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<title> Esclavage domestique : servitude, personnes au pair et épouses achetées 
par correspondance </title>
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<blockquote>
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  <font FACE="Verdana" size="3"><b>
  <p align="justify"><span lang="FR"><font SIZE="3">Esclavage domestique&nbsp;: servitude, personnes 
  au pair et épouses achetées par correspondance</span></p>
  </font>
  </b>
  <p align="justify"><span lang="FR"><b><font SIZE="2">Doc. 10144<br>
  </b>19 avril 2004</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR"><b><font SIZE="2">Rapport<br>
  </b>Commission sur l'égalité des chances pour les femmes et les hommes<br>
  Rapporteur&nbsp;: M. Gaburro, Italie, Groupe du parti populaire européen</span></p>
  </font>
  </font><font FACE="Verdana" SIZE="2"><hr color="#000000" size="1">
  </font>
  <font SIZE="2">
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Résumé </span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Bien que l'esclavage ait été officiellement 
  aboli il y a plus de 150&nbsp;ans, il reste en Europe des milliers de personnes 
  maintenues en esclavage, traitées comme des objets, humiliées et victimes 
  d'abus. Les esclaves modernes, comme ceux d'autrefois, sont obligés de 
  travailler (victimes de menaces psychologiques ou physiques) sans aucune 
  contrepartie financière ou pour une rémunération minime, font l'objet de 
  restrictions physiques ou voient leur liberté de circulation limitée et sont 
  traités de manière inhumaine et dégradante.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Les esclaves d'aujourd'hui sont en majorité 
  des femmes qui travaillent le plus souvent chez des particuliers, chez qui 
  elles arrivent comme domestiques immigrées, personnes au pair ou «&nbsp;épouses 
  achetées par correspondance&nbsp;». La plupart sont arrivées de leur plein gré, 
  dans l&#146;espoir d'améliorer leur situation ou d'échapper à la pauvreté et à des 
  conditions de vie difficile, mais certaines ont été trompées par leurs 
  employeurs, des agences ou d'autres intermédiaires, ou se retrouvent avec des 
  dettes à rembourser, ou ont même été victimes de la traite. Elles ont beaucoup 
  de mal à quitter leur condition. La plupart d&#146;entre elles ne savent pas à qui 
  s&#146;adresser pour demander de l&#146;aide et n&#146;osent pas se tourner vers la police 
  par crainte d'une expulsion vers leur pays.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Le Conseil de l'Europe doit avoir une 
  tolérance zéro à l'égard de l'esclavage. Les victimes devraient bénéficier de 
  l&#146;aide et du soutien de nos 45 Etats membres, que leurs papiers soient en 
  règle ou non, qu&#146;elles aient été victimes de la traite ou soient venues de 
  leur plein gré. Les Etats membres devraient donc prendre une série de mesures 
  visant à lutter contre l&#146;esclavage domestique, et notamment réviser leur 
  politique en matière d'immigration et d'expulsion, proposer aux victimes un 
  réseau de soutien efficace et introduire un système d'accréditation pour les 
  agences de placement de travailleurs domestiques, des personnes au pair et des 
  «&nbsp;épouses achetées par correspondance&nbsp;».</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Le Comité des Ministres devrait élaborer 
  une charte des droits des travailleurs domestiques et définir des principes 
  garantissant la reconnaissance et la protection du statut distinctif des 
  personnes au pair (ni étudiants, ni travailleurs), leurs conditions de travail 
  et leur couverture sociale, en veillant à ce que le secteur du placement au 
  pair soit correctement réglementé au niveau national et international.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">I.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Projet de recommandation <i>[<a href="../../AdoptedText/TA04/FREC1663.htm">Lien 
  vers le texte adopté</a>]</i></span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L'Assemblée parlementaire note avec consternation que l'esclavage existe 
  toujours dans l'Europe du XXI<sup>e</sup> siècle. Bien que l'esclavage ait été 
  officiellement aboli il y a plus de 150&nbsp;ans, il reste en Europe des milliers 
  de personnes maintenues en esclavage, traitées comme des objets, humiliées et 
  victimes d'abus. Les esclaves modernes, comme ceux d'autrefois, sont obligés 
  de travailler (victimes de menaces psychologiques ou physiques) sans aucune 
  contrepartie financière ou pour une rémunération minime, font l'objet de 
  restrictions physiques ou voient leur liberté de circulation limitée et sont 
  traités de manière inhumaine et dégradante.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les esclaves d'aujourd'hui sont en majorité des femmes qui travaillent le plus 
  souvent chez des particuliers, chez qui elles arrivent comme domestiques 
  immigrées, personnes au pair ou «&nbsp;épouses achetées par correspondance&nbsp;». La 
  plupart sont arrivées de leur plein gré, dans l&#146;espoir d'améliorer leur 
  situation ou d'échapper à la pauvreté et à des conditions de vie difficile, 
  mais certaines ont été trompées par leurs employeurs, des agences ou d'autres 
  intermédiaires, ou se retrouvent avec des dettes à rembourser, ou ont même été 
  victimes de la traite. Lorsqu&#146;elles se retrouvent au travail (ou mariées à un 
  «&nbsp;mari-consommateur&nbsp;»), elles sont cependant vulnérables et isolées, ce qui 
  offre de nombreuses occasions à des employeurs ou à des maris abusifs de les 
  transformer en esclaves domestiques.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les esclaves domestiques, les personnes au pair exploitées et les «&nbsp;épouses 
  achetées par correspondance&nbsp;» victimes d&#146;abus ont beaucoup de mal à quitter 
  leur condition. Dans un pays étranger, loin de chez elles, la plupart des 
  victimes ne parlent même pas la langue du pays, et <i>a fortiori</i> ne 
  connaissent rien des lois et des coutumes de ce pays. Les employeurs ou les 
  maris exercent généralement un chantage, en les menaçant ou en menaçant leur 
  famille de nouveaux abus ou de représailles si elles osent se plaindre ou les 
  quitter. La plupart d&#146;entre elles ne savent pas à qui s&#146;adresser pour demander 
  de l&#146;aide et n&#146;osent pas se tourner vers la police par crainte d'une expulsion 
  vers leur pays. De plus, la police des pays d'accueil est souvent peu sensible 
  au sort des esclaves domestiques qui se sont enfuis, surtout si elles ou ils 
  n'ont pas de papiers ou si leurs papiers ne sont pas en règle. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le Conseil de l'Europe doit avoir une tolérance zéro à l'égard de l'esclavage. 
  En tant qu'organisation internationale défendant les droits de l'homme, le 
  Conseil de l'Europe a le devoir de prendre la tête du combat contre toutes les 
  formes d'esclavage et de traite des êtres humains. L'Organisation doit prendre 
  la défense des victimes et veiller à ce que les auteurs du crime qu'est 
  l'esclavage domestique soient traduit en justice, afin que l'esclavage soit 
  finalement éliminé d'Europe.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">5.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L'Assemblée recommande donc au Comité des Ministres&nbsp;:</span></p>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">i.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  D'une manière générale&nbsp;:</span></i></b></p>
  <blockquote>
  <p align="justify"><span lang="FR">a.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  de mener rapidement à leur terme les négociations concernant le projet de 
  Convention du Conseil de l'Europe sur la lutte contre la traite des êtres 
  humains&nbsp;;</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">b.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  d&#146;encourager les Etats membres à lutter de toute urgence contre l&#146;esclavage 
  domestique sous toutes ses formes et de veiller à ce que le maintien d'une 
  personne dans n'importe quelle forme d&#146;esclavage soit considéré comme un crime 
  dans tous les Etats membres&nbsp;;</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">c.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  de recommander aux Etats membres de réviser leur politique en matière 
  d'immigration et d'expulsion, en accordant aux victimes de l'esclavage 
  domestique au moins des permis de séjour temporaires (si possible en même 
  temps que des permis de travail) et en leur permettant de porter plainte 
  contre les patrons ou maris abusifs, s'ils le souhaitent&nbsp;;</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">d.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  d'inciter instamment les Etats membres à fournir aux victimes un réseau de 
  soutien efficace (y compris un logement d'urgence, des soins de santé, des 
  services de conseil psychologiques et juridiques) et à attribuer des fonds aux 
  organisations non gouvernementales oeuvrant dans ce domaine&nbsp;;</span></p>
  </blockquote>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">ii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  En ce qui concerne l'esclavage domestique&nbsp;:</span></i></b></p>
  <blockquote>
    <p align="justify"><span lang="FR">a.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    d'élaborer une charte des droits des travailleurs domestiques, comme le 
    prévoyait déjà la <a href="../../AdoptedText/TA01/FREC1523.htm">
    Recommandation&nbsp;1523&nbsp;(2001)</a>. Une telle charte, qui pourrait prendre la 
    forme d'une recommandation du Comité des Ministres ou même d'une convention, 
    devrait garantir aux travailleurs domestiques au moins les droits suivants&nbsp;:</span></p>
    <blockquote>
      <p align="justify"><span lang="FR">A. la reconnaissance du travail 
      domestique chez les particuliers en tant que « véritable travail », 
      c'est-à-dire auquel s'appliquent les droits en matière d'emploi et la 
      protection sociale, y compris le salaire minimal (lorsqu'il existe), les 
      indemnités de maladie et de maternité, ainsi que les droits à pension ;</span></p>
      <p align="justify"><span lang="FR">B. le droit à un contrat de travail 
      exécutoire indiquant le salaire minimal, le nombre d'heures maximal et les 
      responsabilités ;</span></p>
      <p align="justify"><span lang="FR">C. le droit à l'assurance santé ;</span></p>
      <p align="justify"><span lang="FR">D. le droit à la vie familiale, y 
      compris à la santé, à l'éducation et aux droits sociaux pour les enfants 
      des travailleurs domestiques ;</span></p>
      <p align="justify"><span lang="FR">E. le droit d&#146;avoir du temps libre et 
      du temps pour soi ;</span></p>
      <p align="justify"><span lang="FR">F. le droit des travailleurs 
      domestiques immigrés à un statut d'immigration indépendant de tout 
      employeur, le droit de changer d'employeur et de circuler dans le pays 
      hôte et à travers l'Union européenne et le droit à la reconnaissance des 
      qualifications, de la formation et de l'expérience acquises dans le pays 
      d'origine.</span></p>
    </blockquote>
    <p align="justify"><span lang="FR">b.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    de recommander l&#146;introduction d'un système d'accréditation pour les agences 
    de placement de travailleurs domestiques, par lequel ces agences 
    s'engageraient à respecter des normes minimales, telles que la pratique 
    d'honoraires raisonnables, le suivi des salariés qu'elles ont placés et la 
    fourniture d'une aide d'urgence en cas de problème. Les agences 
    «&nbsp;accréditées&nbsp;» pourraient avoir droit à la validation automatique des 
    demandes de visa présentées en leur nom&nbsp;;</span></p>
  </blockquote>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">iii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  En ce qui concerne le placement au pair&nbsp;:</span></i></b></p>
  <blockquote>
    <p align="justify"><span lang="FR">a.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    de publier des directives sous la forme d'une recommandation du Comité des 
    Ministres aux Etats membres qui garantiraient la reconnaissance et la 
    protection du statut distinctif des personnes au pair (ni étudiants, ni 
    travailleurs), leurs conditions de travail et leur couverture sociale, en 
    veillant à ce que le secteur du placement au pair soit correctement 
    réglementé au niveau national et international&nbsp;;</span></p>
    <p align="justify"><span lang="FR">b.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    de recommander aux gouvernements des Etats membres de réglementer le 
    placement des personnes au pair, par la création d'un système de type 
    «&nbsp;accréditation&nbsp;», par lequel les agences qui s'engageraient à respecter des 
    normes minimales, telles que la pratique d'honoraires raisonnables, la 
    garantie que les personnes au pair concluent avec leurs employeurs des 
    contrats exécutoires, indiquant clairement les droits, les responsabilités 
    et les devoirs de chacun, et la fourniture d'une aide d'urgence en cas de 
    difficulté &#150; verraient les demandes de visas présentées en leur nom 
    automatiquement acceptées. Les agences devraient également s'engager à 
    effectuer des contrôles concernant à la fois les personnes à la recherche 
    d'un placement au pair et les familles d'accueil éventuelles, afin de 
    vérifier qu'elles n'ont pas fait l'objet de condamnations pénales, par 
    exemple pour abus sexuel ou violence à enfant&nbsp;;</span></p>
  </blockquote>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">iv.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  En ce qui concerne les «&nbsp;épouses achetées par correspondance&nbsp;»&nbsp;:</span></i></b></p>
  <blockquote>
    <p align="justify"><span lang="FR">a.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    d'envisager d'inclure les «&nbsp;épouses achetées par correspondance&nbsp;» dans le 
    champ de compétence du projet de convention sur la lutte contre la traite 
    des êtres humains, notamment lorsque les épouses en question se retrouvent 
    victimes de violences ou d'autres abus, comme l'esclavage domestique&nbsp;;</span></p>
    <p align="justify"><span lang="FR">b.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    de recommander une réglementation des agences oeuvrant dans ce domaine par 
    l'introduction d'un système d'accréditation, par lequel ces agences 
    s'engageraient à respecter un certain nombre de règles minimales, telles que 
    la pratique d'honoraires raisonnables, l&#146;assurance que les personnes 
    responsables d'un site d'agence sur Internet soient clairement identifiables 
    et que les usagers du site soient tenus de s'identifier, le suivi des 
    mariages et la fourniture d'un numéro à contacter en cas d'urgence. Les 
    agences devraient également s'engager à effectuer des contrôles concernant 
    les futurs maris pour vérifier qu'ils n'ont pas de passé criminel (par 
    exemple pour violence familiale ou proxénétisme) lorsque les couples 
    envisagent de se marier.</span></p>
  </blockquote>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">II.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Exposé des motifs par M. Giuseppe Gaburro, rapporteur</span></b></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">A.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Introduction</span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Il y a presque trois ans, le 26 juin 2001, l&#146;Assemblée parlementaire a procédé 
  à un débat sur l&#146;esclavage domestique en se référant à un rapport établi pour 
  la Commission par M. John Connor, notre ancien collègue irlandais. À la fin du 
  débat, l&#146;Assemblée a adopté deux textes&nbsp;: la </span>
  <a href="../../AdoptedText/TA01/FREC1523.htm">Recommandation 1523 (2001)</a><span lang="FR"><a href="#_ftn1" name="_ftnref1" title>[1]</a> 
  et la Directive 575 (2001). Aux termes de cette directive, la Commission a été 
  chargée de suivre attentivement les progrès accomplis en la matière et d&#146;en 
  faire rapport à l&#146;Assemblée deux ans après.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  J&#146;ai été nommé nouveau Rapporteur lors de notre réunion pendant la partie de 
  session de juin 2003 de l&#146;Assemblée. En septembre 2003, j&#146;ai présenté un 
  schéma de rapport<a href="#_ftn2" name="_ftnref2" title>[2]</a>, dans lequel 
  je vous ai informé des nouveautés observées au cours des deux dernières années 
  et où j&#146;ai établi, à l&#146;attention de la Commission, une sorte de «&nbsp;plan 
  d&#146;action&nbsp;». Lors de notre réunion à Paris le 9 janvier 2004, j'ai présenté à 
  la commission une note introductive<a href="#_ftn3" name="_ftnref3" title>[3]</a>, 
  et il a été décidé d'organiser un colloque sur ce thème. Ce colloque a eu lieu 
  à Paris les 11 et 12 mars 2004. A l'annexe II vous trouverez le programme du 
  colloque, dont le procès verbal est disponible auprès du Secrétariat<a href="#_ftn4" name="_ftnref4" title>[4]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Vous vous demandez probablement pourquoi notre commission a repris ce thème 
  aussi rapidement. La raison en est simple : l'esclavage domestique est une 
  violation des droits de l'homme extrêmement grave, un crime effrayant auquel 
  il faut s'intéresser davantage. Pourtant, malheureusement, nous ne sommes pas 
  plus proches d&#146;un règlement de ce problème qu'il y a trois ans. L'esclavage 
  domestique existe sous de nombreuses formes et avec de nombreuses variantes, 
  non seulement en Afrique et en Asie, mais ici à nos portes. Il est intimement 
  lié à la traite des êtres humains, un thème qui a retenu l'attention de nos 
  gouvernements, en train de négocier une nouvelle convention du Conseil de 
  l'Europe pour combattre ce fléau. Nous avons le devoir de veiller à ce que les 
  souffrances des esclaves domestiques en Europe - travailleurs domestiques 
  immigrés, personnes au pair exploitées ou épouses achetées par correspondance 
  victimes d&#146;abus &#150; ne soient pas oubliés, et que leurs problèmes soient 
  également traités dans le cadre d'un instrument du Conseil de l'Europe.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les ONG estiment que plus de 27 millions de personnes sont réduites en 
  esclavage aujourd&#146;hui dans le monde, la plupart étant des femmes et des jeunes 
  filles<a href="#_ftn5" name="_ftnref5" title>[5]</a>. L&#146;esclavage est 
  officiellement hors la loi dans la plupart des pays depuis cent-cinquante ans, 
  mais il subsiste, quoique sous une forme différente. Alors que l&#146;esclavage 
  «&nbsp;traditionnel&nbsp;», par exemple, impliquait la perception d&#146;êtres humains comme 
  des «&nbsp;biens&nbsp;» que l&#146;on pouvait «&nbsp;posséder&nbsp;», l&#146;esclavage «&nbsp;moderne&nbsp;» comporte 
  rarement cette notion de propriété<a href="#_ftn6" name="_ftnref6" title>[6]</a>. 
  Ce qui est commun à l&#146;esclavage traditionnel et à l&#146;esclavage moderne, c&#146;est 
  que les esclaves sont forcés à travailler (sous la menace mentale ou physique) 
  sans être rémunérés ou presque, font l&#146;objet d&#146;une contrainte physique ou 
  subissent des restrictions de leur liberté de mouvement et sont soumis à un 
  traitement dégradant et inhumain<a href="#_ftn7" name="_ftnref7" title>[7]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">5.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Il existe à l&#146;heure actuelle plusieurs types d&#146;esclavage. Le travail servile 
  affecterait au moins vingt millions de personnes dans le monde. On devient 
  travailleur servile en souscrivant un prêt (ou en se laissant amener par la 
  ruse à en souscrire un) pour aussi peu de chose que le prix d&#146;un médicament 
  destiné à un enfant malade ou pour autant que le coût du passage clandestin 
  vers un riche pays occidental. On est alors forcé de travailler de longues 
  heures pour rembourser sa dette&nbsp;; on est sommairement nourri et abrité pour 
  paiement de son travail, mais bien souvent, on ne peut jamais rembourser le 
  prêt (qui se transmet parfois sur plusieurs générations)<a href="#_ftn8" name="_ftnref8" title>[8]</a>. 
  Les autres formes d&#146;esclavage sont le trafic et l&#146;exploitation sexuelle de 
  femmes et d&#146;enfants, le mariage (tant le mariage forcé, c&#146;est-à-dire arrangé 
  contre la volonté de la femme ou de la jeune fille, que la «&nbsp;vente d&#146;épouses 
  par correspondance&nbsp;», avec le consentement formel des intéressées), le travail 
  forcé (en particulier celui des enfants) et l&#146;esclavage traditionnel (dans le 
  cadre duquel femmes et enfants sont arrachés à leur foyer, «&nbsp;hérités&nbsp;» ou 
  donnés en présents comme s&#146;il s&#146;agissait de biens meubles)<a href="#_ftn9" name="_ftnref9" title>[9]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">B.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;esclavage domestique et la servitude</span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">6.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Ainsi que l&#146;Assemblée l&#146;a déjà noté il y a trois ans, la principale forme 
  d&#146;esclavage pratiquée aujourd&#146;hui en Europe est l&#146;esclavage domestique, appelé 
  aussi servitude (quoique certaines victimes de trafic soient également 
  obligées de travailler comme travailleurs serviles, par exemple dans des 
  ateliers clandestins souterrains ou dans l&#146;industrie du sexe). En soi, le 
  travail domestique n&#146;est évidemment pas du travail forcé ou de l&#146;esclavage, 
  comme l&#146;Organisation Internationale du Travail (OIT) l&#146;a du reste souligné&nbsp;: 
  «&nbsp;Mais il peut dégénérer en travail forcé, soit en cas de lien débiteur ou de 
  trafic, soit lorsque le travailleur est physiquement empêché de quitter 
  librement le domicile de l&#146;employeur ou qu&#146;on lui a confisqué ses papiers 
  d&#146;identité [...]. Quand les travailleurs domestiques sont des migrants 
  internationaux, les problèmes se compliquent encore [...]. Une fois en place, 
  les travailleurs domestiques ont tendance à travailler dans l&#146;isolement, ce 
  qui crée d&#146;amples possibilités de méconnaître la législation du travail, si 
  tant est que celle-ci soit applicable aux intéressés [...]. Étant donné ce 
  concours de circonstances, il leur est d&#146;autant plus difficile de se tirer de 
  situations caractérisées par le travail forcé ou obligatoire&nbsp;»<a href="#_ftn10" name="_ftnref10" title>[10]</a>.
  </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">7.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les travailleurs domestiques sont généralement employés dans des foyers privés 
  et vivent le plus souvent avec la famille de leur employeur. Cette coïncidence 
  entre le lieu de vie et le lieu de travail rend le travailleur domestique 
  particulièrement vulnérable à l&#146;exploitation<a href="#_ftn11" name="_ftnref11" title>[11]</a>. 
  L&#146;immense majorité des travailleurs domestiques sont des femmes, qui tirent un 
  salaire de cette activité pour suppléer à la non-rémunération du travail 
  traditionnellement considéré comme incombant aux femmes (tâches ménagères 
  telles que nettoyage, cuisine, soins aux enfants et aux personnes âgées, etc.). 
  La plupart de ces travailleuses domestiques ont dû laisser leur famille 
  derrière elles, soit en quittant une région rurale ou économiquement 
  déshéritée pour s&#146;installer dans un centre urbain mieux loti de leur propre 
  pays, soit en émigrant vers des pays plus riches et plus développés où elles 
  peuvent être rémunérées davantage pour le même travail. Ainsi, même lorsque le 
  travail domestique ne s&#146;accompagne ni de travail forcé, ni de servitude, il a 
  un coût psychologique et affectif élevé pour la travailleuse domestique et sa 
  famille<a href="#_ftn12" name="_ftnref12" title>[12]</a>. Dans sa recension 
  d&#146;un livre récent<a href="#_ftn13" name="_ftnref13" title>[13]</a>, Polly 
  Toynbee voit là un exemple particulièrement brutal de la force exercée par la 
  mondialisation&nbsp;: « ...&nbsp;on enlève aux pays pauvres jusqu&#146;à l&#146;amour. C&#146;est la 
  déprédation finale,&nbsp;l&#146;exploitation des ultimes ressources que le tiers monde 
  avait encore à vendre&nbsp;: la maternité et le sexe&nbsp;»<a href="#_ftn14" name="_ftnref14" title>[14]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">8.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Selon les recherches conduites par l&#146;ONG française CCEM (Comité contre 
  l&#146;esclavage moderne)<a href="#_ftn15" name="_ftnref15" title>[15]</a>, on peut 
  distinguer en Europe trois catégories d&#146;esclaves domestiques. La première 
  comprend les personnes que des agences recrutent dans leur pays pour les 
  envoyer travailler à l&#146;étranger. La plupart de ces migrants qui arrivent en 
  Europe viennent d&#146;Asie du Sud-Est, en particulier des Philippines, du Sri 
  Lanka, d&#146;Indonésie et d&#146;Inde. Beaucoup de ces travailleurs domestiques sont 
  endettés, car il leur a fallu emprunter pour payer les droits d&#146;agence. Les 
  agences en question sont particulièrement recherchées par des employeurs 
  vivant en Europe et originaires de pays du Golfe et du Moyen-Orient.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">9.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La deuxième catégorie comprend les personnes qui n&#146;ont pas été recrutées pour 
  accomplir un travail domestique en Europe, mais qui sont victimes d&#146;un trafic 
  et forcées de travailler comme esclaves domestiques. Beaucoup sont des enfants 
  d&#146;Afrique occidentale âgés de huit à quinze ans à leur arrivée en Europe et 
  travaillant en général pour des compatriotes qui vivent en Europe.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">10.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La troisième catégorie comprend les personnes déjà employées comme 
  travailleurs domestiques dans un pays tiers et qui «&nbsp;suivent&nbsp;» leur employeur 
  dans un pays européen pendant une certaine durée. La plupart sont des femmes 
  d&#146;Asie du Sud-Est travaillant pour des employeurs &#150; y compris des diplomates &#150; 
  issus de pays du Golfe et du Moyen-Orient.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">11.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  En France seulement, le CCEM s&#146;est occupé de plus de quatre cents victimes 
  d&#146;esclavage domestique depuis sa création, en 1994. Au Royaume-Uni, l&#146;ONG 
  Kalayaan a aidé plus de 4.000 travailleurs domestiques, dont la majorité 
  étaient maintenus en esclavage domestique ou dans une forme quelconque de 
  servitude, non sans subir des violences psychologiques (84%), un confinement à 
  domicile (54%), des brutalités (38%) et des abus sexuels (10%)<a href="#_ftn16" name="_ftnref16" title>[16]</a>. 
  Le même problème se pose dans d&#146;autres pays européens, par exemple la 
  Belgique, l&#146;Italie et l&#146;Espagne ainsi qu&#146;aux Etats-Unis, Etat observateur 
  auprès du Conseil de l&#146;Europe.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">12.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Dans un article intitulé «Just Another Job? The Commodification of Domestic 
  Labour»<a href="#_ftn17" name="_ftnref17" title>[17]</a>, Bridget Anderson 
  explique comment la demande régulièrement croissante de travailleurs 
  domestiques en Europe se traduit par des horaires de travail excessifs, des 
  bas salaires et l'absence de vie privée pour la plupart des travailleurs 
  domestiques à domicile, et en de terribles abus pour certains. «Leur travail 
  peut être incroyablement dégradant, écrit-elle, essuyer l'anus des chats, 
  nettoyer les toilettes de leurs employeurs, brosser le plancher avec une 
  brosse à dents trois fois par jour ou se tenir près de la porte sans bouger 
  pendant des heures»<a href="#_ftn18" name="_ftnref18" title>[18]</a>. Dans un 
  autre article<a href="#_ftn19" name="_ftnref19" title>[19]</a>, Joy M. 
  Zarembka décrit les expériences traumatisantes (y compris les graves abus 
  psychologiques et physiques) subis par plusieurs domestiques immigrées aux 
  USA.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">13.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les problèmes des travailleurs domestiques maintenus en esclavage en Europe 
  sont aggravés par le fait qu'il leur est souvent très difficile de quitter 
  leurs employeurs et de demander de l'aide. Non seulement de nombreux 
  employeurs « abusifs » créent des obstacles physiques et psychologiques (par 
  exemple en effrayant leurs domestiques tenus en esclavage en menaçant ceux-ci 
  - ou leurs familles &#150; de nouveaux abus ou d'expulsion, ou en leur retirant 
  leur passeport), mais en outre les policiers des pays hôtes sont souvent peu 
  compréhensifs vis-à-vis d'un esclave qui s'est enfui, surtout si celui-ci ou 
  celle-ci n'a pas de papiers ou que ses papiers ne sont pas valables. Très 
  souvent, une personne en situation d'esclavage domestique est complètement 
  isolée et ne sait pas où demander de l'aide (souvent elle ne parle même pas la 
  langue du pays hôte, parfois elle ne sait ni lire ni écrire). Et la menace 
  d'expulsion est tout à fait réelle, comme nous l'avons appris au cours du 
  colloque des 11 et 12 mars 2004.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">14.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Ainsi, même les travailleurs domestiques qui réussissent à s'enfuir de chez un 
  employeur abusif peuvent ne pas vouloir ni pouvoir porter plainte contre cet 
  employeur. Dans certaines affaires évoquées lors du colloque par M<sup>me</sup> 
  O'Dy, Présidente du CCEM et qui relevaient nettement du droit pénal 
  (concernant des mauvais traitements et même des actes de torture), les 
  coupables n'ont même pas été traduits en justice. Parfois, le fait qu'un 
  employeur jouisse de l'immunité diplomatique empêche également de le 
  poursuivre dans le pays hôte (mais évidemment, le pays hôte peut demander la 
  levée de cette immunité et expulser le coupable en cas de refus d'accéder à sa 
  demande).<a href="#_ftn20" name="_ftnref20" title>[20]</a> Il faut aussi noter 
  que de nombreux employeurs abusifs recrutent eux-mêmes leurs domestiques sans 
  passer par un intermédiaire, et que beaucoup de ces salariés entrent dans le 
  pays hôte de leur plein gré (et légalement). Ainsi les mesures visant à lutter 
  contre la traite des êtres humains &#150; quoique tout à fait nécessaires &#150; peuvent 
  n&#146;être que partiellement efficaces dans ce domaine. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">15.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Je crois qu'il est clair d'après ce qui précède que la prévention et la 
  répression de l'esclavage domestique et de la servitude exigent plusieurs 
  mesures, dont beaucoup étaient déjà indiquées dans l'excellent rapport 
  présenté en 2001 par M. Connor<a href="#_ftn21" name="_ftnref21" title>[21]</a>. 
  Avant tout, il paraît nécessaire de réévaluer le travail domestique et les 
  services de garde ou de soins. Il s'agit d'un véritable travail, exigeant et 
  d'une grande valeur pour la communauté, qui mérite d'être reconnu, traité et 
  rémunéré comme tel. Les risques d'abus sont plus grands lorsque le travailleur 
  domestique vit chez l'employeur &#150; et se retrouve donc dans la sphère de la vie 
  familiale privée &#150; ou se trouve dans une situation vulnérable, en tant que 
  travailleur immigré (en situation légale ou illégale), ou parce qu'il ou elle 
  a absolument besoin d'argent. L'élaboration d'une charte des droits des 
  travailleurs domestiques pourrait constituer un progrès dans ce domaine<a href="#_ftn22" name="_ftnref22" title>[22]</a>. 
  Cette charte (qui pourrait prendre la forme d'une Recommandation du Comité des 
  Ministres, ou même d'une convention) devrait garantir aux travailleurs 
  domestiques au moins les droits suivants :</span></p>
  <ul>
    <li>
    <p align="justify"><span lang="FR">la reconnaissance du travail domestique 
    chez les particuliers en tant que « véritable travail », c'est-à-dire auquel 
    s'appliquent les droits en matière d'emploi et la protection sociale, y 
    compris le salaire minimal (lorsqu'il existe), les indemnités de maladie et 
    de maternité, ainsi que les droits à pension ;</span></li>
    <li>
    <p align="justify"><span lang="FR">le droit à un contrat de travail 
    exécutoire indiquant le salaire minimal, le nombre d'heures maximal et les 
    responsabilités ;</span></li>
    <li>
    <p align="justify"><span lang="FR">le droit à l'assurance santé ;</span></li>
    <li>
    <p align="justify"><span lang="FR">le droit à la vie familiale, y compris à 
    la santé, à l'éducation et aux droits sociaux pour les enfants des 
    travailleurs domestiques ;</span></li>
    <li>
    <p align="justify"><span lang="FR">le droit d&#146;avoir du temps libre et du 
    temps pour soi ;</span></li>
    <li>
    <p align="justify"><span lang="FR">le droit des travailleurs domestiques 
    immigrés à un statut d'immigration indépendant de tout employeur, le droit 
    de changer d'employeur et de circuler dans le pays hôte et à travers l'Union 
    européenne et le droit à la reconnaissance des qualifications, de la 
    formation et de l'expérience acquises dans le pays d'origine<a href="#_ftn23" name="_ftnref23" title>[23]</a>.</span></li>
  </ul>
  <p align="justify"><span lang="FR">16.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Evidemment, l'élaboration d'une telle charte ne suffira pas, mais ce pourrait 
  être une première étape. En outre, il serait utile que les travailleurs 
  domestiques immigrés soient informés de leurs droits avant qu'ils quittent 
  leur pays (par exemple, lors de la demande de visa), et qu'ils reçoivent des 
  informations détaillées (avec les adresses) concernant les ONG ou les autres 
  organisations qui pourraient les aider en cas de problème. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">17.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Comme les travailleurs domestiques sont souvent placés grâce à des agences, il 
  devrait y avoir une sorte de réglementation de ce secteur tant dans les pays 
  d'origine que dans les pays hôtes. C'est ainsi que les agences qui font payer 
  des honoraires exorbitants (notamment aux demandeurs d'emploi) devraient 
  figurer sur une liste noire, et que les demandes de visas présentées pour leur 
  compte devraient être refusées. Une autre possibilité consisterait à créer une 
  sorte de système d'accréditation, par lequel les agences qui s'engageraient à 
  respecter certaines règles minimales (comme la pratique d'horaires 
  raisonnables, le suivi des salariés qu'elles ont placés, et la fourniture 
  d'une aide d'urgence en cas de problème) verraient les demandes de visas 
  présentées en leur nom automatiquement&nbsp; acceptées. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">18.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Comme nous l'avons souvent souligné au sein de cette commission, les 
  politiques en matière d'immigration et d&#146;expulsions auraient aussi besoin 
  d'être adaptées dans de nombreux Etats membres. Il serait fondamentalement de 
  l'intérêt des autorités du pays hôte d'aider les victimes et de poursuivre les 
  auteurs d'abus, plutôt que de s'inquiéter du statut d'immigration des 
  victimes. La Belgique et l'Italie pourraient servir de modèles à cet égard, 
  puisque ces pays reconnaissent le statut spécifique des victimes de la traite 
  des êtres humains (qui concerne de nombreuses victimes de l'esclavage 
  domestique) et leur accorde des permis de séjour temporaires afin de leur 
  permettre de porter plainte contre ceux qui les ont exploitées<a href="#_ftn24" name="_ftnref24" title>[24]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">19.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Enfin, les ONG comme le CCEM et Kalayaan, qui font un travail remarquable en 
  essayant de réparer des situations là où tous les autres efforts ont échoué, 
  ont besoin de recevoir un financement public plus important pour leur 
  permettre de travailler correctement. Il faut également informer le grand 
  public et lui demander d'être vigilant et de dénoncer les employeurs abusifs. 
  Comme l'a indiqué M<sup>me</sup> O'Dy lors du colloque, la vigilance de la 
  population dans ce domaine peut vraiment sauver des vies.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">C.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;exploitation des personnes au pair</span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">20.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le placement au pair consiste en l'accueil temporaire au sein de familles, en 
  contrepartie de certaines prestations, de jeunes étrangers venus dans le but 
  de perfectionner leurs connaissances linguistiques et, éventuellement, 
  professionnelles et d'accroître leur culture générale par une meilleure 
  connaissance du pays de séjour<a href="#_ftn25" name="_ftnref25" title>[25]</a>. 
  Les personnes placées au pair séjournent dans leur famille d'accueil 
  généralement pendant une année, parfois deux ans, et sont logées et nourries 
  et perçoivent de l'argent de poche en échange d'une aide pour les tâches 
  ménagères et de garde d&#146;enfant &#150; tâches qui doivent être légères et ne pas 
  excéder cinq heures par jour. En d'autres termes, les personnes placées au 
  pair ne doivent pas être employées comme des femmes de ménage ou des 
  nourrices, mais certaines d'entre elles sont exploitées comme telles ou, pire 
  encore, sont victimes de violences ou d'abus sexuels.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">21.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le Conseil de l'Europe a élaboré dès les années 60 un Accord européen sur le 
  placement au pair. Ce traité est entré en vigueur le 30 mai 1971, mais il ne 
  lie actuellement que cinq pays: le Danemark, la France, l'Italie, la Norvège 
  et l'Espagne (le Luxembourg l'a dénoncé récemment)<a href="#_ftn26" name="_ftnref26" title>[26]</a>[19]. 
  Le traité définit et standardise les conditions régissant le placement au pair 
  dans les pays qui l'ont ratifié, et vise à assurer aux personnes placées au 
  pair un niveau de protection sociale adéquat. Cependant, comme l&#146;a fait 
  remarquer M<sup>me</sup> Vadeau-Ducher, Présidente du Comité européen pour la 
  Cohésion sociale du Conseil de l'Europe (CDCS), de nombreux Etats membres du 
  Conseil de l'Europe considèrent que le traité n&#146;est plus adéquat. C&#146;est ainsi 
  que l&#146;Allemagne estime que les conditions de travail sont trop dures et la 
  couverture sociale insuffisante, tandis que le Luxembourg a découvert que des 
  jeunes filles qui demandaient des visas pour travailler au pair conformément 
  aux dispositions du traité étaient obligées de se prostituer. Le CDCS examine 
  donc actuellement quel pourrait être l&#146;avenir de ce traité, pour décider s&#146;il 
  faut le modifier, l&#146;abroger ou le remplacer.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">22.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  En 1994 était créé l'IAPA (International Au Pair Association) dans le but de 
  réglementer le placement au pair en pleine expansion. L'association représente 
  actuellement 146&nbsp;organisations dans 43&nbsp;pays, et 20 autres organisations 
  devraient la rejoindre bientôt. Elle a invité à une plus grande réglementation 
  du secteur en Europe pour éviter l'exploitation des personnes placées au pair 
  et met en garde contre la pratique croissante du recrutement de personnes au 
  pair au moyen d'Internet. Aux Etats-Unis, le secteur du placement au pair est 
  extrêmement bien réglementé, avec des contrôles de sécurité détaillés, des 
  références et des entretiens avant tout placement, règles que l'IAPA aimerait 
  voir appliquer en Europe. Cependant, même le programme américain a connu des 
  problèmes graves &#150; depuis les accidents provoqués par des personnes au pair 
  conduisant la voiture de la famille jusqu'aux allégations de mauvais 
  traitements à enfants (depuis le début du programme aux Etats-Unis en 1986, 
  trois enfants au moins sont morts alors qu'ils étaient sous la responsabilité 
  de personnes au pair). En fait, les personnes placées au pair aux Etats-Unis 
  peuvent travailler jusqu'à 45 heures par semaine et risquent donc d'être 
  exploitées comme constituant une solution bon marché pour la garde des 
  enfants: imiter les Etats-Unis dans ce domaine risque donc ne pas être la 
  bonne solution. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">23.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La situation des personnes au pair exploitées diffère à certains égards de 
  celle des travailleurs domestiques immigrés maintenus en esclavage. 
  Généralement, les personnes au pair travaillent pendant un ou deux ans au 
  maximum dans une famille et entrent légalement dans le pays hôte, si bien 
  qu&#146;un employeur a moins de possibilités d&#146;isoler une personne au pair<a href="#_ftn27" name="_ftnref27" title>[27]</a>. 
  Contrairement aux travailleurs domestiques immigrés, la majorité des personnes 
  au pair viennent d&#146;Europe, et ont généralement quelques notions de la langue 
  du pays hôte. Néanmoins, en raison de leur jeunesse (le plus souvent un peu 
  moins de vingt ans ou une vingtaine d&#146;années) les personnes au pair sont 
  encore vulnérables aux abus. Parmi les cas mentionnés par M<sup>me</sup> 
  Gauthier, Présidente de l&#146;Union française des associations au pair (UFAAP), il 
  y a celui d&#146;une jeune fille roumaine qui s&#146;est suicidée après avoir été forcée 
  de travailler comme une esclave pour un euro par jour, celui d&#146;une jeune fille 
  russe obligée de dormir sur un matelas dans un grenier et le cas d&#146;une jeune 
  slovaque abandonnée avec des dettes considérables après une hospitalisation 
  sans couverture sociale. Il y a également des cas d&#146;abus sexuels qui ont été 
  prouvés.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">24.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Dans le domaine du placement au pair, il est très courant de faire appel à des 
  agences. Bien que celles-ci pratiquent l&#146;autorégulation, le nombre des agences 
  peu sérieuses, notamment celles qui travaillent sur Internet, s&#146;est multiplié 
  au cours des dernières années. Nombre de ces «&nbsp;brebis galeuses&nbsp;» font payer 
  des frais exorbitants (notamment aux personnes recherchant un placement au 
  pair), réduisant celles-ci en esclavage en raison de leurs dettes. Je pense 
  que c&#146;est une raison suffisante pour que les gouvernements réglementent ce 
  secteur, comme celui des agences de placement de travailleurs domestiques. On 
  pourrait envisager la création d&#146;une sorte de système d&#146;accréditation, grâce 
  auquel les agences s&#146;engageant à respecter un certain nombre de normes 
  minimales (telles que la pratique d&#146;honoraires raisonnables, la garantie que 
  les personnes au pair concluent un contrat exécutoire avec leurs employeurs 
  indiquant clairement leurs droits, leurs responsabilités et leurs devoirs, et 
  prévoyant une aide d&#146;urgence en cas de problème) verraient les demandes de 
  visa présentées en leur nom automatiquement validées. Les agences pourraient 
  également s&#146;engager à effectuer des contrôles de moralité concernant les 
  personnes demandant un placement au pair et les familles d&#146;accueil éventuelles 
  afin de vérifier l&#146;absence de condamnation pénale pour crime sexuel ou 
  violence à enfant, par exemple.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">25.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Comme pour les esclaves domestiques en fuite, les personnes au pair exploitées 
  ou victimes d&#146;abus devraient être encouragées à se manifester et à porter 
  plainte contre leurs employeurs. Les agences (ou la police) ne doivent pas se 
  contenter de renvoyer une victime chez elle et/ou de lui trouver une autre 
  famille d&#146;accueil.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">26.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Je pense que ce serait une perte de temps et d&#146;argent que de renégocier un 
  nouveau traité sur le placement au pair pour remplacer l&#146;ancien traité de 1971 
  qui est dépassé et qui de toute façon n&#146;est pratiquement plus utilisé. 
  Cependant, il est néanmoins essentiel que le Conseil de l'Europe établisse des 
  règles dans ce domaine, pour éviter une dichotomie dans le traitement des 
  personnes au pair (notamment entre celles originaires de l&#146;Union européenne et 
  les autres). L&#146;Assemblée devrait donc recommander au Comité des Ministres de 
  publier des directives sous la forme d&#146;une recommandation aux Etats membres, 
  qui garantirait la reconnaissance et la protection du statut spécifique des 
  personnes au pair (qui ne sont ni des étudiants ni des travailleurs), et 
  veillerait à ce que leurs conditions de travail et leur couverture sociale 
  soient précisées, et à ce que le placement au pair soit correctement 
  réglementé à l&#146;échelon national. &nbsp;</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">D.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le marché des «Épouses achetées par correspondance»</span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">27.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les «épouses achetées par correspondance» se trouvent dans une situation 
  analogue à celle des travailleuses domestiques immigrées exploitées, car elles 
  sont choisies pour vivre et travailler chez des hommes cultivant les valeurs 
  «vieux jeu» de l&#146;Orient, fondées sur la soumission, et il leur faut souvent 
  vivre dans la servitude domestique, ou pire encore. Ces épouses et les 
  travailleuses domestiques à demeure ont en commun d&#146;être vulnérables à la 
  violence domestique, qui peut se traduire par les brutalités physiques, le 
  harcèlement sexuel, le viol et même la maternité forcée. Les travailleuses 
  domestiques et les «épouses par correspondance» sont exposées, en outre, à 
  l&#146;exploitation des agences de recrutement, qui peuvent exiger d&#146;elles des 
  droits exorbitants et même les lier définitivement par une dette afin 
  d&#146;accroître le plus possible leurs bénéfices.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">28.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Malheureusement, je n'ai connaissance d'aucune recherche récente effectuée en 
  Europe sur le thème des «épouses achetées par correspondance». Cependant, de 
  telles recherches existent aux Etats-Unis et au Canada. Dans ces deux pays, 
  les préoccupations concernant le problème des «épouses par correspondance» ont 
  mis en évidence l'absence de réglementation régissant la manière dont les 
  organisations (agences) matrimoniales internationales gèrent leurs activités 
  et la vulnérabilité de la femme étrangère «importée» par rapport à une 
  citoyenne américaine/canadienne ou une résidente permanente en situation 
  légale, qui peut faire d&#146;elle la victime de l'esclavage domestique, de 
  violences et d'autres abus<a href="#_ftn28" name="_ftnref28" title>[28]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">29.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Comme l'a expliqué au Congrès un rapport de l&#146;INS (Service de l'immigration et 
  de la naturalisation des Etats-Unis)<a href="#_ftn29" name="_ftnref29" title>[29]</a>, 
  les relations et les mariages résultant du recours à des organisations 
  matrimoniales internationales suscitent des avis contrastés. Pour les 
  partisans du système, l'entreprise de «vente d'épouses par correspondance» est 
  un service international de petites annonces utilisé par des adultes 
  consentants et n'est donc pas contraire à l'éthique ni illégale<a href="#_ftn30" name="_ftnref30" title>[30]</a>. 
  Au contraire, les opposants soulignent le caractère inéquitable de ces 
  transactions et considèrent la «vente d'épouses par correspondance» comme une 
  industrie internationale pratiquant souvent la traite des femmes des pays en 
  développement vers les pays occidentaux industrialisés. Contrairement aux 
  services de petites annonces qui proposent des rencontres, la «vente d'épouses 
  par correspondance» est une transaction dans laquelle le client &#150; mari détient 
  toutes les cartes. Lorsqu'il recourt à ces services, le client a accès à un 
  «réservoir» de femmes sur lesquelles on lui fournit des détails&nbsp; et des 
  informations personnelles, alors que celles-ci ne savent pratiquement rien de 
  lui &#150; ou seulement ce qu'il choisit de révéler de lui-même &#150;<a href="#_ftn31" name="_ftnref31" title>[31]</a>. 
  Le fait que les maris potentiels ne fassent l'objet d'aucun contrôle (pour 
  vérifier par exemple qu'ils n'ont pas de casier judiciaire, notamment pour des 
  violences domestiques) rend les «épouses par correspondance» particulièrement 
  vulnérables aux abus. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">30.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Toutefois, il faut aussi souligner que de nombreuses femmes étrangères qui 
  cherchent par ce biais des maris dans les pays occidentaux paraissent 
  davantage intéressées par un permis de séjour dans ces pays que par un beau 
  mariage<a href="#_ftn32" name="_ftnref32" title>[32]</a>. En fait, on peut le 
  comprendre dans une certaine mesure, car pour beaucoup d'entre elles devenir 
  une «épouse par correspondance» paraît la meilleure option pour échapper à une 
  terrible pauvreté, les seules autres options étant le travail domestique à 
  l'étranger ou la prostitution. Il y a très peu de statistiques sur les taux de 
  réussite des mariages par correspondance, mais des témoignages montrent que 
  quelques «épouses par correspondance» quittent leur mari lorsqu'elles ont 
  obtenu un permis de séjour. Selon d'autres témoignages, certains maris 
  obtiennent le divorce avant que leurs épouses par correspondance aient obtenu 
  un permis de séjour permanent, si bien qu'elles sont expulsées du pays alors 
  qu'eux sont libres de se trouver une autre «épouse par correspondance». </span>
  </p>
  <p align="justify"><span lang="FR">31.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Comme l&#146;a fait remarquer au cours du colloque M<sup>me</sup> Belleau, 
  professeur à l&#146;Université Laval (Québec, Canada), l&#146;importance de la pratique 
  des « promises » par correspondance est souvent sous-estimée. Plus de 800&nbsp;000 
  sites Internet y sont consacrés, dont deux sites «mères» aux Etats-Unis&nbsp;: 
  Goodwife.com (regroupant 353 sites), qui se décrit comme «&nbsp;The mail-Order 
  Bride Warehouse&nbsp;» et reçoit douze millions de visites par an, et Planetlove.com 
  (regroupant 318 sites), qui totalise dix millions de visites par an. Le 
  recours à des agences, en particulier celles qui travaillent sur Internet, 
  constitue la méthode classique en matière de mariage par correspondance. 
  Contrairement au placement au pair, il ne semble pas y avoir d&#146;autorégulation, 
  et encore moins de réglementation par les pouvoirs publics. De nombreuses 
  agences présentent sur Internet à leurs clients masculins des épouses 
  éventuelles comme des marchandises qui peuvent être achetées et vendues plutôt 
  que comme des êtres humains. Récemment, une «&nbsp;vente aux enchères&nbsp;» de trois 
  jeunes vietnamiennes organisée sur le site de l&#146;entreprise «&nbsp;Ebay&nbsp;»&nbsp; à 
  Taïwan (qui a immédiatement retiré la vente du site Internet après avoir 
  découvert la nature des «&nbsp;articles&nbsp;» mis en vente) montre jusqu&#146;où cette 
  attitude peut mener. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">32.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  M. Teissier du Cros, dirigeant du club privé de rencontres sur Internet 
  «&nbsp;French Romance » a indiqué au cours du colloque que son agence avait été à 
  l&#146;origine de 1&nbsp;300&nbsp;mariages au cours de ses cinq&nbsp;ans et demi d&#146;existence, et 
  qu&#146;il n&#146;avait eu connaissance d&#146;aucun divorce pendant cette période. On peut 
  se demander à juste titre pourquoi ces mariages sur catalogue auraient un taux 
  aussi élevé de réussite alors que selon les pays, entre un tiers et la moitié 
  des mariages normaux aboutissent à un divorce. Est-ce véritablement parce que 
  ces femmes ont trouvé l&#146;âme s&#156;ur en Europe occidentale ? Ou est-ce le niveau 
  de vie élevé qui les attire, ou la stabilité financière générale que les « 
  maris consommateurs&nbsp;» peuvent leur offrir<a href="#_ftn33" name="_ftnref33" title>[33]</a>? 
  Ou est-ce parce que, le plus souvent, ces femmes ne peuvent rompre le mariage 
  car leur permis de séjour en dépend ? Ainsi, même dans le cas de relations 
  ouvertement abusives (qu&#146;il s&#146;agisse d&#146;abus physiques, psychologiques ou 
  sexuels, ou de l&#146;obligation de travailler à la maison comme une esclave), les 
  épouses « achetées par correspondance » souvent ne souhaiteraient pas ou ne 
  pourraient pas demander le divorce.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">33.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Comparé aux deux autres types d&#146;esclavage domestique, celui-ci est plus 
  difficile à réglementer. Néanmoins, comme pour les deux autres types, il 
  serait important que les gouvernements vérifient que les «&nbsp;épouses achetées 
  par correspondance » ne sont pas forcées de subir des relations abusives 
  uniquement parce qu&#146;elles en dépendent pour leur visa. Ainsi, il faudrait leur 
  délivrer le plus rapidement possible un permis de séjour (qui ne dépende pas 
  de la stabilité de la relation). La situation en France, où il semble que des 
  femmes doivent attendre dix ans ou plus pour « gagner » un permis de séjour 
  indépendant, est tout à fait inacceptable. Comme les esclaves domestiques et 
  les personnes au pair exploitées, les « épouses achetées par correspondance » 
  victimes d&#146;abus doivent être encouragées à se manifester et à porter plainte 
  contre ceux qui abusent d&#146;elles, sans craindre d&#146;être renvoyées dans leur pays 
  par le prochain avion.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">34.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Une certaine réglementation des agences fournissant des «&nbsp;épouses par 
  correspondance », notamment sur Internet, s&#146;impose également. Il est difficile 
  de savoir si cette réglementation doit venir des pouvoirs publics, ou si ce 
  secteur devrait commencer à s&#146;autoréguler. M<sup>me</sup>&nbsp;Belleau a fait 
  remarquer au cours du colloque que lorsque des agences de ce type ont été 
  interdites aux Philippines, les sites de vente d&#146;épouses par correspondance se 
  sont simplement transformés en « clubs de correspondance ». Cependant, les 
  agences les plus sérieuses ont tout intérêt à accepter une certaine 
  réglementation. Par exemple les honoraires doivent être raisonnables, les 
  personnes responsables d&#146;un site clairement identifiables, les usagers du site 
  obligés de s&#146;identifier, les mariages doivent faire l&#146;objet d&#146;un suivi et un 
  numéro d&#146;appel d&#146;urgence doit être fourni au cas où la situation se 
  dégraderait. Lorsque les couples envisagent de se marier, les agences 
  devraient également contrôler la situation des futurs maris pour vérifier 
  qu&#146;ils n&#146;ont pas fait l&#146;objet d&#146;une condamnation pénale (par exemple pour 
  violence familiale ou proxénétisme). </span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">E.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Combattre la violence domestique&nbsp;sous toutes ses formes: conclusions et 
  recommandations</span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">35.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Pour contrer le problème de l&#146;esclavage domestique, l&#146;Assemblée a fait un 
  certain nombre de recommandations aux États membres du Conseil de l'Europe, <i>
  via</i> le Comité des Ministres, dans sa Recommandation 1523 (2001). En 
  particulier, elle a préconisé que l&#146;esclavage, le trafic d&#146;être humains et le 
  mariage forcé soient considérés comme des infractions dans les codes pénaux 
  des États membres, que les fonctionnaires de police soient formés à s&#146;occuper 
  convenablement des victimes d&#146;esclavage et que l&#146;on protège les droits des 
  victimes. Cependant, à ma connaissance, le Conseil de l'Europe n'a pas encore 
  traité le problème des «épouses par correspondance», même si notre commission 
  vient d'être invitée à faire un rapport sur les mariages forcés et les 
  mariages d'enfants.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">36.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Certains États membres ont déjà pris des mesures efficaces dans le sens 
  proposé par la Recommandation 1523 (2001) de l'Assemblée Certains États 
  membres ont déjà pris des mesures efficaces dans ce sens. Ainsi, la Belgique 
  peut se prévaloir d&#146;une législation répressive relativement nouvelle<a href="#_ftn34" name="_ftnref34" title>[34]</a>, 
  et mon pays &#150; l&#146;Italie &#150; ne se contente pas d&#146;appliquer directement les 
  Conventions anti-esclavage des Nations Unies de 1926 et 1956, puisqu&#146;il va 
  jusqu&#146;à assimiler le trafic d&#146;êtres humains à de l&#146;esclavage<a href="#_ftn35" name="_ftnref35" title>[35]</a>. 
  Il va de soi que l&#146;on devrait prendre plus de mesures de ce genre dans 
  l&#146;Europe entière. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">37.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Dans sa Recommandation 1523 (2001), l&#146;Assemblée a préconisé aussi quelques 
  mesures juridiques novatrices, comme par exemple l&#146;amendement de la Convention 
  de Vienne sur les relations diplomatiques, afin de pouvoir lever l&#146;immunité 
  diplomatique pour toutes les infractions commises dans le cadre de la vie 
  privée, ainsi que la rédaction d&#146;une charte des droits des travailleurs 
  domestiques. Dans sa réponse du 27 février 2003, le Comité des Ministres a 
  déclaré que l&#146;amendement de la Convention de Vienne ne serait pas une solution 
  réaliste pour traiter le problème de l&#146;esclavage domestique et que ce ne 
  serait pas indiqué sur le plan politique. Certes, la modification de la 
  Convention de Vienne ne résoudra pas le problème de l&#146;esclavage domestique, 
  mais elle pourrait du moins permettre d&#146;éviter que la Convention ne protége 
  les esclavagistes/exploiteurs. Toutefois, cette Convention n&#146;étant pas une 
  Convention du Conseil de l&#146;Europe, elle serait difficile à modifier. Par 
  conséquent, les Etats accréditants devraient être encouragés à exercer leurs 
  compétences pour poursuivre les auteurs d&#146;infractions liées à l'esclavage 
  domestique.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">38.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  D&#146;autre part, le Comité des Ministres n&#146;a pas envisagé de faire de la 
  rédaction d&#146;une charte des droits des travailleurs domestiques un objectif 
  prioritaire du Conseil de l'Europe. Or, sur ce point, je me permets de n&#146;être 
  pas d&#146;accord avec lui&nbsp;: en raison de la vulnérabilité qui caractérise les 
  travailleurs domestiques (voir ci-dessus) et de l&#146;ampleur du problème en 
  Europe, j&#146;estime que le Conseil de l'Europe devrait donner la priorité absolue 
  à la rédaction d&#146;un tel instrument. Notre continent a besoin, en effet, d&#146;un 
  instrument international qui traite spécifiquement des travailleurs 
  domestiques et expose en détail leurs droits et besoins particuliers, 
  notamment ceux des travailleurs domestiques migrants.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">39.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  En ce qui concerne les personnes au pair, qui risquent également d&#146;être 
  exploitées, je ne pense pas qu&#146;il serait utile de renégocier un nouveau traité 
  sur le placement au pair pour remplacer celui de 1971 qui est dépassé. 
  Cependant, il est néanmoins essentiel de suivre les conseils du Conseil de 
  l'Europe dans ce domaine, pour éviter une dichotomie dans le traitement des 
  personnes au pair (notamment entre celles originaires de l&#146;Union européenne et 
  les autres). L&#146;Assemblée devrait donc recommander au Comité des Ministres de 
  publier des directives sous la forme d&#146;une recommandation aux Etats membres, 
  qui garantirait la reconnaissance et la protection du statut spécifique des 
  personnes au pair (qui ne sont ni des étudiants ni des travailleurs), et 
  veillerait à ce que leurs conditions de travail et leur couverture sociale 
  soient précisées, et à ce que le placement au pair soit correctement 
  réglementé à l&#146;échelon national. &nbsp;</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">40.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  En ce qui concerne la «vente d'épouses par correspondance», je pense qu'une 
  certaine réglementation de cette industrie s'impose. Au minimum il faudrait 
  obliger les agences à vérifier le casier judiciaire de leurs clients, pour 
  éviter de «fournir» une épouse par correspondance à un homme reconnu coupable 
  de violences conjugales, à un proxénète, etc. L'attitude américaine et 
  canadienne qui considère la «vente d'épouses par correspondance» comme un mode 
  de traite des femmes mériterait également d'être prise en compte, notamment 
  lorsque «l'épouse» en question se retrouve victime de violences ou d'autres 
  abus.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">41.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Comme nous l&#146;avons souvent indiqué dans cette commission, les politiques en 
  matière d&#146;immigration et d&#146;expulsion auraient probablement besoin d&#146;être 
  adaptées dans de nombreux Etats membres. Les autorités du pays hôte auraient 
  intérêt à aider les victimes &#150; esclaves domestiques, personnes au pair 
  exploitées ou épouses par correspondance victimes d&#146;abus &#150; et à poursuivre les 
  auteurs d&#146;abus, plutôt que de se préoccuper du statut d&#146;immigration des 
  victimes.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">42.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Ainsi que l&#146;a fait remarquer M<sup>me</sup> de Boer-Buquicchio, Secrétaire 
  Générale adjointe du Conseil de l'Europe, nous devrions avoir une tolérance 
  zéro vis-à-vis de l&#146;esclavage. Il ne faut plus accepter l&#146;existence de 
  supermarchés qui vendent des êtres humains comme des objets, et dans lesquels 
  on peut choisir parmi une sélection de « femmes de ménage », « objets sexuels 
  », «&nbsp;enfants et personnes handicapées prêts à tout accepter », « organes 
  divers, etc. Celle et ceux qui font l&#146;objet de ces transactions, des personnes 
  vulnérables qui s&#146;efforcent de survivre ou d&#146;améliorer leur situation, 
  éloignés de leur pays et de leur famille, trompés par des intermédiaires, pris 
  au piège par ceux qui les exploitent, doivent finalement être reconnus comme 
  des victimes, et recevoir l&#146;aide et le soutien de nos membres, que leurs 
  papiers soient ou non valables, qu&#146;ils aient ou non été victimes de la traite 
  ou soient venus de leur plein gré. Et les auteurs du crime d&#146;esclavage 
  domestique doivent être condamnés par la justice afin que l&#146;esclavage 
  disparaisse de l&#146;Europe du XXI<sup>e</sup> siècle.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">ANNEXE&nbsp;I</span></b></p>
  <p align="justify"><b><a href="../../AdoptedText/TA01/FREC1523.htm">
  Recommandation 1523 (2001) sur l&#146;esclavage domestique</a></b></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">ANNEXE&nbsp;II</span></b></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">Avant-projet de programme</span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">du colloque qui s&#146;est tenu à Paris les 11 
  et 12 mars 2004</span></p>
  <p align="justify"><b><i><u><span lang="FR">Jeudi, 11 mars 2004</span></u></i></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">[matin:&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  réunion de la Commission sur l&#146;égalité des chances pour les femmes et les 
  homes]</span></p>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">Session d&#146;ouverture</span></i></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">15h00&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Ouverture du colloque par Mme Minodora Cliveti, Présidente de la Commission 
  sur l&#146;égalité des chances pour les femmes et les hommes de l&#146;Assemblée 
  parlementaire du Conseil de l&#146;Europe et par le sénateur Guiseppe Gaburro, 
  rapporteur de la Commission</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">15h15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Discours d&#146;introduction par Mme Maud de Boer-Buquicchio, Secrétaire Générale 
  adjointe du Conseil de l&#146;Europe</span></p>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">Les abus envers les personnes au pair
  </span></i></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">15h25&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Discours de Mme Birte Domenge, Présidente de l&#146;Association internationale «&nbsp;Au 
  Pair&nbsp;» (IAPA)</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">15h45&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Discours de Mme Marie-Cécile Vadeau-Ducher, Présidente du Comité européen pour 
  la Cohésion Sociale (Conseil de l&#146;Europe)</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">16h05&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Discours de Mme Nicole Gauthier, Présidente de l&#146;Union Française des 
  Associations Au Pair (UFAAP) </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">16h25&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;
  <i>Pause café</i> </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">16h45&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Questions et débat</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">18h00&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Fin de la session</span></p>
  <p align="justify"><b><u><span lang="FR">Vendredi 12 mars 2004 à 9h00</span></u></b></p>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">Esclavage domestique: servitude 
  (domestiques et nourrices)</span></i></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">9h00&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Discours de Dr Bridget Anderson, experte, Université d&#146;Oxford (Royaume-Uni)
  </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">9h15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Discours de Mme Alba Dini Martino, experte, Université Grégorienne Pontificale 
  (Italie)</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">9h30&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Discours de Mme Sylvie O&#146;Dy, Présidente de l&#146;ONG CCEM (Comité contre 
  l&#146;esclavage moderne) (France) </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">9h45&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Discours du Professeur Louise Langevin, Faculté de Droit, Université de Laval,
  </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Québec, Canada</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">10h00&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;
  <i>Pause café</i></span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">10h20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Questions et débat</span></p>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">Epouses achetées par correspondance</span></i></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">11h10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Discours du Professeur Marie-Claire Belleau, Faculté&nbsp; de Droit, 
  Université de Laval, Québec, Canada</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">11h30&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Discours de M. Patrick Teissier du Cros, Dirigeant du club privé de rencontres 
  sur Internet «&nbsp;French Romance&nbsp;» </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">11h50&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Questions et débat</span></p>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">Session de clôture</span></i></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">12h45&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Remarques de clôture par le Sénateur Giuseppe Gaburro, Rapporteur de la 
  Commission sur l&#146;Egalité des chances pour les femmes et les hommes de l&#146;Assemblée 
  parlementaire du Conseil de l&#146;Europe</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">13h00&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Fin du Colloque</span></p>
  <hr color="#000000" size="1" width="50%">
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Commission saisie du rapport</span></i><span lang="FR">: 
  Commission sur l'égalité des chances pour les femmes et les hommes </span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Renvoi en commission</span></i><span lang="FR">&nbsp;:</span><font face="Verdana"><a href="../../AdoptedText/TA01/FDIR575.htm"> 
  Directive N° 575 (2001)</a></font><span lang="FR"> du 26 juin 2001.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Projet de recommandation</span></i><span lang="FR"> 
  adopté à l'unanimité par la commission le 5 avril 2004.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Membres de la commission:Mme Cliveti 
  (Présidente), <i>Mme Zapfl-Helbling (1<sup>ère</sup> Vice-Présidente</i>), M. 
  Dalgaard (2<sup>ème</sup> Vice-Président), <i>Mme Curdova (3<sup>ème</sup> 
  Vice-Présidente), Mme Aguiar, M. Baburin, Mme Bauer,</i> Mme Biga-Friganovic,
  <i>Mme Bilgehan, Mme Bousakla</i>, Mme Castro, Mme Doktorowicz, <i>Mme Err</i>,
  <i>M. Foulkes</i>, <i>M. Gaburro</i>, M. Goldberg, Mme Hadjiyeva, <i>Mme Hägg</i>, 
  Mme Katseli, Mme Konglevoll, Mme Kosa-Kovacs, Mme Kryemadhi, Mme Labucka, Mme 
  Lintonen, Mme Lucic, M. Mahmood, Mme Mikutiene, M. Mooney, Mme Morganti, M. 
  Neimarlija, Mme Paoletti Tangheroni (<i>suppléant&nbsp;: M. Scherini</i>), Mme 
  Patarkalishvili, Mme Patereu, M. Pavlov, Mme Pericleous-Papadopoulos, Mme 
  Petrova-Mitevska, M. Pintat (<i>suppléant&nbsp;: M. Branger</i>), M. Platvoet, M. 
  Pullicino Orlando, Mme Roth, Mme Rupprecht, Mme Schicker, M. Skarphédinsson.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">N.B. Les noms des membres qui ont pris 
  part à la réunion sont imprimés en italique.</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Secrétaires de la commission: Mme 
  Kleinsorge, Mme Entzminger</span></p>
  <hr color="#000000" size="1">
  <p align="justify"><a href="#_ftnref1" name="_ftn1" title><span lang="EN-GB">
  [1]</span></a><span lang="FR"> Annexe I à la présente note introductive.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref2" name="_ftn2" title><span lang="EN-GB">
  [2]</span></a><span lang="EN-GB"> AS/Ega (2003) 36.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref3" name="_ftn3" title><span lang="EN-GB">
  [3]</span></a><span lang="EN-GB"> AS/Ega (2004) 05.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref4" name="_ftn4" title><span lang="EN-GB">
  [4]</span></a><span lang="EN-GB"> AS/Ega (2004) PV 4 Annexe I.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref5" name="_ftn5" title><span lang="EN-GB">
  [5]</span></a><span lang="FR"> Sites Internet des ONG <i>Anti-slavery</i> 
  (Royaume-Uni), <i>Free the slaves</i> (États-Unis) et <i>Satya</i> (Etats-Unis).</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref6" name="_ftn6" title><span lang="EN-GB">
  [6]</span></a><span lang="EN-GB"> Site Internet de l&#146;ONG <i>Free the slaves</i>.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref7" name="_ftn7" title><span lang="EN-GB">
  [7]</span></a><span lang="FR"> Site&nbsp; Internet de l&#146;ONG <i>Anti-slavery</i>.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref8" name="_ftn8" title><span lang="EN-GB">
  [8]</span></a><span lang="FR"> Ibid.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref9" name="_ftn9" title><span lang="EN-GB">
  [9]</span></a><span lang="FR"> Ibid.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref10" name="_ftn10" title>
  <span lang="EN-GB">[10]</span></a><span lang="FR"> OIT, Halte au travail forcé 
  (deuxième rapport mondial), juin 2001, par. 83 à 85.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref11" name="_ftn11" title>
  <span lang="EN-GB">[11]</span></a><span lang="EN-GB"> Lin Chew, Discussion 
  Paper for the Programme Consultation Meeting on the Protection of Domestic 
  Workers Against the Threat of Forced Labour and Trafficking, prepared for 
  Anti-Slavery International in co-operation with the ILO&#146;s Special Action 
  Programme to Combat Forced Labour, January 2003, p. 3.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref12" name="_ftn12" title>
  <span lang="EN-GB">[12]</span></a><span lang="EN-GB"> Ibid, p. 3.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref13" name="_ftn13" title>
  <span lang="EN-GB">[13]</span></a><span lang="EN-GB"> Barbara Ehrenreich and 
  Arlie Russell Hochschild (éd.), Global Woman : Nannies, Maids and Sex Workers 
  in the New Economy, juillet 2003. </span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref14" name="_ftn14" title>
  <span lang="EN-GB">[14]</span></a><span lang="EN-GB"> Polly Toynbee, Mothers 
  for sale, The Guardian, 19 juillet 2003.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref15" name="_ftn15" title>
  <span lang="EN-GB">[15]</span></a><span lang="FR"> Georgina Vaz Cabral, Les 
  formes contemporaines d&#146;esclavage dans six pays de l&#146;Union européenne, 
  disponible sur le site Internet de l&#146;organisation.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref16" name="_ftn16" title>
  <span lang="EN-GB">[16]</span></a><span lang="FR"> Ibid, p. 35.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref17" name="_ftn17" title><span lang="FR">
  [17]</span></a><span lang="EN-GB"> Barbara Ehrenreich and Arlie Russel 
  Hochschild (ed.), Global Woman, p. 104-114.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR"><a href="#_ftnref18" name="_ftn18" title>
  [18]</a> </span><span lang="EN-GB">Ibid, p. 107-108.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref19" name="_ftn19" title><span lang="FR">
  [19]</span></a><span lang="EN-GB"> Joy M. Zarembka: America's Dirty Work: 
  Migrant Maids and Modern-Day Slavery, in: Barbara Ehrenreich and Arlie Russel 
  Hochschild (ed.), Global Woman, p. 142-153.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref20" name="_ftn20" title>
  <span lang="EN-GB">[20]</span></a><span lang="FR"> D'ailleurs, le fait qu'un 
  diplomate bénéficie de l'immunité vis à vis des juridictions du pays hôte 
  n'empêche pas qu'il puisse être poursuivi par les tribunaux de son pays. Par 
  conséquent, il faut encourager les Etats à exercer leurs compétences pour 
  poursuivre les infractions liées à l'esclavage domestique.</span></p>
  <p><span lang="EN-GB"><a href="#_ftnref21" name="_ftn21" title>[21]</a> </span>
  <span lang="FR">Document </span>
  </font>
  <a href="../doc01/FDOC9102.htm">9102</a><font SIZE="2"><span lang="FR"> de 
  l'Assemblée.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref22" name="_ftn22" title>
  <span lang="EN-GB">[22]</span></a><span lang="FR"> L'Assemblée a déjà proposé 
  dans sa Recommandation 1523 (2001) l'élaboration d'une telle charte.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref23" name="_ftn23" title>
  <span lang="EN-GB">[23]</span></a><span lang="FR"> L'ONG « RESPECT » (qui fait 
  partie du réseau « Solidar ») a proposé une charte des droits des travailleurs 
  domestiques immigrés, qui m'a servi à établir cette liste. Voir : www.solidar.org.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="EN-GB">
  <a href="#_ftnref24" name="_ftn24" title>[24]</a> </span><span lang="FR">La 
  législation italienne est plus souple et généreuse que celle de la Belgique 
  dans ce domaine, en octroyant même des permis de travail aux victimes.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref25" name="_ftn25" title><span lang="FR">
  [25]</span></a><span lang="FR"> Définition figurant dans l'Accord européen sur 
  le placement au pair, 1969, article 2 (Traité du Conseil de l'Europe).</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref26" name="_ftn26" title>
  <span lang="EN-GB">[26]</span></a><span lang="FR">[] Sept autres pays ont 
  signé le traité sans le ratifier: la Belgique, la Bulgarie, la Finlande, 
  l'Allemagne, la Grèce, la Moldova et la Suisse.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref27" name="_ftn27" title>
  <span lang="EN-GB">[27]</span></a><span lang="FR"> M<sup>me</sup> Anderson a 
  fait remarquer au cours du colloque que cela ne s&#146;applique pas à la situation 
  au<br>
  Royaume-Uni, où le statut de la personne qui s&#146;occupe d&#146;enfants dépend du 
  niveau de son salaire.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR"><a href="#_ftnref28" name="_ftn28" title>
  [28]</a> Louise Langevin et Marie-Claire Belleau: Le trafic des femmes au 
  Canada. Une analyse critique du cadre juridique de l'embauche d'aides 
  familiales immigrantes résidantes et de la pratique des promises par 
  correspondance, octobre 2000.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref29" name="_ftn29" title><span lang="FR">
  [29]</span></a><span lang="EN-GB"> US Department of Justice, Immigration and 
  Naturalization Service (INS): International Matchmaking Organizations, 4 mars 
  1999. </span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref30" name="_ftn30" title><span lang="FR">
  [30]</span></a><span lang="FR"> Le rapport de l'INS cite les conclusions d'un 
  médiateur suédois spécial contre la discrimination ethnique en 1989: «<i>Même 
  si une femme qui vient en Suède est traitée comme une esclave et même si 
  l'homme l'exploite, abuse d'elle et viole ses droits, il n'est pas facile d&#146;en 
  faire porter la responsabilité à l'agent matrimonial&#133; Certaines personnes 
  préfèrent simplement rencontrer leurs partenaires par l'intermédiaire d'une 
  agence. Le fait que les agences gagnent de l'argent ne suffit pas à les 
  condamner. Ni le fait que certains peuvent choisir leurs partenaires en</i></span><i><span lang="FR">fonction 
  de lanationalité. Il serait trop difficile de décider où se situe la ligne à 
  ne pas franchir dans une société libre</span></i><span lang="FR">». </span>
  <span lang="EN-GB">Ibid, p. 2 (traduction libre.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref31" name="_ftn31" title><span lang="FR">
  [31]</span></a><span lang="EN-GB"> Ibid, p. 3.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref32" name="_ftn32" title><span lang="FR">
  [32]</span></a><span lang="EN-GB"> Robert J. Scholes: The «Mail-Order Bride» 
  Industry and its impact on US Immigration, 1998, p. 5.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref33" name="_ftn33" title>
  <span lang="EN-GB">[33]</span></a><span lang="FR"> Au cours du colloque, M. 
  Teissier du Cros a beaucoup insisté sur le fait que la plupart de ces maris 
  étaient plus âgés que leurs épouses et pouvaient donc leur offrir une relation 
  plus stable (et qu&#146;ils ne buvaient pas&#133;).</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref34" name="_ftn34" title>
  <span lang="EN-GB">[34]</span></a><span lang="FR"> Loi du 13 avril 1995 sur la 
  répression du trafic d&#146;être humains et de la pornographie enfantine.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref35" name="_ftn35" title>
  <span lang="EN-GB">[35]</span></a><span lang="FR"> Article 600 du Code pénal 
  (réduction en esclavage), &#147;loi Merlin&#148; sur l&#146;exploitation de la prostitution 
  des tiers, et Articles 609 et 630 du Code pénal (sur le confinement d&#146;une 
  personne).</span></p>
  </font>
  <font FACE="Verdana" SIZE="2">
  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</p>
  </font>
</blockquote>
  </body>
</html>