<html>

<head>
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<title>Protection des droits des minorit&#233;s</title>
<!-- File .htm -->
</head>

<body bgcolor="#FFFFFF">

<p style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font face="Times New Roman"><img border="0" src="../../AdoptedText/images/logotran.gif" width="311" height="162"></font>
<hr>
<blockquote>
<p><b><span style="font-size: 20.0pt; letter-spacing: -.1pt">Rapport</span><font face="Times New Roman" size="5"><sup>
</sup></font></b><font face="Times New Roman" size="5"><sup><a href="#Footnote1" name="Footref1">[1]</a></sup><b>
 </b></font><b>
<span style="font-size: 20.0pt; letter-spacing: -.1pt">
sur la protection des droits des minorités</span></b></p>
<p align="left" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">&nbsp;</p>
	<p style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><b><font face="Times New Roman">Doc.
	7572</font></b>
<p align="left" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font face="Times New Roman">5
juin 1996</font>
  </p>
<p align="left" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">&nbsp;</p>
<p align="left" style="text-align: left; margin-right: -1.45pt" class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-weight: bold"><b>Rapport</b></span></p>
  <p align="left" style="text-align: left; margin-right: -1.45pt" class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-weight: bold">Rapporteur:
M. BINDIG, Allemagne, Groupe socialiste</span></p>
</blockquote>
<p align="center" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">&nbsp;</p>
<hr>
<blockquote>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><i>Résumé</i></font></p>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L'efficacité
de la protection offerte par la récente Convention-Cadre du Conseil de l'Europe
pour la protection des minorités nationales repose, pour l'essentiel, sur son
mécanisme de mise en œuvre, et plus particulièrement sur le comité
consultatif qui doit être créé, conformément à ses dispositions. Le rapport
souhaite que ce comité consultatif soit aussi indépendant, efficace et
transparent que possible, et formule un certain nombre de propositions au
Comité des Ministres à cet effet.</font></p>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L'Assemblée
n'en continue pas moins à souscrire pleinement à ses précédentes
recommandations, en particulier sa Recommandation 1201 (1993), dans laquelle
elle propose un protocole additionnel à la Convention européenne des Droits de
l'Homme relatif à la protection des droits des personnes appartenant à des
minorités nationales. L'avis de la Commission européenne pour la démocratie
par le droit (&quot;Commission de Venise&quot;) sur l'interprétation de
l'article 11 du projet de protocole figurant dans la Recommandation 1201 (1993)
doit être considéré comme un document de référence d'une importance
capitale pour l'interprétation dudit projet.</font></p>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Un
autre avis de la Commission de Venise concerne la proposition d'introduire un
noyau dur de droits, sélectionnés parmi les droits accordés par la Charte
européenne des langues régionales ou minoritaires. Des recherches
supplémentaires sur la question devront être interrompues dans l'immédiat, en
attendant de nouvelles ratifications de la Charte et son entrée en vigueur
imminente.</font></p>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>I.
Projet de recommandation <i><a href="../../AdoptedText/TA96/FREC1300.HTM">[lien vers le
texte adopté]</a></i></b></font>
<ol>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">L'Assemblée
		se réfère aux textes qu'elle a consacrés antérieurement à la
		protection des minorités nationales et de leurs droits, notamment à la
		Recommandation 1285 (1996) et&nbsp;à la Directive n°&nbsp;513 (1996),
		adoptées le 23&nbsp;janvier&nbsp;1996.</font></li>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Elle
		continue à souscrire pleinement à sa Recommandation 1201 (1993) et au
		projet de protocole additionnel à la Convention européenne de
		sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, relatif
		aux personnes appartenant à des minorités nationales, qui fait partie
		intégrante de ladite recommandation.</font></li>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">La
		présente recommandation porte sur quelques-uns des&nbsp;aspects des
		droits des minorités évoqués dans la
		Directive&nbsp;n°&nbsp;513&nbsp;(1996). Les autres pourraient faire
		l'objet d'une recommandation ou d'une résolution ultérieures de
		l'Assemblée.</font></li>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">L'Assemblée
		prend note de l'information qui lui a été transmise dans la réponse
		intérimaire à sa Recommandation 1285 (1996), par laquelle le Comité
		des Ministres a appelé son attention sur le fait qu'il a décidé de
		&quot;poursuivre sa réflexion sur la possibilité de continuer à
		établir des normes dans le domaine de la culture comme dans celui de la
		protection des minorités nationales, en tenant compte de la
		Déclaration adoptée au Sommet de Vienne&quot;. Cependant, l'Assemblée
		réitère la position qu'elle a exprimée dans sa Recommandation 1285
		(1996) et espère fortement que les travaux sur un protocole additionnel
		à la Convention européenne des Droits de l'Homme reprendront bientôt.</font></li>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">L'Assemblée
		a reçu l'avis de la Commission européenne pour la démocratie par le
		droit («Commission de Venise») concernant l'interprétation de
		l'article 11 du projet de protocole à la Convention européenne des
		Droits de l'Homme annexé à sa Recommandation 1201 (1993). Cet avis
		constitue, pour elle, un document de référence des plus importants
		pour l'interprétation du projet de protocole.</font></li>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Elle
		a également reçu l'avis de la Commission de Venise sur la Charte
		européenne des langues régionales ou minoritaires. Cet avis concerne
		la suggestion de certains membres de l'Assemblée de définir parmi les
		dispositions de la Charte un noyau dur de droits auquel devraient
		souscrire tous les États contractants. L'idée qui sous-tendait cette
		proposition était d'accroître les possibilités d'harmonisation
		offertes par la Charte et d'améliorer les chances de voir les États
		membres du Conseil de l'Europe la ratifier en plus grand nombre.</font></li>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Il
		est bon de rappeler que la Charte est ouverte à la signature et à la
		ratification depuis 1992, et doit avoir été ratifiée par cinq pays au
		minimum pour entrer en vigueur. Pour le moment, elle l'a été par la
		Finlande, la Hongrie, la Norvège et les Pays-Bas.</font></li>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">La
		Commission de Venise estime, dans son avis, que le concept d'un noyau
		dur est étranger à l'esprit et au système de fonctionnement de la
		Charte, laquelle est déjà dotée d'un «noyau dur» de principes
		(partie II) qui garantit l'efficacité de la protection qu'elle accorde.
		En tout état de cause, les dispositions de la partie III, en raison de
		leur libellé et de la façon détaillée dont elles réglementent la
		matière, ne se prêtent que difficilement à la détermination d'un
		noyau dur susceptible d'être accepté par l'ensemble des États
		contractants. De surcroît, un noyau dur des droits linguistiques peut
		être déduit des obligations prévues par la Convention-cadre du
		Conseil de l'Europe pour la protection des minorités nationales, et
		notamment de ses articles 5.1, 6, 9.1, 10-14 et 17.</font></li>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Se
		fondant sur l'avis de la Commission de Venise, l'Assemblée considère
		aujourd'hui qu'il est préférable d'attendre de nouvelles ratifications
		et l'entrée en vigueur de la Charte, et que, dans l'immédiat, l'idée
		de définir un «noyau dur» de droits parmi les dispositions de la
		charte ne doit pas être retenue.</font></li>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">La
		Convention-cadre du Conseil de l'Europe pour la protection des
		minorités nationales a été ouverte à la signature et à la
		ratification des États membres du Conseil de l'Europe le 1<em sup>er</em>&nbsp;février
		1995. Elle a été ratifiée par la Hongrie, par la Roumanie, par la
		Slovaquie et par l'Espagne et signée par les pays suivants: Albanie,
		Autriche, Chypre, République tchèque, Danemark, Estonie, Finlande,
		Allemagne, Islande, Irlande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie,
		Luxembourg, Malte, Moldova, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Portugal,
		Saint-Marin, Slovénie, Suède, Suisse, Ukraine et Royaume-Uni.</font></li>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">L'efficacité
		de la protection offerte par la Convention-cadre dépendra largement de
		la mise en œuvre du mécanisme prévu pour assurer le respect de ses
		dispositions.</font></li>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">En
		effet, il est précisé dans son article 26 que:<br>
		«Lorsqu'il évalue l'adéquation des mesures prises par une partie pour
		donner effet aux principes énoncés par la présente convention-cadre,
		le Comité des Ministres se fait assister par un comité consultatif
		dont les membres possèdent une compétence reconnue dans le domaine de
		la protection des minorités nationales. La composition de ce comité
		consultatif ainsi que ses procédures sont fixées par le Comité des
		Ministres dans un délai d'un an à compter de l'entrée en vigueur de
		la présente convention-cadre.»</font></li>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">L'Assemblée
		a été informée que le Comité des Ministres avait donné instruction
		en janvier 1996 d'entamer les travaux relatifs au mécanisme de mise en
		œuvre de la convention-cadre à la fin du mois de juin 1996.</font></li>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">C'est
		pourquoi l'Assemblée souhaite formuler diverses propositions,
		concernant le comité consultatif, qui visent à compléter et, le cas
		échéant, à remplacer celles faites dans sa Recommandation 1285
		(1996).</font></li>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Ainsi,
		l'Assemblée recommande au Comité des Ministres de veiller à ce que le
		comité consultatif qui doit être créé dès l'entrée en vigueur de
		la Convention-cadre soit aussi indépendant, efficace et transparent que
		possible, en appliquant les principes ci-après:</font></li>
</ol>
<blockquote>
	<ol type="i">
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">le
			comité consultatif devra être constitué de douze à vingt
			experts. Il ne peut comprendre plus d'un ressortissant d'un même
			État. La durée du mandat sera de six&nbsp;ans, sans possibilité
			de réélection;</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">les
			membres du comité devront posséder une «compétence reconnue dans
			le domaine de la protection des minorités nationales», comme il
			est demandé dans la convention, alliée à de hautes qualités
			morales et à la sagesse politique. Ils devront représenter un
			équilibre professionnel et culturel;</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">l'élection
			du comité devra être conçue selon le modèle de celles
			organisées pour la constitution de la Commission européenne des
			Droits de l'Homme et du Comité européen pour la prévention de la
			torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants;</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">les
			membres du comité devront siéger à titre individuel et ne pas
			exercer de fonctions qui soient incompatibles avec leur
			indépendance et leur impartialité ou avec les exigences de leur
			charge;</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">le
			comité devrait être libre d'établir son règlement intérieur et
			de définir le mode d'organisation de ses travaux;</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">il
			devrait être autorisé à tirer ses informations d'un large
			éventail de sources et à agir de sa propre initiative;</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">il
			devrait avoir la possibilité d'instaurer un dialogue avec le
			gouvernement de la Partie contractante en cause et d'organiser des
			auditions avec des minorités nationales et des organisations non
			gouvernementales;</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">les
			débats du comité doivent se dérouler dans la plus grande
			transparence qui soit possible, mais rien n'oblige à ce qu'ils
			soient toujours publics;</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">les
			rapports et les recommandations du comité devraient être
			communiqués au Comité des Ministres qui, lorsqu'il évalue
			l'adéquation des mesures prises par la Partie en cause, devra
			normalement les lui transmettre directement, sans autre commentaire.
			Dans certains cas exceptionnels, c'est-à-dire lorsque le comité
			consultatif aura attiré l'attention du Comité des Ministres sur
			une violation de la Convention, ce dernier devra tenir un débat sur
			la question, dont les conclusions seront également communiquées à
			la partie en cause;</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">la
			publication de ces rapports et recommandations se fera au moment de
			leur transmission par le Comité des Ministres à l'État concerné;</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">le
			Comité des Ministres est invité à accorder au comité consultatif
			les ressources financières et humaines dont il a besoin.</font></li>
	</ol>
</blockquote>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>II.
Exposé des motifs par M. BINDIG</b></font>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>A.
Introduction</b></font></p>
<ol>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">L'Assemblée
		a adopté récemment . en janvier 1996 . la
		Recommandation&nbsp;1285&nbsp;(1996) et la Directive n°&nbsp;513
		(1996), deux textes importants sur les droits des minorités nationales.
		Certains membres de l'Assemblée pourraient donc s'interroger sur
		l'utilité d'un nouveau rapport et d'un autre débat sur cette question.
		L'Assemblée, cependant, a souligné à plusieurs occasions l'importance
		fondamentale que revêt à ses yeux une protection efficace des droits
		des minorités nationales en Europe. Si l'on veut obtenir des résultats
		concrets, il faut suivre la situation de près et en permanence, et user
		de toute la force dont on dispose pour influer sur son évolution.</font></li>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Deux
		autres raisons sont à l'origine du présent rapport: la première est
		l'adoption de deux avis importants de la Commission européenne pour la
		démocratie par le droit («Commission de Venise»), qui doivent être
		portés à l'attention de l'Assemblée; la deuxième répond à des
		considérations d'urgence, le présent document présentant des
		propositions concrètes concernant le mécanisme de mise en œuvre de la
		Convention-cadre du Conseil de l'Europe pour la protection des minorités,
		sur lequel les travaux vont s'engager bientôt.</font></li>
</ol>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>B.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Interprétation
de l'article 11 du projet de protocole à la Convention européenne des Droits
de l'Homme annexé à la Recommandation 1201 (1993)</b></font></p>
<ol start="3">
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Il
		est à rappeler que la Recommandation 1201 (1993) intègre le texte
		d'une proposition de protocole additionnel à la Convention de
		sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales
		concernant les personnes appartenant à des minorités nationales. L'Assemblée
		avait espéré que le Comité des Ministres utiliserait ce projet de
		protocole comme base pour ses propres travaux. Or, les chefs d'État et
		de gouvernement des États membres du Conseil de l'Europe, lors du
		Sommet de Vienne du 9 octobre 1993, ont décidé de ne pas retenir cette
		proposition et chargé le Comité des Ministres:</font></li>
</ol>
<blockquote>
	<ul>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">«de
			rédiger à bref délai une convention-cadre précisant les
			principes que les États contractants s'engagent à respecter pour
			assurer la protection des minorités nationales. Cet instrument
			serait ouvert également à la signature des États non membres;</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">d'engager
			les travaux de rédaction d'un protocole complétant la Convention
			européenne des Droits de l'Homme dans le domaine culturel par des
			dispositions garantissant des droits individuels, notamment pour les
			personnes appartenant à des minorités nationales.»</font></li>
	</ul>
</blockquote>
<ol start="4">
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">L'Assemblée,
		dans sa Recommandation 1231 (1994), «regrette profondément» que le
		sommet n'ait pas retenu sa proposition de protocole additionnel. Elle a
		cependant décidé que, durant les travaux entrepris sous la
		responsabilité du Comité des Ministres par le Comité <i>ad hoc</i>
		pour la protection des minorités nationales (CAHMIN), elle continuerait
		à considérer le projet de protocole de sa Recommandation 1201 (1993)
		comme un texte de référence, sur lequel elle demandait que les États
		membres appuient leur législation et leur politique en matière de
		minorités. C'est ainsi que depuis 1993, le respect des principes de ce
		protocole figure parmi les «engagements» mentionnés dans les avis de
		l'Assemblée sur l'adhésion de nouveaux États au Conseil de l'Europe <a href="#Footnote2" name="Footref2">[2]</a>.
		Les rapporteurs chargés de suivre la situation dans certains des
		nouveaux États membres après leur entrée au Conseil de l'Europe,
		conformément aux Directives n°<em sup>s</em> 488 (1993) et
		508&nbsp;(1995), ont aussi insisté sur l'application des principes de
		ce texte. Dans le Traité sur les rapports de bon voisinage et la
		coopération amicale entre la Hongrie et la Slovaquie, les deux Parties
		contractantes sont convenues d'&quot;ériger en obligations juridiques
		les normes et les engagements politiques fixés dans les documents
		ci-dessous: (...)</font></li>
</ol>
<blockquote>
	<ul>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">la
			Recommandation 1201 (1993) de l'Assemblée parlementaire du Conseil
			de l'Europe, dans le respect des droits individuels de l'homme et
			des droits civils, y compris ceux des personnes appartenant à une
			minorité nationale&quot;.</font></li>
	</ul>
</blockquote>
<ol start="5">
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Malheureusement,
		la Recommandation 1201 (1993) est devenue une pierre d'achoppement
		majeure dans la conclusion d'un traité d'amitié du même type entre la
		Hongrie et la Roumanie. Le problème vient essentiellement de l'article
		11 du projet de protocole, qui se lit comme suit:<br>
		« Dans les régions où elles sont majoritaires, les personnes
		appartenant à une minorité nationale ont le droit de disposer
		d'administrations locales ou autonomes appropriées, ou d'un statut
		spécial, correspondant à la situation historique et territoriale
		spécifique, et conformes à la législation nationale de l'État.»</font>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">La
		commission des questions juridiques et des droits de l'homme, plutôt
		que d'essayer de l'expliquer elle-même, a décidé de solliciter l'avis
		de la Commission de Venise sur l'article&nbsp;11, ainsi que sur d'autres
		dispositions controversées de la Recommandation&nbsp;1201&nbsp;(1993).</font></li>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">L'une
		des notions qui pose problème dans cet article&nbsp;est celle
		«d'autorités autonomes appropriées». Cette expression, en effet, a
		un sens très général, puisqu'elle va du concept de
		quasi-indépendance à celui de pré-autonomie. La référence à la
		Charte de l'autonomie locale contenue dans l'avis de la Commission de
		Venise paraît très judicieuse, et la commission des questions
		juridiques et des droits de l'homme, qui a examiné cet avis de près à
		sa réunion du 3&nbsp;avril&nbsp;1996, a recommandé de le considérer
		comme un document de référence clé. L'interprétation qu'il donne de
		la Recommandation&nbsp;1201&nbsp;(1993) gomme certaines des illusions ou
		des craintes injustifiées que le texte avait fait naître.</font></li>
</ol>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>C.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Détermination
d'un «noyau dur» de droits dans la Charte européenne des langues régionales
ou minoritaires</b></font></p>
<ol start="8">
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">La
		Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, élaborée
		par le Comité des Ministres à la demande de la Conférence des
		pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe d'abord, de l'Assemblée
		parlementaire ensuite, a été ouverte à la signature et à la
		ratification en 1992. Malgré ce laps de temps de quatre&nbsp;années,
		elle doit encore être ratifiée par deux&nbsp;pays, puisqu'il en faut
		cinq pour qu'elle entre en vigueur, et que seules la Finlande, la
		Hongrie, la Norvège et les Pays-Bas l'ont fait jusqu'à présent. A
		cette situation, déjà préoccupante en soi, il faut ajouter le fait
		que chaque État contractant doit déterminer les langues minoritaires
		auxquelles la charte s'appliquera et choisir parmi les dispositions de
		la charte celles qui s'appliqueront à ces langues, liberté étant
		laissée aux parties, dans certaines limites, de décider des
		dispositions applicables à chacune des langues parlées sur leur
		territoire. Nombre des dispositions de la charte, en outre, offrent un
		éventail d'options plus ou moins exigeantes, entre lesquelles il faut
		choisir en fonction de la situation de chaque langue. Ce n'est que dans
		la partie II de la charte que quelques principes d'application
		générale sont énoncés.</font>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Étant
		donné l'état insatisfaisant des ratifications de la charte, la
		commission des questions juridiques et des droits de l'homme, et
		l'Assemblée elle-même (voir paragraphe&nbsp;4 de la Recommandation
		1285 (1996)), ont cherché comment réactiver cet important instrument
		du Conseil de l'Europe, dont l'un des objectifs est d'assurer une
		certaine harmonisation et un niveau de protection minimum des langues
		régionales ou minoritaires sur le continent européen. D'où la
		proposition de définir, parmi les dispositions de la charte, un noyau
		dur de droits qui devrait être accepté par chaque Partie contractante
		pour les langues régionales ou minoritaires qu'elle désigne. Ce noyau
		dur, bien entendu, ne ferait pas partie intégrante de la convention,
		qui doit demeurer inchangée, mais pourrait être proposé sous forme
		d'une recommandation aux (futures) Parties contractantes.</font></li>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Avant
		de formuler des propositions concrètes sur ce point, la commission des
		questions juridiques et des droits de l'homme a décidé de consulter la
		Commission de Venise. Celle-ci a déclaré, dans la conclusion de son
		avis dont le texte intégral est joint au présent rapport, que le
		concept d'un noyau dur était étranger à l'esprit et au système de
		fonctionnement de la charte, déjà dotée d'un «noyau dur» de
		principes (partie II) qui garantit l'efficacité de la protection
		qu'elle accorde. La Commission de Venise a également estimé que les
		dispositions de la partie III, en raison de leur libellé et de la
		façon détaillée dont elles réglementent la matière, ne se
		prêtaient guère à la détermination d'un noyau dur susceptible
		d'être accepté par toutes les Parties contractantes. En outre,
		toujours selon l'avis de la Commission de Venise, un noyau dur de droits
		linguistiques peut être déduit des obligations prévues par la
		Convention-cadre pour la protection des minorités nationales, notamment
		dans ses articles 5.1, 6, 9.1, 10-14 et 17. L'efficacité de la
		protection accordée par cette convention, est-il ajouté, dépendra
		largement de la mise en œuvre du mécanisme permettant d'assurer le
		respect de ses dispositions.</font></li>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
		mécanisme de mise en œuvre de la convention-cadre fait l'objet du
		chapitre suivant.</font></li>
</ol>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>D.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le
mécanisme de mise en œuvre de la Convention-cadre du Conseil de l'Europe pour
la protection des minorités nationales</b></font></p>
<ol start="12">
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">La
		Convention-cadre pour la protection des minorités nationales est l'un
		des résultats concrets du Sommet de Vienne d'octobre 1993. Adoptée
		dans sa forme définitive à la réunion ministérielle du 10 novembre
		1994, elle est ouverte à la signature depuis le 1<em sup>er</em>
		février 1995. Elle a été signée par trente-deux États membres, mais
		ratifiée par seulement quatre d'entre eux (Hongrie, Roumanie, Slovaquie
		et Espagne), alors que douze&nbsp;ratifications sont requises pour
		qu'elle entre en vigueur. On a toutefois l'espoir que ce nombre élevé
		de ratifications (un record au Conseil de l'Europe) sera bientôt
		atteint et que la convention sera opérationnelle d'ici un ou deux ans.</font></li>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Dans
		sa Recommandation 1255 (1995), l'Assemblée estime que la convention
		souffre d'imprécision et énonce un certain nombre d'objectifs et de
		principes mal définis, dont le respect constitue une obligation pour
		les Parties contractantes, mais pas un droit que les individus peuvent
		faire jouer. Elle juge insuffisant le dispositif de mise en œuvre et
		craint que la procédure de contrôle ne soit laissée entièrement
		entre les mains des États, ce qui serait dangereux.</font>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">A
		cet égard, on ne peut que souscrire à la dernière phrase de l'avis de
		la Commission de Venise, mentionnée dans le chapitre précédent, selon
		laquelle «l'efficacité de la protection que [la convention-cadre]
		accorde dépendra largement de la mise en œuvre du mécanisme
		permettant d'assurer le respect de ses dispositions».</font></li>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Ce
		mécanisme de mise en œuvre est décrit dans les articles 24 à 26 de
		la convention-cadre, reproduits ci-après:</font></li>
</ol>
<blockquote>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">«<i>Article
	24</i></font></p>
	<ol>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
			Comité des Ministres du Conseil de l'Europe est chargé de veiller
			à la mise en œuvre de la présente convention-cadre par les
			Parties contractantes.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Les
			parties qui ne sont pas membres du Conseil de l'Europe participeront
			au mécanisme de mise en œuvre selon des modalités à déterminer.</font></li>
	</ol>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><i>Article
	25</i></font></p>
	<ol>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Dans
			un délai d'un an à compter de l'entrée en vigueur de la présente
			convention-cadre à l'égard d'une Partie contractante, cette
			dernière transmet au Secrétaire Général du Conseil de l'Europe
			des informations complètes sur les mesures législatives et autres
			qu'elle aura prises pour donner effet aux principes énoncés dans
			la présente convention-cadre.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Ultérieurement,
			chaque partie transmettra au Secrétaire Général, périodiquement
			et chaque fois que le Comité des Ministres en fera la demande,
			toute autre information relevant de la mise en œuvre de la présente
			convention-cadre.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
			Secrétaire Général transmet au Comité des Ministres toute
			information communiquée conformément aux dispositions du présent
			article.</font></li>
	</ol>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><i>Article
	26</i></font></p>
	<ol>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Lorsqu'il
			évalue l'adéquation des mesures prises par une partie pour donner
			effet aux principes énoncés par la présente convention-cadre, le
			Comité des Ministres se fait assister par un comité consultatif
			dont les membres possèdent une compétence reconnue dans le domaine
			de la protection des minorités nationales.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">La
			composition de ce comité consultatif ainsi que ses procédures sont
			fixées par le Comité des Ministres dans un délai d'un an à
			compter de l'entrée en vigueur de la présente convention-cadre.»</font></li>
	</ol>
</blockquote>
<ol start="16">
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
		3 avril 1996, le Comité des Ministres a adopté une réponse
		intérimaire aux Recommandations 1255 (1995) et 1285 (1996). Selon les
		termes de cette réponse, les Délégués des Ministres ont convenu
		d'entreprendre l'activité relative au mécanisme de mise en œuvre de
		la convention-cadre conformément à la procédure suivante:</font></li>
</ol>
<blockquote>
	<ol>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">«
			charger le comité <i>ad hoc</i> d'experts sur le mécanisme de mise
			en œuvre de la Convention-cadre pour la protection des minorités
			nationales (CAHMEC) d'éclaircir les questions pertinentes et
			d'identifier les options possibles dans les limites des articles 24
			à 26 de la convention-cadre;</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">établir
			un comité <i>ad hoc</i> des Délégués ouvert à tous et
			bénéficiant de l'assistance et de la participation d'experts, en
			vue d'identifier et d'arrêter les grandes lignes du mécanisme de
			mise en œuvre, sur la base du rapport de la réunion du CAHMEC;</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">charger
			le CAHMEC de rédiger dans un délai convenu, sur la base des
			décisions prises par le comité <i>ad hoc</i> des Délégués, les
			règlements et procédures nécessaires, pour permettre au Comité
			des Ministres de satisfaire aux exigences des articles 24 à 26 de
			la convention-cadre;</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">prendre
			des décisions définitives sur le mécanisme de mise en œuvre de
			la convention-cadre.»</font></li>
	</ol>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Parallèlement
	à cela, la commission des questions juridiques et des droits de l'homme a
	été informée que le nouveau comité <i>ad hoc</i> d'experts tiendrait sa
	première&nbsp;réunion fin juin et que le Comité des Ministres comptait
	achever ses travaux avant la fin de l'année. Si l'Assemblée voulait
	apporter une contribution utile en cette matière, elle n'avait donc pas de
	temps à perdre.</font></p>
</blockquote>
<ol start="17">
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">En
		effet, sans attendre la réponse du Comité des Ministres, la commission
		des questions juridiques et des droits de l'homme a convoqué une
		réunion spéciale de sa sous-commission des droits de l'homme le 2
		avril 1996, à Paris, pour examiner le mécanisme de mise en œuvre de
		la convention-cadre. Cette réunion a rassemblé un grand nombre de
		membres de la sous-commission et d'experts. Quelques diplomates y ont
		également participé, à notre satisfaction, bien que l'invitation
		officielle adressée au Comité des Ministres par le Président de
		l'Assemblée soit restée sans réponse. A l'heure où je rédige le
		présent rapport, le procès-verbal de cette réunion n'est pas encore
		disponible, mais je compte proposer à la sous-commission de le rendre
		public dès qu'il aura été approuvé afin que toutes les parties
		prenantes à l'élaboration du mécanisme de mise en œuvre puissent en
		tirer profit.</font></li>
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Les
		deux rapports d'experts établis par M. Gudmundur Alfredsson et par
		M.&nbsp;Alan&nbsp;Phillips ont été rendus publics et sont joints en
		annexe. Ces rapports et les discussions de la sous-commission ont permis
		à la commission des questions juridiques et des droits de l'homme de
		présenter au Comité des Ministres des propositions concrètes
		concernant la composition et les méthodes de travail du comité
		consultatif prévu à l'article&nbsp;26. L'Assemblée a déjà insisté,
		dans sa Recommandation 1285 (1996) sur les nécessaires qualités
		d'indépendance, d'efficacité et de transparence que devra posséder ce
		comité, et pourrait être amenée à réitérer ce point de vue. Le
		projet de résolution contenu dans le présent rapport contient donc un
		certain nombre de propositions concrètes concernant les principes à
		appliquer à cet égard.</font></li>
</ol>
<hr>
<blockquote>
	<p align="center" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><center><b>ANNEXE
	I</b></center></font>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">12
	avril 1996</font></p>
	<div align="right">
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><b><font size="3" face="Times New Roman">Doc.
		7519</font></b>
	</div>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">&nbsp;
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><center><b>COMMUNICATION
	DU COMITÉ DES MINISTRES</b></center></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">&nbsp;</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><center><b>Réponse
	intérimaire</b></center></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><center><b>à
	la Recommandation 1255 (1995)<br>
	relative à la protection des droits des minorités nationales</b></center></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><center><b>et
	à la Recommandation 1285 (1996)<br>
	relative aux droits des minorités nationales</b></center></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">&nbsp;</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b><center>(adoptée
	par le Comité des Ministres le 3 avril 1996<br>
	lors de la 562e réunion des Délégués des Ministres)</center></b></font></p>
</blockquote>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
Comité des Ministres a pris note des Recommandations 1255 (1995) et 1285 (1996)
et se félicite de l'intérêt permanent manifesté par l'Assemblée pour tout
ce qui a trait à la protection des minorités nationales.</font></p>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
Comité des Ministres se félicite en particulier du soutien exprimé par
l'Assemblée pour la signature et la ratification les plus larges possibles de
la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, de la
Convention-cadre pour la protection des minorités nationales et de la Charte
européenne de l'autonomie locale, ainsi que pour la prochaine entrée en
vigueur des deux premiers instruments.</font></p>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">En
ce qui concerne la proposition de l'Assemblée tendant à l'établissement d'un
protocole qui porterait amendement du troisième instrument pour permettre à
des États non membres d'adhérer à celui-ci, le Comité des Ministres informe
l'Assemblée qu'il a sollicité le point de vue à cet égard du Comité
directeur des autorités locales et régionales (CDLR). Il informera
l'Assemblée du suivi envisagé dès qu'il aura reçu communication de l'avis du
CDLR.</font></p>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
Comité des Ministres a pris note des points de vue exprimés par l'Assemblée
en ce qui concerne le Comité consultatif mentionné à l'article 26, paragraphe
1 de la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales. Il
informe l'Assemblée qu'à leur 560<em sup>e</em> réunion, les Délégués des
Ministres ont convenu d'entreprendre l'activité relative au mécanisme de mise
en œuvre prévu aux articles 24 à 26 de la Convention-cadre pour la protection
des minorités nationales, et ce conformément à la procédure suivante:</font>
<blockquote>
	<ol>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">charger
			le Comité ad hoc d'experts sur le mécanisme de mise en oeuvre de
			la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales
			(CAHMEC) d'éclaircir les questions pertinentes et d'identifier les
			options possibles dans les limites des articles 24 à 26 de la
			Convention-cadre;</li>
			<li>
				<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">établir
				un comité ad hoc des Délégués ouvert à tous et
				bénéficiant de l'assistance et de la participation d'experts,
				en vue d'identifier et d'arrêter les grandes lignes du
				mécanisme de mise en œuvre, sur la base du rapport de la réunion
				du CAHMEC;</font></li>
			<li>
				<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">charger
				le CAHMEC de rédiger dans un délai convenu, sur la base des
				décisions prises par le comité ad hoc des Délégués, les
				règlements et procédures nécessaires, pour permettre au
				Comité des Ministres de satisfaire aux exigences des articles
				24 à 26 de la Convention-cadre;</li>
			<li>
				<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">prendre
				des décisions définitives sur le mécanisme de mise en œuvre
				de la Convention-cadre.</li>
		</ol>
	</blockquote>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">Il
	a été convenu, en outre, que l'objectif à atteindre était de boucler les
	deux premières étapes d'ici la date prévue de l'entrée en vigueur de la
	Convention-cadre. Dans ce contexte, on s'attend à ce que le nombre de
	ratifications nécessaire à l'entrée en vigueur de la Convention-cadre
	soit atteint dans le courant de l'année.</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">Le
	Comité des Ministres insiste sur le fait que l'Assemblée parlementaire
	pourra se tenir parfaitement au courant des travaux du CAHMEC, puisqu'elle
	peut désigner un représentant au sein de cet organe.</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">En
	ce qui concerne la rédaction d'un protocole qui viendrait compléter la
	Convention européenne des Droits de l'Homme dans le domaine culturel par
	des dispositions garantissant certains droits, en particulier ceux des
	personnes appartenant à des minorités nationales, le Comité des Ministres
	renvoie à la décision prise lors de la 554<em sup>e</em> réunion des
	Délégués des Ministres. Cette décision, à laquelle on est parvenu
	après un débat exhaustif, était de suspendre les travaux du Comité ad
	hoc pour la protection des minorités nationales (CAHMIN) en ce qui concerne
	la question, les documents de travail de cet organe étant dépouillés de
	leur caractère confidentiel et mis à la disposition des milieux
	intéressés. Toutefois, le Comité des Ministres attire l'attention de
	l'Assemblée sur le fait qu'il a décidé également de poursuivre sa
	réflexion sur la possibilité de continuer à établir des normes dans le
	domaine de la culture comme dans celui de la protection des minorités
	nationales, en tenant compte de la Déclaration adoptée au Sommet de
	Vienne. Le Comité des Ministres informera l'Assemblée en temps utile de
	l'issue de ces travaux.</p>
	<hr>
</font><font size="3" face="Times New Roman">
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><center><b>ANNEXE
II</b></center>Strasbourg, le 2 avril 1996</p>
<div align="right">
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">AS/Jur/DH
	(1996) 2 rév</font>
</div>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">&nbsp;
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b><center>COMMISSION
DES QUESTIONS JURIDIQUES<br>
ET DES DROITS DE L'HOMME</center></b></font></p>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b><center><i>SOUS-COMMISSION
DES DROITS DE L'HOMME</i></center></b></font></p>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b><center>LES
DROITS DES MINORITÉS</center></b></font></p>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">&nbsp;</p>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><b><center>Note</center></b></p>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><b><center>Composition
et procédures du comité consultatif</center></b></p>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><b><center>prévu
dans la Convention-cadre</center></b></p>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><b><center>pour
la protection des minorités nationales</center></b></p>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">&nbsp;</p>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><center><b>par</b></font>
</center><font size="3" face="Times New Roman"><b><center>M. Alan Phillips,<br>
Directeur de &quot;Minority Rights Group International&quot; (MRG), Londres</center></b></font></p>
<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">&nbsp;</p>
<ol style="font-weight: bold">
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>OBJET
		DU DOCUMENT</b></font></li>
</ol>
<blockquote>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	13 février 1996, le Greffier de l'Assemblée parlementaire du Conseil de
	l'Europe a invité l'auteur à rédiger une note brève sur la composition
	et le fonctionnement du comité consultatif en vue d'une réunion de la
	sous-commission le 2&nbsp;avril 1996; ce document devrait servir de base à
	l'élaboration d'un projet de rapport.</font></p>
</blockquote>
<ol start="2" style="font-weight: bold">
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">INTRODUCTION</font></li>
</ol>
<blockquote>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	présent document, essentiellement consacré aux principes directeurs à la
	composition et à la méthodologie du comité consultatif, est destiné à
	encourager les discussions en avançant un certain nombre de propositions
	concernant la composition et les méthodes de travail de cet organe.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">La
	convention-cadre du Conseil de l'Europe pour la protection des minorités
	nationales occupe une place à part au sein des divers instruments
	juridiques internationaux, en ce sens qu'elle prévoit un système juridique
	unique de protection des minorités nationales et des droits et libertés
	des personnes appartenant à ces minorités. Cet instrument a été
	rapidement signé par un grand nombre d'États: au cours de la semaine qui a
	suivi l'ouverture à la signature, vingt-deux États l'on en effet signé
	et, au 1<em sup>er</em> mars, ce nombre était passé à trente-deux. La
	Hongrie, la Slovaquie, la Roumanie et l'Espagne ont d'ores et déjà
	ratifié la convention et le nombre de douze ratifications devrait être
	atteint d'ici moins d'un an.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">La
	convention-cadre a été projetée, élaborée puis signée alors que de
	violents conflits intercommunautaires existaient en Europe. Elle est née
	dans un contexte de tensions sociales multiples caractérisées par la
	négation des droits des minorités, encore</font> <font size="3" face="Times New Roman">accentuée
	lorsque de nouvelles démocraties prennent peu à peu conscience de leur
	identité en tant qu'États véritablement indépendants&nbsp;-&nbsp;États
	qui, s'ils sont de fait multiethniques, multilinguistiques et multireligieux,
	peuvent néanmoins appliquer des politiques «ethnonationalistes».</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">L'article
	24 de cette convention charge notamment le Comité des Ministres de veiller
	à sa mise en œuvre. L'article&nbsp;25, quant à lui, stipule que:</font></p>
	<blockquote>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">«Dans
		un délai d'un an à compter de l'entrée en vigueur de la présente
		convention-cadre à l'égard d'une partie contractante, cette dernière
		transmet au Secrétaire Général du Conseil de l'Europe des
		informations complètes sur les mesures législatives et autres qu'elle
		aura prises pour donner effet aux principes énoncés dans le présente
		convention-cadre.</font></p>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Ultérieurement,
		chaque partie transmettra au Secrétaire Général, périodiquement et
		chaque fois que le Comité des Ministres en fera la demande, toute autre
		information relevant de la mise en œuvre de la présente
		convention-cadre.</font></p>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
		Secrétaire Général transmet au Comité des Ministres toute
		information communiquée conformément aux dispositions du présent
		article.»</font></p>
	</blockquote>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">C'est
	à l'article 26 qu'il est fait spécifiquement référence à un comité
	consultatif chargé d'assister le Comité des Ministres dans l'évaluation
	de l'adéquation des mesures prises par les États parties.</font></p>
</blockquote>
<ol style="font-weight: bold" start="3">
	<li>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>PRINCIPES
		SOUS-TENDANT LA CRÉATION D'UN COMITÉ CONSULTATIF</b></font></li>
</ol>
<blockquote>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	préambule à la convention-cadre est à cet égard révélateur lorsqu'il
	expose les objectifs de la convention et le contexte dans lequel celle-ci a
	été élaborée. Ces divers éléments sont essentiels à la compréhension
	des principes sous-tendant la création d'un comité consultatif et
	l'approche que doit adopter celui-ci dans l'interprétation détaillée de
	la convention.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	préambule insiste fortement sur la nécessité de &quot;développer les
	droits de l'homme et les libertés fondamentales&quot; en mettant l'accent
	sur des concepts tels que &quot;le développement de l'identité&quot; et la
	création d'&quot;un climat de tolérance&quot;.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Il
	souligne encore l'importance de ces questions en rappelant avec fermeté que
	la protection des minorités nationales est essentielle à la stabilité, à
	la sécurité démocratique et à la paix. Il est difficile d'imaginer un
	langage plus vigoureux pour traiter de questions qui touchent à la raison
	d'être du Conseil de l'Europe.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Par
	conséquent, tout échec ayant trait à la création de mécanismes de mise
	en œuvre efficaces ou à l'acquisition d'informations sur cette mise en
	œuvre conduirait à s'interroger sur les compétences du Conseil de
	l'Europe dans un domaine que l'on s'accorde à considérer comme crucial
	pour son existence et pour les peuples de l'Europe. S'agissant d'un
	instrument juridique, on se trouve en terrain vierge; toutefois, tel n'est
	pas le cas de l'action politique de l'OSCE, auprès de laquelle certaines
	méthodes devraient être empruntées.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">L'OSCE
	a toujours considéré une stricte application de tous les accords (de
	consensus) comme une nécessité du point de vue de la sécurité et, afin
	d'éviter que des États ne les violent ouvertement, des procédures de
	contrôle et de suivi scrupuleux ont été encouragées, notamment dans le
	domaine de la sécurité, à titre de mesures de confiance. Le prix d'un
	échec aurait pu être la guerre; aujourd'hui le prix de l'incapacité à
	répondre positivement aux minorités nationales pourrait également être
	la guerre mais, plus probablement, une aggravation des tensions sociales, de
	nouvelles demandes d'asile, une réticence à renforcer l'unité entre les
	États membres du Conseil de l'Europe et une insécurité nuisible aux
	échanges et aux investissements.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	fait de se référer aux engagements de la CSCE dans ce domaine reflète le
	désir exprimé dans l'annexe II de la Déclaration de Vienne, à savoir que
	le Conseil de l'Europe doit s'employer à traduire aussi largement que
	possible ses engagements politiques dans des instruments juridiques. Le
	document de Copenhague a notamment fourni un certain nombre d'orientations
	pour l'élaboration de cette convention-cadre. D'aucuns soutiennent que
	cette dernière impose aux États moins de responsabilités que ce document
	de Copenhague, notamment dans le domaine de l'éducation, mais il est bien
	évident que l'on attend des États qu'ils respectent ceux de leurs
	engagements qui vont le plus loin.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Lorsqu'on
	examine la convention-cadre et l'institution d'un comité consultatif, il
	importe de se souvenir qu'il s'agit là d'un moyen en vue d'une fin, et
	certainement pas du seul moyen en vue de cette fin, de ces objectifs que le
	Conseil de l'Europe énonce dans le préambule. Par ailleurs, le comité
	consultatif ne sera pas la seule instance à vouloir utiliser cette
	convention-cadre pour encourager la stabilité, la sécurité démocratique
	et la paix en protégeant les minorités nationales.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	Comité des Ministres a décidé qu'une convention-cadre et un comité
	consultatif étaient nécessaires et il est clair qu'il s'agissait là
	d'ajouter un instrument juridique aux instruments politiques et économiques
	destinés à encourager la stabilité. Cet instrument doit venir se
	surajouter aux autres normes, et en aucune manière les atténuer si
	celles-ci sont déjà supérieures.</font></p>
</blockquote>
<ol>
	<li style="font-weight: bold" value="4">
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>LE
		MANDAT DU COMITÉ CONSULTATIF</b></font></li>
</ol>
<blockquote>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">L'article
	26 de la convention-cadre stipule que:</font></p>
	<blockquote>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">«Lorsqu'il
		évalue l'adéquation des mesures prises par une partie pour donner
		effet aux principes énoncés par la présente convention-cadre, le
		Comité des Ministres se fait assister par un comité consultatif dont
		les membres possèdent une compétence reconnue dans le domaine de la
		protection des minorités nationales.</font></p>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">La
		composition de ce comité consultatif ainsi que ses procédures sont
		fixées par le Comité des Ministres dans un délai d'un an à compter
		de l'entrée en vigueur de la présente convention-cadre.»</font></p>
	</blockquote>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	rapport explicatif, qui a fait l'objet de négociations serrées, indique
	par ailleurs que:</font></p>
	<blockquote>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">«le
		suivi de la mise en œuvre de cette convention-cadre s'effectuera,
		autant que possible, dans le respect du principe de transparence. A cet
		égard, il serait opportun d'envisager la publication des rapports et
		autres textes issus de ce suivi.»</font></p>
	</blockquote>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Pour
	partie, le langage utilisé laisse délibérément une certaine marge
	d'interprétation dans la mesure où l'expression «se fait assister par un
	comité consultatif» peut même laisser supposer que le Comité des
	Ministres se chargera de l'essentiel du travail. Il est bien sûr peu
	réaliste d'attendre d'un Comité des Ministres déjà fort occupé qu'il
	exprime un avis d'expert sur les rapports de trente-deux États. Par
	ailleurs, le contraire aurait des conséquences politiques considérables.
	Le rôle du Comité des Ministres doit être de choisir un bon comité
	consultatif et, par principe, de l'encourager dans son travail. Le dicton
	qui veut qu'on n'ait pas un chien pour aboyer soi-même est certainement
	vrai, quoiqu'il faille alors accorder au comité consultatif une certaine
	liberté de manœuvre, et non le museler.</font>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Bien
	qu'un <i>modus vivendi</i> doive se dégager de la pratique et que la
	composition du premier comité consultatif et les interprétations qu'il
	donnera constituent des points cruciaux, ainsi que le montre l'œuvre
	remarquable accomplie par Max van der Stoel en tant que haut commissaire, un
	certain nombre de conseils sur les responsabilités de ce comité seront
	nécessaires et une recommandation de l'Assemblée parlementaire serait à
	cet égard utile.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">L'une
	des questions essentielles abordées plus avant dans ce document consiste à
	savoir si les rapports et recommandations du comité consultatif doivent
	être adoptés comme tels par le Comité des Ministres ou s'il y a lieu
	d'encourager la tenue de débats sur ces textes en vue de mesures à
	prendre.</font></p>
	<ol>
		<li style="font-weight: bold" value="5">
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>COMPOSITION
			DU COMITÉ CONSULTATIF</b></font></li>
	</ol>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">La
	convention-cadre exige des membres du comité consultatif qu'ils disposent
	d'une compétence reconnue dans le domaine en question; cela mis à part, la
	formulation adoptée est extrêmement vague, et les procédures restent à
	définir dans un délai d'un an à compter de l'entrée en vigueur de la
	convention, afin de garantir que le contrôle de la convention s'effectue
	dès l'origine.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Aucune
	précision n'est donnée ni dans la convention-cadre ni dans le rapport
	explicatif qui permettrait de clarifier un certain nombre d'aspects
	déterminants, tels que le type de compétences requises, le nombre de
	membres, les modalités de nomination et le mode d'élection ainsi que la
	durée du mandat des membres du comité et leur rôle. Un certain nombre de
	propositions sont formulées ci-dessous pour stimuler le débat.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Compte
	tenu des tendances actuelles, la date cible de janvier 1997 peut sembler
	réaliste pour la création du comité consultatif, ce qui suppose que 12
	États aient ratifié la Convention d'ici la fin de 1996.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>
	5.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Description des tâches</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Une
	description des tâches des membres potentiels du comité consultatif est
	bien évidemment nécessaire; elle devra s'appuyer sur des exemples passés.
	Un profil de candidature doit également être prévu pour aider les
	personnes participant au processus de sélection.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>
	5.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Experts en minorités nationales</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Tous
	les membres du comité consultatif doivent faire preuve des plus hautes
	qualités morales. Il doit en outre s'agir de personnes disposant de
	compétences spécifiques dans le domaine des minorités nationales. Ce
	second critère n'est pas aussi simple à appliquer qu'on pourrait
	initialement le croire; bien que nombre de candidats puissent apparaître
	particulièrement compétents s'agissant de leur propre pays, plus rares
	sont ceux disposant d'une expérience suffisamment étendue.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Toute
	action dans le domaine des minorités nationales exige une équipe et une
	approche pluridisciplinaires s'agissant des questions les plus difficiles à
	résoudre en matière de relations interpersonnelles. Il y a donc lieu de
	réunir des juristes spécialistes du droit international, des
	universitaires spécialisés dans les aspects linguistiques, des
	pédagogues, des analystes politiques, des anthropologues et des
	psychologues. Tous auront leur rôle à jouer dans cette tâche qui
	consistera à appréhender la façon dont la convention aura été mise en
	œuvre. Un autre rôle pourrait être celui de membres de communautés
	minoritaires ayant personnellement et collectivement fait l'expérience de
	ce type de discrimination.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">On
	peut en outre espérer que la composition de ce comité traduise un
	équilibre en termes d'âge, d'expérience, de provenance géographique, de
	sexe, de religion, de langue et de groupe culturel. Il sera donc nécessaire
	de faire preuve d'une sagesse et d'une subtilité considérables pour
	parvenir à un tel équilibre.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>
	5.3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Taille du comité</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	comité consultatif doit être d'une composition suffisamment large pour
	refléter la variété des expériences, et ses membres suffisamment
	nombreux pour permettre la constitution d'une équipe de rapporteurs par
	État, si une approche similaire à celle de la Commission contrôlant la
	Convention des Nations-Unies pour l'élimination de la discrimination
	raciale prévalait. Ils doivent néanmoins être suffisamment peu nombreux
	pour préserver cohésion et dynamisme. L'expérience des Nations Unies
	montre qu'un nombre compris entre dix et vingt serait approprié. La
	proposition consistant à avoir autant de membres que d'États&nbsp;parties
	ne semble guère rationnelle si cette convention venait à compter
	trente-deux États parties. Quant aux propositions prévoyant des
	nominations au titre d'États qui n'ont pas ratifié la Convention, elles
	seraient inacceptables pour des organes des Nations-Unies.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>
	5.4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Vivier de candidats</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">La
	possibilité de disposer de candidats appropriés est toujours
	problématique; la durée et la fréquence des réunions risquent de limiter
	les candidatures aux diplomates, aux universitaires et aux retraités. Une
	possibilité d'élargir ce vivier consisterait à prévoir, outre le
	défraiement des coûts de déplacement et de séjour, des honoraires.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>
	5.5.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Processus de désignation</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Afin
	d'identifier les meilleurs candidats, et de promouvoir la transparence, les
	membres du comité consultatif devraient être élus par le Comité des
	Ministres mais proposés par l'Assemblée parlementaire. Il pourrait y avoir
	jusqu'à trois candidats citoyens d'un même État partie. L'Assemblée
	parlementaire devrait être chargée de définir les modalités, formelles
	ou informelles, permettant d'établir un équilibre en termes d'expérience
	et de compétence, sachant que les candidats ne sauraient être considérés
	comme des représentants de leur État.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>
	5.6.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Election et durée du mandat</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">L'approche
	électorale adoptée pour les membres de la Commission européenne des
	Droits de l'Homme pourrait être utile ici. La forme d'élection devrait
	être soigneusement précisée mais également offrir la possibilité de
	choisir, par l'intermédiaire de l'Assemblée parlementaire, des candidats
	présentant les compétences requises.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Il
	ne pourra y avoir plus d'une personne, ressortissant d'un même État, qui
	pourra être élue et siéger au Comité consultatif, afin de préserver un
	équilibre géographique. La durée de mandat proposée serait de six ans,
	sans possibilité de réélection. D'une part, cela garantit un degré
	raisonnable de continuité et de changement, et d'autre part, l'absence de
	toute réélection permet que la perspective d'une réélection n'affecte
	pas l'indépendance d'un membre.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Afin
	d'assurer à la fois une certaine continuité et un certain changement, un
	système de renouvellement des membres par tiers tous les deux ans pourrait
	être par exemple envisagé.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>
	5.7.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nécessité pour les membres de siéger à titre
	individuel</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">A
	l'instar des membres de la Cour européenne des Droits de l'Homme, les
	membres de ce comité consultatif devraient siéger à titre individuel et
	n'occuper, durant leur mandat, aucune fonction qui serait incompatible avec
	leur indépendance et leur impartialité en tant que membres du comité ou
	avec les exigences de leur charge.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Pour
	le cas où serait examinée la situation d'un État dont l'un des membres du
	comité serait ressortissant, celui-ci devrait être exclu de toute
	participation, et ce afin que le comité puisse être considéré comme
	impartial et afin d'éviter qu'un État peu scrupuleux ne fasse pression sur
	«son» expert pour que celui-ci s'exprime en sa faveur.</font></p>
	<ol style="font-weight: bold" start="6">
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>PROCÉDURES
			DU COMITÉ CONSULTATIF</b></font></li>
	</ol>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>
	6.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Organisation des travaux</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	comité devrait être libre d'établir son règlement intérieur et de
	définir le mode d'organisation de ses travaux.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>
	6.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Fréquence des réunions</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Il
	est difficile de préjuger du volume de travail, de la fréquence des
	réunions et de leur durée. Il conviendra de s'inspirer à cet égard de
	l'expérience des Nations&nbsp;Unies. Il est clair que les travaux seront
	plus longs au début, lorsque seront reçus les premiers rapports, et ce
	jusqu'à ce que le comité ait défini la procédure de travail la plus
	efficace. Il est probable qu'au moins deux&nbsp;réunions par an seront
	nécessaires, d'une durée de quatre&nbsp;semaines chacune. Ce calcul
	s'effectue sur la base d'un maximum de trois jours pour l'étude de chaque
	rapport national, sachant que les progrès de chaque État contractant
	nécessitent d'être appréciés au moins tous les trois ans.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>
	6.3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sources d'information</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	comité consultatif devrait pouvoir recueillir informations et conseils
	auprès de toute source et selon tout moyen à sa convenance, exactement
	comme un service de renseignements, à ceci près que l'information devrait
	dans ce cas être transparente et recueillie de façon légale et correcte.
	Il y aurait lieu de rechercher ces informations auprès des gouvernements,
	d'organismes intergouvernementaux (tels que le HCNUR), de représentants de
	minorités nationales, d'organes universitaires, d'instituts de recherche et
	d'ONG locales et internationales.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	comité devra mettre à contribution son expérience pour filtrer toute
	information falsifiée ou destinée à nuire, provenant notamment d'hommes
	politiques. Le comité consultatif ne saurait devenir une plate-forme
	politique mais une instance chargée de procéder à un suivi attentif des
	réalisations de chaque État partie. Il devra mettre au point une méthode
	de vérification soigneuse des données et toujours donner aux gouvernements
	la possibilité de répondre aux critiques. Il convient d'encourager un
	dialogue afin de permettre aux gouvernements une mise en œuvre plus
	efficace de la convention chaque fois que possible.</font>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Les
	informations devront essentiellement concerner les lois, politiques et
	pratiques affectant particulièrement les minorités nationales, plutôt que
	l'ensemble de la société.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>
	6.4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Rapports des États parties</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Une
	fois qu'auront été initialement communiquées au Secrétaire Général des
	informations complètes sur les mesures législatives et autres prises pour
	donner effet à la convention, d'autres informations intéressant cette
	question devront être transmises de façon périodique. Un cycle de
	trois&nbsp;rapports annuels pourrait convenir, sauf dans les cas où le
	comité consultatif serait amené à exprimer une préoccupation
	particulière et à demander, par l'intermédiaire du Comité des Ministres,
	des comptes&nbsp;rendus plus réguliers. La convention-cadre définit
	elle-même ses propres domaines de compétence, ce qui permettra d'établir
	un canevas, ces rapports devant être présentés par les États.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Certains
	États pourraient à juste titre s'inquiéter de la surcharge de travail
	occasionnée par l'établissement de ces compte&nbsp;rendus, et un modèle
	de rapport ainsi que des recommandations seraient probablement très utiles
	aux fonctionnaires chargés de cette tâche. Bien que cela puisse sembler
	insignifiant comparé à la stabilité qui pourrait en résulter pour
	l'Europe, il importe de faire en sorte que cette tâche ne soit pas trop
	onéreuse; les fonctionnaires en question devraient pouvoir, si nécessaire,
	participer en personne aux réunions du comité afin de fournir des
	renseignements complémentaires. A l'heure actuelle, les fonctionnaires des
	ministères de l'Intérieur ne sont pas recrutés ni évalués sur de tels
	critères.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>
	6.5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Présentation des rapports</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">De
	nombreux enseignements peuvent être tirés des bonnes pratiques établies
	par les organes du Traité de l'ONU. Les dates des réunions ainsi que leur
	ordre du jour devraient faire l'objet d'une publicité suffisante et la
	création d'un fonds à contribution volontaire devrait être envisagée en
	vue de permettre aux membres des minorités nationales (provenant surtout
	d'Europe orientale) et des ONG concernées d'assister aux réunions et d'y
	exposer leur point de vue.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Dans
	la mesure du possible, des présentations écrites devraient être
	communiquées à l'avance de façon à permettre au comité consultatif
	d'étudier en détail la documentation.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	comité devra également être disposé à recueillir des témoignages oraux
	auprès de toute partie fiable, comme le fait le groupe de travail sur les
	minorités des Nations&nbsp;Unies. Un dialogue devrait s'ensuivre avec le
	gouvernement compétent, en s'inspirant pour cela d'un choix de meilleures
	procédures mises au point par le Comité <i>ad&nbsp;hoc</i> d'experts sur
	le système de mise en œuvre de la Convention des Nations&nbsp;Unies sur
	l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale. Cette formule
	devrait être encouragée pour les raisons déjà évoquées plus haut, et
	ce afin de permettre la participation de représentants compétents lorsque
	est en cause un pays dans lequel la situation a considérablement évolué
	depuis le dernier bilan détaillé.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>
	6.6.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Visites sur le terrain</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Des
	membres du comité, qui pourraient éventuellement être des rapporteurs,
	devraient être encouragés à se rendre dans les États parties et être
	habilités à se présenter auprès de tel ou tel organe avec un préavis
	limité pour se rendre compte sur place de la situation. Quant aux
	gouvernements, ils devraient être encouragés à apporter toute aide
	raisonnablement requise. Ces visites devraient être conçues comme des
	mesures visant à instaurer un climat de confiance en vue d'encourager
	l'application de la convention-cadre, et ne devraient pas simplement
	concerner des situations difficiles.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>
	6.7.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Transparence</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	rapport explicatif de la convention-cadre tel qu'il a été adopté par le
	Comité des Ministres indique que le suivi de la mise en œuvre de cet
	instrument devra, dans la mesure du possible, respecter le principe de la
	transparence. Il serait par conséquent souhaitable d'envisager la
	publication des rapports et d'autres textes issus de ce suivi
	(paragraphe&nbsp;97). Il est probablement dans l'intérêt de
	l'indépendance du comité consultatif qu'il puisse se réunir à huis clos
	pour l'élaboration de ses conclusions et recommandations.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>
	6.8.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Résultats des délibérations</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	comité consultatif évaluera l'adéquation des mesures prises par les
	parties et devra énoncer des recommandations à cet égard.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">La
	structure des rapports devra permettre d'y présenter aussi bien les succès
	que les échecs ou des recommandations en vue d'actions à mener. Ces
	rapports, qui devraient être dans la mesure du possible adoptés par
	consensus, pourraient faire l'objet d'un vote à scrutin secret si
	deux&nbsp;membres au moins le demandaient. Ils devraient être communiqués
	à titre de recommandation au Comité des Ministres qui devrait normalement
	les transmettre directement aux États sans autre commentaire. Dans des
	circonstances exceptionnelles, c'est-à-dire lorsque le comité consultatif
	a constaté une grave violation de la convention et a attiré l'attention du
	Comité des Ministres sur ce point, ce dernier devrait examiner la
	possibilité d'inviter l'Assemblée parlementaire à débattre de cette
	question.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">On
	ne peut bien évidemment interdire au Comité des Ministres de débattre des
	rapports du comité consultatif, ce dernier étant subordonné au Comité
	des Ministres, mais celui-ci ne devrait pas être encouragé à rouvrir une
	enquête sauf en cas de graves vices de procédure. Dans de telles
	circonstances, rares, le rapport pourrait être renvoyé au comité
	consultatif. Inversement, il pourra se faire que le comité consultatif
	souhaite obtenir des conseils, un soutien ou une manifestation d'inquiétude
	de la part du Comité des Ministres afin d'exercer une certaine pression,
	mais, de façon générale, c'est par le biais de la publicité que se fera
	la persuasion.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>
	6.9.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Etablissement d'un climat de confiance .
	diffusion des résultats</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Chaque
	rapport, accompagné de ses recommandations éventuelles, sera transmis à
	l'État concerné par l'intermédiaire du Comité des Ministres; le rapport
	explicatif envisage quant à lui clairement la publication de ces rapports.
	Il s'agit là d'un élément essentiel pour assurer la transparence. Trop
	souvent, les instruments internationaux et leur respect par les États sont
	traités de façon confidentielle, ce qui n'offre aucune possibilité à la
	société civile d'être informée de la situation et d'intervenir d'une
	façon démocratique.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Il
	importera donc d'examiner les modalités de diffusion des résultats dans le
	pays concerné, éventuellement avec l'aide d'ONG, la nécessité de
	traduire le rapport dans les langues minoritaires ainsi que dans la
	principale langue officielle ne devant pas être négligée.</font></p>
	<ol>
		<li style="font-weight: bold" value="7">
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>AIDE
			APPORTÉE PAR LE CONSEIL DE L'EUROPE</b></font></li>
	</ol>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>
	7.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dotation en personnel</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Il
	s'agit là de l'un des domaines les plus critiques, dans lequel les
	compétences, de l'engagement, l'expérience et l'ancienneté des
	fonctionnaires du Conseil de l'Europe chargés d'assister le comité
	consultatif affecteront l'efficacité du fonctionnement de celui-ci. Il
	importera également d'assurer une assistance en matière de traduction,
	d'interprétation et de secrétariat; des observations pertinentes et des
	conseils sur la meilleure façon d'exploiter ce système seront précieux
	pour les minorités.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>
	7.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Rapports avec d'autres organes</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Il
	y aura lieu d'instituer et d'entretenir des liens avec d'autres organes,
	aussi bien au sein du Conseil de l'Europe qu'à l'extérieur, et ce afin de
	maximiser les contacts et la portée des actions en faveur d'une meilleure
	connaissance de ce système. Un personnel dévoué, étranger à la
	bureaucratie et efficace constitue un élément essentiel et représente
	toujours un avantage.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>
	7.3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Aspects budgétaires</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Il
	est essentiel de disposer d'un budget consistant. Ces activités entraînent
	en effet un certain nombre de frais non négligeables, puisque aux coûts de
	personnel, d'interprétation et de traduction il convient encore d'ajouter
	les autres coûts ainsi que les honoraires des membres du comité, les
	éventuels frais de déplacement liés aux visites de contrôle, les
	crédits devant permettre la participation de représentants des minorités,
	la publication de recommandations efficaces, une formation à la
	convention-cadre dans l'ensemble des pays européens, etc.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	Comité des Ministres a donc un autre rôle à jouer, indirect mais
	important, en ce sens qu'il doit accorder les ressources financières et
	humaines nécessaires à l'accomplissement de cette tâche.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Si
	l'objectif est de faire en sorte que la convention-cadre ne soit pas
	appliquée, alors la meilleure façon de l'atteindre et d'éviter toute
	critique de la part des autres est probablement d'affamer le comité
	consultatif et le secrétariat en leur refusant les crédits nécessaires.
	On peut d'ores et déjà imaginer les arguments en ce sens: accroissement de
	la bureaucratie et nécessité d'une stricte discipline financière. Mais la
	question déterminante est ici de savoir si le Comité des Ministres
	entendait bien considérer la protection des minorités nationales comme
	«essentielles à la stabilité, à la sécurité démocratique et à la
	paix du continent». Je proposerais de comparer ce type de coût à celui
	exigé par l'acquisition d'un avion militaire de combat de plus de
	30&nbsp;millions de dollars ou à celui de l'actuelle mission de maintien de
	la paix en ex-Yougoslavie.</font></p>
	<ol>
		<li style="font-weight: bold" value="8">
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><b><font size="3" face="Times New Roman">INFORMATION
			ET SENSIBILISATION</font></b></li>
	</ol>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>
	8.1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Echange d'informations</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Il
	existe d'autres acteurs et d'autres mécanismes . qui devraient d'ailleurs
	être encouragés . pour répondre à cet important objectif commun. Les
	gouvernements et les électorats n'apprécient pas en effet les doubles
	emplois sans valeur ajoutée, ou encore le manque d'efficacité du fait
	d'une mauvaise information ou communication. Il est par conséquent
	essentiel d'assurer une bonne circulation des informations, tant au sein du
	Conseil de l'Europe qu'entre ce dernier et l'OSCE ou les Nations&nbsp;Unies.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>
	8.2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Education et assistance technique</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Les
	organes intergouvernementaux (Haut Commissaire pour les minorités
	nationales de l'OSCE, etc), les parlements (et notamment l'Assemblée
	parlementaire du Conseil de l'Europe), les organes gouvernementaux
	(ministères de la Justice, collectivités locales, organes
	semi-gouvernementaux tels que les commissions pour les minorités), les
	instituts universitaires et de recherche (spécialisés par exemple dans les
	droits de l'homme et les relations interethniques) ainsi que les organes
	non&nbsp;gouvernementaux (Fédération internationale d'Helsinki, Minority
	Rights Group, etc.) devraient être invités par le Conseil de l'Europe à
	contribuer à faire de cette convention un succès.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Tout
	cela implique des activités d'information, d'éducation et d'assistance
	technique qui expliquent dans différentes langues et à différentes
	cultures, différents groupes socio-éducatifs, etc. la substance de la
	convention, de telle sorte que celle-ci soit largement connue et respectée.
	Trop souvent, dans les régimes communistes d'Europe orientale, les droits
	ont été traités comme un secret d'État.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Mais
	pour être constructif il faudrait aller au-delà, et examiner comment les
	États et autres entités ont pu élaborer avec succès des modèles de
	bonne pratique dans le contexte de la convention-cadre, ce qui pourrait
	passer par un échange des programmes des actions de formation destinés aux
	fonctionnaires, par une formation juridique, une éducation multiculturelle
	intégrée aux programmes scolaires, des activités linguistiques et
	culturelles ainsi que leur renforcement par des lois, des politiques et des
	pratiques appropriées.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	comité consultatif devrait se tenir informé de ces activités et faire en
	sorte que son expérience bénéficie à tous ceux qui partagent cet
	objectif commun de protéger les minorités nationales.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><center>*</center></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><center>*&nbsp;&nbsp;&nbsp;
	*</center></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b><center>Note
	de l'auteur</center></b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">L'auteur
	du présent document est directeur de Minority Rights Group International (MRG),
	dont le siège est à Londres. Cette organisation a acquis une expérience
	considérable en favorisant l'adoption de principes en faveur des
	minorités, et ce au sein de différentes instances, telles que l'ex-CSCE à
	Copenhague, à Genève et à Helsinki, ou encore les Nations&nbsp;Unies dans
	le cadre de la déclaration des Nations&nbsp;Unies sur les droits des
	personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses
	et linguistiques. Le MRG a également participé à des réunions de mise en
	œuvre de la CSCE, communiqué des informations à divers organes chargés
	de la supervision de l'application de traités des Nations&nbsp;Unies et
	participé au groupe de travail des Nations&nbsp;Unies sur les minorités.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Ce
	document a toutefois été préparé dans des délais relativement brefs et
	doit être considéré comme une contribution personnelle. Les opinions qui
	y sont exprimées ne reflètent pas nécessairement celles du MRG en tant
	qu'organisation, étant donné que des consultations approfondies n'ont pu
	se dérouler dans ces délais comparativement brefs. En tant qu'auteur, je
	souhaiterais néanmoins remercier tous ceux qui m'ont très rapidement
	apporté des commentaires sur la première version de ce document et m'ont
	considérablement aidé à améliorer le texte, qui demeure bien évidemment
	ma responsabilité.</font></p>
	<div align="right">
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">&nbsp;
	</div>
	<div align="right">
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Alan
		Phillips</font>
	</div>
	<hr>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><center><b>ANNEXE
	III</b></center></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">&nbsp;</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Strasbourg,
	13 mai 1996</font></p>
	<div align="right">
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">AS/Jur/DH
		(1996) 3 rév</font>
	</div>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">&nbsp;
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b><center>COMMISSION
	DES QUESTIONS JURIDIQUES<br>
	ET DES DROITS DE L'HOMME</center></b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">&nbsp;</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b><center><i>SOUS-COMMISSION
	DES DROITS DE L'HOMME</i></center></b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">&nbsp;</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><center><b>LES
	DROITS DES MINORITÉS</b></center></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b><center>Note<br>
	sur le Comité consultatif prévu à l'Article 26 de la Convention-cadre<br>
	pour la protection des minorités nationales</center></b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">&nbsp;</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><center><b>de</b></center></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b><center>Professeur
	Gudmundur Alfredsson </b><a href="#Footnote3" name="Footref3">[3]</a></center></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">&nbsp;</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>Introduction</b></font></p>
	<ol>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
			présent rapport examine en trois parties les diverses options
			concernant les fonctions, les procédures et la composition du
			comité consultatif (CC) prévu à l'article 26 de la
			Convention-cadre pour la protection des minorités
			(convention-cadre) adoptée par le Conseil de l'Europe en 1994. Il
			est établi à l'intention de la Sous-commission des droits de
			l'homme de l'Assemblée parlementaire. De fréquentes références y
			sont faites aux pratiques comparables du programme des Nations Unies
			pour les droits de l'homme, en particulier les organes de suivi des
			traités, comme suggéré dans la demande que le Greffier de
			l'Assemblée parlementaire a adressée à l'auteur.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Selon
			l'article 24, le Comité des Ministres &quot;est chargé de veiller
			à la mise en œuvre&quot; de la convention-cadre par les Parties
			contractantes. Le CC relèvera du Comité des Ministres qu'il
			conseillera dans l'exécution de cette tâche. Assurer au CC en tant
			qu'organe de surveillance des droits de l'homme un professionnalisme
			maximum sur la base de tâches précises et bien définies, de
			lignes directrices détaillées pour l'établissement des rapports
			et d'une compétence indépendante, faciliterait indubitablement le
			travail du Comité des Ministres en privilégiant l'objectivité et
			l'impartialité, en contribuant à l'égalité de traitement des
			groupes et des pays, en tablant sur le principe de la légalité
			avec comme élément central les aspects techniques et juridiques de
			la convention-cadre et en réduisant la politisation des nombreuses
			questions délicates qui ne manqueront pas de surgir.</font></li>
	</ol>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>Fonctions</b></font></p>
	<ol start="3">
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Les
			tâches du CC consistent à examiner les rapports initiaux et
			complémentaires des États. Dans un délai d'un an à compter de
			l'entrée en vigueur de la convention-cadre, les gouvernements sont
			censés, conformément au paragraphe 1 de l'article 25, soumettre
			«des informations complètes sur les mesures législatives et
			autres [qu'ils] auront prises pour donner effet aux principes [qui y
			sont] énoncés». Conformément au paragraphe 2 de l'article 25,
			des rapports complémentaires devront être soumis périodiquement
			contenant «toute autre information relevant de la mise en œuvre de»
			la convention-cadre. La convention n'emploie pas l'expression
			«rapports nationaux», mais la procédure revient néanmoins à ce
			que l'on entend couramment par là. L'emploi de cette expression
			permettrait de se référer facilement aux procédures bien connues
			de suivi des traités appliquées par les Nations Unies.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">En
			examinant les rapports nationaux, le CC doit être en mesure
			d'évaluer les informations concernant les faits et les points de
			droit. La convention-cadre reconnaît l'importance d'informations
			complètes sur les mesures qui sont destinées à donner effet à
			ses principes et qui relèvent de la mise en œuvre de ces
			principes. Au paragraphe 1 de l'article 26, il est également fait
			mention de l'évaluation de «l'adéquation des mesures prises». Il
			importe que les États aient mis en place des mesures législatives
			et administratives qui cadrent avec les engagements contractés,
			mais celles-ci ne sont pas d'une grande utilité en l'absence de
			voies de recours effectives aboutissant à la mise en œuvre
			correspondante des principes dans la vie quotidienne des personnes
			concernées.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
			CC doit donc obtenir des États Parties des informations sur les
			déclarations des droits, la législation et les mesures
			administratives et autres pertinentes; l'incorporation des normes
			internationales et régionales et celles contenues dans les accords
			bilatéraux; les voies de recours existantes axées sur les
			décisions judiciaires et administratives; les règlements
			négociés; les activités pertinentes des institutions nationales
			indépendantes en général et celles créées pour les questions de
			minorités (commissions, tables rondes, etc.) en particulier; les
			régimes autonomes ou autres arrangements spéciaux dans l'intérêt
			des minorités; les statistiques pertinentes, etc. Ces observations
			se rapportent aux remarques figurant ci-après, sous la rubrique
			procédures, et concernant la nécessité de lignes directrices
			détaillées pour l'établissement des rapports.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Nombre
			de traités et conventions adoptés sous les auspices
			d'organisations internationales et régionales contiennent des
			normes relatives aux droits des minorités. Cela vaut pour les
			règles fondamentales concernant l'égalité de jouissance de tous
			les droits de l'homme, c'est-à-dire les droits civils, culturels,
			économiques, politiques et sociaux, y compris l'égalité devant la
			loi, l'égalité devant les tribunaux et l'égalité d'accès au
			service public. L'interdiction d'une discrimination dans cette
			jouissance pour des motifs fondés sur des caractéristiques liées
			aux minorités telles que l'origine nationale ou ethnique, la
			culture, la langue et la religion, est également énoncée dans une
			longue liste d'instruments. En outre, nombre de textes comportent
			des normes spécifiques aux minorités, soit en instaurant des
			droits spéciaux soit en obligeant les États à prendre des mesures
			particulières (également désignées sous le nom de traitement
			préférentiel ou d'action positive), afin de surmonter les
			conceptions discriminatoires et de garantir l'égalité de
			jouissance des droits.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">En
			ce qui concerne les traités des Nations Unies comportant des
			obligations de rapport, le Pacte international sur les droits civils
			et politiques, le Pacte international sur les droits économiques,
			sociaux et culturels, la Convention sur les droits de l'enfant et la</font>
			<font size="3" face="Times New Roman">Convention internationale sur
			l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale
			contiennent des dispositions particulières aux minorités et de
			non-discrimination. Pour chacun de ces traités, les organes de
			suivi indépendants respectifs ont adopté des lignes directrices
			matérielles pour l'établissement des rapports avec des
			instructions détaillées aux États faisant rapport. Les lignes
			directrices servent aussi à influencer l'examen objectif des
			rapports par les comités d'experts concernés. Les États
			susceptibles d'adhérer à la convention-cadre sont, dans une large
			mesure, déjà Parties à ces traités internationaux. Le CC a
			beaucoup à apprendre des pratiques existantes de ces comités,
			notamment en ce qui concerne l'élaboration et l'adoption des lignes
			directrices pour l'établissement des rapports. Ces enseignements
			sont contenus dans leurs rapports annuels et dans le <i>Manuel
			relatif à l'établissement des rapports sur les droits de l'homme</i>,
			New York: Nations Unies, 1991. Voir également ci-après sous
			procédures et composition.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
			nombre grandissant d'obligations de faire rapport a suscité une
			certaine contrariété des États. Néanmoins, les idées concernant
			un super-rapport ou d'autres procédures simplifiées
			d'établissement des rapports ne prévalent pas encore. Il ne fait
			aucun doute que les normes et les obligations de faire rapport de la
			convention-cadre recouvrent celles de certains des traités
			susmentionnés. Dans toute la mesure du possible, le CC pourrait
			souhaiter rationaliser ses propres lignes directrices pour
			l'établissement des rapports sur la base de pratiques
			internationales analogues. Pour des raisons de précision et
			d'exhaustivité, il pourrait même vouloir demander au Secrétariat
			du Conseil de l'Europe de rassembler les parties pertinentes des
			rapports que les États Parties à la convention-cadre ont établis
			au titre des instruments correspondants des Nations Unies. Le CC ne
			devrait accepter rien de moins que la plus haute qualité des normes
			et des rapports établis sur celles-ci, jusqu'à aller, à titre
			exploratoire, au-delà des principes de la convention-cadre (voir à
			ce propos le 10<em sup>e</em>&nbsp;paragraphe du préambule à la
			convention-cadre).</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Certes,
			les objectifs qui viennent d'être décrits sont ambitieux, mais ils
			donneraient au CC, et par extension au Conseil de l'Europe, un rôle
			plus important dans la surveillance du respect des normes en
			matière de droits des minorités. Le danger de normes réduites et
			de rapports antagonistes s'en trouverait aussi diminué. Le CC sera
			assurément unique et utile, étant le seul organe de contrôle issu
			d'un traité dont l'activité soit centrée sur les droits des
			minorités et qui ait une compétence étendue en la matière. Ces
			observations peuvent être utiles dans la mesure où, eu égard aux
			normes pertinentes et aux procédures de mise en œuvre, le Conseil
			de l'Europe se trouve actuellement en troisième position, derrière
			l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe
			(OSCE) et les Nations Unies.</font></li>
	</ol>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>Procédures</b></font></p>
	<ol start="10">
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
			présent chapitre traitera des questions suivantes: les lignes
			directrices à l'intention des gouvernements pour l'établissement
			de leurs rapports nationaux; la communication d'informations
			supplémentaires sur le comportement des États par d'autres
			organisations intergouvernementales ainsi que par des ONG; l'accès
			des minorités et de leurs représentants aux réunions du CC; une
			série de recommandations possibles du CC à la suite de l'examen
			des rapports nationaux, faisant une large place à la coopération
			technique; et des questions pratiques telles que les méthodes de
			traitement des rapports pendant les réunions du CC, la durée des
			réunions, le concours du Secrétariat et les visites sur le
			terrain.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
			CC devrait élaborer et adopter, pour chaque article de fond de la
			convention-cadre, des lignes directrices qui expliquent par le menu
			les informations juridiques et</font> <font size="3" face="Times New Roman">matérielles
			nécessaires et souhaitées pour l'examen des rapports nationaux. Ce
			faisant, le CC facilitera la tâche de l'établissement des rapports
			aux gouvernements. Les rapports et leur examen par le CC seront
			harmonisés, et les différents pays se verront poser des questions
			identiques, d'où un traitement analogue avec les mêmes attentes
			sur tout le continent. De cette manière, l'universalité des normes
			et du principe de la légalité sera renforcée. Comme indiqué
			ci-dessus, dans l'élaboration des lignes directrices, le CC peut
			tirer de nombreux enseignements et précédents des pratiques des
			organes de suivi des traités des Nations Unies.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Il
			existe sur le marché de nombreuses informations sur la situation
			des minorités dans tous les États Parties potentiels. On a déjà
			mentionné les rapports nationaux au titre des traités des Nations
			Unies comportant des normes particulières aux minorités. Il existe
			aussi des informations pertinentes dans la jurisprudence des organes
			de suivi des traités, dans les rapports des rapporteurs spéciaux
			et des groupes de travail de la Commission des droits de l'homme des
			Nations Unies, ainsi que dans les rapports des rapporteurs de
			recherche et des groupes de travail de la Sous-Commission de la
			lutte contre les mesures discriminatoires et de la protection des
			minorités. Des informations supplémentaires sur le comportement
			des États dans ce domaine peuvent également être obtenues auprès
			d'autres organisations intergouvernementales (des entités du
			Secrétariat des Nations Unies telles que CHR, DHA et DPA, HCR, PNUD,
			UNU, UNRISD, Unesco, OIT, la Banque mondiale, OSCE, UE, etc.) et
			d'ONG (Groupement pour le droit des minorités, Fédération
			internationale d'Helsinki, Amnesty International, Human Rights Watch,
			etc.).</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Les
			Nations Unies ont nettement tendance à accorder aux minorités ou
			à leurs représentants un accès direct et facile aux réunions
			consacrées aux droits de l'homme où des questions les intéressant
			sont débattues. C'est le cas pour le Groupe de travail des
			communautés et minorités ethniques et nationales (instauré en
			1995) et du Groupe de travail des populations indigènes (créé en
			1982) qui sont tous deux des organes spécialisés relevant de la
			sous-commission. En outre, plusieurs groupes ont obtenu le statut
			consultatif en tant qu'ONG auprès du Conseil économique et social
			qui ouvre les portes à la plupart des réunions des Nations Unies
			sur les droits de l'homme (voir à ce propos le paragraphe 2 de
			l'article 17 de la convention-cadre). Le Haut Commissaire des
			Nations Unies pour les droits de l'homme a reçu de l'Assemblée
			générale un mandat l'autorisant à traiter directement avec les
			minorités. On connaît au moins deux cas où le Secrétaire
			général des Nations Unies a exercé ses bons offices au nom des
			groupes en difficulté et en étroite coopération avec eux.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">A
			l'OSCE, les contacts avec les minorités et leurs représentants
			sont un élément essentiel de l'instauration et du maintien du
			dialogue pour la prévention des conflits et la protection des
			normes de dimension humaine. Le Haut Commissaire pour les minorités
			nationales a donné l'exemple. Grâce à un accès accru des groupes
			et à des rencontres fréquentes avec eux, les organisations
			intergouvernementales ont obtenu des résultats globalement positifs
			et productifs.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">En
			ce qui concerne les organes de suivi des traités des Nations Unies,
			les groupes et leurs représentants ont de plus en plus recours aux
			procédures de plainte (lorsqu'elles existent). Les informations
			provenant des ONG sont également un élément important de l'examen
			des rapports nationaux, soit officiellement, comme dans le cas du
			Comité des droits de l'enfant, soit officieusement pour certains
			autres comités. Dans les deux contextes, ces informations
			contribuent à compléter, voire à corriger, les informations
			partiales et non critiques reçues des États. Il est à la fois
			souhaitable et naturel que le CC, tablant sur l'égalité et le
			principe de légalité, et recherchant tous les faits nécessaires,</font>
			<font size="3" face="Times New Roman">suive cette évolution de la
			participation qui apparaît tellement clairement dans les travaux
			des autres organisations intergouvernementales en donnant aux
			minorités et aux ONG l'opportunité de présenter, oralement et/ou
			par écrit, les informations pertinentes et tout autre point de vue
			pertinent.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Au
			cas où les représentants des gouvernements penseraient que les
			propositions de ce genre vont trop loin, il faudrait leur rappeler
			que la souveraineté nationale, l'indépendance politique, l'unité
			nationale et l'intégrité territoriale sont largement protégées
			par le droit international en général, et l'article 21 de la
			convention-cadre et d'autres instruments internationaux des droits
			de l'homme en particulier. Une procédure de suivi avec accès des
			minorités vise seulement à entendre les bénéficiaires prévus,
			vivant dans des sociétés démocratiques, en vue d'établir que les
			États obéissent bien aux règles du jeu.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Si
			le CC rencontre des cas où le comportement des États ne respecte
			pas les principes de la convention-cadre, il devrait recourir à une
			variété bien définie de recommandations que le Comité des
			Ministres pourrait souhaiter utiliser dans ses relations avec un
			État Partie. Pour n'en citer que quelques-unes, ces recommandations
			pourraient consister en exhortations:</font></li>
	</ol>
	<blockquote>
		<ul>
			<li>
				<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">à
				adopter, modifier et/ou mettre en œuvre les mesures législatives
				et administratives nouvelles ou existantes à la lumière des
				principes de la convention-cadre;</font></li>
			<li>
				<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">à
				créer des institutions nationales indépendantes, en
				particulier celles traitant expressément des questions de
				minorités et de la participation des minorités;</font></li>
			<li>
				<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">à
				mettre en place les services d'éducation et de formation
				nécessaires, y compris les formateurs et les matériels
				d'enseignement, pour assurer le respect et la compréhension
				mutuels requis pour la réalisation des principes de la
				convention-cadre;</font></li>
			<li>
				<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">à
				assurer la traduction des instruments pertinents, ainsi que des
				rapports nationaux établis en vertu de la convention-cadre et
				des recommandations du CC, dans les langues nationales et
				minoritaires respectives;</font></li>
			<li>
				<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">à
				améliorer la coopération avec ou le recours à tout organe
				international ou régional de mise en œuvre des droits de
				l'homme qui s'occupe ou pourrait s'occuper de la situation dans
				le pays en question;</font></li>
			<li>
				<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">à
				instaurer une coopération technique, par voie d'assistance
				spécialisée ou de services consultatifs, avec le Secrétariat
				du Conseil de l'Europe, la Commission de Venise, d'autres
				organisations intergouvernementales selon le cas, ou des
				institutions non gouvernementales et universitaires. L'un des
				buts d'une telle coopération serait de prévenir les violations
				et la violence par l'amélioration de la législation et le
				dialogue entre les parties; et, enfin,</font></li>
			<li>
				<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">lorsque
				tout le reste a échoué, à condamner l'inobservation manifeste
				par l'État des principes de la convention-cadre.</font></li>
		</ul>
	</blockquote>
	<ol start="18">
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">La
			voie de la coopération technique, mentionnée au paragraphe
			précédent, gagne du terrain auprès des organes de suivi des
			traités des Nations Unies. C'est actuellement le secteur des
			travaux internationaux et bilatéraux sur les droits de l'homme qui
			se développe le plus rapidement. Afin d'utiliser au mieux les
			ressources limitées et obtenir de meilleurs résultats, les
			activités d'assistance technique tireraient profit d'une
			amélioration de la coopération et de la coordination entre les
			diverses organisations intergouvernementales et les autres acteurs.
			Là aussi il y a une possibilité pour le CC et le Conseil de
			l'Europe de jouer un rôle de premier plan dans le domaine de la
			surveillance des droits des minorités. Le CC pourrait en
			conséquence demander au Secrétariat du Conseil de l'Europe de
			rassembler des informations sur les projets pertinents de ce genre
			entrepris dans l'intérêt des États Parties à la
			convention-cadre, afin d'éviter un double</font> <font size="3" face="Times New Roman">emploi
			inutile des efforts et d'orienter l'assistance vers les secteurs où
			elle est le plus nécessaire.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
			Comité des Ministres devrait être tenu d'expliquer les raisons
			pour lesquelles une décision ne suit pas les recommandations du CC.
			Cette obligation servira à faire passer les droits des minorités
			du domaine de la politique à celui de la prééminence du droit.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Les
			rapports nationaux devraient être transmis quelques mois avant la
			réunion du CC au cours de laquelle ils viendront en discussion, de
			sorte que les membres du CC et les autres parties intéressées
			puissent les examiner et les comparer avec les autres documents de
			base disponibles, y compris les données rassemblées par le
			Secrétariat du Conseil de l'Europe comme suggéré ci-dessus. Les
			représentants du gouvernement concerné devraient assister à ces
			réunions afin de répondre aux questions et fournir des
			éclaircissements. Les représentants des minorités, d'autres
			États, des organisations intergouvernementales et des ONG (en
			s'inspirant de l'expérience en matière d'accréditation du Conseil
			de l'Europe et/ou des Nations Unies) devraient avoir le droit de
			parler. Les réunions devraient être publiques, quoique le CC
			pourrait souhaiter, dans des circonstances exceptionnelles, se
			réserver la possibilité d'examiner certaines questions à huis
			clos s'il estime que la diplomatie discrète a plus de chances de
			donner des résultats. Il serait, par exemple, préférable que les
			dialogues entre gouvernements et groupes se déroulent à huis clos.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Les
			rapports nationaux devraient être des documents publics du Conseil
			de l'Europe. Les rapports et toute information supplémentaire,
			ainsi que les débats dont ils font l'objet (à l'exception des
			réunions à huis clos), devraient aussi être disponibles dans les
			pays respectifs dans les langues nationales et minoritaires (voir
			les commentaires sur la transparence du suivi au paragraphe 97 du
			rapport explicatif de la convention-cadre).</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">On
			peut raisonnablement s'attendre à ce que l'examen de chaque rapport
			national prenne un minimum de un à deux jours de réunion. Avec
			douze États Parties, par exemple, le CC aurait besoin de se réunir
			trois à quatre semaines par an. Au début, l'élaboration des
			lignes directrices, l'établissement des rapports et des règles de
			procédure (conduite des réunions, élection des administrateurs,
			votation, etc.) exigeront des jours supplémentaires de réunion.
			Par la suite, lorsque l'on sera passé aux rapports périodiques,
			les besoins en temps de réunion pourraient diminuer. Avec le
			concours actif du Secrétariat en termes de rassemblement des
			informations, d'analyse et de travail de rédaction, le nombre de
			jours de réunion nécessaires diminuera aussi.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Les
			décisions devraient, de préférence, être prises par consensus.
			Si cela n'est pas possible, les membres devraient pouvoir prendre
			les décisions par un vote à la majorité. En cas de vote négatif,
			son auteur pourrait (ou devrait même être censé) expliquer son
			vote.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Les
			États Parties devraient être encouragés à inviter le CC à se
			réunir dans leur pays afin d'obtenir des informations de première
			main et d'avoir des contacts directs avec les personnes
			intéressées. De même, il serait souhaitable que les membres du
			CC, avec l'approbation officielle du comité, le soutien du
			Secrétariat et l'agrément du gouvernement, se rendent dans les
			pays pour des missions d'enquête et/ou d'évaluation des besoins,
			comme le fait actuellement le Comité pour l'élimination de la
			discrimination raciale.</font></li>
	</ol>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>Composition</b></font></p>
	<ol start="25">
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">L'article
			26, paragraphe 1, de la convention-cadre déclare que les membres du
			CC «possèdent une compétence reconnue dans le domaine de la
			protection des minorités nationales». Une telle compétence peut
			se trouver au sein des services gouvernementaux, des minorités
			elles-mêmes, des universités et des ONG. Selon l'énoncé de
			l'article 26, il s'agit d'une compétence dans le domaine des droits
			de l'homme et des droits des minorités, mais il faudrait également
			l'interpréter comme englobant différentes disciplines
			spécialisées, la connaissance des situations nationales, la
			sagesse politique et l'expérience pratique.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Il
			y a de bonnes raisons d'insister également sur l'indépendance des
			membres du CC, car elle est encore plus importante que leur
			compétence. Les membres des organes de suivi des traités des
			Nations Unies, ainsi que ceux de la Sous-Commission de la lutte
			contre les mesures discriminatoires et de la protection des
			minorités et de ses groupes de travail des communautés et
			minorités ethniques et nationales et des populations indigènes,
			sont en principe nommés en tant qu'experts indépendants. Ils ne
			sont pas tous parfaits, certains sont plus indépendants et plus
			spécialisés que d'autres, mais il y a néanmoins une différence
			marquée entre les débats et les décisions de ces organismes
			spécialisés et ceux des organes composés de délégués des
			gouvernements. Compte tenu des experts indépendants qui siègent à
			la Commission et à la Cour européennes des Droits de l'Homme, le
			Conseil de l'Europe peut tabler sur une tradition impressionnante.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
			choix entre un CC comptant un membre par État Partie ou un nombre
			fixe (cinq, sept, neuf ou onze&nbsp;membres) n'est pas vraiment
			important par rapport aux qualifications. Des considérations de
			coût militent en faveur d'un nombre fixe. De même, la durée des
			mandats est sans intérêt (trois, quatre ou cinq ans), mais la
			possibilité de réélection contribuerait à développer la
			compétence du CC.</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Les
			décisions qui seront prises sur les fonctions et les procédures du
			CC influeront inévitablement sur sa composition. Des personnes
			indépendantes possédant une compétence reconnue voudront
			vraisemblablement siéger dans un organe de suivi doté de fonctions
			sérieuses et substantielles que le Comité des Ministres ne saura
			manquer d'écouter. En même temps, un tel organe prestigieux
			incitera aussi un certain nombre de Parties à présenter, avec
			encore plus d'empressement que cela ne serait le cas autrement, la
			candidature de leurs propres fonctionnaires loyaux. Peut-être que
			les gouvernements ainsi que les minorités pourraient désigner un
			ou plusieurs experts, dont l'appréciation incomberait à
			l'Assemblée parlementaire et/ou au Secrétaire Général, le choix
			définitif, sur la base des mérites, étant laissé au Comité des
			Ministres. Il pourrait aussi être souhaitable que les
			qualifications soient décrites de façon positive (ce qui est
			nécessaire) ou négative (en excluant certaines catégories de
			personnes). Le choix judicieux des membres pourrait bien être
			crucial en permettant au CC de s'acquitter avec succès du suivi des
			mesures prises pour donner effet aux principes de la
			convention-cadre.</font></li>
	</ol>
	<hr>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><center><b>ANNEXE
	IV</b></center></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">&nbsp;</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b><center>Avis
	de la Commission de Venise<br>
	sur l'interprétation de l'article 11<br>
	du projet de protocole<br>
	à la Convention européenne des Droits de l'Homme<br>
	annexé à la Recommandation 1201 (1993)</center></b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">&nbsp;</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>Introduction</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Par
	lettre du 24 novembre 1995, la Commission des Affaires juridiques et des
	Droits de l'Homme de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a
	demandé l'assistance de la Commission européenne pour la démocratie par
	le droit pour la préparation d'un avis portant interprétation du Projet de
	Protocole à la Convention européenne des Droits de l'Homme contenu dans la
	Recommandation 1201 (1993), en particulier de l'article 11 de ce projet.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">La
	sous-commission sur la protection des minorités a examiné cette question
	lors de sa réunion qui s'est tenue à Venise le 29 février 1996 sur la
	base d'un rapport préparé par MM. MALINVERNI et MATSCHER.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	présent avis, limité pour le moment à la question de l'article 11, a
	été adopté par la Commission plénière, lors de sa 26e session (1-2 mars
	1996).</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Objet
	de la demande</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Par
	sa Recommandation 1201 (1993), l'Assemblée parlementaire a recommandé au
	Comité des Ministres du Conseil de l'Europe d'adopter un protocole
	additionnel à la Convention européenne des Droits de l'Homme en
	s'inspirant d'une proposition annexée à cette Recommandation et faisant
	partie intégrante de celle-ci. La proposition en question a constitué l'un
	des textes de référence pour les travaux du Comité d'experts pour la
	protection des minorités nationales (CAHMIN) chargé de la rédaction d'un
	protocole additionnel à la Convention européenne des droits de l'Homme
	garantissant des droits individuels dans le domaine culturel, notamment pour
	les minorités nationales. Par ailleurs, cette proposition a été, et
	continue à être utilisée, comme texte de référence par l'Assemblée
	lorsqu'elle se prononce sur les demandes d'adhésion de nouveaux États
	membres du Conseil de l'Europe (voir Recommandation 1285 (1996) de
	l'Assemblée). Mais surtout, des références à la proposition en question
	ont été faites dans certains traités bilatéraux de bon voisinage conclus
	entre États membres du Conseil de l'Europe.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">La
	lettre par laquelle l'assistance de la Commission a été sollicitée par la
	Commission des affaires juridiques et des Droits de l'Homme se réfère à
	cette circonstance particulière et aux difficultés d'interprétation, dans
	ce contexte, du projet de protocole dans son ensemble et, notamment, de son
	article 11 qui dispose:</font></p>
	<blockquote>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><i>&quot;Dans
		les régions où elles sont majoritaires, les personnes appartenant à
		une minorité nationale ont le droit de disposer d'administrations
		locales ou</i></font>&nbsp;autonomes appropriées, ou d'un statut
		spécial, correspondant à la situation historique et territoriale et
		conformes à la législation nationale de l'État.&quot;</p>
	</blockquote>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	fait que la disposition susmentionnée ne soit pas une règle de droit
	international en vigueur mais une simple proposition, à laquelle se
	réfèrent toutefois d'autres traités internationaux, est une situation
	particulière qui rend l'interprétation de ce texte difficile à aborder.
	La Commission estime qu'il y a lieu en l'espèce de tenir compte non
	seulement du sens ordinaire des termes que cette disposition utilise, mais
	aussi des travaux préparatoires qui ont conduit à son adoption, des autres
	travaux engagés au sein du Conseil de l'Europe en matière de protection
	des minorités nationales, de la pratique des États membres en ce qui
	concerne le droit des minorités de disposer d'administrations locales ou
	autonomes et de l'attitude adoptée par les États membres du Conseil de
	l'Europe face à cette disposition (voir par analogie, les articles 30 et 31
	de la Convention de Vienne de 1969 sur le droit des traités).</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Tous
	ces éléments sont susceptibles de révéler le contenu du droit des
	minorités de disposer d'administrations locales ou autonomes tel qu'il peut
	être conçu et appliqué par les États européens.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Eléments
	à prendre en considération pour l'interprétation de l'article 11 en
	général</b></font></p>
	<ol type="a">
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Les
			travaux préparatoires: Le Rapport proposant l'adoption de la
			Recommandation 1201 (1993) (Rapport WORMS)</font></li>
	</ol>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	Rapport introductif de M.WORMS n'est pas d'un grand secours pour
	l'interprétation de l'article 11. Il se limite à constater que &quot;les
	articles 10 et 11 traitent de droits pouvant avoir des prolongements
	politiques ; ils ont été rédigés avec le souci de préserver, en tout
	état de cause, l'intégrité de l'État; les contacts avec les
	ressortissants d'un autre pays doivent se faire &quot;dans le respect de
	l'intégrité territoriale de l'État&quot;. Quant aux statuts appropriés
	des collectivités territoriales pour permettre une certaine autonomie
	administrative des régions où les minorités sont majoritaires, ils ne
	peuvent être établis qu'en conformité avec la législation de
	l'État&quot;.</font></p>
	<ol type="a" start="2">
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Les
			travaux engagés au sein du Conseil de l'Europe en matière de
			protection des droits des minorités</font></li>
	</ol>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">La
	proposition de la Commission de Venise pour une Convention européenne pour
	la protection des minorités ne contient pas un droit pour les personnes
	appartenant à des minorités de disposer d'administrations locales ou
	autonomes. L'article 14 par. 1 de la proposition dispose que &quot;les
	États favorisent la participation effective des minorités aux affaires
	publiques, en particulier aux décisions concernant les régions dans
	lesquelles elles vivent ou aux affaires les concernant&quot;.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Dans
	la déclaration de Vienne des chefs d'État et de gouvernement des États
	membres du Conseil de l'Europe, du 9 octobre 1993, il est constaté que la
	création d'un climat de tolérance et de dialogue est nécessaire à la
	participation de tous à la vie politique. A cet égard une contribution
	importante doit être apportée par les collectivités régionales et
	locales.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">La
	Convention-cadre pour la protection des minorités nationales n'a pas repris
	l'idée de l'article 11 du projet parlementaire d'octroyer aux personnes
	appartenant à une minorité nationale, dans les régions où elles sont
	majoritaires, &quot;le droit de disposer&nbsp;<font size="3" face="Times New Roman">d'administrations
	locales ou autonomes appropriées, ou d'un statut spécial&quot;. Dans cette
	Convention, le droit de disposer d'un statut spécial est en fait remplacé
	par une disposition inspirée partiellement de la proposition de la
	Commission de Venise : L'article 15 de la Convention-cadre garantit <i>le
	droit de participation effective des personnes appartenant à une minorité
	aux affaires publiques</i> les concernant. Toutefois toute référence à
	des collectivité locales y fait défaut. Pour la Convention-cadre, la
	participation aux affaires publiques est avant tout une question d'autonomie
	personnelle et non d'autonomie locale.</font></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">L'interprétation
	de la Convention européenne des Droits de l'Homme n'a pas, non plus,
	laissé entendre que des dispositions de celle-ci pourraient être
	utilisées pour revendiquer un droit à un statut spécial. A deux reprises
	la Commission européenne des Droits de l'Homme, a constaté que la
	Convention ne comporte pas un droit des minorités nationales à
	l'autodétermination (N° 6742/75, DR 3 p. 98, concernant des Allemands qui
	vivaient autrefois en Tchécoslovaquie; N° 7230/75, DR 7 p. 109, concernant
	la population de Suriname). L'article 3 du Protocole No 1 (garantissant des
	droits électoraux) ne s'applique pas aux élections à des organes
	non-législatifs tels que les conseils communaux (N° 10650/83, DR 42, p.
	212) et ne garantit aucun droit à une représentation politique distincte
	des minorités nationales (N° 9278/81 et 9415/81, déc. 3.10.83, DR 35 p.
	30) <a href="#Footnote4" name="Footref4">[4]</a>.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Il
	résulte des développements qui précèdent que le droit international ne
	saurait en principe imposer aux États des solutions territoriales au
	problème des minorités et que ceux-ci ne sont en principe pas tenus
	d'instituer des formes de décentralisation en leur faveur (cf. aussi
	l'article 35 par. 2 de la déclaration de Copenhague).</font></p>
	<ol type="a" start="3">
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">L'attitude
			des États face à l'article 11</font></li>
	</ol>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	traité croato-hongrois du 5 avril 1995 se réfère lui aussi à la
	Recommandation 1201, sans que les Parties contractantes n'aient fait des
	déclarations au moment de sa ratification.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	traité slovaco-hongrois sur les relations de bon voisinage et la
	coopération amicale du 19 mars 1995 (art. 15 par. 4(b)) se réfère à la
	Recommandation 1201, mais le Gouvernement slovaque a assorti la ratification
	de ce traité par la déclaration suivante : &quot;Le Gouvernement de la
	République slovaque souligne qu'à aucun moment il n'a accepté ni
	consacré dans le traité une formulation qui se fonderait sur la
	reconnaissance du principe de droits collectifs pour des minorités et qui
	admettrait la création de structures autonomes sur une base ethnique.&quot;</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Enfin,
	il semble que l'inclusion d'une référence à la Recommandation 1201, et
	notamment à l'article 11 est au centre des négociations relatives à un
	traité bilatéral entre la Hongrie et la Roumanie.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Les
	États semblent en fait craindre que le droit de disposer d'administrations
	locales ou autonomes appropriées, combiné avec le droit de contacts
	transfrontaliers</font> <font size="3" face="Times New Roman">(article 10 de
	la proposition de Protocole), puisse promouvoir des tendances
	sécessionnistes. Même les États qui, tout en restant fidèles au principe
	de la république une et indivisible, ont en réalité accordé un large
	degré d'autonomie régionale, hésitent à accepter des instruments
	internationaux contraignants sur le droit des minorités à une certaine
	autonomie. Comme le note H. KLEBES <a href="#Footnote5" name="Footref5">[5]</a>,
	la sensibilité à l'égard d'une autonomie quelconque de minorités
	nationales est encore trop forte dans bon nombre d'États : on craint la
	spirale autonomie culturelle, autonomie administrative, sécession.</font></p>
	<ol type="a" start="4">
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">La
			pratique des États européens en matière du droit des minorités
			de disposer d'administrations locales ou autonomes</font></li>
	</ol>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">La
	Commission a déjà pu constater, dans ses travaux, la variété des
	modèles juridiques de protection des minorités mis en place sur le
	continent européen, variété qui reflète la complexité des situations de
	fait et, par conséquent, la variété des solutions adoptées par les
	différents États pour faire face au problème en question <a href="#Footnote6" name="Footref6">[6]</a>
	. Les travaux de la Commission et l'étude des systèmes nationaux de
	protection des minorités ne révèlent pas l'existence d'une pratique
	commune -&nbsp;ne serait-ce que dans ses grandes lignes&nbsp;-en matière
	d'autonomie territoriale.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">De
	l'avis de la Commission, l'ensemble des éléments susmentionnés indique
	que</font></p>
	<menu>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">toute
			tentative d'interprétation de l'article 11 de la Recommandation
			1201 (1993) doit être particulièrement prudente;</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">compte
			tenu de l'état actuel du droit international, une approche
			extensive du droit des minorités de disposer d'administrations
			locales ou autonomes n'est possible qu'en présence d'un instrument
			de droit international contraignant, ce qui n'est pas le cas en
			l'espèce.</font></li>
	</menu>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Interprétation
	de l'article 11 de la Recommandation 1201 (1993)</b></font></p>
	<blockquote>
		<ol type="a">
			<li>
				<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&quot;...
				les personnes appartenant à une minorité nationale ...&quot;</font></li>
		</ol>
	</blockquote>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Les
	titulaires du droit prévu à l'article 11 sont &quot;les personnes
	appartenant à une minorité nationale&quot; et non les minorités en tant
	que telles, bien que, de l'avis de la Commission, en dépit de cette
	formulation, le droit à l'autonomie n'est concevable qu'en tant que droit
	exercé en association avec d'autres. Le droit en question n'implique donc
	pour les États ni l'acceptation d'une entité ethnique organisée au sein
	de l'État, ni l'adhésion à la conception d'un pluralisme national en tant
	que composante du peuple ou de la nation, conception susceptible d'affecter
	l'éventuelle &quot;unicité&quot; de l'État. L'appréhension du
	phénomène minoritaire dans le cadre de l'article 11 ne diffère pas de
	celle opérée par les autres dispositions de la proposition contenue dans
	la Recommandation 1201 : elle est indirecte et fondée sur la reconnaissance
	de droits</font> <font size="3" face="Times New Roman">individuels, bien
	qu'exercés en association avec d'autres (collectivement), ce que la
	déclaration slovaque accompagnant la ratification du traité de bon
	voisinage avec la Hongrie ne fait que rappeler. Cet élément doit
	néanmoins être pris en considération pour l'interprétation du contenu du
	droit prévu à l'article 11.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">L'article
	1er donne par ailleurs une définition de l'expression &quot;minorité
	nationale&quot;. Celle-ci désigne un groupe de personnes qui résident sur
	le territoire d'un État et en sont citoyens ; entretiennent des liens
	anciens, solides et durables avec cet État; présentent des
	caractéristiques ethniques, culturelles, religieuses ou linguistiques
	spécifiques ; sont suffisamment représentatives tout en étant moins
	nombreuses que le reste de la population d'un État ou d'une région de cet
	État ; sont animées de la volonté de préserver ensemble ce qui fait leur
	identité commune.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Il
	ressort de la définition susmentionnée que les personnes auxquelles les
	droits de la Recommandation 1201 sont garantis sont des nationaux (citoyens)
	de l'État et non des migrants étrangers. Ceci est davantage souligné par
	le fait que seules les personnes appartenant aux minorités
	&quot;historiques&quot; (ayant &quot;des liens anciens, solides et
	durables&quot; avec l'État) peuvent en bénéficier.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">L'expression
	&quot;liens anciens solides et durables avec cet État&quot; doit être
	interprétée de façon à comprendre aussi les liens avec le territoire
	d'un État en tant qu'élément de ce dernier. De cette façon, les
	personnes appartenant à une minorité ne perdront pas le statut de
	minorité par un transfert du territoire à un autre État ou à un nouvel
	État et la Recommandation 1201 préservera sa substance en cas de tels
	transferts ou de succession d'États, dans l'hypothèse -bien entendu- où
	les personnes en question continueront à être minoritaires.</font></p>
	<ol type="a" start="2">
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&quot;...
			dans les régions où elles sont majoritaires ...&quot;</font></li>
	</ol>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	fait, pour une minorité, d'être majoritaire dans une &quot;région&quot;
	est la condition nécessaire pour l'application de l'article 11. Or, il est
	particulièrement difficile de donner une définition du terme
	&quot;région&quot; dans le cadre de cette disposition.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">En
	principe, ce terme doit être entendu dans son sens géographique et non
	administratif ou politique. Mais il a également une dimension historique
	qui n'est pas sans relation avec l'implantation de divers groupes sur un
	territoire précis.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">En
	réalité, les États ont une large marge d'appréciation pour définir ce
	qu'ils entendent par &quot;région&quot;. Toutefois, la qualification d'un
	certain territoire de &quot;région&quot;, aux fins de l'application de
	l'article 11, doit être faite de bonne foi. En particulier, elle ne doit
	pas viser à rendre inapplicable l'article 11, ni être arbitraire (cf. dans
	cette même optique l'article 16 de la Convention cadre); elle doit au
	contraire se fonder sur des critères objectifs et tenir compte du
	phénomène minoritaire. Dans le cadre de ses propres travaux, la Commission
	avait d',ailleurs explicitement affirmé qu'&quot;il est nécessaire que les
	États tiennent compte de la présence d'une ou plusieurs minorités sur
	leur sol lorsqu'ils procèdent à des découpages du territoire en
	subdivisions politiques ou administratives ainsi qu'en circonscriptions
	électorales&quot; (Rapport explicatif de la proposition de la Commission de
	Venise pour une Convention pour la protection des droits des minorités,
	par. 42).</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	terme &quot;majoritaires&quot; doit, par ailleurs, être interprété à la
	lumière de la finalité poursuivie par l'article&nbsp;11. L'octroi du droit
	de disposer d'administrations locales ou autonomes constitue la réalisation
	la plus complète des revendications des minorités</font> <font size="3" face="Times New Roman">concentrées
	dans le cadre des États unitaires; un État fédéral peut en effet aller
	encore plus loin en la matière (voir sur ce point le Rapport de la
	Commission de Venise sur la protection des minorités dans les États
	fédéraux et régionaux) <a href="#Footnote7" name="Footref7">[7]</a>.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	terme &quot;majoritaires&quot; doit, en outre, être entendu en ce sens
	qu'il ne se rapporte pas à un simple rapport numérique, mais implique une
	implantation et une concentration de la minorité dans la région en
	question.</font></p>
	<ol>
		<li type="a" value="3">
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&quot;...
			ont le droit de disposer d'administrations locales ou autonomes
			appropriés ou<br>
			&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;d'un statut spécial ...&quot;</font></li>
	</ol>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">L'article
	11 prévoit un droit de disposer d'une certaine autonomie par trois moyens
	(administrations locales, administrations autonomes et statut spécial),
	qu'il ne définit pas.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">De
	manière générale, on peut affirmer que le droit garanti à l'article 11
	ne peut être interprété comme exigeant des mesures affectant
	fondamentalement la structure de l'État, même si une structure fédérale
	ou régionale permet de reconnaître une autonomie aux minorités résidant
	sur le territoire de l'État, en leur attribuant une assise territoriale
	propre où elles pourront mener une politique par le biais d'institutions
	autonomes ; il n'impose pas, non plus, un modèle précis d'institutions
	d'autonomie locale et la variété de ces modèles sur le continent est
	telle qu'on ne saurait en préconiser un comme modèle à suivre.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">L'État
	aura donc un large choix d'options pour s'acquitter de ses obligations en
	vertu de l'article 11.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">*&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Administrations
	locales ou autonomes appropriées</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Des
	indications importantes sur le contenu du droit de disposer d'une certaine
	autonomie peuvent être fournies par la Charte européenne de l'autonomie
	locale. Selon cet instrument, les collectivités locales sont en mesure
	&quot;de régler et de gérer sous leur propre responsabilité et au profit
	de leurs populations, une part importante des affaires publiques&quot; (art.
	3.1 de la Charte). La Charte de l'autonomie locale fournit par ailleurs une
	série d'éléments concernant les implications de ce &quot;droit de régler
	et gérer une part importante des affaires publiques&quot;. Ainsi,</font></p>
	<ul>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">ce
			droit est exercé par des conseils et assemblées composées de
			membres élus au suffrage libre, secret, égalitaire, direct et
			universel et pouvant disposer d'organes exécutifs responsables
			devant eux (article 3.2 de la Charte);</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">les
			collectivités locales doivent pouvoir exercer leur initiative pour
			toute question qui n'est pas exclue de leur compétence ou
			attribuée à une autre autorité, étant donné que l'exercice des
			responsabilités publiques doit, de façon générale, incomber, de
			préférence, aux autorités les plus proches des citoyens (articles
			4.2 et 4.3 de la Charte);</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">les
			collectivités locales doivent pouvoir définir elles-mêmes les
			structures administratives internes dont elles entendent se doter,
			en vue de les adapter à leurs besoins spécifiques et afin de
			permettre une gestion efficace (Article 6 de la Charte);</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">le
			contrôle administratif des actes des collectivités locales doit
			s'opérer dans les cas et selon les procédures prévus par la loi
			et la Constitution ; il doit viser à assurer le respect de la
			légalité et des principes constitutionnels ; il peut comprendre un
			contrôle de l'opportunité par des autorités de niveau supérieur
			en ce qui concerne les tâches dont l'exécution est déléguée aux
			collectivités locales (article 8 de la Charte);</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">les
			collectivités locales doivent disposer d'un droit de recours
			juridictionnel afin d'assurer le libre exercice de leurs
			compétences et le respect des principes d'autonomie locale qui sont
			consacrés dans la Constitution ou la législation internes (article
			11 de la Charte).</font></li>
	</ul>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Il
	s'agit là d'indications dont devrait s'inspirer la pratique des États
	lorsqu'ils s'acquittent des obligations qui pourraient leur incomber en
	vertu de l'article 11 et non d'exigences propres découlant de ce dernier.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">*&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Statut
	spécial</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	sens du terme &quot;statut spécial&quot; est certes peu clair, mais
	celui-ci manifeste la volonté des rédacteurs de l'article 11 de permettre
	aux États de s'écarter des schémas traditionnels d'administration locale.
	A cet égard, l'État reste libre de déterminer quelle sera la portée de
	ce &quot;statut spécial&quot;. En l'absence d'une pratique commune pouvant
	préciser les exigences minimales d'un tel statut, ce sont les objectifs de
	l'article 11 en général et la volonté présumée des États membres du
	Conseil de l'Europe qui constituent les points de référence pour
	déterminer la portée du &quot;droit à disposer d'un statut
	spécial&quot;. Des exemples peuvent être trouvés dans les statuts
	spéciaux en Italie ou en Espagne, sans que cela exclue la solution de
	l'autonomie personnelle.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">De
	l'avis de la Commission, à la base de tout &quot;statut spécial&quot; doit
	se trouver la volonté d'assurer aux personnes appartenant à une minorité
	une participation effective aux décisions concernant les régions dans
	lesquelles elles vivent ou aux affaires qui les concernent. Les institutions
	qui composeront ce &quot;statut spécial&quot; doivent être en mesure de
	représenter les minorités et d'assurer que les personnes appartenant à
	celles-ci :</font></p>
	<ul>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">seront
			consultées, lorsque les Parties envisagent des mesures
			législatives ou administratives susceptibles de les toucher
			directement;</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">seront
			associées à l'élaboration, à l'évaluation et à la mise en
			oeuvre des plans et des programmes de développement national et
			régional susceptibles de les toucher directement;</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">participeront
			effectivement dans le processus de prise de décision et dans les
			instances élues à la fois au plan local et national, notamment en
			ce qui concerne les domaines de la culture, de l'éducation, de la
			religion, de l'information et des affaires sociales.</font></li>
	</ul>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Ce
	ne sont là que des exigences minimales. Un statut spécial peut, bien
	entendu, aller beaucoup plus loin et doter une région où une minorité est
	majoritaire d'un pouvoir</font> <font size="3" face="Times New Roman">législatif
	et exécutif propre concernant les affaires régionales, approchant ainsi
	une fédéralisation partielle de l'État.</font></p>
	<ol type="a" start="4">
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&quot;...
			correspondant à la situation historique et territoriale ...&quot;</font></li>
	</ol>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	membre de phrase &quot;correspondant à la situation historique et
	territoriale&quot; a une double fonction:</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">D'une
	part, elle demande aux États de tenir compte des traditions des minorités
	en question et de leurs besoins spécifiques; en ce sens elle complète
	l'adjectif &quot;approprié&quot; figurant dans la même disposition.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">D'autre
	part, il introduit la possibilité d'appliquer de façon différenciée ce
	même droit d'État à État, voire de minorité à minorité au sein d'un
	même État. L'application de l'article 11 ne sera donc pas uniforme, mais
	adaptée à l'extrême diversité des situations des minorités nationales.
	La jurisprudence des organes de la Convention eur.D.H. a su ménager un
	équilibre entre le pouvoir discrétionnaire de l'État d'apprécier les
	circonstances particulières d'un cas précis et le contrôle européen
	voulu par la Convention et il est légitime de croire qu'un pareil
	équilibre sera aussi maintenu, dans le cadre de l'article&nbsp;11.</font></p>
	<ol type="a" start="5">
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&quot;...
			conformes à la législation nationale de l'État ...&quot;</font></li>
	</ol>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Le
	fait que les administrations autonomes ou locales et le statut spécial dont
	devraient disposer les minorités doivent tre conformes à la législation
	nationale de l'État marque d'abord les limites de ce droit. En effet, c'est
	l'État qui fixe le cadre légal dans lequel le droit pourra s'exercer et la
	protection internationale n'est accordée qu'aussi longtemps que ce droit
	sera exercé dans la légalité.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Mais
	en même temps, cette phrase comporte la garantie de l'existence d'un cadre
	juridique pour l'exercice de ce droit.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">De
	plus, conformément à la jurisprudence constante des organes de la
	Convention eur. D.H., le pouvoir discrétionnaire qu'a l'État en fixant le
	régime juridique en question est limité par le fait que ce régime doit
	être lui-même compatible avec la Convention et ses protocoles. En
	particulier, il ne doit pas avoir pour effet de vider l'article 11 de sa
	substance.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L'article
	11 de la Recommandation 1201 (1993) combiné avec les articles 13 et&nbsp;14
	de celle-ci</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Les
	articles 13 et 14 disposent :</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;
	Article 13</font></p>
	<blockquote>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><i>&quot;L'exercice
		des droits et libertés énoncés dans ce Protocole s'applique
		intégralement aux personnes appartenant à un groupe majoritaire dans
		l'ensemble de l'État, mais minoritaire dans une ou plusieurs de ses
		régions.&quot;</i></font></p>
	</blockquote>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;
	Article 14</font></p>
	<blockquote>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><i><font size="3" face="Times New Roman">&quot;L'exercice
		des droits et libertés énoncés dans ce Protocole ne saurait limiter
		les devoirs et les responsabilités qui s'attachent à la citoyenneté
		d'un État. Toutefois, cet&nbsp; <font size="3" face="Times New Roman"><i>exercice
		ne peut être soumis qu'à des formalités, conditions, restrictions, ou
		sanctions prévues par la loi et nécessaires, dans une société
		démocratique, à la sécurité nationale, à l'intégrité territoriale
		ou à la sûreté publique, à la défense de l'ordre et à la
		prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, ou
		à la protection des droits et libertés d'autrui.&quot;</i></font></font></i></p>
	</blockquote>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">La
	possibilité d'une application de l'article 13 combiné avec l'article 11 de
	la Recommandation 1201 ne saurait être exclue.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Quant
	à l'article 14, il prévoit la possibilité de restreindre l'exercice des
	droits garantis, y compris celui prévu à l'article 11, par des mesures
	prévues par la loi, qui son nécessaires, dans une société démocratique
	à la réalisation de certains objectifs reconnus comme légitimes par la
	Convention, parmi lesquels la sécurité nationale et l'intégrité
	territoriale. La jurisprudence de la Convention européenne des Droits de
	l'Homme concernant l'interprétation des paragraphes 2 des articles 8 à 11,
	notamment le principe de la proportionnalité entrent ici en ligne de
	compte.</font></p>
	<hr>
	<font size="3" face="Times New Roman">
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><center><b>ANNEXE
	V</b></center></p>
	<i>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">&nbsp;</p>
	</i>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><center><b>Avis
	de la Commission de Venise</b></center></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><center><b>sur
	les dispositions de la Charte européenne</b></center></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><center><b>des
	langues régionales ou minoritaires</b></center></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><center><b>qui
	devraient être acceptées par tous les États contractants</b></center></p>
	<i>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">&nbsp;</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><center></center></i><b>Introduction</b></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">La
	Commission européenne pour la démocratie par le droit (Commission de
	Venise) a été sollicitée par la Commission des Affaires juridiques et des
	Droits de l'Homme de l'Assemblée parlementaire pour étudier la question de
	savoir &quot;s'il est possible de parvenir à un noyau dur de droits dans la
	Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, susceptible
	d'être accepté par tous les États contractants à la Convention&quot;
	(cf. aussi la Directive 513 (1996) de l'Assemblée).</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">Lors
	de sa 24e session plénière (Venise, 8-9 septembre 1995), la Commission a
	décidé de charger sa sous-Commission sur la protection des minorités
	d'étudier cette question sur la base d'un rapport préliminaire préparé
	par M. Maas Geesteranus. La sous-Commission sur la protection des minorités
	a tenu deux réunions sur cette question les 23 novembre 1995 et 29 février
	1996.</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">Le
	présent avis a été élaboré par la sous-Commission sur la protection des
	minorités sur la base d'un rapport de M. Maas Geesteranus, et des
	contributions de MM. Malinverni et Matscher. Il a été adopté par la
	Commission lors de sa 26e session plénière (Venise, 1er-2&nbsp;mars 1996).</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><b>1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le
	souci de garantir un noyau dur des droits des minorités linguistiques en
	Europe</b></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">La
	Commission de Venise partage le souci exprimé dans le Rapport Bindig (Doc.
	7442 du 20 décembre 1995) sur les droits des minorités nationales, souci
	qui a inspiré la proposition de l'Assemblée parlementaire d'étudier la
	possibilité d'identifier un noyau dur d'obligations auxquelles devraient
	souscrire tous les États contractants à la Charte européenne des langues
	régionales ou minoritaires. A cet égard, elle tient à souligner que la
	connaissance et la possibilité d'utiliser sa langue maternelle constituent
	l'essence de l'identité culturelle d'une minorité, c'est-à-dire qu'avec
	la perte de sa langue, celle-ci risque de perdre son identité et de
	s'acheminer vers sa disparition.</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">La
	Commission constate avec le Rapporteur de l'Assemblée une lacune certaine
	dans la Convention européenne des Droits de l'Homme quant à la protection
	spécifique des droits des minorités linguistiques. Quand bien même
	l'article 14 de la Convention combiné avec l'article 2 du Protocole
	additionnel permet d'accorder une certaine protection en la matière (cf.
	Cour eur. D.H. arrêt dans l'affaire linguistique belge, jugement au fond le
	27 juin 1968, série A n°6), aucune liberté linguistique en tant que telle
	n'est explicitement garantie dans la Convention ; par ailleurs, la
	jurisprudence des organes de la Convention ne semble pas indiquer que de
	tels droits pourraient être déduits de la liberté d'expression (article
	10; voir toutefois, l'affaire &quot;Sadik Ahmet c. Grèce&quot;,
	actuellement pendante devant la Cour), de la liberté de pensée et de
	conscience (article 9), ou de l'article 3 du Protocole n°1 ( cf. l'affaire
	&quot;Mathieu-Mohin et Clerfayt c. Belgique&quot; du 2 mars 1987, série A
	n°113).</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">La
	Commission de Venise a déjà défini, dans sa proposition pour une
	Convention européenne pour la protection des minorités, les principes qui
	doivent être appliqués et les droits qui doivent être garantis en
	matière de protection des minorités linguistiques. Selon les articles 7, 8
	et 9 de sa proposition, les personnages appartenant à une minorité ont le
	droit de se servir librement de leur langue, en public et en privé;
	lorsqu'une minorité atteint un pourcentage substantiel de la population
	d'une région ou de la population totale, les personnes appartenant à cette
	minorité doivent pouvoir s'adresser, dans la mesure du possible, dans leur
	propre langue aux autorités politiques, administratives et judiciaires de
	cette région; par ailleurs, dans les écoles publiques, l'enseignement
	obligatoire comporte, pour les élèves appartenant à cette minorité,
	l'étude de leur langue maternelle. La Commission a reconnu que la garantie
	de l'enseignement de la langue maternelle constitue pour un groupe
	minoritaire la clé de voûte de la sauvegarde et de la promotion de sa
	langue.</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">Dans
	le même ordre d'idées s'inscrivent plusieurs dispositions de la
	Convention-cadre pour la protection des minorités nationales (les articles
	9.1, 10, 14 et 17), de la proposition de Protocole additionnel à la
	Convention européenne des Droits de l'Homme contenue dans la Recommandation
	1255 de l'Assemblée parlementaire (article 8.1) <a href="#Footnote8" name="Footref8">[8]</a>.</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">Aux
	yeux de la Commission de Venise la question qui se pose n'est donc pas celle
	de savoir si des droits linguistiques doivent bénéficier d'une garantie
	collective au niveau européen - ce dont elle ne doute pas - mais d'étudier
	si la création d'un noyau dur à partir des dispositions de la Charte
	européenne des langues régionales ou minoritaires est une manière
	appropriée pour garantir ces droits.</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><b>2.
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L'objet de la Charte</b></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">La
	Charte européenne des langues régionales ou minoritaires est destinée à
	protéger et à promouvoir les langues régionales ou minoritaires en tant
	que composante menacée du patrimoine culturel européen. C'est pourquoi,
	l'accent est mis sur la dimension culturelle et l'emploi de ces langues dans
	plusieurs aspects de la vie tels que l'enseignement (article 8), la justice
	(article 9), les relations avec le autorités administratives (article 10),
	les médias (article 11), les activités et équipements culturels (article
	12), la vie économique et sociale (article 13) et les échanges
	transfrontaliers (article 14).</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">La
	Charte ne vise pas la création de droits individuels ou collectifs en
	faveur des personnes pratiquant les langues régionales ou minoritaires dans
	un État. Elle s'efforce de sauvegarder<i> &quot;la valeur de
	l'interculturel et du plurilinguisme&quot; </i>comme étant<i> &quot;une
	contribution importante à la construction d'une Europe fondée sur les
	principes de la démocratie et de la diversité culturelle&quot;</i>, mais
	toujours<i> &quot;dans le cadre de la souveraineté nationale et de
	l'intégrité territoriale&quot; </i>(cf. le Préambule de la Charte ainsi
	que le paragraphe 10 et ss. du rapport explicatif). Par ailleurs, la
	définition des langues régionales ou minoritaires telle que donnée par la
	Charte dans son article 1.a), (i), ne comprend que des langues historiques
	parlées traditionnellement sur le territoire d'un</font> <font size="3" face="Times New Roman">État
	par ses ressortissants, et différente(s) de la ou les langue(s)
	officielle(s) de l'État, en faisant abstraction des langues des migrants et
	des dialectes (article 1.a), (ii).</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">En
	dépit de l'objectif affirmé par ses auteurs dans le rapport explicatif
	(par. 10 et s.), la Charte est en fait souvent considérée aussi bien au
	sein du Conseil de l'Europe qu'en dehors de celui-ci comme un instrument
	fondamental pour la protection des minorités <a href="#Footnote9" name="Footref9">[9]</a>.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Ceci
	n'est guère surprenant. En effet, les différents instruments de protection
	des minorités déjà adoptés, proposés, ou en cours d'élaboration, non
	seulement couvrent par leur champ d'application des domaines très proches,
	mais ils visent également, par leurs dispositions respectives, le problème
	des langues minoritaires.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Ainsi,
	par exemple, on retrouve une partie des principes consacrés à la partie II
	de la Charte et à son article 7, notamment la disposition de l'article
	7.1.d)<i> (&quot;la facilitation et/ou l'encouragement de l'usage oral et
	écrit des langues régionales ou minoritaires dans la vie publique et dans
	la vie privée&quot;) </i>dans des documents suivants:</font></p>
	<ul>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 0; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">article
			10.1 de la Convention-cadre pour les minorités<i> (&quot;Les
			Parties s'engagent à reconnaître à toute personne appartenant à
			une minorité nationale le droit d'utiliser librement et sans
			entrave sa langue minoritaire en privé comme en public, oralement
			et par écrit&quot;);</i></font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 0; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">article
			7.1 de la Recommandation 1201 de l'Assemblée parlementaire<i> </i>[<i>&quot;Toute
			personne appartenant à une minorité nationale a le droit
			d'utiliser librement sa langue maternelle en privé comme en public,
			aussi bien oralement que par écrit&quot;, </i>voir aussi
			Recommandation 1255 (1995)]<i>;</i></font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 0; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">article
			7 de la Proposition pour une Convention européenne pour la
			protection des minorités de la Commission de Venise (<i>&quot;Les
			personnes appartenant à des minorités linguistiques ont le droit
			de se servir librement de leur langue, aussi bien en public qu'en
			privé.&quot;</i>);</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 0; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">article
			2.1 de la Déclaration sur les droits des personnes appartenant à
			des minorités nationales ou ethniques, religieuses ou linguistiques
			des Nations Unies (<i>&quot;les personnes appartenant à des
			minorités ont le droit ... d'utiliser leur propre langue, en privé
			et en public, librement et sans ingérence ni discrimination
			quelconque&quot;</i>);</font></li>
		<li>
			<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 0; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">article
			27 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (<i>&quot;Dans
			les États où il existe des minorités ... linguistiques, les
			personnes appartenant à ces minorités ne peuvent être privées du
			droit ... d'employer leur propre langue.&quot;</i>)</li>
		</ul>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">En
		visant d'abord les langues et par ce biais les minorités linguistiques
		traditionnelles dans les États européens, la Charte sollicite
		certaines actions positives en faveur des langues minoritaires de la
		part des États contractants.
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">Toutefois,
		la nécessité de tenir compte de la complexité et de la diversité de
		la situation des langues régionales ou minoritaires en Europe, a fait
		que la Charte s'est dotée d'une structure particulière lui permettant
		d'appréhender les aspects spécifiques de chaque situation en y
		adaptant ses exigences.</p>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><b>3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Structure
		de la Charte : le système &quot;à la carte&quot;</b></p>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><b>3.1</b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La
		Charte européenne des langues régionales ou minoritaires offre aux
		États deux niveaux d'engagement.</p>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">Tout
		d'abord, la partie II de la Charte et son article 7 définissent les
		principes et les objectifs poursuivis, qui constituent un <i>&quot;tronc
		commun&quot;</i>, c'est-à-dire les obligations devant être acceptées
		par tous les États-Parties. Aucune réserve n'est admise à l'article
		7.1, conformément à l'article 21.</p>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">La
		partie III contient un choix d'engagements précis visant à réaliser
		les principes énoncés dans la partie II. Conformément au paragraphe 2
		de l'article 2 de la Charte, les États peuvent indiquer librement les
		langues auxquelles ils consentent que la partie III soit appliquée et,
		pour chaque langue indiquée, ils peuvent définir quelles sont les
		dispositions de la partie III dont bénéficieront la (les) langue(s)
		choisie(s). La même disposition précise que <i>&quot;chaque Partie
		s'engage à appliquer un minimum de trente-cinq paragraphes ou alinéas
		choisis parmi les dispositions de la partie III de la présente
		Charte&quot;.</i></p>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><b>3.2</b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce
		système<i> &quot;à la carte&quot; </i>a des avantages évidents. Pour
		les langues régionales ou minoritaires, telles que définies par le
		paragraphe a) de l'article 1 de la Charte, l'État souscrit à un double
		engagement, dont le mécanisme est institué par les articles 2 et 3 de
		la Charte.</p>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">L'État
		Partie à la Convention<i> &quot;s'engage à appliquer les dispositions
		de la partie II à l'ensemble des langues régionales ou minoritaires
		pratiquées sur son territoire et qui répondent à la définition de
		l'article 1er&quot; </i>(article 2.1) ; ensuite, l'État indique, au
		moment de la ratification la (les) langues à laquelle (auxquelles) il
		s'engage à appliquer 35 paragraphes ou alinéas (au minimum) choisis
		par lui même parmi les dispositions de la partie III de la Charte
		(article 3.1).</p>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">Le
		libre choix effectué par l'État n'est que relatif car, outre les
		dispositions numériques du paragraphe 2 de l'article 2, celui-ci doit,
		en faisant son choix, tenir compte des<i> &quot;besoins et des voeux
		exprimés par les groupes pratiquant ces langues&quot; (article 7.4). </i>Son
		choix ne saurait donc être arbitraire, mais il sera dicté par la
		volonté d'adopter pour chaque langue régionale ou minoritaire la
		formule correspondant le mieux aux caractéristiques et à l'état de
		développement de cette langue (cf. paragraphe 46 du rapport
		explicatif).</p>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><b>3.3</b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cette
		structure particulière de la Charte, ainsi que sa logique d'une
		adaptabilité à l'extrême variété des situations des langues
		régionales ou minoritaires s'opposent au concept d'une liste
		d'obligations uniformes devant être acceptées par tous les États
		contractants à ladite Charte.</p>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">Mais
		il est important de souligner que l'idée d'un certain noyau dur n'est
		aucunement étrangère à la Charte. En effet, un noyau dur existe
		déjà dans la Charte et cela dans la partie II et à son article 7
		disposant que<i> &quot;chaque Partie s'engage à appliquer (certains
		principes) à l'ensemble des langues régionales ou minoritaires
		pratiquées sur son territoire&quot;</i>, telles que définies par la
		Charte.</p>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><b>4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L'article
		7 de la Charte en tant que <i>&quot;noyau dur&quot;</i></b></p>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><b>4.1</b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L'article
		7 énumère un certain nombre de principes et objectifs qui composent le
		cadre nécessaire à la sauvegarde et à l'encouragement des langues
		régionales ou minoritaires.</p>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">Cet
		article ne contient pas de règles précises, mais il s'efforce de
		définir les bases sur lesquelles<i> &quot;les Parties fondent leur
		politique, leur législation et leur pratique&quot;</i> (article 7.1)
		pour &quot;l'ensemble des langues régionales ou minoritaires
		pratiquées sur (un) territoire&quot; (article 2.1).</p>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">Le
		rapport explicatif regroupe ces objectifs et principes en six points
		principaux (paragraphe 58 et s. du Rapport):</p>
		<ul>
			<li>
				<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">la
				reconnaissance de l'existence et de la légitimité de
				l'utilisation des langues minoritaires ou régionales (article
				7.1.a);</li>
			<li>
				<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">le
				respect de l'aire géographique de chaque langue régionale ou
				minoritaire (article 7.1.b));</li>
			<li>
				<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">la
				nécessité d'une action positive en faveur des langues
				régionales ou minoritaires (article 7.1.c) et d <a href="#Footnote10" name="Footref10">[10]</a>).</li>
			<li>
				<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">la
				garantie de l'enseignement et de l'étude des langues
				régionales ou minoritaires (article 7.1.f et h);</li>
			<li>
				<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">les
				moyens mis à la disposition des personnes non locutrices des
				langues régionales ou minoritaires afin qu'elles puissent
				apprendre ces langues (article&nbsp;7.1.g);</li>
			<li>
				<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">les
				rapports entre groupes parlant une langue régionale ou
				minoritaire.</li>
		</ul>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><b>4.2</b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;En
		outre, le paragraphe 2 de l'article 7, dont le champ d'application
		s'étend à tout le territoire national, contient la clause de
		non-discrimination qui apparaît comme la consécration de
		l'admissibilité de la discrimination positive:</p>
		<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><i>&quot;Les
		Parties s'engagent à éliminer, si elles ne l'ont pas encore fait,
		toute distinction, exclusion, restriction ou préférence injustifiées
		portant sur la pratique</i></font>&nbsp; <font size="3" face="Times New Roman"><i>d'une
		langue régionale ou minoritaire et ayant pour but de décourager ou de
		mettre en danger le maintien ou le développement de celle-ci&quot;.</i></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Toutefois,<i>
	&quot;l'adoption de mesures spéciales en faveur des langues régionales ou
	minoritaires (...) n'est pas considérée comme un acte de discrimination
	envers les locuteurs des langues plus répandues.&quot; </i>Cette
	discrimination positive est la suite logique de l'objectif même de la
	Charte, visant à arrêter le déclin des langues régionales ou
	minoritaires et, si possible, de développer leur utilisation, afin de
	contribuer<i> &quot;au maintien et au développement des traditions et de la
	richesse culturelle de l'Europe&quot; </i>(cf. Préambule de la Charte).</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>5.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La
	fonction de la partie III de la Charte</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>5.1</b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La
	question est posée de savoir si l'on peut concevoir<i> &quot;un noyau
	dur&quot;</i>, composé de certaines dispositions de la partie III de la
	Charte, dans le but de renforcer la protection des langues minoritaires.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Conformément
	aux dispositions du paragraphe 2 de l'article 2 de la Charte, pour<i>
	&quot;toute langue indiquée au moment de la ratification, de l'acceptation
	ou de l'approbation ... chaque Partie s'engage à appliquer un minimum de 35
	paragraphes ou alinéas choisis parmi les dispositions de la partie III.&quot;
	</i>Il est aussi prévu que<i> &quot;toute Partie peut, à tout moment
	ultérieur, notifier au Secrétaire Général qu'elle accepte les
	obligations découlant des dispositions de tout autre paragraphe de la
	Charte qui n'avait pas été spécifié dans son instrument de
	ratification...&quot; </i>ou qu'elle appliquera la partie III de la Charte
	à d'autres langues régionales ou minoritaires pratiquées sur son
	territoire (article 3.2). En revanche, l'État ne peut pas retirer à une
	langue régionale ou minoritaire le bénéfice des dispositions auxquelles
	il a souscrit; (sauf en dénonçant toute la Charte, au sens de l'article
	22).</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>5.2</b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Compte
	tenu de l'extrême diversité des situations des langues minoritaires en
	Europe, la Commission estime que le libellé peu nuancé des dispositions de
	la partie III a pour conséquence que chacune de celles-ci ne se prête que
	difficilement à être acceptée, par tous les États contractants et pour
	toutes les langues régionales ou minoritaires sans exception.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>5.3</b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Par
	ailleurs, la Commission se doit de souligner l'importance de la partie III
	de la Charte:</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">Elle
	traduit les principes généraux définis dans la partie II en engagements
	précis. Une fois acceptées les dispositions de la partie III, l'État
	contractant engage sa responsabilité internationale pour tout manquement
	aux obligations qu'il s'est lui-même fixées, alors même que ces
	engagements varient d'une Partie contractante à l'autre, voire d'une langue
	régionale ou minoritaire à l'autre. Par ailleurs, il se soumet au
	contrôle prévu dans la partie IV de la Charte.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>5.4</b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La
	Commission de Venise note que, selon le rapport explicatif (paragraphes 42,
	43 et 49), l'acceptation des deux parties (II et III) de la Charte n'est pas
	imposée aux États et qu'il reste en principe possible pour un État de
	ratifier la convention sans indiquer de langue aux fins de l'application de
	la partie III, (paragraphe 49 du rapport explicatif). Toutefois, elle
	souligne que le choix d'un État de ne pas faire bénéficier une langue des
	dispositions figurant dans la partie III doit être justifié par des
	raisons relevant de son appréciation, mais compatibles avec l'esprit, les
	objectifs et les principes de la Charte.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>5.5</b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;De
	l'avis de la Commission, le<i> &quot;noyau dur&quot;</i> constitué par la
	partie II de la Charte ainsi que la protection accordée à une (des)
	langue(s) en vertu des dispositions de la partie III confèrent à la Charte
	européenne des langues régionales ou minoritaires un caractère
	spécifique et rendent en même temps cet instrument en principe adapté à
	la situation des langues régionales ou minoritaires historiques de
	l'Europe.</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>6.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Conclusion</b></font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman">De
	l'avis de la Commission,</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>6.1</b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le
	concept d'un noyau dur, tel qu'envisagé par l'Assemblée parlementaire
	s'avère être étranger à l'esprit et au système de fonctionnement de la
	Charte européenne des langues régionales ou minoritaires;</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>6.2</b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La
	Charte est déjà dotée d'un<i> &quot;noyau dur&quot;</i> de principes
	(partie II) qui garantit l'efficacité de la protection accordée par
	celle-ci;</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>6.3</b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;En
	tout état de cause, les dispositions de la partie III, en raison de leur
	libellé et de la façon détaillée dont elles réglementent la matière ne
	se prêtent que difficilement à la création d'un noyau dur susceptible
	d'être accepté par tous les États contractants;</font></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><b>6.4</b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Par
	ailleurs, un noyau dur des droits linguistiques peut être déduit des
	obligations prévues à la Convention-cadre, notamment aux articles 5.1, 6,
	9.1, 10-14 et 17. L'efficacité de la protection que celle-ci accorde
	dépendra largement de la mise en oeuvre du mécanisme permettant d'assurer
	le respect de ses dispositions.</p>
	<hr>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">Commission
	chargée du rapport: commission des questions juridiques et des droits de
	l'homme
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">Implications
	budgétaires pour l'Assemblée: néant</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">Renvoi
	en commission: Directive N° 513 (1996)</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">Projet
	de recommandation adopté à l'unanimité par la commission le 20 mai 1996</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><i>Membres
	de la commission: M. <i>Hagård</i> (<i>Président</i>), M. <i>Schwimmer</i>,
	M<em sup>me</em> <i>Err</i> (<i>Vice-présidents</i>), M<em sup>me</em>
	Aguiar, MM. <i>Akçali</i>, Alexander, <i>Arbnori</i>, <i>Bartumeu Cassany</i>,
	Berti, <i>Bindig</i>, <i>Bobelis</i>, Bucar, Cimoszewicz, Cioni, Clerfayt,
	Columberg, <i>Deasy</i>, Dees, Deniau, Fenech, Filimonov, <i>Fogas</i>, <i>Frunda</i>,
	Fuhrmann, Fydorov, Galanos, M<em sup>me</em> <i>Gelderblom-Lankhout</i>, MM.
	Grimsson, <i>Guenov</i>, <i>Gürel</i>, M<em sup>me</em> <i>Holand</i>, MM.
	Holovatiy, Hunault, <i>Jansson</i>, <i>Jaskiernia</i>, Jeambrun, Karas, <i>Kelam</i>,
	<i>Kirkhill</i>, Koschyk, Kovalev, La Russa, <i>Loutfi</i>, Maginas,
	Magnusson, Martins, <i>Mészáros</i>, Moeller, <i>Németh</i>, Pantelejevs,
	Poppe, Rathbone, <i>Rhinow</i>, Robles Fraga, Rodeghiero, Rokofyllos, <i>Severin</i>,
	<i>Solé Tura</i>, Solonari, Stretovych, <i>Tahiri</i>, <i>Trojan</i>, Weyts,
	M<em sup>me</em> Wohlwend.</i></p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">N.B.
	Les noms des membres qui ont pris part au vote sont indiqués en italique.</p>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6">Secrétaires
	de la commission: M. Plate, Mmes Chatzivassiliou et Kleinsorge.</p>
	</blockquote>
	<hr size="1">
</font>

<blockquote>
    <font size="3" face="Times New Roman">
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font face="Times New Roman"><a href="#Footref1" name="Footnote1">[1]</a><font size="3">
	de la commission des questions juridiques et des droits de l'homme.</font></font>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font face="Times New Roman"><a href="#Footref2" name="Footnote2">[2]</a><font size="3">
	Voir les Avis nos&nbsp;<a href="../../AdoptedText/TA93/fopi174.HTM">174</a> (1993)
	(République tchèque), paragraphe 8; <a href="../../AdoptedText/TA93/fopi175.HTM">175</a>,
	(1993) (Slovaquie), paragraphes 8 et 9; <a href="../../AdoptedText/TA93/fopi176.HTM">176</a>
	(1993) (Roumanie), paragraphe 5; <a href="../../AdoptedText/TA95/fopi183.HTM">183</a>
	(1995) (Lettonie), paragraphe 10.e; <a href="../../AdoptedText/TA95/fopi188.HTM">188</a>
	(1995) (Moldova), paragraphe 11.g; <a href="../../AdoptedText/TA95/fopi189.HTM">189</a>
	(1995) (Albanie), paragraphe&nbsp;16.iv; <a href="../../AdoptedText/TA95/fopi190.HTM">190</a>
	(1995) (Ukraine), paragraphes 11.xiii, et 12.v; <a href="../../AdoptedText/TA95/fopi191.HTM">191</a>
	(1995) (ex-République yougoslave de Macédoine), paragraphes 9.vii et
	10.iv; <a href="../../AdoptedText/TA96/fopi193.HTM">193</a> (1996) (Russie),
	paragraphe 10.iv.</font></font>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><a href="#Footref3" name="Footnote3">[3]</a><font size="3" face="Times New Roman">
	Cand. jur., université d'Islande, 1975; M.C.J., New York University School
	of Law, 1976; et S.J.D, Harvard Law School, 1982. L'auteur a travaillé au
	Centre pour les droits de l'homme des Nations Unies de 1985 à 1995. Il est
	actuellement professeur et codirecteur de l'Institut Raoul Wallenberg pour
	les droits de l'homme et le droit humanitaire à l'université de Lund,
	Suède.</font>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><a href="#Footref4" name="Footnote4">[4]</a><font size="3" face="Times New Roman">
	Dans la même optique, le Comité des Droits de l'Homme des Nations Unies a
	estimé qu'aucun grief concernant l'autodétermination ne peut être
	présenté en vertu du Protocole facultatif au Pacte des Nations Unis sur
	les droits civils et politiques (AB et al. c/Italie, déc. 2.11.1990,
	concernant le Tyrol du Sud). L'observation générale N°(23)50, adoptée
	par le Comité des Droits de l'Homme des Nations Unies, le 26 avril 1994
	concernant l'article 27 du Pacte, est muette sur ce sujet.</font>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><a href="#Footref5" name="Footnote5">[5]</a><font size="3" face="Times New Roman">
	Introduction au Projet de Protocole additionnel à la CEDH sur les droits
	des minorités, Revue Universelle des Droits de l'Homme 1993, p. 184 et s.</font>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font face="Times New Roman"><a href="#Footref6" name="Footnote6">[6]
	</a><font size="3">Voir Commission de Venise, Rapport de synthèse des
	réponses au questionnaire sur les droits des minorités, <i>&quot;La
	protection des minorités&quot;</i>, Travaux de la Commission européenne
	pour la Démocratie par le Droit, Conseil de l'Europe, Collection <i>&quot;Science
	et technique de la démocratie&quot;</i> n° 9, 1994, p.49 et s.</font></font>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font size="3" face="Times New Roman"><a href="#Footref7" name="Footnote7">[7]
	</a><i>&quot;La protection des minorités&quot;</i>, Travaux de la
	Commission européenne pour la Démocratie par le Droit, Conseil de
	l'Europe, Collection &quot;Science et technique de la démocratie n° 9,
	1994, p.326 et s.</font>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font face="Times New Roman"><a href="#Footref8" name="Footnote8">[8]</a><font size="3">
	Cf. également l'article 27 du Pacte international relatif aux droits civils
	et politiques, les articles 4.2 et 4.3 de la Déclaration sur les droits des
	personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses
	et linguistiques adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU le 18
	décembre 1992 et l'article 5.c de la Convention concernant la lutte contre
	la discrimination dans le domaine de l'enseignement du 14 décembre 1960.</font></font>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font face="Times New Roman"><a href="#Footref9" name="Footnote9">[9]</a>
	<font size="3">Cf. Ass.parlementaire, Rapport Bindig sur les droits des
	minorités nationales N° 7442 ; Recommandation <a href="../../AdoptedText/TA96/FREC1285.HTM">1285</a>
	(1996) ; Directive <a href="../../AdoptedText/TA96/FDIR513.HTM">513</a> (1996); A.
	Verdoodt, Le droit d'utiliser la langue de son choix, communication écrite
	présentée au 8e Colloque sur la CEDH (septembre 1995); P. Thornberry &amp;
	M.A. Martin Estebanez, The Council of Europe and Minorities, éd. Conseil de
	l'Europe, septembre 1994; P. Kovacs <i>&quot;La protection des langues des
	minorités ou la nouvelle approche de la protection des minorités?&quot;</i>
	in: R.G.D.I.P., tome 97/1993/2; P. Blair &quot;<i>The Protection of Regional
	or Minority Languages in Europe&quot;</i>, in: Publications de l'Institut du
	Fédéralisme Fribourg Suisse; EUROREGIONS, volume 5, cahier 1.</font></font>
	<p align="justify" style="line-height: 150%; margin-top: 6; margin-bottom: 6"><font face="Times New Roman"><a href="#Footref10" name="Footnote10">[10]</a>
	<font size="3">L'alinéa d) consacre une action favorable au libre emploi de
	la langue minoritaire, tant oralement que par écrit, aussi bien dans la vie
	privée que dans la vie collective. Cet alinéa reprend le principe
	consacré également par la Convention-cadre pour la protection des
	minorités (articles 9, 10.1 et 10.2) et qui figure aussi dans l'article 7
	de la proposition pour une convention européenne pour la protection des
	minorités, élaborée par la Commission de Venise, ainsi que dans l'article
	2.1 de la Déclaration sur les droits des personnes appartenant à des
	minorités de l'ONU.</font></font>
	</blockquote>
</blockquote>
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