents instruments juridiques internationaux sont des 
  signes positifs dans la lutte contre le terrorisme, il existe encore des 
  lacunes au niveau des législations, de la surveillance des frontières et des 
  accords en matière de poursuite et d&#146;extradition&nbsp;; les terroristes exploitent 
  ces lacunes.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">5.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Dans ce contexte, l&#146;Assemblée se félicite de la création par les Nations Unies 
  d&#146;un Comité contre le terrorisme à la suite de la 
  <a href="../../../UNDocs/UNRES1373(2001)F.pdf">Résolution 1373 (2001)</a> du 
  Conseil de Sécurité, de l&#146;adoption par le Conseil de l&#146;Union européenne d&#146;une 
  Position commune et de Décisions-cadres, qui constituent une initiative 
  majeure en faveur d&#146;une approche structurée de la lutte contre le terrorisme, 
  et de la mise en place par le Conseil de l&#146;Europe d&#146;un Comité d&#146;experts sur le 
  terrorisme (CODEXTER) dans l&#146;objectif de renforcer et coordonner l&#146;action de 
  l&#146;Organisation dans ce domaine.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">6.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Cependant, l&#146;Assemblée est convaincue qu&#146;une nouvelle impulsion est nécessaire 
  pour envoyer au public un signal clair, reflétant l&#146;importance des efforts 
  multilatéraux. C&#146;est pourquoi l&#146;élaboration d&#146;une convention générale composée 
  de fragments de textes juridiques existants et de nécessaires nouveaux 
  éléments serait d&#146;une grande utilité dans la lutte contre le terrorisme, comme 
  l&#146;Assemblée l&#146;a souligné dans son </span>
  <a href="../../AdoptedText/TA03/FOPI242.htm">Avis n°&nbsp;242 (2003)</a><span lang="FR"> 
  sur le projet de Protocole à la Convention de 1977.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">7.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Malgré les progrès déjà obtenus en la matière, les possibilités d&#146;y parvenir 
  dans le cadre des Nations Unies sont quasiment inexistantes en raison de la 
  difficulté de définir le terrorisme. Un groupe d&#146;Etats plus homogène comme les 
  Etats membres du Conseil de l&#146;Europe devrait être en mesure de surmonter cet 
  obstacle.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">8.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;Assemblée est convaincue que le motif qui sous-tend un acte de terrorisme ne 
  modifie nullement la nature de cet acte. Dans les pays démocratiques, le 
  terrorisme n&#146;a aucune justification et doit être considéré comme illégal, 
  atroce, inacceptable et comme un crime contre l&#146;humanité.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">9.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Comme l&#146;Assemblée l&#146;a constamment déclaré par le passé, l&#146;action contre le 
  terrorisme doit toujours être compatible avec les libertés fondamentales et 
  les droits de l'homme, qu'elle a vocation à protéger. Cela est 
  particulièrement vrai pour les Etats membres du Conseil de l&#146;Europe qui 
  devraient également être conscients des raisons profondes de la nature 
  changeante du terrorisme et promouvoir le dialogue entre les cultures et les 
  religions.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">10.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;Assembéle est convaincue que les causes profondes qui assurent au terrorisme 
  une base favorable et une vaste portée devraient être étudiées.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">11.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;Assemblée demande au Comité des Ministres de&nbsp;:</span></font></p>
  <blockquote>
    <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">i.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    commencer sans tarder à travailler à l&#146;élaboration d&#146;une convention générale 
    du Conseil de l&#146;Europe sur le terrorisme, en tenant compte des observations 
    suivantes&nbsp;:</span></font></p>
    <ul>
      <li>
      <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">la convention 
      devrait s&#146;appuyer sur l&#146;acquis normatif des instruments juridiques des 
      Nations Unies, du Conseil de l&#146;Europe et de l&#146;Union européenne, ainsi que 
      d&#146;autres textes, en les développant dans de nouveaux domaines&nbsp;;</span></font></li>
      <li>
      <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">elle doit inclure 
      une définition du terrorisme et des actes terroristes ne permettant pas de 
      définir des crimes terroristes comme des actes à motivation politique, ou 
      de les assimiler à de tels actes&nbsp;;</span></font></li>
      <li>
      <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">elle ne doit pas 
      comporter de dispositions autorisant les réserves&nbsp;;</span></font></li>
      <li>
      <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">elle doit 
      impérativement traiter les aspects importants tels que le partage de 
      l&#146;information, la création d&#146;un mandat d&#146;arrêt paneuropéen, la poursuite 
      et le jugement d&#146;actes commis dans plus d&#146;un pays ou touchant plus d&#146;un 
      pays, les ressources financières, l&#146;extradition, la protection des témoins 
      et des collaborateurs de justice, la réparation des dommages subis par les 
      victimes, la sécurité et le contrôle des substances potentiellement 
      dangereuses, les mesures préventives y compris l&#146;utilisation des 
      empreintes génétiques, les techniques spéciales d&#146;investigation, 
      l&#146;utilisation de l&#146;Internet et d&#146;autres systèmes de télécommunication par 
      les réseaux terroristes, l&#146;assistance mutuelle&nbsp;;</span></font></li>
      <li>
      <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">elle doit être 
      assortie d&#146;un mécanisme de contrôle afin d&#146;assurer son application 
      effective&nbsp;;</span></font></li>
      <li>
      <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">inclure ce point à 
      l&#146;ordre du jour du 3<sup>ème</sup> Sommet des Chefs d&#146;Etats et de 
      Gouvernements du Conseil de l&#146;Europe&nbsp;;</span></font></li>
    </ul>
    <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">ii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    inviter, dans l&#146;intervalle, les Etats membres&nbsp;:</span></font></p>
    <blockquote>
      <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">a.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
      à ratifier les conventions existantes ou à informer le Comité des 
      Ministres et l&#146;Assemblée des raisons de ne pas le faire, en particulier la 
      Convention européenne pour la répression du terrorisme (1977) en 
      conjonction avec son Protocole (2003), la Convention européenne 
      d&#146;extradition (1957) et ses Protocoles additionnels (1975 et 1978), la 
      Convention européenne sur la transmission des procédures répressives 
      (1972), la Convention relative au blanchiment, au dépistage, à la saisie 
      et à la confiscation des produits du crime (1990)&nbsp;;</span></font></p>
      <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">b.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
      à condamner fermement les pays qui encouragent, aident, soutiennent 
      financièrement ou abritent des terroristes, et à prendre des mesures 
      appropriées, économiques et autres, à l&#146;encontre de ces pays&nbsp;;</span></font></p>
      <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">c.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
      à promouvoir la démocratie et les droits de l&#146;homme dans leurs relations 
      avec l&#146;étranger et à s&#146;abstenir, à l&#146;égard de régimes despotiques et 
      obscurantistes, de toute complaisance motivée par des intérêts 
      stratégiques et économiques&nbsp;;</span></font></p>
    </blockquote>
    <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">iii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    étudier, en concertation avec l&#146;Union européenne, la possibilité de 
    transformer EUROPOL en une agence paneuropéenne efficace, dotée de moyens 
    adéquats pour faire face au terrorisme international&nbsp;;</span></font></p>
    <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">iv.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    réitérer l&#146;appel aux Etats membres, comme énoncé dans la Recommandation 
    1534, «&nbsp;d&#146;étudier d&#146;urgence la possibilité d&#146;amender et d&#146;élargir le Statut 
    de Rome, pour donner à la Cour pénale internationale la compétence de juger 
    les actes relevant du terrorisme international&nbsp;».</span></font></p>
  </blockquote>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><b><span lang="FR">II.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Exposé des motifs par le Rapporteur</span></b></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><b><span lang="FR">I.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Introduction</span></b></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le 21ème siècle a débuté par une vague de terrorisme d&#146;une extraordinaire 
  violence, en raison non seulement de la disponibilité d&#146;un effarant arsenal 
  d&#146;armes, mais aussi d&#146;experts en armes et en explosifs. Les conséquences 
  meurtrières des attentats perpétrés depuis le 11&nbsp;septembre ont atterré 
  jusqu&#146;aux experts les plus aguerris en matière de terrorisme.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les actes de terrorisme, dans leur brutalité, entraînent la perte, sans 
  distinction, de vies humaines. Les personnes directement touchées vivent dans 
  la terreur et dans un sentiment odieux d&#146;injustice. Celles qui se trouvent à 
  une distance apparemment plus respectable de ces événements prient de ne 
  jamais se trouver confrontées à ce terrible fléau. Les terroristes atteignent 
  donc leur but, qui est de terroriser. Le terrorisme vise l&#146;essence même de la 
  démocratie. Il cherche à faire pression auprès de l&#146;État et des citoyens 
  respectueux de la légalité, afin qu&#146;ils acceptent des choix politiques 
  contraires aux principes de la démocratie.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Dans le sillage des attentats du 11 septembre, nous avons défini le terrorisme 
  comme constituant une violation caractérisée des droits de l&#146;homme et avons 
  réaffirmé notre détermination commune à combattre ce fléau, quels que soient 
  son origine, sa cause et ses buts. Malheureusement, cette position commune 
  vacille sur ses bases.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les alliances existantes n&#146;ont pas été en mesure de répondre avec la célérité 
  nécessaire à cette menace contre la sécurité. Par conséquent, les États-Unis 
  ont mis en place un nouveau concept de «&nbsp;coalitions de bonne volonté&nbsp;» entre 
  Etats et exprimé leur forte résolution à agir, y compris unilatéralement et si 
  nécessaire au détriment de l&#146;ONU, de l&#146;OTAN et d&#146;autres institutions 
  internationales. Nous savons ce qui en a résulté&nbsp;: tensions entre partenaires 
  de l&#146;Alliance atlantique et désarroi parmi tous ceux qui, dans le monde, 
  croyaient et continuent à croire aux vertus de l&#146;initiative multilatérale et à 
  la suprématie du droit international.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">5.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Il est donc indispensable que les démocraties débattent, ensemble, de leurs 
  dispositifs d&#146;intervention et de leurs critères communs en temps voulu et non 
  lorsque la catastrophe arrive. Nous avons tiré de douloureux enseignements de 
  cette expérience, nous devons désormais nous tourner vers l&#146;avenir.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><b><span lang="FR">II.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La nature changeante du terrorisme</span></b></font></p>
  <blockquote>
    <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">Vers une 
    mondialisation du terrorisme&nbsp;?<br>
    Comparaison avec les mouvements terroristes précédents<br>
    Recherche du «&nbsp;chaos&nbsp;» / absence de projet politique / absence de 
    revendications précises / aucune négociation<br>
    Augmentation des moyens financiers et du pouvoir de destruction <br>
    Armes de destruction massive et terrorisme : les limites seront-elles 
    franchies&nbsp;?</span></font></p>
  </blockquote>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">6.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Entre les années 1960 et 1980, le terrorisme était principalement le produit 
  de la Guerre froide ou l&#146;expression de certains mouvements nationalistes, 
  séparatistes et extrêmistres&nbsp;: l&#146;IRA, l&#146;ETA, la Fraction Armée 
  rouge(Allemagne), les Brigades rouges (Italie) et le FLNC (Corse) sont parmi 
  les plus connus. Ensuite, avec Abou Nidal et Carlos, le terrorisme a pris une 
  nouvelle dimension et une nouvelle ampleur, aussi bien sur le plan 
  géographique qu&#146;idéologique. Quoiqu&#146;il en soit, les mouvements terroristes 
  restaient limités dans leur portée et relativement prévisibles&nbsp;; leur action 
  était principalement parrainée par certains États. Leurs principales cibles 
  étaient les diplomates, les militaires, les policierset certains hauts 
  fonctionnaires. On trouvait aussi des victimes parmi les civils, mais cela 
  était rare.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">7.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Au cours des années 1980 et au début des années 1990, la dégradation de la 
  situation au Moyen-Orient, la prise de conscience croissante des questions 
  d&#146;appartenance ethnique dans le monde et la multiplication des conflits ont 
  entraîné une recrudescence des attentats terroristes dans de nombreux pays et 
  en particulier au Liban, en Israël, au Pakistan, en Inde, au Sri-Lanka et en 
  Turquie. De nouveaux groupes terroristes, comme le PKK, le Hezbollah, le Jihad 
  islamique ou le LTTE, pour n&#146;en citer que quelques uns, ont alors intensifié 
  leurs activités. En outre, c&#146;est aussi à cette époque qu&#146;a commencé à se 
  répandre la méthode terroriste consistant à détourner des vols. À l&#146;époque, 
  les démocraties occidentales n&#146;avaient pas encore entièrement saisi l&#146;ampleur 
  de ce mouvement et la controverse allait bon train quant à la définition du 
  terrorisme&nbsp;! Qui pouvait-on qualifier de terroriste,de guérillero pour la 
  libération, decombattant pour la liberté, de fou&nbsp;? Dans quels cas les actes de 
  terrorisme constituaient-ils une réaction au terrorisme d&#146;État, etc.&nbsp;?</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">8.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Pendant ce temps, avec la chute du communisme et la mondialisation de 
  l&#146;économie, le monde s&#146;est trouvé confronté à une nouvelle situation&nbsp;: la 
  Guerre froide terminée, le clivage traditionnel entre la gauche et la droite, 
  qui s&#146;était jusqu&#146;alors appliqué aussi au terrorisme, s&#146;est estompé. Dans le 
  même temps, dans les pays démocratiques, la protection des droits des 
  minorités a connu un élan sans précédent, étayant ainsi les arguments des 
  extrémistes ethniques. Toutefois, le Nouvel ordre mondial, caractérisé par la 
  domination d&#146;un pays et de son idéologie politique et économique, a donné 
  naissance à un nouveau type de terrorisme&nbsp;: le super-terrorisme ou terrorisme 
  mondial. Ce terrorisme a pour objectif de mettre au défi une super-puissance 
  et un système mondial. Il se considère agressé par le système politique, la 
  culture et l&#146;arrogance de l&#146;Occident et cherche à détruire ses symboles, à 
  savoir les tours jumelles (le World Trade Centre). Ses ambitions sont grandes 
  et il se nourrit d&#146;ignorance et de fanatisme religieux, mais aussi d&#146;un 
  sentiment croissant d&#146;injustice au sein des populations musulmanes, en raison 
  du conflit israélo-palestinien.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">9.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le terrorisme mondial se distingue des mouvement précédents à de nombreux 
  égards&nbsp;:</span></font></p>
  <ul>
    <li>
    <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">il pousse la 
    violence terroriste à l&#146;extrême&nbsp;;</span></font></li>
    <li>
    <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">il peut frapper à 
    tout moment, en tout lieu, il est imprévisible&nbsp;;</span></font></li>
    <li>
    <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">il ne veut pas 
    négocier et ne cherche pas la publicité&nbsp;; l&#146;objectif de ce nouveau 
    terrorisme est le «&nbsp;chaos&nbsp;», son projet politique est imprécis et ses 
    revendications vagues&nbsp;;</span></font></li>
    <li>
    <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">ses cibles sont 
    diverses&nbsp;: bâtiments officiels et militaires, centres financiers, touristes 
    et badauds innocents&nbsp;;</span></font></li>
    <li>
    <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">il dispose de moyens 
    financiers considérables et ses liens avec certaines activités criminelles 
    comme le trafic d&#146;armes et de drogues, le blanchiment d&#146;argent, etc. sont 
    indéniables (bien que cette règle s&#146;applique aussi aux mouvements 
    terroristes antérieurs)&nbsp;;</span></font></li>
    <li>
    <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">son organisation est 
    souple et très étendue&nbsp;: il entretient des relations&nbsp; avec des 
    organisations locales et il commandite des projets précis dans différentes 
    régions&nbsp;; sa structure ressemble à celle d&#146;une entreprise, sans qu&#146;il existe 
    toutefois un siège opérationnel&nbsp;; il fonctionne à la façon d&#146;une 
    «&nbsp;nébuleuse&nbsp;» (Al Qaeda)&nbsp;;</span></font></li>
    <li>
    <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">il recrute sa main 
    d&#146;&#156;uvre dans différentes régions du monde, parmi une jeunesse formée, 
    disposant de compétences techniques et appartenant à un groupe national, 
    ethnique ou religieux donné. Contrairement à une vue communément admise, le 
    recrutement ne s&#146;effectue plus exclusivement auprès des éléments les plus 
    défavorisés et marginalisés de la population. Il s&#146;agit parfois d&#146;individus 
    insatisfaits, d&#146;une façon ou d&#146;une autre, mais aucunement de personnes 
    isolées ou déséquilibrées. Ces personnes sont persuadées d&#146;avoir une mission 
    à accomplir.</span></font></li>
    <li>
    <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">enfin, le terrorisme 
    mondial fait appel à des moyens toujours plus perfectionnés&nbsp;: Internet, 
    suivi de comptes bancaires, chiffrement des communications et interception 
    des communications entre responsables des pouvoirs publics. Les terrorismes 
    utilisent la vidéo à des fins de propagande et des comptes offshore pour 
    leurs transferts d&#146;argent. Ils sont en mesure d&#146;embaucher des spécialistes 
    financiers et juridiques bien rémunérés. En revanche, leur accès aux armes 
    de destruction massive (armes chimiques, biologiques et nucléaires) n&#146;est 
    pas clairement établi.</span></font></li>
  </ul>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">10.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Ce dernier point mérite d&#146;ailleurs d&#146;être développé. Pendant de nombreuses 
  décennies, un équilibre tacite et fragile s&#146;était créé entre la violence 
  terroriste et la répression d&#146;État. Les terroristes savaient que si la 
  violence de leurs actes ou le nombre de victimes dépassaient certaines 
  limites, cela créerait une réaction populaire massive entraînant des mesures 
  musclées de la part de l&#146;État et des forces de sécurité. Les terroristes 
  choisissaient donc leurs cibles dans le but de susciter la peur et la panique, 
  et dans l&#146;espoir de conserver une position pour négocier. Les armes employées 
  possédaient une puissance de destruction limitée. L&#146;État, pour sa part, 
  s&#146;abstenait en général de toute répression radicale, non seulement par 
  aversion pour toute action risquant de compromettre les droits fondamentaux 
  des personnes, mais aussi, délibérément, pour ne pas susciter l&#146;opposition de 
  ses adversaires modérés et accroître les rangs des contestataires violents. 
  Cet «&nbsp;équilibre&nbsp;» a été rompu lorsque l&#146;on a soupçonné les terroristes de 
  vouloir accéder aux armes de destruction massive. Aujourd&#146;hui, les limites 
  pourraient être franchies par une partie comme par l&#146;autre.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">11.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Un certain nombre d&#146;incidents incite à penser que les terroristes ont 
  effectivement cherché à franchir cette limite. Ainsi, en avril 1998, Asad 
  Al-Tamimi, du Jihad islamique palestinien, a évoqué pour la première fois 
  cette éventualité à l&#146;occasion d&#146;une cérémonie de commémoration. L&#146;attaque au 
  gaz sarin dans le métro de Tokyo par le membre d&#146;une secte, était aussi le 
  signe alarmant d&#146;intentions apocalyptiques. Larry Wayne Harris, des Nations 
  aryennes a été arrêté en 1995 aux États-Unis&nbsp;: il était en possession 
  d&#146;anthrax et de la bactérie responsable de la peste bubonique. Après les 
  attentats à la bombe à Nairobi, Oussama Ben Laden avait affirmé qu&#146;il 
  cherchait depuis 1993 à se procurer des armes chimiques (<i>New York Times</i> 
  du 5 novembre 1998).</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">12.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Selon certains spécialistes, trois principaux facteurs devraient entraîner 
  l&#146;escalade vers l&#146;emploi d&#146;armes de destruction massive par les terroristes.</span></font></p>
  <ul>
    <li>
    <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">Premièrement, le 
    terrorisme fait toujours plus de victimes, au fil des années. Les incidents 
    sont plus nombreux et le nombre de morts augmente. Cette tendance est 
    statistiquement irréfutable.</span></font></li>
    <li>
    <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">Deuxièmement, à la 
    suite de la chute de l&#146;Union soviétique, les contrôles sur l&#146;utilisation des 
    matières chimiques, biologiques et nucléaires se sont considérablement 
    relâchés, tandis que, dans le même temps, des scientifiques disposant d&#146;une 
    certaine expérience dans le domaine des armes de destruction massive 
    accédaient au marché international.</span></font></li>
    <li>
    <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">Troisièmement, 
    depuis les attentats du 11 septembre, la lutte est sans merci et un point de 
    non retour a été atteint. Les terroristes chercheront indéniablement à 
    repousser encore plus loin les limites des technologies dont ils disposent.</span></font></li>
  </ul>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">13.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Quoiqu&#146;il en soit, il n&#146;est pas encore établi que les terroristes aient accès 
  aux armes de destruction massive et qu&#146;ils soient en mesure de les 
  transporter. On ne sait pas non plus si l&#146;emploi de ces armes est une 
  stratégie viable pour eux. L&#146;une des principales raisons plaidant contre 
  l&#146;emploi de ces armes demeure leur coût. En outre, la manipulation d&#146;armes de 
  destruction massive requiert un niveau de compétences très élevé et comporte 
  des risques importants pour les personnes chargées de cette tâche. Il n&#146;est 
  pas évident que certaines organisations locales apportent leur coopération à 
  de tels projets, parce qu&#146;elles risqueraient ainsi de faire des victimes dans 
  leurs propres rangs. (Ainsi, un attentat contre Israël avec des armes de 
  destruction massive entraînerait des dommages collatéraux considérables parmi 
  les civils palestiniens.) En outre, une condamnation par l&#146;ensemble de la 
  communauté internationale aurait aussi un effet dissuasif, en privant les 
  organisations terroristes du soutien financier de leurs sympathisants 
  «&nbsp;modérés&nbsp;». Au total, le terrorisme pour raisons politiques a&nbsp;peu à gagner de 
  l&#146;utilisation d&#146;armes de destruction massive. En revanche, cette règle ne 
  s&#146;applique ni aux sectes religieuses obscures, ni aux individus déséquilibrés<a href="#_ftn1" name="_ftnref1" title>[1]</a>.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><b><span lang="FR">III.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Une menace mondiale requiert une réaction mondiale&nbsp;: réussites et échecs de la 
  coopération européenne et internationale</span></b></font></p>
  <blockquote>
    <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">De la léthargie à 
    l&#146;action<br>
    Mesures préventives et droits de l&#146;homme&nbsp;: un délicat équilibre<br>
    La nécessaire amélioration des activités de renseignement et de systèmes 
    d&#146;alerte avancée<br>
    Coopération entre les États-Unis et l&#146;Europe : différences de perception de 
    la menace&nbsp;; normes relatives à la protection des données&nbsp;; règles 
    d&#146;extradition&nbsp;; peine de mort<br>
    Importance de la solidarité internationale à la suite d&#146;attentats 
    terroristes importants</span></font></p>
  </blockquote>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">14.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le terrorisme constitue une menace mondiale. Personne n&#146;en est à l&#146;abri. Le 
  terrorisme n&#146;a ni religion, ni ethnie, ni couleur de peau, ni race, ni 
  principes. La riposte à un phénomène mondial à une telle échelle requiert un 
  effort mondial. La coopération internationale est indispensable pour combattre 
  cette menace. Cela est particulièrement important compte tenu de la difficulté 
  désespérante à qualifier le terrorisme, mais aussi de la facilité qu&#146;il y a à 
  associer ces actes atroces à certains groupes de personnes. Ce piège doit être 
  évité. Car l&#146;un des buts du terrorisme est de diviser. «&nbsp;L&#146;union fait la 
  force&nbsp;»&nbsp;: ce dicton s&#146;applique aussi à la lutte contre le terrorisme.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">15.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Nous devons donc nous unir et faire preuve de détermination et de solidarité. 
  Des déclarations hâtives comme «&nbsp;Le terrorisme ne vaincra pas&nbsp;» ne sont pas 
  suffisantes, voire prêtent parfois à confusion. Nous devons analyser 
  correctement le passé et renforcer notre vigilance. Car «&nbsp;vaincre&nbsp;», pour les 
  terroristes, peut signifier autre chose&nbsp;: cela peut vouloir dire gagner du 
  temps, forcer les démocraties à négocier. Aucun groupe terroriste n&#146;a jamais 
  conquis le pouvoir politique. Aucun groupe terroriste n&#146;a jamais réussi à 
  changer le cours de l&#146;histoire. En revanche, certains groupes terroristes ont 
  réussi à capter l&#146;attention de l&#146;opinion publique, voire à influencer en 
  partie la prise de décisions. Un certain nombre d&#146;anciens terroristes notoires 
  sont d&#146;ailleurs devenus des partenaires de négociation.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">16.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Il est clair que dans une majorité écrasante de pays démocratiques, les 
  mouvements ethniques et religieux disposent de canaux crédibles de 
  contestation, mais ont aussi la possibilité d&#146;exercer des pression et de se 
  constituer en&nbsp; groupes d&#146;influence, d&#146;organiser des réunions, des 
  manifestations, voire de mettre sur pied des représentations politiques, au 
  niveau local ou dans les instances parlementaires. Certaines réformes 
  législatives et mesures spécifiques (la discrimination positive, par exemple) 
  vont dans le sens d&#146;une amélioration de la situation dans ce domaine. Nous 
  disposons donc d&#146;un avantage évident dans la lutte contre le terrorisme, par 
  opposition aux régimes autoritaires&nbsp;: les démocraties libérales jouissent 
  d&#146;une légitimité politique et morale aux yeux de l&#146;opinion publique. Grâce au 
  soutien entier de la population, elles ne peuvent pas se plier aux 
  revendications terroristes. Toutefois, leurs initiatives doivent être 
  logiques, cohérentes et sincères, aussi bien sur le territoire national qu&#146;à 
  l&#146;étranger, au risque de voir se réduire le soutien de l&#146;opinion publique. À 
  cet égard, je ne soulignerai jamais assez l&#146;importance qu&#146;il y a, pour les 
  démocraties, à soutenir et à promouvoir les réformes démocratiques, partout où 
  ces dernières restent nécessaires, et de renoncer à l&#146;idée démodée du 
  «&nbsp;despote ami&nbsp;».</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">17.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La «&nbsp;promotion de la démocratie&nbsp;» ne devrait pas, toutefois, se limiter aux 
  nécessités stratégiques et sécuritaires, mais être authentique. De la «&nbsp;lutte 
  contre le terrorisme&nbsp;» à l&#146;établissement d&#146;une «&nbsp;<u>démocratie mondiale</u>&nbsp;», 
  la route est longue, difficile et controversée, sans oublier qu&#146;il n&#146;existe 
  aucune garantie de réussite. C&#146;est du moins ce que nous avons constaté lors de 
  la guerre récente en Afghanistan et en Irak. Qu&#146;a-t-on obtenu&nbsp;? Les nouveaux 
  régimes dureront-ils&nbsp;? Le terrorisme mondial survivra-t-il à cette 
  apocalypse&nbsp;? L&#146;histoire le dira. Une chose est sûre, en revanche&nbsp;: nous devons 
  poursuivre nos efforts visant à améliorer les régimes autocratiques du 
  Moyen-Orient, d&#146;Asie centrale, d&#146;Afrique noire et d&#146;ailleurs. Nous devons 
  cesser d&#146;être complaisants vis-à-vis des membres de notre propre famille de 
  nations si nous voulons gagner en crédibilité.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">18.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Pour cela, il faut d&#146;abord et avant tout que les démocraties présentent un 
  front commun. Les États-Unis d&#146;Amérique et l&#146;Europe<b>, </b>au même titre que 
  d&#146;autres pays démocratiques bénéficient du statut d&#146;observateur auprès du 
  Conseil de l&#146;Europe, constituent le noyau dur du front démocratique. Depuis 
  les événements du 11 septembre, pourtant, beaucoup de choses ont mal tourné. 
  Il serait faux de prétendre que les divergences étaient mineures, tout comme 
  il serait erroné, voire dangereux, d&#146;affirmer que les fondations de l&#146;Alliance 
  atlantique ont été irrémédiablement ébranlées. Les terroristes ne doivent pas 
  se faire d&#146;illusion&nbsp;: les différends seront réglés et nous nous relèverons à 
  nouveau, dans la force que confère l&#146;union.&nbsp; Les États-Unis d&#146;Amérique et 
  l&#146;Europe doivent analyser lucidement les événements et s&#146;engager dans un débat 
  ouvert sur les positions et préoccupations respectives.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">19.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Pour commencer, en matière de terrorisme, les États-Unis tout comme l&#146;Europe 
  en général ont vécu dans une relative léthargie pendant de nombreuses 
  décennies. Les États-Unis étaient considérés comme une «&nbsp;forteresse&nbsp;» éloignée 
  et inexpugnable. En ce qui concerne l&#146;Europe, de nombreux pays, à l&#146;exception 
  de ceux qui étaient directement touchés par des actes récurrents deterrorisme, 
  préféraient regarder ailleurs et, lorsque cela était possible, «&nbsp;évacuer&nbsp;» le 
  terrorisme hors de leurs frontières. Certains gouvernements faisaient même la 
  distinction entre «&nbsp;bons&nbsp;» (!) et «&nbsp;mauvais&nbsp;» terroristes, voire, leur 
  offraient parfois l&#146;asile politique. Cela a entraîné de graves problèmes en 
  matière de mise en examen et d&#146;extradition. Un bon exemple à cet égard est 
  celui d&#146;Abdullah Öcalan, l&#146;ancien dirigeant du PKK, qui avait trouvé 
  provisoirement refuge dans plusieurs pays d&#146;Europe. Certaines de ces questions 
  sont en cours de discussion, soit de façon bilatérale, soit dans le cadre des 
  instruments juridiques européens. Il faut espérer que le manque d&#146;enthousiasme 
  et la circonspection cèderont la place aux principes de solidarité et 
  d&#146;efficacité.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">20.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La principale différence entre les États-Unis et l&#146;Europe a trait à la 
  perception de la menace. Alors que les États-Unis, sous le choc des attentats 
  du 11 septembre, élaborent actuellement une stratégie complète et préventive, 
  dotée&nbsp; d&#146;un énorme budget dépassant les 40 milliards de dollars, en 
  Europe, l&#146;approche en matière de terrorisme est liée à la perception de la 
  menace&nbsp;: soutenue par le renseignement, elle est organisée selon un mode 
  correctif, sporadique et sans plan d&#146;ensemble. Les normes très strictes sur la 
  protection des données en vigueur en Europe constituent une entrave relative 
  au partage du renseignement. Ce principe s&#146;applique aussi aux règles 
  d&#146;extradition vers les pays appliquant la peine de mort. La diversité des 
  législations a ainsi empêché la mise en place rapide d&#146;un <u>mandat d&#146;arrêt 
  européen</u>, dans le sillage des événements du 11 septembre. Alors que, 
  jusqu&#146;à présent, les aéroports en Europe étaient bien plus sûrs que ceux des 
  États-Unis, dans ce domaine aussi, les États-Unis font évoluer la 
  réglementation et introduisent des mesures drastiques dont certaines peuvent 
  paraître exagérées. La dernière initiative, consistant à doter tous les vols à 
  destination des Etats-Unis d&#146;un policier armé, risque de susciter une énorme 
  controverse.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">21.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La coopération technique entre l&#146;Europe et les États-Unis s&#146;améliore. Il 
  existe, certes, encore quelques domaines où les législations nationales 
  empêchent des progrès rapides. L&#146;un d&#146;entre eux concerne la sécurité en 
  matière de <u>transports maritimes</u>. Aux termes de l&#146;Initiative relative à 
  la sécurité des conteneurs, les États-Unis ont demandé aux grands ports 
  européens l&#146;autorisation d&#146;y déployer des agents spécialement formés. Cette 
  autorisation leur a été accordée. Or la plupart des gouvernements européens 
  ont refusé les informations préalables et les dispositifs biométriques de 
  vérification d&#146;identité des passagers, en vertu des principes sur la 
  protection des données. A contrario, le premier amendement de la constitution 
  américaine interdit toute restriction sur l&#146;utilisation et le contrôle de l&#146;<u>Internet</u>. 
  Les États-Unis sont donc devenus un paradis où fleurissent sites et 
  instruments de propagande terroristes, aux côtés d&#146;organisations racistes et 
  subversives. Par ailleurs, en Europe, toutes les activités des services de 
  renseignement étant soumises non seulement à la législation nationale, mais 
  aussi aux dispositions de la CEDH, cela crée des contraintes en matière de 
  coopération entre les agences de renseignement européennes et américaines.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">22.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La tendance étant au renforcement des mesures de protection contre les 
  attentats terroristes au cours des prochaines années aux États-Unis, les 
  terroristes pourraient rapidement reporter leur attention sur l&#146;Europe, qui 
  deviendrait alors une cible plus facile. Or certains gouvernements européens 
  hésitent à engager des budgets colossaux dans la lutte contre un risque 
  terroriste potentiel. Ils préfèrent agir a posteriori, s&#146;il arrive quelque 
  chose. D&#146;autres encore sont enclins à faire la distinction entre «&nbsp;l&#146;aile 
  politique et les factions militaires&nbsp;»<a href="#_ftn2" name="_ftnref2" title>[2]</a> 
  des mouvements terroristes, ce qui laisse la porte ouverte à la négociation et 
  offre l&#146;espoir d&#146;un certain contrôle sur ces mouvements par des moyens 
  politiques.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">23.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Dans l&#146;hypothèse où l&#146;Europe deviendrait une cible plus facile à l&#146;avenir, il 
  convient de se demander si elle devrait mettre en place un <u>système d&#146;alerte 
  avancée</u> en investissant davantage dans un FBI à l&#146;européenne ou si elle 
  devrait continuer à se reposer sur les services nationaux de renseignement. À 
  l&#146;heure actuelle, EUROPOL, l&#146;Office européen de police, emploie environ 300 
  personnes et dispose d&#146;un budget de 60 millions d&#146;euros. La lutte contre le 
  terrorisme n&#146;est qu&#146;une de ses activités et ce, depuis 1998 seulement. En 
  outre, EUROPOL ne dispose pas de pouvoirs de police. Seuls les pays de l&#146;Union 
  sont membres de cette institution, mais l&#146;admission devrait être élargie à 
  d&#146;autres pays dans un avenir proche. Si le terrorisme acquiert une dimension 
  internationale, les services de renseignement paneuropéens ne devraient-ils 
  pas se donner les moyens de se montrer à la hauteur du défi&nbsp;?</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">24.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La coopération intra-européenne s&#146;améliore, elle aussi. La recherche est 
  toujours plus importante sur les racines du terrorisme, la compréhension du 
  comportement terroriste et ses ressorts psychologiques, au-delà de sa 
  dynamique politique, religieuse et sociale. Des groupes d&#146;experts et de 
  travail sont mis en place, des organisations telles que l&#146;UE, le Conseil de 
  l&#146;Europe et l&#146;OSCE lancent des programmes spéciaux et organisent des débats. 
  Toutefois, quelques inefficacités bureaucratiques persistantes retardent les 
  progrès et l&#146;on peut déplorer le manque de diligence des autorités. Un bon 
  exemple à cet égard concerne la durée des entretiens et la lenteur des 
  procédures entre la France et le Royaume-Uni sur la fermeture du camp de 
  réfugiés de Sangatte près de Calais, qui présentait un danger potentiel 
  d&#146;infiltration terroriste. Parfois aussi, une erreur d&#146;appréciation ou une 
  mauvaise décision peuvent révéler une détermination ou une solidarité 
  défaillante aux terroristes. Cette idée est particulièrement bien illustrée 
  par ce qui s&#146;est produit quelques semaines après les attentats à la bombe à 
  Istanbul, devant deux synagogues, le Consulat et une banque britanniques : la 
  rhétorique employée à l&#146;égard du terrorisme n&#146;a pas été traduite en actes. En 
  effet, certains gouvernements ont déconseillé à leurs concitoyens de se rendre 
  en Turquie, certains congrès internationaux prévus des mois auparavant ont été 
  annulés, tandis que la prestigieuse UEFA a décrété que les matches comptant 
  pour la Coupe d&#146;Europe et opposant deux équipes turques à des équipes 
  européennes n&#146;auraient pas lieu en Turquie, mais dans un autre pays d&#146;Europe. 
  Voilà une bien médiocre démonstration de solidarité.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><b><span lang="FR">IV.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;Europe et la lutte contre le terrorisme</span></b></font></p>
  <blockquote>
    <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">Cadre juridique<br>
    Une définition commune du terrorisme est-elle possible&nbsp;?<br>
    Efforts actuels dans l&#146;Union européenne et décision-cadre<br>
    Documents et positions antérieurs de l&#146;Assemblée parlementaire et du Comité 
    des Ministres<br>
    La contribution du Conseil de l&#146;Europe : une convention générale&nbsp;?<br>
    Le rôle du Conseil de l&#146;Europe dans la prévention de la création de 
    fractures culturelles, sociales et religieuses</span></font></p>
  </blockquote>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">25.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Une coopération internationale efficace dépend d&#146;une action concertée entre 
  États ayant les mêmes aspirations. Un terrain commun d&#146;entente est nécessaire 
  pour créer une plate-forme de coopération internationale. L&#146;ONU n&#146;a que 
  partiellement réussi à créer ce terrain d&#146;entente. Douze conventions de l&#146;ONU 
  (cf. Annexe I) ont été adoptées par consensus, par l&#146;Assemblée générale de 
  l&#146;ONU. Au cours de la période ayant suivi les attentats du 11 septembre, le 
  Conseil de sécurité de l&#146;ONU a adopté diverses résolutions (résolutions n° 
  1368, 1373, 1377, 1390, etc.) et a mis en place un <u>Groupe d'action contre 
  le terrorisme</u> afin de donner un nouvel élan à la coopération 
  internationale. Toutefois, tous les pays n&#146;ont pas adhéré à l&#146;idée d&#146;une 
  convention générale, dans le cadre de l&#146;ONU. Les probabilités de négociations 
  abouties portant sur la création d&#146;une convention complète sur le terrorisme, 
  au sein de l&#146;ONU, sont à peu près nulles, en raison des difficultés 
  insurmontables dans la recherche d&#146;une définition du terrorisme qui soit 
  acceptable par tous. Quoiqu&#146;il en soit, le nombre d&#146;États ayant adhéré à ces 
  conventions, en particulier celle portant sur le financement du terrorisme 
  (1999) et sur la répression des attentats terroristes à l&#146;explosif (1997) a 
  considérablement augmenté. L&#146;ONU, reconnaissant le rôle fondamental que 
  pouvaient et devaient jouer les organisations régionales dans ce domaine, a 
  soutenu ces dernières et participé à leurs travaux.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">26.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Trouver une définition générique du terrorisme qui soit acceptable par tous 
  est une gageure. Toutefois, sans définition, il devient arbitraire, pour ne 
  pas dire franchement impossible, de définir un délit comme un acte de 
  terrorisme et ceux qui le perpétuent comme des terroristes. Dans la pratique, 
  tous les actes terroristes sont déjà des délits répertoriés dans les codes 
  pénaux. En quoi un délit terroriste se distingue-t-il d&#146;une infraction 
  pénale&nbsp;? Selon une définition communément admise, le terrorisme est 
  l&#146;utilisation ou la menace d&#146;utilisation de la violence, une méthode de combat 
  ou une stratégie permettant d&#146;atteindre certains objectifs, qui vise à induire 
  un état de peur chez la victime, est sans pitié, ne respecte pas les règles 
  humanitaires et dont la publicité constitue un facteur stratégique essentiel. 
  On pourrait alors chercher à définir l&#146;acte terroriste sur le critère du 
  motif. Le terrorisme est une forme de violence qui a, effectivement, un objet. 
  Les terroristes cherchent à prendre le pouvoir, à contrôler certains groupes 
  cibles, à provoquer la polarisation et la radicalisation de l&#146;opinion 
  publique, à susciter la répression, à déstabiliser les structures de l&#146;État, à 
  immobiliser l&#146;appareil sécuritaire, à nuire au bon fonctionnement des 
  institutions démocratiques, à imposer leur domination, etc. Quoiqu&#146;il en soit, 
  les motifs se rattachent aux causes et ces dernières sont utilisées dans les 
  théories sur l&#146;explication des phénomènes. Toutefois, une définition juridique 
  n&#146;est pas une théorie. Les motifs doivent être évités à tout prix, dans la 
  mesure où ils servent aussi à justifier les actes terroristes. N&#146;oublions pas 
  que la motivation derrière l&#146;acte ne change en rien la nature de ce dernier, 
  qui est atroce, inacceptable et illégal. Par conséquent, les motifs ne peuvent 
  pas faire partie d&#146;une définition du terrorisme.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">27.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Lorsque le Conseil de l&#146;Europe a rédigé la <u>Convention Européenne pour la 
  répression du terrorisme</u>, en 1977, l&#146;accent avait été mis sur des actes et 
  des infractions spécifiques, comme le détournement d&#146;avions, la prise d&#146;otages 
  et l&#146;utilisation d&#146;armes plutôt que sur une définition du terrorisme 
  proprement dite. Outre les infractions qui relèvent des catégories 
  traditionnelles du terrorisme (ethnique, politique, religieux), de nouveaux 
  types d&#146;actes de violence ont vu le jour, notamment ceux perpétrés par 
  d&#146;improbables groupes de défense des animaux, des organisations contre 
  l&#146;avortement, des écologistes, des skinheads ou encore des groupes racistes ou 
  anti-sémites organisés à l&#146;échelon local. Certains de ces actes créent non 
  seulement des dommages matériels, mais les pertes en vies humaines font aussi 
  partie des dégâts collatéraux qu&#146;ils provoquent. Ces actes devraient-ils être 
  considérés comme relevant du terrorisme&nbsp;? Cette question, comme tant d&#146;autres, 
  doit être abordée dans le cadre d&#146;un effort complet. L&#146;Union européenne, dans 
  sa position commune, a pour sa part élaboré une définition partielle, reposant 
  sur le <u>contexte</u> d&#146;une action, son <u>objectif</u> et les <u>actes 
  spécifiques</u> perpétrés. En résumé, un acte terroriste est un «&nbsp;acte 
  intentionnel&nbsp;» commis dans le but de «&nbsp;gravement déstabiliser ou détruire les 
  structures fondamentales politiques, constitutionnelles, économiques ou 
  sociales d'un pays ou d'une organisation internationale&nbsp;». La notion de 
  «&nbsp;destruction massive&nbsp;» et de «&nbsp;mise en danger des vies humaines&nbsp;» en fait 
  également partie<a href="#_ftn3" name="_ftnref3" title>[3]</a>. Je suis 
  personnellement convaincu que, dans le contexte du terrorisme mondial, toute 
  définition doit englober la notion de «&nbsp;violence sans discrimination&nbsp;», 
  justement parce que le terrorisme mondial ne fait aucune distinction entre ses 
  cibles, ni sur la quantité ou l&#146;impact de la violence perpétrée.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">28.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le but du Conseil de l&#146;Europe est «&nbsp;<i>de réaliser une union plus étroite 
  entre ses membres afin de sauvegarder et de promouvoir les idéaux et les 
  principes qui sont leur patrimoine commun et de favoriser leur progrès 
  économique et social</i>&nbsp;». Un groupe d&#146;États partant d&#146;un tel objectif et 
  partageant des valeurs communes devrait être en mesure de surmonter les 
  difficultés existantes. Le Conseil de l&#146;Europe constitue la plate-forme 
  parfaite, à l&#146;échelon régional, pour l&#146;élaboration d&#146;un instrument qui 
  faciliterait l&#146;établissement de bases juridiques nécessaires à la coopération 
  internationale dans la lutte contre le terrorisme. Il sera plus facile de 
  défendre, dans le cadre de l&#146;ONU, une définition ayant fait l&#146;objet d&#146;un 
  accord entre États ayant les mêmes aspirations, au sein du Conseil de 
  l&#146;Europe. Cette définition pourrait même constituer un exemple pour d&#146;autres. 
  Dans sa résolution numéro 1258 intitulée «&nbsp;Les démocraties face au 
  terrorisme&nbsp;», adoptée le 26 septembre 2002, l&#146;Assemblée soutient l&#146;idée selon 
  laquelle toute «&nbsp;convention internationale&nbsp;» devrait «&nbsp;comporter une 
  définition complète du terrorisme international&nbsp;».</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">29.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le Groupe multidisciplinaire sur l&#146;Action internationale contre le terrorisme 
  (GMT), qui a préparé le protocole d&#146;amendement à la Convention européenne de 
  1977 sur la suppression du terrorisme, a désormais accompli sa mission. Le 
  Comité des Ministres a remplacé le GMT par un Comité d&#146;experts sur le 
  terrorisme (CODEXTER), qui, conformément à son mandat spécifique, est chargé 
  de proposer la mise en &#156;uvre des activités prioritaires du Conseil de l&#146;Europe 
  en matière de lutte contre le terrorisme, parmi lesquelles peut figurer 
  l&#146;élaboration d&#146;une convention complète sur le terrorisme.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">30.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  En octobre 2003, le CODEXTER a déjà réfléchi à la valeur ajoutée que 
  représenterait une <u>convention complète</u> sur le terrorisme. Ce groupe a 
  également décidé de poursuivre l&#146;examen de cette question à partir d&#146;une étude 
  scientifique, à réaliser. Cette question sera à nouveau abordée à l&#146;occasion 
  de la prochaine réunion du groupe, fin mars 2004. On peut se féliciter d&#146;une 
  telle évolution. L&#146;Assemblée doit apporter son soutien à cette initiative et 
  fournir&nbsp; au Comité des Ministres des recommandations précises, qui le 
  guideront dans cet exercice.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">31.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Notamment, l&#146;Assemblée doit fournir des indications sur la question de la 
  définition du terrorisme. La position commune du Conseil européen du 27 
  décembre 2001 (2001/931/CFSP) relative à l'application de mesures spécifiques 
  en vue de lutter contre le terrorisme comprend une définition détaillée des 
  actes de terrorisme. Cette définition avait fait auparavant l&#146;objet d&#146;une 
  recommandation de l&#146;Assemblée<a href="#_ftn4" name="_ftnref4" title>[4]</a> 
  qui aurait dû être prise en compte lors de l&#146;élaboration du protocole amendant 
  la Convention européenne de 1977 pour la répression du terrorisme. L&#146;Assemblée 
  doit demander au Comité des Ministres de réexaminer la définition du 
  terrorisme adoptée par l&#146;Union européenne, dans le cadre des travaux en vue de 
  l&#146;élaboration d&#146;une convention complète (<i>projet de recommandation</i>).</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">32.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le groupe d&#146;experts ayant rédigé le texte a adopté une approche réaliste et 
  pragmatique. En d&#146;autres termes, certains négociateurs ont estimé qu&#146;une 
  refonte complète de la convention de 1977 serait trop difficile et non 
  indispensable. Par conséquent, au lieu de mettre en place un instrument 
  vraiment différent, ils préféreraient se contenter d&#146;un projet moins 
  ambitieux. Cette «&nbsp;<i>approche réaliste et pragmatique</i>&nbsp;» ne doit pas être 
  adoptée à nouveau lors de la rédaction de la convention complète.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">33.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Pour dire les choses clairement, l&#146;élément indispensable d&#146;un instrument 
  visant à faciliter lacoopération internationale pour la lutte contre le 
  terrorisme est la «&nbsp;dépolitisation&nbsp;» des délits terroristes. La Convention 
  européenne de 1977 pour la répression du terrorisme, et le protocole 
  d&#146;amendement de cette convention comportent de dispositions allant dans ce 
  sensmais qui ne sont pas stipulées avec suffisamment de force.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">34.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Il est communément admis qu&#146;un<b>e </b>convention généraleélaborée au Conseil 
  de l&#146;Europe pourrait apporter une valeur ajoutée à la question, notamment sur 
  les points suivants&nbsp;: définitions terminologiques, portée et exclusions de la 
  convention, définition d&#146;actes, d&#146;actions et de délits terroristes, obligation 
  de considérer ces actes comme des délits pénaux passibles de sanctions 
  adéquates, garantie d&#146;une entière compatibilité avec les textes de l&#146;UE et de 
  l&#146;ONU, complicité, financement du terrorisme, obligation de mise en examen ou 
  d&#146;extradition, exclusion de l&#146;exception de délit politique, obligation 
  d&#146;attribution de compétence, rattachement de cette convention à d&#146;autres 
  conventions existantes (universelles et régionales, générales et spéciales) et 
  organes d&#146;application du droit international, y compris du droit humanitaire 
  international, réglementation des procédures d&#146;extradition et des motifs de 
  refus, réglementation de l&#146;assistance mutuelle et motifs de refus, échange 
  d&#146;informations, techniques spéciales d&#146;investigation, protection des témoins 
  et autres formes de coopération internationale.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">35.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  De même, une convention complète ne devrait pas accorder aux parties 
  contractantes le droit d&#146;émettre de réserves rendant inopérante la convention, 
  comme c&#146;est le cas de l&#146;article 13 de la Convention européenne sur la 
  répression du terrorisme. L&#146;Assemblée doit exhorter le Comité des Ministres à 
  élaborer sans tarder, une convention générale. Une convention comme celle-ci 
  doit être dotée d&#146;un mécanisme de suivi, comme le sont tous les dispositifs 
  sérieux. Un tel mécanisme conférerait non seulement une dynamique plus 
  importante à la convention, mais il garantirait une mise en &#156;uvre correcte, 
  efficace et rapide du système. L&#146;Assemblée parlementaire et ses députés 
  doivent exercer une pression politique sur les États qui traînent des pieds et 
  les convaincre d&#146;adopter une position plus favorable à la convention complète.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2">36.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;
  <span lang="FR">De plus, d&#146;un point de vue politique, cela permettrait à&nbsp; 
  l&#146;Europe de faire connaître ses vues sur la façon de mener une lutte efficace 
  contre le terrorisme tout en respectant les exigences de la protection des 
  droits et des libertés fondamentaux. Cela donnerait également un message fort 
  à la communauté internationale sur l&#146;utilité de normes multilatérales.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">37.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Une coopération étroite avec l&#146;UE est nécessaire pour accomplir cette tâche. 
  L&#146;Union européenne a entrepris une réflexion sérieuse et courageuse sur le 
  terrorisme, après les événements du 11 septembre, en complément des mesures 
  existantes sur les délits pénaux. Les <u>décisions-cadre</u>, relatives à la 
  définition et à la sanction du terrorisme, ainsi qu&#146;à la création d&#146;un mandat 
  d&#146;arrêt européen, constituent une tentative importante d&#146;élaboration d&#146;un 
  concept étendu et défendable s&#146;appuyant sur des initiatives fragmentées de 
  l&#146;ONU. Ces décisions contiennent aussi des dispositions adéquates en matière 
  de protection des droits de l&#146;homme. Quoiqu&#146;il en soit, ces directives 
  européennes ne résolvent pas le problème lié aux applications conflictuelles 
  du principe de territorialité lorsqu&#146;un délit a été organisé sur un territoire 
  et qu&#146;il a été mené à bien ou qu&#146;il a produit ses effets dans un autre. En 
  outre, ces textes restent vagues sur la question de savoir si certaines 
  activités politiques violentes doivent être considérées légitimes ou être 
  traitées comme des actes de terrorisme<a href="#_ftn5" name="_ftnref5" title>[5]</a>.&nbsp; 
  Quoiqu&#146;il en soit, la décision-cadre établit la liste d&#146;environ 24 groupes et 
  26 individus qualifiés de terroristes <a href="#_ftn6" name="_ftnref6" title>
  [6]</a>.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">38.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Enfin, je voudrais souligner que l&#146;un des premiers réflexes, dans le sillage 
  des événements du 11 septembre, a été de déterminer le terrorisme selon des 
  critères culturels et religieux. Des préjugés profondément enracinés sont 
  alors apparus à la surface et des fractures plus profondes et plus globales se 
  sont exprimées. La tension ayant suivi les événements du 11 septembre a mis en 
  évidence la nécessité de promouvoir un véritable dialogue entre différentes 
  cultures et religions.&nbsp; Le Conseil de l&#146;Europe joue un rôle primordial 
  dans la promotion de la cohésion sociale, en accordant une attention toute 
  particulière à la diversité culturelle et religieuse. Cette organisation 
  dispose des capacités et des compétences nécessaires à l&#146;élaboration et à la 
  mise en &#156;uvre de programmes visant à favoriser le dialogue multiculturel et 
  inter-religieux. Nous devons nous féliciter de l&#146;intérêt général accordé ainsi 
  à la situation des migrants. La plupart du temps, ces personnes représentent 
  «&nbsp;l&#146;autre&nbsp;» et sont victimes du racisme, de la xénophobie et de l&#146;intolérance. 
  Une attention particulière aux droits fondamentaux de ces personnes 
  contribuera à combler le fossé culturel.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">39.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Il convient de porter une attention suffisante à la création et au maintien 
  d&#146;une cohésion sociale, face aux fractures que risque de créer le terrorisme. 
  Le Comité des Ministre doit allouer le financement nécessaire à l&#146;organisation 
  d&#146;activités dans ce but.<a href="#_ftn7" name="_ftnref7" title>[7]</a></span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><b><span lang="FR">V.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Conclusions</span></b></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">40.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Lors de sa parution, l&#146;ouvrage de Samuel Huntington, «&nbsp;Le choc des 
  civilisations&nbsp;» a suscité une forte controverse, de nombreuses critiques et 
  une certaine surprise. Personne n&#146;avait été préparé à accepter l&#146;idée selon 
  laquelle «&nbsp;les lignes de fracture entre les civilisations [seraient] les 
  lignes de front du futur&nbsp;».&nbsp; Des interprétations simplistes de cet 
  ouvrage ont réduit son message, à tort, à un choc inévitable entre l&#146;islam et 
  la civilisation occidentale. Nous commençons désormais à comprendre que le 
  principal mérite de ce livre a été d&#146;apporter une contribution importante à 
  notre compréhension des causes changeantes de la violence. Dans les années à 
  venir, la violence et le terrorisme ne s&#146;expliqueront pas principalement par 
  des causes idéologiques ou économiques, mais seront dus à des facteurs liés 
  aux valeurs culturelles, à l&#146;identification de l&#146;individu et à la psychologie. 
  On pourrait peut-être dire que ces facteurs ont trait au «&nbsp;mode de vie&nbsp;». Nous 
  devons nous souvenir de cette dimension dans la façon dont nous traitons la 
  violence et le terrorisme.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">41.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Au cours des siècles, les règles internationales ont été élaborées à partir 
  des conflits armés entre nations. Selon une conception bien établie, une 
  «&nbsp;guerre&nbsp;» fait nécessairement intervenir des États et des armées régulières. 
  L&#146;introduction des «&nbsp;tapis de bombes&nbsp;», au cours de la Seconde guerre 
  mondiale, a fortement écorné ce principe. Plus tard, lors des conflits au 
  Vietnam, au Moyen-Orient et en Yougoslavie, les limites de la violence 
  «&nbsp;aveugle&nbsp;» ont totalement volé en éclats. Au Cambodge et en Afrique, des 
  populations entières ont été massacrées, Saddam Hussein a gazé ses propres 
  compatriotes. Les germes de la violence étaient alors présents dans toute la 
  planète. Aujourd&#146;hui, la violence terroriste frappe hélas aveuglément les 
  populations civiles. L&#146;ancienne distinction entre «&nbsp;ennemi&nbsp;» et «&nbsp;criminel&nbsp;» a 
  disparu, et une «&nbsp;guerre&nbsp;» ne fait plus intervenir uniquement les États et les 
  armées&nbsp;! Bien que cela puisse paraître dur, nous devons affronter le fait que 
  le monde civilisé est «&nbsp;en guerre&nbsp;» contre le terrorisme, qui la lui a 
  déclaré.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">42.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La question, toutefois, est que l&#146;ensemble des règles qui s&#146;appliquent à des 
  démocraties participant à cette «&nbsp;guerre&nbsp;» sont celles qui gouvernent des 
  États démocratiques respectueux des libertés et des droits fondamentaux. 
  Toutes les initiatives contre le terrorisme doivent être conformes aux 
  exigences de la règle de droit et aux traités internationaux. Cela doit 
  toutefois être accompli sans donner l&#146;impression à l&#146;homme de la rue, et en 
  particulier aux familles des victimes, que nous dépensons plus d&#146;énergie à 
  protéger les droits des individus terroristes qu&#146;à combattre le terrorisme 
  sous toutes ses formes et qu&#146;à nous intéresser aux besoins de sécurité des 
  populations.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">43.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La lutte contre le terrorisme est une question complexe et aux multiples 
  facettes. Le renseignement joue un rôle fondamental dans ce domaine. Des 
  services de renseignement de meilleure qualité et un système d&#146;alerte avancée 
  pourraient épargner bien des vies et des drames. Plus que d&#146;un effort matériel 
  dans le domaine du renseignement, les États démocratiques ont besoin de 
  procéder à une meilleure lecture des intentions de groupes potentiellement 
  dangereux et vulnérables, savoir mieux évaluer si ces derniers atteignent un 
  point de désespoir irréversible, et quand. Cette question revêt une importance 
  particulière lorsqu&#146;il s&#146;agit de savoir si des groupes terroristes risquent un 
  jour de franchir les limites et d&#146;utiliser les moyens meurtriers que sont les 
  armes de destruction massive.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">44.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Une autre dimension extrêmement importante en matière de lutte contre le 
  terrorisme concerne le cadre juridique et les modes de coopération. Dans ce 
  contexte, une observation extrêmement importante s&#146;impose : les critères et 
  les mesures à appliquer au terrorisme ne doivent pas être mêlés à d&#146;autres 
  formes de violence et de criminalité. Nous avons tous conscience des liens 
  entre terrorisme, trafic d&#146;armes et de drogues et autres activités 
  délictueuses du même type. Contrairement à d&#146;autres activités violentes, le 
  terrorisme vise à détruire notre système politique et social, et fait des 
  milliers de victimes civiles. Il convient donc de le traiter comme une 
  question distincte et à part entière. Cela produirait également un effet 
  psychologique en montrant la détermination et l&#146;état de préparation des 
  démocraties. L&#146;Assemblée devrait apporter son soutien total à l&#146;élaboration 
  d&#146;une convention générale sur le terrorisme par le Conseil de l&#146;Europe et 
  suivre de près ses progrès.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><b><span lang="FR">ANNEXE&nbsp; I</span></b></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><strong><span lang="FR">CONVENTIONS 
  CONCLUES DANS LE CADRE DES NATIONS-UNIES</span></strong></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">Convention sur la 
  prévention et la répression des infractions contre les personnes jouissant 
  d'une protection internationale, y compris les agents diplomatiques [avec 
  résolution 3166 XXVIII) de l&#146;Assemblée générale de Nations Unies]. Adoptée par 
  l'Assemblée générale des Nations Unies, à New York, &nbsp;le 14 décembre 1973</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">Convention 
  internationale contre la prise d'otages. Adoptée par l'Assemblée générale des 
  Nations Unies le 17 décembre 1979</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">Convention 
  internationale pour la répression des attentats terroristes à l'explosif. 
  Adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 15 décembre 1997</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">Convention 
  internationale pour la répression du financement du terrorisme. Adoptée par 
  l'Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1999</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">Convention relative 
  aux infractions et à certains autres actes survenant à bord des aéronefs. 
  Signée à Tokyo le 14 septembre 1963 (Enregistrée par l'Organisation de 
  l'aviation civile internationale le 22 décembre 1969)</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">Convention pour la 
  répression de la capture illicite d'aéronefs. Signée à La Haye le 16 décembre 
  1970 </span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">(Enregistrée par l&#146;Union 
  des Républiques socialiste soviétiques, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et 
  d'Irlande du Nord et des États-Unis d'Amérique le 8 mars 1973)</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">Convention pour la 
  répression d'actes illicites dirigés contre la sécurité de l'aviation civile. 
  (avec Acte final de la Conférence internationale de droit aérien tenue sous 
  les auspices de l&#146;Organisation de l&#146;aviation civile internationale à Montréal 
  en septembre 1971).&nbsp; Conclue à Montréal le 23 septembre 1971.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">(Enregistrée par 
  États-Unis d'Amérique,&nbsp; le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du 
  Nord et l&#146;Union des Républiques socialistes soviétiques le 18 juillet 1975)</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">Convention sur la 
  protection physique des matières nucléaires (avec annexes). Adoptée à Vienne 
  le 26 octobre 1979 et ouverte à la signature à Vienne et à New York le 3 mars 
  1980</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">(Enregistrée par 
  l'Agence internationale de l'énergie atomique le 23 février 1987)</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">Protocole<sup>2</sup> 
  pour la répression des actes illicites de violence dans les aéroports servant 
  à l'aviation civile internationale, complémentaire à la Convention du 23 
  septembre 1971 (avec Acte final). Conclu à Montréal le 24 février 1988.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">(Enregistrée par 
  l'Organisation de l'aviation civile internationale on 22 décembre 1990)</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">Convention pour la 
  répression d'actes illicites contre la sécurité de la navigation maritime. 
  Conclue à Rome le 10 mars 1988 </span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">Protocole<sup>1</sup> 
  à la Convention susmentionné&nbsp; pour la répression d'actes illicites contre 
  la sécurité des plates-formes fixes situées sur le plateau continental. Conclu 
  à Rome le 10 mars 1988</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">(Enregistrés par 
  l'Organisation maritime internationale le 26 juin 1992)</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">Convention sur le 
  marquage des explosifs plastiques et en feuilles aux fins de détection. 
  Conclue à Montréal le 1 mars 1991 (Enregistrés par l'Organisation de 
  l'aviation civile internationale)</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><b><span lang="FR">ANNEXE&nbsp; II</span></b></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><b><span lang="FR">
  <img src="Pictures/10056af.jpg" WIDTH="629" HEIGHT="866"></span></b></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">
  <img src="Pictures/10056bf.jpg" WIDTH="669" HEIGHT="921"></span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">
  <img src="Pictures/10056cf.jpg" WIDTH="661" HEIGHT="912"></span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">
  <img src="Pictures/10056df.jpg" WIDTH="667" HEIGHT="921"></span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">
  <img src="Pictures/10056ef.jpg" WIDTH="650" HEIGHT="897"></span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><b><span lang="FR">ANNEXE&nbsp; III</span></b></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">
  <img src="Pictures/10056ff.jpg" WIDTH="626" HEIGHT="863"><br clear="all">
  </span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><span lang="FR">
  <img src="Pictures/10056gf.jpg" WIDTH="660" HEIGHT="909"></span></font></p>
  <hr color="#000000" size="1" width="50%">
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><i><span lang="FR">Commission chargée 
  du rapport&nbsp;: </span></i><span lang="FR">Commission des questions politiques</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><i><span lang="FR">Renvoi en 
  commission&nbsp;: </span></i><span lang="FR">Renvoi 2908 du 26 janvier 2004, selon 
  la procédure d&#146;urgence</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><i><span lang="FR">Projet de 
  Recommandation&nbsp; </span></i><span lang="FR">adopté&nbsp; par la Commission&nbsp; 
  le 26 janvier 2004 à l&#146;unanimité.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><i><span lang="FR">Membres de la 
  Commission&nbsp;</span></i><span lang="FR">: </span><i><span lang="FR">Jakic</span></i><span lang="FR"> 
  (Président), <i>Rogozin</i> (Vice-Président), Spindelegger (Vice-Président),
  <i>Ates</i> (Vice-Président), <i>Aguiar</i>, <i>Akhvlediani</i>, <i>Atkinson</i>,&nbsp;
  <i>Azzolini, Ban</i></span><i><span lang="FR">á&#154;</span></i><span lang="FR">, 
  Berceanu, Bianco <i>(remplaçant&nbsp;: Danieli)</i> <i>Blankenborg</i>, <i>Van den 
  Brande</i>, </span><i><span lang="FR">Cekuolis</span></i><span lang="FR">, 
  Davern, Dreyfus-Schmidt, D<i>ruviete</i>, Duivesteijn, Durrieu,&nbsp;<i>Elo</i>, <i>
  Feri</i></span><i><span lang="FR">c-Vac</span></i><span lang="FR">, Glesener, 
  Goulet, Gross <i>(remplaçant&nbsp;: Reimann),</i> Hedrich, Henry <i>(remplaçant&nbsp;: 
  Goris),</i> <i>Hörster</i>, Iwinski, <i>Judd,</i> Karpov, Klich,<i> Koçi</i>,
  <i>Kostenko</i>, <i>Linblad</i>&nbsp;; Lloyd <i>(remplaçant&nbsp;: Chapman),</i> <i>
  Loutfi, Magnusson</i>, Margelov, Martinez-Casan, Marty&nbsp;; Medeiros Ferreira, <i>
  Mercan</i>, Micunovic, Mignon, <i>Mihkelson</i>, Muratovic <i>(remplaçant&nbsp;: 
  Advic),</i> Nemcova, <i>Nemeth</i>, <i>Oliynyk</i>, Ouzky, <i>Pangalos</i>, <i>
  Petrova-Mitevska</i>, Petursdottir, &nbsp;Pintat Rossel <i>(remplaçant&nbsp;: Daban 
  Alsina)</i>, Popov&nbsp;; <i>Pourgourides</i>, Prentice <i>(remplaçant&nbsp;:Kilclooney),</i> 
  Prica <i>(remplaçant&nbsp;: Kalezic),</i> <i>Prijmireanu&nbsp;; Prisacaru</i>, de&nbsp;Puig, 
  Pullicino Orlando, Ranieru, Roth, <i>Severin,</i> <i>Severinsen</i>, Seyidov
  <i>(remplaçant&nbsp;: Sofiyeva)</i>&nbsp;; Tabajdi, <i>Tekelioglu</i>, Torosyan, <i>
  Toshev&nbsp;</i>;Tritz, Vakilov, Voulgarakis, <i>Wielowieyski</i>, Wohlwend, Wurm, 
  Zacchera, Ziuganov.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><i><span lang="FR">Ex-officio</span></i><span lang="FR">:
  <i>Atkinson</i>, Davis, <i>Eörsi, Einarsson</i>, <i>van den Linden</i>&nbsp;; 
  Russell-Johnston</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><i><span lang="FR">N.B.&nbsp;: Les noms des 
  membres qui ont pris part à la réunion sont imprimés en caractères italiques.</span></i></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><i><span lang="FR">Secrétariat de la 
  Commission&nbsp;: </span></i><span lang="FR">M. Perin, Mme Ruotanen, M. 
  Chevtchenko, M. Dossow.</span></font></p>
  <hr color="#000000" size="1" align="justify">
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2">
  <a href="#_ftnref1" name="_ftn1" title><span lang="FR">[1]</span></a><i><span lang="FR">The 
  Future of Terrorism, </span></i><span lang="FR">articles issus d&#146;une 
  conférence sur le terrorisme à l&#146;université de Cork, 1999.&nbsp; </span>
  Rédaction : Max Taylor et John Horgan. Cass Publication, Londres.</font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2">
  <a href="#_ftnref2" name="_ftn2" title><span lang="FR">[2]</span></a> Jonathan 
  Stevenson &#150; International Institute for Strategic Studies, Londres &#150; <i>«&nbsp;How 
  Europe and America defend themselves&nbsp;»</i>. <span lang="FR">Foreign Affairs 
  Revue, avril 2003.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2">
  <a href="#_ftnref3" name="_ftn3" title><span lang="FR">[3]</span></a><span lang="FR"> 
  Position commune du 27 décembre 2001 relative à l'application de mesures 
  spécifiques en vue de lutter contre le terrorisme (2001 /&nbsp; / CFSP).</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2">
  <a href="#_ftnref4" name="_ftn4" title><span lang="FR">[4]</span></a><span lang="FR"> 
  Recommandation 1550 (2002) adoptée par l&#146;Assemblée parlementaire le 24 janvier 
  2002, dans le contexte du rapport de M. Michel Hunault&nbsp; (Lutte contre le 
  terrorisme et respect des droits de l&#146;homme, Doc.9331), de la Commission des 
  questions juridiques et des droits de l&#146;homme.</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2">
  <a href="#_ftnref5" name="_ftn5" title><span lang="FR">[5]</span></a><span lang="FR"> 
  Décision-cadre du Conseil européen du 13 juin 2002 relative à la lutte contre 
  le terrorisme (cf. Annexe II).</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2">
  <a href="#_ftnref6" name="_ftn6" title><span lang="FR">[6]</span></a><span lang="FR"> 
  Décision-cadre du Conseil européen du 22 décembre 2003 (cf. Annexe III).</span></font></p>
  <p align="justify"><font face="Verdana" size="2">
  <a href="#_ftnref7" name="_ftn7" title><span lang="FR">[7]</span></a><span lang="FR"> 
  Une liste complète d&#146;activités, documents, conventions du Conseil de l&#146;Europe 
  et stades de la ratification figurent dans un rapport présenté par le 
  Secrétaire général du Conseil de l&#146;Europe aux Ministres de la justice (Sofia, 
  octobre 2003) Doc MJU-25 (2003) 2.</span></font></p>
  <p align="justify">&nbsp;</p>
</blockquote>
  </body>
</html>