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<title>Education et religion</title>
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    </td>
  </tr>
</table>
<hr size="1">

<p align="justify"><b><br>
Doc. 10673</b></p>

<p align="justify">19 septembre 2005</p>

<p><b>Education et religion </b></p>

<p align="justify">Rapport</p>

<p align="justify">Commission de la culture, de la science et de l&#8217;éducation</p>

<p align="justify">Rapporteur: André Schneider, France, Groupe du parti populaire européen</p>

<p align="justify"><i>Résumé</i></p>

<p align="justify">L&#8217;Assemblée parlementaire réaffirme que la religion de chacun, y inclus l&#8217;option de ne pas avoir de religion, relève du domaine strictement privé. Cependant, nombre de situations de crise sont profondément enracinées dans les tensions culturelles et religieuses. La connaissance des religions fait partie intégrante de celle de l&#8217;histoire des hommes et des civilisations. Elle est entièrement différente de la croyance en une religion en particulier et de sa pratique.</p>

<p align="justify">En conséquence, une bonne connaissance générale des religions est essentielle au développement d&#8217;un sens de la tolérance et à l&#8217;exercice de la citoyenneté démocratique. L&#8217;éducation devrait fournir les outils pour combattre l&#8217;ignorance, les stéréotypes et l&#8217;incompréhension des religions.</p>

<p align="justify">L&#8217;Assemblée recommande au Comité des Ministres d&#8217;étudier les approches possibles à l&#8217;enseignement du fait religieux pour les niveaux primaire et secondaire au moyen de modules de base qui seraient ensuite adaptés aux différents systèmes éducatifs, de promouvoir la formation initiale et continue des enseignants&nbsp;en matière de religion et d&#8217;envisager la création d&#8217;un institut européen de formation des enseignants pour l'étude comparative des religions.&nbsp;</p>

<p align="justify"><b><a name="P32_1477"></a>I.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Projet de recommandation</b></p>

<p align="justify">1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&#8217;Assemblée parlementaire réaffirme avec force que la religion de chacun, y inclus l&#8217;option de ne pas avoir de religion, relève du domaine strictement privé. Ceci cependant n&#8217;est pas incompatible avec la constatation qu&#8217;une bonne connaissance générale des religions, et par conséquent un sens de la tolérance, sont indispensables à l&#8217;exercice de la citoyenneté démocratique.</p>

<p align="justify">2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans sa<a href="/ASP/Doc/RefRedirectFR.asp?Doc= Recommandation 1396"> Recommandation 1396</a> (1999) sur la religion et la démocratie, l&#8217;Assemblée affirmait&nbsp;que «&nbsp;Plusieurs problèmes de la société européenne moderne ont une composante religieuse, tels que les mouvements fondamentalistes intolérants et les actes terroristes, le racisme et la xénophobie, les conflits ethniques&nbsp;». </p>

<p align="justify">3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans beaucoup de familles, la connaissances des religions est en train de se perdre. De plus en plus de jeunes manquent de repères pour bien appréhender les sociétés dans lesquelles ils évoluent et celles avec lesquelles ils sont confrontés.</p>

<p align="justify">4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les médias &#8211; presse écrite et audiovisuel &#8211; peuvent avoir un rôle d&#8217;information très positif. Cependant, certains d&#8217;entre eux, surtout parmi ceux sont destinés au grand public, font très souvent preuve d&#8217;une regrettable méconnaissance des religions, comme l&#8217;indiquent par exemple les amalgames fréquents entre l&#8217;islam et certains mouvements fondamentalistes et radicaux.</p>

<p align="justify">5.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La politique et la religion ne devraient pas se mélanger. Cependant, la religion et la démocratie ne doivent pas être incompatibles. En effet, elles doivent être des partenaires valables. En s&#8217;attaquant aux problèmes de société, les autorités publiques peuvent éliminer beaucoup de situations qui favorisent l&#8217;extrémisme religieux.</p>

<p align="justify">6.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&#8217;éducation est essentielle pour combattre l&#8217;ignorance, les stéréotypes et l&#8217;incompréhension des religions. Les gouvernements devraient aussi faire plus pour garantir la liberté de conscience et d&#8217;expression religieuse, pour encourager l&#8217;enseignement du fait religieux, pour promouvoir le dialogue avec et entre les religions et pour favoriser l&#8217;expression culturelle et sociale des religions.&nbsp;</p>

<p align="justify">7.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L'école est un élément majeur de l&#8217;éducation, de la formation de l&#8217;esprit critique des futurs citoyens et donc du dialogue interculturel. Elle pose les bases d'un comportement tolérant. En enseignant aux enfants l'histoire et la philosophie des principales religions avec mesure et objectivité dans le respect des valeurs de la Convention Européenne des Droits de l&#8217;Homme elle luttera efficacement contre le fanatisme. Il est essentiel de comprendre l&#8217;histoire des conflits politiques au nom de la religion.</p>

<p align="justify">8.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La connaissance des religions fait partie intégrante de celle de l&#8217;histoire des hommes et des civilisations. Elle est tout à fait différente de la croyance en une religion en particulier et de sa pratique. Même les pays où une confession est largement prédominante se doivent d'enseigner les origines de toutes les religions plutôt que d&#8217;en privilégier une ou de promouvoir le prosélytisme.  </p>

<p align="justify">9.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En Europe, diverses situations co-existent. D&#8217;une manière générale, les systèmes scolaires &#8211; en particulier les écoles publiques dans les pays dits laïques - ne consacrent pas suffisamment de ressources à l&#8217;enseignement des religions ou &#8211; en particulier dans les pays à religion d&#8217;Etat et dans les établissements confessionnels &#8211; privilégient une seule religion. Certains pays ont interdit le port de symboles religieux dans les établissements scolaires.</p>

<p align="justify">10.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Malheureusement, un peu partout en Europe il n'y a pas assez d'enseignants en mesure d'assurer l'étude comparative des différentes religions d'où l'intérêt de créer pour cela un institut européen de formation des enseignants (au moins pour les&nbsp; formateurs des futures enseignants). </p>

<p align="justify">11.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le Conseil de l&#8217;Europe accorde à l&#8217;éducation un rôle central dans la construction d&#8217;une société démocratique mais l&#8217;étude des religions dans les écoles n&#8217;a pas encore fait l&#8217;objet d&#8217;une attention particulière. </p>

<p align="justify">12.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&#8217;Assemblée constate par ailleurs que les trois religions monothéistes du Livre ont des racines communes (Abraham) et partagent beaucoup de valeurs avec d&#8217;autres religions et que ces valeurs sont à l&#8217;origine de celles défendues par le Conseil de l&#8217;Europe.</p>

<p align="justify">13.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En conséquence, l&#8217;Assemblée recommande au Comité des Ministres&nbsp;:</p>

<p align="justify">13.1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; d&#8217;étudier les approches possibles à l&#8217;enseignement des religions pour les niveaux primaire et secondaire par exemple par des modules de base qui seraient ensuite adaptés aux différents  systèmes éducatifs&nbsp;; </p>

<p align="justify">13.2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; de promouvoir la formation initiale et continue des enseignants du fait religieux dans le respect des principes évoqués dans les paragraphies précédents&nbsp;;</p>

<p align="justify">13.3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; d&#8217;envisager la création d&#8217;un institut européen de formation d&#8217;enseignants pour l'étude comparative des religions.</p>

<p align="justify">14.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&#8217;Assemblée recommande aussi au Comité des Ministres&nbsp;d&#8217;encourager les gouvernements des Etats membres à veiller à l&#8217;enseignement du fait religieux aux niveaux primaire et secondaire de l&#8217;éducation nationale, notamment sur la base des critères suivants&nbsp;: </p>

<p align="justify">14.1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; son l&#8217;objectif doit faire découvrir aux élèves les religions qui se pratiquent dans leur pays et celles de leurs voisins, de leur faire voir que chacun a le même droit de croire que sa religion «&nbsp;est la vraie&nbsp;» et que le fait que d&#8217;autres ont une religion différente, ou n&#8217;ont pas de religion, ne les rend pas différents en tant qu&#8217;êtres humains&nbsp;;</p>

<p align="justify">14.2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; il devrait inclure l&#8217;histoire des principales religions, ainsi que l&#8217;option de ne pas avoir de religion, en toute neutralité&nbsp;;</p>

<p align="justify">14.3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; il devrait donner à la jeunesse des outils pédagogiques lui permettant d&#8217;aborder en toute sécurité les partisans d&#8217;une approche religieuse fanatique&nbsp;;</p>

<p align="justify">14.4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; il ne doit pas franchir la limite entre le culturel et le cultuel, même pour un pays à religion d&#8217;Etat.&nbsp;Il ne s&#8217;agit pas de transmettre une foi, mais de faire comprendre aux jeunes pourquoi des millions de gens puisent à ces sources;</p>

<p align="justify">14.5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; les enseignants des religions devront avoir une formation spécifique. Cela devrait être des enseignants d&#8217;une discipline culturelle ou littéraire. Cependant les spécialistes d&#8217;une autre discipline, pourraient être chargés de cet enseignement&nbsp;;</p>

<p align="justify">14.6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; il appartient aux autorités publiques de veiller à la formation des enseignants&nbsp;et de définir les programmes qui doivent être adaptés à la spécificité de chaque pays et à l&#8217;âge des élèves.</p>

<p align="justify"><b>II.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Exposé des motifs</b></p>

<p align="justify">par M. André Schneider</p>

<p align="justify"><b>A. Introduction</b></p>

  <ul><p align="justify">1. La religion est une composante importante de la culture européenne et joue un rôle non négligeable pour beaucoup de citoyens dans toute l&#8217;Europe. Le fait que la religion de chacun relève du domaine strictement privé n&#8217;est pas incompatible avec la constatation qu&#8217;une bonne connaissance générale des religions est indispensable à l&#8217;exercice de la citoyenneté démocratique.</p>

  <p align="justify">2. Cependant, il est apparu que les systèmes scolaires &#8211; en particulier les écoles publiques dans les pays dits laïques - ne consacraient pas suffisamment de ressources à l&#8217;enseignement des religions ou &#8211; en particulier dans les pays à religion d&#8217;état et dans les établissements confessionnels - privilégiaient une seule religion. Parallèlement, dans beaucoup de familles, les traditions religieuses sont en train de se perdre. En conséquence de plus en plus de jeunes manquent de repères pour bien appréhender les sociétés dans lesquelles ils évoluent et avec lesquelles ils sont confrontés.</p>

  <p align="justify">3. Il était donc apparu nécessaire de réfléchir au rôle des systèmes d&#8217;éducation en matière de religion. </p>

</ul><p align="justify"><b>B. Historique des travaux de la commission</b></p>

  <ul><p align="justify">4. Dans son rapport de 1998 sur la religion et la démocratie (<a href="/ASP/Doc/RefRedirectFR.asp?Doc=Doc. 8270">Doc. 8270</a>) la commission affirmait&nbsp;que «&nbsp;Plusieurs problèmes de la société européenne moderne ont une composante religieuse, tels que les mouvements fondamentalistes et les actes terroristes, le racisme et la xénophobie, les conflits ethniques.</p>

  <p align="justify">5. La politique et la religion ne devraient pas se mélanger. Cependant la religion et la démocratie ne sont pas incompatibles, au contraire, elles peuvent être des partenaires valables. En s&#8217;attaquant aux problèmes de société les autorités peuvent éliminer beaucoup de ce qui cause l&#8217;extrémisme religieux. L&#8217;éducation est l&#8217;élément majeur pour combattre l&#8217;ignorance, les stéréotypes et l&#8217;incompréhension des religions.</p>

  <p align="justify">6. Les gouvernements devraient aussi faire plus pour garantir la liberté de conscience et d&#8217;expression religieuse, pour encourager l&#8217;éducation en matière religieuse, pour promouvoir le dialogue avec et entre les religions et pour favoriser l&#8217;expression culturelle et sociale des religions.&nbsp;»</p>

  <p align="justify">7. A l&#8217;occasion d&#8217;un échange de vues avec la commission, le 23 juin&nbsp;2003, M. Gil-Robles, Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, déclarait que nombre de situations de crise auxquelles il a dû faire face étaient profondément enracinées dans les tensions culturelles et religieuses. La Commissaire soulignait également qu&#8217;il serait souhaitable d&#8217;envisager la création d&#8217;un institut européen de formation des enseignants pour l&#8217;étude comparative des religions.</p>

  <p align="justify">8. Le 17 novembre 2003 une proposition de recommandation sur l&#8217;étude comparée des religions et le dialogue interculturel a été présentée par votre rapporteur et plusieurs de ses collègues (<a href="/ASP/Doc/RefRedirectFR.asp?Doc=Doc. 9995">Doc. 9995</a>). Elle souligne le rôle central que le Conseil de l&#8217;Europe accorde à l&#8217;éducation dans la construction d&#8217;une société démocratique et constate que l&#8217;étude comparée des religions dans les écoles n&#8217;a pas encore fait l&#8217;objet d&#8217;une attention particulière. La connaissance des religions fait partie intégrante de celle de l&#8217;histoire des hommes et des civilisations. Elle se distingue de la croyance en une religion en particulier et de sa pratique. Face aux nombreux préjugés et stéréotypes pouvant exister à propos des religions, il est important qu&#8217;un enseignement structuré et raisonné se fasse dans le cadre de l&#8217;école. Cela permettrait de lutter plus efficacement contre le fanatisme, l&#8217;intégrisme et la xénophobie. </p>

  <p align="justify">9. Le Bureau de l&#8217;Assemblée ayant saisi la commission de la culture, de la science et de l&#8217;éducation pour rapport, celle-ci m&#8217;a désigné comme rapporteur à sa réunion du 29 janvier 2004.</p>

  <p align="justify">10. Les médias &#8211; presse écrite et audiovisuel &#8211; peuvent avoir un rôle d&#8217;information très positif. Cependant certains d&#8217;entre eux, et surtout parmi ceux qui sont destinés au grand public, font très souvent preuve d&#8217;une regrettable méconnaissance des religions, comme l&#8217;indiquent par exemple les amalgames fréquents entre l&#8217;islam et certains mouvements fondamentalistes et radicaux.</p>

  <p align="justify">11. Le 18 mars 2004 la commission a eu son premier échange de vues sur le sujet. C&#8217;est une question complexe et sensible, qui touche à des convictions religieuses, culturelles et historiques profondément enracinées. C&#8217;est pourquoi il convient de faire preuve de prudence dans l&#8217;avancée des travaux. L&#8217;ignorance génère l&#8217;intolérance, le fanatisme, le fondamentalisme et le terrorisme. L&#8217;école joue un rôle majeur car elle dispense la connaissance et enseigne le respect de l&#8217;autre. Améliorer cette connaissance contribuerait au développement du dialogue interculturel et de la tolérance religieuse. Les religions, leur histoire, leur philosophie et leur pratique devraient être enseignées sous l&#8217;angle comparatif dans le cadre scolaire.</p>

  <p align="justify">12. Les membres de la commission ont estimé que le rapport ne devait pas se limiter à l&#8217;étude comparée des religions et au dialogue interculturel, mais devrait adopter une approche plus large. </p>

  <p align="justify">13. Les cursus scolaires devraient enseigner non seulement des connaissances factuelles et historiques mais aussi la nature de l&#8217;expérience religieuse sans pour autant franchir les limites du cultuel. Ils ne devraient pas se limiter aux religions européennes, mais s&#8217;ouvrir aux religions des autres continents désormais présentes en Europe. Il est important que l&#8217;enseignement des religions ne finisse pas emprisonné dans des stéréotypes nationaux.</p>

  <p align="justify">14. Par le biais d&#8217;une série d&#8217;auditions, j&#8217;ai tenu à recueillir les points de vues des personnes concernées (dirigeants religieux et professeurs d&#8217;histoire). Il est important de prendre en compte l&#8217;approche tant religieuse que non religieuse. Etant donné que les croyances religieuses sont profondément enracinées dans les consciences, il s&#8217;agissait de trouver une base minimum d&#8217;entente. Le but n&#8217;était pas de «&nbsp;classer&nbsp;» les religions en les comparant, mais au contraire de les étudier en adoptant une approche très large et ouverte. </p>

  <p align="justify">15. Le 9 septembre 2004 la commission a tenu un échange de vues avec M. Alain Mouchoux, Président du Comité Syndical Européen de l&#8217;Education (CSEE), membre du comité de liaison des ONG et responsable de son groupe sur la culture et l&#8217;éducation. Il a indiqué que l&#8217;enseignement relève de la responsabilité des professeurs, mais que l&#8217;éducation a une portée bien plus étendue&nbsp; car les parents, les ONG, les collectivités locales et régionales et les médias y sont également impliqués. Les nouveaux programmes scolaires devraient tenir compte du fait que la Bible et le Coran ne sont pas des documents scientifiques. Il s&#8217;est demandé si seuls les professeurs d&#8217;histoire sont concernés. La religion pourrait également figurer dans les programmes d&#8217;éducation à la citoyenneté. Toutefois, il ne faut pas demander aux enseignants d&#8217;élaborer à eux seuls les nouveaux programmes. </p>

  <p align="justify">16. Quelques réflexions de membres de la commission&nbsp;:</p>

    <ul><p align="justify">&#8226; Cette question est explosive&nbsp;;</p>

    <p align="justify">&#8226; Les parents doivent pouvoir demander que leurs enfants soient éduqués dans leur propre croyance religieuse; </p>

    <p align="justify">&#8226; Aucun croyant ne pourrait accepter qu&#8217;une religion est tout aussi valable qu'une autre&nbsp;; </p>

    <p align="justify">&#8226; Le sujet doit être abordé précautionneusement afin de ne pas donner l&#8217;impression que l&#8217;on s&#8217;attaque aux fondements d&#8217;une quelconque religion&nbsp;; </p>

    <p align="justify">&#8226; Les enseignants ne sont pas les seuls concernés par la question&nbsp;;</p>

    <p align="justify">&#8226; Chacun devrait être informé sur les religions (la sienne propre et celle des autres)&nbsp;; </p>

    <p align="justify">&#8226; Le but, en somme, est de respecter les différentes traditions culturelles&nbsp;;</p>

    <p align="justify">&#8226; Le rôle des enseignants ne devrait pas se limiter à gérer l&#8217;apprentissage des religions mais devrait inclure une sensibilisation à la religion de l&#8217;autre&nbsp;; </p>

    <p align="justify">&#8226; Il est souhaitable de préparer les jeunes à une expérience religieuse&nbsp;;</p>

    <p align="justify">&#8226; Une certaine vigilance est nécessaire et il faut tenir compte de l&#8217;ascendant exercé sur les jeunes par certains enseignants extrémistes qui se servent de la religion pour encourager le terrorisme&nbsp;; </p>

    <p align="justify">&#8226; La religion est porteuse de certaines valeurs&nbsp;: il ne s&#8217;agit pas de l&#8217;enseigner comme les mathématiques ou les autres matières académiques. </p>

  </ul><p align="justify">17. En conclusion de ce débat la commission a décidé de procéder à une audition substantielle avec des représentants des principales religions présentes en Europe. Cette audition, qui a eu lieu le 2 décembre 2004 à Paris, n&#8217;avait pas un programme structuré. Plus qu&#8217;une succession d&#8217;exposés suivis de questions/réponses elle devrait servir à débattre librement entre les parlementaires membres de la commission et les responsables religieux invités les questions relatives au fait religieux dans l&#8217;éducation scolaire telles que&nbsp;: Est-il nécessaire d&#8217;enseigner les religions à l&#8217;école&nbsp;et pourquoi? Quelle devrait être la substance de cet enseignement&nbsp;? Quels moyens devrait-on envisager pour y arriver ? Qui doit enseigner et dans quels contextes&nbsp;? Quel devrait être le rôle des différentes religions dans l&#8217;élaboration des programmes et dans la formation des enseignants&nbsp;?</p>

  <p align="justify">18. Les personnalités religieuses, invitées à titre individuel (et non comme représentants officiels de leurs religions respectives) étaient&nbsp;:</p>

  <p align="justify">- Mgr l&#8217;Evêque Athanasios, de l&#8217;église orthodoxe grecque&nbsp;</p>

  <p align="justify">- Révérend Père Gilbert Caffin, Comité européen de l&#8217;enseignement catholique</p>

  <p align="justify">- M. René Gutman, Grand Rabbin de Strasbourg et du Bas-Rhin&nbsp;</p>

  <p align="justify">- Révérend Peter Hullah, Evêque anglican de Ramsbury</p>

  <p align="justify">- M.Tareq Oubrou, Recteur de la Mosquée de Bordeaux&nbsp;et Président de l&#8217;Association   «&nbsp;les Imams de France&nbsp;»</p>

  <p align="justify">- M. le Pasteur Markus Schäfer, Eglise allemande du Christ évangélique</p>

  <p align="justify">19. L&#8217;audition a été intéressante. Voici quelques idées exprimées&nbsp;:</p>

  <p align="justify">- Paris, Bruxelles, Rome, Jérusalem ou n&#8217;importe quel autre centre culturel ou administratif ne peut prétendre avoir les bonnes réponses à toutes les questions&nbsp;parce que chaque centre de culture représente son unique histoire, son identité et sa propre façon de s&#8217;exprimer devant son peuple. Il faut que l&#8217;éducation et la religion puissent être reçues, pratiquées, exprimées au niveau local. (Evêque Athanasios)</p>

  <p align="justify">- La religion ne peut pas être juste une simple connaissance avec ses aspects historiques ou sociologiques, la foi est un phénomène qui donne un sens à la vie de beaucoup de personnes. L&#8217;éducation à la religion est aussi une opportunité pour développer la dimension spirituelle chez les élèves. (Evêque Athanasios)</p>

  <p align="justify">- Les systèmes éducatifs sont très variés en Europe et par conséquent ils ne considèrent pas l&#8217;enseignement religieux de la même manière. Les traditions dans le domaine de l&#8217;éducation sont différentes, ainsi que les désirs des familles. Il faut expliquer les religions en tant que fait culturel mais aussi en tant que fait religieux vivant. Il ne s&#8217;agit pas de transmettre une foi, ce qui est du ressort des différentes religions, mais de faire comprendre aux jeunes pourquoi des millions de gens puisent à ces sources. (Père Caffin)</p>

  <p align="justify">- Il faut enseigner le fait religieux aussi bien pour comprendre nos similitudes que nos différences, pour reconnaître la religion de l&#8217;autre et assumer sa différence. Il n&#8217;y a pas une seule vérité pour tous les lieux, pour tous les temps et pour tout le monde. Il est important pour la jeune génération de comprendre la religion. Comment peut-on comprendre la renaissance, la peinture, la littérature, l&#8217;histoire des idées sans s&#8217;y référer. Il n&#8217;y a pas de chemin exclusif vers le salut. Les religions doivent être enseignées à l&#8217;école - non pas l&#8217;enseignement de la pratique religieuse et des dogmes - mais de leur sens profond. Il faut des enseignants qui soient maîtres dans leurs propres religions. (Rabbin Gutman)</p>

  <p align="justify">- L&#8217;éducation religieuse doit être promue car elle développe l&#8217;esprit humain et approfondit la connaissance de l&#8217;humanité.  Sans information  il n&#8217;y a pas d&#8217;éducation, mais l&#8217;éducation ne doit pas se limiter à la seule information, elle doit inclure la formation. Il ne faut pas considérer l&#8217;éducation religieuse comme accessoire. L&#8217;enseignement de la religion&nbsp;doit tenir compte de l&#8217;inclusion (accepter ceux qui sont différents)&nbsp;; de la compréhension du processus d&#8217;apprentissage&nbsp;; du développement dans un certain contexte et enfin de l&#8217;idée que nous sommes tous des compagnons de voyage. (Révérend Hullah)</p>

  <p align="justify">- Il s&#8217;agit d&#8217;apporter une information diversifiée sur les  religions, et non pas d&#8217;enseigner ses aspects spirituels et moralisants. C&#8217;est un exercice intellectuel: informer les élèves sur les fondements et les sources de la religion en fonction du niveau intellectuel et de l&#8217;âge&nbsp;et sur les positions des croyants sur leurs sources&nbsp;; enseigner le contenu de la religion&nbsp;: la dogmatique et l&#8217;histoire, les pratiques (rituels et morale) avec une approche graduelle&nbsp;; enseigner la religion dans l&#8217;histoire: des facteurs de la civilisation, des facteurs économiques, culturels, politiques qui sont liés à la religion. (Recteur Oubrou)</p>

  <p align="justify">- La connaissance des religions est une nécessité dans les sociétés démocratiques qui font face à la montée de l&#8217;intolérance religieuse et à l&#8217;extrémisme fondamentaliste. L&#8217;information et l&#8217;éducation sont des moyens importants contre ces phénomènes&nbsp;; L&#8217;objectif de l&#8217;enseignement religieux n&#8217;est pas de propager les positions des églises, mais d&#8217;apprendre aux élèves un raisonnement éthique pour qu&#8217;ils trouvent leurs propre position&nbsp;; Un autre objectif est de montrer et d&#8217;aider à comprendre l&#8217;interdépendance entre les religions et la culture. On ne peut comprendre ni l&#8217;histoire, ni la littérature, ni l&#8217;architecture en Europe sans des connaissances religieuses. (Pasteur Schäfer)</p>

  <p align="justify">- L&#8217;enseignement doit améliorer la capacité de tolérance des élèves. L&#8217;Etat doit garder le contrôle sur la formation des enseignants et du programme d&#8217;enseignement des religions. - Il est nécessaire d&#8217;entamer une coopération efficace entre les autorités administratives et les églises afin d&#8217;élaborer le contenu des programmes d&#8217;enseignement. Un institut européen de formation pour l&#8217;étude comparée des religions pourrait être créé. (Pasteur Schäfer)</p>

  <p align="justify">- A l&#8217;exception du représentant de la religion orthodoxe grecque les participants étaient prêts à accepter que leur religion puisse être enseignée par quelqu'un d&#8217;une religion différente et M. Oubrou a dit qu&#8217;il préférerait travailler avec un bon catholique qu&#8217;avec un mauvais musulman.</p>

</ul><p align="justify"><b>C. Autres initiatives du Conseil de l&#8217;Europe</b></p>

  <ul><p align="justify"><b>(a)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Direction Générale  de l&#8217;éducation, de la culture et du patrimoine, de la jeunesse et du sport (DG IV</b>)</p>

  <p align="justify">20. Dans le cadre de son programme de formation continue des enseignants, la DG IV avait organisé en octobre 1994 un séminaire sur le thème «&nbsp;Etudier les religions dans le cadre des sciences sociales à l&#8217;école&nbsp;».</p>

  <p align="justify">21. Dans le cadre du projet «&nbsp;Education interculturelle et le défi de la diversité religieuse et du dialogue en Europe&nbsp;», le Comité Directeur pour l&#8217;Education avait organisé à Oslo en juin 2004, une conférence sur «&nbsp;La dimension religieuse de l&#8217;éducation interculturelle&nbsp;».</p>

  <p align="justify">22. Parmi les questions débattues figuraient les relations entre la dimension religieuse et la dimension morale ou philosophique&nbsp;: interdépendance ou séparation&nbsp;? Les participants à la conférence ont souligné la nécessité de tenir compte de l&#8217;histoire d&#8217;un pays et notamment de son histoire récente, comme par exemple les relations entre église et état pendant la période soviétique. Les religions peuvent être représentées non pas comme des systèmes de croyances homogènes mais sous l&#8217;angle des relations entre les individus et les groupes au sein du contexte plus vaste des traditions. Les enseignants doivent avoir une solide formation de base alliant connaissances, compétences et comportements.</p>

  <p align="justify"><b>(b)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Commissaire aux droits de l&#8217;homme</b></p>

  <p align="justify">23. Le Commissaire aux droits de l&#8217;homme du Conseil de l&#8217;Europe avait organisé des rencontres ayant pour objectif de mener un dialogue avec les représentants des religions monothéistes sur les principales questions de société posées au sein des Etats-membres (Syracuse 2000&nbsp;; Strasbourg 2001&nbsp;; Louvain-la-Neuve 2002 et Malte 2004).</p>

  <p align="justify">24. Du séminaire tenu à Malte il ressort que nos sociétés sont de plus en plus confrontées à une inculture généralisée qui frappe avant tout la jeune génération des Etats européens à un niveau inégal, ce qui a un effet quasi-immédiat sur l&#8217;état de santé de la société. En effet, il apparaît que les institutions religieuses ont cessé la transmission de la culture religieuse aux&nbsp;nouvelles générations&nbsp;: l&#8217;effet de la sécularisation aurait provoqué un effondrement de la transmission traditionnelle. Longtemps, en effet, la transmission du sacré et de la culture était liée. Parallèlement, nous avons assisté à la débâcle de la culture générale.</p>

  <p align="justify">25. Dès lors, il a été avancé qu&#8217;il serait impératif de retrouver la culture générale, dont la culture religieuse est partie intégrante. Pour ce faire, il faudrait confier cette mission à la seule institution capable de remplir ce rôle au sein de nos sociétés. Il s&#8217;agit bien évidemment de l&#8217;école - qu&#8217;elle soit publique ou privée. Les conclusions du séminaire ont appelé à la création d&#8217;un institut international de coopération sur l&#8217;enseignement des religions à l&#8217;école destiné à devenir un lien de rencontre et d&#8217;échange d&#8217;expérience en matière spécifique de formation dans lequel pourrait se développer une méthodologie consacrée à l&#8217;intégration de la dimension religieuse dans l&#8217;enseignement en général.</p>

  <p align="justify">26. Il a été affirmé que l&#8217;école est le lieu privilégié de la transmission collective de la tradition culturelle dans sa pluralité. Pour autant, l&#8217;école n&#8217;a pas le monopole de cette retransmission. Par ailleurs, si l&#8217;état confie cette mission à l&#8217;école, il doit la doter des moyens et des méthodes nécessaires et suffisants pour la mettre en &#339;uvre avec succès. </p>

  <p align="justify"><b>(c)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Organisations non gouvernementales</b></p>

  <p align="justify">27. Le Comité de liaison des organisations internationales non gouvernementales ayant le statut participatif auprès du Conseil de l&#8217;Europe a organisé le 28 avril 2005 une journée d&#8217;études sur «&nbsp;la sensibilité non confessionnelle au fait religieux&nbsp;: quelle contribution à la citoyenneté démocratique&nbsp;?&nbsp;». L&#8217;initiative était présentée comme une contribution au présent rapport. Les conclusions ont été présentées à la commission le 20 juin 2005, et dans les grandes lignes, elles allaient dans le même sens que nos réflexions.</p>

</ul><p align="justify"><b>D. Situation dans certains pays européens</b></p>

  <ul><p align="justify">28. Un travail réalisé en 2004 essayait de comparer les différentes approches à l&#8217;enseignement religieux dans plusieurs états membres du Conseil de l&#8217;Europe en se basant sur quelques exemples d&#8217;états laïques (France, Turquie et Azerbaïdjan), d&#8217;états qui ont des accords avec des autorités religieuses (Italie et Espagne), d&#8217;états qui maintiennent des relations avec certaines religions (Allemagne et Géorgie) et enfin d&#8217;états qui ont des religions établies ou officielles (Royaume Uni, Danemark et Grèce).</p>

  <p align="justify">29. Voici un aperçu très général de la situation de l&#8217;enseignement religieux et/ou de l&#8217;enseignement des religions dans ces pays&nbsp;:</p>

  <p align="justify">30. En France la loi de 1882, toujours en vigueur, prohibe l&#8217;enseignement de la religion en primaire<sup><a href="#P197_28143" name="P197_28144">1</a></sup>. L&#8217;enseignement religieux ne peut être donné aux enfants inscrits dans les écoles publiques qu&#8217;en dehors des heures de classe. Dans les établissements du premier degré publics l&#8217;enseignement est exclusivement confié à un personnel laïc. En 2004 la France a interdit le port de symboles religieux à l&#8217;école.</p>

  <p align="justify">31. En Turquie la constitution prévoit que l&#8217;éducation et l&#8217;instruction en matière de religion et d&#8217;éthique (obligatoire) doit être sous le contrôle de l&#8217;état. Le programme vise à diffuser le «&nbsp;concept de religion basée sur l&#8217;intelligence et la science&nbsp;», à souligner la force de la religion pour «&nbsp;intégrer, détendre et construire la paix&nbsp;». Le programme doit aussi «&nbsp;éclairer d&#8217;un point de vue scientifique le rôle de la religion dans la société, dans l&#8217;histoire et dans la solution des problèmes quotidiens&nbsp;». Il y a quelques années la Turquie interdisait aussi le port du voile dans les universités.</p>

  <p align="justify">32. En Azerbaïdjan l&#8217;éducation à la religion a été réintroduite après l&#8217;indépendance mais n&#8217;est pas obligatoire.</p>

  <p align="justify">33. En Italie l&#8217;enseignement de la religion catholique, non obligatoire, est assuré par l&#8217;état. Les enseignants et les programmes sont décidés par les autorités ecclésiastiques. Fréquemment ceux-ci comprennent des études comparatives entre le catholicisme et d&#8217;autres religions.</p>

  <p align="justify">34. En Espagne l&#8217;enseignement sur la religion est proposé aux jeunes de 6 à 16 ans à raison d&#8217;une heure et demie par semaine. Les élèves peuvent choisir entre les options confessionnelle et non confessionnelle. Les enseignants de l&#8217;option confessionnelle sont choisis par les autorités ecclésiastiques. L&#8217;option non confessionnelle comprend différentes religions et doit «&nbsp;contribuer à stimuler un esprit de tolérance parmi les élèves&nbsp;». </p>

  <p align="justify">35. En Allemagne l&#8217;éducation est du ressort des Länder. L&#8216;éducation religieuse fait partie du programme des écoles publiques. Ce sont les autorités publiques qui supervisent le système éducatif, sans intervention d&#8217;autorités religieuses. Les cours de religion peuvent se concentrer sur les religions catholique, évangélique, orthodoxe, néo-apostolique et judaïque. Alternativement les élèves peuvent choisir un cours d&#8217;éthique.</p>

  <p align="justify">36. En Géorgie l&#8217;état déclare la liberté religieuse totale et reconnaît le rôle spécial de la religion orthodoxe autocéphale et apostolique de Géorgie. Des sujets comme l&#8217;histoire des religions ou, en alternative, l&#8217;a théologie orthodoxe ont été ajoutés aux programmes des écoles publiques.</p>

  <p align="justify">37. Au Royaume-Uni l&#8217;enseignement de la religion est obligatoire. Celui-ci reflète le fait que les traditions religieuses sont majoritairement chrétiennes mais tient compte des autres principales religions représentées dans le pays.</p>

  <p align="justify">38. Au Danemark les «&nbsp;études chrétiens&nbsp;» font partie intégrante des programmes du primaire et du secondaire. Le sujet central est le christianisme luthérien évangélique, la religion officielle, mais, pour les plus âgés, l&#8217;éducation comprend aussi des religions étrangères et d&#8217;autres philosophies de vie.</p>

  <p align="justify">39. En Grèce «&nbsp;l&#8217;enseignement de la religion (orthodoxe grecque) est obligatoire&nbsp;». Dans tous les autres pays où l&#8217;enseignement de la religion est aussi obligatoire des dérogations sont prévues sur demande des étudiants ou de leurs parents.</p>

</ul><p align="justify"><b>E. Conclusions </b></p>

  <ul><p align="justify">40. De nombreux conflits sont la conséquence de l'ignorance mutuelle et du manque de respect qui en découle. L'école est un élément essentiel du dialogue interculturel et pose aussi les bases d'un comportement tolérant; elle peut efficacement lutter contre le fanatisme, en enseignant aux enfants l'histoire et la philosophie des principales religions avec mesure et objectivité. </p>

  <p align="justify">41. Il n'y a pas en Europe assez d'enseignants capables d'assurer un tel enseignement, d'où l'intérêt de creuser l'idée de créer un institut européen de formation des enseignants pour l'étude comparative des religions. </p>

  <p align="justify">42. Il est important pour les enfants d'avoir des connaissances sur les différentes religions. Même les pays où une confession est largement prédominante se doivent d'enseigner les origines de toutes les religions plutôt que de faire du prosélytisme.  </p>

  <p align="justify">43. A la fin de nos travaux les problèmes se sont révélés aussi compliqués que je les attendais. Un consensus existe néanmoins sur le besoin d&#8217;un enseignement sur les aspects historique et culturel des différentes religions aux niveaux primaire et secondaire. Le Conseil de l&#8217;Europe a un rôle à jouer dans la mise en place d&#8217;un tel enseignement.</p>

</ul><p align="justify">Commission chargée du rapport: commission de la culture, de la science et de l&#8217;éducation</p>

<p align="justify">Renvoi en commission: <a href="/ASP/Doc/RefRedirectFR.asp?Doc=Doc. 9995">Doc. 9995</a>, Renvoi n° 2903 du 25 novembre 2003</p>

<p align="justify">Projet de recommandation adopté à l&#8217;unanimité par la commission le 6 septembre 2005</p>

<p align="justify"><i>Membres de la commission:</i> M. Jacques <b>Legendre</b> (Président), Baroness Hooper, M. Josef Ja&#345;ab, M. Wolfgang Wodarg, (Vice-Présidents), M. Hans Ager, M. Toomas Alatalu, M. Gaqo Apostoli, Emerenzio Barbieri, M. Rony <b>Bargetze</b>, Mme Marie-Louise Bemelmans-Videc, M. Radu-Mircea Berceanu, M. Levan Berdzenishvili, M. Bo&#382;idar Bojovi&#263;  Mme Anne <b>Brasseur</b>, M. Osman <b>Co&#351;kuno&#287;lu</b>, M. Vlad Cubreacov, Mme Maria <b>Damanaki</b>, M. Joseph Debono Grech, M. Ferdinand Devinsky, Mme Kaarina Dromberg, Mme Anke Eymer, M. Relu Fenechiu, Mme&nbsp;Blanca <b>Fernández-Capel</b>, Mme Maria Emelina <b>Fernández-Soriano</b>, M. José Freire Antunes, Mme Siv Frie&#273;leifsdóttir, M. Piotr Gadzinowski, M. Ian Gibson, M. Eamon Gilmore, M. Stefan <b>Gl&#462;van</b>, M. Luc <b>Goutry</b>, M. Vladimir Grachev, M. Andreas Gross, Mme Azra Had&#382;iahmetovi&#263;, M. Jean-Pol Henry, M. Rafael Huseynov, M. Raffaele Iannuzzi, Mme Halide <b>&#304;ncekara</b>, M. Igor Ivanovski, M. Shavarsh Kocharyan, M. József Kozma, Jean-Pierre Kucheida, M. Guy <b>Lengagne</b>, M. Peter Letzgus, Mme Christine <b>Lucyga</b>, Mme Jagoda Majska-Martincevic, M. Gennaro Malgieri, M. Bernard Marquet, Mme Giovanna Melandri, M. Ivan Melnikov, M. Loutvi Mestan, Mme Milena Milotinova, Mme Fausta Morganti, Mme Kim Mortensen, Mme&nbsp;Christine <b>Muttonen</b>, Mme Miroslava <b>N&#277;mcová</b>, M. Edward O&#8217;Hara (Remplacant: M. Robert <b>Walter</b>), M. Guilherme de Oliveira Martins, Mme Elsa Papadimitriou, Mme Antigoni <b>Pericleous Papadopoulos</b>, Mme Majda <b>Potrata</b>, M. Lluis Maria <b>de Puig</b>, M. Anatoliy Rakhansky, M. Johannes <b>Randegger</b>, M. Zoltán Rockenbauer, Mme Anta Rug&#257;te, Lord Russell-Johnston, M. Volodymyr Rybak, M. Pär-Axel Sahlberg, M. André <b>Schneider</b>, M. Vitaliy Shybko, Mme Elsa Skarbøvik, M.&nbsp;Andrey Skoch (Alternate: M. Anatoliy <b>Korobeynikov</b>), M. Jerzy Smorawi&#324;ski, M. Ninoslav Stojadinovi&#263;, M. Valeriy <b>Sudarenkov</b>, M. Aleksander Szczyg&#322;o, M. Mehmet <b>Tekelio&#287;lu</b>, M. Ed van Thijn, M. Vagif Vakilov, Mme Majléne Westerlund<b> </b>Panke, M. Emanuelis Zingeris<b>,</b></p>

<p align="justify">N.B. Les noms des membres présents à la réunion figurent en <b>gras</b></p>

<p align="justify">Chef du Secrétariat: M. Christopher Grayson</p>

<p align="justify">Secrétaires de la commission&nbsp;: M. João Ary, M. Rüdiger Dossow, M. Chemavon Chahbazian</p>
<hr align="left" size="1" width="200" noshade>

<p align="justify"><sup><a name="P197_28143" href="#P197_28144">1</a> </sup> A l&#8217;exception des départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle toujours sous régime concordataire</p><!-- TRANSIT - INFOAFTER -->
</body>
</html>
