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<title> Les tendances en matière de population en Europe et leur sensibilité aux 
mesures des pouvoirs publics </title>
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  <font SIZE="2" face="Verdana">
  
  <font SIZE="2" face="Verdana">
  
  <b>
  <p align="justify"><span lang="FR">Les tendances en matière de population en 
  Europe et leur sensibilité aux mesures des pouvoirs publics</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Doc. 10182<br>
  </span></b><span lang="FR">14 mai 2004</span></p>
  
  <b>
  <p align="justify"><span lang="FR">Rapport<br>
  </span></b><span lang="FR">Commission des migrations, des réfugiés et de la 
  population<br>
  Rapporteur: M. Brunhart, Liechtenstein, Groupe du Parti populaire européen</span></p>
  </font>
  <font SIZE="2">
<hr size="1">
  
  <font SIZE="2" face="Verdana">
  
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Résumé </span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Le déclin démographique de l'Europe dans un 
  avenir proche est annoncé. Ce déclin qui touche déjà la plupart des pays 
  d'Europe orientale s'étendra bientôt à l'Europe occidentale. En outre, le 
  vieillisement de la population se poursuivra dans toute l&#146;Europe. Ce phénomène 
  consiste à la fois en un «&nbsp;grisonnement&nbsp;»&nbsp;de la population (augmentation des 
  groupes d'âges au sommet de la pyramide) dû à un recul de la mortallité des 
  personnes âgées et en une «&nbsp;déjuvénation&nbsp;» due à une fécondité inférieure au 
  niveau nécessaire pour assurer à long terme le renouvellement des générations. 
  Les décennies à venir seront, de plus, caractérisées par une forte vague de 
  vieillissement tenant au fait que les générations du «baby-boom» d'après 
  guerre parviendront au stade de la vieillesse et qu'elles seront suivies par 
  les générations creuses du «baby bust» qui lui a succédé. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Le déclin numérique comme le vieillissement 
  de la population nécessitent de la part des pouvoirs publics des mesures 
  d'adaptation dans de nombreux domaines de la vie sociale et économique. On 
  estime qu'un déclin et un vieillissement prolongés entrainent de nombreuses 
  conséquences négatives sur les plans social, culturel, économique et politique 
  et exigeront également, à un moment ou un autre, des politiques d'ordre 
  démographique destinées à infléchir les tendances démographiques actuelles.
  </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Les problèmes démographiques dans ce 
  domaine peuvent en principe être traités par le biais de trois mécanismes 
  démographiques différents: la fécondité, la mortalité et les migrations, mais 
  ils ne peuvent être résolus par des mesures simples ou de type unique non plus 
  que par des politiques à court terme. Les politiques à orientation 
  démographique doivent prendre en compte la complexité des interactions et de 
  l'interdépendance démographie/société et avoir une vision à long terme.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Si la modernisation en cours depuis 
  quelques décennies a eu des résultats bénéfiques dans nombre de domaines de la 
  vie sociale, elle n'a pas permis de faire face adéquatement à certaines 
  interactions socio-démographiques qui, dans le contexte culturel, économique 
  et politique actuel, conduisent à un déclin démographique imminent et à la 
  poursuite de la «déjuvénation» de la population. La panoplie actuelle des 
  politiques à orientation démographique et familiale s'est dans la plus part 
  des pays révélée insuffisante et/ou inadéquate pour traiter ces problèmes.&nbsp;&nbsp;&nbsp;
  </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Le présent rapport a donc pour objet de 
  présenter un ensemble complet de recommandations pour l'action des pouvoirs 
  publics destinées à permettre à ces derniers de réagir efficacement face au 
  déclin et au vieillissement démographiques.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">I.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Projet de recommandation <i>[<a href="../../AdoptedText/TA04/FREC1683.htm">Lien 
  vers le texte adopté</a>]</i></span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  En matière de population l'Europe a atteint un seuil critique. Après un siècle 
  d'accroissement démographique naturel, la perspective pour le siècle à venir 
  est au contraire un déclin naturel et un vieillissement excessif de la 
  population. Une grande partie des pays d'Europe orientale font déjà 
  l'expérience du déclin démographique et de nombreux pays occidentaux vont, 
  selon toute probabilité, connaître le même sort dans un avenir proche. Les 
  pressions migratoires exercées par les pays en développement qui nous 
  entourent persisteront encore longtemps. En dépit de différences d'intensité 
  et de rythme qui persisteront entre les différents pays, toutes les sociétés 
  européennes ont ou auront pour l'essentiel à faire face aux mêmes tendances en 
  matière de déclin et de vieillissement démographiques. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  En matière de parentalité, il se peut que les individus se satisfassent de ne 
  pas avoir d'enfants ou de n'en avoir qu'un ou deux. La société, par contre, a 
  besoin d'assurer la solidarité et la continuité entre les générations, ce qui 
  nécessite une importante proportion de familles plus nombreuses. Pour ce qui 
  est de la longévité, chacun aspire à vivre longtemps et en bonne santé, mais 
  la société doit fournir un environnement favorable aux personnes âgées tout en 
  continuant à assurer une équité intergénérationnelle dans tous les domaines de 
  la vie sociale. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les changements récents, actuels et prévisibles en matière de comportement 
  relationnel et de comportement procréateur sont probablement liés à 
  l'interaction complexe des transformations accélérées observées sur les plans 
  économique, culturel, idéologique, social et technologique dans les sociétés 
  avancées et aucune mesure simple ou unique et à court terme des pouvoirs 
  publics ne pourra apporter la solution. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Il convient de noter comme un cas particulier le récent et brutal déclin de la 
  fécondité en Europe orientale, où les changements économiques et politiques 
  qui ont suivi l'effondrement des régimes communistes ont entraîné 
  l'affaiblissement de la situation sociale des femmes et le recul, voire la 
  disparition, des systèmes de protection sociale.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">5.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les récents progrès sociaux, culturels, économiques et technologiques ont eu 
  des effets bénéfiques dans de nombreux domaines: la qualité de vie s'est 
  améliorée pour la plus grande partie de la population, l'émancipation et le 
  développement individuels ont progressé, la situation des femmes, notamment, a 
  connu une évolution positive, les activités de loisir se sont développées et 
  diversifiées, la situation sanitaire est meilleure et la longévité augmente. 
  Par ailleurs, la modernisation et les changements récemment intervenus dans la 
  sphère socio-économique n'ont pas permis, dans la plupart des pays, 
  d'instaurer une relation harmonieuse entre vie professionnelle et vie 
  familiale, n'ont pas encore réalisé une véritable égalité des chances entre 
  les femmes et les hommes, ne sont pas parvenus à maintenir ou à créer un 
  environnement effectivement favorable aux enfants et n'ont pas offert la 
  sécurité à long terme dans le monde du travail ni offert aux citoyens âgés 
  mais valides un accès adéquat à l'emploi. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">6.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Il convient de relever les défis démographiques en matière de déclin et de 
  viellissement excessif de la population sans remettre en cause les acquis et 
  les objectifs humains et sociaux fondamentaux des démocraties européennes, y 
  compris la poursuite de l'amélioration de la qualité de la vie, de la 
  progression des taux de participation à l'enseignement supérieur, de la 
  participation des femmes, des jeunes adultes et des jeunes seniors au monde du 
  travail, l'offre d'opportunités d'emploi à long terme, la poursuite de la 
  progression de la longévité, assortie d'un système de protection sociale 
  généreux et équitable. &nbsp;</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">7.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  D'une manière générale les problèmes démographiques ne connnaissent pas de 
  solutions toutes faites et ne peuvent être résolus par des politiques à court 
  terme ou des mesures simples ou de type unique. L'actuelle panoplie de 
  politiques à orientation démographique et familiaile s'est dans la plupart des 
  pays révélée insuffisante et/ou inadéquate pour traiter correctement les défis 
  de la démographie européenne. Les politiques dans ce domaine doivent prendre 
  en compte toute la complexité des interactions et de l'interdépendance entre 
  démographie et société. La complexité des processus démographiques et leur 
  interaction avec virtuellement touts les domaines sociaux nécessitent dans la 
  plupart des domaines à la fois des politiques d'adaptation et des politiques 
  visant le changement.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">8.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  En l'absence d'une modification profonde des valeurs culturelles, des 
  conditions de vie et du contexte politique actuels, il est peu probable que 
  les décennies à venir voient un redressement notable et durable des taux de 
  fécondité actuels. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">9.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L'Assemblée parlementaire recommande donc au Comité des Ministres: </span></p>
  <blockquote>
    <p align="justify"><span lang="FR">i.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    d'encourager l'émergence de politiques européennes communes dans le domaine 
    de l'évolution démographique et des questions liées à la démographie;</span></p>
    <p align="justify"><span lang="FR">ii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    de promouvoir des politiques tendant à une plus grande harmonisation de la 
    vie professionnelle et de la vie familiale, particulièrement en faveur des 
    femmes, y compris la création des structures nécessaires pour l'accueil des 
    enfants;</span></p>
    <p align="justify"><span lang="FR">iii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    de prendre en considération les répercussions démographiques des mesures et 
    des recommandations envisagées dans tous les domaines de la vie sociale;</span></p>
    <p align="justify"><span lang="FR">iv.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    d'encourager une coopération plus étroite entre les structures 
    internationales de recherche dispersées en Europe pour l'analyse et le suivi 
    de l'évolution démographique et des politiques à orientation démographique;
    </span></p>
    <p align="justify"><span lang="FR">v.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    de renforcer le Comité européen sur la population (CAHP) du Conseil de 
    l'Europe, en prévision d'une réorganisation et d'un élargissement majeurs de 
    la recherche démographique comparative internationale en Europe;</span></p>
    <p align="justify"><span lang="FR">vi.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    de mentionner dans le mandat du Comité européen sur la population (CAHP) le 
    fait qu&#146;il peut être appelé par l&#146;Assemblée parlementaire ou par l&#146;une de 
    ses commissions à produire un bref document d&#146;orientation pouvant servir de 
    base à la rédaction d&#146;un rapport de l&#146;Assemblée ou à titre de contribution à 
    un débat ou une audition de l&#146;Assemblée;</span></p>
    <p align="justify"><span lang="FR">vii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    d'inviter les Etats membres à:</span></p>
    <blockquote>
      <p align="justify"><i><span lang="FR">a</span></i><span lang="FR">.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
      réagir aux grands défis démographiques que connaît l'Europe;</span></p>
      <p align="justify"><i><span lang="FR">b</span></i><span lang="FR">.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
      rechercher un consensus général de la société sur les objectifs 
      démographiques et les politiques à orientation démographique;</span></p>
      <p align="justify"><i><span lang="FR">c</span></i><span lang="FR">.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
      traiter les problèmes du déclin et du vieillissement excessif de la 
      population sans remettre en cause les acquis et les objectifs humains et 
      sociaux fondamentaux en Europe;</span></p>
      <p align="justify"><i><span lang="FR">d</span></i><span lang="FR">.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
      développer des politiques à orientation démographique visant le long terme 
      et prenant dûment en compte les dimensions générationnelle et 
      intergénérationnelle des processus démographiques; </span></p>
      <p align="justify"><i><span lang="FR">e</span></i><span lang="FR">.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
      s'attaquer aux causes profondes des tendances démographiques considérées 
      comme posant problème pour la cohésion sociale et pour la cohésion et la 
      continuité entre les générations;</span></p>
      <p align="justify"><i><span lang="FR">f</span></i><span lang="FR">.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
      dans l'hypothèse où il serait jugé souhaitable de rapprocher du niveau de 
      remplacement le taux de fécondité actuellement inférieur à ce seuil:</span></p>
      <blockquote>
        <p align="justify"><span lang="FR">A.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
        poursuivre vigoureusement les politiques d'égalité des sexes et 
        d'émancipation, non seulement pour permettre de combiner plus facilement 
        la maternité et les autres activités, particulièrement d'ordre 
        professionnel, mais aussi pour faire participer les pères au soin et à 
        l'éducation des enfants ainsi qu'aux tâches ménagères, de manière à ce 
        qu'ils partagent pleinement les responsabilités familiales avec leur 
        partenaire;</span></p>
        <p align="justify"><span lang="FR">B.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
        s'attacher plus vigoureusement à supprimer les inégalités financières 
        actuellement liées à la parentalité;</span></p>
        <p align="justify"><span lang="FR">C.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
        créer un environnement plus favorable aux enfants, plus particulièrement 
        en milieu urbain, et à mettre en place des structures plus nombreuses 
        pour l'accueil des enfants dans tous les domaines de la vie sociale &#150; 
        travail, loisirs, vie associative &#150; afin que les enfants soient à 
        nouveau perçus comme une composante bienvenue de la société; </span></p>
        <p align="justify"><span lang="FR">D.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
        promouvoir les valeurs axées sur l'enfant et sur la famille, entre 
        autres en introduisant dans le système scolaire&nbsp;la thématique de la 
        famille et de la démographie;</span></p>
        <p align="justify"><span lang="FR">E.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
        repenser l'organisation temporelle, sur le cours d'une vie, du travail, 
        de la parentalité et de la retraite. </span></p>
      </blockquote>
      <p align="justify"><i><span lang="FR">g</span></i><span lang="FR">.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
      dans le domaine du vieillissement de la population:</span></p>
      <blockquote>
        <p align="justify"><span lang="FR">A.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
        adapter le système de protection sociale &#150; régime de pensions, soins de 
        santé et autres prestations financées par des fonds publics &#150; au nouveau 
        régime démographique de façon à en assurer la durabilité à long terme;</span></p>
        <p align="justify"><span lang="FR">B.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
        maintenir les jeunes seniors en activité, en particulier en diversifiant 
        les systèmes de préretraite et l'âge du départ, afin que les 
        travailleurs âgées continuent à faire partie de la population active, 
        mais selon des modalités variables et souples;</span></p>
        <p align="justify"><span lang="FR">C.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
        renforcer la solidarité entre les générations en vue de maintenir ou de 
        rétablir l'équité intergénérationnelle en termes d'opportunités et de 
        choix de vie;</span></p>
      </blockquote>
      <p align="justify"><i><span lang="FR">h.</span></i><span lang="FR">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
      dans le domaine de l'immigration:</span></p>
      <blockquote>
        <p align="justify"><span lang="FR">A.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
        élaborer des politiques globales d&#146;intégration adaptées aux besoins 
        particuliers du pays hôte en matière de main d&#146;&#156;uvre et à sa capacité 
        d&#146;accueil, dont des mesures destinées à offrir aux immigrants toutes les 
        possibilités de participer et de contribuer à la vie de la société 
        d&#146;accueil.</span></p>
      </blockquote>
    </blockquote>
  </blockquote>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">II.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Exposé des motifs par M. Brunhart</span></b></p>
  <p align="justify"><b><u><span lang="FR">Table des matières</span></u></b></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR"><a name="1" href="#1t">1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Introduction</a></span></b></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR"><a name="2" href="#2t">2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Tendances observées et prévues en matière de population en Europe</a></span></b></p>
  <blockquote>
    <p align="justify"><i><span lang="FR"><a name="21" href="#21t">2.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    Effectifs de la population</a></span></i></p>
    <p align="justify"><i><span lang="FR"><a name="22" href="#22t">2.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    Structure de la population par âges</a></span></i></p>
    <blockquote>
      <p align="justify"><span lang="FR">2.2.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
      Tendances</span></p>
      <blockquote>
        <p align="justify"><span lang="FR">2.2.1.1. Personnes très âgées (80+)</span></p>
        <p align="justify"><span lang="FR">2.2.1.2. Population d'âge actif (15 
        &#150;64)</span></p>
        <p align="justify"><span lang="FR">2.2.1.3. Age de la retraite</span></p>
      </blockquote>
      <p align="justify"><span lang="FR">2.2.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
      Perspectives en matière de vieillissement de la population</span></p>
      <blockquote>
        <p align="justify"><span lang="FR">2.2.2.1. Perspectives pour les 
        personnes très âgées</span></p>
        <p align="justify"><span lang="FR">2.2.2.2. Perspectives pour la 
        population d'âge actif</span></p>
      </blockquote>
    </blockquote>
  </blockquote>
  <p align="justify"><b><span lang="FR"><a name="3" href="#3t">3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Facteurs généraux à l'origine des changements observés et projetés dans 
  l'effectif de la population et sa structure par âges</a></span></b></p>
  <blockquote>
    <p align="justify"><i><span lang="FR"><a name="31" href="#31t">3.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    Déterminants démographiques</a></span></i></p>
    <blockquote>
      <p align="justify"><span lang="FR">3.1.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Unions</span></p>
      <p align="justify"><span lang="FR">3.1.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Fécondité</span></p>
      <p align="justify"><span lang="FR">3.1.3.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Espérance de 
      vie</span></p>
      <p align="justify"><span lang="FR">3.1.4.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Migrations</span></p>
    </blockquote>
    <p align="justify"><i><span lang="FR"><a name="32" href="#32t">3.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    Déterminants sociaux sous-jacents</a></span></i></p>
    <blockquote>
      <p align="justify"><span lang="FR">3.2.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Famille</span></p>
      <p align="justify"><span lang="FR">3.2.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Santé</span></p>
      <p align="justify"><span lang="FR">3.2.3.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les pays en 
      voie de développement, source d'immigration potentielle</span></p>
    </blockquote>
  </blockquote>
  <p align="justify"><b><span lang="FR"><a name="4" href="#4t">4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Défis démographiques pour l'avenir</a></span></b></p>
  <blockquote>
    <p align="justify"><i><span lang="FR"><a name="41" href="#41t">4.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    Contexte</a></span></i></p>
    <p align="justify"><i><span lang="FR"><a name="42" href="#42t">4.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    Défis concernant les effectifs de population</a></span></i></p>
    <p align="justify"><i><span lang="FR"><a name="43" href="#43t">4.3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    Défis concernant la structure par âges de la population</a></span></i></p>
    <p align="justify"><i><span lang="FR"><a name="44" href="#44t">4.4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    Défis concernant l'immigration</a></span></i></p>
    <blockquote>
      <p align="justify"><span lang="FR">4.4.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Immigration ou 
      absence d'immigration?</span></p>
    </blockquote>
  </blockquote>
  <p align="justify"><b><span lang="FR"><a name="5" href="#5t">5.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Options possibles pour l'action des pouvoirs publics</a></span></b></p>
  <blockquote>
    <p align="justify"><i><span lang="FR"><a name="51" href="#51t">5.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    Options en matière de fécondité</a></span></i></p>
    <blockquote>
      <p align="justify"><span lang="FR">5.1.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Contexte</span></p>
      <p align="justify"><span lang="FR">5.1.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Options 
      partant de l'hypothèse qu'il est souhaitable de redresser la fécondité 
      pour qu'elle atteigne ou approche le seuil de remplacement </span></p>
      <blockquote>
        <p align="justify"><span lang="FR">5.1.2.1. Politiques d'émancipation et 
        d'égalité des sexes</span></p>
        <p align="justify"><span lang="FR">5.1.2.2. Politiques soucieuses de la 
        famille et de l'enfant</span></p>
        <p align="justify"><span lang="FR">5.1.2.3. Création d'un environnement 
        plus favorable à l'enfance</span></p>
        <p align="justify"><span lang="FR">5.1.2.4. Promotion des valeurs axées 
        sur l'enfant et la famille</span></p>
        <p align="justify"><span lang="FR">5.1.2.5. Repenser la place du 
        travail, de la parentalité et de la retraite dans l'ensemble de la vie</span></p>
      </blockquote>
      <p align="justify"><span lang="FR">5.1.3.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Options 
      partant de l'hypothèse qu'il est peu souhaitable ou irréalisable 
      d'influencer la fécondité </span></p>
      <blockquote>
        <p align="justify"><span lang="FR">5.1.3.1. Mise en activité des 
        inactifs</span></p>
        <p align="justify"><span lang="FR">5.1.3.2. Augmentation de la 
        productivité</span></p>
      </blockquote>
    </blockquote>
    <p align="justify"><i><span lang="FR"><a name="52" href="#52t">5.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    Options pour l'action gouvernementale concernant la longévité</a></span></i></p>
    <blockquote>
      <p align="justify"><span lang="FR">5.2.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Contexte</span></p>
      <p align="justify"><span lang="FR">5.2.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Options 
      partant de l'hypothèse qu'il est souhaitable de prendre en compte le 
      vieillissement de la population</span></p>
      <blockquote>
        <p align="justify"><span lang="FR">5.2.2.1. Vieillissement actif</span></p>
        <p align="justify"><span lang="FR">5.2.2.2. Adaptation du système de 
        protection sociale</span></p>
        <p align="justify"><span lang="FR">5.2.2.3. Solidarité entre les 
        générations</span></p>
      </blockquote>
      <p align="justify"><span lang="FR">5.2.3.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Options 
      partant de l'hypothèse qu'il n'est pas souhaitable d'intégrer les 
      personnes âgées dans la vie active</span></p>
    </blockquote>
    <p align="justify"><i><span lang="FR"><a name="53" href="#53t">5.3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    Options pour l'action des pouvoirs publics en matière d'immigration</a></span></i></p>
    <blockquote>
      <p align="justify"><span lang="FR">5.3.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Contexte</span></p>
      <p align="justify"><span lang="FR">5.3.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Options 
      partant de l'hypothèse que l'immigration est un instrument souhaitable 
      pour compenser les déficits décelés dans l'effectif de la population et la 
      pyramide des âges</span></p>
      <blockquote>
        <p align="justify"><span lang="FR">5.3.2.1. Immigration sélective</span></p>
        <p align="justify"><span lang="FR">5.3.2.2. Intégration des immigrants</span></p>
        <p align="justify"><span lang="FR">5.3.2.3. Immigration clandestine</span></p>
        <p align="justify"><span lang="FR">5.3.2.4. Compenser l'exode des 
        cerveaux</span></p>
        <p align="justify"><span lang="FR">5.3.2.5&nbsp; Coopération au 
        développement</span></p>
      </blockquote>
      <p align="justify"><span lang="FR">5.3.3.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Options 
      partant de l'hypothèse que l'immigration n'est pas un instrument 
      souhaitable pour compenser les déficits dans l'effectif de la population 
      et la pyramide des âges en Europe</span></p>
    </blockquote>
  </blockquote>
  <p align="justify"><b><span lang="FR"><a name="6" href="#6t">6.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Conclusions</a></span></b></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR"><a name="1t" href="#1">1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Introduction</a></span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le présent rapport a été rédigé en réponse à la&nbsp;«proposition de 
  recommandation» présentée à l'Assemblée Parlementaire<a href="#_ftn1" name="_ftnref1" title>[1]</a> 
  par M. Tkác et plusieurs de ses collègues le 13 mai 2003 et en interaction et 
  en consultation avec la Commission des migrations, des réfugiés et de la 
  population et sa Sous-commission de la population. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La proposition de recommandation porte essentiellement sur l'impact du déclin 
  et du vieillissement de la population en Europe sur la société et sur les 
  choix en matière de politiques. Ces questions interagissent de manière 
  complexe avec de nombreux autres phénomènes tels que la vie familiale, la 
  santé, l'éducation, l'emploi, les loisirs. Afin d'éviter que le discours ne 
  dévie de son objectif principal, qui est d'identifier les répercussions du 
  déclin et du vieillissement de la population sur la société et sur l'action 
  des pouvoirs publics, le présent rapport se limitera à ces seules questions. 
  Il ne s'agit donc pas d'une vue d'ensemble des tendances de la démographie et 
  des politiques qui s'y rapportent, mais d'un travail ciblé, limité en 
  particulier à l'Europe qui connaît des défis démographique différents de ceux 
  des pays en développement. Cette limitation n'implique nullement que les 
  problèmes démographiques mondiaux soient de moindre importance, au contraire, 
  mais ils appellent par de nombreux aspects une démarche très différente de la 
  part des pouvoirs publics.<a href="#_ftn2" name="_ftnref2" title>[2]</a></span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La thèse centrale en est que les modes de comportement individuels et les 
  stratégies actuelles de la société pour faire face aux conséquences des choix 
  individuels en matière de projet familial, ainsi qu'à celles de la longévité, 
  risquent de perpétuer le déclin de la population et d'accélérer davantage son 
  vieillissement. Pour ce qui est du projet familial, les individus se 
  satisferont peut-être de ne pas avoir d'enfants ou de n'en avoir qu'un ou 
  deux. La société, par contre, doit assurer la continuité et la solidarité 
  entre les générations, ce qui exige un pourcentage plus important de familles 
  nombreuses. S'agissant de la longévité, chacun aspire à vivre longtemps et en 
  bonne santé et la société doit prévoir un environnement favorable au 
  vieillissement tout en maintenant un équilibre entre les générations dans tous 
  les domaines de la vie sociale.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les effets des précents progrès technologiques, économiques et culturels et 
  des politiques sociales en Europe sont bénéfiques dans de nombreux domaines: 
  pour la plus grande partie de la population la qualité de la vie a augmenté, 
  l'émancipation et le développement individuels ont progressé et le statut 
  social des femmes, en particulier, s'est amélioré, les activités de loisir se 
  sont développées et diversifiées, la santé et la longévité ont également 
  progressé. Toutefois les récents progrès de la modernisation et le changement 
  de climat économique ne sont pas parvenus dans la plupart des pays à supprimer 
  l'incompatibilité partielle entre vie professionnelle et vie familiale sur le 
  cours d'une vie, ne sont pas parvenu à instaurer la pleine égalité des chances 
  pour les femmes et les hommes, n'ont pas encore créé un environnement 
  véritablement favorable aux enfants, n'ont pas apporté la sécurité à long 
  terme pour la main d'&#156;uvre, et n'ont pas permis, ou pas dans une mesure 
  suffisante, de faire en sorte que les personnes âgées valides restent 
  socialement actives et bien intégrées dans la société. Dernier point et non le 
  moindre, le climat politico-économique en pleine évolution, avec ses pressions 
  et sa compétition croissantes dans tous les domaines, est peu propice à un 
  redressement spontané de la fécondité. Nombre de ces facteurs contribuent, 
  entre autres, à maintenir la fécondité en deçà du niveau nécessaire pour 
  assurer la continuité intergénérationnelle à long terme. Les conséquences 
  démographiques en sont un déclin rapide et continu de la population et son 
  viellissement excessif. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">5.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Parce que les questions touchant à la population et à la famille donnent 
  souvent lieu à des divergences et à des controverses idéologiques délicates, 
  les sections concernant les défis pour les politiques démographiques et le 
  choix des orientations pour l'action sont rédigées sous forme de propositions, 
  d'options possibles mais ne s'excluant pas nécessairement l'une l'autre. Elles 
  sont accompagnées d'un commentaire sur leurs répercussions possibles et sur 
  leurs avantages et inconvénients respectifs. Dans une société où le savoir 
  occupe une place centrale, tous les acteurs concernés contribuent à 
  l'identification des problèmes, à leur interprétation et à la 
  conceptualisation des réponses politiques aux défis d'ordre sociétal. Les 
  spécialistes peuvent apporter une contribution importante à l'élaboration des 
  politiques démographiques en procédant à une analyse lucide des problèmes, en 
  détectant les causes sous-jacentes et en présentant des options propres à 
  remédier aux conséquences néfastes pour la société des déséquilibres 
  démographiques.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">6.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le présent rapport s'appuie sur la littérature scientifique existante. Il 
  s'inspire en particulier des études démographiques récentes du Comité européen 
  sur la population du Conseil de l'Europe<a href="#_ftn3" name="_ftnref3" title>[3]</a> 
  et des résultats du Network for Integrated European Population Studies (NIEPS) 
  de onze instituts démographiques nationaux d'Europe occidentale et orientale<a href="#_ftn4" name="_ftnref4" title>[4]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">7.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le rapporteur tient, au nom de la Commission des migrations, des réfugiés et 
  de la population à remercier le Prof. Robert Cliquet, consultant en matière de 
  politique démographique et sociale et ancien président du Comité européen pour 
  la population du Conseil de l'Europe, du travail fourni pour la rédaction du 
  présent rapport et de ses exposés solidement documentés et ses contributions 
  stimulantes aux débats de la commission sur le rapport.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR"><a name="2t" href="#2">2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Tendances observées et prévues en matière de population en Europe</a></span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">8.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Cette présentation succincte des tendances démographiques actuelles et prévues 
  dans les principales sous-régions européennes concerne la seconde moitié du 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle 
  et le début du 21e siècle. L'analyse de l'avenir de la population est fondée 
  sur les scénarios des Nations Unies<a href="#_ftn5" name="_ftnref5" title>[5]</a> 
  et sur l'étude des travaux pertinents. Les tendances générales qui se dégagent 
  de toutes les projections sont relativement semblables et ne diffèrent que par 
  quelques écarts mineurs dus aux hypothèses de base sur l'évolution à venir de 
  la fécondité, de la mortalité et des migrations. Toutes proposent une 
  évaluation des tendances futures en matière de population avec plusieurs 
  variantes &#150; moyenne, haute et basse le plus souvent &#150; ce qui traduit le degré 
  d'incertitude concernant l'évolution et les mécanismes démographiques à venir. 
  Nous étudieront, pour commencer, les scénarios de la variante moyenne.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR"><a name="21t" href="#21">2.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Effectif de la population </a></span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">9.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La deuxième moitié du 20<sup>e</sup> siècle était encore marquée par la 
  croissance démographique dans toutes les grandes régions de l'Europe. Cette 
  croissance était particulièrement forte dans ce qui est devenu la Fédération 
  de Russie ainsi qu'en Europe de l'est et du sud.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">10.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Dans la Fédération de Russie et en Europe de l'est, la population a commencé à 
  diminuer à la fin du 20<sup>e</sup> siècle. Selon la variante moyenne de 
  projection démographique des Nations Unies, ce phénomène devrait également 
  toucher l'Europe du sud dans quelques années, puis l'Europe occidentale après 
  2010 et enfin l'Europe du nord après 2030. Ce déclin devrait être très marqué 
  dans la Fédération de Russie ainsi qu'en Europe orientale et méridionale et 
  plus modéré en Europe occidentale et septentrionale. (Figure 1).</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">11.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  A l'évidence, les données pour les principales régions européennes masquent 
  des écarts dans ce déclin pour certains pays en avance ou en retard dans tel 
  ou tel processus démographiques. L'Allemagne, par exemple, à l'Ouest comme à 
  l'Est, a déjà connu un déclin de sa population au milieu des années 1980. En 
  Irlande, par contre, grâce à un taux de fécondité relativement élevé et 
  soutenu au cours des dernières décennies, la population continuera à augmenter 
  dans la première moitié de ce siècle.</span></p>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">Figure 1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Evolution des effectifs de la population dans les principales régions 
  européennes, l950-2050 (Indice 1950 = 100) </span></i></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR"><img src="Pictures/FDOC10182a.gif" WIDTH="463" HEIGHT="412"></span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Source:&nbsp;&nbsp; calculs d'après le 
  classement des Nations Unies et le scénario démographique pour la variante 
  moyenne (Nations Unies, 2001)</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">12.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les variantes moyennes des scénarios démographiques internationaux partent 
  généralement de l'hypothèse selon laquelle le taux de fécondité se redressera 
  en partie et augmentera légèrement, sans pour autant atteindre nécessairement 
  le seuil de remplacement des générations. Cela ne va nullement de soi. Les 
  études montrent qu'à moins de profondes réformes des politiques dans le but de 
  susciter de nouveaux comportements, les taux de fécondité risquent de se 
  maintenir à un niveau peu élevé, et même, dans certains pays, de chuter au 
  niveau observé dans certains pays d'Europe du sud, inférieur de 40% au seuil 
  de remplacement. Les variantes moyennes de la plupart des projections ou 
  scénarios démographiques pourraient bien, en effet, sous-estimer le déclin 
  démographique à venir.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR"><a name="22t" href="#22">2.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Structure de la population par âges</a></span></b></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">2.2.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tendances</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">13.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Au cours de la deuxième moitié du 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle, la population âgée de 
  65 ans et plus a augmenté dans toutes les principales régions européennes, 
  aussi bien en chiffres absolus qu'en pourcentage de la population totale 
  (Figure 2). En chiffres absolus la population âgée a plus que doublé ces 50 
  dernières années, passant de 46 à 112 millions, et son poids relatif par 
  rapport à la population totale est passé de 8% en 1950 à 14% en 2000. L'Europe 
  a la population la plus âgée du monde.</span></p>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">Figure 2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Augmentation observée et projetée du nombre de personnes âgées (65+) en 
  Europe, 1950-2050 </span></i></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;
  <img src="Pictures/FDOC10182b.gif" WIDTH="381" HEIGHT="432"></span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Source:&nbsp;&nbsp; calculs d'après le 
  scénario démographique des Nations Unies pour la variante moyenne (Nations 
  Unies, 2001)</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">14.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Il subsiste néanmoins des différences entre les divers pays européens, la 
  principale se situant entre l'Europe occidentale et l'Europe orientale où les 
  progrès de l'espérance de vie ont stagné et même régressé dans le dernier 
  tiers du siècle dernier <a href="#_ftn6" name="_ftnref6" title>[6]</a>. Mais 
  en Europe occidentale on note également des différences considérables entre 
  les pays dans le rythme du vieillissement de la population et l'incidence sur 
  ce rythme des modifications de la pyramide des âges &#150; à la base (par suite du 
  déclin de la fécondité) et au sommet (par suite de l'allongement de 
  l'espérance de vie). En 2001 l'Italie avait le plus fort pourcentage de 
  personnes âgées (18%) tandis que le pourcentage le plus faible se trouvait en 
  Irlande (11%). Une longévité accrue et surtout un taux de fécondité demeuré 
  très faible au cours des deux ou trois dernières décennies, en Italie, en 
  Grèce et en Espagne, ont conduit à une augmentation rapide du nombre et de la 
  proportion de personnes âgées<a href="#_ftn7" name="_ftnref7" title>[7]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">2.2.1.1. Personnes très âgées (80+)</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">15.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Ce qui frappe dans vieillissement de la population c'est l'augmentation du 
  nombre de personnes «très âgées», 80 ans et plus. Ces personnes représentent 
  habituellement un peu plus de 15% de la population âgée de 60 ans et plus, 
  mais plus de 20% dans certains pays. Les chiffres les plus élevés se 
  rencontrent actuellement en Suisse et au Danemark (20%), en Norvège et en 
  Suède (22%) (Figure 3). L'Europe compte actuellement 21 millions de personnes 
  âgées de plus de 80 ans et l'on prévoit que ce chiffre atteindra 60 millions 
  en 2050.</span></p>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">Figure 3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Pourcentage de personnes âgées de 80 ans et plus dans les différentes régions 
  de l'Europe</span></i></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;
  <img src="Pictures/FDOC10182c.gif" WIDTH="408" HEIGHT="384"></span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Source:&nbsp;&nbsp; calculs d'après le 
  scénario démographique des Nations Unies pour la variante moyenne (Nations 
  Unies, 2001)</span></i></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">2.2.1.2. Population active (15 à 64 ans)</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">16.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Dans la deuxième moitié du 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle, la population en âge de 
  travailler (de 15 à 64 ans) a eu tendance à augmenter ou à se maintenir à un 
  niveau stationnaire dans les différentes régions européennes (Figure 4). L'on 
  s'attend cependant à ce qu'elle diminue dans l'ensemble de l'Europe à partir 
  de 2010.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">17.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le déclin de la population active et le vieillissement de la main-d'oeuvre 
  affectent de nombreux secteurs de la vie socio-économique ainsi que les choix 
  personnels, depuis l'offre de main- d'oeuvre globale, la redistribution des 
  revenus, les dépenses publiques pour la protection sociale, les 
  investissements, jusqu'à la prospérité générale des nations, et des modes de 
  travail individuels aux dépenses et à l'épargne tout au long de la vie. En 
  termes de vieillissement de la main-d'oeuvre, la question de la productivité 
  prend une importance capitale. Puisque la capacité de travail dépend fortement 
  des différentes phases de la vie, les changements dans la composition par âges 
  de la population se répercutent sur l'offre de main-d'oeuvre et la 
  productivité. Dans le contexte actuel du marché du travail et de la politique 
  sociale, un vieillissement accru de la population peut être à l'origine d'une 
  pénurie de main-d'oeuvre.</span></p>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">Figure 4:&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Augmentation observée et projetée de la population en âge de travailler (15-64 
  ans) en Europe, 1950-2050&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;
  </span></i></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR"><img src="Pictures/FDOC10182d.gif" WIDTH="344" HEIGHT="385"></span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Source:&nbsp;&nbsp; calculs d'après le 
  scénario démographique des Nations Unies pour la variante moyenne (Nations 
  Unies, 2001)</span></i></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">2.2.1.3. Age de la retraite</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">18.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Du début du 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle jusqu'en 1970 environ, l'âge de la retraite 
  pour les hommes se situait globalement autour de 65 ans dans la plupart des 
  pays européens. Depuis les années 70, l'âge moyen de la retraite n'a cessé de 
  baisser. Pour les femmes, la situation est plus hétérogène du fait d'une 
  participation croissante à la vie active partant de niveaux beaucoup plus bas 
  que dans le cas des hommes.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">19.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les perceptions biologique et sociétale du vieillissement ont évolué dans des 
  directions opposées<a href="#_ftn8" name="_ftnref8" title>[8]</a>. Les 
  chiffres pour l'Allemagne et la Suède, par exemple, illustrent clairement la 
  tendance observée pour l'ensemble des pays industrialisés, à savoir une nette 
  augmentation de l'espérance de vie et une diminution tout aussi nette de l'âge 
  de la retraite (Figure 5).</span></p>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">Figure 5.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Evolution de l'espérance de vie à la naissance et âge moyen à la retraite en 
  Allemagne et en Suède </span></i></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR"><img src="Pictures/FDOC10182e.gif" WIDTH="404" HEIGHT="429"></span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Source:&nbsp;&nbsp; Avramov &amp; Maskova, 
  2003</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">20.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La proportion de personnes âgées de 60 ans ou plus encore en activité est très 
  faible. Les données pour les pays de l'Union Européenne indiquent que dans les 
  pays nordiques 15% des hommes et 4% des femmes travaillent encore, dans les 
  pays méridionaux ils sont 12% et 3% respectivement. Dans les pays d'Europe 
  occidentale, le pourcentage de personnes en activité a chuté pour n'être plus 
  que de 7% pour les hommes et 2% pour le femmes. Presque tous sont en retraite 
  à 65 ans et ceux qui approchent de l'âge légal de la retraite, entre 60 et 65 
  ans, et travaillent encore représentent une minorité dans ce groupe d'âges. 
  Seuls 26% des hommes et 9% des femmes âgés de 60 à 65 ans continuent à 
  travailler (Tableau 1).</span></p>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">Tableau 1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Pourcentage d'hommes et de femmes actifs dans les pays de l'Union Européenne 
  par régions et par groupes d'âges</span></i></b></p>
  <table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0" width="624">
    <tr>
      <td width="69">
      <p align="justify"><b><span lang="FR"><font size="2">Groupe d'âge</font></span></b></td>
      <td width="139" colspan="2">
      <p align="justify"><b><span lang="FR"><font size="2">Pays nordiques</font></span></b></td>
      <td width="139" colspan="2">
      <p align="justify"><b><span lang="FR"><font size="2">Pays méridionaux</font></span></b></td>
      <td width="139" colspan="2">
      <p align="justify"><b><span lang="FR"><font size="2">Pays occidentaux</font></span></b></td>
      <td width="139" colspan="2">
      <p align="justify"><b><span lang="FR"><font size="2">UE</font></span></b></td>
    </tr>
    <tr>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">&nbsp;</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">Hommes</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">Femmes</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">Hommes</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">Femmes</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">Hommes</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">Femmes</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">Hommes</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">Femmes</font></span></td>
    </tr>
    <tr>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">60-64</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">39.8</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">14.2</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">33.2</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">9.5</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">17.4</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">6.9</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">26.4</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">9.0</font></span></td>
    </tr>
    <tr>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">60+</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">15.4</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">4.3</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">12.1</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">3.4</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">6.7</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">1.9</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">10.1</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">2.8</font></span></td>
    </tr>
    <tr>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">65+</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">6.3</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">1.6</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">4.2</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">1.5</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">2.4</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">0.5</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">3.7</font></span></td>
      <td width="69" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">1.0</font></span></td>
    </tr>
  </table>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Source:&nbsp;&nbsp; Avramov, 2003</span></i></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">2.2.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Perspectives en 
  matière de vieillissement de la population.</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">21.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le vieillissement futur des pays européens dépend de leur passé démographique 
  et de l'évolution à venir de la fécondité, de la mortalité et des migrations.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">22.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Selon le dernier scénario démographique des Nations Unies pour la variante 
  moyenne<a href="#_ftn9" name="_ftnref9" title>[9]</a>, les personnes âgées de 
  65 ans et plus représenteront 33% de la population de l'Europe du sud et 28 à 
  29% dans le reste de l'Europe en 2050 (Figure 2). Il se peut que ces chiffres 
  soient inférieurs à la réalité car l'espérance de vie pourrait augmenter plus 
  rapidement que prévu et les taux de fécondité pourraient rester en dessous du 
  seuil de remplacement. La diminution du taux de mortalité des personnes très 
  âgées pourrait se poursuivre jusqu'à ce que soit atteinte la durée vie 
  spécifique de l'espèce humaine. Des scénarios concernant la population future 
  de l'Europe avec un indice synthétique de fécondité (Total Fertility Rate) 
  équivalent au taux de fécondité de remplacement (TFR=2.1), une espérance de 
  vie égale à l'espérance de vie de l'espèce (par exemple, homme = 90, femme = 
  95) et une migration zéro laissent prévoir 35% de personnes âgées de 60 ans et 
  plus en 2050<a href="#_ftn10" name="_ftnref10" title>[10]</a>. Il est évident 
  que des taux de fécondité fortement inférieurs au seuil de remplacement, tels 
  ceux que l'on observe aujourd'hui dans certaines régions d'Italie<a href="#_ftn11" name="_ftnref11" title>[11]</a>, 
  produiraient des pourcentages de personnes âgées beaucoup plus élevés. Avec un 
  indice synthétique de fécondité de 1,3 et l'espérance de vie spécifique de 
  l'espèce mentionnée ci-dessus les personnes âgées de 60 ans et plus 
  représenteraient 46% de la population totale en 2050.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">23.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Dans les prochaines décennies, l'Europe va connaître une accélération 
  temporaire du vieillissement de sa population. Cette forte vague de 
  vieillissement commencera vers 2010 lorsque les cohortes du 'baby boom' 
  d'après guerre arriveront à l'âge de la retraite et que celles du 'baby bust' 
  des années 1970 et suivantes atteindront l'âge mûr.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">24.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Du fait de la diversité des pyramides des âges initiales et des différences 
  entre les taux de fécondité des divers pays, les pourcentages de personnes 
  âgées resteront inégaux. De plus, dans un même pays, les variations en matière 
  de vieillissement démographique, phénomène déjà caractérisé par la 
  concentration de personnes âgées dans des régions particulières, pourraient 
  être considérables.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">25.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Jusqu'ici le vieillissement progressif de la population résulte surtout de la 
  stratégie qui consiste à faire coïncider le plus possible la courbe de 
  l'espérance de vie avec celle de la durée de vie biologiquement possible. On 
  s'attend généralement à ce que ces efforts produisent encore quelques modestes 
  gains au cours de ce siècle<a href="#_ftn12" name="_ftnref12" title>[12]</a>. 
  Comme il a été dit précédemment, peu de progrès ont été accomplis dans le 
  domaine des 'stratégies visant à prolonger la vie'<a href="#_ftn13" name="_ftnref13" title>[13]</a>. 
  Il faut cependant tenir compte du fait qu'à l'avenir les progrès de la 
  biologie médicale pourraient permettre de repousser la mort au delà de ce qui 
  est actuellement la durée de vie spécifique de l'espèce humaine et le problème 
  du vieillissement pourrait par conséquent prendre des proportions bien 
  supérieures à ce qui est raisonnablement prévisible actuellement. </span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">2.2.2.1. Perspectives pour les personnes 
  très âgées.</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">26.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  On s'attend à ce que les personnes très âgées (80 ans ou plus) soient le 
  groupe d'âges connaissant la croissance la plus rapide. Pendant la première 
  moitié du 21e siècle, leur nombre devrait pratiquement tripler et passer de 22 
  millions de personnes actuellement à 65 millions. Le taux de croissance le 
  plus élevé est prévu pour 2000-2015 avec une augmentation de près de 50% en 
  chiffres absolus. On devrait enregistrer un léger ralentissement entre 2015 et 
  2030. On prévoit néanmoins que le nombre des personnes très âgées augmentera 
  encore de 9 millions. Après 2030 la croissance s'accélèrera à nouveau, avec 
  une augmentation de plus de 22 millions de personnes très âgées d'ici à 2050. 
  On estime qu'à cette date, selon la variante moyenne des Nations Unies, le 
  nombre de personnes très âgées sera de 7% en Europe de l'est, 10% en Europe du 
  nord et de quelque 12% en Europe du sud et de l'ouest (Figure 3), mais là 
  aussi il se peut que ces chiffres soient sous-estimés.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">2.2.2.2. Perspectives pour la population 
  en âge de travailler</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">27.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Dans une situation de légère diminution de la population totale, la population 
  âgée sera le seul grand groupe d'âges dont les projections prévoient la 
  croissance en chiffres absolus (de 76% pour la période 2000-2050). Le nombre 
  d'enfants de moins de 15 ans ainsi que la population en âge de travailler 
  devraient diminuer pendant cette période (de 30% et 24% respectivement)<a href="#_ftn14" name="_ftnref14" title>[14]</a>. 
  Il faut cependant d'apporter quelques nuances en ce qui concerne les 
  répercussions du vieillissement de la population sur l'offre de main-d'&#156;uvre à 
  l'avenir. Il convient tout d'abord, s'agissant de la population en âge de 
  travailler, de faire la distinction entre pourcentages et chiffres absolus. On 
  ne doit pas oublier non plus que les résultats diffèrent selon la période 
  considérée.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">28.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les scénarios démographiques élaborés pour le Conseil de l'Europe<a href="#_ftn15" name="_ftnref15" title>[15]</a> 
  ont montré que, dans les deux décennies à venir, la proportion de la 
  population d'âge actif (20-59 ans) reste relativement insensible aux 
  hypothèses largement divergentes prises en compte en ce qui concerne la 
  fécondité, la mortalité et les migrations futures. Cela tient en grande partie 
  à la dynamique démographique résultant de la présence dans la vie active des 
  enfants du baby boom de l'après guerre. Un recul interviendra ensuite (Figure 
  6, voir également Figure 4).</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">29.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Pour ce qui est des chiffres absolus, le tableau est bien sûr différent. Là 
  encore, la plupart des scénarios ci-dessus ne montrent pas de changements 
  spectaculaires dans les effectifs de la population d'âge actif jusqu'en 2020, 
  mais on assiste par la suite à une baisse persistante sauf en cas de fécondité 
  accrue et de forte immigration. Les effectifs de la population en âge de 
  travailler ne peuvent être maintenus à leur niveau actuel qu'en cas de 
  redressement de la fécondité jusqu'au niveau assurant le remplacement et de 
  forte immigration. Un niveau stationnaire, un peu plus bas, peut aussi être 
  atteint par le biais de la seule fécondité si elle assure le remplacement des 
  générations. En cas de fécondité inférieure à ce seuil, et quel que soit le 
  niveau de l'immigration, la population en âge de travailler diminue de manière 
  constante et plus ou moins fortement après 2020.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">30.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La diminution relative et absolue de l'offre de main-d'&#156;uvre potentielle, à 
  laquelle il faut s'attendre entre 2025 et 2050 si la fécondité n'augmente pas, 
  sera toutefois précédée par le vieillissement progressif de la main-d'&#156;uvre, 
  processus que l'on peut déjà observer depuis que les cohortes moins nombreuses 
  nées dans les années 1960 et 1970 ont commencé à faire leur entrée dans la vie 
  active. L'évolution récente de la participation à la vie active des groupes 
  d'âges plus jeunes renforce les conséquences du vieillissement sur l'offre de 
  main-d'oeuvre parce que les jeunes restent plus longtemps à l'école et entrent 
  donc plus tard dans la vie active. Le vieillissement interne de la population 
  active atténuera d'une part la pression qui s'exerce sur le marché du travail 
  et contribuera à faire baisser le chômage parmi les jeunes, mais il ralentira, 
  par ailleurs, l'entrée des jeunes récemment et plus hautement qualifiés<a href="#_ftn16" name="_ftnref16" title>[16]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR"><a name="3t" href="#3">3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Facteurs généraux à l'origine des changements observés et prévus dans les 
  effectifs et la structure par âges de la population</a></span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">31.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les changements intervenant dans les effectifs et la structure par âges de la 
  population sont d'abord déterminés par la modification des variables 
  démographiques de base, à savoir les unions, la fécondité, la longévité et les 
  mouvements migratoires. Ces variables démographiques sont, elles-mêmes, 
  déterminées par des modifications des déterminants sociaux sous-jacents.</span></p>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">Figure 6.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Pourcentage de la population dans le groupe d'âges économiquement actif des 
  20-à 59 ans, dans 20 grands pays européens, selon différents scénarios.</span></i></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR"><img src="Pictures/FDOC10182f.gif" WIDTH="384" HEIGHT="382"></span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Source:&nbsp;&nbsp; Prinz and Lutz, 1993</span></p>
  </font>
  </font>
  
  <font SIZE="2" face="Arial">
  
  <table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">
    <tr>
      <td width="148" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR">Hypothèses</span></td>
      <td width="148" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR">TFR</span></td>
      <td width="148" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR">Espérance de vie</span></td>
      <td width="148" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR">Immigrés par an</span></td>
    </tr>
  </font>
  <font SIZE="2" face="Verdana">
  
  <font SIZE="2" face="Arial">
  
    <tr>
      <td width="148" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR">Scénario 0</span></td>
      <td width="148" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR">1.7</span></td>
      <td width="148" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR">83.5?/89?</span></td>
      <td width="148" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR">0,5 million</span></td>
    </tr>
    <tr>
      <td width="148" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR">Scénario 1</span></td>
      <td width="148" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR">1.3</span></td>
      <td width="148" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR">77.0?/83?</span></td>
      <td width="148" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR">Zero</span></td>
    </tr>
    <tr>
      <td width="148" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR">Scénario 2</span></td>
      <td width="148" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR">1.3</span></td>
      <td width="148" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR">77.0?/83?</span></td>
      <td width="148" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR">1 million</span></td>
    </tr>
    <tr>
      <td width="148" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR">Scénario 3</span></td>
      <td width="148" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR">1.3</span></td>
      <td width="148" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR">90.0?/95?</span></td>
      <td width="148" valign="top">
      <p align="justify"><span lang="FR">1 million</span></td>
    </tr>
  </table>
  </font>
  
  <font SIZE="2" face="Verdana">
  
  <font SIZE="2" face="Verdana">
  
  <p align="justify"><b><span lang="FR"><a name="31t" href="#31">3.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Déterminants démographiques</a></span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">32.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Au cours des dernières décennies, les sociétés européennes ont continué à 
  subir les changements de structure et de dynamique démographiques 
  caractéristiques du 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle en général. Certains de ces 
  changements se sont même accélérés ou ont repris après un ralentissement, un 
  arrêt ou un renversement de tendance temporaires. En dépit de différences 
  considérables dans le niveau et l'évolution des divers pays, on peut observer 
  de manière générale les changements suivants.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">3.1.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Unions</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">33.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le mariage a considérablement reculé dans la plupart des pays, essentiellement 
  parce que le premier mariage est retardé, mais aussi, bien qu'à un moindre 
  degré, parce que le nombre de ceux qui ne se marient pas du tout est en 
  augmentation. Dans la deuxième moitié du 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle, le taux de 
  nuptialité des célibataires a décru dans de nombreux pays, passant de près de 
  1 à 0,5 ou moins. Le taux de remariage a également diminué. Ce recul 
  spectaculaire des mariages et remariages ne doit cependant pas être 
  systématiquement interprété comme un signe de désagrégation de la famille en 
  tant cellule de base de la société. Le mariage et le remariage semblent être 
  remplacés par d'autres formes d'union, des unions consensuelles 
  principalement, ou bien ils sont différés<a href="#_ftn17" name="_ftnref17" title>[17]</a>. 
  Les taux de nuptialité ne <br clear="all">
  donnent toutefois plus une image fidèle du calendrier et de l'intensité de la 
  constitution des familles. Dans de nombreux pays, le recul spectaculaire de la 
  nuptialité au cours des dernières décennies s'est ralenti et dans certains cas 
  elle semble même se stabiliser (Figure 7). </span></p>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">Figure 7.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Taux de nuptialité des célibataires (femmes de moins de 50 ans) dans une 
  sélection de pays européens.</span></i></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR"><img src="Pictures/FDOC10182g.gif" WIDTH="378" HEIGHT="398"></span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Source:&nbsp;&nbsp; données du Conseil 
  de l'Europe, 2002, et Sardon, 2</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">34.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  En Europe occidentale, le mariage, plus tardif, est remplacé ou précédé de 
  plus en plus par la cohabitation ou par une relation du type «vivre ensemble 
  séparément» («Living-Apart-Together»). La cohabitation hors mariage se 
  développe, que ce soit avant le mariage, après une séparation, un divorce ou 
  un veuvage. Il existe cependant encore de fortes différences entre les pays. 
  Dans certains pays scandinaves, la cohabitation avant le mariage s'est 
  généralisée; en France et aux Pays-Bas, elle est en nette progression; dans 
  d'autres régions (Flandre, Ecosse, Pays de Galles et Europe du sud) ce 
  phénomène est encore minoritaire. Dans la plupart des pays, la cohabitation 
  représente une étape pré-maritale dans le déroulement de la vie<a href="#_ftn18" name="_ftnref18" title>[18]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">35.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Certaines personnes ont une relation intime, mais conservent leur propre 
  logement, temporairement, en partie ou totalement, le plus souvent par suite 
  de contraintes professionnelles ou autres et moins souvent par choix délibéré. 
  Cette semi-cohabitation, désignée par l'acronyme anglais LAT («Living - Apart 
  &#150; Together»), revêt diverses formes («commuter marriage», «visiting marriage»). 
  Ce phénomène est peu répandu et le restera probablement vu son coût élevé et 
  le risque de stress psychologique&nbsp;qu'il comporte. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">36.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le divorce connaît une forte progression. Le taux de divortialité est proche 
  de 30% dans la plupart des pays de l'Europe occidentale, tandis que dans les 
  pays scandinaves, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, il est de l'ordre de 50%, 
  voire plus.<a href="#_ftn19" name="_ftnref19" title>[19]</a> La situation est 
  très hétérogène en Europe de l'est où l'on trouve les taux de divortialité 
  plus élevées mais aussi les plus faibles.Tout comme dans le cas de la 
  nuptialité, le chiffre des divorces ne mesurent plus la prévalence réelle des 
  ruptures. Si l'on additionne le chiffre des séparations de couples cohabitant 
  et celui des divorces, la dissolution des unions apparaît comme un phénomène 
  très fréquent. Les taux de divortialité étaient encore en augmentation dans 
  les années 1990, mais en Europe du nord et au Royaume Uni où ce taux était 
  élevé depuis des décennies, on peut constater un ralentissement, une 
  stabilisation, voire un léger recul.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">3.1.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Fécondité</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">37.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Après le baby boom temporaire qui suivit la deuxième guerre mondiale au milieu 
  du 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle, la fécondité a recommencé à décliner - dans certains 
  pays dans les années 1960 et 1970, dans d'autres seulement dans les années 
  1980. A la fin du siècle, la fécondité - mesurée par l'indice synthétique de 
  fécondité, c'est à dire par le nombre moyen d'enfants nés vivants qu'une femme 
  mettrait au monde au cours de sa vie, calculé sur la base des taux de 
  fécondité par âge pour une année donnée &#150; est tombé à des niveaux sans 
  précédent, notamment dans les pays de l'Europe du sud. A la fin du siècle, 
  l'indice synthétique de fécondité semble s'être stabilisé à des niveaux plus 
  ou moins inférieurs au seuil de remplacement. Cette stabilisation était déjà 
  visible dans la plupart des pays nordiques et occidentaux dans les années 
  1980, mais elle s'observe également aujourd'hui en Europe du sud, bien qu'à 
  des niveaux très différents, inférieurs au seuil de remplacement. Dans la 
  plupart des pays de l'Europe de l'Est, la fécondité a connu un recul brutal 
  après l'effondrement de l'économie dirigée et il est difficile de dire où se 
  situera le niveau de stabilisation (Figure 8).</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">38.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La plupart des couples (mariés) en Europe souhaitent avoir des enfants et en 
  ont. Selon les enquêtes menées sur la fécondité et la famille dans les années 
  1990, il apparaît que, dans la plupart des pays européens la fécondité 
  effective est inférieure au nombre d'enfants souhaité<a href="#_ftn20" name="_ftnref20" title>[20]</a>. 
  Lorsque les gens disent qu'ils souhaitent ou ont souhaité avoir plus d'enfants 
  qu'ils n'en ont, l'hypothèse le plus plausible est celle d'obstacles 
  rencontrés dans la réalisation du projet parental et les empêchent d'avoir 
  plus d'enfants. Il est prouvé que les facteurs socio-économiques, notamment la 
  poursuite d'études plus longues et l'impossibilité partielle de concilier 
  emploi rémunéré et vie de famille, des facteurs relationnels tels que le 
  mariage plus tardif ainsi que la dissolution du couple, et des facteurs 
  biologiques de reproduction tels que la baisse de la fécondité après de 
  longues années d'études et d'efforts pour assurer une situation 
  professionnelle influent sur cet écart entre le désir d'avoir plus d'enfants 
  et la constitution de familles peu nombreuses. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">39.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L'augmentation considérable du nombre de couples sans enfants dans certains 
  pays ayant des taux de fécondité très faibles est un phénomène récent et 
  statistiquement significatif. Pour les régions occidentales de l'Allemagne, on 
  prévoit que près du tiers des hommes et des femmes nés après 1960 n'auront pas 
  d'enfants<a href="#_ftn21" name="_ftnref21" title>[21]</a>. S'agissant du 
  calendrier des naissances, on constate que depuis le milieu des années 1970, 
  l'âge moyen de la mère à la première naissance et l'âge moyen à la maternité 
  n'ont pas cessé d'augmenter. Dans la plupart des pays, l'âge de la mère à la 
  première naissance se situe désormais entre 25 et 29 ans, et la plupart des 
  couples ont leur dernier enfant avant qu'elle n'ait 35 ans<a href="#_ftn22" name="_ftnref22" title>[22]</a>. 
  Le report des naissances est l'une des causes de la baisse de la fécondité ou 
  de son maintien à un niveau faible, car il n'est qu'insuffisamment compensé 
  par des naissances plus tardives, soit en raison d'une infécondabilité 
  croissante, soit parce que le report mène facilement à la renonciation, une 
  fois que l'on s'est habitué à vivre sans enfants ou avec un petit nombre 
  d'enfants<a href="#_ftn23" name="_ftnref23" title>[23]</a>. Le très faible 
  indice synthétique de fécondité que l'on observe actuellement sous-estime 
  probablement quelque peu le déclin final auquel on peut s'attendre parce que 
  le report des naissances sera en partie récupéré ultérieurement. L'on 
  s'accorde toutefois à penser qu'il est peu probable que la récupération 
  attendue ramène la fécondité au niveau nécessaire au remplacement<a href="#_ftn24" name="_ftnref24" title>[24]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">Figure 8.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Indice synthétique de fécondité dans une sélection de pays européens </span>
  </i></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR"><img src="Pictures/FDOC10182h.gif" WIDTH="382" HEIGHT="430"></span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Sources: Données de Chesnais, 1986; 
  Coleman, 1996; Conseil de l'Europe, 2002; Sardon, 2002.</span></i></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">3.1.3.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Espérance de 
  vie</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">40.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La mortalité a continué à décroître de manière linéaire dans les années 1990. 
  Cela vaut pour la régression de la mortalité infantile et tout 
  particulièrement pour celle de la mortalité des personnes âgées. L'espérance 
  de vie à la naissance dépasse dans plusieurs pays 80 ans pour les femmes et 75 
  ans pour les hommes. (Figure 9). L'Europe de l'est a connu une grave crise 
  sanitaire au cours des trois dernières décennies et l'espérance de vie y est 
  restée stationnaire, quan elle n'a pas reculé. Une amélioration s'est 
  toutefois amorcée ces dernières années.</span></p>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">Figure 9.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Espérance de vie dans les principales régions européennes, 1950-2000</span></i></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR"><img src="Pictures/FDOC10182i.gif" WIDTH="398" HEIGHT="510"></span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Source:&nbsp;&nbsp; Données des Nations 
  Unies, 2001</span></i></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">3.1.4.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Migrations</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">41.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le 20<sup>e&nbsp;</sup>siècle a connu quatre grandes périodes de migrations 
  massives: les deux guerres mondiales, la période de forte expansion économique 
  des années 1960 et la dernière décennie du 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle. De ces 
  quatre périodes, trois étaient associées à des conflits internationaux ou des 
  guerres civiles. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">42.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Jusqu'au premières années suivant la deuxième guerre mondiale, l'Europe était 
  un continent qui comptait plus d'émigrants que d'immigrants. En partie parce 
  qu'ils avaient opéré leur transition démographique, de plus en plus de pays 
  européens avaient épuisé leur potentiel d'émigration et, de pays 
  essentiellement d'émigration, ils devinrent des pays d'immigration. Ces 
  dernières années, les pays de l'Europe du sud ainsi que l'Irlande sont 
  également devenus des pays d'immigration, en partie du fait de migrations de 
  retour. Depuis l'effondrement des régimes communistes en Europe de l'est, les 
  flux est-ouest sont devenus beaucoup plus importants qu'auparavant, mais ils 
  restent relativement modestes et se sont même ralentis à nouveau depuis peu. 
  Par contre, les pays de l'Europe de l'est attirent désormaisé des immigrants 
  des régions situées plus à l'est et du Tiers Monde. L'émigration l'emporte 
  toutefois encore sur l'immigration dans cette sous-région.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">43.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Dans l'immédiat après-guerre, l'Europe occidentale a accueilli principalement 
  des personnes déplacées venant de l'Europe de l'est et des anciennes colonies. 
  Pendant la période d'expansion économique des années 1960 et du début des 
  années 1970, l'Europe de l'ouest a attiré de nombreux travailleurs immigrés, 
  en provenance de l'Europe du sud, essentiellement d'Italie, du Portugal et de 
  Grèce puis de Yougoslavie, de Turquie, du Maghreb et du sous-continent indien. 
  La crise du pétrole au début des années 1970 a provoqué la mise en place de 
  politiques restrictives limitant l'immigration au regroupement familial, aux 
  réfugiés politiques et aux demandeurs d'asile.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">44.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les politiques migratoires restrictives du milieu des années 1970 ont ralenti 
  l'afflux d'immigrants, mais l'immigration s'est néanmoins poursuivie à un 
  degré moindre; l'immigration des familles &#150; y compris le regroupement familial
  <i>stricto sensu</i> ('les membres d'une famille rejoignent le chef de famille 
  qui réside déjà dans le pays') et la constitution de familles ('les liens 
  familiaux se créent après que le chef de famille se soit installé dans le pays 
  d'accueil') ont compensé en partie la diminution de l'immigration de 
  main-d'oeuvre de la période précédente. Par ailleurs, la forte pression 
  migratoire exercée par les pays en voie de développement dans lesquels le 
  déséquilibre croissant entre l'offre et la demande de main-d'oeuvre résultant 
  de la disparité entre leur développement démographique et leur développement 
  économique ainsi que l'absence de démocratie et de bonne gouvernance, ont 
  généré, en nombres de plus en plus grands, d'autres types d'immigrants: 
  réfugiés, demandeurs d'asile et immigrants clandestins. Par ailleurs, le taux 
  de fécondité plus élevé des immigrés venant de pays en développement a 
  également contribué à augmenter les effectifs de la population d'origine 
  étrangère.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">45.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Au début des années 1990, plusieurs pays ont également connu un afflux 
  temporaire d'immigrés après la chute du rideau de fer et le morcellement de 
  l'ex-Yougoslavie et de l'ex-Union Soviétique. Depuis quelques années, les 
  mouvements migratoires ont tendance à se réduire, mais cette baisse est 
  compensé en partie par une augmentation de l'immigration sauvage et 
  clandestine dont on ne connaît pas le volume exact.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">46.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L'effet cumulatif des récents mouvements migratoires s'est traduit par 
  21&nbsp;millions de résidents étrangers en situation régulière en 1998<a href="#_ftn25" name="_ftnref25" title>[25]</a>. 
  Ce chiffre sous-estime certainement la présence réelle de la population 
  d'origine étrangère, puisqu'il ne prend pas en compte les immigrants en 
  situation irrégulière et sans papiers, les immigrés naturalisés, et des 
  immigrés de deuxième ou troisième génération qui ont également obtenus la 
  nationalité<a href="#_ftn26" name="_ftnref26" title>[26]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">47.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  On note sur le territoire européen des différences considérables dans le 
  volume des migrations (Figure&nbsp;10). La plupart des Etats-providence avancés ont 
  connu un solde migratoire net modérément positif dans les années 1990. Les 
  exceptions majeures sont l'Allemagne, l'Autriche et le Luxembourg où les 
  d'immigrés ont afflué. Cet afflux, considérable au début des années 1990, 
  s'est cependant réduit dans la deuxième partie de la décennie. Contrairement à 
  certaines attentes qui prévoyaient une forte pression migratoire venant des 
  pays d'Europe centrale et orientale, le mouvement d'est en ouest s'est ralenti 
  à la fin du 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle. Les grands flux migratoires vont de pays 
  non européens vers l'Europe.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">48.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Si l'on se réfère aux études démographiques et familliales portant sur les 
  immigrants et leurs familles, le comportement relationnel et en mantière de 
  procréation des immigrés européens ne diffère guère de celui de la population 
  sédentaire, autochtone. Les différences sont toutefois plus marquées dans le 
  cas d'immigrants venant de pays en voie de développement où la famille 
  patriarcale et les relations traditionnelles entre l'homme et la femme 
  s'accompagnent d'un taux de fécondité élevé. Du fait de l'insuffisance des 
  politiques d'intégration socio-économique dans les pays d'accueil ainsi que de 
  spécificités religieuses et ethniques, certains sous-groupes d'immigrés ont 
  tendance à former des îlots culturels, à se regrouper fréquemment dans des 
  quartiers urbains ou des localités distincts et à conserver leurs structures 
  familiales et les relations traditionnelles entre hommes et femmes. Les 
  travaux de recherche montrent cependant que l'intégration démographique 
  mesurée à la baisse de la fécondité en fonction de la durée du séjour et des 
  générations s'opère progressivement<a href="#_ftn27" name="_ftnref27" title>[27]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">Figure 10.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Pourcentage d'immigrés dans une sélection de pays européens </span></i></b>
  </p>
  <p align="justify"><span lang="FR"><img src="Pictures/FDOC10182j.gif" WIDTH="383" HEIGHT="453"></span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Source:&nbsp;&nbsp; calculs fondés sur Salt 
  and Clarke, 2002</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">49.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Il est extrêmement difficile de prévoir à long terme les flux migratoires à 
  venir car ils sont très sensibles aux fluctuations économiques et aux 
  décisions politiques dans les pays d'accueil comme dans les pays d'origine. 
  Les observateurs sont cependant quasi unanimes à penser qu'il existe un 
  potentiel considérable pour la poursuite de mouvements migratoires massifs 
  vers l'Union Européenne, par les régions limitrophes de l'Europe occidentale, 
  en provenance de l'Europe orientale et du Tiers Monde<a href="#_ftn28" name="_ftnref28" title>[28]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR"><a name="32t" href="#32">3.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Déterminants sociaux sous-jacents</a></span></b></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">3.2.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Constitution de 
  la famille</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">50.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les grands changements intervenus depuis peu dans la vie des couples et dans 
  la fécondité ont été expliqués par des théories différentes, qui ne s'excluent 
  d'ailleurs pas nécessairement. Certaines de ces théories ont mis l'accent sur 
  les conséquences des facteurs économiques<a href="#_ftn29" name="_ftnref29" title>[29]</a>, 
  certaines ont souligné le rôle des facteurs culturels, de valeurs et 
  d'idéologie nouvelles<a href="#_ftn30" name="_ftnref30" title>[30]</a>. 
  D'autres ont attiré l'attention sur l'évolution des relations entre les sexes, 
  notamment la participation à la vie active, des femmes en particulier, et sur 
  les répercussions spécifiques de la deuxième vague du mouvement d'émancipation 
  des femmes<a href="#_ftn31" name="_ftnref31" title>[31]</a>. D'autres encore 
  signalent les effets de la présence ou de l'absence de politiques sociales 
  (publiques) spécifiques, dans le domaine de l'aide à l'enfance, de la 
  conciliation de la vie familiale et professionnelle, du logement, de la 
  fiscalité, des prestations familiales, des revenus de substitution, par 
  exemple <a href="#_ftn32" name="_ftnref32" title>[32]</a></span>. </p>
  <p align="justify"><span lang="FR">51.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Quelles sont les causes de la généralisation et de l'accélération, ces 
  dernières décennies, des modifications de la structure et des processus 
  familiaux que certains scientifiques appellent 'la deuxième transition 
  démographique'?<a href="#_ftn33" name="_ftnref33" title>[33]</a> Plusieurs 
  explications ont été proposées, - l'expansion économique après la 2<sup>e</sup>&nbsp;guerre 
  mondiale, l'essor pétrolier, les innovations technologiques dans divers 
  domaines (depuis l'avion à réaction, en passant par la télévision et Internet, 
  jusqu'aux contraceptifs modernes et aux méthodes d'avortement sans risque 
  médical), l'émancipation de la femme, de nouvelles valeurs culturelles, en 
  particulier dans les domaines de l'individualisme et de la sécularisation. 
  Certains auteurs, adoptant une démarche plus globale, considèrent les 
  changements récents, actuels et possibles à l'avenir dans la vie du couple et 
  le comportement procréateur comme dus à l'effet combiné des changements 
  intervenus dans les domaines économique (dans les systèmes de production, par 
  exemple), culturel (sécularisation), idéologique (deuxième vague féministe), 
  social (développement des politiques de prévoyance sociale) et technologique 
  (méthodes modernes de contraception et d'avortement, technologies de 
  l'information et de la communication, entre autres) dans les sociétés avancées<a href="#_ftn34" name="_ftnref34" title>[34]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">52.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Il conviendrait d'attirer tout particulièrement l'attention sur la transition 
  ou la révolution en matière de contraception qui a eu lieu vers la fin des 
  années 60 du siècle dernier. L'on a suggéré que les contraceptifs modernes (et 
  les méthodes médicales d'avortement) sont à l'origine d'une nouvelle baisse de 
  la fécondité depuis les années 60. Cependant, lorsqu'on interroge des 
  indicateurs tels que le nombre d'enfants désiré et le nombre idéal, les 
  différences sont minimes entre la période qui a précédé et celle qui a suivi 
  la vulgarisation des méthodes modernes de contraception. Ce que ces méthodes 
  ont surtout changé c'est le nombre d'enfants non prévus et non désirés, 
  autrement dit, elles ont considérablement réduit la fécondité excédentaire 
  antérieure. En outre, comme nous l'avons dit précédemment, les contraceptifs 
  modernes ont changé les attitudes (et les comportements) s'agissant de la 
  décision d'avoir ou non des enfants. Cela ne veut pas dire que le nombre 
  d'enfants idéal n'a pas diminué un peu plus ces dernières décennies, mais la 
  cause de ce phénomène ne peut être imputée à la transition due à la 
  contraception, mais plutôt aux changements sociaux, économiques ou culturels. 
  La contraception moderne a joué un rôle capital dans les changements 
  intervenus en matière de procréation. Par contre, le contrôle efficace et 
  éclairé de la fécondité a permis ou favorisé plusieurs autres processus 
  concernant la famille, les relations sexuelles avant le mariage comportent 
  désormais moins de risques, le mariage a pu être différé ou remplacé 
  temporairement par d'autres types d'union. Peut-être a-t-il également 
  encouragé les partenaires multiples et les relations extraconjugales. 
  Cependant, pour les hommes ayant de multiples partenaires, les méthodes 
  modernes de contraception sont un désastre: la propagation des gênes qui était 
  liée à leur type de comportement s'en trouve fortement réduite, voire 
  totalement supprimée.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">53.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La chute libre de la fécondité en Europe de l'est représente un cas 
  particulier. Les changements économiques et sociaux après l'effondrement des 
  régimes communistes ont entrainé la suppression ou l'affaiblissement du 
  système de protection familiale à caractère fortement socialiste, qui 
  comportait une participation élevée de la main-d'oeuvre féminine, une large 
  couverture de prestations familiales, la présence d'un grand nombre de crèches 
  et de garderies, et du système de protection sociale en général<a href="#_ftn35" name="_ftnref35" title>[35]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">54.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Dans l'ensemble, la modernisation de la société a créé une situation dans 
  laquelle les besoins individuels et ceux de la société au regard de la 
  continuité des générations ne coïncident plus. Dans les conditions de vie 
  actuelles, les individus et les couples peuvent se contenter d'un ou de deux 
  enfants, tandis que, pour assurer sa continuité à long terme, la société a 
  besoin d'un grand nombre de familles ayant trois ou quatre enfants pour 
  compenser celles qui n'en ont pas ou n'en ont qu'un. En outre, le
  <br clear="all">
  rapport et les interactions entre le travail, les loisirs et la parentalité au 
  cours d'une vie ont évolué de telle manière que la fécondité est repoussée à 
  un âge de plus en plus avancé, où des facteurs biologiques, sociaux et 
  psychologiques ne permettent pas une récupération suffisante des naissances 
  ajournées<a href="#_ftn36" name="_ftnref36" title>[36]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">3.2.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Santé</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">55.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L'allongement constant de l'espérance de vie en Europe de l'ouest au cours de 
  la deuxième moitié du 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle résulte d'un recul de toutes les 
  principales causes de mortalité, en particulier de la régression spectaculaire 
  des maladies cardiovasculaires ces dernières décennies. Les changements de 
  comportement ainsi que les progrès de la médecine et l'amélioration des soins 
  de santé sont à l'origine de cette évolution. Les pays d'Europe centrale et 
  orientale ont fait moins de progrès au cours du 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle. Depuis 
  le milieu des années 60, nombre d'entre eux ont connu une véritable crise de 
  la santé, entraînant une diminution de l'espérance de vie, surtout parmi les 
  hommes. Ces dernières années, la situation a commencé à s'améliorer dans la 
  plupart des pays en transition. Cette crise s'explique généralement par des 
  causes multiples, une croissance socio-économique plus faible, des privations 
  matérielles, le stress psychologique dû aux changements sociaux et politiques 
  rapides, des habitudes de vie nocives, une alimentation inadéquate, des normes 
  peu rigoureuses dans les services médicaux, et un système de santé médiocre<a href="#_ftn37" name="_ftnref37" title>[37]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">3.2.3.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les pays en 
  voie de développement, source d'immigration potentielle</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">56.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les disparités économiques entre l'Europe de l'ouest et l'Europe de l'est - 
  avec un taux différentiel du PIB de 15 &#150; suscitent une forte pression 
  migratoire d'est en ouest, même en présence de chiffres de chômage élevés à 
  l'ouest. On peut s'attendre à ce que cette pression migratoire venant des pays 
  de l'est reste forte et se poursuive longtemps. L'Europe de l'est - y compris 
  tous les ex-pays communistes - compte 338 millions d'habitants, elle connaît 
  une grande pauvreté et des taux de chômage élevés et se caractérise souvent 
  par son instabilité politique et des dissensions ethniques. La main d'&#156;uvre 
  non qualifiée de ces régions cherche souvent un emploi dans des pays 
  d'immigration, dans les secteurs du marché qui n'attirent pas les autochtones, 
  tandis que les immigrés hautement qualifiés acceptent souvent des emplois qui 
  ne correspondent pas à leurs compétences professionnelles. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">57.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le potentiel d'immigration future en provenance des pays en voie de 
  développement devrait se maintenir et même augmenter, en raison de leur forte 
  population, des déséquilibres économiques, de l'absence de démocratie et de 
  bonne gouvernance qui existent dans plusieurs de ces pays et se conjuguent, 
  générant des pressions migratoires économiques et politiques<a href="#_ftn38" name="_ftnref38" title>[38]</a>. 
  Tandis que selon la variante moyenne des Nations Unies sur les perspectives 
  démographiques<a href="#_ftn39" name="_ftnref39" title>[39]</a>, la population 
  de l'Europe du sud, par exemple, devrait diminuer, passant de 145 millions à 
  117 millions, celle de l'Afrique du Nord devrait passer 174 à 303 millions et 
  celle de l'Asie Occidentale de 188 à 424 millions. L'augmentation de la 
  population des pays en voie de développement touchera surtout les jeunes et 
  engendrera par conséquent une énorme demande de travail (Figure 11).</span></p>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">Figure 11:&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Effectifs du groupe d'âges 20-29 en Afrique du Nord et en Europe du Sud, 
  1950-2050.</span></i></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR"><img src="Pictures/FDOC10182k.gif" WIDTH="399" HEIGHT="462"></span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Source:&nbsp;&nbsp; calculs fondés sur 
  le scénario des Nations Unies pour la variante moyenne (2001).</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">58.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Etant donné l'ampleur et la force des pressions migratoires, de nombreux 
  chercheurs incluent dans leurs scénarios démographiques pour l'Europe, des 
  variantes comportant des chiffres d'immigration élevés<a href="#_ftn40" name="_ftnref40" title>[40]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">59.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les variantes des scénarios démographiques du Conseil de l'Europe<a href="#_ftn41" name="_ftnref41" title>[41]</a> 
  intégrant des taux d'immigration élevés ou faibles montrent que l'immigration 
  peut avoir un impact considérable sur l'effectif de la population, mais ne 
  ralentit que faiblement son vieillissement. Dans les 20&nbsp;pays européens 
  étudiés, une immigration nette élevée et continue d'un million de personnes 
  par an ajouterait de 65 à 80&nbsp;millions de personnes (environ 17%) de plus que 
  dans les scénarios d'immigration zéro d'ici 2050.Ces chiffres seraient encore 
  plus élevés si l'on tenait également compte de la fécondité de la population 
  immigrée.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">60.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  S'agissant de la structure par âges, les variantes migratoires élevées 
  influent sur l'intensité, mais ne modifient pas l'orientation des changements 
  de cette structure. Contrairement à son incidence sur l'effectif de la 
  population, dans une perspective à long terme, l'immigration massive ne semble 
  pas avoir de répercussions notables sur la pyramide des âges<a href="#_ftn42" name="_ftnref42" title>[42]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR"><a name="4t" href="#4">4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Défis démographiques pour l'avenir</a></span></b></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR"><a name="41t" href="#41">4.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Contexte</a></span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">61.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  En Europe, les politiques démographiques futures devront prendre en compte 
  l'évolution, désormais entrée dans les m&#156;urs, des valeurs, des normes et des 
  droits sociaux dans différents domaines et c'est dans ce contexte qu'elles 
  devront être appliquées:</span></p>
  <ul>
    <li>
    <p align="justify"><span lang="FR">les sociétés européennes attachent 
    beaucoup de prix au savoir, à l'éducation et à l'information&nbsp;et fonctionnent 
    sur cette base;</span></li>
    <li>
    <p align="justify"><span lang="FR">les européens ont de grandes 
    espérances/attentes concernant leur qualité de vie;</span></li>
    <li>
    <p align="justify"><span lang="FR">non seulement la connaissance et 
    l'accessibilité de méthodes fiables de contrôle des naissances sont très 
    généralement admises dans leur principe, mais le recours à ces méthodes est 
    aussi largement répandu dans la pratique;</span></li>
    <li>
    <p align="justify"><span lang="FR">une espérance de vie de plus en plus 
    longue est un objectif poursuivi par tous;</span></li>
    <li>
    <p align="justify"><span lang="FR">l'émancipation de la personne, en 
    particulier de la femme, constitue un principe généralement acquis;</span></li>
    <li>
    <p align="justify"><span lang="FR">les sociétés européennes sont, dans 
    l'ensemble, fortement sécularisées.</span></li>
  </ul>
  <p align="justify"><span lang="FR">62.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Malgré cela, au sein de ses sociétés aussi bien qu'entre elles, l'Europe 
  montre un pluralisme idéologique marqué dans les attitudes et les points de 
  vue face à un certain nombre de questions cruciales liées à la famille et à la 
  démographie. Certains acteurs politiques souhaitent que nos populations 
  augmentent encore, s'opposent à des mesures favorisant la diffusion des 
  méthodes modernes de contraception, prônent le retour de la femme au foyer et 
  plaident pour un modèle familial fondé sur une différenciation claire et nette 
  des rôles de l'homme et de la femme. D'autres pensent que la diminution de la 
  population fera baisser la pression sur l'environnement, que l'immigration 
  contribuera à la création d'une société multiculturelle souhaitable, et 
  suppriment la notion de famille de leur discours politique, mettant en avant 
  leur souci de l'individu. D'autres encore restent muets sur les questions 
  démographiques, ne voulant pas être soupçonnés de sympathie pour les anciennes 
  et pernicieuses politiques démographiques, ou ne souhaitant pas intervenir 
  dans les questions familiales qu'ils considèrent comme relevant de la sphère 
  privée. Une vision cohérente et globale des besoins actuels en matière de 
  politique démographique est pratiquement absente des grands débats politiques 
  au niveau européen comme au niveau national.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR"><a name="42t" href="#42">4.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Défis concernant l'effectif de la population.</a></span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">63.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Il est possible de débattre de la taille souhaitable d'une population dans 
  trois perspectives: population en accroissement, population décroissante et 
  population stationnaire. Lorsque l'un de ces modèles est retenu indépendamment 
  du rythme de l'évolution démographique, cela traduit généralement des choix 
  idéologiques. Le rythme de l'évolution de l'effectif est un élément essentiel 
  de l'élaboration d'une politique objectivement fondée, qu'il s'agisse des 
  raisons qui la fonde ou du recours à des instruments adéquats.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">64.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L'idéologie de la croissance démographique fondée sur un équilibre des forces 
  tenant uniquement au nombre semble avoir en grande partie disparu dans la 
  plupart des pays industrialisés. C'est uniquement dans certains petits pays 
  européens nouvellement indépendants que les dirigeants et la population 
  s'inquiètent du déclin démographique, du fait de la petite taille du pays, et 
  sont donc favorables à un accroissement de la population<a href="#_ftn43" name="_ftnref43" title>[43]</a>. 
  Dans la plupart des pays cependant, le débat ne porte pas sur les avantages de 
  l'accroissement démographique, mais plutôt sur l'utilité de parvenir à un 
  modèle de population stationnaire avec une structure par âges stable. Des voix 
  minoritaires s'élèvent çà et là pour préconiser une diminution de la 
  population. Il est généralement admis qu'une croissance démographique très 
  rapide qui ne serait pas accompagnée d'un développement socio-économique tout 
  aussi rapide n'est pas un objectif social souhaitable et risque d'avoir des 
  effets négatifs sur le bien-être de la population.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">65.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les partisans d'une décroissance sont inspirés par des préoccupations 
  écologiques et/ou des considérations relatives à la population mondiale, 
  tandis que ceux qui craignent le déclin démographique s'inquiètent surtout des 
  conséquences socio-économiques et politiques défavorables<a href="#_ftn44" name="_ftnref44" title>[44]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">66.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les raisons qui poussent à se féliciter du déclin démographique ou à 
  l'encourager<a href="#_ftn45" name="_ftnref45" title>[45]</a> sont de deux 
  ordres: les premières s'intéressent surtout aux inégalités entre le nord et le 
  sud, tandis que les autres considèrent essentiellement les problèmes 
  écologiques. Les pays développés ne représentent que le cinquième de la 
  population mondiale et consomment une part disproportionnée des ressources de 
  la planête en énergie, en alimentation et autres. Il en va de même de la 
  pollution de l'environnement: les pays industriels sont les plus grands 
  pollueurs. Du point de vue d'une justice distributive, de nombreux 
  spécialistes, dans une vision globale, estiment qu'une baisse démographique 
  dans des pays ou des régions très densément peuplées pourrait soulager 
  considérablement l'écosystème mondial, avec des effets bénéfiques pour les 
  ressources naturelles, la capacité de régénération et la qualité sanitaire et 
  esthétique de l'environnement.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">67.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Par contre, on a souvent tendance à oublier que dans les régions du monde 
  hautement industrialisées, la consommation par habitant et la technologie 
  écologiquement néfaste qui produit les biens de consommation ont beaucoup plus 
  d'impact sur l'environnement que la taille de la population, en tant que 
  telle. En outre, il n'est pas certain que la population soit prête à modifier 
  beaucoup ses habitudes de consommation. En dernière analyse, si la 
  décroissance d'une population semble temporairement bénéfique pour 
  l'environnement et socialement avantageuse, sur le long terme il ne s'agit 
  manifestement pas d'une option acceptable en ce sens qu'elle finirait par 
  entrainer la disparition de la population en question. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">68.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La crainte d'un recul démographique continu<a href="#_ftn46" name="_ftnref46" title>[46]</a> 
  a également plusieurs sources. Elle est parfois liée aux répercussions 
  économiques, culturelles et surtout politiques d'une diminution numérique. 
  Bien que l'on admette que dans les sociétés modernes, le nombre n'a plus le 
  même poids qu'auparavant dans la compétition politique, militaire et 
  économique, l'effectif d'une population est toujours considérée comme un 
  facteur pertinent, surtout s'agissant des écarts démographiques nord-sud. Les 
  conséquences d'un déclin continu de la population dû à la persistance d'une 
  fécondité inférieure au seuil de remplacement sont, à moyen terme, beaucoup 
  plus importantes qu'on ne le pense généralement. La population de l'ensemble 
  de l'Europe (y compris la Fédération de Russie) selon certains calculs/sources 
  passerait de 727&nbsp;millions en 2000 à 167&nbsp;millions en 2100, dans l'hypothèse où 
  le taux de fécondité globale de l'Europe, en moyenne de 1,37&nbsp;enfants 
  actuellement, se maintiendrait à ce niveau, l'espérance de vie actuelle 
  demeurant inchangée et en l'absence d'émigration et d'immigration. (Figure&nbsp;12)<a href="#_ftn47" name="_ftnref47" title>[47]</a>. 
  Ainsi, le débat sur le poids relatif des diverses régions du monde est venu 
  remplacer les débats du 19e siècle et du début de 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle sur le 
  poids démographique relatif des nations voisines.</span></p>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">Figure 12:&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Diminution de la population en Europe (y compris la Fédération de Russie) de 
  2000 à 2100, dans l'hypothèse de taux de fécondité et de mortalité constants 
  au niveau de 2000 et en l'absence d'émigration et d' immigration.</span></i></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR"><img src="Pictures/FDOC10182n.gif" WIDTH="402" HEIGHT="474"></span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Source:&nbsp;&nbsp; calculs fondés sur 
  Demeny, 2003</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">69.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Cependant, les effets négatifs du déclin démographique sont généralement 
  considérés dans un contexte plus large, en particulier par rapport au 
  vieillissement de la population auquel il est souvent lié. On pense que les 
  effets conjugués d'un déclin démographique continu et du vieillissement d'une 
  population réduisent la compétitivité et l'adaptabilité de la société<a href="#_ftn48" name="_ftnref48" title>[48]</a>, 
  ainsi que le renouvellement des ressources humaines<a href="#_ftn49" name="_ftnref49" title>[49]</a> 
  et limitent ses possibilités d'assurer la sécurité sociale, les soins de santé 
  et autres prestations sociales<a href="#_ftn50" name="_ftnref50" title>[50]</a>. 
  En conclusion, des choix politiques s'imposent. Nos sociétés acceptent-t-elles 
  un recul, continu ou temporaire, de l'effectif de leur population? Ou 
  souhaitent-elles les maintenir au niveau actuel?</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR"><a name="43t" href="#43">4.3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Défis concernant la structure par âges de la population.</a></span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">70.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La longévité offre de nouvelles possibilités aux individus et à la société, 
  mais le vieillissement de la population entraîne également des coûts sociaux. 
  Ces coûts sont particulièrement élevés dans le domaine des régimes de retraite 
  publics et des besoins de santé et de soins des personnes âgées.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">71.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Il ne fait pas de doute que la plupart des pays européens vont connaître une 
  vague de vieillissement considérable après 2010, puisque les grandes cohortes 
  du baby boom d'après guerre et les cohortes moins nombreuses qui leur on 
  succédé auront respectivement atteint l'âge de la retraite et l'âge de la vie 
  active.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">72.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  On peut s'attendre à ce que les problèmes posés par le vieillissement de la 
  population soient considérablement accentués par la combinaison de deux 
  facteurs de viellissement: la poursuite de l'allongement de la durée de vie et 
  la diminution du nombre de jeunes due à une fécondité inférieure au seuil de 
  remplacement.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">73.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le premier défi du vieillissement démographique tient à la nécessité de s'adapterà 
  une population qui prend de l'âge, ce qui implique qu'il faudra revoir et 
  aménager les politiques et les stratégies. Le vieillissement de la population 
  est une réalité démographique, ce n'est pas un choix, mais les réponses des 
  pouvoirs publics aux besoins des personnes âgées et des citoyens des sociétés 
  vieillissantes en général relèvent bel et bien d'un choix. L'adaptation à ce 
  nouveau régime démographique en pleine évolution est un processus progressif 
  qui a débuté il y a déjà plusieurs décennies avec les régimes publics de 
  retraites, les soins de santé et les services publics pour les personnes 
  âgées. Il ne paraît guère possible de revenir aux conditions de vie 
  antérieures à l'ère industrielle où la famille élargie assurait les moyens 
  d'existence et prenait soin des personnes âgées.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">74.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le deuxième défi lié au vieillissement de la population est le phénomène dit 
  de «déjuvénation» dû à une fécondité inférieure au seuil de remplacement. Ce 
  phénomène exacerbe le vieillissement démographique. Des choix politiques 
  seront nécessaires pour décider s'il convient de s'attaquer ou non à ce 
  phénomène.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">75.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le troisième défi concerne la progression du rapport de dépendance, c'est à 
  dire le rapport entre le nombre de personnes âgées et le nombre d'actifs. Ce 
  problème porte sur le taux d'activité de la population en âge de travailler 
  (15-64&nbsp;ans) ainsi que sur le taux d'activité des personnes âgées (65&nbsp;ans et 
  plus). On peut prévoir que le nombre et le pourcentage de personnes en âge de 
  travailler diminueront alors que, dans le même temps, un grand nombre de 
  personnes de ce groupe d'âges seront inactives parce que sans emploi, 
  volontairement ou involontairement. De même, le nombre et le pourcentage de 
  personnes âgées augmentent et continueront à augmenter, tandis que leur 
  participation à la vie active diminue. Il faudra faire des choix politiques 
  quant à l'opportunité de mettre au travail à la fois les adultes (d'un certain 
  âge) et les (jeunes) seniors afin de réduire le rapport de dépendance des 
  personnes âgées.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">76.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le quatrième défi concerne la réduction de la morbidité. La société moderne se 
  caractérise par un allongement sans précédent de l'espérance de vie, les 
  causes de mortalité tenant désormais moins à des facteurs externes (c.à.d. les 
  maladies infectieuses) qu'à des facteurs internes (c.à.d. la sénescence). Ce 
  changement comporte le risque que le gain en nombre d'années s'accompagne 
  d'une fragilité et d'incapacités accrues. Les avis des experts et les 
  conclusions des recherches à ce sujet sont loin de l'unanimité. Certains 
  estiment que le gain en nombre d'années a été acquis aux dépens de la qualité 
  de la vie<a href="#_ftn51" name="_ftnref51" title>[51]</a>, d'autres affirment 
  que la morbidité de la sénescence a été réduite dans les dernières années de 
  vie<a href="#_ftn52" name="_ftnref52" title>[52]</a>. Les deux points de vue 
  renferment certainement une part de vérité: l'état de santé de la grande 
  majorité des jeunes seniors est satisfaisant, quand il n'a pas été amélioré; 
  le plus gros problème est celui des personnes très âgées dont une grande 
  partie souffre de dégénérescence liée à la sénescence<a href="#_ftn53" name="_ftnref53" title>[53]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">77.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Ces évolutions exigeront des choix des pouvoir publics concernant la 
  prévention de la fragilité des personnes très âgées.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR"><a name="44t" href="#44">4.4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Défis concernant l'immigration</a></span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">78.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  En tant que processus démographique, les migrations peuvent avoir des 
  conséquences importantes et diverses dans de nombreux domaines de la vie 
  économique, sociale et politique. L'ampleur des effets dépend tout d'abord de 
  l'importance des stocks et des flux de migrants, tandis que le type d'effet 
  dépend des caractéristiques spécifiques de ces migrants et de leur degré 
  d'intégration économique, sociale et culturelle dans la société d'accueil. Un 
  aspect crucial autant que délicat des migrations en liaison avec l'effectif de 
  la population est celui des relations entre autochtones et allochtones en cas 
  de flux migratoire étoffé et continu.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">79.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  On note divers points de vue parmi les spécialistes et les décideurs ainsi que 
  dans l'ensemble de la population européenne. Ces points de vue peuvent être 
  regroupés selon deux axes essentiels: l'un qui oppose les attitudes positives 
  aux attitudes négatives envers l'immigration et l'autre qui oppose ceux qui 
  sont en faveur d'une société ethnique pluraliste à ceux qui se prononcent pour 
  l'intégration et finalement l'assimilation des immigrants.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">4.4.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Immigration ou 
  absence d'immigration?</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">80.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L'immigration est une réponse à divers besoins ou objectifs d'une société: 
  attirer des qualifications particulières (immigration sélective par opposition 
  à une émigration non contrôlée), offrir un havre de sécurité aux demandeurs 
  d'asile et aux réfugiés, réunir les familles. En présence de demandes ciblées 
  en matière de main d'&#156;uvre, les immigrants peuvent jouer un rôle important 
  dans le développement économique d'un pays ou d'une région<a href="#_ftn54" name="_ftnref54" title>[54]</a>. 
  Ils contribuent souvent de manière non négligeable à rajeunir la population, à 
  renforcer la main d'&#156;uvre, à soutenir le système de sécurité sociale, à 
  redonner vie à des quartiers ou des régions en déclin, etc.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">81.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L'immigration devrait également être considérée du point de vue des migrants 
  eux-mêmes. Volontaire ou provoquée, l'immigration est généralement une 
  stratégie destinée à améliorer les conditions et la qualité de vie des 
  intéressés, à leur permettre une promotion sociale, ou à échapper à la 
  destruction ou aux persécutions. La recherche montre que même si leur 
  situation sociale est inférieure à celle des autochtones, les immigrants dans 
  leur majorité estiment avoir réussi dans leur projet de migration et être 
  relativement bien intégrés.<a href="#_ftn55" name="_ftnref55" title>[55]</a></span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">82.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Le débat se limite ici aux arguments démographiques, c'est à dire à la 
  question de savoir si une immigration massive peut servir d'instrument 
  permettant de compenser le vieillissement de la population et/ou la baisse des 
  effectifs. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">83.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les études ont montré que l'immigration massive n'est pas une option miracle 
  pour compenser la baisse des effectifs de la population ou son vieillissement. 
  Elle peut contribuer à réduire le recul d'un groupe d'âges donné et de 
  l'ensemble de la population, mais elle fait naître de nombreux autres 
  problèmes de société. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">84.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  S'agissant des répercussions de l'immigration sur le vieillissement de la 
  population, les démographes ont depuis longtemps montré que l'immigration de 
  remplacement n'est pas une solution au problème parce que l'âge moyen des 
  immigrés n'est que très légèrement inférieur à celui des autochtones et que 
  leur taux de fécondité initialement supérieur décroît rapidement. Les 
  immigrants eux-mêmes vieillissent et comme les autochtones il faut toujours 
  plus d'immigrés pour compenser le vieillissement de leur population et les 
  remplacer. Seul un afflux massif de migrant pourrait ralentir ou neutraliser 
  ce processus de vieillissement, mais il entrainerait un accroissement 
  considérable de la population<a href="#_ftn56" name="_ftnref56" title>[56]</a>. 
  Par ailleurs, une immigration massive n'apporterait pas nécessairement les 
  immigrés possédant les qualifications répondant aux besoins ou aux 
  opportunités économiques des pays européens. Etant donné que le chômage est 
  aujourd'hui déjà fortement concentré parmi les couches de population les moins 
  instruites et dont la formation est la moins poussée, et en particulier parmi 
  les immigrés les moins qualifiés et ceux de la deuxième génération, une 
  immigration massive ne ferait qu'aggraver le problème.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">85.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les politiques en matière d'immigration doivent donc avoir des objectifs 
  clairement définis et être précédées d'une analyse d'impact portant sur les 
  effets démographiques, socio-économiques et politiques à long terme.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR"><a name="5t" href="#5">5.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Options pour l'action des pouvoirs publics</a></span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">86.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Deux types de stratégies visent les mécanismes démographiques du 
  vieillissement et les changements intervenant dans les effectifs et la 
  composition par âges de la population. Les politiques de type réactif tendent 
  à adapter les structures de la société à l'évolution démographique, tandis que 
  les politiques axées sur le changement visent à modifier les facteurs 
  démographiques, à savoir les taux de fécondité, le volume des migrations ou 
  l'espérance de vie afin d'obtenir les effectifs de population souhaités et une 
  composition par âges équilibrée.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">87.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les politiques d'adaptation et de changement ne s'excluent pas nécessairement. 
  Les unes et les autres peuvent être intégrées dans diverses combinaisons. Des 
  politiques d'adaptation sont toujours indispensables, en tout état de cause. 
  Les stratégies à long terme tendant à stabiliser la population exigent 
  également des politiques destinées à modifier le régime démographique actuel. 
  Une difficulté fondamentale lorsqu'il s'agit de concilier les effets immédiats 
  et à long terme des politiques est due au fait que des politiques d'adaptation 
  à court terme coïncident plus ou moins avec le calendrier des élections dans 
  les pays démocratiques, alors que les stratégies à long terme exigent que l'on 
  transcende cette dimension temporelle pour inclure la dimension 
  inter-générationnelle qui doit caractériser les politiques démographiques 
  dignes du nom.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">88.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les options examinées sont liés aux défis en matière de population mentionnés 
  ci-dessus et ne s'excluent pas mutuellement. Elles peuvent et devraient être 
  associées et intégrées dans le cadre d'une stratégie démographique globale.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR"><a name="51t" href="#51">5.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Options en matière de fécondité</a></span></b></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.1.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Contexte</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">89.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les débats sur l'intérêt de maintenir la population à un niveau stationnaire 
  amènent invariablement à la question de savoir comment relever une fécondité 
  inférieure au seuil de remplacement. Un redressement spontané de la fécondité 
  a peu de chances de se produire<a href="#_ftn57" name="_ftnref57" title>[57]</a> 
  et des politiques appropriées seront nécessaires.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">90.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  A ce jour, à l'exception de la France, aucun pays de l'Union Européenne n'a 
  une politique explicite d'accroissement de la fécondité. De nombreux Etats 
  européens ont toutefois des politiques axées sur la famille ou l'enfant qui 
  encouragent les naissances ou l'éducation des enfants ou encore des politiques 
  sociales plus générales qui permettent de mieux concilier la vie familiale et 
  professionnelle. La plupart des spécialistes estiment que de telles mesures 
  n'ont eu qu'un effet positif limité sur le nombre d'enfants souhaîté ou 
  effectif, mais ils reconnaissent en même temps que l'absence de telles mesures 
  aurait pu entraîner des taux de fécondité encore inférieurs à ceux qui 
  existent actuellement<a href="#_ftn58" name="_ftnref58" title>[58]</a>. Du 
  fait du décalage des naissances dans le déroulement de la vie de la mère, les 
  effets à court terme ne se traduisent pas toujours par une descendance finale 
  plus importante. Dès 1986 certains chercheurs concluaient que même les mesures 
  coûteuses et de grande envergure ayant des résultats positifs à court terme ne 
  donnent pratiquement jamais de résultats spectaculaires sur le long terme pour 
  ce qui est du nombre moyen d'enfants par génération de femmes<a href="#_ftn59" name="_ftnref59" title>[59]</a>. 
  Les recherches économétriques menées en France ont abouti à la conclusion 
  qu'une indemnisation totale des coûts que représente un enfant augmenterait en 
  fin de compte la descendance finale d'environ 0,5 enfant par femme<a href="#_ftn60" name="_ftnref60" title>[60]</a>. 
  Si l'on reconnaît que les résultats obtenus jusqu'à présent restent limités, 
  il faut également admettre que les mesures prises ne se sont peut-être pas 
  attaquées aux causes profondes des comportements procréateurs actuels, ou que 
  ces mesures étaient insuffisantes pour avoir des effets notables<a href="#_ftn61" name="_ftnref61" title>[61]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">91.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Par ailleurs, plusieurs spécialistes soulignent les différences frappantes qui 
  existent entre les taux de fécondité des pays nordiques et ceux des pays 
  d'Europe du sud et ils associent le taux élevé des pays nordiques aux 
  vigoureuses politiques d'émancipation mises en &#156;uvre en faveur des femmes et à 
  la généralisation des politiques de protection sociale<a href="#_ftn62" name="_ftnref62" title>[62]</a>. 
  Le nombre d'enfants que les gens désirent ou qu'ils ont effectivement dépend 
  en partie de leurs besoins et de leurs aspirations personnels, mais également 
  du contexte socioculturel, socio-économique et politique de leur société qui 
  constitue un cadre plus ou moins favorable </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">92.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les deux autres mécanismes démographiques susceptibles de compenser une 
  fécondité inférieure au seuil de remplacement &#150; l'immigration et la longévité 
  accrue &#150; ne sont souvent considérés que comme des solutions à court terme. 
  L'accroissement de la longévité ne compense que temporairement une fécondité 
  déficitaire pour maintenir les effectifs de la population et s'accompagne d'un 
  vieillissement accéléré de la population. Le recours à l'immigration pour 
  compenser une fécondité insuffisante n'est également qu'une solution 
  temporaire et partielle&nbsp;qui, à long terme, conduirait à une profonde 
  modification ethnique de la population. En outre, l'immigration semble être 
  également une solution inappropriée à long terme pour compenser le 
  vieillissement de la population, parce que les immigrants contribuent assez 
  rapidement au processus de vieillissement et devraient être remplacés par des 
  effectifs toujours croissants de nouveaux immigrants pour maintenir 
  l'équilibre de la pyramide des âges.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">93.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les spécialistes considèrent que la position actuelle des partisans des 
  politiques favorisant la fécondité est distincte de la position nataliste 
  d'avant la deuxième guerre mondiale, car le point de référence est désormais 
  une population stationnaire et non plus la croissance démographique<a href="#_ftn63" name="_ftnref63" title>[63]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.1.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Options partant 
  de l'hypothèse qu'il est souhaitable/possible de redresser la fécondité pour 
  qu'elle atteigne ou approche le seuil de remplacement</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">94.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Il ressort de la littérature spécialisée que cet objectif exigera des efforts 
  considérables et multiples au niveau des politiques dans des domaines tels que 
  les relations hommes/femmes, les relations parents/enfants, la façon de 
  concevoir l'environnement, les valeurs familiales et de l'enfance, 
  l'organisation de la vie.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.1.2.1. Politiques d'émancipation et 
  d'égalité des sexes</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">95.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La recherche<a href="#_ftn64" name="_ftnref64" title>[64]</a> révèle la 
  nécessité de supprimer les inégalités liées au sexe, non seulement compte tenu 
  du fait que les femmes s'investissent, aujourd'hui encore, plus que les hommes 
  dans le soin des enfants, mais aussi parce que la société moderne est plus 
  adaptée aux besoins des hommes qu'à ceux des femmes. Dans ce domaine, il 
  faudra prendre des mesures de nature structurelle pour permettre aux femmes de 
  concilier plus facilement la maternité et d'autres activités, et en 
  particulier de s'intégrer au monde du travail, mais il faudra aussi des 
  politiques tendant à changer la mentalité des hommes en matière de division 
  des tâches relatives au soin et à l'éducation des enfants, afin qu'ils 
  partagent pleinement les responsabilités familiales avec leur partenaire<a href="#_ftn65" name="_ftnref65" title>[65]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">96.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les attitudes traditionnelles concernant le rôle de l'homme et de la femme et 
  les rapports de force entre eux, leurs capacités respectives et les formes de 
  discrimination qui subsistent dans le monde du travail en matière de sélection 
  à l'embauche, de salaires, de carrières et autres, sont encore très vivaces et 
  entravent tant l'élaboration que la mise en &#156;uvre de politiques familiales et 
  démographiques modernes. Les politiques gouvernementales doivent combattre les 
  positions traditionnelles sur les différences entre hommes et femmes, les 
  (in)capacités liées aux sexes, et les relations faussées par ce type de 
  préjugés.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">97.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Ces politiques doivent également éliminer les formes de discrimination liée au 
  sexe qui subsistent dans le monde du travail&nbsp;en matière d'embauche, de 
  salaires et de carrière. Elles doivent aussi renforcer les mesures permettant 
  de concilier la vie familiale et professionnelle, plus particulièrement en ce 
  qui concerne les structures d'accueil des enfants et les dispositions légales 
  en matière de congé parental et de réintégration professionnelle. Par 
  ailleurs, il convient de développer les horaires de travail flexibles et 
  variables, adaptés aux besoins de la famille. Les politiques gouvernementales 
  devraient également promouvoir une plus grande stabilité de l'emploi pour les 
  hommes comme pour les femmes. Enfin, et ce n'est pas le moins important, des 
  politiques soucieuses de la famille et de l'enfant se doivent d'être 
  universalistes et les prestations doivent être versées quel que soit le type 
  de famille et de ménage.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">98.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Des politiques et des mesures contribuant à changer les mentalités et les 
  comportements des hommes face aux tâches ménagères et au soin des enfants sont 
  également nécessaires. Des conditions ne portant pas préjudice à la vie 
  professionnelle devraient être créées pour que les hommes puissent bénéficier 
  du travail à temps partiel, leur offrant ainsi la possibilité de participer 
  aux tâches ménagères et à l'éducation des enfants.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">99.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L'égalité des sexes en ce qui concerne le rapport famille-travail pourrait 
  être favorisée par la réduction généralisée du temps de travail. Un terrain 
  d'action prometteur consisterait, semble-t-il, à faire participer des 
  entreprises privées à l'élaboration de modalités de travail permettant une 
  organisation compatible avec la vie de famille, une plus grande égalité entre 
  hommes et femmes et mettant les salariés en mesure d'avoir le nombre d'enfants 
  qu'ils désirent.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.1.2.2. Politiques soucieuses de la 
  famille et de l'enfant.</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">100.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; On 
  souligne souvent la nécessité d'éliminer les inégalités financières liées à la 
  situation des parents. Il ne faut pas voir dans les enfants uniquement une 
  gratification personnelle pour leur(s) parent(s), mais il faut également 
  prendre en compte leur importance pour la vie et la survie de la société. 
  Certains spécialistes estiment même qu'il faudra peut-être consentir dans ce 
  domaine des efforts d'une ampleur comparable à ceux déployés au siècle dernier 
  par les pouvoirs publics en matière d'éducation, de santé et de protection 
  sociale<a href="#_ftn66" name="_ftnref66" title>[66]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">101.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De plus, 
  d'autres auteurs soutiennent que les inégalités qui touchent les parents ne 
  concernent pas seulement le coût que représentent les enfants (y compris les 
  coûts d'opportunité), mais également les coûts des soins, de la protection et 
  de l'assurance des adultes. Dans les sociétés pré-modernes, la protection 
  sociale et la survie des adultes étaient largement assurées par le nombre 
  d'enfants qu'ils avaient élevés, tandis que, dans nos sociétés modernes, ce 
  rôle a été repris par certaines structures de la société, notamment par le 
  système de sécurité sociale. En rétablissant le lien entre la sécurité sociale 
  et la fécondité comme le suggèrent plusieurs spécialistes<a href="#_ftn67" name="_ftnref67" title>[67]</a> 
  on supprimerait les inégalités en nivelant les différences entre 
  l'investissement personnel et l'investissement parental et en rehaussant le 
  statut et la valeur des enfants dans la société moderne.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.1.2.3. Création d'un environnement 
  plus favorable à l'enfant</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">102.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Par bien 
  des aspects, l'organisation et le fonctionnement de la société moderne sont 
  peu adaptés à l'enfant. L'environnement urbain fait généralement une plus 
  grande place et accorde plus d'attention aux voitures qu'aux aires de jeux et 
  aux voies sécurisées pour les enfants. Il reste beaucoup à faire pour rendre 
  la ville et les campagnes plus sûres pour les enfants. Il faudrait également 
  prévoir des structures d'accueil plus développées dans toutes les situations 
  sociales &#150; travail, loisirs, vie associative, etc., afin qu'il soit bien clair 
  que les enfants sont les bienvenus et sont partie intégrante de notre société.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.1.2.4. Promotion des valeurs axées sur 
  l'enfant et la famille</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">103.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Si 
  toutes les mesures précitées peuvent contribuer à la suppression des 
  inégalités et, par conséquent, aider les parents à avoir le nombre d'enfants 
  qu'ils souhaitent sans renoncer pour autant aux privilèges et aux avantages 
  dont peuvent jouir les adultes sans enfants, elles pourront peut-être, sans 
  que ce soit nécessairement le cas, entraîner une augmentation du nombre 
  d'enfants désiré telle que le remplacement des générations sera assuré à long 
  terme. En effet, dans la plupart des pays, la distribution statistique de la 
  taille souhaitée pour la famille ne suffit pas à assurer le renouvellement de 
  la population à long terme (Figure 13, tableau 2). L'augmentation du nombre 
  d'enfants désirés permettrait de combler le fossé entre les besoins 
  individuels des parents et les besoins de la société en matière de 
  reproduction. Il s'agit là, essentiellement d'un changement de valeurs, 
  impliquant l'extension du principe d'altruisme réciproque entre individus à la 
  relation entre individus et société. Un faible taux de fécondité pourrait, par 
  conséquent, nécessiter que soient valorisés des comportements différents en 
  matière de procréation. En l'absence de flux d'immigration étoffés et 
  continus, le remplacement des générations à long terme ne peut être assuré que 
  si un grand nombre de femmes ont plus d'un ou de deux enfants afin de 
  compenser le fait que d'autres ne peuvent pas ou ne veulent pas avoir 
  d'enfants ou n'en ont qu'un<a href="#_ftn68" name="_ftnref68" title>[68]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">Figure 13.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Distribution statistique du nombre minimum d'enfants désiré dans une sélection 
  de pays européens (1988-1997)</span></i></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR"><img src="Pictures/FDOC10182m.gif" WIDTH="438" HEIGHT="515"></span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Source:&nbsp;&nbsp; calculs faits 
  d'après la base de données pour l'étude de la famille et de la fécondité (UN/ECE, 
  Population Activities Unit, Genève)</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">104.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; On se 
  demande souvent quelle influence des Etats modernes, sécularisés, peuvent 
  avoir sur les normes et les valeurs. Une tâche difficile incomberait aux 
  instances éducatives qui, aujourd'hui, laissent totalement de côté les 
  questions démographiques et familiales. Mais on peut faire beaucoup plus pour 
  créer un climat favorable à la famille et à l'enfant traduisant le prix 
  attaché à la présence de (plusieurs) enfants.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.1.2.5. Repenser la place du travail, 
  de la parentalité et de la retraite sur l'ensemble d'une vie</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">105.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La 
  panoplie actuelle des mesures en faveur de la famille pourrait, en fin de 
  compte, se révéler insuffisante pour résoudre les dilemmes auxquels sont 
  confrontés individuellement des hommes et des femmes en matière d'égalité 
  réelle des sexes, d'une part, et, de l'autre, les dilemmes des sociétés 
  modernes devant la nécessité d'assurer la continuité des générations et la 
  redistribution des ressources entre elles. Jusqu'ici les politiques des 
  pouvoirs publics ont assez mal géré l'organisation temporelle des individus et 
  des familles sur le cours d'une vie.</span></p>
  <p align="justify"><b><i><span lang="FR">Tableau 2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Variance de la fécondité nécessaire pour maintenir le remplacement des 
  générations sur le long terme</span></i></b></p>
  <div align="center">
    <table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0">
      <tr>
        <td width="156" rowspan="2">
        <p align="justify"><i><span lang="FR"><font size="2">Nombre d'enfants</font></span></i></td>
        <td width="197" colspan="2" valign="top">
        <p align="justify"><b><span lang="FR"><font size="2">Modèles alterntifs</font></span></b></td>
      </tr>
      <tr>
        <td width="96" valign="top">
        <p align="justify"><b><span lang="FR"><font size="2">% femmes</font></span></b></td>
        <td width="101" valign="top">
        <p align="justify"><b><span lang="FR"><font size="2">% femmes</font></span></b></td>
      </tr>
      <tr>
        <td width="156" valign="top">
        <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">0</font></span></td>
        <td width="96" valign="top">
        <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">10</font></span></td>
        <td width="101" valign="top">
        <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">15</font></span></td>
      </tr>
      <tr>
        <td width="156" valign="top">
        <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">1</font></span></td>
        <td width="96" valign="top">
        <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">10</font></span></td>
        <td width="101" valign="top">
        <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">20</font></span></td>
      </tr>
      <tr>
        <td width="156" valign="top">
        <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">2</font></span></td>
        <td width="96" valign="top">
        <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">45</font></span></td>
        <td width="101" valign="top">
        <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">10</font></span></td>
      </tr>
      <tr>
        <td width="156" valign="top">
        <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">3</font></span></td>
        <td width="96" valign="top">
        <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">30</font></span></td>
        <td width="101" valign="top">
        <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">50</font></span></td>
      </tr>
      <tr>
        <td width="156" valign="top">
        <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">4</font></span></td>
        <td width="96" valign="top">
        <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">5</font></span></td>
        <td width="101" valign="top">
        <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">5</font></span></td>
      </tr>
      <tr>
        <td width="156" valign="top">
        <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">&nbsp;</font></span></td>
        <td width="96" valign="top">
        <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">&nbsp;</font></span></td>
        <td width="101" valign="top">
        <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">&nbsp;</font></span></td>
      </tr>
      <tr>
        <td width="156" valign="top">
        <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">Moyenne: 2,1</font></span></td>
        <td width="96" valign="top">
        <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">100</font></span></td>
        <td width="101" valign="top">
        <p align="justify"><span lang="FR"><font size="2">100</font></span></td>
      </tr>
    </table>
  </div>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Source:&nbsp;&nbsp; Cliquet et Balcaen, 
  1983.</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">106.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour 
  concilier les années de concrétisation du projet familial avec la concurrence 
  sur le marché du travail, on pourrait être amené à reconsidérer la place du 
  travail et de la retraite dans le cours de la vie, de manière à laisser plus 
  de temps libre et de ressources aux jeunes parents et à créer les conditions 
  nécessaires à un vieillissement actif qui donnerait la possibilité de 
  travailler à un âge plus avancé bien après que les enfants auront acquis leur 
  autonomie. Il semble que les politiques actuelles axées sur l'émancipation de 
  la femme (et de l'homme), l'accroissement de la fécondité et la constitution 
  de familles ne soient pas suffisantes pour redresser la fécondité jusqu'au 
  seuil de remplacement. Si l'on veut parvenir à cet objectif de remplacement il 
  faudra peut-être envisager des réformes plus fondamentales dans les domaines 
  mentionnés plus haut (émancipation des sexes, politiques favorables à la 
  famille et à l'enfance, valeurs et normes en matière de procréation), ainsi 
  que dans l'organisation du déroulement de la vie<a href="#_ftn69" name="_ftnref69" title>[69]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.1.3.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Options partant 
  de l'hypothèse qu'il est peu souhaitable et irréalisable d'agir sur la 
  fécondité</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">107.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans 
  cette hypothèse, il sera nécessaire de recourir à d'autres instruments 
  démographiques et d'autres politiques économiques, mais, à long terme, ils ne 
  résoudront pas tous les problèmes démographiques et pourraient, dans certains, 
  cas, en créer de nouveaux. A long terme, les problèmes démographiques actuels 
  que nous avons présentés ne peuvent être résolus en profondeur qu'en 
  redressant les taux de fécondité pour qu'ils atteignent le niveau de 
  remplacement ou s'en approchent. Mais il faudra sans doute du temps pour 
  parvenir à un consensus général sur cette question.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">108.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les 
  politiques non axées sur la fécondité pourraient notamment inclure une 
  immigration sélective (voir section 5.3. ci-dessous), la mise au travail des 
  inactifs et l'accroissement de la productivité économique.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.1.3.1. Mise en activité des inactifs</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">109.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le 
  problème de la diminution de la main-d'&#156;uvre peut être (temporairement) 
  atténué par le recours aux chômeurs, par une participation accrue des femmes à 
  la vie active et surtout par la réduction des systèmes de préretraite et 
  l'élévation de l'âge du départ à la retraite (voir également section 5.2. 
  ci-dessous).</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">110.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De 
  nombreux pays sont confrontés à un taux de chômage élevé parmi les jeunes. Des 
  efforts beaucoup plus importants sont nécessaires pour employer les chômeurs, 
  y compris pour leur donner, si nécessaire, une formation supplémentaire ou une 
  nouvelle formation<a href="#_ftn70" name="_ftnref70" title>[70]</a>. On pense 
  souvent que l'érosion attendue de la population active contribuera grandement 
  à atténuer le chômage, parce qu'elle permettra d'absorber la réserve actuelle 
  de main-d'&#156;uvre disponible parmi les chômeurs. Mais, l'avenir pourrait être 
  plus complexe que ne le laisse présager cette hypothèse. L'évolution de la 
  relation entre la main-d'&#156;uvre disponible et le chômage n'est pas 
  nécessairement simple. La concentration croissante des chômeurs parmi les 
  personnes les moins qualifiées et les moins compétentes indique que, dans une 
  culture du progrès technologique, une pénurie de main d'&#156;uvre pourrait 
  coexister avec un nombre important de chômeurs.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">111.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au cours 
  des dernières décennies, l'emploi des femmes a beaucoup augmenté, en 
  particulier pour les groupes d'âges des 25 &#150; 45 ans. Pour ce qui est de 
  l'éventuel effet compensatoire de la participation des femmes à la 
  main-d'oeuvre, l'évolution récente observée dans les niveaux d'activité 
  féminine, l'augmentation actuelle du niveau d'instruction des femmes, les 
  résultats des enquêtes sur les intentions de participation à vie active, 
  l'évolution de l'idéologie d'émancipation et le développement (quoique lent) 
  des politiques tendant à permettre aux femmes de mieux concilier la maternité 
  et un emploi rémunéré, sont autant de facteurs qui permettent de penser qu'une 
  nouvelle augmentation de la participation des femmes au monde du travail est 
  probable dans les prochaines années, mais cette évolution pourrait contribuer 
  à maintenir un niveau de fécondité très bas et donc à accélérer le processus 
  de vieillissement.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">112.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une 
  simulation portant sur les Pays-Bas où l'emploi féminin reste assez limité 
  montre que l'augmentation de la participation des femmes à la main-d'oeuvre 
  pourrait largement compenser les effets du vieillissement de la population 
  dans les années à venir. Mais, d'une étude similaire réalisée en France<a href="#_ftn71" name="_ftnref71" title>[71]</a>, 
  où la participation des femmes est déjà assez élevée, il ressort qu'une 
  augmentation de l'emploi féminin ne compense que temporairement la baisse de 
  l'offre de main-d'&#156;uvre due au vieillissement de la population. Il faut aussi 
  souligner que dans les pays les plus avancés, la participation des femmes au 
  monde du travail a pratiquement rejoint celle des hommes, ce qui signifie que 
  si l'on peut encore envisager une certaine progression dans ce domaine pour 
  les années à venir, à plus long terme la réserve de main d'&#156;uvre féminine sera 
  rapidement épuisée.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">113.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Par 
  ailleurs, parce que les femmes s'investissent davantage dans leur famille et 
  qu'elles souhaitent interrompre leur carrière pour s'occuper elles-mêmes de 
  leurs enfants en bas âge, on peut se demander si la participation des femmes à 
  la vie active ne va pas continuer à être légèrement inférieure à celle des 
  hommes, en particulier dans une société où les mécanismes compensatoires dans 
  ce domaine, sous forme notamment d'allocations, de congé maternel, de congé 
  parental, de possibilités de travail à temps partiel, pourraient se 
  développer.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.1.3.2. Accroissement de la 
  productivité</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">114.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L'accroissement de la productivité est certainement un instrument important 
  pour compenser en partie la progression du taux de dépendance démographique. 
  L'innovation technologique qui permet d'améliorer la productivité par personne 
  est l'un des facteurs importants susceptibles de contrebalancer la diminution 
  attendue de la main-d'oeuvre<a href="#_ftn72" name="_ftnref72" title>[72]</a>. 
  Cependant, l'introduction des innovations technologiques dans le processus de 
  production dépend à son tour de l'arrivée sur le marché du travail de jeunes 
  récemment formés. Le progrès technique incarné dans la main d'&#156;uvre passe par 
  un investissement éducatif accru, pour les jeunes surtout et, lorsque leur 
  proportion diminue, pour les adultes également.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR"><a name="52t" href="#52">5.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Options axées sur la longévité</a></span></b></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.2.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Contexte</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">115.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L'allongement de l'espérance de vie dans la société moderne est une «victoire 
  de la modernisation» et il est généralement bienvenu.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">116.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Contrairement au processus de vieillissement biologique qui a eu pour résultat 
  d'allonger la vie et de donner à l'individu la possibilité de prolonger sa vie 
  active jusqu'à un stade beaucoup plus avancé qu'à toute autre période de 
  l'histoire, le vieillissement social s'est opéré dans une direction opposée, 
  de plus en plus de gens prenant leur retraite de plus en plus tôt, soit parce 
  que la société les exclut du monde du travail, soit parce que, peu satisfaites 
  de leurs conditions de travail, ils profitent de systèmes de retraite 
  anticipée.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">117.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L'amélioration considérable des conditions de vie des personnes âgées &#150; la 
  plupart d'entre elles sont en bonne santé, beaucoup ont une meilleure 
  instruction, sont propriétaires de leur logement, et, en comparaison des 
  générations précédentes, la majorité dispose de moyens financiers sans 
  précédent &#150; a nécessité un investissement public majeur.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">118.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les 
  systèmes de retraite anticipée ont été mis en place afin de donner aux 
  nombreuses cohortes de jeunes adultes sans emploi la possibilité de trouver du 
  travail, mais les entreprises ont largement utilisé ces systèmes pour 
  réorganiser et réduire leurs effectifs. Les travailleurs d'un certain âge ont 
  été licenciés mais n'ont pas été remplacés par des travailleurs plus jeunes.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">119.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; On peut 
  s'attendre non seulement à ce que de nouveaux progrès de la médecine viennent 
  prolonger l'espérance de vie jusqu'à ce qu'elle atteigne la durée de vie 
  biologique de notre espèce, mais même à ce que des inventions scientifiques 
  réussissent à allonger la durée de la vie au delà de son seuil actuel.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">120.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il se 
  peut qu'une plus grande proportion de la population accepte et adopte un mode 
  de vie sain sans excès de tabac, d'alcool et de drogues, avec un meilleur 
  régime alimentaire, une activité physique accrue, une attitude plus prudente 
  au volant, moins de stress au travail et des comportements sexuels sans 
  risques. Ces mesures auraient un effet positif sur le vieillissement de la 
  population et repousseraient la morbidité à des âges encore plus avancés<a href="#_ftn73" name="_ftnref73" title>[73]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.2.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Options partant 
  de l'hypothèse qu'il est souhaitable de prendre en compte le 'grisonnement' de 
  la population</span></i></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.2.2.1. Vieillissement actif</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">121.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ces 
  dernières décennies, de nombreux pays européens ont pris des mesures 
  autorisant, encourageant, voire imposant des systèmes de préretraite. Non 
  seulement le nombre de travailleurs masculins de plus de 65 ans a baissé, mais 
  la part des salariés de 55 à 64 ans a également chuté. Les systèmes de 
  retraite anticipée ont souvent été mis en place pour favoriser l'emploi des 
  jeunes. Dans la pratique cette mesure n'a pas atteint son objectif politique, 
  à savoir la lutte contre l'exclusion des jeunes du marché de l'emploi, mais 
  elle a contribué à réduire la main d'&#156;uvre et à exclure les adultes âgés de la 
  vie professionnelle et ce en dépit du fait que les conditions sanitaires, le 
  niveau d'instruction et les auxiliaires technologiques s'améliorent sans cesse 
  et permettent à la plupart des personnes d'un certain âge de travailler 
  beaucoup plus longtemps qu'autrefois<a href="#_ftn74" name="_ftnref74" title>[74]</a>. 
  Aujourd'hui on s'accorde à dire que les systèmes de retraite anticipée, 
  justifiés à l'origine par le besoin de créer des emplois pour les générations 
  arrivant sur le marché du travail et de remplacer par de jeunes chômeurs les 
  travailleurs d'un certain âge qui représentaient un coût élevé par suite du 
  système de salaire à l'ancienneté, s'est révélé inefficace et très coûteux 
  pour la société. Le départ des travailleurs âgés s'est opéré au prix d'un 
  financement public à long terme. Les politiques de retraite anticipée ont 
  échoué en grande partie parce que le secteur privé en a profité pour 
  restructurer et réduire sa main d'&#156;uvre, sans remplacer les travailleurs d'un 
  certain âge par des jeunes. Les réformes n'ont créé que très peu de nouveaux 
  emplois pour les jeunes par le biais des systèmes de préretraite proposés aux 
  travailleurs âgés, et le coût des restructurations économiques a été 
  partiellement transféré du secteur privé au secteur public.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">122.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il est 
  possible de contrebalancer les effets négatifs du vieillissement de la 
  population (rapport de dépendance croissant) par la promotion d'une politique 
  de vieillissement actif, en maintenant nettement plus longtemps dans la vie 
  active les travailleurs âgés et compétents, mais avec une plus grande 
  flexibilité. Les systèmes de retraite anticipée devraient, par conséquent, 
  être réduits et l'âge légal et <i>de facto</i> de la retraite progressivement 
  augmenté.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">123.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Pratiquement tous les auteurs qui réfléchissent aux répercussions du 
  vieillissement de la population sur l'action des pouvoirs publics estiment que 
  les politiques actuelles en matière d'âge de la retraite doivent être revues<a href="#_ftn75" name="_ftnref75" title>[75]</a>. 
  Ce fut le thème le plus discuté lors de la Conférence de la CEE ONU sur les 
  conséquences économiques et sociales du vieillissement dans la région de la 
  CEE ONU. L'analyse d'un scénario français a montré qu'un relèvement de l'âge 
  de la retraite de quelques années suffirait pour maintenir l'offre de main 
  d'&#156;uvre à son niveau actuel pendant la première moitié de ce siècle<a href="#_ftn76" name="_ftnref76" title>[76]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">124.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La 
  nécessité de repousser, par des mesures incitatives appropriées, l'âge 
  officiel et de facto de la retraite, tout en tenant compte des capacités et 
  des besoins différents des individus a été une autre conclusion majeure des 
  ateliers sur le Vieillissement, la solidarité entre générations et les 
  faiblesses spécifiques à l'âge du NIEPS (Network for Integrated European 
  Population Studies), organisés récemment par onze instituts démographiques 
  nationaux<a href="#_ftn77" name="_ftnref77" title>[77]</a>. Des simulations 
  indiquent également qu'une telle augmentation de l'âge de la retraite a un 
  effet positif sur les dépenses publiques<a href="#_ftn78" name="_ftnref78" title>[78]</a> 
  et permet de maintenir l'offre de main d'&#156;uvre dans les décennies à venir<a href="#_ftn79" name="_ftnref79" title>[79]</a>. 
  Dans ce contexte, il convient de mentionner que la deuxième Assemblé mondiale 
  des Nations Unies sur le vieillissement qui s'est tenue à Madrid du 8 au 12 
  avril 2002<a href="#_ftn80" name="_ftnref80" title>[80]</a>, a conclu que «les 
  personnes d'un certain âge doivent avoir la possibilité de travailler aussi 
  longtemps qu'elles le souhaitent ou le peuvent, dans des emplois gratifiants 
  et productifs&#133;».</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">125.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; On peut 
  certes faire valoir que si l'augmentation de l'âge légal de la retraite prend 
  la forme d'une mesure partielle et fragmentaire, elle risque de réduire à n»ant 
  les efforts pour faire reculer le chômage des jeunes. Le discours politique 
  souligne avec vigueur et insistance la nécessité de donner du travail aux 
  jeunes chômeurs, aux femmes sans emploi de tous âges et aux personnes âgées; 
  il reste discret lorsqu'il s'agit de définir des normes communes et d'élaborer 
  des stratégies démographiques efficaces. Il faut de toute évidence s'attaquer 
  au modèle travail/chômage/inactivité en reconfigurant les modalités de travail 
  pour tous les groupes d'âges dans le cadre d'une politique globale du 
  travail/de la famille/de la protection sociale/de la retraite<a href="#_ftn81" name="_ftnref81" title>[81]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">126.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Alors 
  que, durant les dernières décennies, de nombreux pays ont pris des mesures 
  visant à abaisser l'âge de la retraite ou à permettre la retraite anticipée &#150; 
  des mesures dont on profité de nombreux actifs encore jeunes<a href="#_ftn82" name="_ftnref82" title>[82]</a> 
  &#150; l'état sanitaire, le niveau d'éducation et les compétences sociales de la 
  population d'âge mûr (les jeunes seniors) ont beaucoup progressé, prolongeant 
  ainsi la période pendant laquelle l'individu jouit de ses capacités<a href="#_ftn83" name="_ftnref83" title>[83]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">127.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tout 
  comme pour l'émancipation des femmes, le vieillissement démographique pourrait 
  stimuler la revalorisation du rôle social des nouvelles générations de jeunes 
  seniors dont les compétences et les capacités biosociales ont énormément 
  progressé en raison d'une meilleure santé et d'une meilleure formation, et 
  permettre d'exploiter pleinement les nouvelles capacités biologiques et la 
  disposition psychologique à poursuivre une activité professionnelle à plein 
  temps ou à temps partiel.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">128.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Etant 
  donné la complexité du problème et les intérêts divers et contradictoires en 
  jeu, il faudrait adopter une politique holistique intégrant les mesures pour 
  l'emploi, la retraite, la santé et la protection sociale et visant à augmenter 
  les taux de participation à la vie active des personnes âgée, en multipliant 
  les possibilités d'emploi, réduisant les facilités de sortie de la vie active, 
  tout en protégeant les travailleurs les plus défavorisés et les plus 
  vulnérables. Ces politiques devraient être mise en place par le biais de 
  réformes modérées, notamment de mesures propres à inciter les travailleurs 
  âgés à prendre leur retraite plus tard, tout en touchant le moins possible à 
  la protection sociale. On pourrait, par exemple, prévoir de longues périodes 
  de transition dans les programmes de réforme des pensions et des mesures 
  visant à augmenter la participation des travailleurs plus âgés en réduisant 
  leurs obligations et augmentant leurs avantages, tels des congés 
  supplémentaires, une charge de travail moins lourde, une limite d'âge pour le 
  travail intermittent, l'exemption des heures supplémentaires et la retraite 
  partielle<a href="#_ftn84" name="_ftnref84" title>[84]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.2.2.2. Adaptation du système de 
  protection sociale</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">129.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le 
  système de protection sociale &#150; système de pensions, soins de santé et autres 
  prestations financées par l'Etat &#150; devra être adapté pour être viable à long 
  terme.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">130.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les 
  systèmes de retraites tels qu'ils existent en Europe devraient être révisés et 
  adaptés à l'évolution démographique. Ils devraient être neutres, équitables et 
  solides, compte tenu de l'allongement de la durée de vie destiné, selon toutes 
  probabilités, à se poursuivre. La réforme des pensions devrait s'inscrire dans 
  une politique intégrée incluant également les politiques démographiques et les 
  réformes de la protection sociale et du marché de l'emploi<a href="#_ftn85" name="_ftnref85" title>[85]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">131.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Chaque 
  mesure d'adaptation au vieillissement de la population, prise individuellement 
  &#150; réformes du système de pensions, modification des modes de participation au 
  marché du travail, vie active pour les personnes âgées, accroissement de 
  l'immigration, redressement de la fécondité &#150; contribuera à améliorer la 
  situation mais ne résoudra pas le problème. Il faudra une politique globale, 
  multisectorielle, intégrant toutes ces mesures, pour relever le défi du 
  vieillissement de la population dans le long terme.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.2.2.3. Solidarité entre les 
  générations</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">132.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Certes, 
  la plupart des mesures devront être de nature organisationnelle ou financière 
  et adaptées à des problèmes spécifiques, mais le vieillissement de la 
  population nécessitera peut-être aussi un changement dans les comportements et 
  notamment une plus grande solidarité entre les générations pour que soit 
  maintenue ou améliorée l'égalité des chances et des choix entre les 
  générations.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.2.3.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Options partant 
  de l'hypothèse qu'il n'est pas souhaitable de maintenir les personnes âgées 
  dans la vie active</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">133.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans 
  cette hypothèse il sera nécessaire de remédier à l'insuffisance des effectifs 
  et aux deséquibilbres de la pyramide des âges au moyen d'autres mécanismes 
  démographiques tels que l'augmentation de la fécondité (voir point 5.1.2 
  ci-dessus) et/ou l'intensification de l'immigration (voir plus bas 5.1.3), de 
  processus socio-économiques tels que le renforcement de la participation des 
  chômeurs et des femmes à la vie active (5.1.3.1), et de processus 
  économico-techniques tels que l'accroissement de la productivité (5.1.3.2).</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR"><a name="53t" href="#53">5.3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Options pour l'action des pouvoirs publics en matière d'immigration</a></span></b></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.3.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Contexte</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">134.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les 
  migrations internationales sont une caractéristique fondamentale de la société 
  moderne en voie de mondialisation. Les unions, les aspirations dans le domaine 
  de l'éducation, la coopération scientifique, l'activité économique, les 
  convictions idéologiques, les loisirs et le tourisme amènent les gens à 
  dépasser leurs frontières nationales et à s'installer dans d'autres pays. Les 
  moyens de communication et de transport modernes facilitent d'ailleurs 
  grandement la mobilité internationale.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">135.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les 
  migrants, et plus particulièrement ceux qui viennent de pays en développement, 
  tentent d'améliorer leurs perspectives économiques, leur niveau de vie, leur 
  liberté d'expression, leur qualité de vie en général. L'immigration vers les 
  pays développés ne peut toutefois résoudre les problèmes démographiques des 
  pays en développement. L'Europe ne peut accueillir le nombre énorme de ceux 
  qui seraient prêts à quitter le monde en développement sans perturber 
  profondément sa cohésion, sa stabilité et sa sécurité propres au triple plan 
  social, économique et politique. Les pressions démographiques et les 
  deséquilibres démographico-économiques dans les régions en développement qui 
  nous entourent appellent des politiques démographiques et socio-économiques 
  dans ces pays eux-mêmes. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">136.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L'immigration massive d'étrangers est rarement bien accueillie par les 
  autochtones. Les Etats nations sont hostiles à une modification de leur 
  composition ethnique. Les relations sont particulièrement difficiles à gérer 
  lorsqu'il existe de fortes différences entre les communautés et surtout 
  lorsque ces différences s'accompagnent d'une inégalité des chances et d'une 
  certaine compétition dans le domaine économique. Le racisme, l'ethnocentrisme 
  et la xénophobie sont des sentiments fortement enracinés dans l'être humain et 
  qui éclatent facilement au grand jour en cas de rivalité économique ou autre 
  entre les groupes<a href="#_ftn86" name="_ftnref86" title>[86]</a>.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">137.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A bien 
  des égards, le multiculturalisme semble être porteur de dysfonctionnements 
  sociaux et très coûteux. Partout, les immigrants doivent s'adapter à leur pays 
  d'accueil et ce dans pratiquement tous les domaines importants de la vie en 
  société &#150; langue, lois, valeurs et normes. Tous les pays européens tolèrent le 
  pluralisme pour tout ce qui touche au domaine privé des convictions 
  philosophiques ou religieuses, y compris les coutumes vestimentaires et 
  culinaires. Mais ces aspects ne sont pas les «marqueurs» essentiels de 
  l'identité collective.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">138.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; On 
  attend des immigrants qu'ils s'intègrent dans le pays d'accueil dans tous les 
  domaines de la vie en société, à l'exception de leurs croyances et des 
  comportements qui ont un caractère résolument privé et ne vont pas à 
  l'encontre de la loi. Mais les immigrants de cultures très éloignées des 
  nôtres ont rarement bénéficié de l'aide et de l'assistance nécessaire pour 
  réussir leur intégration dans leur nouveau pays et les politiques dans ce sens 
  doivent être considérablement renforcées.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">139.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les 
  recherches montrent que l'immigration peut compenser la baisse de l'effectif 
  de la population, mais elle ne peut pas, à long terme, empêcher le 
  vieillissement démographique.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">140.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une 
  difficulté majeure pour l'élaboration de politiques migratoires réside dans 
  les divergences profondes entre les points de vue sur les avantages et les 
  coûts de l'immigration. Il n'existe pas de vision cohérente sur la manière de 
  gérer les flux migratoires et de faciliter l'intégration sociale et culturelle 
  des immigrés. Les divergences tiennent souvent au fait que ces opinions 
  reposent sur les éléments d'information fragmentaires et empiriques, mais 
  elles peuvent aussi naître de convictions éthiques et idéologiques non 
  explicitées. Quelle que soit l'option retenue par les pays en matière de 
  migration, il sera nécessaire de concevoir une stratégie cohérente et globale 
  pour sa mise en oeuvre.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.3.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Options partant 
  de l'hypothèse que l'immigration est un instrument souhaitable pour compenser 
  les déficits observés dans les effectifs de la population et la pyramide des 
  âges en Europe</span></i></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.3.2.1. Immigration sélective</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">141.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L'immigration doit être sélective et adaptée numériquement à la capacité 
  d'accueil du pays d'immigration. Les sociétés modernes complexes ne peuvent 
  faire face à une immigration massive ou incontrôlée sans déclencher ou subir 
  de graves conflits sociaux. Il faut que l'immigration soit viable à long terme 
  pour le pays d'accueil et qu'elle contribue au bien-être, à la sécurité, à la 
  stabilité et à la cohésion de la société.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">142.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Compenser les déficits tant au niveau des effectifs que dans la structure par 
  âges nécessite un ensemble de mesures dont la migration peut être l'une des 
  composantes mineures. Face à d'éventuelles pénuries sur le marché du travail 
  il convient dans un premier temps d'évaluer, de mobiliser et d'intégrer les 
  réserves existantes de main d'&#156;uvre autochtone et d'origine étrangère, cette 
  dernière connaissant généralement des taux de chômage plus élevés que la 
  moyenne nationale, plutôt que de permettre aux entreprises de recruter de la 
  main d'&#156;uvre sans frais pour elles-mêmes, mais en faisant porter le coût par 
  la société en période de restructuration économique des entreprises.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.3.2.2. Intégration des immigrants</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">143.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les 
  immigrants, et plus particulièrement ceux appartenant à des ethnies très 
  différentes de la population indigène, nécessitent une politique d'intégration 
  active si l'on entend éviter la création de sociétés stratifiées au plan 
  ethnique/génétique. Les gens émigrent pour améliorer leurs conditions de vie, 
  leur qualité de vie. Une intégration manquée, en particulier dans le cas des 
  immigrés de deuxième ou troisième génération, peut aboutir à la formation de 
  ghettos, limiter les possibilités de promotion sociale ou de pleine 
  participation à tous les aspects de la vie sociale du pays d'accueil.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">144.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L'intégration des migrants implique aussi que la population indigène accepte 
  l'identité et les valeurs des immigrants dans la mesure où celles-ci ne sont 
  pas contraires à la loi ou incompatibles avec les valeurs européennes 
  fondamentales en matière de développement personnel, d'instruction, d'égalité 
  entre les sexes, de dignité humaine, de démocratie et s'agissant de la place 
  de l'individu dans la société en général. Toutes les formes de racisme, 
  d'ethnocentrisme et de xénophobie, de la part des nationaux comme chez les 
  immigrants, doivent être combattues.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.3.2.3. Immigration clandestine</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">145.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les 
  candidats à l'immigration sont si nombreux dans les pays en voie de 
  développement par suite des déséquilibres démographiques et économiques que 
  connaissent nombre de ces pays, que l'Europe ne peut absorber toute la 
  pression migratoire actuelle et à venir. Par conséquent, il convient 
  d'endiguer correctement l'immigration clandestine.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.3.2.4. Compenser l'exode des cerveaux</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">146.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les pays 
  industrialisés peuvent décider de compenser leur incapacité à produire 
  eux-mêmes en temps voulu et en nombre suffisant des travailleurs instruits et 
  qualifiés dans des domaines particuliers, et attirer des immigrés hautement 
  qualifiés (&#147;brain gain&#148; &#150; gain de matière grise) venant de pays en voie de 
  développement. Cet exode des cerveaux de ces pays exigerait des mesures de 
  compensation économiques et culturelles.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.3.2.5. Coopération au développement</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">147.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L'énorme 
  potentiel migratoire des pays en développement ne peut être absorbé par les 
  pays développés sans les déstabiliser socialement, économiquement et 
  politiquement. Les pressions migratoires exercées par le monde en 
  développement ne peuvent être adéquatement réduites qu'en stimulant le 
  développement social et économique de ces pays eux-mêmes. L'Europe doit y 
  contribuer en intensifiant sa coopération au développement.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">5.3.3.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Options partant 
  de l'hypothèse que l'immigration n'est pas un instrument souhaitable pour 
  compenser les déficits dans les effectifs de la population et la pyramide des 
  âges en Europe.</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">148.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Selon 
  cette hypothèse il est clair qu'il faudra inévitablement remédier aux déficits 
  des effectifs et aux deséquilibres de la pyramide des âges par d'autres 
  mécanismes démographiques tels que le redressement de la fécondité (voir point 
  5.1.2 ci-dessus), par des processus socio-économiques tels que le renforcement 
  de la participation des chômeurs, des femmes et des adultes âgés (5.1.3.2 et 
  5.2.2 ci-dessus), et des processus économico-technologiques tels que 
  l'accroissement de la productivité.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR"><a name="6t" href="#6">6.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Conclusions</a></span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">149.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Bien que 
  les objectifs fondamentaux des politiques des démocraties européennes aient eu 
  nombre d'effets bénéfiques pour la qualité de vie du citoyen, elles n'ont pas 
  encore ou pas suffisamment réussi à traiter adéquatement certaines 
  interactions socio-démographiques qui, dans le contexte culturel, économique 
  et politique actuel, entraineront à brève échéance un déclin démographique et 
  un vieillissement de plus en plus accentué de la population, particulièrement 
  du fait du recul de la fécondité.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">150.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Si les 
  sociétés européennes sont résolues à relever les défis en matière de déclin et 
  de vieillissement démographiques, il leur faudra rechercher un consensus 
  général de la société sur l'évolution future de leur dynamique et de leur 
  structures démographiques et sur les politiques à orientation démographique 
  propres à permettre de faire face à ces défis. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">151.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le 
  déclin démographique attendu et la poursuite du vieillissement de la 
  population appellent des politiques globales et à long terme. Celles-ci 
  devront dans une certaine mesure prendre en compte le nouveau régime 
  démographique de l'Europe, mais devront aussi, à long terme, inclure des 
  stratégies capables d'influer sur les tendances. Tous les phénomènes 
  démographiques fondamentaux - fécondité, longévité et migration &#150; devront être 
  concernés par cette action. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">152.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le 
  'grisonnement' de la population dû à l'augmentation de la longévité devra 
  faire l'objet de politiques flexibles propres à adapter les institutions et 
  processus sociaux à la nouvelle structure de la population, mais il faudra 
  aussi modifier certaines politiques de manière à réintégrer les plus jeunes 
  des seniors dans la vie active et dans la société en général. L'immigration 
  n'est pas un instrument adéquat pour compenser le 'grisonnement' de la 
  population. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">153.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le 
  déclin démographique peut être partiellement et temporairement compensé par 
  l'immigration qui, toutefois, pose nombre d'autres problèmes de société. A 
  long terme les politiques des pouvoirs publics devront s'intéresser aux 
  actuels modes de comportement procréateur. Pour ramener la fécondité plus ou 
  moins au seuil de remplacement des générations il faudra s'attaquer aux causes 
  profondes de la baisse de la fécondité, ce qui nécessitera des changements 
  considérables dans les valeurs, les relations entre les sexes, les processus 
  économiques, les politiques financières, l'aménagement de l'environnement et 
  l'organisation temporelle, sur le cours d'une vie, de l'activité 
  professionnelle, de la parentalité et de la retraite.</span></p>
  <hr color="#000000" size="1" width="50%">
  <p align="justify"><span lang="FR"><i>Commission chargée du rapport: </i>
  Commission des migrations, des réfugiés et de la population.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR"><i>Renvoi en Commission:</i> </span>
  <a href="../doc03/FDOC9805.htm">Doc. 9805</a><span lang="FR">, renvoi n° 2842 
  du 27 mai 2003.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR"><i>Projet de recommandation adopté </i>à 
  l'unanimité par la Commission le 26 avril 2004.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Membres de la Commission: <i>Wilkinson</i> 
  (Président), <i>de&nbsp;Zulueta</i> (1<sup>ère</sup> Vice-Président), Søndergaard 
  (2<sup>ème</sup>&nbsp;Vice-Président), <i>Branger</i> (3<sup>ème</sup> 
  Vice-Président), Akgün, Akhvlediani, Alibeyli (remplaçant: <i>Aliyev</i>), de&nbsp;Arístegui,&nbsp; 
  Bernik, <i>Bilozir</i>, <i>Bousakla</i>, Braun, Brinkel (remplaçant: <i>van 
  Thijn</i>), <i>Brunhart</i>, Cabrnoch, </span><i><span lang="FR">Çavusoglu</span></i><span lang="FR">, 
  Christodoulides, <i>Cilevics</i>, Cliveti, Dacic, Danieli, Debarge 
  (remplaçant: <i>Jacquat</i>), Debono&nbsp;Grech, <i>Dedja</i>, Dmitrijevas, <i>
  Einarsson</i>, Err, <i>Fedorov</i>, Filipiová, Freiherr&nbsp;von&nbsp;und&nbsp;zu&nbsp;Guttenberg, 
  Grissemann (remplaçant: <i>Himmer</i>), <i>Grzesik</i>, Grzyb, </span><i>
  <span lang="FR">Gülçiçek</span></i><span lang="FR">, Hagberg, <i>Hancock</i>, 
  Higgins, <i>Hoffmann</i>, <i>Ilascu</i>, <i>Iwinski</i>, Jova&#154;evic, <i>Lord&nbsp;Judd</i>, 
  Karpov, Kirilov, Kósá-Kovács, Kulikov (remplaçant: <i>Provkin</i>), <i>
  Kvakkestad</i>, Lambert, Le&nbsp;Guen, Liapis, Loutfi, Masi, Naro, Nasufi, <i>Nessa</i>,
  <i>Olin</i>, <i>Popa</i>, Prijmireanu, <i>Puche</i>, Pupovac, Ragu&#158;, <i>
  Rakhansky</i>, Reymann, <i>Saks</i>, <i>Shakhtakhtinskaya</i>, Skarphédinsson, 
  Slutsky (remplaçant: <i>Glukhovskiy</i>), Stamm, Stoisits, Stübgen, Szabó 
  (remplaçant: <i>Platvoet</i>), <i>Tekelioglu</i>, <i>Tkác</i>, <i>Torosyan</i>, 
  Vera&nbsp;Jardim, Verivakis (remplaçant: <i>Katseli</i>), <i>Vermot-Mangold</i>, 
  Vieira, Wray (remplaçant: <i>Etherington</i>), Yáñez-Barnuevo (remplaçant: <i>
  Agramunt Font de Mora</i>), Zhirinovsky.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">N.B. Les noms des membres présents à la 
  réunion sont indiqués en italique.</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR"><i>Secrétariat de la commission:</i> M. 
  Lervik, Mme Nachilo, Mme Sirtori-Milner, Mme Kostenko.</span></p>
  <hr color="#000000" size="1">
  <p align="justify"><a href="#_ftnref1" name="_ftn1" title><span lang="EN-GB">
  [1]</span></a><span lang="FR"> Tkác <i>et al</i>., 2003.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref2" name="_ftn2" title><span lang="EN-GB">
  [2]</span></a><span lang="FR"> Cliquet &amp; Thienpont, 1995.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref3" name="_ftn3" title><span lang="EN-GB">
  [3]</span></a><span lang="FR">
  <a href="http://www.coe.int/T/F/Cohésion_sociale/Population/Publications/">
  www.coe.int/T/F/Coh%E9sion_sociale/Population/Publications/</a> </span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref4" name="_ftn4" title><span lang="EN-GB">
  [4]</span></a><span lang="EN-GB"> CBGS, 2003; Avramov &amp; Cliquet, 2004.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref5" name="_ftn5" title><span lang="EN-GB">
  [5]</span></a><span lang="EN-GB"> Nations Unies, 2001.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref6" name="_ftn6" title><span lang="EN-GB">
  [6]</span></a><span lang="FR"> Par exemple, Bobak, 1999..</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref7" name="_ftn7" title><span lang="EN-GB">
  [7]</span></a><span lang="FR"> Par exemple, Golini, 1999; Avramov &amp; Maskova, 
  2003.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref8" name="_ftn8" title><span lang="EN-GB">
  [8]</span></a><span lang="EN-GB"> Avramov &amp; Maskova, 2003.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref9" name="_ftn9" title><span lang="EN-GB">
  [9]</span></a><span lang="EN-GB"> Nations Unies, 2001.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref10" name="_ftn10" title>
  <span lang="EN-GB">[10]</span></a><span lang="EN-GB"> Prinz et Lutz, 1993.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref11" name="_ftn11" title>
  <span lang="EN-GB">[11]</span></a><span lang="EN-GB"> Golini, 1999.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref12" name="_ftn12" title>
  <span lang="EN-GB">[12]</span></a><span lang="EN-GB"> Par exemple, Olshansky
  <i>et al.,</i> 2001.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref13" name="_ftn13" title>
  <span lang="EN-GB">[13]</span></a><span lang="EN-GB"> Gordon <i>et al.,</i> 
  1979.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref14" name="_ftn14" title>
  <span lang="EN-GB">[14]</span></a><span lang="EN-GB"> Avramov &amp; Maskova, 2003.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref15" name="_ftn15" title>
  <span lang="EN-GB">[15]</span></a><span lang="EN-GB"> Prinz et Lutz, 1993.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref16" name="_ftn16" title>
  <span lang="EN-GB">[16]</span></a><span lang="EN-GB"> OCDE, 2000.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref17" name="_ftn17" title>
  <span lang="EN-GB">[17]</span></a><span lang="FR"> Par exemple, Conseil de 
  l&#146;Europe, 2002.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref18" name="_ftn18" title>
  <span lang="EN-GB">[18]</span></a><span lang="FR"> Par exemple, Trost, 1979; 
  da Vanzo &amp; Rahman, 1993; Carmichael, 1995; Prinz, 1995; Schoenmaeckers &amp; 
  Lodewijckx, 1999; Corijn &amp; Klijzing, 2001.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref19" name="_ftn19" title>
  <span lang="EN-GB">[19]</span></a><span lang="FR"> Pour les données, voir 
  Conseil de l&#146;Europe, 2002; Sardon, 2002.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref20" name="_ftn20" title>
  <span lang="EN-GB">[20]</span></a><span lang="EN-GB"> Par exemple, van Peer, 
  2002.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref21" name="_ftn21" title>
  <span lang="EN-GB">[21]</span></a><span lang="EN-GB"> Dorbritz et Schwarz, 
  1996.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref22" name="_ftn22" title>
  <span lang="EN-GB">[22]</span></a><span lang="EN-GB"> Pour les données, voir 
  Conseil de l&#146;Europe, 2002.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref23" name="_ftn23" title>
  <span lang="EN-GB">[23]</span></a><span lang="EN-GB"> Par exemple, Lesthaeghe, 
  2001.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref24" name="_ftn24" title>
  <span lang="EN-GB">[24]</span></a><span lang="EN-GB"> Par exemple, Bongaarts, 
  2002.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref25" name="_ftn25" title>
  <span lang="EN-GB">[25]</span></a><span lang="EN-GB"> Salt, 2000</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref26" name="_ftn26" title>
  <span lang="EN-GB">[26]</span></a><span lang="EN-GB"> Conseil de l&#146;Europe, 
  2002.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref27" name="_ftn27" title>
  <span lang="EN-GB">[27]</span></a><span lang="FR"> Par exemple, Lesthaeghe, 
  2000; Courbage, 2003.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref28" name="_ftn28" title>
  <span lang="EN-GB">[28]</span></a><span lang="FR"> Par exemple Collinson, 
  1993.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref29" name="_ftn29" title>
  <span lang="EN-GB">[29]</span></a><span lang="FR"> Par exemple Easterlin, 
  1980; Becker, 1991.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref30" name="_ftn30" title>
  <span lang="EN-GB">[30]</span></a><span lang="FR"> Par exemple Lesthaeghe, 
  1995.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref31" name="_ftn31" title>
  <span lang="EN-GB">[31]</span></a><span lang="EN-GB"> Par exemple Chafetz, 
  1995.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref32" name="_ftn32" title>
  <span lang="EN-GB">[32]</span></a><span lang="FR"> Par exemple, Golini, 1999; 
  Avramov, 2003.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref33" name="_ftn33" title>
  <span lang="EN-GB">[33]</span></a><span lang="FR"> Lesthaeghe &amp; van de Kaa, 
  1986.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref34" name="_ftn34" title>
  <span lang="EN-GB">[34]</span></a><span lang="FR"> Par exemple, Roussel, 1989; 
  Romaniuk, 1990; Cliquet, 1991. </span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref35" name="_ftn35" title>
  <span lang="EN-GB">[35]</span></a><span lang="FR"> Par exemple, Chesnais, 
  1996; Dorbritz &amp; Philipov, 2003</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref36" name="_ftn36" title>
  <span lang="EN-GB">[36]</span></a><span lang="EN-GB"> Avramov &amp; Cliquet, 2003.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref37" name="_ftn37" title>
  <span lang="EN-GB">[37]</span></a><span lang="FR"> Par exemple Bobak, 1999; 
  Vallin <i>et al.,</i> 2001.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref38" name="_ftn38" title>
  <span lang="EN-GB">[38]</span></a><span lang="EN-GB"> Par exemple, Golini, 
  1999; Demeny, 2003.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref39" name="_ftn39" title>
  <span lang="EN-GB">[39]</span></a><span lang="EN-GB"> Nations Unies, 2001.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref40" name="_ftn40" title>
  <span lang="EN-GB">[40]</span></a><span lang="FR"> Par exemple Prinz &amp; Lutz, 
  1993; De Beer &amp; van Wissen, 1999; Nations Unies, 2001.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref41" name="_ftn41" title>
  <span lang="EN-GB">[41]</span></a><span lang="EN-GB"> Prinz &amp; Lutz, 1993.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref42" name="_ftn42" title>
  <span lang="EN-GB">[42]</span></a><span lang="FR"> Par exemple, Espenshade, 
  1987; Blanchet, 1988; Lesthaeghe <i>et al.,</i> 1988; Steinmann, 1991; 
  Wattelar &amp; Roumans, 1991; Prinz &amp; Lutz, 1993; Nations Unies, 2000.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref43" name="_ftn43" title>
  <span lang="EN-GB">[43]</span></a><span lang="EN-GB"> DIALOG, 2002.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref44" name="_ftn44" title>
  <span lang="EN-GB">[44]</span></a><span lang="EN-GB"> Par exemple, Cliquet, 
  1993.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref45" name="_ftn45" title>
  <span lang="EN-GB">[45]</span></a><span lang="DE"> Par exemple, Ehrlich &amp; 
  Ehrlich, 1990.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref46" name="_ftn46" title>
  <span lang="EN-GB">[46]</span></a><span lang="FR"> Par exemple Teitelbaum &amp; 
  Winter, 1985.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref47" name="_ftn47" title>
  <span lang="EN-GB">[47]</span></a><span lang="FR"> Demeny, 2003.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref48" name="_ftn48" title>
  <span lang="EN-GB">[48]</span></a><span lang="FR"> Par exemple, Chesnais, 
  1985.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref49" name="_ftn49" title>
  <span lang="EN-GB">[49]</span></a><span lang="FR"> Par exemple, Calot <i>et 
  al.</i>, 1990.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref50" name="_ftn50" title>
  <span lang="EN-GB">[50]</span></a><span lang="EN-GB"> Par exemple, Johanet <i>
  et al.,</i> 1990.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref51" name="_ftn51" title>
  <span lang="EN-GB">[51]</span></a><span lang="FR"> Par exemple, Olshansky <i>
  et al</i>., 1991.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref52" name="_ftn52" title>
  <span lang="EN-GB">[52]</span></a><span lang="FR"> Par exemple Fries, 1989.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref53" name="_ftn53" title>
  <span lang="EN-GB">[53]</span></a><span lang="FR"> REVES, 1993.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref54" name="_ftn54" title>
  <span lang="EN-GB">[54]</span></a><span lang="FR">Par exemple Collinson, 
  1993&nbsp;; Moreau <i>et al.</i>, 1990</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref55" name="_ftn55" title>
  <span lang="EN-GB">[55]</span></a><span lang="FR"> Courbage 2003.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref56" name="_ftn56" title>
  <span lang="EN-GB">[56]</span></a><span lang="FR"> Par exemple, Espenshade, 
  1987; Blanchet, 1988; Lesthaeghe <i>et al</i>., 1988; Prinz &amp; Lutz,1993; 
  Steinmann, 1991; Wattelar &amp; Roumans, 1991; Nations Unies, 2000.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref57" name="_ftn57" title>
  <span lang="EN-GB">[57]</span></a><span lang="FR"> Par exemple, Conseil de 
  l&#146;Europe, 1985.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref58" name="_ftn58" title>
  <span lang="EN-GB">[58]</span></a><span lang="FR"> Par exemple, Leeuw, 1984, 
  1986; Ekert, 1986; Höhn, 1987, 1988, 1989; Chesnais, 1985; Calot, 1997.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref59" name="_ftn59" title>
  <span lang="EN-GB">[59]</span></a><span lang="EN-GB"> Höhn &amp; Schubnell, 1986.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref60" name="_ftn60" title>
  <span lang="EN-GB">[60]</span></a><span lang="EN-GB"> Ekert, 1986.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref61" name="_ftn61" title>
  <span lang="EN-GB">[61]</span></a><span lang="EN-GB"> Par exemple, Cliquet, 
  1991.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref62" name="_ftn62" title>
  <span lang="EN-GB">[62]</span></a><span lang="EN-GB"> Par exemple, Hoem, 1990; 
  Sundström, 1992; Chesnais, 1996; McDonald, 2000; CBGS, 2003; Avramov &amp; Cliquet, 
  2004.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref63" name="_ftn63" title>
  <span lang="EN-GB">[63]</span></a><span lang="EN-GB"> Par exemple, Lesthaeghe, 
  1989.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref64" name="_ftn64" title>
  <span lang="EN-GB">[64]</span></a><span lang="EN-GB"> CBGS, 2003; Avramov &amp; 
  Cliquet, 2004.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref65" name="_ftn65" title>
  <span lang="EN-GB">[65]</span></a><span lang="EN-GB"> Nations Unies, 1975, 
  1984, 1994.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref66" name="_ftn66" title>
  <span lang="EN-GB">[66]</span></a><span lang="DE"> Romaniuc, 1990.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref67" name="_ftn67" title>
  <span lang="EN-GB">[67]</span></a><span lang="EN-GB">Schreiber, 1955; von 
  Nell-Breuning, 1979; Swidler, 1986, Demeny, 1987; Prinz, 1992.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref68" name="_ftn68" title>
  <span lang="EN-GB">[68]</span></a><span lang="EN-GB"> Conseil de l&#146;Europe, 
  1985.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref69" name="_ftn69" title>
  <span lang="EN-GB">[69]</span></a><span lang="FR"> Avramov &amp; Cliquet, 2003; 
  2004.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref70" name="_ftn70" title>
  <span lang="EN-GB">[70]</span></a><span lang="FR"> Par exemple, Coleman, 1992; 
  Gallie, 2002.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref71" name="_ftn71" title>
  <span lang="EN-GB">[71]</span></a><span lang="FR"> Blanchet &amp; Marchand, 1991.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref72" name="_ftn72" title>
  <span lang="EN-GB">[72]</span></a><span lang="EN-GB"> Par exemple, Blanchet &amp; 
  Marchand, 1991.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref73" name="_ftn73" title>
  <span lang="EN-GB">[73]</span></a><span lang="FR"> Par exemple, Chamie &amp; 
  Cliquet, 1999.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref74" name="_ftn74" title>
  <span lang="EN-GB">[74]</span></a><span lang="FR"> Schultz et al., 1991; 
  Worsley, 1996.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref75" name="_ftn75" title>
  <span lang="EN-GB">[75]</span></a><span lang="EN-GB"> Par exemple, Legaré &amp; 
  Desjardins, 1988.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref76" name="_ftn76" title>
  <span lang="EN-GB">[76]</span></a><span lang="EN-GB"> Blanchet &amp; Marchand, 
  1991.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref77" name="_ftn77" title>
  <span lang="EN-GB">[77]</span></a><span lang="FR"> Avramov &amp; Cliquet, 2004.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref78" name="_ftn78" title>
  <span lang="EN-GB">[78]</span></a><span lang="EN-GB"> Par exemple, Bogaert et 
  Festjens, 1993.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref79" name="_ftn79" title>
  <span lang="EN-GB">[79]</span></a><span lang="EN-GB"> Par exemple, Blanchet et 
  Marchand, 1991.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref80" name="_ftn80" title>
  <span lang="EN-GB">[80]</span></a><span lang="EN-GB"> Nations Unies, 2002.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref81" name="_ftn81" title>
  <span lang="EN-GB">[81]</span></a><span lang="EN-GB"> Avramov &amp; Maskova, 2003.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref82" name="_ftn82" title>
  <span lang="EN-GB">[82]</span></a><span lang="EN-GB">Schmähl, 1989</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref83" name="_ftn83" title>
  <span lang="EN-GB">[83]</span></a><span lang="EN-GB"> Ferraro &amp; Wan, 1990.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref84" name="_ftn84" title>
  <span lang="EN-GB">[84]</span></a><span lang="FR"> Par exemple, Hagmann, 1994; 
  WHO, 2002; Avramox &amp; Maskova, 2003; Avramov &amp; Cliquet, 2004.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref85" name="_ftn85" title>
  <span lang="EN-GB">[85]</span></a><span lang="FR"> Par exemple, CBGS, 2003.</span></p>
  <p align="justify"><a href="#_ftnref86" name="_ftn86" title>
  <span lang="EN-GB">[86]</span></a><span lang="FR"> Par exemple Reynolds et 
  al., 1987; Thienpont &amp; Cliquet, 1999.</span></p>
  <p align="justify">&nbsp;</p>
  </font>
  </blockquote>
  </body>
</html>