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<title>Cath&#233;drales et autres grands &#233;difices religieux en Europe</title>
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  </tr>
</table>
<hr size="1">

<p align="justify"><b>For debate in the Standing Committee see Rule 15 of the Rules of Procedure</b></p>

<p align="justify"><b>Pour débat à la Commission permanente &#8211; Voir article 15 du Règlement</b></p>

<p align="justify"><b>Doc. 8826 rév</b></p>

<p align="justify">27 septembre 2000</p>

<p align="justify"><b>Cathédrales et autres grands édifices religieux en Europe</b></p>

<p align="justify">Rapport</p>

<p align="justify">Commission de la culture et de l&#8217;éducation</p>

<p align="justify">Rapporteur : M. Huib Eversdijk, Pays-Bas, Groupe du parti populaire européen</p>

<p align="justify"><i>Résumé</i></p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dans le contexte de la campagne «&nbsp;L&#8217;Europe&nbsp;: un patrimoine commun&nbsp;», ce rapport insiste sur le respect de la dimension spirituelle et la nécessité d&#8217;étudier des modèles d&#8217;utilisation différents, y compris multiple, pour une gestion efficiente des quelques grands édifices religieux encore en activité en Europe</p>

<p align="justify"><b>I. Projet de recommandation relative à la gestion des cathédrales et autres grands édifices religieux en activité</b></p>

<p align="justify">1. Les cathédrales et autres grands édifices religieux comptent parmi les constructions les plus significatives du patrimoine architectural européen. Ces édifices abritent souvent des trésors sous forme d'oeuvres d'art et de décoration. Pour la plupart, ils sont riches d'un passé historique qui, dans certains cas, embrasse différentes religions.</p>

<p align="justify">2. Ces édifices sont particulièrement fragiles du fait de leur dimension, de leur richesse, de leur âge et de la fréquentation touristique. Leur structure est à la merci de la pollution, des dommages infligés par les tempêtes et d'éventuels séismes.</p>

<p align="justify">3. Souvent, les communautés religieuses qui utilisent ces édifices aujourd'hui sont bien loin d'avoir les ressources nécessaires pour les entretenir et les réparer convenablement.</p>

<p align="justify">4. Il convient donc de parvenir à une certaine forme d'arrangement entre les autorités religieuses et ceux qui se préoccupent (au niveau local et national) de la conservation du patrimoine culturel. Diverses structures existent déjà - des associations médiévales telles que <i>l'Oeuvre Notre-Dame</i> de Strasbourg ou le service d'entretien moderne proposé par  l'association néerlandaise <i>Monumentenwacht</i>. Il conviendrait de rechercher aussi d'autres partenariats dans la société civile, avec des associations non gouvernementales intéressées et avec le secteur du tourisme.</p>

<p align="justify">5. Les communautés religieuses ont une approche très différente en matière de patrimoine bâti. Certaines (comme les Eglises orthodoxes et catholiques) considèrent que les bâtiments et leur contenu sont sacrés. D'autres (comme la plupart des Eglises protestantes) sont très ouvertes à une utilisation multiple des lieux. Il conviendrait de respecter cette pluralité d'approches pour les grands édifices religieux encore en activité.</p>

<p align="justify">6. Dans ses travaux antérieurs sur les monuments commémoratifs (Recommandation 898) et les édifices religieux désaffectés (Résolution 916), l'Assemblée s'était concentrée sur les aspects physiques du patrimoine culturel. Plus récemment, elle a attiré l'attention sur la relation entre l'église et l'état (Recommandation 1396). L'Assemblée estime donc particulièrement approprié de reconnaître la dimension religieuse comme faisant partie du patrimoine culturel dans le contexte de la campagne actuelle &quot;L'Europe, un patrimoine commun&quot;</p>

<p align="justify">7. Cette campagne concerne l'Europe tout entière. L'Assemblée est consciente du regain d'intérêt pour la religion dans les anciens pays communistes et des tendances qui se dégagent pour une restitution des biens religieux aux églises. Elle est préoccupée par le fait qu'il conviendrait, dans ce processus, de se pencher attentivement sur le partage des responsabilités en matière de conservation de la structure des grands édifices religieux ayant une importance culturelle. Autant que possible et chaque fois que cela sera approprié, la restitution de bâtiments historiques devrait s'accompagner de la restitution des biens fonciers autrefois réservés à leur entretien.</p>

<p align="justify">8. Les communautés religieuses devraient, pour leur part, s'appuyer sur leur longue tradition d'amour de la beauté et de l'artisanat d'art, sur leur tradition musicale, d'accueil des pélerins, d'hospitalité, pour inaugurer une nouvelle forme de tourisme fondée sur une compréhension de la spiritualité et du rôle que jouent des valeurs intangibles dans le patrimoine culturel.</p>

<p align="justify">9. La solidarité autant que le partenariat ont leur place. Les pays et traditions religieuses qui disposent d'une expérience plus vaste et de davantage de ressources devraient aider ceux qui ont moins de moyens.</p>

<p align="justify">10. L'Assemblée recommande que le Comité des Ministres :</p>

<p align="justify">i.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; réparation des grands édifices religieux encore en activité en Europe et élabore un code de bonnes pratiques permettant une gestion efficiente de ces édifices et reconnaissant les droits et les responsabilités des communautés religieuses;</p>

<p align="justify">ii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; organise periodiquement des conferences permettant l&#8217;echange d&#8217;experiences en matiere de gestion des cathedrales et autres grands edifices religieux en activite et promouvoir la creation d&#8217;une banque de donnees sur cette question;</p>

<p align="justify">iii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; demande aux gouvernements des Etats membres:</p>

<p align="justify"><i>a. </i>de veiller à ce que soient dressés des inventaires adaptés et appropriés des grands édifices et sites religieux ayant une importance culturelle et historique (selon les critères généraux appliqués pour dresser les inventaires des monuments);</p>

<p align="justify"><i>b. </i>de préparer des plans de conservation pour chacun des grands monuments ou sites religieux, en consultation avec les autorités religieuses concernées;</p>

<p align="justify"><i>c. </i>d'encourager les partenariats entre les autorités religieuses, les groupes d'intérêt locaux, les entreprises de conservation et les organisations du tourisme et de coordonner ces initiatives sur une base nationale plus large;</p>

<p align="justify"><i>d. </i>d'élaborer le code de bonnes pratiques et d'encourager l'utilisation d'édifices religieux pour diverses fonctions lorsque cela sera approprié;</p>

<p align="justify"><i>e. </i>de veiller à la mise en place d'un financement adéquat et d'un contrôle en vue du bon entretien des grands monuments religieux.</p>

<p align="justify"><b>II. Exposé des motifs par M. Huib Eversdijk</b></p>

<p align="justify"><b>A. Rappel</b></p>

<p align="justify">1. L'Assemblée a, à diverses reprises, abordé le thème des édifices religieux. Des rapports antérieurs ont couvert les monuments commémoratifs (<a href="/ASP/Doc/RefRedirectFR.asp?Doc=Doc. 4542">Doc. 4542</a>), la protection contre la pollution de l'air et les catastrophes naturelles (<a href="/ASP/Doc/RefRedirectFR.asp?Doc=Doc. 5160">Doc. 5160</a> et 5624), les édifices religieux désaffectés (<a href="/ASP/Doc/RefRedirectFR.asp?Doc=Doc. 6032">Doc. 6032</a>) et l'intégrité des collections (<a href="/ASP/Doc/RefRedirectFR.asp?Doc=Doc. 8111">Doc. 8111</a>)</p>

<p align="justify">2. La Commission de la culture et de l'éducation a également participé à l'étude de domaines posant problèmes, tels que les grandes cathédrales situées dans ce qui est maintenant la partie nord de Chypre, le statut de l'église Sainte Sophie à Istanbul, et la gestion de monuments antérieurs à la Chrétienté tels que Stonehenge.</p>

<p align="justify">3. La présente initiative a été lancée en 1994 (<a href="/ASP/Doc/RefRedirectFR.asp?Doc=Doc. 7198">Doc. 7198</a>) par M. Lopez Henares, avec à l'esprit le problème du financement de la restauration de la Cathédrale de Burgos. En décembre 1994, à Lisbonne, à l'issue d'un débat, la Commission a étendu la portée de cette initiative pour inclure toutes les religions et se concentrer sur (a) la dimension des édifices et (b) le partage des responsabilités entre autorités religieuses et séculières. Sur invitation de M. Diaz de Mera, qui avait succédé à M. Lopez Henares, une audition a été tenue sur le sujet à Avila en mars 1999. A cette occasion, on a noté un certain nombre de priorités : privilégier l'affectation des ressources à l'entretien, afin que les édifices puissent traverser le temps sans difficultés graves et récurrentes; dispenser une formation spécialisée dans les techniques et le savoir-faire liés à la conservation des grands édifices religieux culturellement remarquables; tenir compte des traditions sacrées des édifices concernés (or, ces traditions varient d'une religion à l'autre, et d'une tradition historique à l'autre); favoriser la prise de conscience, par d'autres religions que celle qu'ils représentent, de l'importance que revêtent ces édifices.</p>

<p align="justify">4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le présent rapport est la suite et le prolongement d'un document préliminaire élaboré pour l'audition par M. Peter Burman, Directeur du Centre de conservation auprès de la Faculté d'archéologie de l'Université de York (Royaume-Uni). De manière générale, il a pour objectif de mieux faire appréhender les problèmes qui se sont posés en Europe concernant les édifices religieux culturellement remarquables, quelle que soit la religion à laquelle ils se rattachent, encourager les gouvernements des Etats membres à prendre des mesures pour dresser des inventaires de ces édifices et encourager les partenariats aux niveaux national et local pour garantir la survie des monuments sacrés.</p>

<p align="justify"><b>B. Définitions</b></p>

<p align="justify">5. Les cathédrales viennent au premier plan dans ce rapport, car historiquement, elles figurent parmi les édifices les plus importants érigés en Europe dans la mesure où leurs qualités (architecturales et autres) ont une valeur culturelle universelle, dimension qui a été reconnue par l'inscription d'un très grand nombre d'entre elles sur la liste de l&#8217;Unesco du Patrimoine de l'Humanité (tel est le cas des cathédrales de Canterbury et de Durham, en Angleterre, de Chartres, en France, ou encore de Burgos, en Espagne). D'autres, comme celles de Kutna Hora (République tchèque), Bamberg (Allemagne) ou Strasbourg (France), sont les joyaux des Villes du patrimoine mondial.</p>

<p align="justify">6. De nombreux édifices tels que ceux-là sont encore utilisés à des fins religieuses, même si la religion n'est plus celle d'origine : ainsi, la Cathédrale de Syracuse était anciennement un temple grec; les Cathédrales de Famagusta et de Nicosie et (pendant un certain temps) Sainte Sophie à Istanbul, ont été converties en mosquées.</p>

<p align="justify">7. De fait, l'Europe compte de nombreux édifices et lieux saints ressortissant à d'autres religions et qui sont toujours en activité. Citons, par exemple, les mosquées historiques de la Turquie (Istanbul en particulier) ou de la Bosnie-Herzégovine (Sarajevo). De nombreuses villes européennes abritent encore d'importantes synagogues juives remontant, pour la plupart, au 19e siècle, quand ce n'est pas au 17e siècle, même si nombre d'entre elles (à Tolède, par exemple), ne sont plus en activité.</p>

<p align="justify">8. Ces cinquante dernières années ont connu une rapide diffusion du bouddhisme en Europe et les communautés bouddhistes se sont souvent attachées à restaurer un château ou une demeure historiques, redonnant par là-même un avenir à ces édifices.</p>

<p align="justify">9. Nous classons également dans le groupe des grands édifices les importants monastères des ordres bénédictin, cistercien, augustin et chartreux; certains sont encore des lieux de culte; bon nombre sont désormais restaurés, ou leurs ruines sont visitées (San Galgano, en Italie, Jumièges, en France, ou Fountains, en Angleterre, par exemple).</p>

<p align="justify">10. Le présent rapport ne se limite pas à étudier la seule structure des édifices; nous sommes conscients que les édifices religieux, quelle que soit la tradition à laquelle ils se rattachent, abritent fréquemment des oeuvres d'art (sculptures, bas-reliefs, peintures décoratives, fresques et mobilier) qui non seulement ont, en elles-mêmes, une grande valeur culturelle, mais aussi font partie intégrante de l'édifice et ne peuvent en être dissociées sans dommages.</p>

<p align="justify">11. Dans ce rapport, un édifice sera considéré comme «&nbsp;grand&nbsp;» du fait de ses dimensions ou parce qu'il nécessite un investissement considérable pour son entretien. Ainsi, bon nombre d'églises orthodoxes d'Europe de l'Est, certes relativement petites, abritent cependant des fresques ou des iconostases d'une valeur artistique et historique inestimable et qui demandent des travaux minutieux de conservation.</p>

<p align="justify">12. Nous sommes bien entendu tout autant préoccupés par l'avenir des milliers d'églises, mosquées, synagogues et monastères plus petits ou plus modestes que l'on trouve encore en très grand nombre dans tout le paysage culturel européen; l'importance collective de ces édifices est incontestable, tout autant que leur place dans le paysage ou le fait qu'ils constituent des éléments essentiels d'une ville; toutefois, dans la majorité des cas, l'on pourrait s'attendre à ce que leur pérennité soit assurée grâce à des initiatives locales; ces édifices n'en devraient pas moins être inclus dans les programmes publics pour la conservation du patrimoine religieux mis en place dans chaque pays.</p>

<p align="justify"><b>C. Le contexte</b></p>

<p align="justify">13. Nous plaçons ce rapport dans le contexte d'une Europe formant une mosaïque de communautés nationales que caractérisent, d'une part leur richesse, leur diversité et la rapidité de leur évolution, d'autre part, leur désir affirmé de travailler ensemble, notamment dans le domaine du patrimoine culturel. Les Etats ont reconnu que le patrimoine culturel relève de la mission du Conseil de l'Europe au même titre que la démocratie, la prééminence du droit et les droits de l'homme. Idée-force de la campagne &quot;L'Europe, un patrimoine commun&quot;, le patrimoine immatériel devrait être reconnu comme étant aussi important que le patrimoine matériel. On estime que la compréhension des religions et le respect des communautés religieuses se situent sur le même plan que la conservation des édifices religieux et que ce sont là les deux faces d'une même médaille, car on ne pourrait réaliser la seconde sans tenir compte de la première. </p>

<p align="justify">14. Cependant, nous sommes conscients aussi qu'il existe d'autres facteurs à prendre en compte, et il peut être utile d'en mentionner quelques-uns.</p>

<p align="justify">15. Au cours des guerres de ce siècle, bon nombre de grands édifices religieux ont été endommagés ou détruits, d'où une perte irréparable pour l'Europe tout entière. Beaucoup sont toujours en ruines, comme dans <i>l'Oblast </i>de Kaliningrad. Notre mission doit donc aussi consister à éviter que cela se reproduise à l'avenir, tout d'abord en nous efforçant de toujours coexister en paix, mais également en promouvant l'idée que tous les grands édifices religieux font partie du patrimoine culturel commun des Européens et de l'humanité tout entière.</p>

<p align="justify">16. Ce Rapport ne traite pas des édifices religieux désaffectés, ou des cimetières - y compris ceux attenant à une église - (ce sont là des sujets importants, mais ils ont déjà été traités dans d'autres rapports et fait l'objet d'autres initiatives); cependant, nous prenons acte de ce que, dans de nombreux pays - et bien que ce ne soit pas le cas pour tous -, la pratique religieuse est de moins en moins forte; dans ces circonstances, les grands édifices religieux survivront d'autant mieux qu'ils se &quot;diversifieront&quot;.</p>

<p align="justify">17. Il convient aussi de tenir compte d'un autre facteur, à savoir que les circonstances historiques ont toujours été à l'origine - et cela devrait continuer - de spécificités pour certains édifices; par exemple, dans les monarchies européennes, on a en général un lieu saint d'importance majeure qui sert d'église de couronnement (Nieuwe Kerk, Amsterdam; Abbaye de Westminster, au Royaume-Uni) ou qui joue un rôle particulier pour la Couronne (Monastère de l'Escurial en Espagne, Chapelle Saint George à Windsor, Angleterre); certains édifices religieux servent aux messes officielles (mariages, enterrements) - ainsi la Cathédrale Saint Paul, à Londres, est-elle considérée comme &quot;l'église paroissiale de la nation&quot; - ou abritent la dépouille de célébrités, écrivains, artistes, hommes politiques, héros militaires, femmes ou hommes qui ont marqué la vie d'un pays.</p>

<p align="justify">18. Un autre facteur doit être pris en compte : la situation des pays d'Europe varie énormément selon qu'il y a séparation entre l'Eglise (quelle qu'elle soit) et l'Etat, que l'on est en présence d'une situation intermédiaire ou que, pour des raisons historiques, il existe des liens puissants entre les autorités religieuses et l'Etat; ainsi, pour citer quelques exemples, en France, depuis la Révolution de 1789, la séparation entre l'Eglise et l'Etat est très nette, et les édifices, cathédrales et églises appartiennent, selon le cas, à l'Etat ou aux collectivités locales; en Allemagne, la situation varie d'un <i>Land</i> à l'autre pour des raisons historiques; en Norvège et au Danemark, il y a une religion d'Etat, et l'Etat prend en charge le financement des cathédrales et des églises ainsi que les salaires des membres du clergé, qui sont considérés comme des fonctionnaires, pour certains aspects de leurs fonctions; en Grèce, l'Eglise orthodoxe a toujours maintenu des liens étroits avec l'Etat et les dirigeants politiques; en Angleterre, l'Eglise anglicane (propriétaire des cathédrales et églises les plus prestigieuses) est très proche de la Couronne et du Parlement; elle peut même légiférer dans ses domaines d'intérêt propres, bien qu'il y ait un débat permanent sur la pertinence de ce système et qu'en pratique, celui-ci évolue ou change constamment.</p>

<p align="justify">19. La notion de permanence dans l'évolution ou le changement est de fait essentielle pour l&#8217;orientation et l'objectif principal de ce rapport : nous ne vivons ni au Moyen-Age, ni au Siècle de la Raison, ni à l'époque du Romantisme, ni sous la Révolution, et nous sommes quasiment sortis du 20e siècle, que l'on pourrait, sous certains aspects, considérer comme l'Age de la Destruction. Nous entamons un nouveau cycle, qui nous ouvre la possibilité d'explorer de nouvelles voies et pourrait devenir, par exemple, un Age de la Consolidation, de l'Expérimentation et de l'Ouverture tout à la fois. Ces trois idées serviront de fil conducteur à nos recommandations.</p>

<p align="justify"><b>D. Les moyens</b></p>

<p align="justify"><b><i>Listes ou inventaires</i></b></p>

<p align="justify">20. C'est là une question qui concerne l'ensemble du domaine culturel. Il ne fait néanmoins pas de doute que, pour améliorer la situation des grands édifices religieux, les Etats membres doivent recenser avec précision les édifices et sites existants. Pourquoi parler de sites ? Essentiellement parce que la plupart des édifices religieux s'inscrivent dans un site présentant une certaine forme de spécificité; ainsi, la cathédrale d'Hildersheim (Allemagne) est importante en soi mais aussi de par son rôle de <i>Domberg</i> fortifiée, et le fidèle ou le visiteur d'aujourd'hui peuvent se faire une idée du lien historique entre la religion, d'une part, le pouvoir et la puissance de la sphère laïque, d'autre part; la beauté de la cathédrale de Salisbury (Angleterre), l'un des édifices les plus parfaits qui aient été érigés en une seule fois au treizième siècle, est mise en valeur par le fait que cette construction est enchâssée dans un <i>Close</i> ou <i>Precinct</i> composé de quelque quatre-vingt maisons dont certaines remontent au 13e siècle, entouré d'une enceinte médiévale (formant ainsi &quot;une ville dans la ville&quot;); cette beauté architecturale et historique du site, des arbres et espaces découverts et le cadre paysager de la rivière ont inspiré le peintre John Constable et bien d'autres; cela vaut également pour tout monastère typique - catholique ou orthodoxe -, qui se compose non seulement de l'église, mais aussi des locaux d'habitation des religieuses ou religieux, des bâtiments communs ou annexes, des salles où se déroulaient les activités d'étude et de recherche, ainsi que des bâtiments réservés à l'accueil et au logement de visiteurs et de pélerins venus de tous horizons.</p>

<p align="justify">21. C'est pourquoi nous proposons que les Etats recensent les édifices religieux existants, puisque ces derniers font, par nature et par vocation, partie intégrante du patrimoine culturel et que dans les listes ainsi établies figurent également des explications relatives à ces édifices, en particulier à ce qui mérite d'être protégé, entretenu, réparé, restauré, et quelquefois reconverti pour remplir des fonctions nouvelles ou annexes.</p>

<p align="justify">22. Nous aimerions que les Etats, en dressant cet inventaire, gardent à l'esprit que la possibilité nous est maintenant donnée d'appréhender et de penser le 20e siècle dans sa globalité; certains pays prennent déjà très au sérieux leurs responsabilités pour ce qui est de protéger et de préserver ce que l'on appelle souvent le &quot;patrimoine moderne&quot;; nous voudrions simplement attirer l'attention sur le fait que bon nombre des édifices marquants du 20e siècle sont religieux et qu'il conviendrait de les inclure dans l'inventaire s'il s'avère, après analyse et avis éclairés, qu'ils constituent des éléments représentatifs et intéressants du patrimoine culturel.</p>

<p align="justify"><b><i>Processus de conservation</i></b></p>

<p align="justify">23. Le 19e siècle, où l'on a vu se multiplier les programmes de grands travaux de restauration après de longues périodes d'incurie, est maintenant derrière nous, et nous sommes presque sortis du 20e siècle, au cours duquel la puissante influence de la modernité a souvent poussé les administrations à faire table rase du passé (les exemples abondent; ainsi, bon nombre de cathédrales et d'églises romanes et gothiques qui s'étaient vu adjoindre des décorations, du mobilier ou des modifications au cours des périodes baroque, néo-classique ou néo-gothique en ont été impitoyablement dépouillées dans les années 50 et 60, sans analyse ou compréhension véritable de la valeur de ces éléments). L'occasion nous est maintenant donnée de nous démarquer. Pour cela, il convient d'approfondir les aspects suivants:</p>

<p align="justify"><b><i>Entretien</i></b></p>

<p align="justify">24. Cette activité n'a rien de spectaculaire; c'est pourtant le recours régulier à de bonnes techniques d'entretien qui a précisément permis à tant d'édifices religieux importants de traverser les siècles. Qu'on en juge : dans le seul comté anglais du Norfolk, on compte encore plus de six cents églises bâties avant 1500, et l'on observe une situation analogue dans le <i>Bezirke,</i> en Bavière, dans la région du Poitou-Charentes (France) et en bien d'autres endroits. Comment ces édifices religieux sont-ils parvenus jusqu'à nous ? Pour l'essentiel, grâce aux gens du cru - des fermiers avec leurs échelles et le savoir-faire acquis en entretenant leurs propres bâtiments - qui, pendant plusieurs siècles, ont fait don de leur travail et de leurs compétences pour que le chaume, les tuiles ou le matériau couvrant le toit de l'église de leur village soient convenablement entretenus, pour que l'eau puisse s'évaporer ou ne pas s'infiltrer dans les bâtiments, et pour que les murs soient bien recouverts avec du mortier à la chaux et du plâtre. Dans chaque pays, les techniques employées pour les édifices religieux étaient les mêmes que celles en usage pour les bâtiments des alentours, techniques qui, bien entendu, variaient d'un endroit à l'autre, car la culture européenne est extrêmement <i>régionale</i> par nature; en certains endroits, on se servait de la brique, dans d'autres de la pierre, dans d'autre encore d'une ossature en bois, etc.</p>

<p align="justify">25. De ces faits et de ces expériences, on peut tirer deux ou trois enseignements importants : le premier est qu'en utilisant au maximum le potentiel et les capacités des populations <i>locales</i>, on enrichit énormément le patrimoine culturel. La propension au volontariat varie d'une culture à l'autre, mais à l'Age de l'Ouverture, ce n'est sûrement pas trop demander que d'attendre de chaque pays européen qu'il encourage tout un chacun à participer à la protection de ce patrimoine. Cette participation ne doit pas rester passive, comme celle d'un fidèle ou d'un visiteur (nous reviendrons sur le tourisme un peu plus loin), elle peut aussi être <i>active</i>. La simple vigilance est déjà importante : ainsi, lorsque quelqu'un voit ou soupçonne des vols de plomb ou d'autres matériaux de valeur, il peut alerter immédiatement les autorités; s'il repère des fuites d'eau par le toit, il peut là aussi les signaler. En Angleterre et au Pays de Galles, les paroisses élisent chaque années deux bedeaux (<i>churchwardens</i>) spécialement chargés de l'entretien des locaux, ameublements et trésors de l'église dont ils ont la garde; souvent, ce sont eux les interlocuteurs attitrés des architectes ou des services administratifs locaux ou centraux, eux qui font connaître l'église comme lieu de visite et qui sont responsables du bon entretien d'ensemble. Pour l'essentiel, l'entretien peut être assuré sans faire intervenir des professionnels de la conservation, bien que leurs conseils soient précieux lorsque les tâches réalisées vont au-delà de simples travaux de consolidation ou de remplacement, ou encore d'étanchéité, sachant que les infiltrations sont la première cause de dégradation.</p>

<p align="justify">26. Aux Pays-Bas et en Flandre (Belgique), il existe une organisation subventionnée par l'Etat - la <i>Monumentenwacht</i> - qui, pour une somme annuelle modique, procède périodiquement à des inspections et remplace immédiatement les tuiles ou ardoises manquantes; le rapport d'inspection signale les travaux plus importants éventuellement nécessaires qui doivent faire intervenir des professionnels - il peut s'agir d'un maçon, d'un maître d'oeuvre ou d'un architecte - et requièrent peut-être d'autres savoir-faire (d'un artisan spécialisé, d'un conservateur, d'un spécialiste en histoire de l'art ou d'un archéologue, par exemple). L'approche adoptée pour ce soutien concret des pouvoirs publics est intéressante, et celui-ci donne de très bons résultats; c'est pourquoi nous suggérons que tous les Etats membres s'informent des travaux de la <i>Monumentenwacht</i> et étudient la possibilité de se doter d'une structure semblable, en tenant compte des conditions régnant au niveau local. L'on nous a signalé - et nous y voyons un signe encourageant - qu'une organisation de ce type est en train de voir le jour en Grande-Bretagne. L'on ne saurait trop souligner que des initiatives de ce genre permettent des économies, à la fois d'argent et d'autres ressources rares; un édifice régulièrement et correctement entretenu n'a pas besoin de vastes programmes de restauration ou de réparation; lorsque tel est le cas, cela ne se produit qu'une fois par siècle environ et les programmes en question répondent au moins autant à une mode qu'à un besoin. Sans vouloir enfoncer des portes ouvertes, il est clair que lorsqu'on en arrive à devoir effectuer des travaux de restauration, c'est parce qu'il y a eu négligence - que cette négligence ait été peu importante ou qu'elle ait été totale et perduré sur une longue période. Des situations spéciales de ce type appellent alors des travaux d'envergure et demandent d'importants fonds supplémentaires.</p>

<p align="justify"><b><i>Inspection</i></b></p>

<p align="justify">27. Nous avons déjà mentionné les activités de la <i>Monumentenwacht</i>, dont les professionnels sont issus de divers milieux, bien qu'il s'agisse souvent de maçons intéressés et attirés par les édifices relevant du patrimoine historique; il existe également des organismes d'inspection qui font appel à d'autres catégories socio-professionnelles, des architectes ou des experts, par exemple. Ainsi, en Angleterre, depuis 1955 (les édifices religieux y ayant alors grand besoin d'entretien et de réparations du fait de la pénurie de matériaux et autres ressources pendant et après la deuxième Guerre mondiale), on a mis en place une <i>inspection quinquennale des églises</i>. C'est là un exemple de la manière dont l'Eglise anglicane peut mettre son pouvoir de légiférer au service du patrimoine culturel et c'est grâce à cette mesure que les églises paroissiales ont pu traverser sans encombres ce demi-siècle. Le choix de l'architecte ou de l'expert doit être approuvé par le diocèse, et cet homme de l'art doit avoir la formation et l'expérience adéquates. L'inspection donne lieu à un rapport qui doit identifier (i) les travaux à réaliser sans délai - tout comme le font les équipes de la <i>Monumentenwacht</i> lorsqu'elles prennent immédiatement des mesures d'urgence, (ii) ceux à réaliser dans les dix-huit mois, (iii) ceux qui devront être faits dans les cinq ans et (iv) ceux qu'il serait souhaitable d'effectuer, mais à plus long terme. Cette approche a l'avantage d'encourager une vision <i>stratégique</i> des choses, notion importante pour tous les édifices appartenant au patrimoine culturel. Les catégories (i) et (ii) regroupent en général des petits travaux indispensables ou nécessaires, qui peuvent souvent être financés par la communauté locale; les deux autres concernent des travaux de plus grande ampleur (par exemple, une réfection totale de la couverture de la toiture, le jointoiement d'une flèche ou un programme de rénovation des matériaux de base de l'édifice), auquel cas il convient de planifier davantage, de négocier avec les instances ecclésiastiques et l'administration, de solliciter des organismes de financement (en Angleterre, le Fonds <i>English Heritage,</i> subventionné par l'Etat, et le <i>Heritage Lottery Fund,</i> régi par les pouvoirs publics), et la communauté locale doit entreprendre une collecte de fonds.</p>

<p align="justify"><b><i>Réparations lourdes, restauration</i></b></p>

<p align="justify">28. Comme on l'a signalé ci-dessus, aucune des structures en place aujourd'hui dans les pays européen ne s'engagera dans ce type de travaux à la légère ou sans préparation suffisante, du moins, l'espère-t-on. Effectuer des réparations ou une restauration a pour effet de modifier le caractère du patrimoine culturel, c'est pourquoi chaque pays, ou presque, a sa façon de voir ou ses traditions propres pour définir ce qui est acceptable en la matière et ce qui ne l'est pas, et dans la plupart des cas, des pratiques et des paramètres de contrôle ou d'autorisation ont été définis pour ce type de travaux.</p>

<p align="justify">29. Cependant, il faut bien le reconnaître, les informations qui nous ont été communiquées laissent à penser que les édifices religieux font, trop souvent encore, l'objet de travaux de réparation et de restauration sans autorisation (travaux qui, pour nous, rappelons-le, sont bien loin de ce qui constitue une bonne pratique en matière d'entretien). En Europe, tous les pays devraient maintenant avoir pris en compte dans leurs structures le souci de préserver l'authenticité dans la diversité, principe établi par la Charte de Venise de 1967. Il convient de rappeler aux instances ecclésiastiques et aux Etats membres qu'il importe au plus haut point de développer des stratégies visant à encourager une approche cohérente et responsable des réparations et de la restauration. Nous avons reçu bon nombre de suggestions sur les moyens d'y parvenir. L'une d'elles, que nous recommandons, consiste à élaborer pour chaque édifice religieux d'importance majeure ce que certains pays appellent un <i>Plan de conservation</i>. Cette idée a été pour la première fois exposée dans la <i>Charte de Burra</i>, texte australien inspiré de la <i>Charte de Venise</i>. L'idée essentielle de ce texte est que lorsqu'on introduit quelque changement que ce soit dans des édifices et sites du patrimoine architectural (la Charte les appelle des &quot;lieux&quot;), il convient, tout d'abord, de bien comprendre ce qui fait la valeur de ces lieux du point de vue du patrimoine : leur <i>signification culturelle</i>; ensuite seulement, et après avoir procédé à de larges consultations auprès des utilisateurs, mais aussi auprès d'autres personnes d'expérience ou concernées par cet édifice ou site particulier, on peut élaborer noir sur blanc des <i>politiques</i> précises, qu'il convient de diffuser largement auprès de tous les intéressés, voire de publier; ces politiques ont pour objectif de veiller à ce que les modifications envisagées n'entraînent ni la dégradation, ni la disparition, mais au contraire la préservation, voire la mise en valeur, de ce qui fait la valeur architecturale de l'édifice ou du site telle qu'elle a été identifiée. C'est là un point essentiel; en effet, dans cet Age de l'Expérimentation et de l'Ouverture qui est le nôtre, nous acceptons que des édifices - y compris lorsqu'ils sont sacrés - puissent devoir être modifiés; mais il serait bon d'aller plus loin et d'insister pour que les modifications respectent les valeurs existantes, du moins autant que faire se peut; or, cela n'est possible que si ces valeurs ont été préalablement identifiées.</p>

<p align="justify">30. Il nous a été signalé que, dans certains pays non européens, avant d'entreprendre tous travaux sur un édifice reconnu comme faisant partie du patrimoine architectural, on commence par élaborer un <i>Plan de Conservation</i>; de plus, il nous a été rapporté qu'au Royaume-Uni, l'organisme de financement le plus puissant, le <i>Heritage Lottery Fund</i>, rejette tout dossier qui ne s'accompagne pas d'un tel Plan, et il semble que d'autres organismes de financement s'apprêtent à en faire autant. Les raisons en sont évidentes, <a name="P149_32767"></a>et ce d'autant plus lorsqu'on tient compte du fait que les ressources ne sont jamais pleinement adaptées à la mission : les fonds, notamment lorsqu'ils sont publics, d'une part ne devraient pas être employés à financer des travaux qui risquent d'endommager ou de mettre en danger le patrimoine et, d'autre part, devraient être consacrés à des travaux réellement nécessaires ou souhaitables - et qui se justifient sous cet angle - et non à des travaux dictés par une simple mode ou décidés pour répondre à des impératifs allant à l'encontre de l'intérêt bien compris du patrimoine. Si l'on admet en outre que le patrimoine appartient à tous, il est d'autant plus logique de procéder de cette manière; cela est particulièrement vrai pour le patrimoine religieux, édifié, par définition, pour être au service des croyants ou comme lieu de pélerinage et dont la vocation spirituelle donne à sa valeur une portée universelle.</p>

<p align="justify"><b><i>Autorisations</i></b></p>

<p align="justify">31. Dans une société responsable, répétons-le, aucune opération autre que des travaux d'entretien ne devrait être entreprise sur les édifices ressortissant au patrimoine religieux sans obtention d'une autorisation préalable. Dans les pays scandinaves, cette autorisation est délivrée après contrôle par les Musées nationaux, qui sont devenus experts des cathédrales, des églises et des oeuvres d'art qu'elles abritent (les fresques, par exemple); dans les <i>Länder</i> allemands, les divers <i>Landesämte für Denkmalpflege</i> font autorité et jouent un rôle crucial; en France, les Architectes en chef, qui ont reçu une formation spécifique et interviennent au niveau régional, exercent une supervision importante; en Italie, ce rôle est tenu par plusieurs <i>Soprintendenze</i> régionales, entre autres. </p>

<p align="justify">32. En Angleterre, les autorités ecclésiastiques de l'Eglise anglicane, grâce à leur pouvoir législatif sans équivalent, ont créé deux instances pour la gestion des travaux relatifs aux cathédrales : la <i>Cathedrals Fabric Commission for England</i>, dont la compétence est nationale, et les <i>Cathedral Fabric Committees</i> (un pour chaque cathédrale) - en gros, les dossiers importants qui prévoient une modification définitive des édifices doivent être traités par la Commission nationale; l'entretien, les réparations et les questions mineures sont du ressort de l'instance dont relève l'édifice. Un système similaire - bien que fondé sur des considérations légales plus qu'administratives - est en place depuis des siècles pour les églises paroissiales et vient d'être réformé en profondeur. Dans la pratique, cependant, bien que l'Eglise semble indépendante, elle entretient une relation très forte - un <i>partenariat</i> - avec les pouvoirs publics. Il nous a également été signalé qu'en Angleterre, les cathédrales prennent en main de nombreuses questions relatives à la conservation de leur patrimoine, par exemple en instituant des <i>Trésors</i> (tel est aussi le cas, par exemple, en Italie, en Allemagne et en Espagne) pour abriter leurs oeuvres d'art fragiles; en aménageant des infrastructures pour les visiteurs (on préfère ce terme à celui de touristes) - ainsi, St Albans s'est doté il y a quelque temps d'un chapitre conçu par William Whitfield et en encourageant la formation d'artisans et de conservateurs spécialisés grâce à leur collaboration avec la <i>European Association of Conservation Building Contractors</i>. Elles travaillent également avec des cathédrales de France et d'Allemagne autant qu'avec toutes les cathédrales d'Angleterre - notons au passage que nous aimerions voir cet esprit de coopération et de collaboration faire école dans les autres pays européens, afin de former les prochaines générations d'artisans et de conservateurs spécialisés, ce qui est absolument essentiel; au Pays de Galles et en Ecosse, de nombreux édifices religieux, fleurons du patrimoine architectural, commanditent des <i>Plans de conservation</i>, non seulement parce que ceux-ci sont nécessaires pour obtenir des subventions de l'Etat, mais aussi parce qu'avec des plans de gestion et de développement et des <i>business plans</i>, ils sont de plus en plus considérés comme une préparation utile si l'on veut procéder à des interventions ou modifications techniquement complexes ou bien pensées. De plus, comme c'est le cas en Australie, au Japon et en Nouvelle-Zélande, il est souvent prévu de publier ces rapports pour que leur contenu puisse légitimement faire l'objet d'un débat éclairé. Là encore, nous recommandons cette pratique. </p>

<p align="justify">33. A long terme, la préservation du patrimoine religieux - qui implique aussi de partager ce patrimoine avec les habitants du pays et ses visiteurs - passe par un soutien du public; celui-ci ne viendra que si l'opinion publique est persuadée de l'utilité des mesures entreprises, or, pour cela, elle a besoin d'informations bien étayées sur les propositions d'intervention et sur ce qui se passe - informations qui peuvent être obtenues en particulier grâce aux travaux des professionnels de la conservation du patrimoine et aux médias qui s'intéressent de près au sujet. Nous avons actuellement un excellent exemple de propagande (au meilleur sens du terme) à Strasbourg, l'une des Villes du patrimoine mondial, avec <i>l'Oeuvre Notre-Dame</i>. Cette structure chargée des travaux sur la Cathédrale existe depuis le douzième siècle et fait connaître ses actions par le biais de son Musée et par ses expositions. En Angleterre, il existe également quatorze ateliers de ce type dédiés à une cathédrale (plus deux en Ecosse : ceux de la Cathédrale d'Edimbourg et de l'Abbaye de Iona), et l'on en connaît d'autres exemples en France et en Italie.</p>

<p align="justify"><b><i>Créativité</i></b></p>

<p align="justify">34. Certes, la créativité peut prendre plusieurs formes, cependant, ce que nous voulons souligner ici, c'est que le patrimoine religieux est un patrimoine <i>vivant</i> et qu'il inspire autant de motifs d'espoir et de vitalité que de motifs d'inquiétude. Cela s'explique tout simplement par le fait que l'esprit humain est aujourd'hui soumis à moins de contraintes qu'autrefois et que la spiritualité peut amener tout un chacun à emprunter des cheminements inattendus, qui n'en sont pas moins pertinents et importants pour lui. Malheureusement, le vingtième siècle a aussi constitué un Age de l'Intolérance (à des degrés parfois inacceptables); les exemples abondent : les conflits entre religions, et entre traditions différentes s'inscrivant dans le cadre des grandes religions n'ont été que trop nombreux et ont eu pour conséquence directe la destruction d'une grande partie du patrimoine religieux, qui avait pourtant valeur universelle. Est-ce trop espérer que dans les temps à venir, bien que nous n'y soyons pas encore, nous puissions espérer dépasser de tels antagonismes ? L'un des moyens d'y parvenir est la <i>créativité</i>. Certes, l'idée n'est pas neuve, mais elle mérite néanmoins discussion. En Angleterre, alors que nous sommes au tournant du millénaire, un sondage a été fait pour savoir quel était l'édifice du vingtième siècle que les gens aiment le plus. Réponse : la Cathédrale de Coventry, chef-d'oeuvre de Sir Basil Spence, consacrée en 1962, avec les nombreuses oeuvres d'art qu'elle renferme (sculptures, tissus, gravures et vitraux). Elle représente presque un modèle de créativité.</p>

<p align="justify">35. Il est bon, cependant, de prendre des initiatives qui aillent au-delà d'un simple geste pour s'attirer l'attention et la sympathie de tous. Ainsi nous a-t-il été signalé que la Cathédrale St Paul, à Londres, va commander de nouveaux fonts baptismaux (ceux de Sir Christopher Wren ayant été conçus comme objet d'ornement plus que de culte). La Cathédrale St Paul reçoit plus de deux millions de visiteurs par an, qui contribuent pour une part aux fonds nécessaires à la gestion et à l'entretien d'un édifice considéré à tous égards comme une ressource culturelle majeure. Sa gestion est assurée par une équipe dévouée et responsable composée de hauts dignitaires du clergé et de laïcs ayant reçu une formation pointue, complétée par une équipe permanente d'artisans et de conservateurs placés sous la supervision d'un Responsable des travaux, d'un Architecte de la Cathédrale (le successeur direct de Wren) et d'un Archéologue de la Cathédrale, qui travaillent avec le Chapitre de la Cathédrale et le <i>Fabric Committee</i>. Pourtant, on a éprouvé le besoin de faire plus, et estimé qu'il fallait faire savoir publiquement que la cathédrale se sent concernée par la créativité, ainsi que par la vie contemporaine et le pélerinage, tout autant que par une conservation responsable et exemplaire à laquelle chacun se doit de participer. La commande des nouveaux fonts baptismaux est une avancée dans cette direction. </p>

<p align="justify">36. Au vu d'informations de ce type qui nous ont été rapportées au cours de notre enquête, il est clair que l'Age de la consolidation - de la conservation responsable - est équilibré par celui de l'Expérimentation - le courage de créer - et celui de l'Ouverture, où les autorités religieuses sont prêtes à explorer de nouvelles voies et à saisir de nouvelles possibilités.</p>

<p align="justify">37. Cela nous amène fort logiquement aux deux points suivants à examiner.</p>

<p align="justify"><b>E. Adaptation</b></p>

<p align="justify">38. Les édifices religieux du passé étaient presque tous conçus pour durer, et on les construisait bien, avec des matériaux de qualité. Il est donc possible de les modifier pour leur adjoindre des structures durables, attrayantes et innovantes. </p>

<p align="justify">39. En fait, l'on peut procéder à trois types d'adaptation, acceptables à des degrés divers du point de vue des différentes traditions religieuses et de celui du patrimoine architectural : (i) une adaptation à des fins religieuses, qui se pratique depuis longtemps - des édifices ont été agrandis ou remodelés, des bâtiments ont été démolis ou ajoutés, etc. A l'heure actuelle, ces aménagements peuvent être entrepris soit pour promouvoir des activités liées au pélerinage ou au tourisme, soit pour une bonne gestion des ressources architecturales des bâtiments. Ainsi, le Trésor de la cathédrale de Münster (en Allemagne) a été placé dans une annexe de trois étages, dont beaucoup pensent qu'elle s'intègre harmonieusement à l'ensemble historique de plusieurs siècles constitué par la cathédrale, tout en répondant à un besoin concret. A Durham (en Angleterre), la crypte voûtée du 13e siècle, en dessous du Dortoir des Moines - qui est lui-même l'une des plus belles salles médiévales d'Europe - a été remarquablement aménagée en un réfectoire pour les visiteurs (il a fallu récemment l'agrandir tant il est prisé); une autre partie du bâtiment abrite le Trésor, et une autre salle, le <i>Spendiment</i>, relativement petite et sûre, a été adaptée pour héberger les anciens manuscrits les plus précieux de la Cathédrale. La cuisine octogonale du prieur est devenue une boutique bien fournie où l'on trouve un large choix de livres, cartes postales et souvenirs (soigneusement sélectionnés du point de vue artistique).</p>

<p align="justify">40. Mais l'on peut aussi (ii) adapter les bâtiments pour qu'ils continuent à servir de lieux de culte tout en offrant à la communauté d'autres services. Ainsi :</p>

    <ul><ul><p align="justify">&#8226; l'église de <i>St Mary Magdalene</i>, à Goes (Pays-Bas), était anciennement une église paroissiale catholique; elle appartient désormais à une fondation caritative, au sein de laquelle l'ancienne paroisse est représentée (et dont votre rapporteur fait partie); on y dit toujours les messes, on y célèbre les mariages et les enterrements, mais elle accueille aussi des concerts, des pièces de théâtre, des expositions, et quelquefois de grands banquets;</p>

    <p align="justify">&#8226; à <i>St Mary</i>, Walsall (West Midlands, Angleterre), l'espace réservé à l'église a été réduit, et il est maintenant entouré de lieux qui servent à l'ensemble de la communauté - ce type de transformation est du reste fréquent en Europe, en particulier dans les églises non catholiques;</p>

    <p align="justify">&#8226; une église de Schöneberg, à Berlin (Allemagne), a également été adaptée avec un grand savoir-faire : on a pris sur le lieu de recueillement pour consacrer une partie de la surface à des infrastructures de bureaux et autres destinées aux activités de la paroisse et de la communauté; pour cela, on a exploité les volumes supérieurs de l'église, qui sont maintenant accessibles par des escaliers, des galeries et un ascenseur, de sorte que l'ensemble du volume est désormais utilisé à plein - cet exemple est particulièrement intéressant, car de très nombreux édifices religieux du 19e siècle et antérieurs présentent souvent une très grande hauteur sous plafond, ce qui entraîne des coûts de chauffage élevés;</p>

    <p align="justify">&#8226; l'église de <i>St Sampson</i>, sur la Place du Marché de York (Angleterre), a conservé une petite chapelle pour la célébration des offices, la prière et le recueillement, et la plus grande partie du bâtiment, la cour adjacente et l'ancienne nef ont été astucieusement réaménagées afin d'accueillir un centre d'accueil de jour pour les personnes âgées de la ville, ce que ces dernières apprécient beaucoup; une église qui se délabrait a ainsi retrouvé une nouvelle fonction pour la communauté.</p>

</ul></ul><p align="justify">41. La troisième forme possible d'adaptation (iii) consiste à réaffecter un édifice religieux désaffecté à des fins autres que religieuses. Cette forme d'adaptation n'est pas directement pertinente dans le cadre de ce rapport, qui traite des manières de préserver l'usage des édifices religieux d'importance majeure, en les adaptant quelquefois intelligemment.</p>

<p align="justify">42. Néanmoins, il faut rappeler que toutes les adaptations ou reconversions d'édifices religieux doivent suivre certains principes de base, à savoir :</p>

  <ul><p align="justify">&#8226; l'adaptation ou la reconversion doit respecter la raison d'être culturelle de l'édifice; pour bien comprendre celle-ci, il faut l'étudier;</p>

  <p align="justify">&#8226; les travaux de reconversion doivent être menés avec assez de savoir-faire et de qualité dans la conception pour que le résultat soit remarquable, créatif autant qu'innovant, et il faut les exécuter en tenant bien compte des matériaux à employer comme des normes à respecter;</p>

  <p align="justify">&#8226; l'adaptation ou la reconversion doit respecter les traditions de la communauté religieuse concernée et ne pas froisser la communauté locale - de fait, il peut également se révéler nécessaire de bien expliquer ces travaux aux habitants, car l'opposition aux projets peut naître de malentendus et d'un conservatisme inné qui n'est aucunement fondé sur la théologie ou le point de vue des autorités religieuses.</p>

</ul><p align="justify">43. Il convient aussi de garder clairement à l'esprit qu'il n'existe pas de recette unique applicable à tous les édifices religieux en activité; on peut les classer en deux catégories selon une différence majeure : ceux qui sont entièrement ou partiellement consacrés (pour l'essentiel les édifices catholiques ou orthodoxes) et ceux qui sont simplement utilisés à des fins religieuses.</p>

<p align="justify"><b>F. Tourisme</b></p>

<p align="justify">44. A notre époque, un peu partout et notamment dans l'Europe entière, le tourisme est un des principaux moteurs de l'économie. Cependant, il ne faut pas confondre la fin et les moyens. </p>

<p align="justify">45. L'Abbaye du Mont Sainte Odile, à une demi-heure de route de Strasbourg (France), est un exemple d'abbaye encore au centre d'une communauté spirituelle. Les soeurs y ont ouvert un réfectoire où l'on peut déguster d'excellentes spécialités locales. On y trouve une boutique, les itinéraires de promenade des environs offrent un panorama spectaculaire de la chaîne des Vosges, et l'on y respire un air roboratif pour le corps et l'esprit. Sur ces lieux plane encore la présence de sainte Odile, patronne de l'Alsace et fondatrice de l'abbaye, et le visiteur qui pénètre dans l'église magnifiquement ornée a immédiatement le sentiment d'une vie intérieure profonde et consacrée à la prière. La majorité des visiteurs ne viennent probablement pas là pour des motifs religieux; cependant, ils sont touchés par la réalité et l'authenticité de la vie religieuse, ils peuvent l'apprécier, voire y trouver une source d'inspiration.</p>

<p align="justify">46. Ce type de tourisme, très proche du pélerinage traditionnel où le visiteur se rend en des lieux sacrés, est l'un des liens qui unissent toutes les grandes croyances et traditions religieuses. Il peut être une passerelle avec le nouvel âge où nous sommes, celui de l'Ouverture.</p>

<p align="justify">47. De plus, l'expérience du pélerinage n'est pas incompatible, loin s'en faut, avec des considérations matérielles telles que celles mentionnées ci-dessus, ni avec la présence de toilettes et de signalisations ou fléchages adaptés, ainsi que de services d'interprétation. Au contraire, ces deux aspects des choses peuvent se compléter l'un l'autre. Comme pour les musées, les recettes obtenues grâce à une boutique de souvenirs gérée avec inventivité peuvent contribuer sensiblement aux revenus d'une cathédrale ou d'un monastère.</p>

<p align="justify"><b>G. Conclusions</b></p>

<p align="justify">48.  Le rapport préconise une approche créative mais pragmatique à la gestion des grands édifices religieux en activité. Il fait trois observations essentielles. Premièrement, il s'agit là d'une question de partenariat entre les pouvoirs publics et les instances religieuses. Deuxièmement, cette question concerne un véritable patrimoine européen, par-delà les frontières nationales; c'est pourquoi les pays et les églises financièrement aisés devraient aider ceux et celles qui ont moins de moyens. Troisièmement, il n'y a pas de recette unique applicable à l'ensemble des édifices religieux en activité; on peut les classer en deux catégories séparées par une grande différence : ceux qui sont entièrement ou partiellement consacrés (pour l'essentiel les édifices catholiques ou orthodoxes) et ceux qui sont pas consacrés.</p>

<p align="justify"><b>ANNEXE</b></p>

<p align="justify"><b>Compte rendu de la conférence sur la conservation des cathédrales et autres grands édifices religieux en Europe</b></p>

<p align="justify">Avila (Espagne) 10 &#8211; 11 mars 1999</p>

<p align="justify"><b>Introduction</b></p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le président</b> rappelle les travaux précédents de l'Assemblée et notamment la<a href="/ASP/Doc/RefRedirectFR.asp?Doc= Résolution 916"> Résolution 916</a> (1989) relative aux édifices religieux désaffectés.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le rapporteur, <b>M. Eversdijk</b>, présente son document introductif. Il espère élargir sa propre expérience, acquise dans la gestion polyvalente d'une cathédrale protestante aux Pays-Bas, à d'autres confessions chrétiennes (catholique et orthodoxe), ainsi qu'à d'autres religions dans toute l'Europe.</p>

<p align="justify"><b>L'expérience espagnole</b></p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M<sup>me</sup> Sanchez</b>, conservatrice du patrimoine national (Madrid), présente un document décrivant la politique de conservation relative aux monuments ayant autrefois appartenu à la Couronne espagnole et qui sont aujourd'hui gérés par l'administration du patrimoine national (Patrimonio Nacional). Parmi ces monuments figurent plusieurs monastères, notamment ceux de Descalzas Reales et de l'Escorial, encore en usage et partiellement ouverts aux visiteurs. De véritables problèmes se posent pour les édifices religieux qui ne bénéficient pas de cet accès au financement de l'Etat et à un savoir-faire en matière de restauration.</p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M. Toquero</b>, directeur général du patrimoine de Castille-Léon, présente le programme-cadre de conservation de la région. Celui-ci concerne quelque 600&nbsp;monuments dont onze&nbsp;cathédrales, et vise à promouvoir l'usage de ce patrimoine, la consolidation des édifices et la formation de spécialistes dans le domaine de la conservation. </p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M. Páramo</b> (critique d'art) exprime son inquiétude devant les modifications radicales aux dispositions architecturales intérieures des cathédrales (comme la suppression des ch&#339;urs) actuellement proposées par les autorités ecclésiastiques à la suite de Vatican&nbsp;II.</p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M. Toquero</b> confirme que la législation relative au patrimoine protège en principe ces éléments architecturaux.</p>

<p align="justify"><b>La spécificité du patrimoine religieux</b></p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M. Ballester</b> (Conseil de l'Europe) se félicite de la reconnaissance politique &#8211; par le 2<sup>e</sup>&nbsp;Sommet de la place du patrimoine culturel dans la mission du Conseil de l'Europe, aux côtés de la démocratie, de l'Etat de droit et des droits de l'homme. Le patrimoine immatériel est aussi important que le patrimoine matériel; la compréhension des religions et le respect des communautés religieuses sont aussi importants que la conservation des édifices religieux; les mobiliers et les bâtiments forment un tout; la liturgie s'exprime dans l'architecture. Tout cela est de plus en plus reconnu dans les activités gouvernementales et parlementaires du Conseil de l'Europe. Il en va de même pour la totalité du patrimoine religieux d'Europe &#8211; qu'il soit juif, chrétien ou musulman.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les principaux édifices religieux tiennent leur spécificité non seulement de leur rôle de centres spirituels, mais aussi de leur dimension anthropologique (liée aux différentes étapes de l'existence de l'homme), de leur rôle emblématique (identité culturelle locale) et de leur richesse culturelle (architecture et trésors culturels qu'ils contiennent).</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La gestion de ces immeubles associe à la fois conservation et utilisation du bien en question. Un équilibre doit ainsi être trouvé entre les diverses fonctions potentielles de l'immeuble (des fonctions religieuses aux fonctions commerciales); à cet égard, des exemples de bonne pratique existent. Dans ce domaine, toutes les communautés religieuses peuvent coopérer de façon utile.</p>

<p align="justify"><b>La cathédrale de Chartres</b></p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M. Lemoine</b> (ancien maire de Chartres) poursuit cette analyse en se référant à la cathédrale de Chartres. L'origine spirituelle de ce monument date de l'époque des druides et de l'Empire romain, comme en témoigne le labyrinthe dessiné sur son dallage. L'ensemble des vitraux (2&nbsp;600&nbsp;m²) continue de refléter cette vision largement augustienne de l'histoire commune de Dieu et de l'humanité. Le jeu des ombres intérieures et du clocher dressé vers le ciel contraste avec l'ancien style roman ramassé, de l'architecture des églises, caractère qui a été modifié par la restauration romantique entreprise au XIX<sup>e</sup>&nbsp;siècle, laquelle s'est traduite par la démolition des maisons environnantes et l'aménagement d'une place artificielle devant la cathédrale.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il faut faire passer ce message aux personnes concernées, afin d'insister seulement sur les fonctions sociales et spirituelles de l'édifice. Grâce au soutien de l'UE, un centre pédagogique va être créé afin de garantir que les visiteurs bénéficient d'explications historiques concernant le monument.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L'entretien du bâtiment pose un problème majeur. Quelque 60&nbsp;millions de francs ont été dépensés au cours des cinq dernières années pour lutter contre les effets du chauffage central au mazout, des gaz d'échappement et des pigeons. Heureusement, la cathédrale a bénéficié du financement de l'Etat. Ce n'est pas le cas de nombreuses églises, menacées d'abandon dans les villages français dépeuplés. Un certain choix doit être effectué en ce qui concerne la préservation de ce patrimoine; celui-ci repose sur l'évaluation correcte de la valeur intrinsèque des sites concernés.</p>

<p align="justify"><b>Une diversité de pratiques en Europe</b></p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M. Burman</b> (directeur du Centre de la conservation de York) ne pouvant assister à la réunion, son exposé est résumé par M. Grayson. Les cathédrales sont des édifices religieux particulièrement importants en Europe, mais il existe nombre d'autres constructions et sites religieux appartenant à d'autres religions que le christianisme. Quant au rôle de la cathédrale, il ne se limite pas à son seul contexte chrétien.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les dispositions relatives aux cathédrales varient d'un pays européen à l'autre. Au Royaume-Uni, les cathédrales sont classées comme monuments historiques, mais bénéficient également d'une «dérogation ecclésiastique», grâce à laquelle l'autorisation de transformations éventuelles par le clergé prévaut sur la protection laïque du monument. Les systèmes de financement en matière de conservation et de restauration sont eux aussi différents. En France, l'Etat est entièrement responsable de l'entretien et de la réparation des cathédrales. Dans d'autres pays, cette aide de l'Etat est absente. En Angleterre, l'administration du patrimoine (<i>English Heritage</i>, c'est-à-dire l'Etat) finance parfois certaines réparations par le biais de subventions, mais ne prend pas en charge l'entretien. D'autres sources de financement sont par conséquent recherchées, notamment par l'intermédiaire d'associations «d'amis» du monument ou même de la loterie nationale.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Parmi les priorités figurent la concentration des ressources sur l'entretien, la formation d'artisans et de spécialistes aux compétences nécessaires, l'attention aux traditions sacrées des édifices concernés, et la conscience interconfessionnelle de leur importance.</p>

<p align="justify"><b>Le patrimoine juif</b></p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M<sup>me</sup> Cohen</b>, directrice du Centre d'art juif (Jérusalem), fait un exposé illustré sur la restitution du patrimoine culturel juif en&nbsp;Europe. Le problème majeur réside dans la préservation des synagogues après la disparition de la communauté juive. Les cas les plus remarquables de survie de ce patrimoine s'observent lorsque les synagogues ont été utilisées comme églises (par exemple à Tolède et Ségovie) ou transformées avec succès en maisons ou musées. Le Centre d'art juif a mis au point un système de recensement et d'imagerie informatique destiné à rassembler des informations concernant les immeubles ne pouvant être restaurés. De vastes études ont été réalisées sur le terrain en Europe centrale et orientale, mais également à Londres et en Allemagne orientale. Au total, quelque 500&nbsp;synagogues &#8211; de même que les &#339;uvres d'art et les objets qu'elles contiennent &#8211; ont été à ce jour «virtuellement» préservées dans «l'inventaire de l'art juif de Jérusalem». Cette initiative a une valeur pédagogique considérable. Le problème de manque d'intérêt général pour le patrimoine abandonné des groupes minoritaires est général et M<sup>me</sup>&nbsp;Cohen pense qu'un organe spécifiquement chargé de la préservation des biens de valeur culturelle devrait être mis en place dans chaque pays. Elle se félicite de la reconnaissance, par l'Unesco, du patrimoine juif de Bosnie et Herzégovine comme partie intégrante du patrimoine international.</p>

<p align="justify"><b>Discussion</b></p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M. Roseta</b> distingue, pour ce qui est de la conservation des édifices religieux historiques, les sites où la communauté religieuse locale a survécu et ceux où elle a disparu. C'est le cas, par exemple, de la synagogue de Tomar (Portugal), non utilisée depuis le XVI<sup>e</sup>&nbsp;siècle et préservée en tant que musée.</p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M. Ballester</b> soulève la question des biens mobiliers, en se référant à la réunion qu'il a organisée en novembre&nbsp;1998 à Paris avec des représentants des religions juive, chrétienne et musulmane.</p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M<sup>me</sup> Cohen</b> regrette l'ampleur de la commercialisation des biens religieux. Les objets rituels juifs en particulier sont de coûteuses pièces de collection. Il importe de promouvoir l'éducation et l'échange d'informations pour combattre ce commerce illicite.</p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M. Zingeris</b> a recensé avec M<sup>me</sup> Cohen plus de 1&nbsp;000&nbsp;synagogues, fosses communes et cimetières juifs en Lituanie. Il espère que l'inventaire de Jérusalem pourra être élargi à l'Europe. En réalité, seuls le ghetto de Vilnius et quelques synagogues de village peuvent être préservés.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il rappelle que M.&nbsp;Martínez et lui-même ont par le passé établi des rapports sur le patrimoine juif. L'importance culturelle de ce patrimoine et les responsabilités des gouvernements à l'égard de sa restitution ont été soulignées lors des trois conférences de Washington sur la spoliation des Juifs. Cette question devrait également être le thème de l'audition que tiendra la commission le 19&nbsp;avril à&nbsp;Paris.</p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le président</b> se réfère à la Recommandation de l'Assemblée parlementaire n°&nbsp;1372 relative à la Convention d'Unidroit sur les biens culturels volés ou illicitement exportés.</p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M. Staes</b> se demande comment préserver la dimension spirituelle des édifices religieux. Il ne s'agit pas seulement de pierres et de dorures, cela se situe en dehors de l'idéologie des diverses religions. Il serait intéressant d'entendre l'avis des représentants des différentes confessions sur cette question.</p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M. Lemoine</b> se félicite de la question, soulevée par M<sup>me</sup>&nbsp;Cohen dans son exposé, de la relation entre les religions minoritaires et la religion dominante en Europe, représentée par ses cathédrales. Une autre question intéressante concerne les relations entre l'Etat et l'Eglise dans la conservation des constructions religieuses. Le rapport devrait également porter sur la conservation des cimetières, puisque certains d'entre eux ont une valeur culturelle (par exemple le cimetière juif de Prague).</p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M. Legendre</b> souhaite poursuivre l'examen de la relation entre valeurs culturelles et spirituelles.</p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M. Hadjidemetriou</b> note que les dimensions culturelles et spirituelles n'ont jamais été dissociées au cours de la discussion. Il fait également remarquer que l'on peut parfois découvrir sa propre histoire en un lieu étranger: un catholique peut ainsi retrouver son passé dans les cathédrales gothiques de Chypre et un musulman le sien dans la mosquée Hala Sultan Tekke. Les grandes constructions religieuses ont souvent été la cible de «nettoyages» culturels comme à Chypre ou en Bosnie et Herzégovine, et de nombreux biens ont été volés et dispersés. Une coopération et une législation internationales sont nécessaires pour lutter contre ce trafic illicite d'&#339;uvres d'art.</p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M. Hegyi</b> reconnaît que franchir le seuil d'une cathédrale peut produire une certaine impression, même chez les non-croyants. A Notre-Dame de Paris, des services spéciaux sont organisés pour les touristes.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Selon lui, le texte de M. Eversdijk constitue un début prometteur. Il souhaite toutefois rectifier un point. M.&nbsp;Eversdijk déclare en effet que les biens de l'Eglise avaient été confisqués par l'Etat dans les pays d'Europe centrale et orientale. La situation est compliquée et il convient de distinguer entre le sort réservé aux édifices religieux, aux biens de l'Eglise et aux institutions religieuses.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M. Hegyi se félicite en outre que la Hongrie ait ratifié la Convention d'Unidroit.</p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M<sup>me</sup> &#352;t&#283;pová</b> pense qu'il est tout à fait approprié que la discussion ait lieu dans un monastère restauré. Comme l'a fait remarquer Baroness&nbsp;Hooper, la qualité de la vie est enrichie par la connaissance et la compréhension du passé. Les grands édifices religieux sont un élément important du patrimoine culturel commun et non seulement du patrimoine juif, chrétien ou musulman. Le tourisme constitue une source de financement majeure pour leur conservation.</p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M. Dumitrescu</b> souhaiterait connaître l'avis des autorités ecclésiastiques qui ont été effectivement responsables de l'entretien des cathédrales par le passé. Le patriarche de l'Eglise orthodoxe roumaine a été très intéressé par le rapport de M.&nbsp;de&nbsp;Puig sur la religion et l'Etat. Le présent thème revêt également un intérêt considérable dans son propre pays. Lui-même est originaire de la région des églises peintes du nord de la Roumanie et comprend par conséquent l'importance passée et présente du patrimoine religieux.</p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M. O'Hara</b> fait l'éloge de la ville d'Avila pour l'exemple qu'elle fournit en matière de préservation du patrimoine religieux. L'introduction générale au thème a été intéressante, mais les débats futurs devraient être davantage ciblés, par exemple sur des cas de bonnes pratiques dans la gestion de grands édifices religieux. Il est également urgent de mettre un terme au pillage systématique des biens religieux (qu'ils soient juifs ou chypriotes).</p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M<sup>me</sup> Cohen</b> a rassemblé des documents sur les tombes et les cimetières juifs de localités d'Ukraine où la communauté juive a disparu. Ces sites font néanmoins partie du patrimoine mondial. Son objectif en tant que professeur d'histoire de l'art est d'encourager les individus, en particulier les jeunes diplômés, à comprendre les autres religions. La compréhension conduit en effet au respect. Des liens existent également dans le domaine de l'art; l'art juif est en effet essentiel pour la compréhension de l'art chrétien. Les anciens édifices religieux tels que le monastère qui accueille aujourd'hui cette réunion conservent malgré tout un peu de leur spiritualité, et c'est l'éducation qui permet d'apprécier le mieux cette dimension. Pour conclure, M<sup>me</sup>&nbsp;Cohen indique que son centre organisera, avec la Banque mondiale, une conférence sur le thème «Documentation relative aux villes saintes et aux lieux sacrés» du 3 au 6&nbsp;mai à&nbsp;Washington.</p>

<p align="justify"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M. Eversdijk</b> conclut la discussion. Il existe une grande variété de situations au niveau européen dans les relations entre les autorités nationales et ecclésiastiques en matière de conservation et de gestion des édifices religieux. La Norvège et le Royaume-Uni connaissent une situation particulière. Ailleurs, l'Etat possède une compétence plus exclusive vis-à-vis de la conservation. Il examinera la situation des pays d'Europe centrale et orientale avec une attention particulière. La question de la gestion des édifices religieux appelle une plus grande sensibilité; une intervention extérieure est évidemment difficile dans le cas d'édifices consacrés (orthodoxes et juifs).</p>

<p align="justify"><b>Visites d'étude</b></p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dans le courant de sa réunion, la sous-commission visite le monastère Saint-Thomas et la cathédrale d'Avila, la cathédrale et le couvent Corpus Christi (ancienne synagogue) de Ségovie, ainsi que le Palais de l'Escorial (utilisé en partie comme monastère).</p>

<p align="justify"><b>Liste des participants</b></p>

<p align="justify">MM<b>. </b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  DIAZ DE MERA, Président de la Sous-commission du patrimoine culturel&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Espagne</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;HADJIDEMETRIOU, Vice-Président&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Chypre</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;CORRAO&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Italie</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;DUMITRESCU&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Roumanie</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;EVERSDIJK&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Pays-Bas</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;HEGYI&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Hongrie</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;KIELY&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Irlande</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LEGENDRE&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  France</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LIBICKI&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Pologne</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LEMOINE&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  France</p>

<p align="justify">Mme&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; LUCYGA&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Allemagne</p>

<p align="justify">MM.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; NOTHOMB, président de la commission plénière&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Belgique</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;O'HARA&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Royaume-Uni</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;RISARI&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Italie</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;ROSETA&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Portugal</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;STAES&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Belgique</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;STEPOVA&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  République tchèque</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;URBANCZYK&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Pologne</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;WILSHIRE&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Royaume-Uni</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;ZINGERIS&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Lituanie</p>

<p align="justify"><b>Orateurs:</b></p>

<p align="justify">M. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; BALLESTER, Chef du Service du patrimoine culturel, Conseil de l'Europe</p>

<p align="justify">Dr &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; COHEN-MUSHLIN, Directeur du Jewish Art Centre, Jérusalem</p>

<p align="justify">Mme &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; SANCHEZ, Conservateur, Patrimonio Nacional, Madrid</p>

<p align="justify">M. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; TOQUERO, Director Général du patrimoine de Castilla- León</p>

<p align="justify"><b>Secrétariat:</b></p>

<p align="justify">Mr&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; GRAYSON, Chef de la Division de la culture et de la science </p>

<p align="justify">Mrs&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; NOTHIS, Assistante administrative</p>

<p align="justify"><i>Commission chargée du rapport</i>: commission de la culture et de l'éducation</p>

<p align="justify"><i>Implications budgétaires pour l'Assemblée:</i> néant</p>

<p align="justify"><i>Renvoi en commission:</i> <a href="/ASP/Doc/RefRedirectFR.asp?Doc=Doc. 7198">Doc. 7198</a> et renvoi n° 1990 du 30 janvier 1995 </p>

<p align="justify"><i>Projet de recommandation:</i> adopté à l'unanimité par la commission le 4 septembre 2000</p>

<p align="justify">Membres de la commission: MM. <i>Roseta</i> (Président), MM. <i>Zingeris</i>, de Puig (remplaçant&nbsp;:  <i>Varel i Sera)</i>, <i>Ivanov</i> (Vice-Présidents), Arzilli, Bartumeu Cassany, Baumel, Billing, Mme Castro, MM. Cherribi, Chiliman, Cubreacov, Dumitrescu, Fayot, Mme Fehr, Mme Granlund, MM. <i>Hadjidemetriou</i>, Haraldsson, <i>Hegyi</i>, Henry, Irmer, Mme <i>Isohookana</i>-<i>Asunmaa</i>, MM.&nbsp;Jakic, Javelidze, <i>Kalkan</i>, Mme Katseli, MM. Khripel, <i>Kiely</i>, Kofod-Svendsen, Kovacevic, Lachat (remplaçant&nbsp;: <i>Reimann)</i>, Mme Laternser, MM. <i>Legendre</i>, Lemoine, <i>Libicki</i>, Mme Lucyga, MM. McNamara, Melnikov, Mezeckis, Monfils, Mme <i>Moserova</i>, M. <i>Nagy</i>, Mme Nemcova, MM. <i>O&#8217;Hara</i>, Pinggera, Mme Poptodorova, MM. Pullicino Orlando, Ragno, <i>Risari</i>, Mme Saele, M <i>Sa&#287;lam</i>, Mme Schicker, M. Schweitzer, Shaklein, Siebert, Mme Stefani, MM. <i>Svec</i>, Symonenko, Taliadouros, Mme <i>Troncho</i>, MM. <i>Urbanczyk</i>, <i>Vahtre</i>, Valk (remplaçant: <i>Eversdijk)</i>, Wilshire, Xhaferi.</p>

<p align="justify">N.B. Le nom des membres présents à la réunion est en italiques.</p>

<p align="justify"><i>Secrétaires de la commission</i>: M. Ary, Mme Theophilova-Permaul, et Mlle Kostenko</p>
<hr align="left" size="1" width="200" noshade><!-- TRANSIT - INFOAFTER -->
</body>
</html>
