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<title> Renforcement des institutions démocratiques en Bosnie-Herzégovine </title>
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  <font SIZE="2" face="Verdana">
  
  <font SIZE="2" face="Verdana">
  
  <b>
  <p align="justify"><span lang="FR">Renforcement des institutions démocratiques 
  en Bosnie-Herzégovine</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Doc. 10196<br>
  </span></b><span lang="FR">4 juin 2004</span></p>
  
  <b>
  <p align="justify"><span lang="FR">Rapport<br>
  </span></b><span lang="FR">Commission des Affaires politiques<br>
  Rapporteur : M. Evgeni Kirilov, Bulgarie, Groupe socialiste</span></p>
  
  </font>
  
  <font SIZE="2">
<hr size="1">
  
  <font SIZE="2" face="Verdana">
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Résumé</span></i></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Le rapport se félicite des progrès en 
  matière de mise en marche des institutions démocratiques en Bosnie-Herzégovine 
  mais constate que ce processus est encore très lent et se heurte à des 
  difficultés.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Le Rapporteur estime que l&#146;une des causes 
  de ces difficultés est le système institutionnel fondé sur les Accords de 
  Dayton et qu&#146;une réforme constitutionnelle est nécessaire, tout en soulignant 
  qu&#146;il appartient aux Bosniaques d&#146;en définir le calendrier et les paramètres.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Il reste toutefois convaincu que la 
  Constitution actuelle n&#146;est pas un obstacle insurmontable pour la mise en 
  place des réformes, à condition que les forces politiques du pays s&#146;y 
  engagent. Le projet de résolution les appelle à faire preuve de maturité 
  politique et à se concentrer sur les problèmes réels du pays.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">Le projet de résolution appelle également 
  la communauté internationale à envisager une stratégie plus cohérente et 
  précise de transfert de responsabilités aux Bosniaques et de désengagement 
  graduel et invite la Commission de Venise à examiner la conformité de certains 
  éléments du système institutionnel du pays avec les principes fondateurs du 
  Conseil de l&#146;Europe.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">I.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Projet de résolution <i>[<a href="../../AdoptedText/TA04/FRES1384.htm">Lien 
  vers le texte adopté</a>]</i></span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;Assemblée parlementaire se félicite des progrès incontestables en matière de 
  mise en place des institutions démocratiques accomplis en Bosnie-Herzégovine 
  depuis la signature des Accords de Dayton de 1995, et en particulier depuis 
  son adhésion au Conseil de l&#146;Europe en avril 2002. Une Bosnie-Herzégovine 
  stable et démocratique est un élément important de stabilité pour l&#146;ensemble 
  de l&#146;Europe de Sud-Est.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Cependant dans son </span><a href="../../AdoptedText/TA02/FOPI234.htm">Avis N° 
  234 (2002)</a><span lang="FR"> sur la demande d&#146;adhésion de la 
  Bosnie-Herzégovine au Conseil de l&#146;Europe l&#146;Assemblée a souligné que «&nbsp;les 
  institutions d&#146;Etat devront être renforcées, aux dépens des institutions 
  existant au niveau des entités, le cas échéant par une révision de la 
  Constitution&nbsp;». Elle constate à cet égard que ce renforcement s&#146;opère 
  extrêmement lentement et essentiellement sous la pression de la communauté 
  internationale, en particulier grâce à l&#146;action de l&#146;Office du Haut 
  Représentant (OHR).</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;ordre constitutionnel prévu par les Accords de Dayton, sur lequel les 
  institutions de l&#146;Etat sont fondées, est extrêmement compliqué et 
  contradictoire. Résultat d&#146;un compromis politique conclu pour mettre fin à la 
  guerre, il ne peut assurer le fonctionnement efficace de l&#146;Etat à long terme 
  et devrait être réformé lorsque la réconciliation nationale sera irréversible 
  et la confiance sera pleinement restaurée.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;Assemblée est consciente que le changement du cadre constitutionnel mis en 
  place par les Accords de Dayton ne peut intervenir que sur la base d&#146;un 
  consensus entre les principales forces politiques de Bosnie-Herzégovine, tant 
  au niveau de l&#146;Etat qu&#146;à celui des entités.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">5.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Elle estime donc qu&#146;une réforme constitutionnelle doit faire l&#146;objet d&#146;un 
  débat politique serein et se félicite du fait que ce débat s&#146;engage déjà au 
  sein de la société civile de Bosnie-Herzégovine.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">6.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Il appartient aux Bosniaques de définir le calendrier, les modalités et les 
  paramètres d&#146;une réforme constitutionnelle. L&#146;Assemblée reste à leur 
  disposition pour y contribuer. Elle tient cependant à rappeler qu&#146;en tant qu&#146;Etat 
  membre du Conseil de l&#146;Europe, la Bosnie-Herzégovine est tenue de respecter 
  les principes de base de l&#146;Organisation.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">7.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;Assemblée est en même temps convaincue que la constitution actuelle permet 
  d&#146;avancer sur la voie des réformes visant à renforcer les institutions. La 
  récente mise en place, au niveau de l&#146;Etat, d&#146;un ministère de la défense, 
  rendue nécessaire par l&#146;aspiration commune des forces politiques de voir la 
  Bosnie-Herzégovine intégrée au Partenariat pour la Paix, en est un exemple 
  parfait. L&#146;Assemblée se félicite dans ce contexte de l&#146;accord conclu entre les 
  partis politiques au Parlement en vue de faire aboutir les réformes 
  nécessaires pour l&#146;ouverture des négociations pour un accord de stabilisation 
  et d&#146;association avec l&#146;Union européenne. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">8.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  En même temps, d&#146;importantes forces politiques, tout en déclarant leur 
  attachement à l&#146;intégration européenne, hésitent encore à &#156;uvrer pour une 
  Bosnie-Herzégovine unie et renforcée, et voient toujours leur avenir dans le 
  maintien de la structure actuelle de l&#146;Etat. L&#146;Assemblée rappelle que la voie 
  vers l&#146;Europe passe par l&#146;unité dans la diversité et non par la division et le 
  nationalisme exacerbé.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">9.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;Assemblée déplore le fait que plusieurs institutions mises en place au 
  niveau de l&#146;Etat aient du mal à devenir pleinement opérationnelles à cause du 
  manque de ressources humaines et financières mises à leur disposition, ce qui 
  nuit à leur efficacité et crédibilité. Elle estime que les décideurs 
  politiques au niveau des entités dont dépend le financement des institutions 
  de l&#146;Etat doivent être mieux associés à l&#146;élaboration des politiques au niveau 
  central.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">10.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La 
  mise en &#156;uvre des réformes souffre également de la lenteur des procédures de 
  nomination aux postes de responsabilité compte tenu de la nécessité de veiller 
  au respect de l&#146;équilibre entre des représentants des trois peuples 
  constitutifs. L&#146;Assemblée comprend pleinement le caractère sensible des 
  questions liées à l&#146;équilibre ethnique au sein des institutions. Elle estime 
  cependant que cet équilibre ne peut pas constituer le premier &#150; voire le seul 
  &#150; élément du processus politique. L&#146;intérêt général du peuple de 
  Bosnie-Herzégovine doit passer avant les considérations partisanes ou 
  communautaires.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">11.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;avenir de la Bosnie-Herzégovine appartient à son peuple, qui doit enfin 
  assumer, par le biais de ses représentants élus, la responsabilité pour son 
  destin. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">12.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&#146;Assemblée 
  appelle</span></p>
  <blockquote>
    <p align="justify"><span lang="FR">i.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    les forces politiques de la Bosnie-Herzégovine à&nbsp;:</span></p>
    <blockquote>
      <p align="justify"><span lang="FR">a.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
      multiplier leurs efforts visant à parvenir à un large consensus politique 
      en soutien de la mise en place, du renforcement et du fonctionnement 
      efficace des institutions de l&#146;Etat&nbsp;;</span></p>
      <p align="justify"><span lang="FR">b.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
      faire preuve de maturité politique et se concentrer sur les problèmes 
      réels du pays, tout en évitant de faire recours aux possibilités de 
      bloquer le processus politique qu&#146;offre le système institutionnel actuel&nbsp;;</span></p>
      <p align="justify"><span lang="FR">c.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
      s&#146;engager pleinement et de manière constructive dans le débat sur la 
      nécessité, le calendrier et les paramètres d&#146;une réforme 
      constitutionnelle&nbsp;;</span></p>
      <p align="justify"><span lang="FR">d.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
      porter une attention particulière à la nécessité, dans une future 
      Constitution, de mettre la notion de «&nbsp;peuples constitutifs&nbsp;» et leurs 
      droits spécifiques en conformité avec le principe de la primauté des 
      droits individuels&nbsp;;</span></p>
    </blockquote>
    <p align="justify"><span lang="FR">ii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
    la communauté internationale à&nbsp;:</span></p>
    <blockquote>
      <p align="justify"><span lang="FR">a.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
      faire plus de confiance aux responsables politiques de Bosnie-Herzégovine 
      tout en continuant à apporter son soutien aux réformes, et limiter son 
      intervention directe aux cas de nécessité absolue&nbsp;;</span></p>
      <p align="justify"><span lang="FR">b.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
      envisager une stratégie plus cohérente et précise de transfert de 
      responsabilités et de désengagement graduel de l&#146;OHR.</span></p>
    </blockquote>
  </blockquote>
  <p align="justify"><span lang="FR">13.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De 
  par ses compétences l&#146;OHR constitue, <i>de facto</i>, l&#146;ultime institution de 
  pouvoir en Bosnie-Herzégovine. Dans ce contexte, l&#146;Assemblée estime qu&#146;il est 
  inconciliable avec les principes démocratiques que le Haut Représentant puisse 
  prendre des décisions exécutoires sans avoir à en fournir une explication ou 
  en justifier le bien-fondé et sans qu&#146;il existe un moyen légal de recours. L&#146;Assemblée 
  demande à la Commission de Venise d&#146;analyser dans quelle mesure cette pratique 
  est conforme aux principes fondateurs du Conseil de l&#146;Europe, et en 
  particulier à la Convention de sauvegarde des Droits de l&#146;Homme et des 
  Libertés fondamentales.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">II.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Exposé des motifs</span></b></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">Introduction</span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Une proposition de directive déposée en mars 2003 par M. Jakic, Président de 
  la Commission des questions politiques, et plusieurs de nos collègues, 
  demandait à la commission compétente de l&#146;Assemblée de soumettre un rapport 
  sur les difficultés dans la mise en place des institutions démocratiques en 
  Bosnie-Herzégovine. La Commission des questions politiques a été chargée de 
  préparer ce rapport.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  En mai 2003, la Commission des questions politiques a organisé à Sarajevo, en 
  coopération avec la délégation de Bosnie-Herzégovine à l&#146;Assemblée 
  parlementaire, un colloque intitulé «&nbsp;La Bosnie-Herzégovine sur la voie de 
  l&#146;intégration européenne&nbsp;». Ce colloque, qui marquait le premier anniversaire 
  de l&#146;adhésion du pays au Conseil de l&#146;Europe, a été une excellente occasion 
  pour un échange de vues franc et ouvert sur les problèmes auxquels ce pays se 
  heurte dans sa transformation démocratique. Les travaux du colloque 
  constituent la base du présent rapport</span><a href="#_ftn1" name="_ftnref1" title><span lang="EN-GB">[1]</span></a><span lang="FR">.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Afin de mettre à jour ses conclusions préliminaires, votre Rapporteur a 
  effectué en mars 2004 une visite d&#146;étude en Bosnie-Herzégovine (BiH). Il tient 
  à remercier les autorités du pays et en particulier la délégation de la BiH à 
  l&#146;Assemblée et son Président sortant, M. Muratovic, ainsi que Mme Sonja 
  Moser-Starrach, Représentante spéciale du Secrétaire général du Conseil de 
  l&#146;Europe, pour l&#146;organisation de cette visite.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Votre Rapporteur tient à rappeler que l&#146;Assemblée suit la situation en 
  Bosnie-Herzégovine dans le cadre de la procédure de suivi des engagements, 
  dont certains touchent au bon fonctionnement des institutions de l&#146;Etat. Le 
  premier rapport de la Commission de suivi devrait être présenté à l&#146;Assemblée 
  simultanément avec le présent rapport, dans un débat conjoint. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">5.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Les rapporteurs de la Commission de suivi, Mme Shakhtakhtinskaya et M. Surjan 
  &#150; ce dernier fut par ailleurs l&#146;auteur du rapport de la Commission des 
  questions politiques sur l&#146;adhésion de la Bosnie-Herzégovine au Conseil de 
  l&#146;Europe &#150; présentent dans leur rapport un paysage suffisamment détaillé de la 
  situation actuelle dans le pays et mettent clairement en évidence les 
  particularités que ce pays &#150; et par conséquent la procédure de suivi à son 
  égard &#150; a par rapport à d&#146;autres pays membres du Conseil de l&#146;Europe. Afin 
  d&#146;éviter des redondances, votre Rapporteur a donc choisi de mettre l&#146;accent 
  sur l&#146;analyse des difficultés qui se posent devant les institutions de la 
  Bosnie-Herzégovine.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">6.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Ces difficultés peuvent être résumées comme suit&nbsp;:</span></p>
  <blockquote>
    <p align="justify"><span lang="FR">a.&nbsp;&nbsp; la Constitution, et la 
    répartition des responsabilités entre l&#146;Etat et les Entités ne permettent 
    pas un fonctionnement efficace des institutions de l&#146;Etat&nbsp;;</span></p>
    <p align="justify"><span lang="FR">b.&nbsp;&nbsp; même là où la Constitution 
    n&#146;empêche pas les réformes, celles-ci sont freinées par le manque de volonté 
    politique et les considérations «&nbsp;ethnocratiques&nbsp;»&nbsp;;</span></p>
    <p align="justify"><span lang="FR">c.&nbsp;&nbsp; la communauté 
    internationale, en particulier l&#146;Office du Haut représentant (OHR), se 
    substitue trop souvent aux institutions politiques de BiH et démotive ainsi 
    l&#146;initiative et l&#146;action politiques.</span></p>
  </blockquote>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">Bosnie-Herzégovine&nbsp;: pays en transition 
  multiple</span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">7.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;adhésion de la Bosnie-Herzégovine en avril 2002 a sans doute été l&#146;un des 
  plus grands défis que le Conseil de l&#146;Europe avait à relever. C&#146;est le pays le 
  plus meurtri, le plus divisé et le plus dévasté par la guerre à la suite de 
  l&#146;éclatement de l&#146;ancienne Yougoslavie, et ensuite recomposé par les efforts 
  de la communauté internationale. Son chemin du passé vers l&#146;avenir passe par 
  plusieurs transitions &#150; du totalitarisme à la démocratie, de l&#146;économie 
  planifiée, qui plus est dévastée par la guerre, vers celle du marché, de la 
  haine interethnique vers une réconciliation. Le Conseil de l&#146;Europe se devait 
  d&#146;apporter à ce pays son aide dans cette transition multiple.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">8.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La Bosnie-Herzégovine occupe une position clé dans les Balkans. La stabilité 
  et le développement démocratique du pays ont une grande importance non 
  seulement pour son peuple, mais également au-delà de ses frontières, pour les 
  Etats voisins et pour l&#146;ensemble de l&#146;Europe de Sud-Est.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">Constitution&nbsp;: source de contradictions 
  institutionnelles</span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">9.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  La BiH dans sa forme actuelle est le produit des Accords de paix de Dayton, le 
  résultat d&#146;un compromis politique négocié entre les ex-belligérants pour 
  mettre fin à la guerre. La structure de l&#146;Etat, conçue pour faire coexister 
  les anciens ennemis de guerre, est le reflet du rapport des forces et des 
  réalités de cette guerre. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">10.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La 
  Constitution de BiH, qui fait partie intégrante des Accords de Dayton sous 
  forme de l&#146;annexe 4, présente de ce fait bon nombre de contradictions et 
  d&#146;obstacles à la transformation du pays en un Etat «&nbsp;normal&nbsp;».</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">11.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 
  fait, cette Constitution comporte à la fois les éléments propres à une 
  fédération et ceux caractérisant le système confédéral. S&#146;agissant des 
  éléments «&nbsp;fédéraux&nbsp;», il faut noter la continuité de l&#146;existence légale de la 
  BiH dans le droit international dans les frontières reconnues, sa place à 
  l&#146;ONU et dans d&#146;autres organisations internationales, la primauté de la 
  Constitution de BiH sur toute autre loi, et l&#146;institution de la Cour 
  constitutionnelle chargée de garantir cette primauté.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">12.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Cependant, les éléments de nature «&nbsp;confédérale&nbsp;», notamment l&#146;existence 
  légale des entités (Fédération de Bosnie-Herzégovine, FBiH, et Republika 
  Srpska, RS), leur subjectivité partielle au regard du droit international (eg. 
  leur capacité de conclure des accords internationaux), la double citoyenneté 
  Etat/entité, la disposition selon laquelle toute compétence qui n&#146;est pas 
  expressément attribuée aux institutions de BiH relève des entités, ont pour 
  effet la faiblesse de l&#146;Etat par rapport aux entités. Par ailleurs, les 
  entités disposent des moyens constitutionnels de bloquer le processus 
  décisionnel dans les institutions communes, qui par ailleurs dépendent 
  entièrement des revenus fournis par les entités.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">13.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La 
  deuxième contradiction essentielle de la constitution est celle entre la 
  démocratie et ce que certains experts qualifient d&#146;«&nbsp;ethnocratie&nbsp;». Bien que 
  les principes des libertés individuelles et de l&#146;égalité des citoyens soient 
  garantis, certains mécanismes institutionnels sont basés sur la représentation 
  séparée des groupes ethniques. La protection des intérêts des «&nbsp;peuples 
  constitutifs&nbsp;» (Bosniaques, Serbes, Croates), par opposition à celle de 
  l&#146;intérêt commun, constitue le principe essentiel de la légitimation du 
  pouvoir d&#146;Etat. Cette contradiction est la principale source de l&#146;obstruction 
  politique et, par conséquent, de l&#146;inefficacité des institutions communes.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">14.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 
  tant que votre Rapporteur, je me demande par ailleurs dans quelle mesure le 
  principe de la prééminence des droits des «&nbsp;peuples constitutifs&nbsp;» par rapport 
  aux droits de ceux qui sont définis comme «&nbsp;autres&nbsp;», comme par exemple des 
  personnes appartenant à de groupes ethniques minoritaires, ou tout simplement 
  ceux qui ne souhaitent pas se voir classés parmi l&#146;un des trois groupes 
  «&nbsp;constitutifs&nbsp;», est conforme aux principes démocratiques fondamentaux.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">15.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il 
  est également nécessaire de noter la contradiction fondamentale entre la 
  souveraineté de l&#146;Etat et les pouvoirs exercés par la communauté 
  internationale. Sur la base des dispositions prévues dans les Accords de 
  Dayton, qui ont encore été renforcés en 1997 («&nbsp;pouvoirs de Bonn&nbsp;»), la 
  communauté internationale, par l&#146;intermédiaire de l&#146;Office du Haut 
  Représentant (OHR), exerce un pouvoir législatif, exécutif et même judiciaire, 
  interférant avec le fonctionnement des institutions au niveau de l&#146;Etat et des 
  entités et se substituant même à ces institutions. Cette situation, unique 
  parmi les Etats membres du Conseil de l&#146;Europe, permet à certains de qualifier 
  la BiH comme un «&nbsp;semi-protectorat&nbsp;».</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">16.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La 
  faiblesse de l&#146;Etat central et de ses institutions est ainsi la conséquence 
  directe et inévitable du système constitutionnel et politique résultant de 
  Dayton qui, en fait, consacre la division ethnique et politique résultant de 
  la guerre.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">Nécessité d&#146;une réforme 
  constitutionnelle</span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">17.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une 
  réforme profonde de la constitution est donc nécessaire pour garantir 
  l&#146;évolution de la BiH en Etat pleinement souverain, fondé sur la prééminence 
  de droit et le respect des droits de l&#146;homme et doté d&#146;institutions efficaces 
  à tous les niveaux.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">18.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il 
  n&#146;en est pas moins que cette constitution repose sur le fondement de 
  l&#146;existence même de la BiH, et a jusqu&#146;à présent assuré le rétablissement de 
  la paix, la réconciliation et le retour de la confiance entre les groupes 
  ethniques du pays. Modifier précipitamment et substantiellement les principes 
  de base de Dayton, en particulier les droits des «&nbsp;peuples constitutifs&nbsp;», 
  risquerait de mettre à l&#146;épreuve l&#146;équilibre des forces et la stabilité à 
  peine retrouvée et encore fragile.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">19.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Toute réforme constitutionnelle devrait donc être abordée avec la plus grande 
  prudence et nécessite le consensus le plus large entre les forces politiques 
  du pays.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">20.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je 
  tiens à noter à cet égard que l&#146;idée d&#146;une réforme constitutionnelle, et en 
  général, d&#146;une réorganisation de la structure des institutions tant au niveau 
  de l&#146;Etat que dans les entités, est de plus en plus débattue aux différents 
  niveaux de la société de BiH, notamment dans les milieux académiques et 
  d&#146;experts. Cependant, la plupart de représentants politiques rencontrés 
  semblent préférer ne pas se prononcer à ce sujet et estiment que le moment 
  pour ce débat n&#146;est pas encore venu.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">21.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les 
  réticences des forces politiques à s&#146;engager dans un débat public sur la 
  réforme constitutionnelle sont faciles à comprendre. Dans un pays où les 
  blessures laissées par la guerre n&#146;ont pas complètement guéri et les 
  équilibres sont encore fragiles, toute proposition jugée trop radicale peut se 
  retourner contre son auteur, et lui faire perdre le soutien de son électorat, 
  en d&#146;autres mots de son «&nbsp;peuple constitutif&nbsp;». Or il n&#146;est possible d&#146;arriver 
  à un accord visant à modifier les principes fondamentaux de la constitution 
  qu&#146;avec le soutien des trois «&nbsp;peuples constitutifs&nbsp;». </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">22.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Cependant, en restant en dehors du débat politique qui touche aux problèmes 
  fondamentaux pour l&#146;avenir du pays, les forces politiques prennent le risque 
  de perdre leur <i>leadership</i> et se voir marginalisées.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">Avancer dans le cadre constitutionnel 
  existant</span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">23.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il 
  semble y avoir, à travers l&#146;ensemble de forces politiques de BiH, un large 
  consensus sur l&#146;avenir du pays au sein des structures de l&#146;intégration 
  euro-atlantique. Ce consensus devrait être transformé en un soutien actif des 
  réformes nécessaires pour préparer le pays aux différentes échéances de cette 
  intégration. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">24.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A 
  ce propos, votre Rapporteur ne peut que se féliciter de deux développements 
  positifs, à savoir la création du ministère de la défense au niveau de l&#146;Etat 
  et la signature d&#146;un accord entre les partis politiques en faveur du soutien 
  des réformes nécessaires pour l&#146;ouverture des négociations pour un accord de 
  stabilisation et d&#146;association avec l&#146;UE.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">25.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La 
  mise en place d&#146;un ministère de la défense, institution de l&#146;Etat qui n&#146;est 
  pas prévue par les Accords de Dayton, est un bon exemple pour montrer que, 
  même dans le cadre constitutionnel actuel, il est possible d&#146;avancer sur la 
  voie des réformes. Mais il faut pour cela une réelle volonté commune de tous 
  les principaux acteurs politiques, donc une concordance de leurs intérêts. 
  Dans la pratique, la plupart de forces politiques privilégient les intérêts 
  perçus du groupe ethnique qu&#146;elles représentent à l&#146;intérêt général de l&#146;Etat 
  et du peuple de BiH. </span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">26.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il 
  faut aussi souligner que la décision formelle de créer une nouvelle 
  institution au niveau de l&#146;Etat ne signifie pas automatiquement qu&#146;elle sera 
  efficace. En réalité, le succès des institutions de l&#146;Etat dépend du soutien 
  réel dont elles bénéficient de la part des décideurs au niveau des entités et 
  des capacités matérielles et humaines dont elles sont dotées.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">27.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La 
  nécessité de veiller à l&#146;équilibre entre représentants des trois «&nbsp;peuples 
  constitutifs&nbsp;» lors de la nomination des candidats aux différentes fonctions 
  de responsabilité au sein des institutions communes rend la procédure de 
  nomination extrêmement compliquée, sensible et lente et conduit souvent aux 
  blocages. Du fait que toute nomination devient l&#146;objet des tractations 
  politiques, il n&#146;est pas surprenant d&#146;entendre dire que le processus politique 
  en BiH se résume au marchandage autour de l&#146;affectation aux postes.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">28.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Conscient que le problème de l&#146;équilibre ethnique a toute son importance dans 
  le contexte du pays à peine sorti d&#146;un conflit interethnique, j&#146;estime 
  néanmoins que la place qu&#146;on attribue à cet aspect, surtout si l&#146;on prend en 
  considération les défis que le pays doit affronter, est excessive. En plus, ce 
  principe ne fait que maintenir et renforcer la division du pays selon le 
  critère ethnique.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">29.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il 
  est clair que le nationalisme reste une ressource politique puissante, 
  facilement mobilisable et convertible en votes, surtout dans le contexte de la 
  BiH.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">30.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Cependant, aussi longtemps que chaque formation politique aura comme premier 
  objectif la protection des intérêts de la communauté ethnique dont elle émane, 
  l&#146;Etat central en subira des conséquences et ses institutions resteront 
  marquées d&#146;inefficacité.</span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">Rôle de la communauté internationale</span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">31.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Depuis la signature des Accords de Dayton, la communauté internationale a joué 
  un rôle crucial dans la mise en place de la nouvelle Bosnie-Herzégovine. Les 
  progrès que la BiH a réalisés sont largement dus aux efforts des différentes 
  organisations internationales qui opèrent dans le pays, en premier lieu l&#146;Office 
  du Haut Représentant (OHR) qui est chargé de veiller à la mise en &#156;uvre des 
  Accords de Dayton et bénéficie des pouvoirs très étendus «&nbsp;positifs&nbsp;» 
  (élaboration des lois) et «&nbsp;négatifs&nbsp;» (suspension ou même destitution des 
  responsables de différents niveaux).</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">32.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Face à la faiblesse des institutions et à l&#146;engagement insuffisant des 
  responsables politiques, l&#146;OHR a souvent été amené à imposer, aussi bien au 
  niveau de l&#146;Etat qu&#146;à celui des entités, des décisions ayant une force 
  contraignante.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">33.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La 
  plupart des hommes politiques de BiH reconnaissent que l&#146;action énergique et 
  souvent interventionniste de l&#146;OHR a été essentielle dans le processus des 
  réformes, surtout au début. Son rôle dans la mise en place de l&#146;ordre 
  institutionnel prévu par Dayton a été essentiel. Cependant, son action et ses 
  pouvoirs sont de plus en plus critiqués dans la mesure où, en imposant une 
  décision, il se substitue aux institutions du pays.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">34.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les 
  pouvoirs extraordinaires dont l&#146;OHR a été investi étaient absolument justifiés 
  au moment où le pays sortait de la guerre. L&#146;étendue et surtout le caractère 
  extraordinaire de ces pouvoirs deviennent&nbsp; beaucoup moins justifiés et 
  plus contestables au fil du temps lorsque la situation dans le pays n&#146;est plus 
  aussi extraordinaire.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">35.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;imposition des décisions législatives que les Parlements de l&#146;Etat et des 
  entités sont tenus de transformer en lois sans pouvoir les amender produit un 
  effet démotivant et a pour conséquence de déresponsabiliser les hommes et les 
  institutions politiques du pays. En effet, il est particulièrement frustrant 
  pour un responsable politique de voir les résultats de ses travaux rejetés par 
  une institution étrangère. Il est d&#146;autant plus dommageable, pour une 
  Assemblée élue, de se voir confinée dans le rôle d&#146;une machine à votation des 
  textes qu&#146;elle n&#146;a pas conçus. En plus, ces pouvoirs fournissent une 
  excellente excuse à l&#146;inaction des forces politiques du pays.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">36.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il 
  faut noter que les responsables de l&#146;OHR, à commencer par le Haut Représentant 
  lui-même, semblent être parfaitement conscients de la nécessité de transférer 
  les pleins pouvoirs aux Bosniaques dès que les institutions de la BiH seront 
  en mesure d&#146;assurer la maîtrise et l&#146;avancement rapide des réformes. </span>
  </p>
  <p align="justify"><span lang="FR">37.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Dans ce contexte, il convient de saluer l&#146;évolution des relations entre l&#146;OHR 
  et les institutions de l&#146;Etat et des entités dans le sens d&#146;une coopération au 
  sein des «&nbsp;commissions jointes&nbsp;». Cela permet aux responsables élus d&#146;être 
  impliqués dans la conception de la législation, et les prépare ainsi à la 
  prise des responsabilités pour l&#146;avenir de leur pays.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">38.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il 
  est également nécessaire de mentionner le droit dont le HR dispose de 
  destituer tout responsable public, élu ou désigné, de tout niveau et de toute 
  branche du pouvoir s&#146;il considère que les activités de ce responsable sont en 
  contradiction avec les Accords de Dayton. La destitution est assortie de 
  l&#146;interdiction d&#146;occuper un poste public, ainsi que du gel des avoirs de la 
  personne qui fait l&#146;objet de la mesure. Le HR n&#146;est pas tenu de justifier le 
  bien-fondé de sa décision. En plus, il n&#146;existe aucun recours possible contre 
  cette décision&nbsp;: la Cour constitutionnelle de BiH s&#146;est déclarée incompétente 
  en la matière.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">39.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De 
  l&#146;avis du Rapporteur, de tels pouvoirs sont en contradiction avec les 
  principes de base de la démocratie et rappellent plutôt des régimes 
  totalitaires. Leur utilisation, aussi justifiée par l&#146;intérêt général qu&#146;elle 
  puisse sembler, rend un très mauvais service à l&#146;enracinement de la démocratie 
  en BiH car elle provoque le sentiment d&#146;injustice et porte un coup à la 
  crédibilité des institutions et des mécanismes démocratiques.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">40.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A 
  cet égard, il faut rappeller que les droits des citoyens de la BiH sont 
  protégés par la Convention européenne de la sauvegarde des droits de l&#146;homme. 
  L&#146;OHR, qui est <i>de facto</i> l&#146;ultime institution de pouvoir en BiH, doit 
  respecter la Convention. Les personnes faisant l&#146;objet de telles décisions de 
  destitution doivent pouvoir faire un recours aussi bien sur le fond que sur le 
  plan de procédure. Par ailleurs, il convient de demander un avis à la 
  Commission de Venise sur la conformité de ces pouvoirs du HR avec les 
  principes de la CEDH. </span></p>
  <p align="justify"><b><span lang="FR">Conclusions</span></b></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">41.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  L&#146;ensemble des forces politiques de la Bosnie-Herzégovine, ainsi que la 
  société civile du pays, partagent la vision de l&#146;avenir du pays en tant que 
  membre des projets d&#146;intégration euro-atlantique, avant tout l&#146;Union 
  européenne et l&#146;OTAN.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">42.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Cependant, ce consensus doit encore être transformé dans les efforts pratiques 
  à l&#146;échelle de tout le pays en vue de la mise en place des institutions 
  unifiées, pleinement opérationnelles et efficaces. La logique de division 
  basée sur l&#146;appartenance ethnique doit être dépassée.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">43.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les 
  Accords de paix de Dayton ont été destinés à mettre fin à la guerre et à jeter 
  les bases d&#146;une Bosnie-Herzégovine nouvelle. Plusieurs aspects de ces accords 
  limitent le développement des institutions du pays et il sera nécessaire de 
  les réexaminer.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">44.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  Cependant, même le cadre institutionnel existant permet d&#146;accélérer les 
  réformes politiques à condition qu&#146;il y ait une forte volonté politique.</span></p>
  <p align="justify"><span lang="FR">45.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La 
  communauté internationale doit continuer à apporter son soutien à la mise en 
  place des institutions, mais les leaders politiques de la Bosnie-Herzégovine 
  doivent assumer leur responsabilité vis-à-vis de l&#146;avenir de leur pays. </span>
  </p>
  <hr color="#000000" size="1" width="50%">
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Commission chargée de l&#146;Avis&nbsp;: </span>
  </i><span lang="FR">Commission des questions politiques</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Renvoi en commission&nbsp;: </span></i>
  <a href="../doc03/FDOC9739.htm">Doc. 9739</a><span lang="FR">, Renvoi 2822 du 
  31.03.03</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Projet de Résolution </span></i>
  <span lang="FR">adopté&nbsp; par la Commission&nbsp; le 25 mai 2004 à 
  l&#146;unanimité</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Membres de la Commission&nbsp;</span></i><span lang="FR">: 
  Jakic (Président), <i>Margelov</i> (Vice-Président), Spindelegger (Vice-Présidente),<i> 
  Ates</i> (Vice-Président), Aguiar, Akhvlediani, de Aristegui, Arzilli, <i>
  Atkinson</i>,&nbsp; Azzolini, Baná&#154;, <i>Berceanu</i>, Bianco, <i>Blankenborg, 
  van den Brande</i>, Cekuolis, <i>Davern</i>, Dreyfus-Schmidt, Druviete, 
  Duivesteijn, Durrieu,&nbsp;<i>Elo</i>, Glesener, Goulet, <i>Gross</i>, Hedrich, 
  Henry, Hörster, Iwinski, <i>Jahi</i></span><i><span lang="FR">c,</span></i><span lang="FR">Jova&#154;evic,
  </span><i><span lang="FR">Judd</span></i><span lang="FR">, Kalezic, Karpov, 
  Klich, Koçi, Kosachev <i>(remplaçant&nbsp;: Kolesnikov),</i> Kostenko, Lindblad, 
  van der Linden, <i>Lloyd,</i> Loutfi <i>(remplaçant&nbsp;: Kirilov),</i> Magnusson, 
  Martinez-Casan, Marty, Matu&#154;ic <i>(remplaçant&nbsp;: Jurica),</i> Medeiros 
  Ferreira, Meimarakis, <i>Mercan</i>,&nbsp; Mignon, <i>Mihkelson (remplaçant&nbsp;: 
  Herkel),</i> Narochnitskaya <i>(remplaçant&nbsp;: Umakhanov),</i>&nbsp;<i>Nemcova</i>, 
  Nemeth, Oliynyk, Ouzky, <i>Pangalos,</i> Petrova-Mitevska, Petursdottir,&nbsp; 
  Pintat Rossell, Pourgourides, Prentice, Prijmireanu, <i>Prisacaru,</i> de&nbsp;Puig, 
  Pullicino Orlando, Ranieri, Roth, <i>Severin,</i> Severinsen, <i>Seyidov</i>,
  <i>Slutsky</i>, Tabajdi, <i>Tekelioglu,</i> <i>Torosyan,</i> <i>Toshev,</i> 
  Tritz, <i>Vakilov</i>, Wielowieyski, Wohlwend, Wurm, Zacchera.</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Ex-officio</span></i><span lang="FR">:
  <i>Davis, Eörsi</i>, Einarsson, <i>Russell-Johnston</i></span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">N.B.&nbsp;: Les noms des membres qui ont pris 
  part à la réunion sont imprimés en caractères italiques.</span></i></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Chef du Secrétariat&nbsp;: </span></i>
  <span lang="FR">M. Perin</span></p>
  <p align="justify"><i><span lang="FR">Secrétaires de la Commission</span></i><span lang="FR">&nbsp;: 
  Mme Ruotanen, M. Chevtchenko, M. Dossow.</span></p>
  <hr color="#000000" size="1">
  <p align="justify"><a href="#_ftnref1" name="_ftn1" title><span lang="EN-GB">
  [1]</span></a><span lang="FR"> Cf. le résumé des travaux du Colloque, document 
  AS/Pol/Sar (2003) 03.</span></p>
  
  </font>
  
  <p align="justify">&nbsp;</p>
  
  </font>
  
  </font>
  
  </blockquote>
  </body>
</html>