COVID-19 : un rapporteur dénonce la discrimination à l'encontre des Roms et des Gens du voyage

« Dans toute l’Europe, des Roms et des Gens du voyage vivent dans des conditions désespérément inadaptées, insalubres et dangereuses, sans accès à l’eau courante, à des installations sanitaires et à d’autres équipements publics, et souvent dans une grande promiscuité. Au lieu de chercher des moyens supplémentaires pour protéger ces membres particulièrement vulnérables de nos sociétés à mesure que le coronavirus se propage, certains responsables politiques ont activement alimenté l’antitsiganisme », a déclaré František Kopriva (République tchèque, ADLE), rapporteur de l’APCE sur la discrimination à l’encontre des Roms et des Gens du voyage dans le domaine du logement.

« Les mesures de prévention comme le confinement à l’intérieur, la distanciation sociale et le lavage fréquent des mains peuvent devenir impossibles dans ces circonstances, et l’accès aux gels désinfectants, aux masques et même aux informations de base sur les mesures de prévention, est souvent illusoire », a-t-il ajouté.

« Conjuguée à de mauvais états de santé, eux-mêmes largement imputables à des conditions de vie précaires ainsi qu’à des niveaux élevés de pauvreté, cette situation expose tout particulièrement les Roms et les Gens du Voyage au risque de contracter le COVID-19 et de tomber gravement malades. Certaines communautés déplorent déjà de nombreux décès parmi leurs membres », a déclaré le rapporteur.

« J’ai été choqué d’apprendre que certaines autorités avaient rejeté des propositions visant à faciliter l’accès au paiement de prestations sociales dans certaines localités isolées alors que les obligations de fermeture se généralisent et que les services de transport public sont réduits dans de nombreux pays. Dans le même temps, les travailleurs sociaux ont été contraints de réduire leurs activités dans ces zones car ils ne disposent pas de l’équipement nécessaire pour s’assurer qu’ils ne contribuent pas à propager le virus ».

« La situation des droits humains dans un pays ne peut se juger qu’à l’aune de la situation de ses citoyens les plus démunis » a-t-il ajouté. « Des siècles d’abandon et de discrimination dans nos sociétés ont rendu les Roms et les Gens du voyage vulnérables. La crise du coronavirus montre de manière dramatiquement claire qu’ils ont maintenant un besoin urgent de notre attention ».