Résumé
La nouvelle loi sur l’éducation de l’Ukraine ne semble pas
trouver un équilibre approprié entre la langue officielle et les
langues des minorités nationales.
Trois principes devraient guider la réflexion sur les questions
soulevées par cette nouvelle législation: le premier est que la
connaissance de la langue officielle d’un État est un facteur de
cohésion sociale et d’intégration et qu’il est légitime pour cet
État de promouvoir l’apprentissage de la langue officielle; le deuxième est
que la langue est une composante essentielle de l’identité individuelle
et collective et les mesures pour promouvoir la langue officielle
doivent aller de pair avec des mesures visant à protéger et à promouvoir
les langues des minorités nationales; le troisième est le principe
de non-discrimination.
Sur la base de ces principes et dans le but de préserver le
«vivre ensemble», les autorités ukrainiennes devraient reconsidérer
la question de l’éducation dans la langue des minorités en prenant
comme référence un modèle flexible d’instruction bilingue pour tous
les membres des «nations indigènes de l’Ukraine» ou des «minorités
nationales», sans discrimination; elles devraient aussi introduire
une certaine souplesse concernant la durée du processus de transition
et permettre des arrangements adaptées aux circonstances concrètes.
De leur part, les autorités des pays voisins devraient se
montrer prêtes à proposer des arrangements de même nature aux communautés
ukrainiennes résidant dans leurs pays.