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<title> Situation au Sahara occidental </title>
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<blockquote>
  <!--webbot bot="Include" U-Include="../../Docheader.htm" TAG="BODY" startspan --><strong>[Documents/Docheader.htm]</strong><!--webbot bot="Include" endspan i-checksum="64216" --><font FACE="Verdana" size="2"><b><p ALIGN="JUSTIFY">
  Situation au Sahara occidental</p>
  <p ALIGN="LEFT">Doc. 10346<br>
  </b>20 octobre 2004</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT">Rapport<br>
  </b>Commission des questions politiques<br>
  Rapporteur&nbsp;: M. Gabino Puche, Espagne, Groupe du Parti populaire européen</p>
  <b>
  <p ALIGN="CENTER">Pour débat à la Commission permanente &#150; Voir article 15 du 
  Règlement</p>
  </b></font><i><font FACE="Verdana" SIZE="2">
  <hr noshade color="#000000" size="1">
  <p ALIGN="LEFT">Résumé</p>
  </font></i><font FACE="Verdana" size="2">
  <p ALIGN="JUSTIFY">L&#146;Assemblée parlementaire reste préoccupée par l&#146;absence de 
  progrès notables dans la recherche d&#146;une solution politique juste et durable 
  en ce qui concerne le conflit relatif au Sahara occidental.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">Les efforts constants des Nations-Unies depuis 1965, et 
  plus particulièrement de la Mission des Nations-Unis pour l&#146;organisation d&#146;un 
  référendum au Sahara occidental depuis 1991, ont atteint une phase décisive 
  qualifiée par les observateurs de «&nbsp;dernière chance&nbsp;». L&#146;Assemblée considère 
  qu&#146;il est essentiel de mettre fin à un conflit particulièrement long qui a des 
  conséquences dramatiques pour les réfugiés, les prisonniers de guerre et les 
  prisonniers politiques et porte préjudice au développement du Maghreb ainsi 
  qu&#146;aux bonnes relations entre les pays de la région.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">L&#146;Assemblée appuie pleinement la Résolution 1541 du Conseil 
  de Sécurité des Nations Unies du 29 avril 2004 par laquelle le Conseil a 
  réaffirmé son soutien au Plan de paix pour l&#146;autodétermination du peuple du 
  Sahara occidental comme solution politique optimale et invite le Maroc à se 
  montrer conciliant au sujet de cet accord.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">L&#146;Assemblée appelle aussi ses Etats membres à encourager 
  par des moyens appropriés les parties concernées à &#156;uvrer de concert avec les 
  Nations Unies pour que le Plan de paix soit rapidement accepté et mis en 
  &#156;uvre.</p>
    <b>
    I. Projet de Résolution <span lang="FR"><font size="2"><i>[<a href="../../AdoptedText/TA04/FRES1408.htm">Lien 
  vers le texte adopté</a>]</i></font></span></b><p ALIGN="JUSTIFY">1. En ce qui concerne le conflit relatif au Sahara 
  occidental, l&#146;Assemblée parlementaire reste préoccupée par l&#146;absence de 
  progrès notables dans la recherche d&#146;une solution politique juste et durable 
  qui puisse être acceptée par les différentes parties en présence.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">2. Le conflit au Sahara occidental est une source 
  d&#146;épreuves et de souffrances inacceptables pour des populations innocentes et 
  il a conduit à une situation humanitaire insupportable qui ne saurait être 
  tolérée plus longtemps.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">3. Les Nations Unies s&#146;efforcent de parvenir à un règlement 
  au Sahara occidental depuis le retrait de l&#146;Espagne en 1976. En 1988, le 
  Secrétaire Général a présenté un «&nbsp;plan de règlement&nbsp;» appelant à une solution 
  définitive de la question du Sahara occidental grâce à un cessez-le-feu et à 
  l&#146;organisation d&#146;un référendum d&#146;autodétermination pour le peuple du Sahara 
  occidental.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">4. L&#146;Assemblée appuie sans réserve les Nations Unies, y 
  compris la Mission des Nations Unies pour l&#146;organisation d&#146;un référendum 
  d&#146;autodétermination au Sahara occidental (MINURSO), créée en 1991, et l&#146;envoyé 
  personnel du Secrétaire Général, dans les efforts qu&#146;ils déploient sans 
  relâche pour aider les parties concernées à trouver une solution au conflit. 
  Elle rend particulièrement hommage à l&#146;envoyé personnel qui a rencontré à 
  plusieurs reprises ces derniers mois les dirigeants marocains et le Front 
  populaire de libération de Saguia-el-Hamra et de Rio&nbsp;de&nbsp;Oro (Front POLISARIO) 
  afin d&#146;amener les parties à accepter et mettre en &#156;uvre le Plan de paix pour 
  l&#146;autodétermination du peuple du Sahara occidental.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">5. L&#146;Assemblée appuie pleinement la 
  <a href="../../../UNDocs/UNRES1541F.pdf">Résolution 1541 du 
  Conseil de Sécurité des Nations Unies</a> du 29 avril 2004 par laquelle le Conseil 
  a réaffirmé son soutien au Plan de paix pour l&#146;autodétermination du peuple du 
  Sahara occidental comme solution politique optimale ainsi que son soutien 
  énergique en faveur des efforts du Secrétaire général des Nations Unies et son 
  envoyé personnel pour parvenir à un règlement politique mutuellement 
  acceptable du conflit du Sahara occidental.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">6. Alors que le Front POLISARIO a officiellement accepté, 
  le 6 juillet 2003, le Plan de paix pour l&#146;autodétermination du peuple du 
  Sahara occidental, le Maroc, dans sa réponse définitive du 15 avril 2004, n&#146;en 
  accepte pas les éléments essentiels. Le Maroc n&#146;est pas d&#146;accord avec la 
  période transitoire d&#146;autonomie qui est proposée et qui vise à donner aux 
  personnes qui résident de bonne foi au Sahara occidental la possibilité de 
  déterminer elles-mêmes leur avenir. Le Maroc considère que cette période 
  serait une source d&#146;incertitude quant au statut définitif du territoire, ce 
  qui risquerait d&#146;inaugurer une ère d&#146;insécurité et d&#146;instabilité pour 
  l&#146;ensemble du Maghreb&nbsp;; il estime aussi que le caractère définitif de 
  l&#146;autonomie n&#146;est pas négociable.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">7. L&#146;Assemblée invite instamment les autorités du Maroc à 
  saisir cette occasion pour se montrer conciliantes en acceptant le Plan de 
  paix, ce qui permettrait de mettre un terme au conflit relatif au Sahara 
  occidental.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">8. L&#146;Assemblée invite les Etats voisins à coopérer avec les 
  Nations Unies pour un règlement juste et définitif de ce conflit.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">9. L&#146;Assemblée appelle aussi ses Etats membres à encourager 
  par des moyens appropriés les parties concernées à &#156;uvrer de concert avec les 
  Nations Unies pour que le Plan de paix soit rapidement accepté et mis en 
  &#156;uvre.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">10. Tout en reconnaissant qu&#146;il importe de concentrer les 
  efforts sur l&#146;acceptation du Plan de paix, l&#146;Assemblée souligne la nécessité 
  de ne pas oublier les aspects humanitaires du conflit parmi lesquels la 
  situation alimentaire dans les camps de réfugiés dans la zone de Tindouf. A 
  cet égard, l&#146;Assemblée observe avec satisfaction que, depuis février 2003, 843 
  prisonniers de guerre marocains ont été libérés par le Front POLISARIO et 
  rapatriés au Maroc sous l&#146;égide du Comité international de la Croix-Rouge 
  (CICR). L&#146;Assemblée appelle le Front POLISARIO à accélérer la libération des 
  412 prisonniers restants.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">11. L&#146;Assemblée apporte son soutien au Comité international 
  de la Croix-Rouge qui continue à visiter régulièrement les prisonniers et à 
  leur prodiguer des soins médicaux. L&#146;Assemblée appelle à la fois le Maroc et 
  le Front POLISARIO à continuer de coopérer avec le CICR également pour 
  retrouver les personnes qui sont toujours portées disparues dans le cadre du 
  conflit.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">12. En ce qui concerne les mesures de confiance, 
  l&#146;Assemblée constate avec satisfaction que, depuis mars 2004, les visites des 
  familles ont commencé et se déroulent de manière satisfaisante ; elle invite 
  les deux parties à continuer de coopérer avec le HCR et la MINURSO pour le bon 
  déroulement et le développement de ces visites des familles. Elle demande 
  également aux deux parties de coopérer avec le HCR dans la mise en &#156;uvre des 
  services postaux entre le Territoire et les camps de réfugiés dans la zone de 
  Tindouf selon les modalités arrêtées par ledit HCR.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">13. En ce qui concerne l&#146;aspect financier, l&#146;Assemblée 
  constate avec regret que le montant des contributions impayées au compte 
  spécial de la MINURSO s&#146;élevait à 45 millions d&#146;USD à la fin du mois de mars 
  2004. L&#146;Assemblée prie instamment les gouvernements des Etats membres dont la 
  contribution n&#146;a pas été payée à respecter leurs engagements et à verser sans 
  délai leur contribution afin de permettre à la MINURSO de continuer ses 
  activités comme prévu.</p>
  </font><b><font FACE="Verdana" size="2">
  <p ALIGN="LEFT">II. Exposé des motifs</p>
  <p ALIGN="left">Table des matières</p>
  <p ALIGN="LEFT"><a name="1" href="#1t">I. INTRODUCTION</a></p>
  <p ALIGN="LEFT"><a name="2" href="#2t">II. HISTORIQUE</a></p>
  <blockquote>
  <p ALIGN="LEFT">A &#150; Rappel des origines du conflit (1975-199</p>
  </blockquote>
  <dir>
    <dir>
      </font></b><font FACE="Verdana" SIZE="2">
      <p ALIGN="LEFT">i. &#150; Qui détient la souveraineté sur le Sahara 
      Occidental&nbsp;?<br>
      ii. &#150; Déroulement du conflit</p>
      <b>
    </dir>
  </dir>
  <blockquote>
      <p ALIGN="JUSTIFY">B &#150; L&#146;action des Nations-Unies &#150; 1991&#150;2001</p>
      </blockquote>
      </b>
      </font>
  <dir>
    <dir>
      <font FACE="Verdana" SIZE="2">
      <p ALIGN="JUSTIFY">i. &#150; Les Nations Unies favorisent l&#146;autodétermination<br>
      ii. &#150; Détournement par les parties du plan de paix de 1991</p>
      <b>
    </dir>
  </dir>
  <blockquote>
      <p ALIGN="JUSTIFY">C &#150; Les stratégies des acteurs</p>
      </blockquote>
      </b>
      </font>
  <dir>
    <dir>
      <font FACE="Verdana" SIZE="2">
      <p ALIGN="JUSTIFY">i. &#150; Le Maroc<br>
      ii. &#150; Le Front POLISARIO<br>
      iii. &#150; L&#146;Algérie<br>
      iv. &#150; La Mauritanie<br>
      v. &#150; Les organisations régionales<br>
      vi. &#150; Les pays occidentaux</p>
    </dir>
  </dir>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT"><a name="3" href="#3t">III. NEGOCIATIONS RECENTES</a></p>
  <blockquote>
      <p ALIGN="JUSTIFY">A &#150; Echec des négociations portant sur l&#146;accord-cadre</p>
      </blockquote>
  <dir>
    <dir>
      </b>
      <p ALIGN="JUSTIFY">i. &#150; L&#146;accord-cadre constitue un tournant<br>
      ii. &#150; Les positions des acteurs</p>
        <b>
    </dir>
  </dir>
  <blockquote>
        <p ALIGN="JUSTIFY">B &#150; Les perspectives de règlement</p>
        <blockquote>
        </b>
        <p ALIGN="JUSTIFY">i. &#150; Les quatre options du rapport du Secrétaire 
        Général des Nations Unies du 19 février 2002<br>
        ii. &#150; Une solution fondée sur l&#146;autonomie substantielle 
        du territoire rencontre un soutien grandissant</p>
        </blockquote>
  </blockquote>
      <b>
      <p ALIGN="LEFT"><a name="4" href="#4t">IV. LE PLAN DE PAIX POUR L&#146;AUTODETERMINATION DU PEUPLE DU 
      SAHARA OCCIDENTAL</a></p>
      <blockquote>
      <p ALIGN="LEFT">A &#150; Le rapport du Secrétaire Général des Nations Unies du 
      23 mai 2003</p>
      <p ALIGN="LEFT">B &#150; Premières observations</p>
      </blockquote>
  <dir>
    <dir>
      </b>
      <p ALIGN="LEFT">i. &#150; La réaction des acteurs<br>
      ii. &#150; Les chances de réussite du nouveau plan de paix</p>
    </dir>
  </dir>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT"><a name="5" href="#5t">V. SITUATION DES DROITS DE L&#146;HOMME
  </a> </p>
  <blockquote>
      <p ALIGN="LEFT">A &#150; Populations civiles dans les provinces marocaines et 
      dans la zone contrôlée par le Front POLISARIO</p>
      <p ALIGN="LEFT">B - La question des réfugiés</p>
      </blockquote>
  <dir>
    <dir>
      </b>
      <p ALIGN="JUSTIFY">i. &#150; Le mandat du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR)<br>
      ii. &#150; L&#146;action du HCR se heurte au manque de moyens et 
      aux polémiques entre les parties</p>
      <b>
    </dir>
  </dir>
  <blockquote>
      <p ALIGN="JUSTIFY">C &#150; Prisonniers de guerre et prisonniers politiques</p>
    </blockquote>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><a name="6" href="#6t">VI. Contribution éventuelle du Conseil de l&#146;Europe</a></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><a name="1t" href="#1">I. INTRODUCTION</a></p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">1. Le Sahara occidental ne fait certes pas partie de la 
  zone d&#146;action habituelle du Conseil de l&#146;Europe. Mais le Maghreb, c&#146;est-à-dire 
  l&#146;Algérie, le Maroc et la Tunisie, possède avec l&#146;Europe des liens 
  historiques, culturels, politiques, économiques et démographiques anciens et 
  forts. Plusieurs Etats membres du Conseil de l&#146;Europe sont tout 
  particulièrement concernés par ces problématiques. Le Maghreb, s&#146;il parvient à 
  surmonter certains problèmes récurrents, dont le conflit au Sahara occidental, 
  est appelé à devenir un partenaire privilégié de l&#146;Europe. De plus, les 
  résonances de ce conflit dans certains Etats membres du Conseil de l&#146;Europe 
  tels l&#146;Espagne ou la France, ne doivent pas être négligées. La question du 
  Sahara occidental intéresse donc le Conseil de l&#146;Europe, dont une des missions 
  fondamentales est de prévenir et résoudre tout conflit.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">2. Le conflit au Sahara occidental accroît l&#146;instabilité 
  politique dans le Maghreb, ce qui limite la portée du processus de 
  décentralisation politique et administrative, et compromet la mise en &#156;uvre 
  des réformes démocratiques, notamment au Maroc. Le Conseil de l&#146;Europe, qui a 
  vocation à instaurer ou rétablir un Etat de droit fondé sur le respect de la 
  diversité, de la démocratie et des droits humains, a vocation à apporter son 
  expérience dans ce processus.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">3. Cette situation, dans un contexte de revendications 
  indépendantistes, profite à l&#146;intégrisme religieux, qui utilise ce type de 
  différend non résolu pour fédérer les populations autour d&#146;une foi dévoyée. Le 
  Maroc, qui semblait constituer un pilier pour limiter l&#146;essor de l&#146;islamisme 
  dans le monde arabe, n&#146;est pas à l&#146;abri de cette menace, comme le prouvent les 
  récents attentats commis dans ce pays. En apportant son soutien au règlement 
  du conflit au Sahara, le Conseil de l&#146;Europe aiderait les Etats de la région à 
  recouvrer une crédibilité dans la lutte contre l&#146;intégrisme religieux et le 
  terrorisme, tout en respectant les droits de l&#146;homme et les droits des 
  minorités.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">4. La persistance du différend détériore les relations 
  diplomatiques déjà fragiles entre le Maroc et l&#146;Algérie. Dans ce contexte, la 
  coopération régionale est compromise, et l&#146;Union du Maghreb arabe, qui 
  pourrait être une organisation régionale partenaire du Conseil de l&#146;Europe, se 
  voit limitée dans son essor.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">5. Région de la côte atlantique du nord-ouest de l&#146;Afrique 
  située à l&#146;extrémité sud du Maroc, le Sahara occidental couvre 266 000 km<sup>2</sup>, 
  principalement désertiques. Ce territoire est limitrophe de la Mauritanie au 
  sud, du Maroc au nord, et possède au nord-est une frontière de 50 km avec 
  l&#146;Algérie.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">6. Protectorat espagnol depuis 1884, reconnu par la 
  Conférence de Berlin en novembre 1884-février 1885, le Sahara occidental a été 
  rétrocédé au Royaume du Maroc par l&#146;Accord de Madrid, le 14 novembre 1975. Il 
  est depuis l&#146;objet d&#146;un contentieux territorial entre le Maroc et le Front 
  Populaire de Libération de Saghi-el-Hamra et de Rio de Oro (Front POLISARIO), 
  soutenu par l&#146;Algérie. La Mauritanie a abandonné toute revendication sur la 
  région depuis août 1979.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">7. Le recensement de 1994 estimait la population à environ 
  252 200 personnes, ce qui correspond à une très faible densité. Parmi cette 
  population, on compte un grand nombre de tribus sahraouies, de tradition 
  nomade. Leurs spécificités linguistiques, religieuses et sociales, héritées 
  des traditions et de vie nomade et d&#146;élevage, confèrent aux tribus sahraouies 
  une identité forte et une organisation sociale originale. Ces tribus ont 
  longtemps été disséminées entre les territoires marocain, mauritanien et 
  algérien, mais ont toutefois des liens historiques et économiques forts avec 
  le Maroc.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">8. Depuis 1980, le Sahara occidental est divisé par un mur 
  de sable, le Berm, qui délimite la zone contrôlée par le Maroc à l&#146;ouest et 
  celle, à l&#146;est, contrôlée par le Front POLISARIO. Par ailleurs, la ville de 
  Tindouf, en Algérie, sert de siège à la République sahraouie démocratique (RASD) 
  proclamée sur l&#146;initiative du Front POLISARIO le 27 février 1976, et abrite 
  d&#146;importants camps de réfugiés sahraouis. Dans la partie sous administration 
  marocaine, les principales villes sont la capitale El Aïoun, la ville côtière 
  de Dakhla, assez dynamique économiquement, et à l&#146;intérieur des terres, Smara. 
  A l&#146;est, on compte les villes de Bir Lahlou, Tihariti, Mijic.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">9. Outre que sa situation entre Maghreb et Afrique 
  sub-saharienne lui confère un certain intérêt stratégique, le Sahara 
  occidental recèle d&#146;importants gisements de phosphates et minerais, et des 
  réserves pétrolières. Ses eaux sont parmi les plus riches du monde en 
  poissons, et font l&#146;objet d&#146;accords de pêche entre le Maroc, l&#146;Union 
  européenne et la Mauritanie. Par ailleurs, les possibilités touristiques ou 
  commerciales de la côte sont importantes.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">10. Ceci explique la difficulté de parvenir à un règlement 
  du conflit, et ce malgré les efforts constants des Nations Unies depuis 1965, 
  et plus particulièrement de la Mission des Nations Unis pour l&#146;organisation 
  d&#146;un référendum au Sahara occidental (MINURSO) depuis 1991. Les négociations 
  sont actuellement dans une phase décisive, qualifiée par l&#146;Envoyé personnel du 
  Secrétaire général des Nations Unies, James Baker, de «&nbsp;dernière chance&nbsp;». Il 
  est urgent de mettre fin à un conflit particulièrement long, qui a des 
  conséquences dramatiques pour les réfugiés, les prisonniers de guerre et les 
  prisonniers politiques, et porte préjudice au développement du Maghreb ainsi 
  qu&#146;aux bonnes relations entre les acteurs régionaux. Le Sahara occidental est 
  l&#146;un des rares territoires qui se trouve encore sur la liste des territoires 
  non autonomes établie par les Nations Unies.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">11. Le Représentant spécial du Secrétaire général des 
  Nations Unies pour le Sahara occidental, M.&nbsp;Alvaro de Soto, a continué<b> </b>
  de négocier en Algérie, au Maroc et avec les dirigeants du Front POLISARIO 
  afin de parvenir à résoudre ce conflit persistant<b> </b>et à encourager la 
  mise en &#156;uvre des mesures de confiance afin d&#146;aider les réfugiés qui ont 
  pratiquement vécu trois décennies dans des camps dans le désert.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">12. Le Conseil de sécurité considère le Plan de paix pour 
  l&#146;autodétermination du peuple du Sahara occidental en tant que solution 
  politique optimale reposant sur un accord entre les parties (le Plan de paix 
  figure en annexe II). Le Front POLISARIO l&#146;a accepté officiellement en juillet 
  2003. Le 15 avril 2004, le Maroc a présenté sa réponse finale dans laquelle il 
  dénote sa volonté de poursuivre l&#146;action menée en vue de parvenir à un 
  règlement politique du conflit sur le Sahara occidental. Il indique clairement 
  que «&nbsp;<i>solution politique d&#146;autonomie ne peut être que définitive&nbsp;»,</i> ce 
  qui a des incidences néfastes sur l&#146;autodétermination, telle que prévue dans 
  la résolution 1429 (2002).</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT"><a name="2t" href="#2">II. HISTORIQUE</a></p>
  <p ALIGN="LEFT">A &#150; Rappel des origines du conflit (1975-1991)</p>
  <p ALIGN="LEFT">i &#150; Qui détient la souveraineté sur le Sahara occidental&nbsp;?</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">13. Entre l&#146;Accord de Madrid marquant le retrait de la 
  puissance coloniale espagnole et la création de la MINURSO en 1991, la 
  question du Sahara occidental est devenue un conflit régional, dans lequel les 
  Etats du Maghreb se sont affrontés de manière indirecte en élaborant des 
  stratégies à l&#146;échelle régionale. Ce conflit s&#146;inscrit dans le contexte 
  historique de la décolonisation, impliquant le droit du peuple sahraoui à 
  disposer de lui-même et de son territoire, et de la guerre froide - qui a 
  favorisé la création du Front POLISARIO comme d&#146;autres mouvements rebelles 
  d&#146;inspiration socialiste en Afrique. Ainsi, le Front POLISARIO a reçu le 
  soutien de l&#146;Algérie, puissance régionale et république socialiste.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">14. La convergence des problématiques de la décolonisation 
  et de l&#146;appartenance ethnique, dans une région «&nbsp;périphérique&nbsp;» du globe, a 
  donc compliqué et envenimé la situation.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">15. Dès lors, on comprend mieux pourquoi la question de la 
  souveraineté sur le Sahara Occidental est devenue un enjeu important pour des 
  Etats du Maghreb, tels que le Maroc, l&#146;Algérie, la Mauritanie mais aussi la 
  Libye. Ces raisons expliquent la décision du Maroc de solliciter un avis 
  juridique de la Cour Internationale de Justice. (La demande d&#146;avis constituait 
  par ailleurs une mesure dilatoire de la part de Hassan II pour éviter la tenue 
  du référendum, annoncée par l&#146;Espagne l&#146;année précédente.) La Cour a rendu son 
  jugement dans son Avis consultatif du 16 octobre1975 en des termes qui 
  donnèrent lieu à des interprétations divergentes&nbsp;: le Sahara occidental, à 
  travers ses chefs de tribus, avait bien, avant la colonisation espagnole, des 
  liens d&#146;allégeance avec le Royaume du Maroc. Toutefois, il ne pouvait s&#146;agir 
  d&#146;une souveraineté du Royaume sur les Sahraouis. Les chefs de tribus 
  sahraouies ont d&#146;ailleurs entretenu pendant plusieurs siècles des liens 
  d&#146;allégeance avec les pouvoirs présents dans les pays voisins.</font><font FACE="Verdana" SIZE="2" COLOR="#ff0000">
  </font><font FACE="Verdana" size="2">Le Maroc considère quant à lui qu&#146;au vu 
  des traditions existant avant la colonisation espagnole, l&#146;allégeance 
  équivalait à cette époque à la souveraineté. Le Maroc s&#146;appuie également sur 
  les registres coloniaux du XIX<sup>ème </sup>siècle, qui reconnaissaient 
  l&#146;intégrité du Maroc, Sahara occidental compris. Le Maroc revendique donc un 
  droit historique sur le Sahara occidental, que vient renforcer le souvenir de 
  l&#146;aide que le Maroc a apportée, au début du XX<sup>ème </sup>siècle, à la 
  lutte sahraouie contre la colonisation espagnole.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">16. Le Maroc a la conviction que le Sahara occidental 
  appartient au peuple marocain et que l&#146;indépendance de 1956, qui n&#146;a pas 
  permis l&#146;intégration de ce territoire, a été incomplète. Ces raisons 
  expliquent la Marche verte du 16 octobre 1975. Il s&#146;agit d&#146;une vaste «&nbsp;marche 
  pacifique&nbsp;» organisée à l&#146;appel d&#146;Hassan II, et qui mobilise 350 000 
  marocains, encadrés par 10 000 représentants de l&#146;armée et de l&#146;administration 
  marocaines, pour «&nbsp;rejoindre le Sahara&nbsp;» (discours d&#146;Hassan II, le 16 octobre 
  1975). Un nombre important de sahraouis choisit l&#146;exil vers la ville de 
  Tindouf, en Algérie.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">17. La République arabe sahraouie démocratique (RASD) est 
  proclamée le 27 février 1976, dans le but d&#146;affirmer la souveraineté du Sahara 
  occidental. Le Front POLISARIO la dirige depuis lors avec l&#146;appui de 
  l&#146;Algérie. Le gouvernement de la RASD est encore aujourd&#146;hui en exil à 
  Tindouf, dans le sud-ouest algérien.</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT">ii &#150; Déroulement du conflit</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">18. Le Front POLISARIO, fondé le 10 mai 1973 avant même le 
  début de la décolonisation espagnole, réclame dès sa création l&#146;indépendance 
  immédiate du Sahara occidental. Les accords tripartites de Madrid partagent le 
  pays entre le Maroc et la Mauritanie, permettant le retrait de l&#146;Espagne. Le 
  Front POLISARIO entame des opérations de guérilla dès septembre 1974. Cette 
  situation lui est favorable, puisque les Forces armées royales (FAR) 
  marocaines sont surtout formées pour mener des opérations militaires 
  classiques et subissent des revers militaires. Le Front POLISARIO, compte tenu 
  de ses moyens militaires limités, ne peut certes espérer une victoire 
  militaire définitive contre l&#146;armée marocaine. Mais la pression économique est 
  importante et le conflit a un effet négatif sur la politique intérieure du 
  Maroc. L&#146;armée mauritanienne, dépourvue de moyens, ne peut quant à elle 
  s&#146;opposer longtemps à la guérilla&nbsp;: les forces du POLISARIO atteignent même 
  Nouakchott. La Mauritanie abandonne ses revendications sur la région par un 
  accord avec le Front POLISARIO en août 1979.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">19. Face à cette situation, le roi Hassan II fait 
  construire en 1980 un mur de sable, le Berm, pour séparer la zone contrôlée 
  par le Front POLISARIO à l&#146;Est, et le «&nbsp;triangle utile&nbsp;» contrôlé par les 
  Forces armées royales. Il protège ainsi une région dans laquelle le royaume 
  investit beaucoup, en termes économique, social et politique, et qui recèle 
  l&#146;essentiel des ressources du Sahara occidental (minerais, hydrocarbures non 
  encore exploitées, pêche&#133;). Les attaques du POLISARIO contre le Berm, malgré 
  quelques percées, ne sont guère efficaces et la situation tourne à l&#146;avantage 
  du Maroc. Débarrassé de la pression continue du POLISARIO, le gouvernement 
  marocain s&#146;emploie à développer l&#146;économie, et à intégrer les populations 
  sahraouies à l&#146;ouest du mur par des programmes favorisant la sédentarisation, 
  la scolarisation, les services publics. L&#146;installation de marocains venus 
  d&#146;autres provinces est encouragée par des mesures fiscales, sociales ou 
  foncières, et des «&nbsp;routes de contournement&nbsp;» des zones contrôlées par le 
  Front POLISARIO sont construites. A l&#146;inverse, la difficulté du Front 
  POLISARIO à mettre en valeur la partie orientale de la zone fragilise sa 
  crédibilité.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">20. Malgré ce gel de la guérilla, les fréquentes 
  escarmouches et la scission du Sahara occidental entravent le développement 
  économique et social. La controverse sur le statut du Sahara occidental 
  empoisonne les relations internationales dans le Maghreb. C&#146;est pourquoi la 
  communauté internationale, relayée par la presse, évoque dès 1981 l&#146;hypothèse 
  d&#146;un référendum d&#146;autodétermination.</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT">B &#150; L&#146;action des Nations Unies&nbsp;: 1991 - 2001</p>
  <p ALIGN="LEFT">i &#150; Les Nations Unies favorisent l&#146;autodétermination</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">21. Les Nations Unies ont cherché un règlement de la 
  question du Sahara occidental bien avant que l&#146;Espagne ne se soit retirée du 
  territoire en 1976 et que, suite à cela, des combats ont éclaté entre le Maroc 
  &#150; qui a décidé de «&nbsp;réintégrer&nbsp;» le Sahara occidental à son territoire &#150; et le 
  Front POLISARIO, soutenu par l&#146;Algérie. La Mauritanie a renoncé à toute 
  prétention sur le Sahara occidental en 1979.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">22 En 1985, face à l&#146;absence de perspectives dans le 
  règlement d&#146;un conflit qui dure depuis dix ans déjà, une mission de bons 
  offices est mise en place en coopération avec l&#146;Organisation de<b> </b>l&#146;unité 
  africaine (OUA) par le Secrétaire général de l&#146;Organisation des Nations Unies. 
  Cette mission a abouti à «&nbsp;des propositions de règlement&nbsp;» acceptées en 
  principe en août 1988 par le Maroc et le Front POLISARIO mais qui n&#146;ont jamais 
  été appliquées. Des pourparlers directs réunissent pourtant pour la première 
  fois des représentants du Maroc et du Front POLISARIO. L&#146;absence de 
  représentants de l&#146;Algérie, en réalité très impliquée dans le conflit, est 
  pour beaucoup dans l&#146;échec de ces pourparlers.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">23. Pour surmonter ce blocage, un référendum 
  d&#146;autodétermination du peuple sahraoui, organisé par les Nations Unies, 
  apparaît rapidement comme la seule issue légitime et durable au conflit, 
  conforme aux principes de l&#146;Organisation et dans la lignée des décolonisations 
  précédentes. Cette solution reçoit un soutien important sur la scène 
  internationale. Le 29 avril 1991, dans sa résolution 690 (1991), le Conseil de 
  sécurité a décidé de créer la Mission des Nations Unies pour l&#146;organisation 
  d&#146;un référendum d&#146;autodétermination au Sahara occidental (MINURSO). Cette 
  résolution s&#146;appuie sur le rapport du Secrétaire général du 18 juin 1990 
  (S/22464) qui contient une proposition pour résoudre le conflit et le plan du 
  Secrétaire général pour sa mise en &#156;uvre. Le Plan de règlement ménageait une 
  période de transition pendant laquelle le Représentant spécial du Secrétaire 
  général, serait seul responsable de toutes les questions relatives au 
  référendum par la voie duquel le peuple sahraoui choisirait entre 
  l&#146;indépendance et l&#146;intégration au Maroc. Le Représentant spécial serait 
  assisté dans sa tâche par un Groupe intégré composé de civils, de militaires 
  et de policiers civils de l&#146;ONU, qui constituerait la MINURSO. Le Haut 
  Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a été chargé du programme de 
  rapatriement pour les Sahraouis dont la qualité d&#146;électeurs avait été établie 
  et qui souhaitaient retourner dans le territoire. La période de transition 
  devait commencer au moment de l&#146;entrée en vigueur du cessez-le-feu et se 
  terminer avec la proclamation des résultats du référendum.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">24. Il était prévu que la MINURSO devait compter de 800 à 
  1000 agents civils selon les besoins des différentes phases de la période de 
  transition, environ 1&nbsp;700 soldats et observateurs militaires, et 300 
  fonctionnaires de police.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">25. D&#146;après le Plan de règlement, le référendum au Sahara 
  occidental aurait dû avoir lieu en janvier 1992. Il n&#146;a toutefois pas été 
  possible de respecter le calendrier initialement prévu.</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT">ii &#150; Détournement par les parties du plan de paix de 1991</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">26. Le 24 mai 1991, le Secrétaire général a proposé un 
  cessez-le-feu commençant le 6 septembre que les deux parties ont accepté. Au 
  cours des trois mois qui ont suivi, il est cependant apparu qu&#146;il serait 
  impossible de terminer avant le 6 septembre un certain nombre de travaux qui 
  devaient être achevés au moment du cessez-le-feu. Il est également devenu 
  évident qu&#146;en dépit de l&#146;acceptation des parties, des divergences de vues 
  persistaient entre elles sur un certain nombre de points importants. L&#146;une des 
  parties a, de ce fait, refusé que la période de transition commence le 6 
  septembre 1991.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">27. Entre-temps, les hostilités avaient éclaté dans le 
  territoire et avaient mis un terme à un armistice de fait qui durait depuis 
  plus de deux ans. Dans ces circonstances, le Secrétaire général a décidé que 
  le cessez-le-feu officiel entrerait en vigueur le 6 septembre comme convenu, 
  étant entendu que la période de transition commencerait sitôt achevées les 
  tâches en suspens. Le Conseil de sécurité a retenu la proposition du 
  Secrétaire général consistant à déployer d&#146;ici là 100 observateurs militaires 
  sur le territoire afin de vérifier le cessez-le-feu et la cessation des 
  hostilités dans certaines zones. L&#146;effectif des observateurs militaires a été 
  porté à 228 hommes et du personnel de soutien logistique et administratif a 
  également été envoyé sur place.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">28. La MINURSO avait pour mission principale de vérifier le 
  cessez-le-feu et la cessation des hostilités. Le quartier général de la 
  MINURSO a été installé à Laayoune et des postes de commandement régionaux dans 
  les secteurs Nord et Sud du territoire. Un bureau de liaison a également été 
  établi à Tindouf, qui permettrait de rester en relation avec les autorités 
  algériennes et le Front POLISARIO.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">29. Depuis le déploiement de la MINURSO en septembre 1991, 
  le cessez-le-feu a été en règle générale respecté. La période de transition 
  n&#146;a cependant pas encore commencé, les parties ayant des vues divergentes sur 
  certaines dispositions centrales des propositions de règlement, en particulier 
  les critères de définition des électeurs. Malgré ces difficultés, les parties 
  ont continué à se dire engagées à mettre en &#156;uvre le Plan de règlement et la 
  MINURSO a, quant à elle, rempli le mandat qui lui avait été confié dans la 
  mesure où la situation le lui permettait. De son côté, le Secrétaire général 
  et ses représentants spéciaux ont poursuivi leurs efforts afin de trouver une 
  solution acceptable par les deux parties. Ce processus a conduit à des 
  révisions successives du Plan de règlement et du calendrier initialement 
  prévu.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">30. Le principe du référendum a fait l&#146;objet d&#146;un consensus 
  apparent mais l&#146;organisation de ce référendum a cristallisé des positions 
  fondamentalement divergentes. Les parties prenantes du conflit n&#146;ont en effet 
  accepté le principe du référendum que tant qu&#146;elles pouvaient être sûres de 
  son résultat. Elles cherchent donc à influencer le résultat par tous les 
  moyens, et retardent l&#146;application du plan jusqu&#146;à la certitude d&#146;une victoire 
  par les urnes.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">31. Le plan de paix prévoit la mise en place d&#146;une 
  Commission d&#146;identification ayant la tâche d&#146;identifier les personnes 
  habilitées à voter lors du référendum. La Commission a été établie en mai 
  1993. En août 1994, après avoir terminé le travail de préparation &#150; notamment 
  s&#146;être assuré de la coopération des parties &#150; la MINURSO a commencé le 
  processus d&#146;identification et d&#146;inscription des électeurs. Du fait des 
  difficultés procédurales et opérationnelles rencontrées, l&#146;identification des 
  électeurs a progressé lentement et les efforts entrepris pour résoudre le 
  différend entre les parties n&#146;ont pu aboutir. Le Secrétaire Général a 
  recommandé en mai 1996 de suspendre le processus d&#146;identification, ce qui a 
  entraîné le retrait du personnel civil de la MINURSO, et notamment de la 
  composante police civile chargée d&#146;assurer la sécurité et d&#146;aider la 
  Commission d&#146;identification. La composante militaire est restée déployée sur 
  le terrain afin de surveiller et de contrôler le cessez-le-feu, conformément à 
  son mandat.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">32. Au début de 1997, le Secrétaire général a intensifié 
  les efforts entrepris pour régler de manière satisfaisante les principaux 
  points litigieux. Ainsi, une série de pourparlers directs entre les parties a 
  pu être organisée, sous les auspices de l&#146;Envoyé spécial du Secrétaire 
  général. En septembre, après l&#146;achèvement du dernier tour, le Secrétaire 
  Général fait état que tous les accords obtenus pendant les pourparlers sont 
  entrés en vigueur.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">33. Sur la recommandation du Secrétaire général, le 
  processus d&#146;identification a repris en décembre 1997. Malgré un certain nombre 
  de difficultés, l&#146;identification des individus habilités à participer au 
  référendum &#150; à l&#146;exception des requérants appartenant à trois groupements 
  tribaux &#150; s&#146;est achevé le 3 septembre 1998. Les parties n&#146;ont pas été capables 
  d&#146;arriver à un consensus sur la façon de procéder pour les requérants membres 
  des trois groupements tribaux souhaitant se présenter individuellement.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">34. Afin de faire avancer le processus, le Secrétaire 
  général a présenté en octobre 1998 un ensemble de mesures aux parties, parmi 
  lesquelles figuraient un protocole sur l&#146;identification de ceux des requérants 
  membres des groupements tribaux qui souhaiteraient se présenter 
  individuellement et un protocole sur les procédures de recours. Le Front 
  POLISARIO a accepté le mois suivant l&#146;ensemble des mesures proposées tandis 
  que le Gouvernement du Maroc ne l&#146;a accepté en principe qu&#146;en mars 1999, après 
  avoir demandé des clarifications.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">35. L&#146;identification de ceux des requérants membres de 
  trois groupements tribaux a repris le 15 juin 1999. En ce qui concerne les 
  individus identifiés en 1994, 1995 et de décembre 1997 à septembre 1998, les 
  procédures de recours ont débuté le 15 juillet lors de la publication de la 
  première partie de la liste provisoire des électeurs. Cette liste incluait 
  84&nbsp;251 noms d&#146;individus habilités à voter sur 147&nbsp;249 requérants identifiés. 
  Durant les six semaines correspondant à la période de recours pour le groupe 
  94-95/97-98, la Commission d&#146;identification a reçu 79&nbsp;000 recours. 
  L&#146;identification des requérants membres des trois groupements tribaux s&#146;est 
  achevée fin décembre 1999. Sur 51&nbsp;220 requérants qui se sont présentés, 2&nbsp;130 
  ont été habilités à voter. La période de recours pour les individus de la 
  seconde partie de la liste provisoire a commencé le 15 janvier et s&#146;est 
  poursuivie pendant six semaines.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">36. Bien que le processus d&#146;identification ait pu être mené 
  à bien, les parties continuent à avoir des vues extrêmement divergentes en ce 
  qui concerne les procédures de recours, le rapatriement des réfugiés et 
  plusieurs autres points fondamentaux du Plan. Le Secrétaire général a demandé 
  à son représentant spécial de poursuivre les consultations qu&#146;il avait 
  engagées avec les parties en vue de tenter de concilier leurs positions 
  divergentes et de rechercher par tous les moyens à obtenir une résolution 
  rapide, durable et consentie de leurs désaccords sur le Sahara Occidental.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">37. Le Front POLISARIO quant à lui limite considérablement 
  la liberté de mouvement des personnels de la MINURSO à l&#146;est du mur de sable (Berm). 
  Côté marocain, la Mission visite les installations militaires depuis plusieurs 
  années. D&#146;une manière générale, la réduction des troupes des deux bords à 
  moins de 65&nbsp;000 hommes et leur cantonnement, prévus par les Accords de 
  Houston, sont difficiles à obtenir.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">38.<b> </b>Le budget approuvé pour la MINURSO pour la 
  période juillet 2003 &#150; juillet 2004 s&#146;élève à<b> </b>43,4&nbsp;millions de dollars. 
  La composante militaire de la MINURSO compte aujourd&#146;hui 227 observateurs 
  militaires et membres des contingents, par rapport à un effectif autorisé de 
  230 personnes. Le renfort de la composante police civile est de 14 officiers. 
  Les contributions nationales au titre de la MINURSO font défaut et les 
  arriérés de contributions sont constamment dénoncés par les rapports du 
  Secrétaire général (ils s&#146;élevaient, en mars 2004, à près de 45&nbsp;millions de 
  dollars). Les effectifs des la MINURSO sont continuellement réduits, ce qui 
  amène un regain de violence sur le terrain.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">39. Le référendum est sans cesse reporté, et le mandat de 
  la MINURSO prorogé, entamant la patience et l&#146;image de la Mission. Le plan de 
  paix de 1991 comporte en fait des faiblesses qui ont encouragé une attitude 
  rigide des parties.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">40. La solution du référendum est basée sur le principe du 
  «&nbsp;winner take all&nbsp;» (le gagnant remporte tout) et son enjeu est donc très 
  important. Son issue étant très incertaine, les acteurs de la crise n&#146;ont 
  aucun intérêt à voir une mise en &#156;uvre rapide de ce référendum. De plus, le 
  plan de paix reste très évasif quant à l&#146;application du résultat. La «&nbsp;phase 
  transitoire&nbsp;» est mal définie et le rôle de la MINURSO dans cette période 
  n&#146;est pas clair. En cas d&#146;indépendance, comment mettre en place un Etat 
  sahraoui dans de bonnes conditions&nbsp;? En cas d&#146;intégration au Maroc, que 
  deviendraient les soldats du POLISARIO, et la RASD&nbsp;? Enfin, «&nbsp;il n&#146;y a 
  d&#146;accord sur rien tant qu&#146;il n&#146;y a pas d&#146;accord sur tout&nbsp;». Supposé éviter les 
  crispations sur des points de détails, ce principe donne aux parties la 
  possibilité de revenir à l&#146;infini sur des acquis, et de prolonger 
  interminablement des négociations stériles. On a cru pouvoir surmonter les 
  divergences théoriques fondamentales en donnant aux parties la possibilité de 
  s&#146;entendre sur des points techniques, mais en fait, comme elles n&#146;ont aucun 
  intérêt au règlement du conflit pour l&#146;instant, elles se servent des aspects 
  techniques pour bloquer le processus et paralyser la MINURSO.</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT">C &#150; Les stratégies des acteurs</p>
  <p ALIGN="LEFT">i &#150; Le Maroc</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">41. Dans ce conflit, la notion de droit des peuples à 
  disposer d&#146;eux-mêmes donne lieu à des interprétations profondément 
  divergentes&nbsp;: pour le Maroc, les populations du Sahara occidental font partie 
  du peuple marocain, et à ce titre l&#146;action du Front POLISARIO est considérée 
  comme une volonté de sécession. Le Maroc se considère ainsi comme un Etat 
  démembré, et fait valoir un droit historique sur le Sahara occidental, bien 
  que la CIJ ait rejeté cette thèse dans son avis consultatif de 1975.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">42. La monarchie marocaine s&#146;appuie très fortement sur les 
  notions d&#146;intégrité du territoire et d&#146;union nationale autour du roi. Cette 
  union repose historiquement sur un contrat implicite, que le roi doit faire 
  respecter. La question du Sahara occidental met en péril ces principes 
  fondamentaux.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">43. De plus, l&#146;opposition politique a menacé la monarchie 
  aux débuts du conflit. La Marche verte et le combat pour «&nbsp;récupérer&nbsp;» le 
  Sahara occidental ont fédéré les forces politiques du pays et l&#146;armée. La 
  question est devenue un domaine réservé du Palais. L&#146;indépendance du Sahara 
  serait un coup porté à la monarchie, et offrirait une plate-forme à 
  l&#146;opposition. C&#146;est pourquoi, selon le Front POLISARIO, la stratégie de Rabat 
  vise à entériner l&#146;assimilation du Sahara dans le royaume. Les investissements 
  importants réalisés dans le «&nbsp;triangle utile&nbsp;» illustrent cette volonté, et 
  servent à démontrer des capacités de mise en valeur du territoire et 
  d&#146;intégration des populations. La signature de contrats de recherche 
  d&#146;hydrocarbures avec des compagnies occidentales confirme cette démarche.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">44. Diplomatiquement, le Maroc compte sur sa place 
  particulière dans le Maghreb, qui en fait une puissance régionale 
  incontournable, pour peser sur la position des pays de la région mais aussi 
  sur les pays occidentaux. Le Maroc bénéficie en outre du soutien des 
  Etats-Unis et de la France. Ceci nécessite une bonne image aux yeux de 
  l&#146;opinion internationale. C&#146;est pourquoi le Maroc affirme régulièrement sa 
  confiance dans les Nations Unies, et son soutien à la MINURSO. Toutefois Rabat 
  n&#146;a aucun intérêt à l&#146;organisation d&#146;un référendum dans l&#146;immédiat.</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT">ii &#150; Le Front POLISARIO</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">45. A l&#146;inverse, le Front POLISARIO considère que le peuple 
  sahraoui et son territoire sont passés d&#146;une colonisation espagnole à une 
  autre, marocaine. Il fait alors appel au principe fondamental énoncé dans la 
  Charte et dans la résolution 1514: le droit des peuples à disposer d&#146;eux-mêmes 
  ou, plus communément, le principe de l&#146;autodétermination. C&#146;est pourquoi le 
  Front POLISARIO rejette systématiquement comme irrecevable, illégitime et 
  illégale toute solution autre que l&#146;autodétermination. Mais lui non plus ne 
  souhaite pas que le référendum ait lieu tant que son issue n&#146;est pas certaine. 
  De plus, l&#146;existence même du POLISARIO est liée à la lutte pour 
  l&#146;indépendance, il n&#146;existe qu&#146;en tant que seul interlocuteur possible pour 
  représenter le camp sahraoui. Il n&#146;a donc pas intérêt au règlement immédiat du 
  conflit, sauf à se transformer pour diriger le nouvel Etat éventuel.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">46. Le Front POLISARIO mène une communication intense 
  auprès des pays africains, de la communauté internationale et de l&#146;opinion 
  publique mondiale. Il existe, par exemple, un nombre impressionnant 
  d&#146;associations ou d&#146;ONGs sahraouies, qui se sont très bien approprié les 
  possibilités de l&#146;internet. Conscient que le Sahara occidental a peu de poids 
  sur la scène internationale face au Maroc qui compte trente millions 
  d&#146;habitants, le Front POLISARIO encourage fortement la mobilisation des 
  opinions publiques via ces multiples associations.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">47. La RASD possède la plupart des éléments constitutifs 
  d&#146;un Etat, mais le nombre de pays qui la reconnaissent [en tant que 
  gouvernement] fluctue constamment et reste insuffisant pour lui donner un 
  poids diplomatique, d&#146;autant que ni les Etats-Unis ni aucun Etat membre de l&#146;Union 
  européenne ne la reconnaissent. Elle est profondément liée au POLISARIO dont 
  elle est l&#146;émanation. Le président est Mohamed Abdelaziz, également secrétaire 
  général du POLISARIO. Le risque de voir s&#146;établir un parti-Etat, voire une 
  junte militaire en cas d&#146;indépendance est important.</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT">iii &#150; L&#146;Algérie</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">48. Les particularités sociales et politiques du Maghreb 
  ont participé à faire du Sahara occidental un enjeu peu visible mais important 
  pour le Maroc et l&#146;Algérie, puissances régionales rivales&nbsp;: ce conflit a servi 
  de catalyseur à l&#146;opposition idéologique et stratégique entre la monarchie 
  marocaine et la république algérienne. Alger a donc cherché, en apportant son 
  soutien politique et logistique au Front POLISARIO avec lequel les liens 
  idéologiques ont longtemps été importants, à contrer le Maroc sur la scène 
  régionale. Toutefois cette politique, depuis la fin de la guerre froide en 
  particulier, contredit la nécessité d&#146;une plus grande coopération avec le 
  Maroc sur le plan économique. Elle risque aussi d&#146;exclure l&#146;Algérie d&#146;un 
  processus de rapprochement entre le Maghreb et l&#146;Europe. Ceci explique la 
  récente modération de la position algérienne sur ce dossier, malgré la visite 
  à Tindouf du Président Bouteflika en février 2002.</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT">iv - La Mauritanie</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">49. Depuis son retrait du conflit en 1979, Nouakchott 
  observe une neutralité engagée. Economiquement exsangue, la Mauritanie n&#146;a pas 
  les moyens de revendiquer un territoire, ni de soutenir ouvertement le Front 
  POLISARIO. Elle se contente d&#146;appuyer tous les travaux des Nations Unies.</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT">v &#150; Les organisations régionales</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">50. L&#146;Organisation de l&#146;unité africaine (OUA) et l&#146;Union du 
  Maghreb arabe (UMA) sont empoisonnées par la persistance du conflit.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">51. L&#146;OUA a été la tribune de soutien au POLISARIO, avec 
  l&#146;adhésion de la RASD en 1982. Le Maroc s&#146;est alors retiré de l&#146;Organisation. 
  Mais l&#146;OUA ne peut plus aujourd&#146;hui se passer du Maroc, et soutien constamment 
  les Nations Unies afin de débarrasser le continent d&#146;un conflit long et 
  préjudiciable à une région vitale pour l&#146;Afrique.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">52. L&#146;UMA, quant à elle, est paralysée par la persistance 
  du conflit. Créée en 1989, elle réunit le Maroc, l&#146;Algérie, la Tunisie, la 
  Mauritanie et la Libye. Prometteuse au départ, elle s&#146;est vidée de sa 
  substance en grande partie à cause du différend au Sahara. Récemment, les 
  motivations économiques ont conduit les deux grands de l&#146;UMA, Maroc et 
  Algérie, à relancer la coopération au sein de l&#146;organisation.</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT">vi &#150; Les pays occidentaux</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">53. La communauté internationale est très partagée sur la 
  question, particulièrement les pays occidentaux.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">54.<b> L&#146;Espagne</b> souhaite pacifier ses rapports avec le 
  Maroc, avec qui elle a des contentieux concernant Melilla et Ceuta (villes 
  autonomes espagnoles). De plus, le Maroc est un partenaire économique non 
  négligeable pour l&#146;Espagne. Madrid observe donc une neutralité engagée plutôt 
  pro-marocaine, tout en reconnaissant le Front POLISARIO comme seul 
  interlocuteur du côté sahraoui.<i> </i>C&#146;est plutôt la société civile 
  espagnole (associations, jumelages d&#146;écoles &#133;) qui soutient le Front 
  POLISARIO, car les liens avec le Sahara sont restés étroits, et le différend 
  historique avec le Maroc est toujours sensible</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">55. <b>La France</b> se trouve dans une situation 
  comparable, étant donnée son histoire commune avec le Maroc, et les liens 
  entre J. Chirac et Hassan II, puis Mohamed VI. Dans un premier temps la France 
  a donc plutôt marqué son soutien au Maroc. Mais les relations 
  franco-algériennes ont connu des soubresauts qu&#146;il convient de lisser, et la 
  France évite de se prononcer sur le dossier, invoquant la nécessité de ne pas 
  créer de dissensions au sein de l&#146;Union européenne.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">56. <b>L&#146;Union européenne</b> est partagée entre les vues 
  contraires de ses membres. En outre, il existe des divergences entre les 
  positions du Parlement européen, plutôt pro-sahraoui, et les autres 
  institutions, plus prudentes en matière de politique internationale. La 
  Présidente de la délégation du Parlement européen pour le Sahara occidental et 
  également Vice-présidente du Parlement européen, Catherine Lalumière, a 
  présenté en avril 2002, à l&#146;issue d&#146;un voyage à Rabat, Alger et Tindouf, un 
  projet de rapport très polémique, qui a suscité de vifs débats quant à la 
  viabilité du plan de paix de 1991</font><font FACE="Verdana" SIZE="2" COLOR="#ff0000">.
  </font><font FACE="Verdana" size="2">Il est difficile pour l&#146;Union d&#146;adopter 
  une ligne politique claire sur ce dossier. Les liens économiques intenses avec 
  l&#146;Europe (investissements importants) encouragent à soutenir Rabat, mais ce 
  choix pourrait aller à l&#146;encontre des principes de l&#146;Union en faveur du droit 
  des peuples à disposer d&#146;eux-mêmes. Les expériences de la Bosnie puis du 
  Kosovo incitent à la prudence. La question du Sahara apparaît surtout comme 
  une source de tensions préjudiciable. L&#146;Union soutient surtout l&#146;action des 
  Nations Unies à travers des résolutions ou recommandations du Parlement, ainsi 
  que par les déclarations des présidences. L&#146;Union européenne s&#146;engage plutôt 
  auprès des réfugiés (programmes ECHO) que dans une action politique. Le 
  Parlement européen a d&#146;ailleurs organisé en 2001 une visite des camps de 
  réfugiés de Tindouf en Algérie.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">57. <b>Les Etats-Unis</b> sont partagés entre leur 
  tradition de soutien à la décolonisation et aux droits des peuples et le désir 
  de stabiliser la zone, particulièrement depuis le 11 septembre 2001. Le Maroc 
  apparaît pendant la guerre froide comme un rempart contre le socialisme, et 
  aujourd&#146;hui comme un pays peu enclin à l&#146;extrémisme religieux, ce qui lui vaut 
  le soutien ouvert des Etats-Unis.</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT"><a name="3t" href="#3">III. NEGOCIATIONS RECENTES</a></p>
  <p ALIGN="LEFT">A &#150; Echec des négociations portant sur l&#146;accord-cadre</p>
  <p ALIGN="LEFT">i &#150; L&#146;accord-cadre constitue un tournant</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">58. Lassé du blocage de la situation, le Représentant 
  spécial du Secrétaire général, James Baker, a proposé le 20 juin 2001 un 
  accord-cadre précisant les conditions d&#146;exercice du pouvoir au Sahara 
  occidental. Il s&#146;agit en fait d&#146;une très large autonomie à l&#146;intérieur du 
  Royaume du Maroc, préparant un référendum sur le statut du territoire sous 
  cinq ans &#150; ce qui correspond entre autres au temps nécessaire à l&#146;examen des 
  recours présentés par le Maroc. Cette alternative est souvent décrite comme la 
  «&nbsp;solution de troisième voie&nbsp;», entre indépendance et intégration.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">59. Durant cette période, le Maroc aurait compétence 
  exclusive dans les domaines régaliens&nbsp;: relations extérieures, sécurité et 
  défense (y compris les frontières), contrôle des armes, politique monétaire, 
  symboles nationaux, douanes et postes. En outre, l&#146;accord-cadre précise que le 
  Maroc serait garant de «&nbsp;l&#146;intégrité territoriale contre toute tentative de 
  sécession&nbsp;», ce qui limite les activités du POLISARIO. Des représentants du 
  Royaume seraient nommés sur le territoire.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">60. Les compétences dévolues aux organes sahraouis seraient 
  cependant assez larges&nbsp;: administration gouvernementale locale, budget et 
  impôts territoriaux, police et justice, services de transports et énergie, 
  gestion des ressources, économie et commerce. Un organe exécutif &#150; dont 
  l&#146;organisation interne n&#146;est pas précisée &#150; serait élu par les personnes 
  figurant sur les listes provisoires, c&#146;est-à-dire sans que les recours soient 
  pris en compte. L&#146;administration locale serait entièrement à sa charge. Une 
  Assemblée serait élue par l&#146;exécutif, et aurait compétence législative, avec 
  une exigence absolue de conformité avec la Constitution marocaine, 
  particulièrement concernant les libertés publiques &#150; le Maroc a en effet 
  accompli des progrès dans ce domaine, et les Nations Unies ne souhaitent pas 
  voir ces acquis remis en question au Sahara occidental.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">61. Cette proposition constitue un tournant. Elle présente 
  pour la première fois une option qui ne passe pas par un référendum préalable, 
  mais au contraire qui crée les conditions du référendum. Une forte polémique 
  se fait jour quant à l&#146;influence de ces conditions sur l&#146;issue du referendum.</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT">ii &#150; Les positions des acteurs</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">62. Suite à l&#146;élaboration de ce rapport, James Baker a 
  consulté les parties puis organisé des négociations à Pinedale (Wyoming) en 
  août 2001. Pour la première fois, l&#146;Algérie a pleinement participé aux 
  négociations.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">63. <b>Le Front POLISARIO</b> s&#146;est opposé totalement et 
  sans équivoque, comme le relève, dans une analyse des positions des parties, 
  le rapport du 20 juin 2001 du Secrétaire général de l&#146;Organisation des Nations 
  Unies, Kofi Annan. Pour le Front POLISARIO, il s&#146;agit d&#146;un abandon pur et 
  simple du principe d&#146;autodétermination, et de la «&nbsp;consécration du fait 
  accompli colonial au Sahara occidental&nbsp;». L&#146;organisation d&#146;un référendum dans 
  ces conditions est selon lui illusoire, car après cinq ans la population 
  serait totalement intégrée au Maroc, et de plus les personnes habilitées à 
  voter ne seraient pas toutes sahraouies. En filigrane, c&#146;est pour le Front 
  POLISARIO l&#146;existence même d&#146;un peuple sahraoui, et ses droits fondamentaux, 
  qui sont remis en question par l&#146;accord-</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">cadre. Celui-ci constituerait une négation des efforts 
  accomplis par les Nations Unies et de ses principes fondateurs, et ne serait 
  qu&#146;un test d&#146;évaluation pour une future intégration du Sahara occidental au 
  Maroc.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">64. <b>Le Maroc, </b>quant à lui, espère beaucoup de 
  l&#146;accord-cadre, qui lui est plus favorable que toutes les solutions envisagées 
  jusqu&#146;alors. Le Maroc a donc accordé son soutien total à l&#146;initiative. N&#146;ayant 
  de modifications à proposer sur aucun des points de l&#146;accord, il s&#146;est retiré 
  des négociations directes. Certes, cette position pourrait paraître 
  encourageante. En réalité, elle empêche toute modification de l&#146;accord-cadre, 
  et donc tout rapprochement de positions avec le Front POLISARIO. Comme 
  l&#146;accord de toutes les parties est requis sur tous les points de la 
  proposition pour que celle-ci soit adoptée, le Maroc participe au blocage de 
  la situation.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">65. <b>La Mauritanie</b> conserve son attitude de 
  neutralité, et n&#146;est pas un obstacle puisqu&#146;elle n&#146;est que consultée et ne 
  présente aucune revendication.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">66.<b> L&#146;Algérie</b> est nettement plus impliquée car son 
  attitude influencera beaucoup l&#146;évolution des positions du POLISARIO. Le 
  mémorandum adressé par le Président Bouteflika au Secrétaire général de l&#146;Organisation 
  des Nations Unies récuse explicitement l&#146;accord-cadre, se basant sur les mêmes 
  arguments que le Front POLISARIO. L&#146;Algérie est allée jusqu&#146;à proposer que les 
  Nations Unies assument entièrement l&#146;autorité au Sahara occidental jusqu&#146;à 
  l&#146;organisation du référendum, ce qui semble peu réaliste.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">67. Une fois de plus les négociations n&#146;auront servi, pour 
  reprendre les termes du rapport, qu&#146;à mettre en évidence les contradictions 
  fondamentales des positions, ce qui provoque un certain découragement dans la 
  communauté internationale. Or, aucune des parties n&#146;est disposée à accorder la 
  moindre concession quant au type de compromis à adopter. Il est impératif de 
  surmonter les différends, mais malgré les appels répétés de Kofi Annan et de 
  James Baker, aucun des acteurs n&#146;a présenté de réelle contre-proposition, ce 
  qui bloque l&#146;avancée des négociations. Les seuls signes de la bonne volonté 
  invoquée par les parties sont l&#146;acceptation de l&#146;ONU comme tribune du 
  règlement du conflit, comme intermédiaire dans les négociations, et comme 
  garante du respect du cessez-le-feu. Les acteurs du conflit feront tout pour 
  éviter que l&#146;ONU ne se dessaisisse du dossier. Le retrait temporaire de J. 
  Baker (en 2002) suggère donc une menace de retrait définitif, qui laisserait 
  les parties seules pour gérer le conflit, et ce sans légitimité 
  internationale.</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT">B &#150; Les perspectives de règlement</p>
  <p ALIGN="LEFT">i &#150; Les quatre options du rapport du Secrétaire général de l&#146;Organisation 
  des Nations Unies du 19 février 2002</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">68. Le rapport du Secrétaire général de l&#146;Organisation des 
  Nations Unies du 19 février 2002, notant le blocage auquel J. Baker est 
  confronté dans les négociations sur l&#146;accord-cadre, se fait l&#146;écho des quatre 
  options développées par J. Baker pour sortir de la crise. En cas d&#146;échec des 
  négociations portant sur ces nouvelles options, et si les parties persistent 
  dans leur attitude en s&#146;opposant de manière systématique sans apporter de 
  contre-proposition, une option pourrait être choisie et appliquée sans que le 
  consensus soit nécessaire, c&#146;est-à-dire malgré le désaccord d&#146;un des acteurs.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">69. <b>La première option</b> reprend le plan de règlement 
  initial, mais sans l&#146;adhésion nécessaire des parties. Cependant l&#146;organisation 
  du référendum suppose soit la participation totale des parties, soit une 
  augmentation notable du personnel et des moyens de la MINURSO qui assurerait 
  entièrement l&#146;organisation du scrutin. La décision appartient alors au Conseil 
  de sécurité. Mais, compte tenu des difficultés financières déjà rencontrées 
  par la MINURSO (en août 2003, les contributions non acquittées au titre de la 
  MINURSO s&#146;élevaient à près de 48,7 millions de dollars) et de son coût global 
  important, cette option semble peu réaliste.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">70. <b>La deuxième option </b>est la révision de 
  l&#146;accord-cadre, mais cette fois en consultant d&#146;autres parties (organisations 
  internationales ou régionales, autres pays de la région&#133;). Dans ce cas, à 
  l&#146;issue des consultations et même sans consensus, le Secrétaire général 
  préparerait et ferait</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">approuver par le Conseil de sécurité un nouvel accord-cadre 
  non négociable et directement applicable. L&#146;expérience des Balkans a pu 
  inspirer cette solution. Mais l&#146;application d&#146;un tel accord nécessite, comme 
  dans les Balkans, une implication durable de la communauté internationale.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">71. <b>La troisième option</b> est la partition du 
  territoire, à l&#146;issue de négociations sous les bons auspices de l&#146;ONU. Mais la 
  durée de ces négociations serait limitée. A leur issue, quelles que soient les 
  dissensions persistantes, le Représentant spécial du Secrétaire général de l&#146;Organisation 
  des Nations Unies proposerait un plan de partition qui, une fois visé par le 
  Conseil de Sécurité, serait non négociable et directement applicable, ce qui 
  soulève des questions quant au réalisme de cette solution. Le Maroc et le 
  Front POLISARIO ne l&#146;ont pas mal accueillie, mais une partie des forces 
  sahraouies ont considéré que ce partage serait pire pour l&#146;intégrité du peuple 
  sahraoui qu&#146;une intégration par le Maroc&nbsp;: le peuple sahraoui serait disséminé 
  dans plusieurs Etats et ne pourrait donc choisir son propre avenir. Certains 
  des principaux membres du POLISARIO sont allés jusqu&#146;à quitter le mouvement et 
  s&#146;exiler en signe de protestation. Ce rejet de la partition du territoire 
  correspond à une opinion déjà ancienne, puisque pendant le processus de 
  décolonisation espagnole l&#146;idée de partition avait été évoquée et avait 
  rencontré une vive opposition.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">72. <b>La quatrième solution</b> est le retrait pur et 
  simple de la MINURSO sans qu&#146;aucune solution n&#146;ait été trouvée, ce qui 
  constituerait l&#146;aveu d&#146;un cuisant échec, comme le souligne Kofi Annan dans son 
  rapport du 19 février 2002. Cette possibilité est dangereuse pour la stabilité 
  politique et économique du Maghreb. Mais son évocation constitue une pression 
  pour les parties, et les incite à plus de souplesse, car nul ne souhaite la 
  fin du mandat de la MINURSO dans ces conditions. Cette hypothèse, qui a 
  suscité de vives réactions au sein de l&#146;ONU, prend également le Conseil de 
  sécurité à partie, en mettant en avant la gravité de la situation.</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT">ii &#150; Une solution fondée sur l&#146;autonomie substantielle du 
  territoire rencontre un soutien grandissant</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">73. A la suite de ce rapport, J. Baker s&#146;est temporairement 
  retiré des négociations. Le représentant spécial, William Lacy Swing a 
  maintenu des contacts avec les parties, en attendant que le Conseil de 
  sécurité opte pour une des solutions énoncées. La résolution 1429 du Conseil 
  de sécurité, le 30 juillet 2002, a permis à J. Baker, avec le titre d&#146;Envoyé 
  personnel du Secrétaire général de l&#146;Organisation des Nations Unies, de 
  reprendre ses travaux, en élaborant une nouvelle proposition de règlement du 
  conflit. J. Baker s&#146;est donc entretenu individuellement avec les parties.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">74. Il est manifestement impossible d&#146;atteindre l&#146;accord de 
  toutes les parties, qu&#146;il s&#146;agisse d&#146;une modification du statut du territoire 
  ou de la mise en &#156;uvre d&#146;un droit à l&#146;autodétermination. Les solutions de 
  règlement utilisées dans les Balkans et au Timor oriental offrent des 
  possibilités nouvelles. En particulier, une solution fondée sur l&#146;autonomie du 
  Sahara occidental à l&#146;intérieur du Royaume du Maroc, plutôt que d&#146;une 
  partition, recueille un soutien grandissant. Cette option peut s&#146;éloigner 
  quelque peu de l&#146;Accord-cadre de 1991&nbsp;: le plan de règlement définirait plus 
  précisément la forme d&#146;autonomie, les modalités de mise en place des 
  institutions locales et du partage des compétences. En outre, la communauté 
  internationale &#150; c&#146;est-à-dire vraisemblablement les Nations Unies et les 
  organisations régionales dont l&#146;OUA &#150; exercerait durablement un contrôle sur 
  le respect des conditions définies. La communauté internationale serait plutôt 
  favorable à cette solution. L&#146;accession au trône du Maroc de Mohamed VI et les 
  mesures de «&nbsp;démocratisation et décentralisation&nbsp;» permettent en effet de 
  penser que l&#146;autonomie substantielle serait possible dans le respect des 
  droits de la minorité/du peuple sahraoui(e).</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">75. <b>Les acteurs régionaux</b>, l&#146;UMA et l&#146;OUA, ne 
  peuvent plus se permettre de laisser durer le conflit. La solution de 
  l&#146;autonomie apparaît comme un moyen de le régler rapidement. Même l&#146;Algérie 
  semble demander au POLISARIO, foncièrement opposé à l&#146;intégration au Maroc, de 
  modérer ses vues. Le Front POLISARIO lui-même est divisé sur la question<i>.</p>
  </i>
  <p ALIGN="JUSTIFY">76. <b>Les Etats-Unis</b> apparaissent comme la nouvelle 
  puissance déterminante dans la région, et la présence diplomatique américaine 
  s&#146;est intensifiée au Maroc, avec notamment la visite du Sous-secrétaire d&#146;Etat, 
  Marc Grossman, le 8 novembre 2002. Après avoir proposé au Conseil de sécurité 
  la partition du territoire le 25 avril 2001, les Etats-Unis ont modifié leur 
  position, et favorisent actuellement une solution basée sur l&#146;autonomie, comme 
  l&#146;illustrent les documents de l&#146;administration américaine (State Department). 
  Désormais Washington est résolument hostile à une partition, qui rappelle par 
  trop la situation au Proche-Orient. La stabilisation du régime marocain, sa 
  coopération avec les pays du bassin méditerranéen, mais aussi les questions 
  pétrolières et militaires ainsi que la situation atlantique du Sahara 
  occidental pèsent sur cette position. De plus, la peur de l&#146;islamisme (plus 
  présent en Algérie qu&#146;au Maroc) confirme la nécessité de soutenir Rabat en 
  tant que puissance régionale, et de limiter à tout prix la montée de 
  l&#146;islamisme au Maroc, pourtant réelle comme l&#146;ont démontré les récents 
  attentats.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">77. <b>Les pays européens</b> ne peuvent soutenir 
  ouvertement l&#146;une des parties sans risquer une détérioration importante de 
  leurs relations avec l&#146;ensemble des pays du Maghreb. Ils seraient globalement 
  favorables à toute solution permettant un règlement rapide du conflit. 
  Surtout, l&#146;expérience des Balkans, qui a transformé la diplomatie européenne, 
  constitue un précédent&nbsp;: il n&#146;est pas raisonnable de laisser perdurer un 
  conflit de ce type, et la communauté internationale a parfois intérêt à 
  imposer une solution, même sans l&#146;assentiment des parties. L&#146;autonomie 
  substantielle, dûment suivie et contrôlée par une instance internationale ou 
  régionale apparaît comme la manière la moins risquée de mettre fin au 
  différend. Cette solution permet aussi de soutenir et d&#146;observer les réformes 
  économiques et démocratiques au Maroc. Les diplomaties européennes souhaitent 
  en général renforcer l&#146;ouverture du pays vers le bassin méditerranéen ainsi 
  que la stabilisation du Maghreb. La reprise des relations diplomatiques entre 
  le Maroc et l&#146;Espagne en janvier 2003, ainsi que la visite de Jacques Chirac 
  dans les camps de réfugiés de Tindouf en février 2003, qui a été l&#146;occasion 
  d&#146;évoquer à mots couverts une possible médiation française, montrent bien une 
  intensification des relations entre l&#146;Europe et le Maghreb, en particulier le 
  Maroc.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">78. <b>La société civile marocaine</b> commence elle aussi 
  à s&#146;intéresser à la question du Sahara occidental, particulièrement depuis le 
  début des mesures démocratiques mises en &#156;uvre par Mohamed VI Les associations 
  de défense des droits de l&#146;homme organisent des actions publiques, et la 
  presse multiplie les articles. Un colloque sur le Sahara occidental a par 
  ailleurs été organisé en avril 2003 sur l&#146;initiative du «&nbsp;Collectif 
  Sahara-Maghreb&nbsp;», réunissant des experts, des journalistes et des 
  associations.</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT">iii &#150; Viabilité de l&#146;autonomie sur le terrain</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">79. La politique d&#146;intégration menée par le Maroc par le 
  biais de l&#146;Agence de développement des provinces du Sud, tend à le montrer. Le 
  Maroc a réalisé des investissements particulièrement importants dans le 
  secteur qu&#146;il contrôle, et y a nommé un grand nombre de fonctionnaires. La 
  scolarisation a remarquablement progressé. Les populations sahraouies sont 
  relativement bien intégrées et en tous les cas très largement sédentarisées. 
  Enfin, beaucoup de marocains non sahraouis vivent désormais au Sahara 
  occidental à l&#146;ouest du mur de sable, considéré comme plus sûr. Dans ce 
  secteur, la contestation de l&#146;autorité marocaine, loin de s&#146;accentuer, est 
  plutôt plus faible que dans d&#146;autres régions du royaume, telles le Haut et le 
  Moyen Atlas.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">80. Mais l&#146;absence de consensus met en péril la durabilité 
  de cette solution. En effet, l&#146;autonomie du Sahara occidental à l&#146;intérieur du 
  Maroc suppose que l&#146;Algérie soutienne cette solution, entraînant dans cette 
  voie la majorité des membres du Front POLISARIO &#150; ce qui est déjà 
  partiellement le cas. Sans quoi on peut s&#146;attendre à une guérilla durable, qui 
  ne ferait que nuire un peu plus encore à la population civile. Tant que les 
  deux pays s&#146;opposeront sur la question, le Sahara restera une «&nbsp;zone grise&nbsp;» 
  au Maghreb. Cette situation ne permet aucun développement économique réel, et 
  place toute la région dans un état d&#146;exception permanent, empêchant tout 
  effort de démocratisation réel.</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT"><a name="4t" href="#4">IV. LE PLAN DE PAIX POUR L&#146;AUTODETERMINATION DU SAHARA 
  OCCIDENTAL</a></p>
  <p ALIGN="LEFT">A &#150; Le rapport du Secrétaire Général de l&#146;Organisation des 
  Nations Unies du 23 mai 2003</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">81. Le Conseil de sécurité, depuis le précédent rapport du 
  Secrétaire général, n&#146;a pu parvenir à un accord sur aucune des quatre 
  solutions. Il est donc apparu que pour les Nations Unies, la dernière chance 
  de régler ce conflit passe par l&#146;examen d&#146;une cinquième option. Kofi Annan 
  propose même clairement le retrait des Nations Unies en cas de nouvel échec. 
  Son rapport du 23 mai 2003 expose le plan de paix élaboré par James Baker après avoir 
  consulté séparément les parties et les pays voisins. Ce projet reprend 
  l&#146;accord-cadre, en y ajoutant certains aspects des pourparlers de Houston 
  (1997), qui avaient le soutien du POLISARIO.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">82. Le plan prévoit une période de quatre à cinq ans, 
  durant laquelle un partage des pouvoirs serait établi entre le Maroc et «&nbsp;l&#146;Autorité 
  du Sahara occidental&nbsp;». A l&#146;issue de cette période, les Nations Unies 
  organiseraient et conduiraient un référendum. Cette solution semble très 
  proche de l&#146;accord-cadre. Elle en diffère cependant par plusieurs aspects.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">83. Si ce plan était adopté par le Conseil de sécurité, il 
  renforcerait les pouvoirs des Nations Unies au Sahara occidental. L&#146;Organisation 
  aurait l&#146;autorité exclusive quant aux élections de l&#146;autorité locale et du 
  référendum. Le plan de paix vise également à prévenir toute contestation 
  stérile de la part des acteurs, et ce jusqu&#146;à la fin du processus. C&#146;est 
  pourquoi Kofi Annan, suivant son Envoyé personnel, recommande au Conseil de 
  sécurité d&#146;adopter le plan tel quel, et de demander aux parties de le signer 
  sans plus de négociations, car de nouveaux pourparlers auraient peu de chances 
  d&#146;aboutir. La définition d&#146;un nouveau statut pour le Sahara occidental relève 
  en effet de l&#146;urgence, et ce statut ne devra pas être contesté par la suite, 
  afin que les Nations Unies puissent finalement se retirer de la zone.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">84. La solution proposée repose sur un partage des 
  avantages et des compromis, afin que les parties n&#146;adoptent plus la mentalité 
  du «&nbsp;winner takes all&nbsp;» qui a jusqu&#146;ici compromis tous les efforts en vue du 
  règlement du conflit. Le fait que l&#146;accord des parties, après signature de 
  l&#146;accord, ne soit pas nécessaire à chaque étape de la mise en &#156;uvre, devrait 
  permettre d&#146;éviter tout blocage sur des points techniques dû à la mauvaise 
  volonté des parties.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">85. Le projet fait une place importante au référendum, 
  contrairement à l&#146;accord-cadre qui ne l&#146;abordait qu&#146;en dernière position. Les 
  modalités du référendum font l&#146;objet de précisions. Seraient habilitées à 
  voter, les personnes inscrites sur la liste de 1999, les personnes inscrites 
  sur la liste des réfugiés sahraouis établie par le Haut Commissariat des 
  Nations Unies pour les réfugiés, et les personnes ayant résidé en continu au 
  Sahara occidental depuis le 30 décembre 1999 &#150; ce qui comprend un nombre 
  important de marocains installés en 1991 lors d&#146;une «&nbsp;seconde Marche verte&nbsp;» 
  de moindre ampleur que la précédente. Concernant l&#146;identification de ces 
  résidents, les Nations Unies seraient seul juge, sans contestation possible. 
  Par ailleurs, les Nations Unies seraient seules chargées de l&#146;organisation du 
  referendum, ce qui constitue à la fois une nouveauté et un accroissement de 
  leur rôle. Enfin, jusqu&#146;au référendum, les forces armées des deux bords 
  seraient cantonnées et réduites.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">86. L&#146;Autorité du Sahara occidental serait mise en place un 
  an après signature du plan. La structure interne de l&#146;Autorité est mieux 
  définie&nbsp;: elle comporte un Chef de l&#146;exécutif élu et habilité à nommer les 
  administrateurs nécessaires localement. Le pouvoir législatif, représenté par 
  une Assemblée, est peu différent de celui que prévoyait l&#146;accord-cadre. Pour 
  les élections de l&#146;Assemblée et du Chef de l&#146;exécutif, seuls voteraient les 
  sahraouis inscrit sur les listes du HCR et de la MINURSO. Quant au pouvoir 
  judiciaire, il compte cette fois-ci une Cour suprême du Sahara Occidental, 
  nommée par le Chef de l&#146;exécutif, ce qui constitue une avancée significative 
  pour l&#146;autonomie du territoire pendant la période transitoire. L&#146;Autorité 
  locale disposerait de forces de polices armées.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">87. Si le partage de pouvoirs entre le Maroc et l&#146;Autorité 
  du Sahara occidental reste sensiblement le même que dans l&#146;accord-cadre, le 
  nouveau plan de paix propose plus de garanties pour les deux parties&nbsp;: les 
  compétences de la Cour suprême du Sahara, la consultation par le Maroc de 
  l&#146;autorité locale en cas d&#146;accord international intéressant le Sahara en sont 
  des exemples. Des garanties pour les droits de l&#146;homme sont également 
  prévues&nbsp;: la protection des droits humains par l&#146;Autorité du Sahara occidental 
  doit être au moins aussi importante qu&#146;au Maroc, et le Maroc, qui est 
  compétant pour empêcher toute sécession, doit veiller à ce que l&#146;exercice de 
  cette prérogative ne limite pas les campagnes électorales et référendaire.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">88. Mais la nouveauté principale de ce plan reste 
  l&#146;introduction d&#146;une troisième solution proposée aux votants lors du 
  référendum&nbsp;: outre l&#146;indépendance et l&#146;intégration au Maroc, les votants 
  pourraient se prononcer pour l&#146;autonomie à l&#146;intérieur du royaume. Si 
  l&#146;autonomie était choisie, ce que la composition des votants au référendum 
  laisse à penser, elle serait sans doute fondée sur les structures déjà mises 
  en place pendant la période transitoire de quatre à cinq ans. Ce scénario 
  irait dans le sens de la politique des Nations Unies qui, depuis les conflits 
  dans les Balkans et dans les Grands Lacs, tentent de limiter la création de 
  nouveaux Etats. On devine donc que cette solution a de grandes chances d&#146;être 
  adoptée, ce qui explique assez clairement la teneur objections émises par les 
  parties.</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT">B &#150; Premières observations</p>
  <p ALIGN="LEFT">i &#150; La réaction des acteurs</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">89. <b>Le Maroc</b>, outre qu&#146;il rejette désormais 
  catégoriquement toute idée de partition du territoire, a surtout émis des 
  réserves quant aux conditions de partage des compétences entre le royaume et 
  l&#146;autorité locale. On peut être enclin à penser que le Maroc parie sur un 
  succès de l&#146;autonomie au référendum&nbsp;: il met d&#146;ailleurs l&#146;accent sur la 
  cohérence d&#146;une autonomie du Sahara occidental avec la politique de 
  décentralisation en cours. Le Maroc souhaite donc préparer les structures de 
  l&#146;autorité locale, en les précisant et en limitant leur degré d&#146;autonomie à 
  travers une multitude de questions techniques. La principale objection du 
  Maroc au plan de paix semblait être le fait que l&#146;une des options offertes par 
  le référendum qui devait permettre de déterminer le statut définitif du Sahara 
  occidental était l&#146;indépendance<b>. </b>Le Maroc demande donc que 
  l&#146;indépendance soit exclue des possibilités &#150; ce qui rendrait l&#146;autonomie plus 
  que probable. En cela le royaume revient sur le soutien qu&#146;il avait donné à 
  l&#146;accord-cadre, qui envisageait l&#146;indépendance. On peut donc supposer que ce 
  soutien n&#146;avait été accordé que dans la mesure où au moment des négociations 
  sur l&#146;accord-cadre&nbsp;; celui-ci avait peu de chances d&#146;être signé par toutes les 
  parties, et d&#146;être appliqué. Aujourd&#146;hui, avec la pression exercée par les 
  Nations Unies, qui menacent de se retirer et qui envisagent de faire appliquer 
  le plan sans consensus entre les parties, les revendications se font plus 
  précises. Le 15 avril 2004, le Maroc a présenté sa réponse finale dans 
  laquelle il dénote sa volonté de poursuivre l&#146;action menée en vue de parvenir 
  à un règlement politique du conflit sur le Sahara occidental. Il indique 
  clairement qu&#146;une «&nbsp;<i>solution politique d&#146;autonomie ne peut être que 
  définitive&nbsp;»,</i> ce qui a des incidences néfastes sur l&#146;autodétermination, 
  telle que prévue dans la résolution 1429 (2002) du Conseil de sécurité des 
  Nations-Unies.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">90. <b>Le Front POLISARIO</b>, dans une lettre aux Nations 
  Unies, s&#146;en prend violemment au Maroc. La vigueur des propos et l&#146;allusion au 
  «&nbsp;piège&nbsp;» que constituerait pour le peuple sahraoui une autonomie &#150; même 
  temporaire &#150; dans le Royaume du Maroc, révèlent la crainte que cette autonomie 
  ne soit entérinée par le référendum. En effet, dans ce cas le Front POLISARIO 
  n&#146;aurait plus de raison d&#146;être, et seule l&#146;Autorité du Sahara occidental 
  représenterait les sahraouis. Une accumulation de points techniques variés, en 
  particulier sur les termes employés dans le plan de paix, démontre une extrême 
  réticence, et la volonté de relancer des discussions pour retarder toute 
  mesure concrète. Le Front POLISARIO propose enfin la reprise du premier plan 
  de règlement &#150; dont chacun s&#146;accorde à dire qu&#146;il est inapplicable, comme 
  l&#146;expérience l&#146;a prouvé. En réalité, trois tendances s&#146;opposent au sein du 
  POLISARIO. La majorité menée par Mohamed Abdelaziz n&#146;envisage pas de solution 
  en dehors du plan de paix de 1991. Quelques groupes minoritaires d&#146;anciens 
  combattants, pour la plupart en exil dans les camps de réfugiés de Tindouf, 
  considérant l&#146;impossibilité d&#146;obtenir l&#146;avantage militaire ou diplomatique sur 
  le Maroc, envisagent un accord d&#146;autonomie avec le royaume, et le retour des 
  réfugiés. Enfin, la fraction menée par Brahim Gali promeut une politique 
  d&#146;intransigeance envers le Maroc. Dans son observation initiale<b>&nbsp;</b>de mars 
  2003, le Front du POLISARIO a informé le Secrétaire Général de ses objections 
  au plan de paix. Néanmoins, en juillet 2003, il a officiellement accepté le 
  plan tel que présenté.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">91. <b>L&#146;Algérie</b>, qui est désormais considérée non 
  comme partie mais comme Etat voisin, a formulé des objections, toutes assez 
  techniques, sur presque tous les aspects du plan, mais sans remettre en 
  question l&#146;idée même d&#146;un statut d&#146;autonomie. En réalité, ces observations 
  s&#146;attachent surtout à limiter les possibilités d&#146;action du Maroc sur le 
  territoire sahraoui, pour la période transitoire et donc dans le cas d&#146;un 
  statut autonome définitif. Le rapprochement récent de l&#146;Algérie et du Maroc 
  permet de penser que l&#146;action algérienne se fera désormais plus modérée.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">92. <b>La Mauritanie</b> a renouvelé son soutien à l&#146;action 
  des Nations Unies.</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT">ii &#150; Les chances de réussite du nouveau plan de paix</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">93. Il est probable que ce nouveau plan de paix constitue 
  une dernière opportunité pour les Nations Unies de régler le conflit au Sahara 
  occidental. Certes, ce projet constitue sans doute la solution la plus 
  équilibrée et la seule viable, mais comme il suppose des compromis de la part 
  des deux parties, la bonne volonté de celles-ci est peu probable.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">94. Par ailleurs, le plan de paix ne précise pas certains 
  points importants. Pendant l&#146;année qui précèdera l&#146;élection de l&#146;Autorité du 
  Sahara occidental, qui assurera l&#146;autorité, et avec quels moyens&nbsp;? Si ce rôle 
  incombe aux Nations Unies, on peut d&#146;ores et déjà prévoir que les moyens 
  financiers et le personnel tant civil que militaire devront être conséquemment 
  augmentés. On peut alors s&#146;inquiéter des carences déjà constatées dans ce 
  domaine, et de la réticence prévisible du Conseil de sécurité pour accroître 
  les moyens d&#146;une mission coûteuse et qui a connu des déboires.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">95. Pendant cette période de transition, le rôle du 
  POLISARIO et son implication avec l&#146;autorité locale ne sont pas définis. La 
  nature de l&#146;autorité locale avant la tenue du référendum fera l&#146;objet de 
  luttes prévisibles, et des tensions sont à prévoir. De plus, les campagnes 
  électorales puis référendaires risquent d&#146;être l&#146;occasion d&#146;incidents, et 
  d&#146;actions contraires au respect des droits de l&#146;homme.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">96. Enfin, rien n&#146;est prévu pour s&#146;assurer que le résultat 
  du référendum sera bien appliqué. Si l&#146;autonomie était choisie, on peut d&#146;ores 
  et déjà prévoir que les forces armées du POLISARIO seront difficiles à 
  intégrer dans la population civile, de même, pour des raisons différentes, que 
  les réfugiés des camps de Tindouf.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">97. Le Conseil de sécurité a adopté le nouveau plan de paix 
  dans sa Résolution 1495 du 31 juillet 2003 et a prorogé le 29 avril 2004 
  (Résolution SC 1541) le mandat de la MINURSO jusqu&#146;au 31 octobre 2004. De 
  plus, le Front POLISARIO a fait savoir, le 11 juillet 2003, qu&#146;il donnait son 
  accord au nouveau plan de paix. Le Front POLISARIO a tenté de démontrer sa 
  bonne foi en délivrant 243 prisonniers de guerre au mois d&#146;août et 300 en 
  novembre 2003 et 100 autres le 13&nbsp;février 2004. Cela ouvre la voie vers la 
  résolution d&#146;un conflit persistant même si la réponse finale du Maroc au Plan 
  de paix ne le facilite guère.</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT"><a name="5t" href="#5">V. SITUATION DES DROITS DE L&#146;HOMME</a></p>
  <p ALIGN="LEFT">A &#150; Populations civiles dans les provinces marocaines et dans 
  la zone contrôlée par le Front POLISARIO</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">98. Pour beaucoup, notamment au sein du Haut Commissariat 
  des Nations Unies pour les réfugiés, les reports du référendum constituent en 
  tant que tels une violation du droit à l&#146;autodétermination.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">99. La guerre place de fait les populations civiles dans 
  une situation d&#146;enfermement. Avant le cessez-le-feu, les combattants ont 
  disséminé des mines anti-personnel en grand nombre, qui mettent en péril la 
  vie des civils. Si le Maroc coopère activement au déminage du Sahara, cela ne 
  semble pas être le cas du POLISARIO. De plus, le déminage est une opération 
  très longue et coûteuse. Depuis deux décennies, une grande partie du 
  territoire est donc interdite aux populations, ce qui va à l&#146;encontre de la 
  liberté de circulation mais aussi de toutes les traditions liées au nomadisme.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">100. Les familles séparées par le Berm n&#146;ont pas eu de 
  contacts pendant de longues années, car il est impossible de traverser le mur. 
  Depuis le 5 mars 2004, la MINURSO et le HCR ont<b> </b>organisé pourtant, avec 
  un appui croissant des parties prenantes du conflit, des visites entre les 
  membres de familles séparées. A ce jour, cinq échanges de visites de 5 jours, 
  auxquels ont participé au total 240 personnes de part et d&#146;autre, ont eu lieu 
  entre Laayoune et les camps de la zone de Tindouf. La MINURSO et le HCT font 
  régulièrement des appels aux pays donateurs à verser d&#146;urgence des 
  contributions afin de permettre la mise en oeuvre du programme de visites 
  familiales, qui nécessite des ressources logistiques et administratives et des 
  moyens de suivi considérables.<b> </b>Des liaisons postales et téléphoniques 
  entre les camps de Tindouf et le secteur marocain ont été établies, puis 
  suspendues du fait des deux parties. Les services téléphoniques entre le camp 
  dit «&nbsp;du 27 février&nbsp;» à Tindouf et le Territoire, qui ont repris le 12 janvier 
  2004, ont continué d&#146;être assurés et plus de 2000 réfugiés en ont bénéficié. 
  Des travaux sont en cours pour étendre ces services à d&#146;autres localités dans 
  les camps de la zone de Tindouf.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">101. Les libertés individuelles sont fortement réduites des 
  deux côtés du mur, et la situation des femmes est particulièrement alarmante. 
  Les restrictions des libertés publiques et individuelles sont plus importantes 
  au Maroc, dans les provinces du Sahara, que dans le reste du pays. On notera 
  l&#146;omniprésence des forces militaires et de police, l&#146;absence de représentation 
  politique des populations sahraouies, les restrictions à la liberté 
  d&#146;association mais aussi l&#146;entrave à la liberté de circulation. Les habitants 
  du secteur marocain du Sahara ne peuvent sortir de ce territoire &#150; même pour 
  se rendre dans le nord du Maroc &#150; sans disposer d&#146;un permis spécial. La 
  liberté de presse est partiellement respectée, comme l&#146;a prouvé le cas de M. 
  Serfati. Plusieurs manifestations pacifiques de sahraouis ont été réprimées, 
  et Amnesty International relève des cas répétés de mauvais traitements lors 
  des gardes à vues et des interrogatoires, de même que pendant 
  l&#146;emprisonnement.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">102. Côté sahraoui, la situation est encore plus 
  préoccupante. La RASD est quasiment un parti-Etat, et il n&#146;existe aucun parti 
  d&#146;opposition&nbsp;: nombre d&#146;opposants sahraouis sont en exil en Mauritanie ou 
  ailleurs, il n&#146;existe donc pas de concurrence démocratique pour le pouvoir. 
  L&#146;organisation des élections est très critiquable. Le risque d&#146;une dictature 
  de type junte militaire en cas de referendum aboutissant à l&#146;indépendance du 
  Sahara est important&nbsp;: un futur Etat sahraoui risquerait d&#146;être dirigé par 
  l&#146;armée.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">103. Enfin, l&#146;effet du conflit sur les conditions 
  économiques du Sahara occidental est désastreux, et en dehors des villes les 
  plus importantes, les populations civiles n&#146;ont que peu de perspectives, au 
  point que des «&nbsp;boat people&nbsp;» ont tenté à plusieurs reprises de rallier les 
  Iles Canaries.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">104 En cas d&#146;application du nouveau plan de paix, on peut 
  s&#146;attendre à ce que les campagnes précédant les élections de l&#146;Autorité 
  locale, puis la campagne référendaire, donnent lieu à des restrictions des 
  libertés publiques, dans un climat de tensions entre communautés. De plus, les 
  votants pourraient subir des pressions. Les dispositions du plan de paix pour 
  la protection des droits de l&#146;homme manquent de précision, et sont peu 
  concrètes.</p>
  <b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">B - La question des réfugiés</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">i &#150; Le mandat du Haut Commissariat des Nations Unies pour 
  les réfugiés</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">105. Des réfugiés sahraouis sont installés dans les camps 
  des environs de Tindouf en Algérie depuis le début de la guérilla. Ils sont 
  aujourd&#146;hui 165 000 selon le gouvernement algérien. De plus le HCR estime à 26 
  420 le nombre de réfugiés sahraouis en Mauritanie.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">106. Dès la création de la MINURSO, le HCR a été chargé du 
  rapatriement volontaire des réfugiés en vue du referendum. Jusqu&#146;au 
  rapatriement, le Haut Commissariat assure l&#146;assistance aux réfugiés des quatre 
  camps des environs de Tindouf (ce qui correspond à plus de 80 000 personnes), 
  mais non aux réfugiés en Mauritanie. Il assure aussi la préparation d'un 
  rapatriement futur, en vue du règlement du conflit. Cette activité passe 
  principalement par la reconnaissance des zones de retour prévues, en 
  particulier l&#146;évaluation de l&#146;adduction d&#146;eau potable. L&#146;assistance comprend 
  quant à elle la distribution de nourriture, l&#146;eau potable dans les camps (le 
  HCR a réalisé depuis 1999 plusieurs points d&#146;adduction d&#146;eau), les soins, 
  ainsi que l&#146;éducation primaire et quelques ateliers de formation.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">107. Depuis l&#146;initiation des mesures de confiance, en 1999, 
  le HCR prodigue également aux réfugiés des formations juridiques sur leurs 
  droits. La demande émanant des réfugiés concernant ces formations est 
  croissante. Les personnels de police de la MINURSO bénéficient également 
  d&#146;ateliers de formation. Enfin, des rencontres entre membres de familles 
  séparées par le Berm ainsi que des échanges de courrier sont prévus et parfois 
  organisés.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">108. Les réfugiés sont totalement dépendants de l&#146;action du 
  Haut Commissariat. Aucun tissu économique et social ne leur permet de 
  travailler malgré les initiatives du HCR, et leur liberté de mouvement étant 
  de fait réduite à l&#146;extrême, leurs perspectives sont très minces. De plus 
  leurs conditions de vie sont très précaires. En effet le HCR manque 
  cruellement de moyens financiers, au point que les denrées de bases font 
  souvent défaut, provoquant malnutrition et donc affaiblissement général et 
  maladies. Les premières victimes de cette situation sont les personnes les 
  plus vulnérables&nbsp;: personnes âgées, femmes, enfants.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">109 A la fin de 2003, le HCR et le Programme alimentaire 
  mondial (PAM) ont fait des appels de fonds pour leur permettre d&#146;aider les 
  réfugiés de la zone qui souffrent de malnutrition aiguë et chronique. Le HCR 
  estime que le taux de réfugiés souffrant de malnutrition aiguë est supérieur à 
  10&nbsp;% et que le taux de malnutrition chronique est au-delà de 30 %. En janvier 
  2004, le Programme alimentaire mondial (PAM) et le HCR ont entrepris une 
  mission d&#146;évaluation commune des camps de réfugiés dans la zone de Tindouf. 
  Malgré des améliorations observées ces derniers mois du fait de 
  l&#146;accroissement de l&#146;aide apportée par les donateurs, la situation alimentaire 
  dans les camps de réfugiés demeure précaire et les pénurie de céréales, ainsi 
  que d&#146;autres produits de première nécessité pourrait se produire à partir de 
  mai 2004. En conséquent, un soutien généreux des donateurs est nécessaire.</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT">ii &#150; L&#146;action du HCR se heurte au manque de moyens et aux 
  polémiques entre les parties</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">110. En réalité, les principaux donateurs &#150; programme ECHO 
  de l&#146;Union européenne, le Programme alimentaire mondial, ainsi qu&#146;une 
  vingtaine de pays &#150; sont lassés par la persistance du conflit. En dépit des 
  appels répétés du HCR et du Secrétaire général de l&#146;Organisation des Nations 
  Unies, et malgré les visites de bailleurs de fonds dans les camps de Tindouf 
  en 2001 et 2002, les prévisions budgétaires sont pessimistes. Pour plus de 300 
  000 dollars de dépenses prévues en 2002, les fonds disponibles s&#146;élevaient à 
  145 700 dollars. Enfin, une polémique sur un possible détournement de l&#146;aide 
  alimentaire oppose depuis mai 2003 le Maroc, et le Programme alimentaire 
  mondial, qui s&#146;insurge contre les allégations de détournement.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">111. Les évaluations réalisées par plusieurs bailleurs de 
  fonds font apparaître la contradiction entre leur désir de voir la situation 
  se normaliser au Sahara occidental, et la pérennisation des camps de réfugiés 
  grâce à l&#146;assistance. Loin de préparer le retour, l&#146;assistance aux réfugiés 
  permet en réalité aux parties du conflit de geler les négociations sans pour 
  autant provoquer de désastre humanitaire. Les programmes d&#146;assistance aux 
  réfugiés suivent donc le blocage du plan de règlement et des négociations qui 
  l&#146;entourent.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">112. En ce qui concerne la mise en &#156;uvre des mesures de 
  confiance, le HCR se trouve dans une situation comparable à celle de la 
  MINURSO&nbsp;: les points techniques font l&#146;objet de négociations interminables 
  avec les parties, ce qui empêche la réalisation des objectifs. Une fois de 
  plus, c&#146;est la sélection des personnes concernées par ces mesures qui pose le 
  plus de problèmes. Le Front POLISARIO souhaite limiter l&#146;action aux personnes 
  inscrites sur la liste des votants pour le referendum. Le Maroc veut les 
  étendre à tous les habitants du Sahara occidental et de la région de Tindouf. 
  Cette polémique bloque l&#146;application des mesures.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">113. Les réfugiés eux-mêmes sont découragés, et la 
  situation provoque des tensions, comme en témoigne l&#146;hostilité et les 
  protestations à l&#146;égard du passage du rallie Paris-Dakar en 2000. En outre, le 
  sentiment grandissant de l&#146;utilisation politique de leur situation et le 
  manque récurrent des aliments les plus essentiels ont poussé certains réfugiés 
  des camps de Tindouf à se rendre en Mauritanie, comme le souligne le rapport 
  «&nbsp;North Africa&nbsp;» 2001 du Haut Commissariat des Nations Unies pour les 
  réfugiés.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">114. C&#146;est pourtant sur le terrain de l&#146;aide aux réfugiés 
  que se concentre l&#146;action des principaux acteurs internationaux. En premier 
  lieu, l&#146;Union européenne, à travers l&#146;Office d&#146;aide humanitaire de la 
  Commission européenne (ECHO), met en &#156;uvre, en partenariat avec des 
  organisations non gouvernementales, des programmes d&#146;assistance alimentaire et 
  médico-sanitaire. L&#146;évaluation complète des «&nbsp;plans globaux humanitaires de 
  ECHO en faveur des réfugiés sahraouis&nbsp;» en 2001, a abouti à une meilleure 
  coordination avec le HCR et le Comité International de la Croix-Rouge, qui 
  &#156;uvre également sur place.</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT">C &#150; Prisonniers de guerre et prisonniers politiques</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">115. Les prisonniers de guerre marocains détenus par le 
  Front POLISARIO, tant dans la zone du Sahara occidental qu&#146;il contrôle que 
  dans la région de Tindouf, demeurent un sujet majeur de préoccupation, alors 
  que les accords conclus à Houston en 1998 prévoyaient leur libération. A 
  l&#146;heure actuelle, le Front POLISARIO détient encore un nombre inconnu de 
  prisonniers de guerre, certains depuis vingt-cinq ans, ce qui correspond à la 
  durée de détention la plus longue au monde pour des prisonniers de guerre. Les 
  conditions de détention, dénoncées régulièrement par les Nations Unies, 
  Amnesty International ou Human Rights Watch, sont très variables mais souvent 
  déplorables, et constituent une atteinte aux droits humains. Certes le Front 
  POLISARIO libère régulièrement des prisonniers, ce qui amène la communauté 
  internationale à le féliciter de ces progrès. Il n&#146;en demeure pas moins que de 
  nombreux prisonniers marocains continuent de subir une détention inacceptable 
  et restent un instrument de pression du POLISARIO sur les autres acteurs, y 
  compris la communauté internationale.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">116. En outre, les disparitions de personnes se poursuivent 
  dans la partie du Sahara contrôlée par le Front POLISARIO, et l&#146;on peut penser 
  qu&#146;il s&#146;agit de répression politique.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">117. L&#146;Algérie est accusée par le Maroc de détenir elle 
  aussi des prisonniers marocains dans la région de Tindouf. Le Maroc quant à 
  lui ne détient plus de prisonniers de guerre sahraouis, mais de nombreux 
  activistes sahraouis et des manifestants de nationalité marocaine ont été 
  emprisonnés à l&#146;issue de procès jugés inéquitables par les associations de 
  défense des droits de l&#146;homme. Ces prisonniers politiques sont également une 
  source de préoccupation qu&#146;il convient de rappeler, malgré des libérations 
  graduelles (56 prisonniers politiques relâchés en 2002 selon Human Rights 
  Watch). Des disparitions ont également lieu.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">118. Le plan de paix du 23 mai 2003 prévoit la libération 
  de tous ces prisonniers, et la recherche des disparus. En février 2003, 100 
  prisonniers de guerre ont été libérés. Le 1<sup>er</sup><b> </b>septembre 
  2003, le CICR a rapatrié au Maroc 243 prisonniers de guerre marocains qui 
  avaient été libérés le 14 août 2003 par le Front POLISARIO. Trois cent autres 
  prisonniers de guerre ont été libérés le 8 novembre 2003, 100 en février 2004, 
  100 en juin 2004. Même si ces libérations son bienvenues, il ne faut pas 
  oublier qu&#146;il reste encore 412 prisonniers de guerre, dont certains sont 
  détenues depuis plus de 20 ans. Le Secrétaire général de l&#146;Organisation des 
  Nations Unies a lancé de nouveau un appel au Front POLISARIO pour qu&#146;il 
  accélère la libération de tous les prisonniers restants. Il a également 
  demandé ce qu&#146;il est advenu des personnes qui sont toujours portées disparues.</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT"><a name="6t" href="#6">VI. CONTRIBUTION EVENTUELLE DU CONSEIL DE L&#146;EUROPE</a></p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">119. L&#146;action des Nations Unies pour résoudre ce conflit se 
  heurte depuis plus de vingt ans aux positions figées des acteurs. La tenue 
  d&#146;un référendum d&#146;autodétermination, pourtant prévu par la résolution UN 690 
  de 1991, et raison d&#146;être de la MINURSO est devenue impossible. Le plan de 
  paix de mai 2003 constitue donc une dernière chance pour la communauté 
  internationale de mettre fin à ce conflit par les droit international. 
  L&#146;Assemblée parlementaire devrait soutenir pleinement ce nouveau plan de paix, 
  parce que son contenu représente sans doute la perspective de règlement la 
  plus viable, mais aussi au nom de la primauté du droit y compris en matière de 
  relations internationales, qui est une des valeurs fondatrices du Conseil de 
  l&#146;Europe. Les Nations Unies sont une institution partenaire du Conseil de 
  l&#146;Europe, qui doit être soutenue dans un cas aussi difficile.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">120. L&#146;Assemblée parlementaire du Conseil de l&#146;Europe 
  bénéficie d&#146;une expérience qui peut faciliter la résolution de ce conflit. En 
  particulier, si le plan de paix est adopté, l&#146;Assemblée pourrait apporter son 
  expertise pour définir des pistes d&#146;action à la suite du référendum. Cette 
  période est en effet porteuse de risques, mais le plan de paix ne prévoit rien 
  à son sujet. Si l&#146;issue du référendum favorise l&#146;indépendance, le Conseil de 
  l&#146;Europe pourrait assister le nouvel Etat dans l&#146;établissement des normes 
  démocratiques, notamment à travers la signature de Conventions accessibles aux 
  Etats non membres. En effet, les risques de voir se construire un Etat 
  autoritaire et/ou instable sont majeurs. Si le référendum débouche sur 
  l&#146;intégration au Maroc ou sur l&#146;autonomie, l&#146;Assemblée dispose du rapport sur 
  les <i>Expériences positives des régions autonomes comme sources d&#146;inspiration 
  dans la résolution de conflits en Europe</i>, qui peut fournir des pistes 
  utiles au Maroc, déjà confronté à des troubles dans les régions du Haut et du 
  Moyen Atlas. D&#146;une manière plus générale, les normes en matière de démocratie, 
  établies par le Conseil de l&#146;Europe peuvent intéresser le Maroc dans la 
  poursuite de ses réformes, qui devraient en cas d&#146;intégration ou d&#146;autonomie 
  du Sahara occidental, s&#146;appliquer aussi à cette région.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">121. Dans l&#146;immédiat, et dans l&#146;attente des suites données 
  au nouveau plan de paix, c&#146;est surtout dans le domaine des droits de l&#146;homme 
  que l&#146;action de l&#146;Assemblée parlementaire devrait se<b> </b>concentrer car une 
  action politique trop rapide dépassant le soutien aux Nations Unies pourrait 
  renforcer encore une tension déjà vive dans la région. En matière de droits de 
  l&#146;homme, la contribution du Conseil de l&#146;Europe pourrait s&#146;articuler autour 
  des principaux axes suivants.</p>
  <p ALIGN="justify">122. Face à la situation dramatique des prisonniers politiques et des 
    prisonniers de guerre, au Maroc comme dans la région de Tindouf en Algérie 
    (siège de la République arabe sahraouie démocratique en exil). L&#146;Assemblée 
    devrait se prononcer explicitement en faveur de la libération immédiate et 
    inconditionnelle des 412<b> </b>prisonniers qui restent.</p>
  <p align="justify">123. La situation des réfugiés de la région de Tindouf en Algérie est des 
    plus précaires, et très préoccupante. Les programmes de l&#146;Office d&#146;aide 
    humanitaire de la Commission européenne (ECHO) et ceux du Haut Commissariat 
    des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) manquent cruellement de fonds. Ces 
    réfugiés bénéficient de formations sur leurs droits, dispensées par le HCR, 
    mais ces droits ne sont pas pour eux une réalité. Quant aux réfugiés 
    sahraouis en Mauritanie, très généralement ignorés, ils connaissent une 
    situation difficile à évaluer mais sans doute pire encore, car ils ne 
    bénéficient d&#146;aucun programme du HCR. L&#146;Assemblée parlementaire devrait 
    considérer plus en détail<b> </b>le respect des droits des réfugiés avec une 
    évaluation des perspectives d&#146;évolution lors de leur retour prévu par le 
    plan de paix.</p>
  <p align="justify">124. La situation des populations civiles non réfugiées, c&#146;est-à-dire dans la 
    zone sous contrôle marocain, est également préoccupante, particulièrement en 
    ce qui concerne les femmes. L&#146;évaluation de cette situation peut permettre 
    d&#146;anticiper l&#146;évolution en cas d&#146;application du plan de paix.</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">125. Il pourrait être envisagé dans l&#146;avenir de soumettre 
  au Bureau de l&#146;Assemblée la possibilité d&#146;établir un accord de coopération 
  avec les Parlements des pays du Maghreb, en particulier avec l&#146;Algérie et le 
  Maroc. (cf. AS/Bur(2003)26rev.) En effet, le Maroc fait partie des pays 
  frontaliers au Conseil de l&#146;Europe, et à ce titre il est possible d&#146;engager 
  avec lui des relations privilégiées.</p>
  <b>
  <p ALIGN="center">ANNEXE I</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><a target="_blank" href="../../../UNDocs/UNRES1495F.pdf">La 
  situation concernant le Sahara occidental, Résolution 1495 (2003)</a> du 
  Conseil de Sécurité des Nations Unies </p>
  <p ALIGN="center">
  <b>ANNEXE II</b></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">
  <img SRC="Pictures/fdoc10346_03.gif" width="65%" height="65%"><br>
  <img SRC="Pictures/fdoc10346_04.gif" width="65%" height="65%"><br>
  <img SRC="Pictures/fdoc10346_05.gif" width="65%" height="65%"><br>
  <img SRC="Pictures/fdoc10346_06.gif" width="65%" height="65%"><br>
  <img SRC="Pictures/fdoc10346_07.gif" width="65%" height="65%"></p>
  <b>
  <p ALIGN="center">ANNEXE III</p>
  <p ALIGN="CENTER">Liste des propositions de textes de l&#146;Assemblée 
  parlementaire<br>
  du Conseil de l&#146;Europe</p>
  </b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">9 octobre 1979&nbsp;: Décolonisation du Sahara occidental&nbsp;: 
  Proposition de résolution présentée par M.&nbsp;Lucien PIGNION (France, SOC).</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">7 février 1992&nbsp;: Sahara occidental&nbsp;: Proposition de 
  recommandation présentée par M. Jean-Pierre FOURRE (France, SOC). Sahara 
  occidental&nbsp;: Proposition de directive présentée par M. Jean-Pierre FOURRE 
  (France, SOC)</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">4 mai 2001&nbsp;: Sahara occidental&nbsp;: Proposition de 
  recommandation présentée par Mme&nbsp;Clemencia&nbsp;TORRADO (Espagne, SOC)</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">14 Octobre 2002&nbsp;: Sahara occidental&nbsp;: Proposition de 
  recommandation présentée par Mme&nbsp;Eva&nbsp;ZETTERBERG (Suède, SOC)</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">Doc. 9824, Expériences positives des régions autonomes 
  comme source d&#146;inspiration dans la résolution de conflits en Europe, 3 juin 
  2003.</p>
  <i><hr noshade color="#000000" size="1" width="50%">
  <p ALIGN="LEFT">Commission chargée du rapport&nbsp;: </i>Commission des questions 
  politiques</p>
  <i>
  <p style="text-justify: inter-ideograph">Renvoi en commission&nbsp;: </i>
  </font>
  <span style="font-weight: normal; font-size: 10.0pt; font-family: Verdana">
  <a href="../doc02/FDOC9590.htm">Doc. 9590</a></span><font FACE="Verdana" size="2">, Renvoi 2771 du 18.11.02</p>
  <i>
  <p ALIGN="LEFT">Projet de Résolution </i>adopté par la Commission le 04 
  octobre 2004 à l&#146;unanimité</p>
  <i>
  <p ALIGN="JUSTIFY">Membres de la Commission&nbsp;</i>: <b>Jakic</b> (Président), <b>
  Margelov</b> (Vice-Président), Spindelegger (Vice-Président), <b>Ates</b> (Vice-Président), 
  Aguiar, Arzilli (remplaçant&nbsp;: <b>Masi</b>), Atkinson, <b>Azzolini</b>, Baná&#154;, 
  Berceanu, Bianco, Blankenborg, <b>Bokeria, Van den Brande</b>, Cekuolis, 
  Curiel Alonso (remplaçant&nbsp;: <b>Padilla Carballada</b>), Davern (remplaçant&nbsp;:
  <b>O&#146;Keefe</b>), <b>Dreyfus-Schmidt</b>, <b>Druviete</b>, Duivesteijn, Durrieu 
  (remplaçant&nbsp;: <b>Loncle</b>),&nbsp; <b>Elo, Goerens, Goulet, Gross</b>, 
  Hedrich, Henry (remplaçant&nbsp;: <b>Goris</b>), Hörster, <b>Iwinski</b>, Jahic 
  (remplaçant&nbsp;: <b>Avdic</b>), <b>Jova&#154;evic, Judd,</b> <b>Kalezic</b>, Karpov, 
  Klich (remplaçant&nbsp;: <b>Grzyb</b>), <b>Koçi, Kosachev</b>, Kostenko<b>, 
  Lindblad</b>, van der Linden, Lloyd, Loutfi, Magnusson, <b>Marty, Matu&#154;ic</b>, 
  Medeiros Ferreira, <b>Meimarakis, Mercan</b>, Mignon, Mihkelson (remplaçant&nbsp;:
  <b>Herkel)</b>, <b>Narochnitskaya</b>,&nbsp;Nemcova, <b>Nemeth, Oliynyk</b>, Ouzky,
  <b>Pangalos</b>, Petrova-Mitevska, Petursdottir, Pintat Rossell,&nbsp;Pourgourides, 
  Prentice (remplaçant&nbsp;: <b>Kilclooney</b>), <b>Prijmireanu</b>, Prisacaru, <b>
  Puche</b>, de&nbsp;Puig (remplaçant&nbsp;: <b>Aburto Baselga</b>), Pullicino Orlando, 
  Ranieri, <b>Roth, Severin</b>, Severinsen, <b>Seyidov, Slutsky</b>, Tabajdi,
  <b>Tekelioglu</b>, Torosyan, <b>Toshev</b>, Tritz, Vakilov (remplaçant&nbsp;: <b>
  Mollazade</b>), <b>Wielowieyski</b>, Wohlwend, <b>Wurm</b>, Zacchera.</p>
  <i>
  <p ALIGN="LEFT">Ex-officio</i>: <b>Eörsi, Einarsson</b>, Russell-Johnston</p>
  <b>
  <p ALIGN="LEFT">N.B : Les noms des membres qui ont pris part à la réunion sont 
  imprimés en caractères gras</p>
  </b><i>
  <p ALIGN="LEFT">Chef du Secrétariat&nbsp;: </i>M. Perin</p>
  <i>
  <p ALIGN="LEFT">Secrétaires de la Commission</i>&nbsp;: Mme Nachilo, M. 
  Chevtchenko, M. Dossow</p>
  <p ALIGN="LEFT">&nbsp;</p>
  </font>
</blockquote>
  
  </body>
</html>