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<title>La désaffection des étudiants pour les études scientifiques</title>
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  </tr>
</table>
<hr size="1">

<p align="center"><b>Pour débat à la Commission permanente &#8211; Voir article 15 du Règlement</b></p>

<p align="justify"><b>Doc. 10949<br>
</b>2 juin 2006</p>

<p><b>La désaffection des étudiants pour les études scientifiques</b></p>

<p align="justify">Rapport<br>
  Commission de la culture, de la science et de l&#8217;éducation<br>
  Rapporteur
: M. Guy Lengagne, France, Groupe Socialiste</p>

<hr size="1">
<p align="justify"><i>Résumé</i></p>

<p align="justify">Le nombre d&#8217;étudiants dans les disciplines scientifiques est en train de diminuer considérablement partout en Europe. L&#8217;Assemblée s&#8217;inquiète des conséquences d&#8217;une telle diminution sur l&#8217;économie des pays concernés ainsi que sur l&#8217;esprit critique de leurs citoyens et la protection des droits de l&#8217;homme.</p>

<p align="justify">Des mesures pour inverser la tendance devraient être prises d&#8217;urgence par les gouvernements des Etats membres du Conseil de l&#8217;Europe, notamment au niveau de l&#8217;enseignement et cela dès l&#8217;école primaire. Une revalorisation des carrières scientifiques et un effort particulier pour sensibiliser les filles pourraient faire partie de ces mesures.</p>

<p align="justify"><b>A.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Projet de résolution&nbsp;</b></p>

<p align="justify">1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La défense des droits de l&#8217;homme, tâche majeure du Conseil de l&#8217;Europe, ne peut se limiter aux protestations ou aux interventions pour que le droit et la démocratie soient respectés. Que signifie «&nbsp;droits de l&#8217;homme&nbsp;» pour un être qui meurt de faim&nbsp;ou pour l&#8217;un des 100 millions d&#8217;enfants «&nbsp;orphelins du sida&nbsp;». Faut-il rappeler que toutes les 15 secondes, un être humain meurt du sida&nbsp;? Que signifie aujourd&#8217;hui «&nbsp;liberté&nbsp;» pour une nation qui est sur le plan scientifique et technique, donc sur le plan de son développement, totalement dépendante de l&#8217;étranger&nbsp;?</p>

<p align="justify">2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le développement des sciences et des technologies n&#8217;assure pas de façon automatique le respect des droits de l&#8217;homme mais c&#8217;est un préalable nécessaire. Il est irremplaçable pour lutter contre les injustices et sa maîtrise, pour un pays, est indispensable pour assurer la pérennité de la démocratie. Celui qui, demain, ne maîtrisera pas les nano sciences ou les nanotechnologies ou qui prendra du retard dans la biologie cellulaire pour ne prendre que deux exemples risque d&#8217;être sous la domination d&#8217;un autre pays.</p>

<p align="justify">3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&#8217;Assemblée parlementaire s&#8217;inquiète de la diminution considérable du nombre d&#8217;étudiants dans les disciplines scientifiques et considère que ceci est, à terme, une grave menace pour la liberté et la protection des droits de l&#8217;homme dans les pays européens. La Chine forme chaque année 300&nbsp;000 ingénieurs et elle sera en 2009 en terme de recherche et de développement, devant les Etats-Unis et devant tous les pays européens. </p>

<p align="justify">4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Plus de la moitié des entreprises multinationales ont délocalisé une partie importante de leur recherche-développement dans les pays «&nbsp;émergents&nbsp;» (Chine, Inde, Singapour) et cette proportion devrait augmenter dans les prochaines années.</p>

<p align="justify">5.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les raisons de cette désaffection sont multiples mais elles s&#8217;articulent autour de plusieurs points forts&nbsp;:</p>

<p align="justify">5.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; l&#8217;enseignement qui est dispensé aux enfants est trop abstrait, trop loin de leur expérience quotidienne et de leurs centres d&#8217;intérêt. On les lasse au lieu de tirer parti de leur curiosité et de l'image très positive qu&#8217;ils ont de la science et des scientifiques à l&#8217;école primaire&nbsp;;</p>

<p align="justify">5.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; l&#8217;image des scientifiques et des techniciens véhiculée par les médias apparaît peu gratifiante pour les jeunes à partir de l&#8217;âge de 15 ans environ et ne les incite pas à se diriger vers les métiers correspondants&nbsp;;</p>

<p align="justify">5.3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; les études scientifiques apparaissent, non sans raison, difficiles et plus longues que celles d&#8217;autres disciplines&nbsp;;</p>

<p align="justify">5.4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; le statut social du chercheur ou de l&#8217;ingénieur et même du médecin s&#8217;est notablement dégradé dans beaucoup de pays européens&nbsp;;</p>

<p align="justify">5.5.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; les rémunérations des métiers à caractère scientifique se sont, elles aussi, dégradées, comparées à celles d&#8217;autres corporations. Après des études souvent plus longues et plus difficiles les salaires évoluent beaucoup plus lentement.</p>

<p align="justify">6.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Si un effort considérable n&#8217;est pas fait dans les prochaines années pour enrayer cette fuite des étudiants vers d&#8217;autres voies, on peut légitimement être inquiet pour l&#8217;avenir des nations européennes. Tous les pays européens ne sont pas touchés de la même manière par cette crise mais, globalement, la désaffection pour les études scientifiques est préoccupante.</p>

<p align="justify"> 7.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Si le manque d&#8217;étudiants dans les disciplines scientifiques est préoccupant, la formation scientifique insuffisante des responsables économiques et politiques peut avoir des conséquences rarement évoquées. Ainsi, un professeur universitaire américain, déclarait récemment&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;Les politiciens ne comprennent pas la science et cherchent rarement l&#8217;avis des scientifiques pour résoudre de grands problèmes. Il est temps de reconnaître que les gouvernements sont mal équipés pour comprendre les défis technologiques sophistiqués et les opportunités dont le monde pourrait profiter&nbsp;».</p>

<p align="justify">8.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce constat doit inciter les gouvernements des pays du Conseil de l&#8217;Europe à prendre d&#8217;urgence des mesures concrètes pour attirer vers les carrières scientifiques et techniques  davantage d&#8217;étudiantes et d&#8217;étudiants et à renforcer la place des sciences dans la formation des futurs décideurs économiques et politiques.</p>

<p align="justify">9.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans ce but&nbsp;l&#8217;Assemblée invite les gouvernements et autres autorités compétentes des états membres à tenir compte de principes suivants:</p>

<p align="justify">9.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; l&#8217;enseignement des disciplines scientifiques doit utiliser, dès l&#8217;école primaire, la curiosité naturelle de l&#8217;enfant pour lui faire découvrir au maximum par lui-même les lois de la nature. Cet enseignement ne doit donc pas être trop théorique. Il doit s&#8217;appuyer sur l&#8217;expérience quotidienne de l&#8217;enfant et ne pas être, comme c&#8217;est souvent le cas aujourd&#8217;hui, un savoir artificiellement plaqué et imposé. Cela suppose une solide formation théorique de l&#8217;enseignant et une pratique pédagogique nouvelle;</p>

<p align="justify">9.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; une information très complète doit être donnée aux élèves, dès l&#8217;enseignement secondaire, sur les perspectives d&#8217;emplois dans la science et la technologie. Il ne faut pas leur cacher que les études seront en général plus difficiles que dans d&#8217;autres disciplines mais leur expliquer que l&#8217;intérêt de leur futur métier sera la récompense de cet effort supplémentaire;</p>

<p align="justify">9.3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  une revalorisation de l&#8217;image du chercheur, de l&#8217;ingénieur, du technicien doit être engagée. Montrer qu&#8217;une carrière scientifique peut être exaltante, car une enquête récente notait que 90% des jeunes mettent en tête dans le choix d&#8217;un métier futur, le fait qu&#8217;il leur semble passionnant. Cela passe entre autres, par une remise en cause de la manière dont les médias, partant d&#8217;un évènement purement factuel, donnent une image souvent déformée du progrès scientifique. La science et la technologie évoluent vite. Il est donc indispensable de favoriser le recyclage et les échanges entre scientifiques de pays différents;</p>

<p align="justify">9.4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; la revalorisation de l&#8217;image du scientifique n&#8217;est pas suffisante. Elle doit s&#8217;accompagner d&#8217;une revalorisation matérielle des carrières scientifiques par le biais des salaires ou des primes;</p>

<p align="justify">9.5.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; beaucoup d&#8217;entreprises privilégient le commercial par rapport à celui qui crée. Si cette façon de faire est rentable à court terme elle peut être très pénalisante à moyen et long termes. Plusieurs pays comme les Etats-Unis viennent d&#8217;en prendre conscience;</p>

<p align="justify">9.6.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; un effort particulier doit être fait pour sensibiliser les filles aux carrières scientifiques car dans beaucoup de pays elles sont encore moins nombreuses que les garçons à embrasser une carrière scientifique. Les enquêtes montrent également que dans de nombreux pays les «&nbsp;minorités&nbsp;» sont peu attirées par les métiers scientifiques. Un effort devra être fait vers eux;</p>

<p align="justify">9.7.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; les jeux télévisés sont de plus en plus prisés. Ils ne sont pas toujours, loin s&#8217;en faut, d&#8217;un très bon niveau intellectuel et font plus appel à un réflexe de la mémoire  qu&#8217;à l&#8217;intelligence, mais l&#8217;engouement des téléspectateurs est réel. Il est donc proposé de favoriser l&#8217;organisation de concours dans toutes les disciplines scientifiques, à l&#8217;image des Olympiades des lycées, en mathématique ou en physique, mais en les rendant à la fois plus populaires, plus séduisants et en ne les réservant pas aux seuls élèves ou étudiants.</p>

<p align="justify">10.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au-delà de la nécessité pour les nations de l&#8217;Europe de ne pas se laisser dépasser (si ce n&#8217;est déjà fait) par les pays émergents, il est aussi important que les citoyens de nos pays gardent un esprit suffisamment critique pour ne pas sombrer dans les excès dogmatiques et même parfois tomber sous l&#8217;influence des «&nbsp;gourous&nbsp;»  et des sectes. Un scientifique écrivait récemment&nbsp;: «&nbsp;L&#8217;homme du XXI<sup>e</sup> siècle qui a perdu la curiosité, la compétence, le sens critique, qui appuie sur des boutons en ne s&#8217;interrogeant jamais sur les objets et la nature qui l&#8217;entourent, peut être perméable à toutes sortes de croyances véhiculées par des gourous».</p>

<p align="justify">11.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La culture scientifique, plus encore aujourd&#8217;hui qu&#8217;hier, doit faire partie de la culture générale car elle permet de garder un esprit suffisamment critique pour rester insensible  aux discours des faux prophètes. Tenter de retrouver «&nbsp;l&#8217;honnête homme&nbsp;» du XVIII<sup>e</sup> siècle, c&#8217;est aussi une manière d&#8217;aider à la défense des droits de l&#8217;homme qui est la vocation du Conseil de l&#8217;Europe.      </p>

<p align="justify"><b>B. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Exposé des motifs</b></p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;par M. Lengagne, rapporteur</p>

<p align="justify"><b>I.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Introduction </b></p>

<p align="justify">1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Durant la seconde guerre mondiale, alors qu&#8217;on lui parlait de ce que pouvait faire l&#8217;église catholique, Staline avait répondu&nbsp;: «&nbsp;le Pape&nbsp;? Combien de divisions&nbsp;?&nbsp;». Aujourd&#8217;hui  on pourrait répondre à la question de la puissance d&#8217;un pays ou même de sa capacité à préserver son indépendance&nbsp;: «&nbsp;ce pays, combien de scientifiques&nbsp;?&nbsp;»</p>

<p align="justify">2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Votre rapporteur pense que ce sujet est au coeur des principes de défense des droits de l&#8217;homme et de la démocratie car on ne peut construire la démocratie sur la misère: que signifient les droits de l&#8217;homme pour un peuple qui meurt de faim&nbsp;? Que sont les droits de l&#8217;homme pour celles et ceux qui sont dans la misère ou qui sont matériellement et donc aussi militairement dominés&nbsp;? </p>

<p align="justify">3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le préalable à toute tentative pour promouvoir la démocratie dans un pays est, pour celui-ci, d&#8217;être matériellement suffisamment indépendant et de pouvoir faire face aux difficultés économiques de ses habitants. Ni le droit, ni l&#8217;économie ne peuvent se développer dans une nation si, au préalable, techniquement et donc scientifiquement, celle-ci n&#8217;est pas suffisamment forte. Au risque de paraître provocateur, votre rapporteur pense que, sans ce préalable, les discussions sur les droits de l&#8217;homme ne sont que bavardages de salon qui permettent tout au plus de se donner bonne conscience.</p>

<p align="justify">4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le Conseil de l&#8217;Europe est donc tout à fait dans son rôle quand il tente de proposer des solutions pour enrayer la diminution du nombre d&#8217;étudiants dans les disciplines scientifiques et pour permettre aux pays les plus démunis de se doter d&#8217;un corps de scientifiques et de techniciens suffisamment important pour tenir sa place dans le concert des nations.</p>

<p align="justify">5.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Par ailleurs, faut-il rappeler que de très grands pays comme l&#8217;Inde et la Chine s&#8217;investissent fortement dans le domaine des sciences et des technologies&nbsp;? Un rapport indiquait récemment que dans certains domaines de la recherche, sur des sujets précis, il y avait dans chaque laboratoire en moyenne 6 fois plus de chercheurs chinois que dans nos pays d&#8217;Europe.</p>

<p align="justify">6.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La science, la technique permettent de mieux lutter contre la pauvreté, contre les maladies, mais elles apportent aussi à une nation les outils pour sa défense et donc pour son indépendance. Que fera l&#8217;Europe, même celle du Conseil avec ses 46 pays si, demain, avec près d&#8217;un milliard et demi d&#8217;habitants, la Chine domine les disciplines scientifiques mieux que le monde occidental&nbsp;? C&#8217;est peut-être un scénario-catastrophe mais il est de notre responsabilité d&#8217;y penser.</p>

<p align="justify">7.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un autre aspect, rarement évoqué, et pourtant de plus en plus préoccupant, est celui du manque d&#8217;une formation scientifique suffisante pour les cadres de nos pays, notamment les responsables politiques. En effet, de plus en plus, on leur demande d&#8217;arbitrer, de faire des choix, d&#8217;engager leur pays ou l&#8217;Europe sur des sujets à caractère scientifique alors qu&#8217;ils n&#8217;ont pas les connaissances de base suffisantes pour faire le tri entre les propositions des experts dont ils deviennent dépendants. Le droit hélas n&#8217;est, dans ce genre de sujet, d&#8217;aucune utilité.</p>

<p align="justify">8.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il ne s&#8217;agit pas de tomber dans l&#8217;illusion du XIX<sup>e</sup> siècle où beaucoup pensaient que la science allait, naturellement, faire le bonheur de l&#8217;homme. Elle n&#8217;entraîne pas, l&#8217;histoire nous l&#8217;a montré, démocratie et respect des droits de l&#8217;homme.  Mais au moment où resurgissent des critiques moyenâgeuses sur la science, il est de notre devoir de rappeler que le refus de toute science est sans doute l&#8217;une des menaces les plus redoutables qui planent au-dessus des droits de l&#8217;homme.</p>

<p align="justify">9.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le rapport qui suit a été élaboré à partir des réponses apportées à notre questionnaire par les ministres de l&#8217;Education des différents pays membres du Conseil de l&#8217;Europe, du moins quand ceux-ci ont répondu.</p>

<p align="justify">10.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le développement de la technologie et son utilisation au profit des peuples ne sont pas étudiés ici. De même, l&#8217;insuffisance dramatique des moyens consacrés à la recherche scientifique et ses conséquences à terme pour nos démocraties ne sont pas abordées. Ils mériteraient certainement une étude approfondie.</p>

<p align="justify">11.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais, pour une nation, maîtriser une technologie de haut niveau, être dotée d&#8217;une recherche scientifique de bon niveau, supposent au préalable un nombre suffisant d&#8217;étudiants dans les disciplines scientifiques.</p>

<p align="justify">12.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les<a href="/ASP/Doc/RefRedirectFR.asp?Doc= Recommandations 1379"> Recommandations 1379</a> et 1541, adoptées par l&#8217;Assemblée parlementaire du Conseil de l&#8217;Europe, respectivement en 1998 et 2001, ont déjà souligné l&#8217;importance des études scientifiques pour l&#8217;avenir des sociétés européennes.  La première a été consacrée à la question de l&#8217;instruction élémentaire en science et en technologie, la seconde aux jeunes scientifiques. </p>

<p align="justify">13.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La question de la désaffection des étudiants pour les études scientifiques fait évidemment l&#8217;objet d&#8217;approches diverses.  Les critères employés pour la mesurer diffèrent d&#8217;un Etat à l&#8217;autre&nbsp;; tous ne réalisent pas régulièrement les études statistiques nécessaires pour appréhender le phénomène et son évolution&nbsp;; certains ont engagé des réformes et/ou des campagnes d&#8217;information, d&#8217;autres pas&nbsp;; quelques uns paraissent avoir surmonté les difficultés qu&#8217;ils rencontraient, ou être en voie de le faire, alors que d&#8217;autres, comme la France, peinent à inverser la tendance.</p>

<p align="justify">14.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais bien rares sont les Etats qui s&#8217;estiment totalement épargnés par la crise affectant les études scientifiques et, plus globalement, la recherche fondamentale &#8211; deux domaines qui sont en réalité inséparables.</p>

<p align="justify">15.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Confrontés à ce même problème, les Etats identifient également des causes globalement identiques&nbsp;: difficulté des études scientifiques&nbsp;; mauvaise image de la science&nbsp;; faiblesse des rémunérations des scientifiques&nbsp;; représentation erronée du rôle social de la science. </p>

<p align="justify">16.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&#8217;action des gouvernements, leurs propositions, pour répondre à cette inquiétante évolution, sont encore insuffisantes, peut-être parce que les opinions publiques ne mesurent pas encore l&#8217;ampleur du problème, et ne seraient en conséquence pas favorables aux arbitrages budgétaires que suppose un véritable renouveau de la science. Car au-delà des études elles-même, se pose la question de la recherche scientifique.  Celle-ci nécessite en effet des crédits bien supérieurs à ceux qui lui sont alloués actuellement et le renforcement de l&#8217;attractivité pour les études scientifiques implique une revalorisation sensible de la rémunération des chercheurs et, plus généralement, des personnels scientifiques.</p>

<p align="justify">17.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Certes, des politiques publiques de lutte contre la désaffection pour les études scientifiques sont actuellement menées dans plusieurs Etats qui s&#8217;inquiètent de cette évolution et redoutent le déclin technologique, économique et social auquel cette désaffection, inexorablement, conduit l&#8217;Europe.  Pourtant, la crise n&#8217;est toujours pas enrayée.</p>

<p align="justify">18.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&#8217;enjeu est fondamental. Dans la société de la connaissance, plaçant l&#8217;innovation technologique au c&#339;ur du développement économique et social, le retard de formation des étudiants européens, vis-à-vis notamment de leurs homologues américains, japonais et indiens, constitue l&#8217;une des principales menaces qui pèsent sur l&#8217;Europe.  </p>

<p align="justify">19.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le constat qui ressort des données fournies par les Etats est globalement pessimiste.  Il appelle une réponse beaucoup plus énergique que celle qui a été apportée jusqu&#8217;à présent.</p>

<p align="justify"><b>II.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le constat</b></p>

<p align="justify"><i>1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une désaffection touchant la majorité des Etats et devant être combattue </i></p>

<p align="justify">20.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le 22 juin 2005 M. Legendre, Président de la commission, et moi-même avons envoyé aux ministères de l&#8217;Education des Etats membres du Conseil de l&#8217;Europe un questionnaire sur cette question. Des réponses nous sont parvenues d&#8217;Autriche, Bulgarie, République Tchèque, Finlande, France, Géorgie, Allemagne, Hongrie, Islande, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Pays-Bas, Serbie-Monténégro et Royaume-Uni.</p>

<p align="justify"><i>2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Présentation de la situation par Etats</i></p>

<p align="justify">21.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tous les Etats n&#8217;ont pas répondu au questionnaire.  Et ceux qui l&#8217;on fait ne l&#8217;ont pas fait de façon homogène, car les réponses fournies n&#8217;ont pas toutes atteint le même degré de précision. Les renseignements collectés n&#8217;en demeurent pas moins extrêmement intéressants en pratique&nbsp;: il apparaît très clairement que la majorité des Etats membres du Conseil sont confrontés à des difficultés importantes.</p>

<p align="justify"><i>3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Synthèse générale</i></p>

<p align="justify">22.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les Etats n&#8217;ont pas tous procédé à une enquête sur les causes de la désaffection, mais les problèmes que certains d&#8217;entre eux ont détectés sont susceptibles d&#8217;intéresser l&#8217;ensemble du Conseil.  A ce titre, ils doivent être mis en exergue.</p>

<p align="justify">23.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De même, les conséquences de la désaffection et les méthodes qui peuvent être appliquées pour y remédier concernent l&#8217;ensemble du Conseil.  </p>

<p align="justify"><i>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;a. L&#8217;ampleur de la désaffection</i></p>

<p align="justify">24.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le principal constat ressortant de cette enquête est celui de la persistance et de l&#8217;ampleur du problème.  </p>

<p align="justify">25.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Si, du strict point de vue de la hausse du nombre des étudiants inscrits dans les filières scientifiques, certains Etats ont progressé (parmi lesquels essentiellement des Etats ayant fait partie du bloc soviétique, Etats qui sont encore en mutation), la majorité d&#8217;entre eux fait face à de très sérieuses difficultés.</p>

<p align="justify">26.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le nombre des étudiants recevant une formation scientifique est soit en baisse absolue, soit en baisse relative (en proportion du nombre total d&#8217;étudiants), soit tout simplement insuffisant (qu&#8217;il ait ou non décru, relativement ou dans l&#8217;absolu).</p>

<p align="justify">27.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Peu d&#8217;Etats paraissent se satisfaire de la situation qui prévaut sur leur territoire en matière d&#8217;intérêt des étudiants pour les études scientifiques.  Parmi ceux qui ont répondu au questionnaire, seuls la Bulgarie, la Finlande, la Georgie, la Hongrie, la Lituanie et la Serbie-Monténégro ne font pas explicitement état d&#8217;un problème à cet égard.  Mais, au sein de ce groupe, l&#8217;enseignement des sciences, considéré de façon globale, n&#8217;est pas nécessairement dans une situation très favorable.  </p>

<p align="justify">28.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La Bulgarie constate ainsi une baisse sévère du nombre de ses étudiants dans certaines disciplines scientifiques, comme les mathématiques et la physique, au cours des dernières années (même si le nombre total d&#8217;étudiants scientifiques est stable, du fait de l&#8217;essor d&#8217;autres disciplines)&nbsp;; les statistiques concernant la Géorgie révèlent une baisse non négligeable du nombre des étudiants en mathématiques et physique entre 2002 et 2003 (-6,1%)&nbsp;; la Serbie-Monténégro relève que, dans son système éducatif, les études littéraires sont plus attractives que les études scientifiques&nbsp;; en Hongrie, s&#8217;il ne semble pas y avoir de désaffection pour les études scientifiques, la proportion de personnes titulaires d&#8217;un diplôme scientifique supérieur a baissé de 4% entre 1998 et 2002.</p>

<p align="justify">29.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans d&#8217;autres Etats, comptant pour certains parmi les plus peuplés et/ou ceux dont le PIB est le plus important, la désaffection pour les études scientifiques est très prononcée.  Le phénomène inquiète sérieusement les experts et les gouvernements.  C&#8217;est le cas notamment en Allemagne, en Autriche, en France, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni.  </p>

<p align="justify">30.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Sont ainsi gravement affectés des Etats qui disposent pourtant de moyens financiers importants et où, par le passé, la recherche fondamentale a été à l&#8217;origine de grands progrès scientifiques tout en contribuant largement au développement industriel et technologique.</p>

<p align="justify">31.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au regard de ces carences, les succès que connaît l&#8217;Europe communautaire, notamment dans le secteur aéronautique, ne signifient pas que les Etats de l&#8217;Union se préparent suffisamment à affronter la concurrence internationale alors que celle-ci devient de plus en plus forte.  La comparaison avec l&#8217;Inde, qui forme 400&nbsp;000 ingénieurs chaque année, devrait sans doute inquiéter plus qu&#8217;elle ne le fait aujourd&#8217;hui les dirigeants européens. </p>

<p align="justify">32.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Enfin, faut-il rappeler qu&#8217;une part croissante des étudiants formés en Europe part aux Etats-Unis, où ils bénéficient de conditions matérielles globalement bien meilleures&nbsp;?  On peut estimer ainsi à plus de 5000 le nombre des chercheurs français qui seraient actuellement expatriés, pour la plupart aux Etats-Unis (et ces chercheurs seraient parmi les meilleurs de tous ceux que forme la France).  La désaffection pour les études scientifiques se double ainsi d&#8217;une désaffection pour les centres de recherche européens qui ne disposent pas de moyens suffisants pour offrir des débouchés satisfaisants aux jeunes diplômés (c&#8217;est notamment le cas en France).  Une part croissante des scientifiques formés en Europe va renforcer la recherche et le développement d&#8217;autres puissances économiques.</p>

<p align="justify"><i>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;b. Les conséquences dramatiques de la désaffection</i></p>

<p align="justify">33.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les conséquences actuelles et futures de cette situation sont connues et particulièrement alarmantes.  </p>

<p align="justify">34.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les sciences et la technologie sont les principaux moteurs de l&#8217;innovation, qui est elle-même la clé du développement économique des sociétés modernes.  Aussi l&#8217;avenir de l&#8217;Europe passe-t-il nécessairement par le développement de la recherche scientifique et la formation d&#8217;un vivier suffisant de scientifiques&nbsp;: chercheurs, enseignants, techniciens spécialisés, etc.  </p>

<p align="justify">35.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A cet égard, la désaffection que nous connaissons est la cause d&#8217;une pénurie alarmante, menaçant d&#8217;ores et déjà les capacités de certains Etats à dispenser à leurs écoliers et collégiens, dans les meilleures conditions, les enseignements fondamentaux les plus élémentaires en mathématiques, physiques, sciences naturelles.  Il est à craindre qu&#8217;une partie non négligeable des jeunes Européens ne bénéficient pas, actuellement, de cours d&#8217;un niveau suffisant, que ce soit pour les préparer à devenir des scientifiques ou simplement pour leur permettre de se familiariser avec les sciences et techniques qui sont à la base de leur environnement quotidien.</p>

<p align="justify">36.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Deux problèmes politiques cruciaux supplémentaires s&#8217;ajoutent d&#8217;ailleurs aux difficultés économiques et sociales résultant de la désaffection pour les études scientifiques.  En premier lieu, se pose la question de la capacité des citoyens européens à débattre des enjeux de société, dès lors qu&#8217;ils comportent une dimension scientifique, comme c&#8217;est le cas par exemple en matière de recherche médicale et de développement des organismes génétiquement modifiés. Ainsi le développement des études scientifiques apparaît-il comme un enjeu démocratique majeur du XXI<sup>e</sup>  siècle.  Cette question a d&#8217;ailleurs été évoquée de nouveau lors du colloque qui s&#8217;est tenu en France, à Lille, les 28 et 29 novembre 2005 («&nbsp;La crise mondiale des sciences&nbsp;»), colloque qui a été l&#8217;occasion de souligner qu&#8217;un décideur ne peut s&#8217;en remettre aux seuls experts mais doit posséder une culture scientifique suffisante.  </p>

<p align="justify">37.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A cet égard, on ne peut qu&#8217;être très inquiet de constater que l&#8217;Ecole Nationale d&#8217;administration, institution française qui constitue l&#8217;une des principales voies d&#8217;accès aux postes de responsabilité administrative et politique de niveau gouvernemental, ne dispense aucun enseignement scientifique, les matières scientifiques étant en outre absentes du concours d&#8217;accès à l&#8217;école.</p>

<p align="justify">38.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Si ce mode de recrutement est une caractéristique française, la carence en une formation scientifique suffisante est générale dans l&#8217;ensemble des pays de l&#8217;Europe et pourrait, à terme, avoir des conséquences extrêmement préoccupantes. Dans une société où pratiquement tout est  marqué par la technologie et la science, laisser le soin de décider à celles et à ceux dont la seule formation est juridique ou même économique est une grave absurdité&nbsp;!</p>

<p align="justify">39.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En second lieu, il paraît légitime de se demander si la désaffection pour les études scientifiques ne pourrait pas conduire, à plus ou moins long terme, à une régression de la rationalité au sens large.  En effet, les études scientifiques sont l&#8217;un des meilleurs remparts contre l&#8217;irrationnel, elles perpétuent la pensée cartésienne et, plus généralement, l&#8217;adhésion des citoyens aux valeurs d&#8217;ordre scientifique qui ont permis le développement de l&#8217;Europe&nbsp;: le raisonnement&nbsp;; la mise en cause des dogmes&nbsp;; l&#8217;expérimentation&nbsp;; etc.  A l&#8217;heure où certains Etats américains sont confrontés à des lobbies très influents qui tentent de mettre en cause l&#8217;enseignement de l&#8217;évolution (en défendant les thèses créationnistes), les risques inhérents à cet éventuel recul de la rationalité ne doivent pas être négligés.</p>

<p align="justify">40.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En conclusion, le continent européen prend un retard considérable dans le domaine de la recherche fondamentale, au risque de se trouver distancé non seulement par les Etats-Unis, mais également par la Chine et l&#8217;Inde.  Alors que la concurrence des Etats émergents aurait à elle seule dû conduire les Etats européens à intensifier leurs efforts de recherche et de formation, la désaffection des étudiants pour les études scientifiques constitue un handicap grave.  Par ailleurs, se pose dans certains Etats le problème du renouvellement des personnels scientifiques partant en retraite.</p>

<p align="justify">41.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Rappelons encore que les Etats ont quasiment tous souligné l&#8217;importance qu&#8217;ils attachent à la formation de scientifiques capables de contribuer, en particulier par le développement de la recherche et de l&#8217;innovation, à la vitalité de leur économie.</p>

<p align="justify"><i>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;c. Les causes de la désaffection</i></p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;i.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Des causes inhérentes aux sciences elles-mêmes et à leurs modalités d&#8217;enseignement</p>

<p align="justify">42.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les raisons de la désaffection ne varient pas d&#8217;un Etat à l&#8217;autre. </p>

<p align="justify">43.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En premier lieu, les études scientifiques sont jugées trop abstraites, éloignées des problèmes du monde, coupées de la réalité.  La réticence des étudiants à s&#8217;y engager découle en partie du sentiment &#8211; erroné &#8211; que la science et des études scientifiques constitue un monde à part.  </p>

<p align="justify">44.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; D&#8217;autre part, les études scientifiques sont perçues &#8211; à juste titre cette fois &#8211; comme difficiles, voire très difficiles.  Elles sont effectivement exigeantes, très astreignantes, supposent un travail important et constant.  La réussite implique d&#8217;ailleurs d&#8217;autant plus d&#8217;efforts et de sacrifices que le niveau d&#8217;étude s&#8217;élève.</p>

<p align="justify">45.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&#8217;enseignement des sciences pose également un problème de méthode, du moins au niveau de l&#8217;école et du collège.  En effet, l&#8217;une des raisons qui expliquent que les sciences soient perçues comme trop théoriques réside dans la façon dont elles sont enseignées lors des premiers apprentissages.  Les Etats qui ont procédé à des enquêtes relatives aux causes de la désaffection pour les études scientifiques ont insisté sur la nécessité de promouvoir une pédagogie fondée sur l&#8217;expérimentation.  </p>

<p align="justify">46.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Des causes propres aux différents systèmes éducatifs existent également.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;ii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Des causes sociologiques</p>

<p align="justify">47.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les résultats de l&#8217;enquête qu&#8217;a menée le gouvernement néerlandais, dans le but de comprendre les causes de la désaffection pour les études scientifiques, présentent le plus grand intérêt.  Apparaît en effet le paradoxe suivant: il existe un réel intérêt pour les sciences elles-mêmes, notamment chez les enfants, mais les jeunes néerlandais se détournent de l&#8217;étude des sciences.  </p>

<p align="justify">48.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La France est également confrontée à ce paradoxe&nbsp;: «&nbsp;nous avons la chance que la désaffection des jeunes envers certaines carrières scientifiques ne soit pas liée à une attitude &#8216;anti-scientifique&#8217;, à une attitude de rejet par l&#8217;opinion publique&nbsp;; celle-ci se considère comme insuffisamment informée, mais intéressée.  Par contre, cette désaffection est certainement liée à la réputation de difficulté de ces études et, pour certains des meilleurs étudiants, à la constatation de la faible attractivité des carrières scientifiques en termes de salaires, ainsi qu&#8217;aux difficultés réelles des débuts de carrières&nbsp;». (Rapport de Guy Ourisson, mars 2000.)</p>

<p align="justify">49.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le choix des bacheliers intéressés par la science de s&#8217;orienter vers d&#8217;autres voies que les études scientifiques se présente ainsi comme un renoncement.  Il leur semble préférable de privilégier les critères de la rémunération, des perspectives de carrière, des conditions de travail, etc, dans le choix de leur filière d&#8217;enseignement supérieur.</p>

<p align="justify">50.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les études néerlandaise et française peuvent être rapprochée des conclusions de la Bulgarie, qui souligne que les étudiants bulgares s&#8217;orientent en fonction des débouchés professionnels qui s&#8217;offrent à eux dans les différents secteurs d&#8217;activité: ce n&#8217;est pas nécessairement l&#8217;intérêt &#8211; ou le désintérêt &#8211; pour les mathématiques, la physique, la chimie, etc. qui guide leur choix d&#8217;orientation, mais un calcul rationnel intégrant les conséquences de ce choix sur le plan économique et social.  </p>

<p align="justify">51.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Se pose également le problème du déclin de l&#8217;esprit scientifique.  Certes, les jeunes apprécient les sciences pour leur rôle fondamental dans l&#8217;amélioration des conditions de vie et les progrès technologiques qu&#8217;elles permettent (notamment dans le domaine des NTIC).  Mais ils ne se laissent pas pour autant volontiers imprégner par la méthode scientifique, l&#8217;esprit scientifique, synonyme de doute, d&#8217;incertitude permanente sur la place de l&#8217;homme dans l&#8217;univers et sur son avenir. </p>

<p align="justify">52.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A cet égard, il faut souligner que le progrès scientifique est de plus en plus souvent dénigré dans les médias et que la science est souvent présentée comme une menace (réchauffement de la planète, risques liés aux OGM, etc.).  On peut aussi relever que la France a donné une valeur constitutionnelle au fameux «&nbsp;principe de précaution&nbsp;», aujourd&#8217;hui contenu dans la Charte de l&#8217;environnement, mais qu&#8217;elle n&#8217;a pas fait du nécessaire développement des sciences un principe fondateur du même ordre&#8230;</p>

<p align="justify">53.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La représentation que les jeunes se font des métiers scientifiques est également inquiétante.  Ceux-ci sont en effet perçus comme dévalorisants.  Les étudiants s&#8217;imaginent qu&#8217;ils offrent peu de diversité, sont coupés de la vie quotidienne, n&#8217;ont que peu d&#8217;utilité sociale, etc.</p>

<p align="justify">54.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La désaffection pour les études scientifiques provient largement d&#8217;une perception erronée des métiers scientifiques, les étudiants étant conditionnés par des idées reçues et le désir de se conformer à un modèle de réussite socio-professionnelle.</p>

<p align="justify">55.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cet enseignement des sondages est alarmant en ce qu&#8217;il peut être analysé comme le signe que, imprégnés par les valeurs de la société de consommation (argent, satisfactions matérielles immédiates, conformisme, etc.), les jeunes, y compris ceux que les sciences intéressent, seront de plus en plus enclins à se détourner de l&#8217;étude des sciences.  Il faut en outre tenir compte du fait que, globalement, plus le niveau de développement économique et industriel d&#8217;un Etat s&#8217;élève, moins les jeunes y sont attirés par des études scientifiques. </p>

<p align="justify">56.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ceci est extrêmement préoccupant car la prospérité économique d&#8217;un pays repose essentiellement sur sa capacité à innover, à développer de nouvelles technologies, à ne pas être dépendant des autres dans le domaine scientifique, et donc à former suffisamment de scientifiques.</p>

<p align="justify"><b>III.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les propositions</b></p>

<p align="justify"><i>Donner aux scientifiques un statut social en adéquation avec l&#8217;importance des sciences pour le devenir des sociétés européennes</i></p>

<p align="justify">57.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cet objectif général pourrait être atteint en mettant en &#339;uvre diverses mesures.  Certaines d&#8217;entre elles ont déjà été préconisées il y a plusieurs années, sans toujours connaître les suites espérées.  Ainsi les experts n&#8217;ont-ils pas été suffisamment entendus en France, où les propositions contenues dans le rapport Ourisson n&#8217;ont souvent pas été suivies d&#8217;effet en dépit de leur caractère très pratique et de la facilité avec laquelle certaines auraient pu être appliquées (comme les mesures consistant à faire intervenir des chercheurs dans les écoles ou à doter les Instituts Universitaires de Formations des Maîtres de salles d&#8217;expérimentation même rudimentaires et qui auraient pu être équipées en utilisant les appareils dont les laboratoires n&#8217;ont plus l&#8217;usage).</p>

<p align="justify">58.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il s&#8217;agit donc de combattre chacune des causes de désaffection qui ont été recensées, ce qui implique notamment&nbsp;:</p>

<p align="justify">-&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; de recourir à des campagnes de publicité pour modifier l&#8217;image de la science et des études scientifiques&nbsp;; </p>

<p align="justify">-&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; de favoriser l&#8217;apprentissage des sciences par l&#8217;expérience, afin de renforcer l&#8217;intérêt que les écoliers leur prêtent&nbsp;;</p>

<p align="justify">-&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; d&#8217;oeuvrer pour la parité dans les sciences, car celles-ci sont encore souvent considérées comme réservées aux hommes, ce qui aggrave la désaffection.</p>

<p align="justify">59.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais cette politique sera vaine si n&#8217;est pas abordée la question centrale des carrières auxquelles conduisent les études scientifiques.  Dans son rapport sur la situation de la France publié en mars 2002, le professeur Ourisson faisait remarquer que «&nbsp;sans une amélioration de leurs carrières, les jeunes ne choisissent pas volontiers une voie plus difficile que d&#8217;autres&nbsp;!&nbsp;».  Un étudiant français titulaire d&#8217;un diplôme scientifique de niveau «&nbsp;bac+5&nbsp;» qui débute une thèse peut en effet s&#8217;estimer heureux s&#8217;il bénéficie d&#8217;une allocation qui équivaut à peu de chose près au salaire minimum légal, ce qui le place au même niveau qu&#8217;un employé titulaire d&#8217;un diplôme de niveau baccalauréat ou «&nbsp;bac+2&nbsp;».  </p>

<p align="justify">60.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La question des rémunérations se révèle essentielle et la lutte contre la désaffection pour les études scientifiques implique de rendre les carrières correspondantes réellement attractives.  </p>

<p align="justify"><i>Renforcer l&#8217;attractivité des carrières scientifiques</i></p>

<p align="justify">61.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La revalorisation des salaires des chercheurs s&#8217;impose mais se heurte dans certains Etats à la rigidité des règles administratives.  En France, il n&#8217;existe pas de rémunérations spécifiques au domaine des sciences&nbsp;: les chercheurs scientifiques et les chercheurs des autres disciplines (histoire, droit, sciences humaines, etc.) sont dans une situation identique sur ce point.  Il n&#8217;est tenu compte ni des particularités des études scientifiques, ni des besoins de l&#8217;économie, ni du contexte général qui conduit une partie des meilleurs étudiants à s&#8217;orienter vers des disciplines où ils sont moins utiles à la société, mais qui leur assurent des conditions d&#8217;existence plus confortables.</p>

<p align="justify">62.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&#8217;augmentation des postes d&#8217;enseignants et de chercheurs dans les matières scientifiques répond en partie à ce problème, mais il faut sans doute envisager des mesures complémentaires, afin que les carrières scientifiques deviennent motivantes non plus seulement d&#8217;un point de vue intellectuel, mais également sur un plan matériel.</p>

<p align="justify">63.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Par ailleurs, les étudiants s&#8217;orienteront plus volontiers vers des métiers difficiles où leurs qualités ne sont pas particulièrement bien rémunérées si des bourses conséquentes leur sont accordées pendant leurs études.  </p>

<p align="justify">64.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ainsi, pour ne citer qu&#8217;un seul exemple, cette remarque faite par le rapport français «&nbsp;Ourisson&nbsp;» peut se transposer à de nombreux pays: «&nbsp;nous ne pouvons pas considérer qu&#8217;il soit très attractif [pour les titulaires d&#8217;un DEA], s&#8217;ils sont parmi les tout meilleurs, de pouvoir obtenir pendant trois ans à peine plus que le SMIC, à Bac+5&nbsp;».</p>

<p align="justify">65.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il n&#8217;est pas possible de recruter les étudiants scientifiques parmi ceux qui ont le plus de capacités dans ce domaine sans leur offrir à la fois une rémunération nettement plus importante durant leurs études et la possibilité d&#8217;accéder tôt, dans le début de leur carrière, à un niveau de revenu sensiblement plus élevé que ce qu&#8217;il est aujourd&#8217;hui.</p>

<p align="justify">66.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Sur ce point, tous les Etats ne sont pas dans une situation identique&nbsp;: certains, comme la France ou les Pays-Bas, font face à de plus grandes difficultés.</p>

<p align="justify"><i>Revaloriser l&#8217;image de la Science et des études scientifiques dans l&#8217;opinion</i></p>

<p align="justify">67.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De multiples initiatives sont proposées et des actions ont déjà été entreprises dans plusieurs Etats.  </p>

<p align="justify">68.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Des campagnes de publicité télévisées peuvent montrer aux jeunes que les études scientifiques débouchent sur des métiers passionnants, qui ne sont pas nécessairement hyper-spécialisés.  Elles peuvent les convaincre que la Science est présente dans la vie quotidienne et n&#8217;est pas une discipline purement théorique, coupée du monde.  </p>

<p align="justify">69.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De même, il doit être possible de modifier l&#8217;image de la Science, en luttant contre les préjugés qui la décrivent comme dépourvue d&#8217;utilité sociale, dangereuse, coupée du monde.  L&#8217;exemple du développement des Nouvelles Technologies de l&#8217;Information et de la Communication, dont les jeunes sont de fervents adeptes, illustre l&#8217;influence décisive &#8211; et favorable - de la Science sur les modes de vie.</p>

<p align="justify">70.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il est d&#8217;ailleurs important d&#8217;utiliser toutes les ressources techniques disponibles pour revaloriser l&#8217;image de la Science.  Il a notamment été préconisé de créer sur la «&nbsp;toile&nbsp;» des portails réservés aux sites de culture scientifique ainsi qu&#8217;aux activités des musées et clubs scientifiques.</p>

<p align="justify">71.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Des programmes dits de «&nbsp;discrimination positive&nbsp;» seraient utiles pour favoriser l&#8217;accès des jeunes filles aux études et carrières scientifiques, en instituant notamment des aides financières spécifiques.</p>

<p align="justify">72.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Des actions ponctuelles comme des festivals scientifiques sont également susceptibles de renforcer l&#8217;attrait de la Science.  Pour ce qui concerne plus particulièrement l&#8217;intérêt que les jeunes éprouvent pour elle, les concours entre collégiens ou lycéens sont un moyen de valoriser la performance scientifique de façon ludique.</p>

<p align="justify"><i>Adapter les enseignements</i></p>

<p align="justify">73.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il s&#8217;agit essentiellement de réformer l&#8217;enseignement des sciences au niveau élémentaire là où il est encore trop éloigné des méthodes fondées sur l&#8217;expérimentation.  Faire acquérir suffisamment tôt aux jeunes l&#8217;expérience des disciplines scientifiques peut les familiariser avec elles et contribuer à éviter la désaffection.</p>

<p align="justify">74.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&#8217;individualisation des formations peut aussi être utile, si elle poursuit un objectif d&#8217;augmentation des heures consacrées aux disciplines scientifiques.  </p>

<p align="justify">75.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De façon plus générale, l&#8217;offre de formation doit être parfois adaptée, en recourant notamment à plus de coopération entre les différentes disciplines scientifiques.</p>

<p align="justify">76.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tous les Etats ne disposant pas de données statistiques régulièrement réactualisées, il paraît important de renforcer les moyens d&#8217;information sur l&#8217;enseignement des sciences et son évolution.</p>

<p align="justify">77.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En conclusion, ces adaptations nécessitent toutes une volonté politique affirmée.  Jusqu&#8217;à présent, les réponses qu&#8217;apportent les gouvernements européens n&#8217;ont pas été déterminantes.  La Science et le développement des études scientifiques ne font pas, à tort, partie des préoccupations essentielles des Etats.  Pourtant, c&#8217;est à eux seuls qu&#8217;il appartient d&#8217;anticiper les besoins à long terme, en compensant les effets de la seule loi du marché du travail, qui fait que les étudiants privilégient certaines filières pour favoriser leur insertion professionnelle.  La recherche fondamentale suppose des investissements à long terme, et même à très long terme, lesquels supposent des décisions politiques.  Un tel engagement des Etats n&#8217;est d&#8217;ailleurs en rien «&nbsp;improductif&nbsp;» à court terme&nbsp;: nombreux sont les exemples de recherches fondamentales ayant permis le développement de technologies nouvelles (notamment dans le secteur des NTIC), technologies qui ont immédiatement des répercutions économiques très favorables. </p>

<p align="justify"><i>Commission chargée du rapport</i>: commission de la culture, de la science et de l&#8217;éducation</p>

<p align="justify"><i> </i></p>

<p align="justify"><i>Renvois à la commission:</i> <a href="/ASP/Doc/RefRedirectFR.asp?Doc=Doc. 10169">Doc. 10169</a>, Renvoi n°  2984&#8211; 2966 of 30/04/2004 </p>

<p align="justify"><i>Projet de recommandation </i>adopté à l&#8217;unanimité par la commission le 17 mai 2006 </p>

<p align="justify"><i>Membres de la commission:</i> M. Jacques <b>Legendre</b> (Président), Baroness <b>Hooper</b>, M. Josef <b>Ja&#345;ab</b>, M. Wolfgang Wodarg, (Vice-Présidents), M. Hans Ager, M. Toomas Alatalu (remplaçante: Ms Katrin <b>Saks</b>), M. Emerenzio Barbieri, M. Rony Bargetze, Mme Marie-Louise Bemelmans-Videc, M. Radu-Mircea <b>Berceanu</b>, M. Levan Berdzenishvili, M. Italo Bocchino, M. Bo&#382;idar Bojovi&#263;, M. Ioannis Bougas, Mme Anne <b>Brasseur</b>, M. Osman Co&#351;kuno&#287;lu, M. Vlad Cubreacov, Mme Maria Damanaki, M. Joseph Debono Grech, M. Stepan Demirchyan, M. Ferdinand Devinski, Mme Kaarina <b>Dromberg</b> (remplaçante&nbsp;: Mme Sinikka <b>Hurskainen)</b>, Mme Åse Gunhild Woie <b>Duesund</b>, M. Detlef Dzembritzki, Mme Anke Eymer, M. Relu Fenechiu, Mme&nbsp;Blanca Fernández-Capel, Mme Maria Emelina Fernández-Soriano, M. Axel Fischer, M. José <b>Freire Antunes</b>, M. Ian Gibson (remplaçant&nbsp;: Lord <b>Russell-Johnston</b>), M. Eamon Gilmore, M. Stefan Gl&#462;van, M. Luc Goutry, M. Vladimir Grachev, M. Andreas Gross, M. Kristinn H. Gunnarson, Mme Azra Had&#382;iahmetovi&#263;, M. Jean-Pol Henry, M. Rafael <b>Huseynov</b>, M. Raffaele Iannuzzi, Mme Halide &#304;ncekara, M. Lachezar Ivanov, M. Igor Ivanovski, M. József Kozma, M. Jean-Pierre Kucheida, M. Guy <b>Lengagne</b>, Mme Jagoda Majska-Martin&#269;evi&#263;, M. Tomasz <b>Markowski</b>, M. Bernard Marquet, M. Andrew McIntosh (remplaçante: Baroness <b>Taylor</b>), M. Ivan Melnikov (remplaçant: M. Alexander <b>Fomenko)</b>, Mme Maria Manuela de Melo, M. Paskal Milo, Mme Fausta Morganti, Mme&nbsp;Christine Muttonen, Mme Miroslava N&#277;mcová,<b> </b>M. Jakob-Axel Nielsen (remplaçante: Ms Hanne <b>Severinsen</b>),<b> </b>M. Edward <b>O&#8217;Hara</b>, M. Andrey Pantev, Mme Antigoni Pericleous Papadopoulos, Mme Majda Potrata, M. Lluis Maria <b>de Puig</b>, M. Anatoliy Rakhansky, M. Johannes <b>Randegger</b>, M. Zbigniew Rau, M. Zoltán Rockenbauer, Mme Anta Rug&#257;te, M. Piero Ruzzante, M. Volodymyr Rybak, M. Pär-Axel Sahlberg, M. André Schneider, M. Vitaliy <b>Shybko</b>, M.&nbsp;Yury Solonin (remplaçant: M. Anatoliy <b>Korobeynikov)</b>, M. Ninoslav Stojadinovi&#263; (remplaçant: M. Branko <b>Ru&#382;i&#263;)</b>, M. Valeriy Sudarenkov, M. Mehmet <b>Tekelio&#287;lu</b>, M. Ed van Thijn, M. Piotr Wach, Mme Majléne Westerlund Panke, M. Emanuelis <b>Zingeris</b>.</p>

<p align="justify">N.B. Les noms des membres présents à la réunion figurent en gras</p>

<p align="justify">Chef du Secrétariat: M. Christopher Grayson</p>

<p align="justify">Secrétaires de la Commission&nbsp;: MM. Ary, Dossow</p>
<hr align="left" size="1" width="200" noshade><!-- TRANSIT - INFOAFTER -->
</body>
</html>
