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<title>Avant-projet de charte européenne de l'autonomie régionale du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe (CPLRE)</title>
</head>

<body bgcolor="#FFFFFF">

<p><img src="../logotran.gif" width="311" height="162"></p>

<hr size="1">

<p><font size="6"><b>Avant-projet de charte européenne de
l'autonomie régionale du Congrès des pouvoirs locaux et
régionaux de l'Europe (CPLRE)</b></font></p>

<p><b>Rapport</b><a href="#Footnote1" name="Footref1"><em><b>(1)</b></em></a><em><b>
</b></em></p>

<p align="left"><b>Doc. 7771 révisé</b></p>

<p align="left">7 mars 1997<b> </b></p>

<p align="left"><b>Rapporteur : M. João MOTA AMARAL, Portugal,
Groupe du parti populaire européen</b></p>

<hr size="1">

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><i>Résumé</i></p>

<blockquote>
    <p align="left">Ce rapport porte sur un avant-projet de
    charte européenne de l'autonomie régionale, élaboré par
    le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe
    (CPLRE).</p>
    <p align="left">L'Assemblée, qui a participé à son
    élaboration, soutient cette initiative qui assurera une
    garantie juridique internationale à l'autonomie des régions
    européennes et permettra de faciliter les processus de
    régionalisation dans les Etats qui s'engageront à respecter
    les principes de la Charte.</p>
</blockquote>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>I. Projet de résolution </b></p>

<blockquote>
    <p align="left">1.Après plusieurs années d'étude du
    problème de la régionalisation au sein du Conseil de
    l'Europe, le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de
    l'Europe (CPLRE) a adopté, lors de sa première session en
    juin 1994, sa Résolution n° 8 par laquelle il décidait
    d'élaborer une Charte européenne de l'autonomie régionale,
    en coopération avec l'Assemblée parlementaire. A cette fin,
    le CPLRE a constitué un groupe de travail chargé de la
    rédaction d'un avant-projet de charte, auquel l'Assemblée a
    été invitée à participer. La commission de
    l'environnement, de l'aménagement du territoire et des
    pouvoirs locaux a suivi les travaux de ce groupe de travail.</p>
    <p align="left">2.Le 5 juillet 1996, le CPLRE a adopté sa
    Résolution n° 37 sur la Charte européenne de l'autonomie
    régionale par laquelle il approuve, à titre intérimaire,
    un projet de Charte européenne de l'autonomie régionale.
    Après une large consultation, ce projet lui sera de nouveau
    soumis dans une version définitive lors de sa 4ème session
    (3-5 juin 1997) .</p>
    <p align="left">3.Par une lettre du 15 juillet 1996, le
    Président du CPLRE a sollicité de l'Assemblée un avis sur
    ce projet de Charte, dont il sera tenu compte dans le texte
    définitif qui sera élaboré par le CPLRE. La commission de
    l'environnement, de l'aménagement du territoire et des
    pouvoirs locaux a été chargée de la préparation de cet
    avis.</p>
    <p align="left">4.L'Assemblée considère que la
    reconnaissance de l'autonomie régionale s'inscrit dans la
    mise en oeuvre des principes défendus par le Conseil de
    l'Europe et que ce projet de charte vient utilement
    compléter la Charte européenne de l'autonomie locale. Dans
    une Europe en construction, il est aussi important de
    garantir le principe de subsidiarité, d'une part en
    favorisant le développement de la démocratie territoriale,
    en particulier au niveau régional, et d'autre part par la
    promotion de la régionalisation en tant qu'alternative à
    des politiques centralisées qui se révèlent souvent
    inadéquates pour résoudre efficacement certains problèmes
    de proximité.</p>
    <p align="left">5.L'Assemblée félicite le CPLRE pour son
    excellente initiative d'élaborer ce projet de charte qu'elle
    soutient entièrement et elle souhaite exprimer sa
    satisfaction d'avoir été associée aux travaux
    préparatoires dès le début, ce qui lui a permis d'y
    contribuer tout au long de l'élaboration du texte.</p>
    <p align="left">6.Elle est convaincue de l'intérêt et de
    l'utilité d'élaborer un instrument juridique établissant
    les principes généraux de l'autonomie régionale et
    respectueux des différentes traditions nationales, à un
    moment où plusieurs Etats membres se sont déjà dotés
    d'une structure régionale et où d'autres s'engagent sur la
    voie de la régionalisation, alors qu'il n'existe aucun texte
    international contraignant en la matière.</p>
    <p align="left">7.Une fois l'autonomie locale mieux assurée
    par la Charte européenne de l'autonomie locale, il est
    important que le Conseil de l'Europe fasse un pas de plus et
    qu'il se dote d'une Charte européenne de l'autonomie
    régionale qui tienne compte d'une autre réalité
    institutionnelle de notre continent. Un tel texte donnera une
    garantie juridique internationale aux régions européennes
    pour le respect de leur autonomie et pourra servir de
    référence pour les processus de régionalisation en cours
    ou en projet dans certains Etats membres.</p>
    <p align="left">8.L'Assemblée est généralement satisfaite
    de la rédaction actuelle du projet qui lui a été soumis
    et, en particulier, elle accueille favorablement le choix de
    ne pas avoir défini la région, ce qui, outre la difficulté
    intrinsèque d'une telle tâche, n'aurait pas permis de tenir
    compte de l'extrême diversité institutionnelle régionale
    existante en Europe. Quant au texte même de la Charte, elle
    se limite à quelques remarques, dans la perspective de la
    version définitive en cours d'élaboration.</p>
    <p align="left">9.Elle soutient également l'innovation de ce
    projet visant à permettre à des Etats qui ne sont pas
    encore en mesure de respecter les dispositions de la Charte,
    de s'engager à le faire selon un calendrier prédéterminé.
    Cette possibilité devrait se révéler très utile pour des
    Etats n'ayant pas institué de régions mais qui
    souhaiteraient s'engager dans un processus de
    régionalisation. </p>
    <p align="left">10.L'Assemblée poursuivra sa coopération au
    cours des travaux devant mener à l'élaboration finale d'un
    projet de convention et prendra position sur le texte
    définitif en temps voulu. </p>
</blockquote>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>II. Exposé des motifs</b> <b>par le
rapporteur</b> </p>

<blockquote>
    <p align="left">En juin 1994, lors de sa première session,
    le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe
    (CPLRE) a adopté la Résolution 8 (1994) relative à la
    conférence sur &quot;La régionalisation en Europe: bilan et
    perspectives&quot;. Cette résolution invitait la Chambre des
    régions et la Chambre des pouvoirs locaux à élaborer une
    Charte européenne de l'autonomie régionale selon le modèle
    de la Charte européenne de l'autonomie locale, et cela en
    coopération avec l'Assemblée parlementaire.</p>
    <p align="left">Sur la base de cette résolution, le CPLRE a
    constitué un groupe de travail chargé de rédiger un
    avant-projet de Charte. L'Assemblée a été invitée à
    participer aux travaux préparatoires et, en son nom, la
    Commission de l'environnement, de l'aménagement du
    territoire et des pouvoirs locaux a participé aux réunions
    de ce groupe de travail par l'intermédiaire de ses
    représentants. En tant que membre du CPLRE, j'ai eu
    l'honneur de participer aux travaux de ce groupe de travail
    depuis le début. Et étant devenu membre de l'Assemblée
    parlementaire, c'est avec plaisir que j'ai continué à
    participer activement à ce projet, en tant que rapporteur de
    la commission.</p>
    <p align="left">Ce groupe de travail a préparé un
    avant-projet de Charte qui a été discuté et approuvé par
    la Chambre des régions du CPLRE et adopté par la Commission
    permanente du CPLRE le 5 juillet 1996. Ce texte figure dans
    la Résolution 37 (1996) du CPLRE (cf. Annexe 1), qui l'a
    transmis à l'Assemblée en sollicitant son avis.</p>
    <p align="left">Sur la base de l'avis de l'Assemblée, des
    avis sollicités d'autres instances (notamment du Comité des
    régions de l'Union européenne) et des consultations
    effectuées auprès des régions ou de leurs associations
    représentatives (notamment l'Assemblée des Régions
    d'Europe et le Conseil des Communes et Régions d'Europe), le
    CPLRE élaborera une version finale de l'avant-projet de
    Charte, qui sera soumis pour adoption au Congrès lors de sa
    4ème session (3-5 juin 1997).</p>
    <p align="left">Il doit être précisé que cet avis de
    l'Assemblée ne sera en fait qu'un avis intérimaire, dans
    l'attente de l'avis définitif qui sera rendu lorsque, une
    fois finalisé, le texte de l'avant-projet de charte adopté
    par le CPLRE sera officiellement transmis à l'Assemblée.</p>
    <p align="left">C'est pour cette raison que votre rapporteur
    estime ne pas devoir examiner dans le détail ce premier
    avant-projet et se limiter plutôt à des considérations
    générales, dans l'attente du texte final.</p>
    <p align="left">En premier lieu, nous devons nous féliciter
    de cette initiative du CPLRE qui, espérons-le, viendra
    rapidement compléter l'arsenal conventionnel du Conseil de
    l'Europe, une fois que le Comité des Ministres aura examiné
    la charte et décidé de l'ouvrir à la signature en tant que
    convention européenne. Ce texte vient en fait à point
    nommé au moment où, presque partout à travers l'Europe,
    des processus de régionalisation ont, soit donné lieu à la
    constitution de régions dotées d'une autonomie plus ou
    moins importante, soit ont été engagés ou sont l'objet de
    discussions ou de réflexion.</p>
    <p align="left">Ce projet de nouvelle charte de l'autonomie
    régionale vient opportunément compléter l'initiative
    précédente de la Charte européenne de l'autonomie locale,
    adoptée en 1985 et entrée en vigueur en 1988. Cette Charte
    a été, et reste, particulièrement utile dans le processus
    de démocratisation des pays d'Europe centrale et orientale,
    initié à partir de 1989. Elle est du reste devenue une des
    conventions de référence du Conseil de l'Europe.</p>
    <p align="left">Mais, bien que la démocratie locale ne soit
    pas parfaitement consolidée, développée ou appliquée dans
    tous les Etats membres du Conseil de l'Europe, on peut
    admettre qu'il n'y aura pas de retour en arrière et que le
    fondement de la démocratie locale ne sera plus mis en
    question. De là cette initiative de faire un pas de plus
    dans la protection juridique européenne de l'autonomie
    territoriale en se préoccupant cette fois de l'autonomie
    régionale.</p>
    <p align="left">Et cela d'autant plus que, une fois la
    première phase de mise en place de nouvelles institutions
    démocratiques locales accomplie dans les nouveaux Etats
    membres d'Europe centrale et orientale, certains de ces pays
    ont ressenti le besoin de faire un pas de plus sur la voie de
    la démocratisation politique en instituant un deuxième
    niveau entre les communes et l'administration centrale: le
    niveau régional. D'autre part, d'autres Etats membres plus
    anciens se sont déjà eux-mêmes dotés d'institutions
    régionales, certains depuis longtemps, et cela à leur
    entière satisfaction, aucun d'entre eux n'ayant remis en
    question ce type d'organisation institutionnelle. C'est donc
    là encore un acquis politique et institutionnel sur lequel
    les pays concernés ne reviendront pas, d'où l'intérêt du
    Conseil de l'Europe de contempler cette réalité dans un
    nouvel instrument juridique proposé par le CPLRE.</p>
    <p align="left">Contrairement à certaines craintes ou
    critiques, nous croyons pouvoir affirmer que dans les pays
    où des régions ont été instituées, celles-ci ont
    contribué au développement et au raffermissement de la
    démocratie. Le développement d'institutions politiques
    intermédiaires permet notamment d'éviter une concentration
    excessive du pouvoir, elle facilite le contrôle politique et
    la participation des citoyens (plus de transparence due à la
    proximité du pouvoir), rapproche la prise de décisions de
    ces mêmes citoyens (principe de subsidiarité), accroît
    l'efficacité de la gestion (rapidité des décisions et
    meilleure connaissance des problèmes), permet de satisfaire
    certaines aspirations identitaires et de donner réponse à
    des spécificités régionales (géographiques,
    linguistiques, culturelles ou autres), etc.</p>
    <p align="left">Ces mêmes régions ont aussi contribué à
    un meilleur développement économique et à une plus grande
    cohésion sociale sans pour autant compromettre les
    politiques nationales dans leurs pays respectifs. Tout au
    contraire!</p>
    <p align="left">De plus, dans une Europe qui se construit
    progressivement, souvent en unifiant et, en conséquence, en
    centralisant davantage encore certaines compétences
    nationales (ceci concerne surtout l'Union européenne), il
    faudra veiller à s'assurer qu'un tel processus n'aura pas
    pour conséquence une perte de qualité et de substance
    démocratique due à l'éloignement des centres de pouvoir et
    de décision, au transfert d'un nombre croissant de
    compétences au niveau européen, à la démotivation de
    citoyens qui pourraient se sentir de moins en moins
    concernés par des décisions sur lesquelles ils auraient de
    moins en moins prise.</p>
    <p align="left">Sans doute, et on en a souvent relevé le
    paradoxe, l'unification européenne devra-t-elle se faire
    parallèlement au développement, au niveau interne, des
    régions qui, d'une part, là où elles existeraient,
    pourraient garantir un accès plus facile du citoyen aux
    décisions qui l'affectent plus directement et, d'autre part,
    lui permettraient de s'identifier davantage avec ses
    représentants élus.</p>
    <p align="left">De là aussi l'intérêt que nous voyons dans
    ce projet de Charte européenne de l'autonomie régionale,
    qui viendra donner une garantie juridique internationale aux
    régions européennes, qui pourraient trouver dans une telle
    charte des éléments reconnaissant leur raison d'être et
    affirmant leur rôle indispensable dans cette nouvelle Europe
    en construction.</p>
    <p align="left">Cette charte aura donc une grande utilité
    non seulement pour les régions existantes ou en voie de
    constitution, mais elle pourra également servir de source
    d'inspiration et de cadre à d'autres Etats membres du
    Conseil de l'Europe qui souhaiteraient s'engager sur la voie
    de la régionalisation.</p>
    <p align="left">Cependant, votre rapporteur souhaite encore
    rappeler deux aspects importants de ce texte qui, pour
    certains esprits, pourrait comporter des doutes sur
    d'éventuelles conséquences qu'il pourrait entraîner en
    absence des sauvegardes nécessaires. Je veux me référer au
    respect de l'autonomie locale et de la souveraineté
    nationale des Etats.</p>
    <p align="left">Je crois qu'il faut d'emblée écarter toute
    arrière-pensée ou sous-entendu en ce sens. Ce n'est pas là
    du tout l'objet de ce projet de charte qui, dans l'esprit et
    la philosophie du Conseil de l'Europe et en appliquant ses
    principes, ne prétend que, et ce n'est pas peu de chose,
    développer les institutions démocratiques sur notre
    continent européen. C'est ainsi que l'ont voulu et l'ont
    conçu ses rédacteurs et c'est ainsi que nous le voyons
    aussi à l'Assemblée.</p>
    <p align="left">D'ailleurs, pour éviter quelque suspicacité
    que ce soit, le préambule prévoit très justement, à ses
    paragraphes 10 et 14 que, d'une part, les régions doivent
    protéger l'autonomie des collectivités locales (également
    à l'article 8) et, d'autre part, qu'elles ne doivent pas
    porter atteinte à la loyauté envers l'Etat ou remettre en
    cause son intégrité territoriale.</p>
    <p align="left">D'autre part, il y a lieu de souligner la
    grande diversité de modèles régionaux existant en Europe
    depuis les Etats fédéraux jusqu'à ceux, plus ou moins
    régionalisés, ayant institué des régions qui disposent de
    structures et de compétences très diverses (parfois
    celles-ci variant même à l'intérieur d'un même Etat). Il
    était donc sans doute difficile d'élaborer un texte en
    s'inspirant d'un type particulier de région, car il se
    devait d'être applicable au plus grand nombre possible de
    ces diverses réalités institutionnelles.</p>
    <p align="left">On doit donc accueillir favorablement le
    choix des rédacteurs de ne pas avoir défini la région -ce
    qui eût d'ailleurs été une tâche extrêmement difficile
    vu l'absence d'accord de la doctrine à ce sujet- de manière
    à laisser ouvertes les possibilités d'adhésion à la
    Charte tant pour les Etats déjà régionalisés comme pour
    ceux qui sont en voie de régionalisation. Une définition
    précise eût d'une certaine manière équivalu à
    l'imposition d'un modèle déterminé de région, ce qui
    n'aurait pas été souhaitable, et en tout cas serait même
    inacceptable pour certains Etats. </p>
    <p align="left">Une définition aurait d'autre part rendu
    difficile l'avenir des processus en cours dans plusieurs
    pays, processus naturellement évolutifs, qui ont donné, et
    donneront sans doute, naissance à de nouvelles formes de
    régionalisation qui doivent pouvoir être contemplées par
    cette nouvelle charte.</p>
    <p align="left">Cependant, bien que le texte du projet de
    charte ne donne pas une définition précise de la région,
    celle-ci peut être déduite du contenu même de ses
    dispositions lorsqu'elles traitent des compétences, de
    l'organisation institutionnelle ou des finances des régions
    (articles 4 à 20).</p>
    <p align="left">Toutefois, la définition de l'autonomie
    régionale qui figure à l'article 3 énonce tout de même
    quelques éléments constitutifs des régions
    (...&quot;collectivités territoriales les plus vastes au
    sein de chaque Etat, dotées d'organes élus, situées entre
    l'Etat et les collectivités locales et disposant soit de
    prérogatives d'auto-administration, soit de prérogatives
    d'ordre étatique&quot;...) qui, sans véritablement les
    définir, permettent d'en cerner les contours institutionnels
    et d'en saisir le contenu constitutif. Sans doute n'est-il
    pas possible ou utile d'aller plus loin dans un texte
    général comme celui-ci, qui doit rester ouvert à une
    multiplicité de réalités institutionnelles diverses.</p>
    <p align="left">Du reste, l'article 25 du projet de charte
    (engagements et réserves), tient compte de cette diversité
    en permettant aux Etats de présenter des réserves envers
    certaines dispositions du texte.</p>
    <p align="left">On peut donc considérer qu'il était
    difficile aux auteurs d'aller au-delà sans risquer de
    compromettre dès le départ l'existence même de ce projet,
    bien que sa rédaction actuelle puisse provoquer quelque
    gêne juridique à cause de l'indéfinition de certains de
    ses préceptes. Mais à trop vouloir préciser les concepts,
    eût-il été possible, par l'entremise d'une telle charte,
    d'empiéter sur les prérogatives des Etats en ce qui
    concerne leur propre organisation institutionnelle interne ?</p>
    <p align="left">D'autre part, les auteurs avaient reçu le
    mandat de s'inspirer de la Charte européenne de l'autonomie
    locale et, en conséquence, ils ont suivi, mutatis mutandis,
    ce modèle, notamment en ce qui concerne l'absence d'une
    définition. </p>
    <p align="left">Ce modèle ayant fait ses preuves, il serait
    étonnant d'imaginer que son application et élargissement à
    l'autonomie régionale puisse susciter des difficultés qui
    ne se seraient pas déjà fait jour plus tôt dans le domaine
    de l'autonomie locale. Et en tout cas, il serait sans doute
    hasardeux de se risquer à innover dans un domaine comme
    celui de l'autonomie régionale qui, comme cela a été dit,
    ne connaît pas une situation homogène dans nos différents
    pays. Loin s'en faut.</p>
    <p align="left">Votre rapporteur, et l'Assemblée, ne peuvent
    en cela que créditer les auteurs du texte d'une prudence
    justifiée qui, autrement, aurait mis en péril dès le
    départ l'objectif même de cette initiative. Initiative qui,
    forte du soutien de l'Assemblée joint à l'acceptation du
    Comité des Ministres, devrait permettre l'adoption par le
    Conseil de l'Europe du premier instrument juridique
    international reconnaissant et régissant l'autonomie
    régionale.</p>
    <p align="left">Votre rapporteur souhaite néanmoins faire
    quelques commentaires ponctuels concernant certaines
    dispositions du projet de charte.</p>
    <p align="left">En ce qui concerne l'article 3 (Principe),
    paragraphe 1, in fine, (...&quot;notamment en vue de
    favoriser le développement régional durable.&quot;), votre
    rapporteur estime que cette phrase ne devrait pas figurer à
    cette place dans la définition du principe de l'autonomie
    régionale. Cette définition, aussi souple qu'elle soit,
    devrait se limiter à des concepts politiques et juridiques.
    D'éventuels objectifs de cette autonomie ou des exemples
    comme l'expression citée, imprécise par ailleurs,
    trouveraient une meilleure place dans le rapport explicatif
    de la Charte ou, le cas échéant, dans son préambule, par
    exemple à la fin du paragraphe 15.</p>
    <p align="left">En ce qui concerne l'article 10 concernant
    les relations et les organismes transfrontaliers, et dans la
    mesure où ces relations peuvent être considérées comme
    une catégorie particulière des relations inter-régionales
    régies par l'article 9, on pourrait se poser la question de
    la nécessité d'une telle disposition. Il pourrait sembler
    suffisant, quitte à le préciser dans le rapport explicatif,
    que les relations inter-régionales comprennent les relations
    transfrontalières. Et cela d'autant plus qu'il existe un
    instrument spécifique qui réglemente ces relations, la
    Convention-cadre européenne sur la coopération
    transfrontalière des collectivités ou autorités
    territoriales (1980), qui vient d'ailleurs d'être récemment
    complétée par un protocole additionnel (1995).</p>
    <p align="left">D'autre part, en ce qui concerne les
    réserves autorisées par l'article 25-2, votre rapporteur
    souhaiterait en limiter la portée pour ne pas réduire celle
    de certaines dispositions. Ainsi la possibilité d'émettre
    des réserves à l'article 5 (Compétence d'exécution) peut
    sembler excessive dans la mesure où cette disposition se
    limite à exprimer une éventualité souhaitable (&quot;...il
    est souhaitable que...&quot;). Elle ne fait donc pas naître
    per se une quelconque obligation juridique à l'encontre des
    Etats qui ratifieraient la charte. En conséquence, et en
    l'état actuel du libellé, l'autorisation de cette réserve
    ne nous semble pas indispensable.</p>
    <p align="left">La possibilité de réserve à l'article 10-2
    (Relations et organismes transfrontaliers) ne serait pas
    justifiée non plus si, comme proposé ci-dessus, les
    relations transfrontalières devaient être comprises dans
    l'article 9 et si elles devaient être régies par les
    dispositions de la Convention-cadre.</p>
    <p align="left">En ce qui concerne la réserve prévue pour
    l'article 13-2 (Participation aux affaires européennes et
    internationales), votre rapporteur n'en partage pas le
    bien-fondé. Il nous semble que toute mise en cause directe
    des compétences des régions nécessite à n'en pas douter
    une consultation préalable de la part du gouvernement
    national. Par contre, il nous semblerait plus acceptable de
    prévoir une possibilité de réserve à la partie finale de
    ce paragraphe (qui pourrait devenir un paragraphe 3) en ce
    qui concerne l'inclusion de représentants régionaux dans
    les délégations nationales.</p>
    <p align="left">Finalement, nous ne partageons pas non plus
    la possibilité de réserve prévue pour l'article 16-3
    (Administration régionale) en ce qui concerne le statut du
    personnel des régions, puisque cette disposition en limite
    déjà la portée dans son libellé même (&quot;...dans la
    limite des principes généraux...etc.&quot;). Dans la mesure
    où le paragraphe 1 de cet article octroie aux régions le
    droit de disposer d'un personnel propre, il semble normal que
    celles-ci soient à même d'en définir le statut sans autres
    limitations que celles évoquées par le paragraphe 3
    lui-même.</p>
    <p align="left">Par contre, au vu des difficultés pratiques
    que sa mise en oeuvre pourrait comporter pour certains Etats,
    l'article 11 (Représentation à l'étranger) nous semblerait
    pouvoir bénéficier d'une possibilité de réserve, du moins
    pour sa deuxième partie, qui pourrait peut-être faire
    l'objet d'un paragraphe séparé. Car autant l'ouverture de
    bureaux de liaison auprès d'autres régions ne semble pas
    devoir poser de problèmes particuliers, autant cela pourrait
    être le cas lorsqu'il s'agirait de le faire auprès
    d'organisations internationales autres que l'Union
    européenne, qu'il y a lieu de considérer comme un cas
    particulier et auprès de laquelle de tels bureaux ont déjà
    été ouverts par de nombreuses régions. Il nous semblerait
    plus judicieux de prévoir une possibilité de réserve pour
    cette deuxième partie de paragraphe, le cas échéant en en
    faisant un nouveau paragraphe.</p>
    <p align="left">En outre, en ce qui concerne l'article 26
    (Contrôle de l'application de la Charte), rien n'est dit en
    ce qui concerne un rôle éventuel de l'Assemblée dans cette
    procédure. L'Assemblée ne souhaite nullement empiéter sur
    un des domaines de compétence du CPLRE et considère ce
    dernier comme l'instance appropriée pour effectuer un suivi
    périodique de l'application de la Charte, en coordination
    avec le Comité des Ministres.</p>
    <p align="left">Cependant, en tant qu'organe parlementaire du
    Conseil de l'Europe, et dans le cadre plus large de la
    procédure de suivi des obligations et engagements des Etats
    membres du Conseil de l'Europe, l'Assemblée jugerait utile
    d'être saisie pour information tant des rapports transmis
    par le CPLRE avec ses observations au Comité des Ministres
    que des conclusions du Comité des Ministres. L'Assemblée
    souhaiterait que soit rajouté un paragraphe à cet article
    prévoyant cette possibilité.</p>
    <p align="left">Votre rapporteur souhaite encore exprimer
    quelques doutes sur la rédaction de l'article 29 (Régions
    auxquelles s'applique la Charte), en particulier en ce qui
    concerne la deuxième phrase. Autant n'y aurait-il rien à
    dire quant au principe de la limitation du champ
    d'application de la Charte, autant semble-t-il peut
    souhaitable de permettre aux Parties d'exclure certaines
    régions de ce champ d'application. </p>
    <p align="left">Mais sans doute s'agit-il là d'une question
    de rédaction qui ne traduit pas la volonté des auteurs. Le
    libellé actuel semblerait permettre l'exclusion de régions
    à titre individuel, ce qui serait difficilement acceptable.
    Probablement les auteurs du projet ont utilisé le terme
    &quot;régions&quot; en voulant signifier
    &quot;catégories&quot; ou &quot;types&quot; de régions
    (régions, provinces, départements, etc.) auquel cas il y
    aurait lieu de modifier le libellé en ce sens. C'est du
    reste, par analogie, le terme qui est utilisé dans l'article
    13 de la Charte européenne de l'autonomie locale, qui parle
    de &quot;catégories de collectivités locales&quot;.</p>
    <p align="left">Par ailleurs, l'Assemblée juge très
    positive l'innovation recueillie dans l'article 27
    (Engagement des Etats dans un processus de régionalisation).
    Cet article, par lequel des Etats n'ayant pas encore
    institué de régions (et pour lesquels la Charte ne serait
    donc pas applicable), mais ayant mis en oeuvre un processus
    de régionalisation, peuvent s'engager à respecter les
    principes de la Charte et à les mettre en oeuvre dans un
    délai de dix ans. Cette disposition permet aux Etats
    souhaitant instituer des régions de le faire en tenant
    compte des principes du Conseil de l'Europe dès le début de
    leur processus de régionalisation et en rendant patente leur
    volonté de se conformer à ces principes.</p>
    <p align="left">Finalement, en ce qui concerne l'article 30
    (Adhésion d'Etats européens non membres du Conseil de
    l'Europe), votre rapporteur doute de l'utilité d'une telle
    disposition au moment ou la presque totalité des Etats
    européens sont déjà membres du Conseil de l'Europe ou en
    voie de le devenir assez rapidement (Arménie, Azerbaïdjan,
    Bélarus, Bosnie-Herzégovine et Géorgie bénéficient du
    Statut d'invité spécial auprès de l'Assemblée et ont
    déjà introduit une demande d'adhésion au Conseil de
    l'Europe, actuellement en cours d'examen par l'Assemblée).
    D'ailleurs, et à titre d'exemple, l'Assemblée vient de
    décider d'abolir sa commission des relations avec les pays
    européens non membres en fonction de ce critère. Il est
    vraisemblable qu'au moment où le Comité des Ministres
    ouvrirait cette charte à la signature et que les Etats
    cités ci-dessus seraient éventuellement intéressés à y
    adhérer, ils seront sans doute déjà membres de
    l'Organisation, ce qui rendrait sans objet cet article.</p>
    <p align="left">Si l'on devait souhaiter garder l'idée d'une
    ouverture de la charte, une autre possibilité pourrait
    consister dans une légère modification du libellé de
    l'article 27 (Engagement des Etats dans un processus de
    régionalisation) en séparant les deux phrases de son
    paragraphe 1 pour en faire deux paragraphes séparés. </p>
    <p align="left">Le premier paragraphe pourrait
    éventuellement se lire comme suit: &quot;Les Etats, y
    compris les Etats européens non membres, dans lesquels un
    processus de régionalisation, etc...&quot;. Le deuxième
    paragraphe pourrait ensuite préciser: &quot;Les Etats
    membres (ou Chaque Partie) s'engagent, etc....&quot;.</p>
    <p align="left">A ce propos, le délai imparti de dix années
    pour une pleine application de la Charte nous semble excessif
    pour des Etats en cours de régionalisation dont on peut
    supposer que, dans la mesure où ils souscrivent au respect
    des principes de la charte, c'est qu'ils comptent
    effectivement mettre rapidement en place une structure
    régionale. Leur engagement n'aurait pas beaucoup de sens si
    on devait maintenir d'aussi longs délais. A cet égard, un
    délai de cinq ans nous semblerait suffisant et plus
    crédible pour les Etats concernés.</p>
    <p align="left">Il faut en tout cas saluer l'inclusion de
    cette disposition nouvelle qui permettra aux Etats qui le
    souhaiteront de s'engager immédiatement dans un processus
    qui, dès le départ, sera conforme aux principes et aux
    pratiques de notre Organisation.</p>
    <p align="left">Enfin, en ce qui concerne les propositions
    figurant à l'Annexe 2 de la Résolution 37 (1996)
    (Propositions présentées par les délégués au cours de la
    3e Session du Congrès), votre rapporteur souhaite exprimer
    quelques doutes quant à leur pertinence.</p>
    <p align="left">Pour ce qui est de la première proposition,
    le libellé du projet de Charte nous semble meilleur en
    l'état, malgré les difficultés déjà exprimées en ce qui
    concerne une définition de la région. Le cas échéant,
    l'expression utilisée dans la première disposition
    transitoire de la Charte du CPLRE (...&quot;entités placées
    au niveau immédiatement inférieur à l'Etat et ayant des
    compétences propres et des organes élus&quot;...) nous
    semblerait plus pertinente et éviterait la multiplication de
    définitions au sein d'une même organisation. En tout cas,
    l'expression proposée de collectivités territoriales
    &quot;...situées...au même niveau que les collectivités
    locales...&quot; ne nous paraît pas appropriée et nous
    semble ne pas devoir être reprise.</p>
    <p align="left">A propos de la deuxième proposition, elle
    nous semble politiquement délicate et susceptible de
    provoquer des craintes inutiles auprès de plusieurs Etats,
    qui pourraient entraîner leur refus de signer cette charte,
    voire des problèmes réels de voisinage qui iraient à
    l'encontre de la volonté et de la pratique traditionnelle du
    Conseil de l'Europe en matière de coopération
    transfrontalière. Nous serions donc en faveur de ne pas
    retenir une telle proposition.</p>
    <p align="left">En ce qui concerne la troisième proposition,
    elle ne nous semble pas indispensable puisque, d'une part,
    elle se réfère à une autre organisation, l'Union
    européenne, dont les Etats membres sont différents de ceux
    du Conseil de l'Europe, et que, d'autre part, la Charte
    s'adresse précisément aux Etats membres du Conseil de
    l'Europe et qu'aucune prévision n'y figure concernant une
    éventuelle adhésion de l'Union européenne. Par ailleurs,
    et dans la mesure où l'Union européenne n'est pas
    concernée par cette charte, la rédaction de ce paragraphe
    pourrait être interprétée comme une immixtion dans ses
    compétences: (&quot;Le principe de solidarité
    implique&quot;...&quot;Ce système de compensation doit être
    orienté&quot;...).</p>
    <p align="left">Une telle prise de position sur la politique
    interne d'une autre organisation, qui plus est dans un texte
    à caractère conventionnel, nous semble difficilement
    acceptable. Cette proposition relèverait plutôt d'une
    recommandation qui pourrait être adressée à l'Union
    européenne dans un texte approprié. Nous proposerions donc
    de ne pas la retenir ou, le cas échéant, d'y faire
    référence de manière purement factuelle au paragraphe 1 de
    l'article 19, par exemple en ajoutant les mots &quot;Elle
    tient compte des moyens de compensation financière
    institués au sein de l'Union européenne&quot; à la fin du
    paragraphe.</p>
    <p align="left">En guise de conclusion, l'Assemblée se
    félicite de la préparation de ce texte qu'elle soutient
    entièrement, tant en ce qui concerne son opportunité
    politique dans l'Europe d'aujourd'hui que pour son contenu,
    qui correspond sans doute aux besoins des régions
    européennes. L'Assemblée partage tout à fait les objectifs
    du CPLRE et les souhaits exprimés par les régions
    européennes au sujet de cette initiative et elle en
    recommandera l'adoption par le Comité des Ministres dans les
    meilleurs délais.</p>
    <p align="left">L'Assemblée souhaite d'ores et déjà
    manifester son souhait que cette charte ait valeur de
    convention au même titre que la Charte européenne de
    l'autonomie locale, ce qui viendrait compléter les
    instruments juridiques de notre Organisation en matière de
    démocratie et d'autonomie territoriale. </p>
</blockquote>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<hr size="1">

<p align="left">Commission chargée du rapport: commission de
l'environnement, de l'aménagement du territoire et des pouvoirs
locaux.</p>

<p align="left">Implication budgétaire: néant.</p>

<p align="left">Renvoi en commission: mandat permanent.</p>

<p align="left">Projet de résolution adopté par la commission
le 24 février 1997.</p>

<p align="left">Membres de la commission : <i>M. Briane
(Président)</i>, <i>M. Ruffy, </i>Mmes Severinsen, Aytaman
(Vice-Présidents), MM. Abdulatipov, <i>Akçali, </i>Andreoli, <i>Assis
Miranda</i>, <i>Besostri, </i>Blaauw, <i>Mme Blunck, </i>MM.&nbsp;Bonrepaux,
<i>Büchel, </i>Chircop, <i>Christodoulides</i>, Mme Ciemniak,
MM. Ciupaila, <i>Cox</i>, Mme Dromberg, MM. Erroi, Feldmann,
Frunda, <i>Gregory</i>, Haraldsson, <i>Hardy</i>, Hoeffel, Mme
Jaruga-Nowacka, <i>M. Johansson O.</i>, Mme Johansson, MM.
Kopliku, Korakas, <i>Kovacevic</i>, Kukk, Lie, <i>Lukas</i>,
Martinez Casan (Remplaçant: <i>Onaindia</i>), Mocanu, Molnár, <i>Mota
Amaral</i>, Mozetic, Mme Naoumova, Lord Newall (Remplaçant: <i>Sir
Keith Speed</i>), MM. <i>Penz, </i>Plattner, Priedkalns, Prokes
(Remplaçant: <i>Fico</i>), Prusi, Rakhansky (Remplaçant: <i>Dron</i>),
Recoder (Remplaçant: <i>Bolinaga</i>), Mme Riess-Passer, MM.
Rizzi (Remplaçant: <i>Rodeghiero</i>), Rott, <i>Samofalov</i>,
Shishlov (Remplaçant: <i>Mme Oleinik), </i>Skoularikis,
Sobyanin, <i>Staes</i>, Steolea, <i>Svoboda</i>, <i>Theis, </i>Toshev,
<i>Valkeniers, Woltjer, Zierer</i>.</p>

<p align="left"><i>N.B. Les noms des membres de la commission
présents à la réunion sont indiqués en italique.</i></p>

<p align="left">Secrétaires de la commission : Mme
Cagnolati-Staveris, M. Sixto. </p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<hr size="1">

<p align="left"><a href="#Footref1" name="Footnote1"><i>Note: 1</i></a><i>de
la commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire
et des pouvoirs locaux.</i> </p>
</body>
</html>
