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<title> Interdire le châtiment corporel des enfants en Europe </title>
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  <font SIZE="2" face="Verdana">
  
  <font SIZE="2" face="Verdana">
  
  <b>
  <p align="justify"><span lang="FR">Interdire le châtiment corporel des enfants 
  en Europe</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Doc. 10199<br>
  </span></b><span lang="FR">4 juin 2004</span></p>
  
  <b>
  <p align="justify"><span lang="FR">Rapport<br>
  </span></b><span lang="FR">Commission des questions sociales, de la santé et 
  de la famille<u><br>
  </u>Rapporteuse: M<sup>me</sup> Helena Bargholtz, Suède, Groupe libéral, 
  démocrate et réformateur </span></p>
  
  </font>
  
  <font SIZE="2">
<hr size="1">
  
  <font SIZE="2" face="Verdana">
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Résumé</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Dans nos sociétés européennes, frapper un 
  être humain est prohibé. L&#146;enfant est un être humain. Frapper les enfants et 
  les humilier délibérément n&#146;en demeurent pas moins une pratique courante&nbsp; 
  admise dans la plupart des Etats membres du Conseil de l&#146;Europe. Il faut 
  casser l&#146;acceptation sociale et juridique du châtiment corporel des enfants.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">L&#146;Assemblée parlementaire souhaite que 
  chaque Etat membre se dote d&#146;une législation qui prohibe les châtiments 
  corporels aux enfants, notamment au sein de la famille</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Elle note les succès remportés par le 
  Conseil de l&#146;Europe dans la suppression de la peine de mort en Europe et elle 
  demande aux Etats membres de s&#146;attacher de la même manière à faire de 
  l&#146;Europe, dans le plus court délai possible, une zone exempte de tout 
  châtiment corporel pour les enfants.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">I.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Projet de recommandation </span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&#146;Assemblée 
  parlementaire relève que pour satisfaire aux exigences de la Charte sociale 
  européenne et de la Charte sociale révisée, d&#146;après le Comité européen des 
  Droits sociaux, il convient pour les Etats d&#146;interdire tous les châtiments 
  corporels et toutes les autres formes de punition et traitement dégradant à 
  l&#146;encontre des enfants. Cinq Etats membres ne satisfont pas à leurs 
  engagements car ils n&#146;ont pas de fait interdit tous les châtiments corporels; 
  une procédure de réclamation collective a été ouverte contre cinq autres Etats 
  membres pour cette même raison.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;Assemblée note également que la Cour européenne des Droits de l&#146;Homme en est 
  venue à conclure, par des arrêts successifs, que les châtiments corporels 
  violaient les droits de l'enfant tels que garantis par la Convention de 
  sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales&nbsp;; ces 
  conclusions ont visés tout d'abord les châtiments corporels dans les 
  établissements pénitentiaires pour jeunes délinquants, puis à l&#146;école, y 
  compris dans les écoles privées, et tout récemment, dans le cadre familial. 
  Par ailleurs tant la Commission européenne des Droits de l&#146;Homme que la Cour 
  ont souligné que l&#146;interdiction de tout châtiment corporel n&#146;était pas une 
  violation du droit au respect de la vie privée et familiale ou à la liberté de 
  religion.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;Assemblée constate que tous les Etats membres ont ratifié la Convention des 
  Nations Unies sur les droits de l'enfant&nbsp;; cette convention exige des Etats 
  qu'ils protégent les enfants contre toutes formes de violence physique ou 
  mentale de la part des adultes qui en ont la garde. Le Comité des droits de 
  l'enfant, organe conventionnel du traité, a constamment interprété cette&nbsp; 
  convention comme exigeant des Etats, à la fois l&#146;interdiction de tous les 
  châtiments corporels à l&#146;égard des enfants et des actions de sensibilisation 
  et d&#146;éducation du public.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;Assemblée se félicite de l&#146;Initiative mondiale actuellement lancée pour 
  mettre un terme à tous les châtiments corporels infligés aux enfants&nbsp;; elle 
  souhaite se joindre au soutien que lui apporte d&#146;ores et déjà l'UNICEF, 
  l&#146;UNESCO, le Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l&#146;homme, le 
  Commissaire aux droits de l&#146;homme du Conseil de l'Europe, le réseau européen 
  des médiateurs pour enfants (ENOC) et de nombreuses institutions des droits de 
  l&#146;homme et organisations non gouvernementales nationales et internationales à 
  travers l&#146;Europe.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">5.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;Assemblée estime que tous les châtiments corporels infligés aux enfants 
  violent leur droit fondamental au respect de leur dignité humaine et de leur 
  intégrité physique. Le maintien de la légalité des châtiments corporels dans 
  certains Etats membres est une violation du droit tout aussi fondamental des 
  enfants à une protection devant la loi à égalité avec les adultes. Dans nos 
  sociétés européennes, frapper un être humain est prohibé et l&#146;enfant est un 
  être humain. Il faut casser l&#146;acceptation sociale et juridique du châtiment 
  corporel des enfants.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">6.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L'Assemblée est inquiète de constater que, jusqu'à présent, seule une minorité 
  d&#146;Etats sur les 45 Etats membres a interdit officiellement les châtiments 
  corporels au sein de la famille et dans tous les autres contextes. Si par 
  ailleurs tous les Etats membres ont interdit les châtiments corporels à 
  l'école, y compris dans les écoles privées et dans d'autres institutions 
  éducatives, l&#146;interdiction ne joue pas nécessairement dans les foyers 
  d'adoption et dans tous les autres systèmes de garderie. En outre, cette 
  interdiction n'est pas, toujours et partout, respectée.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">7.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;Assemblée invite donc le Comité des Ministres du Conseil de l&#146;Europe à 
  lancer, dans l&#146;ensemble des Etats membres, une campagne coordonnée et 
  concertée pour l&#146;abolition de tous les châtiments corporels infligés aux 
  enfants. L&#146;Assemblée note les succès du Conseil de l'Europe dans la 
  suppression de la peine de mort et l&#146;Assemblée demande à l'Organisation de 
  s'attacher de la même façon à faire de l&#146;Europe, dans le plus court délai 
  possible, une zone sans châtiment corporel pour les enfants.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">8.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Elle invite le Comité des Ministres et les autres organes concernés du Conseil 
  de l&#146;Europe à mettre d&#146;urgence en place des stratégies, y compris une 
  assistance technique, pour &#156;uvrer avec les Etats membres à la réalisation de 
  cet objectif, et en particulier pour&nbsp;:</span></p>
  <blockquote>
    <p align="justify"><span lang="FR">i.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    garantir une large sensibilisation des enfants, de tous ceux qui vivent et 
    travaillent avec eux et du public en général à l&#146;interdiction de tous les 
    châtiments corporels et autres humiliations et traitements inhumains ou 
    dégradants dont sont victimes les enfants;</span></p>
    <p align="justify"><span lang="FR">ii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    assurer une large sensibilisation aux droits fondamentaux des enfants, 
    notamment au droit au respect de leur dignité en tant qu&#146;être humain et de 
    leur intégrité physique;</span></p>
    <p align="justify"><span lang="FR">iii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    promouvoir des formes positives, non violentes d&#146;éducation des enfants et de 
    résolution des conflits auprès des futurs parents, des parents et de tout 
    autre personne ayant des enfants à charge ainsi qu&#146;auprès du public;</span></p>
    <p align="justify"><span lang="FR">iv.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    donner aux enfants et adolescents la possibilité d&#146;exprimer leur point de 
    vue et de participer à la conception et à la mise en &#156;uvre des actions 
    visant à éradiquer les châtiments corporels;</span></p>
    <p align="justify"><span lang="FR">v.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    faire en sorte que tous les parents, et en particulier ceux qui éprouvent 
    des difficultés à élever leurs enfants, aient accès aux conseils et à l&#146;aide 
    dont ils ont besoin ;</span></p>
    <p align="justify"><span lang="FR">vi.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    veiller à ce que les enfants bénéficient, de manière confidentielle, d&#146;avis 
    et de conseils, ainsi que d&#146;une représentation juridique pour agir contre 
    les violences dont ils sont l&#146;objet;</span></p>
    <p align="justify"><span lang="FR">vii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    garantir des formes effectives et appropriées de protection aux enfants 
    particulièrement vulnérables aux punitions qui leur portent préjudice et les 
    humilient &#150; par exemple les enfants handicapés et les enfants en 
    institutions ou en détention&nbsp;;</span></p>
    <p align="justify"><span lang="FR">viii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    veiller à ce que les châtiments corporels et autres formes dommageables et 
    humiliantes de discipline infligés aux enfants soient incorporés dans la 
    définition des violences domestiques ou familiales et à s&#146;assurer que les 
    stratégies de suppression des violences punitives contre les enfants soient 
    intégrées aux stratégies de lutte contre les violences domestiques ou 
    familiales.</span></p>
  </blockquote>
  <p align="justify"><span lang="FR">9.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;Assemblée&nbsp; invite enfin le Comité des Ministres à recommander aux Etats 
  membres de&nbsp;:</span></p>
  <blockquote>
    <p align="justify"><span lang="FR">i.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    se doter d&#146;une législation appropriée qui prohibe les châtiments corporels 
    aux enfants, notamment au sein de la famille&nbsp;;</span></p>
    <p align="justify"><span lang="FR">ii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    contrôler l&#146;effectivité de l&#146;abolition au moyen d&#146;enquêtes régulières sur 
    l&#146;expérience de la violence des enfants chez eux, à l&#146;école et ailleurs, 
    ainsi que l&#146;efficacité des services de protection infantile et l&#146;expérience 
    et le comportement des parents face aux violences infligées aux enfants&nbsp;;</span></p>
    <p align="justify"><span lang="FR">iii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    veiller à l&#146;application effective des arrêts de la Cour européenne des 
    Droits de l'Homme en la matière et à celle des conclusions pertinentes du 
    Comité européen des droits sociaux.</span></p>
  </blockquote>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">II.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Exposé des motifs par Mme Bargholtz<a href="#_ftn1" name="_ftnref1" title>[1]</a></span></b></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">A.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Introduction </span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">1.</span><font SIZE="2" face="Verdana"><span lang="FR">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;
  </span>
  
  </font>
  
  <span lang="FR">Frapper un être humain est un acte injustifiable. Frapper un 
  être humain porte atteinte à son droit fondamental au respect de son intégrité 
  physique et de sa dignité humaine. Les enfants sont de jeunes êtres&nbsp;qui 
  partagent ces droits avec les adultes. Battre les enfants et les humilier 
  délibérément n&#146;en demeure pas moins une pratique courante, socialement et 
  juridiquement admise dans la plupart des Etats membres du Conseil de l&#146;Europe. 
  La présente Recommandation de l&#146;Assemblée encourage l&#146;initiative visant à 
  interdire, dans les plus brefs délais, tous les châtiments corporels et tous 
  autres peines ou traitements dégradants des enfants. A cet égard, la première 
  des mesures à prendre, la plus urgente d&#146;entre toutes est de raffermir les 
  droits des enfants. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">2.</span><font SIZE="2" face="Verdana"><span lang="FR">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;
  </span>
  
  </font>
  
  <span lang="FR">Le Comité européen des droits sociaux considère que la 
  conformité avec la Charte sociale européenne requiert l&#146;interdiction de tous 
  les châtiments corporels et de toutes les autres formes de punitions et 
  traitements dégradants des enfants. La Cour européenne des droits de l&#146;homme 
  en est venue progressivement à condamner les châtiments corporels y compris au 
  sein de la famille. La Convention des Nations Unies sur les droits de l&#146;enfant 
  exige des Etats qu&#146;ils protègent les enfants contre toutes les formes de 
  violence physique ou mentale lorsqu&#146;ils sont sous la garde des parents ou 
  d&#146;autres personnes. Le Comité des Ministres a, dans une série de 
  recommandations, la première datant de 1985, appelé les Etats à réformer leur 
  législation et à prendre toutes autres mesures utiles pour mettre un terme aux 
  châtiments corporels.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">3.</span><font SIZE="2" face="Verdana"><span lang="FR">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;
  </span>
  
  </font>
  
  <span lang="FR">En dépit des normes internationales des droits de l&#146;homme 
  clairement établies obligeant les Etats à agir, seule une minorité des 45 
  Etats membres du Conseil de l&#146;Europe ont expressément prohibé tous les 
  châtiments corporels y compris au sein de la famille. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">4.</span><font SIZE="2" face="Verdana"><span lang="FR">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;
  </span>
  
  </font>
  
  <span lang="FR">Faire cesser les châtiments corporels est indispensable pour 
  améliorer le statutdes enfants et une stratégie essentielle pour prévenir 
  toute autre forme de violence et d&#146;exploitation. Dans beaucoup d&#146;Etats 
  membres, aucune recherche n&#146;a été entreprise sur la violence infligée aux 
  enfants par leur famille; dans les pays où pareille étude a été menée, elles 
  font apparaître une très forte prévalence des châtiments corporels, y compris 
  des brutalités ayant entraîné des préjudices corporels.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">5.</span><font SIZE="2" face="Verdana"><span lang="FR">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;
  </span>
  
  </font>
  
  <span lang="FR">L&#146;élimination des châtiments corporels suppose l&#146;adoption ou 
  l&#146;existence d&#146;une législation interdisant expressément ces pratiques assortie 
  d&#146;une action de sensibilisation au droit des enfants à être protégés et de 
  promotion de formes positives, non violentes, de discipline.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">B.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;importance de la question </span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">6.</span><font SIZE="2" face="Verdana"><span lang="FR">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;
  </span>
  
  </font>
  
  <span lang="FR">La persistance de l&#146;acceptation juridique et sociale des 
  châtiments corporels est une violation des droits fondamentaux des enfants, 
  aujourd&#146;hui reconnue. Les recherches existantes montrent que les châtiments 
  corporels demeurent une pratique courante à défaut de réforme législative et 
  d&#146;éducation de l&#146;opinion publique (voir le paragraphe 9). Partout en Europe, 
  des millions d&#146;enfants voient leurs droits fondamentaux violés à grande 
  échelle. Tous les châtiments corporels violent le droit des enfants au respect 
  de leur dignité humaine et de leur intégrité physique. Les châtiments 
  corporels causent souvent des dommages physiques, des infirmités, voire dans 
  certains cas le décès de la victime. Les recherches montrent que les 
  châtiments corporels peuvent engendrer des traumatismes psychologiques chez 
  les enfants; leur usage est associé au développement de comportements et 
  d&#146;actions violents dans l&#146;enfance et ultérieurement dans la vie d&#146;adulte. Il 
  est assez incroyable que, dans la plupart des Etats membres, les enfants que 
  leur état de développement rend particulièrement vulnérables aux dommages 
  physiques et psychologiques, soient moins bien protégés contre les brutalités 
  que les adultes.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">7.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Il y a de cela un ou deux siècles seulement, les attitudes traditionnelles 
  envers les esclaves, les domestiques et les femmes se reflétaient dans 
  le&nbsp;«&nbsp;droit&nbsp;» juridiquement reconnu des maîtres et des maris de les battre<a href="#_ftn2" name="_ftnref2" title>[2]</a>. 
  La preuve la plus éclatante du statut d&#146;infériorité dans lequel sont toujours 
  tenus les enfants nous est donnée par la croyance largement répandue, dans nos 
  sociétés européennes, selon laquelle les châtiments corporels seraient 
  légitimes. L&#146;affirmation insidieuse selon laquelle l&#146;intégrité physique et la 
  dignité humaine des enfants peuvent être enfreintes en tout impunité favorise 
  l&#146;émergence d&#146;autres formes de violence envers les enfants, y compris les 
  violences et l&#146;exploitation sexuelles et la traite des enfants. Mettre un 
  terme à la violence légalisée dont sont victimes les enfants &#150; les châtiments 
  corporels &#150; est une stratégie fondamentale&nbsp;pour prévenir toutes autres formes 
  de violence.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">C.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La mesure du problème </span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">8.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le seul moyen pour connaître l&#146;étendue de la violence infligée aux enfants au 
  sein de leur famille consiste à mener des entretiens détaillés avec les 
  parents et les enfants. Des études rétrospectives où les adultes sont 
  interrogés sur leur enfance peuvent également fournir des informations. Ils ne 
  permettent pas, cependant, de savoir ce qui s&#146;est produit dans leur première 
  enfance. Les sondages d&#146;opinion permettent de tester les attitudes envers 
  l&#146;usage des châtiments corporels. Pour mesurer les progrès réalisés en matière 
  d&#146;élimination des châtiments corporels, il faut régulièrement mener des 
  enquêtes auprès de groupes représentatifs de parents et d&#146;enfants.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">9.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Dans de nombreux pays, aucune étude n&#146;a été entreprise sur la violence 
  infligée aux enfants au sein de leur famille. Des études émanant d&#146;un nombre 
  restreint d&#146;Etats indiquent que les châtiments corporels, y compris les 
  corrections sévères, sont une pratique courante, à moins que leur usage n&#146;ait 
  été systématiquement remis en cause.A titre d&#146;exemple l&#146;on peut citer:</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">Croatie</span></b><span lang="FR">: un 
  échantillon de 1000 élèves ont été interrogés entre 1997 et 1998 sur l&#146;expériencequ&#146;ils 
  ont vécue pendant leur enfance en matière de châtiments corporels et de 
  violences sexuelles; 93 % ont subi des châtiments corporels; 27 % ont reçu des 
  coups entraînant des blessures<a href="#_ftn3" name="_ftnref3" title>[3]</a>. 
  La Croatie a expressément interdit le châtiment corporel en 1999.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">Grèce</span></b><span lang="FR">: sur 
  une cohorte nationale de 8158 enfants âgés de sept ans, un tiers des enfants 
  recevait une fessée au moins une fois par semaine et un enfant sur six 
  quotidiennement (1993)<a href="#_ftn4" name="_ftnref4" title>[4]</a>. </span>
  </p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">Pologne:</span></b><span lang="FR"> une 
  étude nationale menée sur des adultes en 2001 a révélé que 80% d&#146;entre eux ont 
  subi des châtiments corporels<a href="#_ftn5" name="_ftnref5" title>[5]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">Roumanie</span></b><span lang="FR">: sur 
  un échantillon de 423 enfants âgés de 11 à 13 ans, 75% ont été l&#146;objet de 
  châtiments corporels; 5% d&#146;entre eux ont du suivre un traitement médical par 
  la suite<a href="#_ftn6" name="_ftnref6" title>[6]</a>. Dans une autre étude, 
  84% des enfants interrogés déclarent avoir subi des châtiments corporels de 
  leurs parents; 20% d&#146;entre eux ont été battus avec des objets; 15% avaient 
  peur de rentrer chez eux par crainte d&#146;être battus<a href="#_ftn7" name="_ftnref7" title>[7]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">Slovaquie</span></b><span lang="FR">: il 
  ressort d&#146;une recherche comportementale conduite en 2002 sur des échantillons 
  d&#146;adultes que 75.3% d&#146;entre eux estiment que les parents devraient être en 
  droit de donner des «&nbsp;claques occasionnellement&nbsp;»; 41.7% que les corrections 
  infligées au moyen d&#146;un objet sont acceptables et 22.9% que le recours 
  fréquent aux châtiments corporels est acceptable<a href="#_ftn8" name="_ftnref8" title>[8]</a>.
  </span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">Royaume-Uni</span></b><span lang="FR">: 
  il résulte d&#146;une étude menée à grande échelle dans les années 1990 que 91% des 
  enfants ont été battus&nbsp;; seuls 25% des nourrissons ayant moins d&#146;un an 
  n&#146;avaient jamais été frappés par leur mère et 14% des nourrissons ayant un an 
  avaient été frappés par leur mère avec une «&nbsp;sévérité modérée&nbsp;». Dans les 
  familles bi-parentales dont les deux parents ont été interrogés, un cinquième 
  des enfants avaient été battus au moyen d&#146;un objet et un tiers avait subi une 
  correction qualifiée de «&nbsp;sévère&nbsp;» (châtiment visant à, de nature à ou causant 
  effectivement des préjudices physiques et/ou psychologiques ou un traumatisme 
  à l&#146;enfant)<a href="#_ftn9" name="_ftnref9" title>[9]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">D.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La Charte Sociale Européenne du Conseil de l&#146;Europe</span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">10.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 
  2001, le Comité européen des droits sociaux chargé de veiller au respect de la 
  Charte sociale européenne et de la Charte sociale révisée par les Etats 
  membres, déclare&nbsp;que «&nbsp;l&#146;article&nbsp;17 exige une interdiction en droit de toute 
  forme de violence à l&#146;encontre des enfants, que ce soit à l&#146;école ou dans 
  d&#146;autres institutions, à leur foyer ou ailleurs. Il considère en outre que 
  toute forme de châtiment ou traitement dégradant infligé à des enfants doit 
  être interdit en droit et que cette interdiction doit être assortie de 
  sanctions pénales ou civiles adéquates.&nbsp;»<a href="#_ftn10" name="_ftnref10" title>[10]</a>.
  </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">11.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le 
  Comité s&#146;intéresse à la législation et à la pratique des Parties contractantes 
  en ce qui concerne la protection des enfants et des adolescents contre les 
  mauvais traitements en application des articles 7 et 17 des Chartes depuis de 
  nombreuses années. Dans sa déclaration de 2001, le Comité note que le Comité 
  des droits de l&#146;enfant, organe chargé du contrôle du respect des engagements 
  contractés par les Etats au titre de la Convention des Nations Unies sur les 
  droits de l&#146;enfant, recommande systématiquement aux Etats d&#146;interdire tous les 
  châtiments corporels, y compris eu sein de la famille, en accord avec la 
  Convention (voir paragraphe &nbsp;20). Le Comité Européen des Droits Sociaux prend 
  note également de l&#146;arrêt marquant de 1998 de la Cour européenne des droits de 
  l&#146;homme dans lequel la Cour qualifie les coups infligés à un jeune garçon 
  anglais par son beau-père de traitement dégradant violant l&#146;article 3 de la 
  Convention européenne des Droits de l&#146;Homme et des Libertés fondamentales. La 
  Cour conclut à l&#146;unanimité à la responsabilité du Royaume-Uni au motif qu&#146;en 
  autorisant «&nbsp;les châtiments raisonnables&nbsp;»&nbsp;le droit national avait omis de 
  fournir une protection adéquate (voir paragraphe 16). </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">12.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le 
  Comité européen des droits sociaux observe encore qu'au cours des dernières 
  décennies plusieurs Parties contractantes ont explicitement interdit le 
  châtiment corporel des enfants dans la loi (voir paragraphe &nbsp;25 ci- après) et 
  que le Comité des Ministres, dans plusieurs de ses recommandations, condamne 
  les châtiments corporels et autres traitements dégradants utilisés à des fins 
  d&#146;«&nbsp;éducation&nbsp;» ou de discipline (voir paragraphe 23).</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">13.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le 
  Comité, insistant sur l&#146;inégale protection légale des enfants comparée à celle 
  des adultes dans de nombreux pays, «&nbsp;(...) considère qu'il ne peut être 
  accepté qu&#146;une société qui interdit toute forme de violence entre adultes 
  tolère&nbsp;que les adultes infligent des violences physiques aux enfants. Le 
  Comité considère qu'il n'y a aucune valeur éducative dans le châtiment 
  corporel des enfants qui ne peut être réalisée autrement&nbsp;». </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">14.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De 
  plus, dans un domaine dans lequel les statistiques montrent une constante 
  augmentation du nombre de cas de mauvais traitements des enfants signalés à la 
  police et au ministère public, il est évident que des mesures supplémentaires 
  pour mettre un terme à ce problème sont nécessaires. Interdire toute forme de 
  châtiment corporel des enfants est une importante mesure pour l'éducation de 
  la population car cela donne un message clair de ce qui est considéré comme 
  acceptable par la société. Une telle mesure évite toute discussion et toute 
  interrogation sur la frontière à tracer entre ce qui peut être considéré comme 
  un châtiment corporel acceptable et ce qui ne peut pas l'être.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">E.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La Convention de sauvegarde des Droits de l&#146;Homme et des Libertés 
  fondamentales</span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">15.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La 
  Commission européenne des droits de l&#146;homme et la Cour européenne des droits 
  de l&#146;homme ont, par décisions successives, considéré que les châtiments 
  corporels infligés aux enfants violaient la Convention de sauvegarde des 
  Droits de l&#146;Homme et des Libertés fondamentales en relation d&#146;abord, dans les 
  années 1970, avec les châtiments prononcés par les juridictions à l&#146;encontre 
  des jeunes délinquants, puis à l&#146;école, y compris dans les écoles privées et 
  plus récemment dans le cadre du foyer familial<a href="#_ftn11" name="_ftnref11" title>[11]</a>. 
  Les décisions et les arrêts insistent sur l&#146;obligation qu&#146;a l&#146;Etat de protéger 
  l&#146;enfant et ses droits fondamentaux où qu&#146;il se trouve. D&#146;autres décisions 
  sont venues confirmer que l&#146;interdiction de tous les châtiments corporels au 
  sein de la famille constituait une ingérence légitime et ne portait pas 
  atteinte au droit des parents ou d&#146;autres personnes au respect de la vie 
  familiale et de la liberté de religion. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">16.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 
  septembre 1988, la Cour décida à l&#146;unanimité que les châtiments corporels 
  infligés à un jeune garçon anglais par son beau-père violaient l&#146;article 3 de 
  la CEDH. Les poursuites engagées contre le beau-père devant les juridictions 
  britanniques avaient échoué au motif que le «&nbsp;châtiment était raisonnable&nbsp;». 
  La Cour conclut à la responsabilité du Royaume-Uni au motif qu&#146;en autorisant 
  les «&nbsp;châtiments raisonnables&nbsp;» le droit national avait omis d&#146;accorder une 
  protection adéquate à l&#146;enfant, en particulier au moyen de «&nbsp;mesures 
  dissuasives effectives&nbsp;». La Cour ordonna au Royaume-Uni de verser une 
  indemnité de 10&nbsp;000 £ à l&#146;enfant qui avait été battu à diverses reprises au 
  moyen d&#146;une canne de jardin. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">17.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;arrêt cite certains articles de la Convention des Nations Unies sur les 
  droits de l&#146;enfant, en particulier l&#146;article 19 qui exige des Etats qu&#146;ils 
  protègent les enfants contre toute forme de&nbsp;«&nbsp;violence physique ou mentale&nbsp;» 
  pendant qu&#146;ils sont sous la garde de leurs parents ou de toute autre personne 
  à qui ils sont confiés (voir paragraphe 19).</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">F.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La Convention des Nations Unies sur les droits de l&#146;enfant </span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">18.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La 
  Convention des Nations Unies sur les droits de l&#146;enfant (UNCRC) a été adoptée 
  par l&#146;Assemblée générale en 1989. En 2001, cette Convention avait été ratifiée 
  par 191 Etats - y compris tous les Etats membres du Conseil de l&#146;Europe. La 
  Convention sur les droits de l&#146;enfant est le traité international des droits 
  de la personne ayant recueilli le plus grand nombre de ratifications, ce qui 
  confère à ses principes et normes détaillés une autorité particulière en droit 
  international. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">19.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La 
  Convention des Nations Unies sur le droit des enfants est le premier traité à 
  traiter directement de la protection de l&#146;enfant contre la violence. L&#146;article 
  19 de la Convention oblige les Etats à prendre&nbsp;«&nbsp;toutes les mesures 
  législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées pour 
  protéger l&#146;enfant conte toutes formes de violence, d&#146;atteinte, ou de 
  brutalités physiques ou mentales, d&#146;abandon ou de négligence, de mauvais 
  traitements ou d&#146;exploitation, y compris la violence sexuelle, pendant qu&#146;il 
  est sous la garde de ses parents ou de l&#146;un d&#146;eux, de son ou ses représentants 
  légaux ou de toute autre personne à qui il est confié&nbsp;...». </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">20.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le 
  Comité des droits de l&#146;enfant est l&#146;instance chargée du suivi de la Convention 
  des Nations Unies sur le droit des enfants. Il a commencé à examiner les 
  rapports des Etats Parties à la Convention en 1993. Dès cet instant, le Comité 
  s&#146;est particulièrement préoccupé de la persistance de l&#146;acceptation juridique 
  et sociale des châtiments corporels infligés à des enfants, dans leur famille, 
  à l&#146;école et dans d&#146;autres institutions ainsi que dans les établissements 
  pénitentiaires. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">21.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le 
  Comité a constamment déclaré que les châtiments corporels au sein des familles 
  ou ailleurs étaient contraires à la Convention et recommandé que les Etats 
  prohibent tous les châtiments corporels à l&#146;égard des enfants et mettent en 
  place des campagnes d&#146;éducation destinées à promouvoir une éducation positive, 
  non violente des enfants dans plus de 130 pays répartis sur les quatre 
  continents, y compris dans les pays industrialisés et développés<a href="#_ftn12" name="_ftnref12" title>[12]</a>.
  </span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">G.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les Recommandations du Comité des Ministres du Conseil de l&#146;Europe condamnant 
  les&nbsp;&nbsp; châtiments corporels</span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">22.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le 
  Comité des Ministres a condamné pour la première fois les châtiments corporels 
  à l&#146;égard des enfants dans une recommandation aux Etats membres sur la 
  violence au sein de la famille adoptée en 1985. Le préambule de la 
  recommandation stipule que «&nbsp;la défense de la famille comporte la protection 
  de tous ses membres contre toute forme de violences qui trop souvent surgit en 
  son sein&nbsp;». La violence affecte «&nbsp;en particulier, bien que dans des conditions 
  différentes, d&#146;une part des enfants et d&#146;autre part des femmes&nbsp;» et les 
  enfants «&nbsp;ont droit à une protection particulière de la part de la société 
  contre toute forme de discrimination et d&#146;oppression et contre les abus 
  d&#146;autorité dans la famille et dans les autres institutions&nbsp;». Le Comité des 
  Ministres recommandait aux Etats membres de «&nbsp;revoir leur législation 
  concernant le pouvoir de correction à l&#146;égard des enfants dans le but de 
  limiter, voire d&#146;interdire les châtiments corporels, même si la violation de 
  cette interdiction n&#146;entraîne pas nécessairement une sanction pénale&nbsp;». Le 
  rapport explicatif de la recommandation assimile les châtiments corporels à « 
  un mal qu&#146;il faut au moins décourager dans une première phase pour finir par 
  l&#146;interdire. En effet c&#146;est la conception même qui rend légitime le châtiment 
  corporel d&#146;un enfant, qui, d&#146;une part, ouvre la voie à tous les excès et, 
  d&#146;autre part, rend acceptable par des tiers les marques ou les symptômes de 
  ces châtiments<a href="#_ftn13" name="_ftnref13" title>[13]</a>&nbsp;».</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">23.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Dans une recommandation aux Etats membres de 1990 sur les «&nbsp;mesures sociales 
  concernant la violence au sein de la famille&nbsp;», le Comité note que «&nbsp;la 
  démocratisation de la famille, qui implique le respect de chacun en tant que 
  personne disposant de droits égaux et de chances égales, peut contribuer à 
  décourager la violence&nbsp;». Au paragraphe intitulé «&nbsp;Mesures pour les enfants&nbsp;», 
  la recommandation dispose que «&nbsp;l&#146;accent devrait être mis sur la condamnation 
  générale du châtiment corporel et d&#146;autres traitements dégradants comme moyen 
  d&#146;éducation, et du besoin d&#146;une éducation sans violence&nbsp;»<a href="#_ftn14" name="_ftnref14" title>[14]</a>.
  </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">24.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 
  1993, dans une recommandation sur «les aspects médico-sociaux des mauvais 
  traitements infligés aux enfants», le Comité prenant acte de la Convention des 
  Nations Unies sur les droits de l&#146;enfant, exhorte les Etats à «&nbsp;mettre en 
  lumière le droit de tous les enfants et adolescents à une existence exempte de 
  maltraitance, et la nécessité de changer les modes d&#146;éducation et de 
  comportements qui la menacent&nbsp;» et à «&nbsp;réduire le niveau de violence au 
  minimum dans la société et le recours à la violence dans les méthodes 
  d&#146;éducation des enfants&nbsp;»&nbsp;<a href="#_ftn15" name="_ftnref15" title>[15]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">H.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;évolution des réformes législatives interdisant tous les châtiments 
  corporels</span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">25.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les 
  normes des droits de l&#146;homme établies par le Conseil de l&#146;Europe et par la 
  Convention des Nations Unies sur les droits de l&#146;enfant exigent l&#146;abolition de 
  tous les châtiments corporels et autres traitements ou peines dégradants. En 
  mars 2004, 12 Etats membres au moins ont une législation interdisant 
  clairement les châtiments corporels infligés aux enfants, y compris au sein de 
  la famille: <b>Autriche </b>(1989), <b>Bulgarie </b>(2000), <b>Croatie </b>
  (1999), <b>Chypre</b> (1994), <b>Danemark </b>(1997), <b>Finlande</b> (1983),
  <b>Allemagne </b>(2000), <b>Islande </b>(2003), <b>Lettonie</b> (1998), <b>
  Norvège</b> (1987), <b>Suède </b>(1979), <b>Ukraine </b>(2002). A ce jour 
  cependant la loi n&#146;a toujours pas été amendée en ce sens. Dans neuf autres 
  Etats au moins, la loi pénale interdit les coups et blessures et la loi refuse 
  de reconnaître une quelconque légitimité au motif tiré de la discipline pour 
  justifier les brutalités envers les enfants mais reste qu&#146;en pratique la loi 
  n&#146;est pas interprétée comme prohibant tous les châtiments corporels infligés 
  par les parents</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">26.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les 
  étapes juridiques ci-après énumérées sont essentielles en vue d&#146;atteindre à 
  l&#146;interdiction de tous les châtiments corporels: </span></p>
  <blockquote>
    <p align="justify"><span lang="FR">a)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    Veiller à ce le droit (droit écrit ou <i>common law</i>) ne contienne pas 
    d&#146;exceptions justifiant le recours aux châtiments corporels par les parents, 
    les tuteurs ou toute autre personne; </span></p>
    <p align="justify"><span lang="FR">b)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    Veiller à ce que le droit pénal relatif aux voies de fait s&#146;applique 
    également aux sévices infligés aux enfants à titre de punition;</span></p>
    <p align="justify"><span lang="FR">c)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    Edicter une interdiction expresse, en principe dans le droit civil, de tous 
    les châtiments corporels et de tous autres peines ou traitements dégradants 
    ou humiliants des enfants;</span></p>
    <p align="justify"><span lang="FR">d)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    Donner des indications sur la façon adéquate de mettre en &#156;uvre cette 
    législation en se concentrant sur la protection et la promotion des droits 
    de l&#146;enfant en général, et sur l&#146;intérêt supérieur des enfants victimes en 
    particulier.</span></p>
  </blockquote>
  <p align="justify"><span lang="FR">27.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les châtiments corporels à l&#146;école et dans les établissements pénitentiaires 
  pour jeunes délinquants sont interdits partout en Europe. Cette interdiction 
  n&#146;est toutefois pas uniformément appliquée. De nombreux Etats ont également 
  interdit les châtiments corporels dans les foyers d&#146;adoption. Tous les Etats 
  ont une législation interdisant les sévices graves infligés aux enfants par 
  les parents et toute autre personne ayant la garde de l&#146;enfant mais beaucoup 
  d&#146;entre elles reconnaissent des excuses aux parents usant de formes plus 
  atténuées de châtiments corporels et là où châtiments corporels infligés par 
  les parents restent licites, cette licéité s&#146;applique mutatis mutandis aux 
  foyers d&#146;adoption et certains autres systèmes de garderie informels, sauf 
  prohibition légale expresse. </span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">I.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le processus d&#146;abolition des châtiments corporels</span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">28.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le processus des réformes législatives visant à mettre un terme aux châtiments 
  corporels infligés par les parents a démarré il a y près de 50 ans, en 1957, 
  en Suède avec l&#146;abrogation de la disposition de droit pénal qui excusait les 
  parents ayant causé des préjudices corporels mineurs aux enfants en leur 
  administrant des châtiments corporels. En 1966, la Suède supprima du Code de 
  la famille, une disposition autorisant «&nbsp;les réprimandes&nbsp;». Par la suite, la 
  Suède devint le premier pays au Monde à interdire formellement tous les 
  châtiments corporels dans la Loi sur la famille adoptée en 1979 et qui ajouta 
  une disposition au Code de parentalité et de tutelle. Suite à cette ajout le 
  Code se lit comme suit&nbsp;: « Les enfants ont droit à l&#146;assistance, à la sécurité 
  et à une bonne éducation. Ils doivent être traités dans le respect de leur 
  personne et de leur individualité et ne peuvent être soumis à un châtiment 
  corporel ou à tout autre traitement humiliant&nbsp;».&nbsp;</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">29.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Une réforme législative formelle qui interdit tous les châtiments corporels et 
  autres peines ou traitements dégradants infligés aux enfants délivre un 
  message fort, essentiel aux enfants, aux parents et à l&#146;opinion. L&#146;objet de 
  cette réforme législative est tout d&#146;abord éducatif&nbsp;: adresser un message 
  clair que frapper un enfant est tout autant inacceptable et illégal que 
  frapper des adultes. Poursuivre les parents est rarement dans l&#146;intérêt de 
  l&#146;enfant et la probabilité de poursuite à l&#146;encontre des parents pour des 
  agressions mineures est similaire à celle existant entre adultes. D&#146;autre 
  part, éliminer toute défense ou justification de la violence rendra les 
  poursuites plus faciles dans le peu de cas où il est nécessaire de protéger 
  les enfants.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">30.<b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;
  </b>Il est largement prouvé aujourd&#146;hui qu&#146;il est possible de changer les 
  comportements et la pratique au sein des familles et de réduire 
  significativement la violence envers les enfants au sein des familles dès lors 
  que la réforme législative s&#146;accompagne d&#146;une action de sensibilisation 
  générale et d&#146;éducation du public<a href="#_ftn16" name="_ftnref16" title>[16]</a>.
  </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">31.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Pour commencer, il est indispensable que la loi soit portée à la connaissance 
  du public et clairement et formellement interprétée par les hommes politiques, 
  les élus locaux et les membres de la profession judiciaire comme interdisant 
  tous les châtiments corporels et autres peines ou traitements dégradants des 
  enfants. Il est indispensable de développer, en les inscrivant dans la durée, 
  des actions de sensibilisation aux droits des enfants à la protection et des 
  actions d&#146;éducation du public et des parents en vue de promouvoir des formes 
  positives, non violentes d&#146;éducation et de discipline des enfants. La 
  Convention des Nations Unies sur les droits de l&#146;enfant exige des Etats 
  l&#146;ayant ratifiée (tous les Etats membres du Conseil de l&#146;Europe) de «&nbsp;faire 
  largement connaître les principes et les dispositions de la présente 
  Convention, par des moyens appropriés, aux adultes et aux enfants&nbsp;» (article 
  42).</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">32.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Tous les Etats disposent de programmes sanitaires et de protection ciblant les 
  futurs et nouveaux parents. Ces programmes pourraient s&#146;attacher à promouvoir 
  les droits des enfants à la protection et à faire connaître la loi, la façon 
  dont se développent les enfants et les dangers des châtiments. Le personnel 
  des garderies peut mettre, tout à la fois, en pratique et promouvoir une 
  discipline constructive. Dans différents Etats membres, les ONG mènent des 
  campagnes contre les châtiments corporels et d&#146;éducation du public dont les 
  gouvernements peuvent s&#146;inspirer, auxquelles ils peuvent apporter leur 
  soutien, qu&#146;ils peuvent soutenir et généraliser. Les média peuvent jouer un 
  rôle prépondérant en apportant leur soutien aux actions de sensibilisation et 
  d&#146;éducation du public au moyen d&#146;articles d&#146;actualité, de documentaires, de 
  programmes éducatifs et de magazines spécialisés destinés aux parents. </span>
  </p>
  <p align="justify"><span lang="FR">33.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les quelques éléments ci-après sont essentiels pour éliminer les châtiments 
  corporels:</span></p>
  <ul>
    <li>
    <p align="justify"><span lang="FR">Garantir une large sensibilisation des 
    enfants, de tous ceux qui vivent et travaillent avec eux et du public en 
    général à l&#146;interdiction de tous les châtiments corporels et autres 
    traitements et humiliations inhumains ou dégradants dont sont victimes les 
    enfants;</span></li>
    <li>
    <p align="justify"><span lang="FR">Assurer une large sensibilisation aux 
    droits fondamentaux des enfants, notamment au droit au respect de leur 
    dignité humaine en tant qu&#146;être humain et de leur intégrité physique;</span></li>
    <li>
    <p align="justify"><span lang="FR">Promouvoir des formes positives, non 
    violentes d&#146;éducation des enfants et de résolution des conflits auprès des 
    futurs parents, des parents et de toute autre personne ayant à leur charge 
    des enfants ainsi que du public;</span></li>
    <li>
    <p align="justify"><span lang="FR">Veiller à ce que les enfants et les 
    adolescents aient la possibilité d&#146;exprimer leur point de vue et de 
    participer à la conception et à la mise en &#156;uvre des actions visant à 
    éradiquer les châtiments corporels;</span></li>
    <li>
    <p align="justify"><span lang="FR">Faire en sorte que tous les parents, et 
    en particulier ceux qui éprouvent des difficultés à élever leurs enfants, 
    aient accès à des conseils et à l&#146;aide dont ils ont besoin&nbsp;;</span></li>
    <li>
    <p align="justify"><span lang="FR">Veiller à ce que les enfants bénéficient, 
    de manière confidentielle, d&#146;avis et de conseils, ainsi que d&#146;une 
    représentation juridique pour agir contre les violences dont ils sont 
    l&#146;objet;</span></li>
    <li>
    <p align="justify"><span lang="FR">Garantir des formes effectives et 
    appropriées de protection aux enfants particulièrement vulnérables aux 
    punitions qui leur portent préjudice et les humilient &#150; par exemple les 
    enfants handicapés et les enfants en institutions et en détention&nbsp;;</span></li>
    <li>
    <p align="justify"><span lang="FR">Veiller à ce que les châtiments corporels 
    et toutes les autres formes dommageables et humiliantes de discipline 
    infligés aux enfants soient incorporés dans la définition des violences 
    domestiques ou familiales et à ce que les stratégies de suppression des 
    violences punitives contre les enfants soient intégrées aux stratégies de 
    lutte contre les violences domestiques ou familiales;</span></li>
    <li>
    <p align="justify"><span lang="FR">Contrôler l&#146;effectivité de l&#146;abolition au 
    moyen d&#146;enquêtes régulières sur l&#146;expérience de la violence des enfants chez 
    eux, à l&#146;école et ailleurs, et des services de protection infantile, et 
    l&#146;expérience et le comportement des parents face aux violences infligées aux 
    enfants.</span></li>
  </ul>
  <hr color="#000000" size="1" width="50%">
  <p align="justify"><span lang="FR"><i>Commission chargée du rapport :</i> 
  Commission des questions sociales, de la santé et de la famille</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR"><i>Renvoi en commission :</i> </span>
  <a href="../doc03/FDOC9716.htm">Doc. 9716</a><span lang="FR">, Renvoi N° 2816 
  du 31 mars 2003</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR"><i>Projet de recommandation </i>adopté à 
  l&#146;unanimité le 1er juin 2004</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Membres de la Commission: <b>MM. Glesener</b>(Président), 
  Surjan (1er Vice-Président), <b>Mme McCafferty </b>(2ème Vice-Président<i>),
  </i><b>M. Ma&#154;tálka</b> (3ème Vice-Président), Mme Ahlqvist, MM. Arnau, Arzilli,
  <b>Mme Azevedo</b>, <b>Mme Bargholtz</b>, Mme Belohorská, MM. Berzin&#154;, Bojovic, 
  Mme Bolognesi, MM. Braghis, Brunhart, Buzatu (remplaçant :<b>Ionescu</b>), 
  Yüksel Çavusoglu, Chernyshenko, Christodoulides, Mme Cliveti, MM. Colombier, 
  Cox (remplaçant : <b>Vis</b>), Daban Alsina, Mme D&#146;Amato (remplaçant : <b>M. 
  Falzon)</b>, <b>MM. Dees</b>, Donabauer, Dragassakis, <b>Evin, Flynn</b>, 
  Geveaux, Giertych, Glukhovskiy, Gregory (remplaçante : <b>Mme Ormonde</b>), <b>
  MM. Gülçiçek</b>, Irfan Gündüz, Gusenbauer, Hegyi, Herrera, Hladiy, Høie, <b>
  Mme Hurskainen</b>, <b>MM. </b></span><b>Jacquat</b>, Klympush, Baroness 
  Knight of Collingtree (remplaçant : <b>M. Hancock</b>), MM. Kocharyan, Letica, 
  Mme Lotz, MM. Makhachev, <b>Markowski</b>, Mme Milicevic, Mme Milotinova, MM. 
  Mladenov, Monfils, <b>Mme Oskina</b>, MM. Ouzký, Padilla, Padobnik, <b>Popa,</b> 
  Poty, Poulsen, Provera (remplaçant : <b>Tirelli)</b>, Pysarenko, Mme 
  Radulovic-&#138;cepanovic, MM. Rauber, Riester, <b>Rigoni</b>, Rizzi, Mme Roseira, 
  Mme Saks, MM. Schmied (remplaçant: <b>Dupraz)</b>, Seyidov, Mme 
  Shakhtakhtinskaya, MM. Skarphédinsson, Stathakis, Sysas, Mme Tevdoradze, Mme 
  Topalli, Mme Vermot-Mangold, Mme Wegener, MM. Van Winsen, Zernovski, ZZ&#133;</p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">NB: Les noms des membres présents à la 
  réunion sont imprimés en caractères gras.</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR"><i>Secrétariat de la Commission:</i> M. 
  Mezei, Mme Nollinger, Mme Meunier, Mme Karanjac, M. Chahbazian</span></p>
  <hr color="#000000" size="1">
  <p align="justify"><a href="#_ftnref1" name="_ftn1" title><span lang="EN-GB">
  [1]</span></a><span lang="FR">&nbsp; La rapporteuse est très reconnaissante à 
  M. Peter Newell, Coordinateur de l&#146;Initiative mondiale visant à mettre un 
  terme aux châtiments corporels infligés aux enfants, d&#146;avoir aidé à rédiger 
  cet exposé des motifs.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref2" name="_ftn2" title><span lang="EN-GB">
  [2]</span></a><span lang="EN-GB"> Voir, par exemple, le débat sur les droits 
  des maris de battre leurs femmes d&#146;une manière «&nbsp;qui ne soit pas violente ou 
  cruelle&nbsp;» in Blackstone&#146;s Commentaries, page 445. </span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref3" name="_ftn3" title><span lang="EN-GB">
  [3]</span></a><span lang="FR">Pecnik, N. (2003), Transmission des sévices 
  infligés aux enfants d&#146;une génération à l&#146;autre, (en croate) (Slap&nbsp;: 
  Jastrebarsko).</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref4" name="_ftn4" title><span lang="EN-GB">
  [4]</span></a> Agathonus-Georgopoulou, H. (1997), « Child Maltreatment in 
  Greece&nbsp;: A Review of Research&nbsp;» Child Abuse Review, vol. 6, pp.257-271. </p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref5" name="_ftn5" title><span lang="EN-GB">
  [5]</span></a><span lang="EN-GB"> Fluderska, G. et al. </span><span lang="FR">
  (2001), Le problème des sévices infligés aux enfants en Pologne: Comportement 
  et expérience (Varsovie: Fondation des enfants de personne).</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref6" name="_ftn6" title><span lang="EN-GB">
  [6]</span></a><span lang="EN-GB"> Alexandrescu, G. et al. </span>
  <span lang="FR">(2000), Sévices sur enfants et négligence (Sauver les enfants 
  Roumanie) </span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref7" name="_ftn7" title><span lang="EN-GB">
  [7]</span></a><span lang="FR"> Gouvernement roumain, Sauver les enfants &amp; 
  UNICEF (2000), Etude nationale sur les violences sexuelles dont sont victime 
  les enfants, (Sauver les enfants Roumanie). </span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref8" name="_ftn8" title><span lang="EN-GB">
  [8]</span></a><span lang="EN-GB"> La prévalence de la violence à Bratislava, 
  Slovaquie, en progression. &nbsp;</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref9" name="_ftn9" title><span lang="EN-GB">
  [9]</span></a><span lang="EN-GB"> Gavin Nobes, G. et al. </span>
  <span lang="FR">(1997), &#147;Physical punishment of children in two-parent 
  families&#148;, Clinical Child Psychology and Psychiatry, vol.&nbsp;2&nbsp;(2), p.&nbsp;271&#150;281&nbsp;; 
  également, synthèse présentée sous forme d&#146;affiche par le Dr.&nbsp;Marjorie Smith 
  lors de la Cinquième conférence européenne sur les mauvais traitements et les 
  négligences infligés aux enfants (Société internationale pour la prévention 
  des mauvais traitements et les négligences), Oslo, mai&nbsp;1995.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref10" name="_ftn10" title>
  <span lang="EN-GB">[10]</span></a><span lang="FR"> Comité européen des droits 
  sociaux, Observations générales concernant l&#146;Article 7, paras. 10 et 17, 
  Conclusions XV-2, vol.1, Introduction générale, p. 26.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref11" name="_ftn11" title>
  <span lang="EN-GB">[11]</span></a><span lang="EN-GB"> Cour européenne des 
  droits de l&#146;homme, <i>Tyrer c. Royaume-Uni, </i>1978&nbsp;;</span><i><span lang="EN-GB">Campbell 
  et Cosans c. Royaume-Uni</span></i><span lang="EN-GB">, 1982&nbsp;; <i>
  Costello-Robert c.</i> <i>Royaume-Uni,</i>, 1993&nbsp;; <i>A c. Royaume-Uni, </i>
  1998. </span><span lang="FR">Tous les arrêts de la Cour peuvent être consultés 
  sur le site </span><span lang="EN-GB">
  <a href="http://hudoc.echr.coe.int/hudoc/"><span lang="FR">
  http://hudoc.echr.coe.int/hudoc/</span></a></span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref12" name="_ftn12" title>
  <span lang="EN-GB">[12]</span></a><span lang="FR"> Comité des droits de 
  l&#146;enfant&nbsp;: les documents du Comité, notamment ses observations finales sur les 
  rapports des Etats Parties à la Convention relative aux droits de l&#146;enfant, 
  sont disponibles à l&#146;adresse </span><span lang="EN-GB">
  <a href="http://www.unhchr.ch/html/menu2/6/crc/"><span lang="FR">
  http://www.unhchr.ch/html/menu2/6/crc/</span></a></span><span lang="FR">. Le 
  site de l&#146;Initiative mondiale tendant à mettre un terme à tous les châtiments 
  corporels infligés aux enfants contient le texte de toutes les recommandations 
  du Comité relatives aux châtiments corporels, classées par session et par Etat&nbsp;:
  </span><span lang="EN-GB"><a href="http://www.endcorporalpunishment.org/">
  <span lang="FR">www.//endcorporalpunishment.org</span></a></span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref13" name="_ftn13" title>
  <span lang="EN-GB">[13]</span></a><span lang="FR"> Comité des Ministres du 
  Conseil de l&#146;Europe, Recommandation sur «&nbsp;la violence au sein de la famille&nbsp;», 
  Recommandation N° R&nbsp;(85)&nbsp;4. Toutes les recommandations du Comité des Ministres 
  peuvent être consultées sur le site&nbsp;: </span><span lang="EN-GB">
  <a href="http://www.coe.int/t/E/Committee_of_Ministers/Home/Documents/">
  <span lang="FR">http://www.coe.int/t/E/Committee_of_Ministers/Home/Documents/</span></a></span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref14" name="_ftn14" title>
  <span lang="EN-GB">[14]</span></a><span lang="FR"> Comité des Ministres du 
  Conseil de l&#146;Europe, Recommandation sur «&nbsp;les mesures sociales concernant la 
  violence au sein de la famille&nbsp;»: N° R&nbsp;(90)&nbsp;2.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref15" name="_ftn15" title>
  <span lang="EN-GB">[15]</span></a><span lang="FR"> Comité des Ministres du 
  Conseil de l&#146;Europe, Recommandation sur «&nbsp;les aspects médico-sociaux des 
  mauvais traitements infligés aux enfants&nbsp;»: Recommandation N° R&nbsp;(93)&nbsp;2.&nbsp;</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref16" name="_ftn16" title>
  <span lang="EN-GB">[16]</span></a><span lang="EN-GB"> L&#146;impact des réformes en 
  Suède a donné lieu à de nombreux études et commentaires. Voir «&nbsp;Ending 
  Corporal Punishment: Swedish experience of efforts to prevent all forms of 
  violence against children &#150; and the results&nbsp;», ministère de la Santé et des 
  Affaires sociales et ministère des Affaires étrangère, Suède, 2001; Joan E 
  Durrant, «&nbsp;A generation Without Smacking: The impact of Sweden&#146;s ban on 
  physical punishment&nbsp;», save the Children Royaume-Uni, 2000. En Allemagne aussi 
  l&#146;interdiction a été appliquée en 2000 et la Recherche montre des changements 
  significatifs dans la prise de conscience et dans les attitudes sur une courte 
  période. Professeur Kai D. Bussmann.</span></p>
  <p align="justify">&nbsp;</p>
  
  </font>
  
  </font>
  
  </font>
  
  </blockquote>
  </body>
</html>