<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//IETF//DTD HTML//EN">
<html>

<head>

<meta name="GENERATOR" content="Microsoft FrontPage 2.0">
<title>Traite des femmes et la prostitution forcée dans les Etats membres du Conseil de l'Europe</title>
</head>

<body bgcolor="#FFFFFF">

<p><img src="../logotran.gif" width="311" height="162"></p>

<hr size="1">

<p><font size="6"><b>Traite des femmes et la prostitution forcée
dans les Etats membres du Conseil de l'Europe</b></font></p>

<p><b>Rapport </b><a href="#Footnote1" name="Footref1">(1)</a></p>

<p><b>Doc. 7785</b> </p>

<p align="left">26 mars 1997<b> </b></p>

<p align="left"><b>Rapporteur: M</b><em><b>me</b></em><b> Renate
WOHLWEND, Liechtenstein, Groupe du parti populaire européen</b></p>

<hr size="1">

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><i>Résumé</i></p>

<blockquote>
    <p align="left">Alarmée par l'accroissement considérable
    qu'ont connu au cours de ces dernières années la traite des
    femmes et la prostitution forcée dans les Etats membres du
    Conseil de l'Europe, et inquiète de la participation
    croissante des organisations criminelles à cette
    délinquance lucrative, l'Assemblée exprime la nécessité
    pour le Conseil de l'Europe, en tant qu'organisation
    paneuropéenne dotée d'un mandat clair en matière de droits
    de l'homme et regroupant à la fois des pays d'origine et des
    pays de destination des femmes victimes de la traite, de
    mener une action urgente et concertée pour combattre ce
    phénomène.</p>
    <p align="left">L'Assemblée recommande donc au Comité des
    Ministres d'élaborer une convention normative sur la traite
    des femmes et la prostitution forcée. Cette convention,
    centrée sur les droits de l'homme, devrait énoncer des
    mesures répressives destinées à combattre la traite, par
    une harmonisation des législations notamment dans le domaine
    pénal, ouvrir de nouvelles possibilités d'améliorer la
    communication, la coordination et la coopération policière
    et judiciaire, et prévoir un certain niveau d'assistance
    juridique, médicale et psychologique et de protection
    physique, ainsi que l'octroi de permis de résidence
    temporaire, pour les victimes de la traite, surtout
    lorsqu'elles sont prêtes à témoigner devant un tribunal.
    La convention devrait instituer un mécanisme pour contrôler
    le respect de ses dispositions, et pour coordonner l'action
    en cours au niveau paneuropéen de lutte contre la traite des
    femmes et la prostitution forcée.</p>
    <p align="left">L'Assemblée recommande en outre au Comité
    des Ministres d'inviter les Etats membres à adopter diverses
    mesures au niveau national pour combattre plus efficacement
    la traite des femmes et la prostitution forcée. </p>
</blockquote>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>I. Projet de recommandation</b> </p>

<blockquote>
    <p align="left">1.L'Assemblée s'alarme de l'accroissement
    considérable qu'ont connu au cours de ces dernières années
    la traite des femmes et la prostitution forcée dans les
    Etats membres du Conseil de l'Europe. Elle s'inquiète de la
    participation croissante des organisations criminelles à
    cette délinquance lucrative, utilisée par ces groupes pour
    financer et étendre leurs autres activités telles que le
    trafic d'armes et de stupéfiants et le blanchiment de
    l'argent. L'Assemblée est également préoccupée par le
    fait que cette évolution a entraîné une détérioration du
    traitement de ces femmes, lequel confine à l'esclavage.</p>
    <p align="left">2.L'Assemblée définit la traite des femmes
    et la prostitution forcée comme tout transfert légal ou
    illégal de femmes et/ou le commerce de celles-ci, avec ou
    sans leur consentement initial, en vue d'un profit
    économique, dans l'intention de les contraindre ensuite à
    la prostitution, au mariage ou à d'autres formes
    d'exploitation sexuelle forcée. Le recours à la force, qui
    peut être physique, sexuelle et/ou psychologique, comprend
    l'intimidation, l'abus d'autorité ou la mise en situation de
    dépendance.</p>
    <p align="left">3.Considérant que la traite des femmes et la
    prostitution forcée ainsi définies constituent une forme de
    traitement inhumain et dégradant en même temps qu'une
    violation flagrante des droits de l'homme, l'Assemblée
    estime nécessaire que le Conseil de l'Europe, ses Etats
    membres et d'autres organisations internationales
    entreprennent d'urgence une action concertée. Dans ce cadre,
    elle se félicite de l'adoption par l'Union européenne, le
    29 novembre 1996, d'un programme d'action commune dans ce
    domaine, bien que ce texte ne comporte aucune recommandation
    contraignante. Le Conseil de l'Europe, en tant
    qu'organisation paneuropéenne dotée d'un mandat très clair
    en matière de droits de l'homme et regroupant à la fois des
    pays d'origine et des pays de destination des femmes victimes
    de la traite, occupe une position idéale pour prendre la
    tête de la lutte contre la traite des femmes et la
    prostitution forcée, et devrait sans plus tarder agir en ce
    sens.</p>
    <p align="left">4.L'Assemblée recommande au Comité des
    Ministres d'élaborer une convention sur la traite des femmes
    et la prostitution forcée, une telle convention serait
    également ouverte à la signature d'Etats non membres du
    Conseil de l'Europe. Sa portée devrait être limitée aux
    femmes adultes et reposer sur la définition de l'Assemblée
    donnée au paragraphe 2 ci-dessus. Elle devrait insister tout
    particulièrement sur les droits de l'homme, et énoncer des
    mesures répressives destinées à lutter contre la traite
    par une harmonisation des législations, notamment dans le
    domaine pénal, offrir de nouvelles possibilités
    d'améliorer la communication, la coordination et la
    coopération policière et judiciaire, et prévoir un certain
    niveau d'assistance et de protection pour les victimes de la
    traite, notamment lorsqu'elles sont prêtes à témoigner en
    justice, en leur assurant si nécessaire une protection
    physique et, dans tous les cas, des permis de séjour
    temporaires ainsi qu'une assistance juridique, médicale et
    psychologique. La convention devrait instituer un mécanisme
    de contrôle de l'application de ses dispositions et
    coordonner l'action en cours au niveau paneuropéen pour
    lutter contre la traite des femmes et la prostitution
    forcée. Le Comité des Ministres est invité à soumettre
    pour avis à l'Assemblée le projet de convention avant son
    adoption.</p>
    <p align="left">5.L'Assemblée recommande également au
    Comité des Ministres d'inviter les Etats membres à:</p>
    <ol type="i" start="1">
        <li><p align="left">adopter des mesures spécifiques
            visant à davantage sensibiliser le public en
            général, et en particulier les groupes cibles des
            victimes potentielles des trafiquants, par exemple
            grâce à une information assurée par le personnel
            des consulats et des ambassades chargé de traiter
            les demandes de visa et de permis de travail;</p>
        </li>
        <li><p align="left">créer, au niveau national, des
            services de police spécialisés dans la lutte contre
            la traite des femmes et la prostitution forcée, tout
            en améliorant la communication, la coordination et
            la coopération internationales entre les services de
            police par le biais d'Interpol et d'Europol, mais
            aussi dans le cadre de contacts bilatéraux et
            multilatéraux;</p>
        </li>
        <li><p align="left">prendre des dispositions permettant
            la saisie et la confiscation des profits issus de
            délits liés à la traite des femmes et à la
            prostitution forcée, ainsi que la fermeture des
            établissements dans lesquels des victimes de la
            traite sont sexuellement exploitées;</p>
        </li>
        <li><p align="left">accorder des permis de séjour aux
            victimes de la traite des femmes et de la
            prostitution forcée disposées à témoigner en
            justice, et à leur faire bénéficier, si
            nécessaire, de mesures de protection des témoins;</p>
        </li>
        <li><p align="left">organiser une assistance juridique,
            médicale et psychologique pour les victimes de la
            traite des femmes et de la prostitution forcée, et
            particulièrement pour celles disposées à
            témoigner en justice;</p>
        </li>
        <li><p align="left">envisager d'introduire des règles
            spécifiques dans les procédures pénales concernant
            l'utilisation de la force à l'encontre des victimes
            de la traite des femmes et de la prostitution
            forcée, d'alourdir les peines encourues au titre de
            la traite des femmes et de leur prostitution forcée
            et, enfin, de rendre passibles de poursuites pénales
            les clients recourant sciemment aux services d'une
            femme contrainte à la prostitution ou au mariage;</p>
        </li>
        <li><p align="left">demander aux Etats n'extradant pas
            leurs ressortissants pour des délits commis à
            l'étranger d'envisager leur poursuite dans leur pays
            d'origine au titre d'actes liés à la traite des
            femmes et commis à l'étranger, que le pays dans
            lequel a été perpétré le délit le demande ou
            non;</p>
        </li>
        <li><p align="left">faciliter la réinsertion des femmes
            victimes de la traite dans la société de leur pays
            d'origine à leur retour. </p>
        </li>
    </ol>
</blockquote>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>II. Exposé des motifs par Mme Wohlwend</b> </p>

<p align="left"><b>I. Introduction</b> </p>

<blockquote>
    <p align="left">1.En juillet 1994, plusieurs membres de
    l'Assemblée parlementaire ont déposé une proposition de
    recommandation sur la traite des femmes et la prostitution
    forcée dans les Etats membres du Conseil de l'Europe. Devant
    l'ampleur dramatique prise par ce phénomène, ils
    dénonçaient le traitement inhumain et dégradant ainsi que
    l'exploitation dont sont victimes un grand nombre de ces
    femmes comme une forme d'«esclavage déguisé» constituant
    à ce titre une violation flagrante des droits de la
    personne. Ils proposaient en conséquence que l'Assemblée
    invite le Comité des Ministres à prendre des mesures
    urgentes pour mettre un terme à la progression de la traite
    des femmes et de la prostitution forcée, notamment en
    engageant la responsabilité pénale des personnes et des
    réseaux pratiquant la prostitution forcée et/ou la traite
    des femmes.</p>
    <p align="left">2.La Commission des questions juridiques et
    des droits de l'homme a été saisie pour rapport de cette
    proposition de recommandation, et j'ai moi-même été
    désignée comme rapporteuse. J'étudie cette question depuis
    plus d'un an<a href="#Footnote2" name="Footref2">(2)</a>. Au
    cours de cette période, c'est avec surprise que j'ai
    découvert la véritable ampleur du phénomène de la traite
    des femmes et de la prostitution forcée, qui se déroule à
    une échelle ahurissante. En 1995, la sellette a davantage
    été occupée par la traite et l'exploitation sexuelle des
    enfants, thème qui a été traité par l'Assemblée au cours
    d'un débat d'urgence organisé au mois de septembre dernier.
    Bien que le nombre de femmes victimes de la traite ou de la
    prostitution forcée, ou encore mariées après avoir été
    choisies sur catalogue, etc., soit considérablement
    supérieur, l'opinion publique européenne n'a pas réagi à
    ce phénomène avec la même indignation, peut-être parce
    que les victimes apparaissent comme moins innocentes, que ces
    délits se déroulent dans certains milieux louches ou de
    mauvaise réputation, ou peut-être encore en raison du très
    grand nombre de personnes concernées (parmi lesquelles des
    milliers de «clients»). La traite des femmes et la
    prostitution forcée, bien qu'il s'agisse là d'actes
    dégradants, physiquement rabaissants et mettant souvent en
    danger la vie des victimes, n'ont toutefois pas encore
    attiré suffisamment d'attention. Le présent rapport entend
    faire évoluer cette situation.</p>
    <p align="left">3.Dans cet exposé, je traiterai
    exclusivement du trafic des femmes, et non de celui des
    enfants ou des êtres humains en général. Cela s'explique
    par le fait que la traite des enfants et l'exploitation ou
    les mauvais traitements sexuels dont ils sont victimes
    exigent des mesures différentes de celles qu'appelle la
    traite des femmes. En ce qui concerne la traite des enfants,
    il existe en outre un consensus beaucoup plus large sur les
    mesures nécessaires et les gouvernements, ainsi que les
    organisations internationales, progressent rapidement dans ce
    domaine<a href="#Footnote3" name="Footref3">(3)</a>. Je
    n'aborderai pas non plus la traite des êtres humains en
    général, étant donné que le nombre d'hommes victimes de
    la traite à des fins d'exploitation sexuelle est minime et
    que je ne puis aborder la question de la traite des hommes à
    d'autres fins (telles que l'exploitation de travailleurs
    sous-payés) en raison des limites imposées par mon mandat.
    J'essaierai toutefois de donner dans ce rapport une
    définition de la traite des femmes et de la prostitution
    forcée et soulignerai les problèmes spécifiques qu'il
    convient d'aborder ainsi que les éventuelles solutions qui
    pourraient y être apportées. J'exposerai ensuite les
    raisons pour lesquelles une convention du Conseil de l'Europe
    dans ce domaine me semble nécessaire et avancerai quelques
    suggestions quant à sa portée et son contenu éventuels.</p>
</blockquote>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>II. Définition de la traite des femmes et de
la prostitution forcée </b></p>

<blockquote>
    <p align="left">4.Il est de toute évidence difficile de
    trouver une définition exacte de la traite des femmes et de
    la prostitution forcée. S'il est clair que le cas des femmes
    et des jeunes filles victimes d'un enlèvement ou d'un abus
    de confiance, physiquement ou sexuellement exploitées et
    contraintes par des proxénètes à entrer ou à rester dans
    le monde de la prostitution peut aisément s'inscrire dans le
    cadre d'une définition, il est plus difficile de trouver un
    consensus en ce qui concerne les critères à appliquer aux
    femmes et aux jeunes filles qui entrent «de leur plein
    gré» dans les filières de la traite et de la prostitution
    pour des nécessités économiques. Il n'y a pas non plus de
    consensus sur la question de savoir si les femmes ayant
    contracté un mariage après avoir été choisies sur
    catalogue doivent être incluses dans cette définition, et
    s'il est nécessaire de traverser une frontière pour être
    considérée comme victime de la traite. Le problème se
    trouve encore compliqué par le fait que le jugement moral
    porté sur la prostitution n'est pas le même partout, ce qui
    conduit à des solutions juridiques différentes. </p>
    <p align="left">5.Plusieurs définitions ont été proposées
    par diverses organisations. L'expert du Conseil de l'Europe
    chargé par le Comité directeur pour l'égalité entre les
    femmes et les hommes d'établir un plan d'action contre la
    traite des femmes et la prostitution forcée, l'avocate belge
    Michèle Hirsch, a proposé la définition suivante:</p>
    <blockquote>
        <p align="left">«<i>Il y a traite des femmes quand une
        femme est exploitée dans un autre pays que le sien par
        une autre personne (physique ou morale) en vue de la
        réalisation de gains financiers, la traite consistant
        dans le fait d'organiser (le séjour ou) l'émigration
        légale ou illégale d'une femme, même consentante,
        depuis son pays d'origine vers le pays de destination et
        de l'entraîner d'une manière quelconque dans la
        prostitution ou toute forme d'exploitation sexuelle</i>».<a href="#Footnote4" name="Footref4">(4)</a> </p>
    </blockquote>
    <p align="left">L'inconvénient de cette définition réside,
    à mon avis, dans le fait qu'elle est très large quant à la
    question du consentement, mais restrictive quant au type de
    profit (financier et non pas matériel en général) et à la
    situation des femmes objets de la traite dans leur propre
    pays. </p>
    <p align="left">6.Quant à l'Organisation internationale pour
    les migrations (OIM), elle définit la traite des femmes
    comme</p>
    <blockquote>
        <p align="left">«<i>tout transfert illicite de femmes
        migrantes et/ou leur commerce en vue d'en tirer un profit
        personnel, économique ou autre. La traite ainsi définie
        peut consister à: </i></p>
    </blockquote>
    <blockquote>
        <ul>
            <li><p align="left"><i>faciliter la circulation
                illégale de femmes migrantes vers d'autres pays,
                avec ou sans leur consentement ou leur pleine
                conscience de la situation;</i><b><i> </i></b></p>
            </li>
            <li><p align="left"><i>tromper les femmes migrantes
                sur l'objet de leur migration, légale ou non; </i></p>
            </li>
            <li><p align="left"><i>soumettre des femmes migrantes
                à des violences physiques ou sexuelles en vue de
                leur traite; </i></p>
            </li>
            <li><p align="left"><i>vendre des femmes, ou en faire
                le commerce, en vue de les contraindre à occuper
                un emploi, à se marier, à se prostituer ou à
                d'autres formes de mauvais traitement à des fins
                lucratives.</i><b><i> </i></b>»<a href="#Footnote5" name="Footref5">(5)</a> </p>
            </li>
        </ul>
    </blockquote>
    <p align="left">L'inconvénient de cette définition réside
    à mon sens dans le fait qu'elle est trop large quant aux
    buts recherchés par la traite et qu'elle se limite à la
    traite internationale. </p>
    <p align="left">7.La définition donnée par Europol du
    trafic des êtres humains est la suivante:</p>
    <blockquote>
        <p align="left">«<i>On entend par traite des êtres
        humains le fait de placer une personne sous la domination
        réelle et illégale d'autres personnes en recourant à
        la violence, à des menaces, à l'abus d'autorité ou à
        l'intrigue, en vue d'une exploitation de la prostitution,
        de diverses formes d'exploitation et de mauvais
        traitements sexuels de mineurs ou du commerce d'enfants
        abandonnés</i>.»<a href="#Footnote6" name="Footref6">(6)</a>
        </p>
    </blockquote>
    <p align="left">Cette définition, bien qu'elle traite
    également des enfants, se rapproche de mes propres
    conceptions en ce qui concerne l'usage de la force et la
    question de la traite au sein des frontières nationales.</p>
    <p align="left">8.La Commission européenne définit quant à
    elle la traite comme </p>
    <blockquote>
        <p align="left">«<i>le transfert vers l'Union
        européenne de femmes provenant de pays tiers (y compris
        éventuellement leur circulation ultérieure d'un Etat
        membre à l'autre) à des fins d'exploitation sexuelle.
        [...] La traite à des fins d'exploitation sexuelle
        implique que les femmes aient subi des menaces et/ou des
        violences à ce titre. Un consentement initial n'est pas
        forcément pertinent, étant donné que certaines d'entre
        elles savent qu'elles travailleront comme prostituées,
        mais sont ensuite privées de leurs droits fondamentaux
        et réduites à un état proche de l'esclavage.</i>»<a href="#Footnote7" name="Footref7">(7)</a> </p>
    </blockquote>
    <p align="left">Cette définition est trop limitée quant à
    sa portée géographique, mais expose de manière très
    claire le problème du consentement initial. </p>
    <p align="left">9.Une combinaison de toutes ces définitions
    me semblerait constituer la solution la plus appropriée. Je
    serais favorable à une définition suffisamment large pour
    couvrir touts les cas d'utilisation de la force et
    d'exploitation, qu'elles soient psychologiques, physiques ou
    sexuelles, sans toutefois inclure la prostitution volontaire
    en tant que telle. Aux fins du présent rapport, je
    définirai ainsi la traite des femmes et la prostitution
    forcée:</p>
    <blockquote>
        <p align="left">«<i>On entend par traite des femmes tout
        transfert légal ou illégal de femmes et/ou leur
        commerce, avec ou sans leur consentement initial, en vue
        d'un profit économique, dans l'intention de les
        contraindre ensuite à la prostitution, au mariage ou à
        d'autres formes d'exploitation sexuelle forcée. Le
        recours à la force, qui peut être physique, sexuelle
        et/ou psychologique, comprend l'intimidation, l'abus
        d'autorité ou la mise en situation de dépendance</i>.»
        </p>
    </blockquote>
</blockquote>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>III. Problèmes à traiter et solutions
potentielles</b> </p>

<blockquote>
    <p align="left">10.Pour la seule année 1995, l'OIM estime à
    au moins 500 000 le nombre de femmes victimes de la traite en
    direction d'Etats membres de l'Union européenne. Si jusqu'en
    1989, la plupart des victimes venaient de pays en
    développement d'Amérique latine, d'Afrique ou d'Asie,
    depuis la chute du mur de Berlin, la part de femmes venant
    d'Europe centrale et orientale a plus que triplé. Les Etats
    membres du Conseil de l'Europe sont donc concernés à plus
    d'un titre: il n'est pas rare que les nouveaux Etats membres
    soient à la fois des pays de destination et des pays
    d'origine de femmes victimes de la traite.<a href="#Footnote8" name="Footref8">(8)</a></p>
    <p align="left">11.La traite des femmes et la prostitution
    forcée sont des activités lucratives pour les trafiquants,
    les tenanciers de maisons de passe et les proxénètes
    impliqués. Très souvent, les victimes sont abusées quant
    à l'objet de leur voyage clandestin vers un pays plus riche:
    on leur promet qu'elles vont échapper à la pauvreté qui
    règne dans leur pays et avoir un travail à
    l'&quot;ouest&quot;, par exemple de serveuse ou d'assistante
    dans un salon de beauté ; en réalité, les trafiquants leur
    confisquent leur passeport à peine elles ont traversé la
    frontière et les forcent à travailler dans des night-clubs
    ou des maisons de passe dans des conditions inhumaines. Il
    n'est pas rare qu'une femme victime de la traite doivent
    &quot;servir&quot; dix clients par nuit; souvent, elle doit
    accepter des pratiques sexuelles dangereuses ou dégradantes
    que d'autres prostituées refuseraient (rapports sans
    préservatifs, au risque de contracter le virus du SIDA,
    sadisme, etc.). Les bénéfices - qui peuvent atteindre des
    montants considérables - reviennent au proxénète ou au
    patron de la maison de passe. Une épouse choisie sur
    catalogue risque également de se retrouver maintenue contre
    son gré dans un esclavage sexuel par un mari violent et
    injurieux.</p>
    <p align="left">12.La plupart des pays de destination
    essaient d'avertir les victimes potentielles du danger de la
    traite avant même qu'elles traversent la frontière.
    Malheureusement, même l'intérêt croissant que les médias,
    les consulats et les ambassades portent à ce problème
    semble manquer sa cible. Compte tenu du dénuement dans
    lequel elles se trouvent, de nombreuses femmes se laissent
    abuser d'autant plus facilement qu'elles sont
    &quot;recrutées&quot; par des amis ou des connaissances qui
    leur inspirent confiance. Certains pays font plus d'efforts
    que d'autres: ainsi, les Pays-Bas investissent
    financièrement dans des projets visant à développer
    l'indépendance financière des femmes pour prévenir la
    traite; quant à la Suisse, elle élabore actuellement un
    document d'information destiné aux femmes qui sollicitent un
    permis de travail pour être &quot;danseuses de cabaret&quot;
    (voir annexe II, point 8). L'efficacité de ces mesures et
    évidemment difficile à évaluer.</p>
    <p align="left">13.Pour ceux qui sont à l'origine de la
    traite des femmes et de la prostitution forcée, le risque de
    se faire prendre est négligeable. En effet, les rares femmes
    qui parviennent à s'enfuir sont souvent expulsées comme
    immigrantes clandestines lorsqu'elles s'adressent à la
    police, soit parce qu'elles sont entrées clandestinement
    dans le pays, soit parce que leur visa ou permis de séjour
    n'est plus valable. De plus, si elles acceptent de
    témoigner, elles s'exposent à des représailles - dirigées
    contre elles-mêmes ou contre leur famille restée dans le
    pays d'origine - de la part des trafiquants, dont les
    réseaux sont de plus en plus organisés et étendus. Enfin,
    il est souvent difficile, voire impossible pour la victime de
    prouver que l'on a employé la force à son encontre ; devant
    un tribunal, sa parole est mise en balance avec celle du
    trafiquant ou du tenancier de la maison de passe, ce qui
    limite le taux de condamnation. Pour toutes ces raisons, la
    plupart des femmes victimes de la traite finissent par
    abandonner tout espoir et accepter leur sort, si bien
    qu'elles restent dans la prostitution et perdent toute
    dignité et tout amour propre.</p>
    <p align="left">14.La traite étant si lucrative et le taux
    de condamnation si faible, un nombre croissant de groupes
    criminels organisés s'engagent dans cette activité. Cette
    évolution a plusieurs effets négatifs. Tout d'abord, ces
    groupes ont des ramifications dans les pays d'origine et dans
    les pays de destination, qui peuvent leur servir de bases
    d'expansion pour d'autres activités criminelles (trafic de
    drogue ou d'armes, blanchiment d'argent, etc.), souvent
    financées par les bénéfices tirés de la traite. Par
    ailleurs, le traitement réservé aux victimes se durcit, car
    les groupes organisés ont plus de moyens de les forcer à
    rester dans la prostitution et n'hésitent pas à se servir
    d'elles (en les menaçant de mort ou en menaçant de tuer les
    membres de leur famille dans le pays d'origine, en les
    maintenant dans des maisons de passe bien gardées dont il
    est presque impossible de s'enfuir, etc.).</p>
    <p align="left">15.Malheureusement, la coopération
    internationale qui s'exerce dans ce domaine entre les Etats
    membres du Conseil de l'Europe n'est pas vraiment à la
    hauteur de l'internationalisation croissante des groupes
    criminels. Si la coopération policière par le biais
    d'Interpol et d'Europol semble bien fonctionner - quatorze
    pays ont indiqué dans leur réponse au questionnaire de la
    Commission des questions juridiques et des droits de l'homme
    qu'ils font appel à ces institutions pour combattre la
    traite des femmes et la prostitution forcée (voir annexe II,
    point 7) -, la coopération policière et judiciaire
    bilatérale et multilatérale est encore assez limitée.<a href="#Footnote9" name="Footref9">(9)</a> De plus, rares sont
    les pays qui possèdent des organes de police spécifiques
    autres que des brigades des moeurs ou des services
    spécialisés dans la lutte contre les réseaux de traite des
    femmes et de prostitution forcée (les Pays-Bas constituent
    l'exception, avec leurs spécialistes de la traite des femmes
    et de la prostitution forcée implantés dans chaque
    région), ce qui rend la coopération internationale plus
    pesante au niveau des organes de police et ne permet pas de
    prendre en compte le caractère spécifique de ce délit.</p>
    <p align="left">16.On peut donc en conclure que l'engagement
    croissant des organisations criminelles internationales dans
    la traite des femmes et la prostitution forcée est une
    évolution très alarmante contre laquelle il faut lutter de
    toute urgence. Parmi les solutions possibles, mentionnons
    celles-ci : coopération institutionnelle élargie entre les
    organes de police des Etats membres du Conseil de l'Europe,
    au niveau bilatéral ou multilatéral ; adoption de mesures
    en vue de la saisie et de la confiscation des bénéfices
    tirés de délits liés à l'exploitation sexuelle ;
    fermeture des établissements dans lesquels des victimes de
    la traite sont exploitées sexuellement ; programmes de
    protection policière pour les victimes de la traite qui
    s'enfuient et s'exposent à la vengeance des trafiquants sur
    leur propre personne ou sur des membres de leur famille dans
    le pays d'origine.</p>
    <p align="left">17.Sur ce dernier point, il convient de
    souligner que si aucun Etat membre du Conseil de l'Europe ne
    semble avoir de dispositif de protection spécialement
    destiné aux femmes victimes de la traite qui souhaitent
    témoigner devant un tribunal, des dispositifs généraux de
    protection des témoins pourraient leur être appliqués dans
    neuf Etats membres (voir annexe II, point 9 b), ce qui est
    rarement fait. Il serait hautement souhaitable que tous les
    Etats membres du Conseil de l'Europe instaurent de tels
    systèmes de protection et en fassent bénéficier plus
    largement les victimes de la traite et de la prostitution
    forcée. Je crois savoir que le Comité des Ministres du
    Conseil de l'Europe travaille actuellement à l'élaboration
    d'une recommandation sur les programmes de protection des
    témoins ; il serait bon que ce texte soit adopté
    rapidement.</p>
    <p align="left">18.Les trafiquants agissent souvent en toute
    impunité, car ils ne craignent pas les sanctions, soit parce
    que les peines infligées pour réprimer la traite des femmes
    et la prostitution forcée sont très légères, soit parce
    qu'il est impossible d'obtenir leur condamnation du fait que
    les principaux témoins - à savoir les femmes victimes de la
    traite - ont trop peur des représailles pour témoigner,
    lorsqu'ils n'ont pas été expulsés vers leur pays
    d'origine. C'est pourquoi l'intérêt des autorités est que
    les femmes prêtes à témoigner puissent bénéficier non
    seulement d'un programme de protection des témoins, mais
    aussi d'un permis de séjour temporaire, voire permanent. A
    l'heure actuelle, seuls cinq Etats membres du Conseil de
    l'Europe possèdent des dispositions juridiques permettant
    d'accorder aux victimes un tel permis de séjour (Allemagne,
    Grèce, Luxembourg, Pays-Bas et Royaume-Uni), mais la Suède
    étudie actuellement la possibilité de s'en doter (voir
    annexe II, point 9 c). Aux Pays-Bas, pays le plus avancé
    dans ce domaine, les victimes de la traite qui portent des
    accusations reçoivent des prestations sociales, un
    hébergement sûr, une assistance juridique, médicale et
    psychologique en sus d'un permis de séjour temporaire. Ces
    mesures expliquent peut-être en partie pourquoi les Pays-Bas
    sont plus efficaces que la plupart des autres Etats dans la
    lutte contre la traite des femmes et la condamnation des
    trafiquants.<a href="#Footnote10" name="Footref10">(10)</a>
    L'octroi de permis de séjour permanents et l'aide à la
    réintégration des femmes rapatriées dans leur pays
    d'origine sont des mesures exceptionnelles (voir annexe II,
    point 9 d).</p>
    <p align="left">19.Une solution plus radicale en matière de
    justice pénale consisterait, dans certaines circonstances,
    à imposer au défendeur la charge de la preuve. Dans les
    pays où la prostitution n'est pas un délit en soi, c'est à
    la victime du proxénète de prouver qu'il l'a forcée à se
    prostituer si l'on ne veut pas qu'il reste en liberté. C'est
    généralement une tâche quasiment impossible pour la
    victime, car sa parole est mise en balance avec celle du
    défendeur. En pareil cas, la possibilité de faire assumer
    à ce dernier la charge de la preuve - c'est-à-dire de
    l'obliger à prouver que la victime s'est engagée dans la
    prostitution de son plein gré - mérite quelque réflexion,
    même si je suis consciente des problèmes que cela pourrait
    poser au regard de la présomption d'innocence.</p>
    <p align="left">20.Il convient également d'étudier la
    possibilité d'infliger des peines plus sévères aux
    personnes qui pratiquent la traite des femmes et les forcent
    à se prostituer, et d'ériger en infraction les actes des
    agences matrimoniales qui organisent des mariages par
    correspondance. Les Etats membres du Conseil de l'Europe
    possèdent en la matière des législations très variables,
    qui dépendent essentiellement de leur position en matière
    de prostitution. Si quelques Etats ont fait de la traite des
    femmes un délit spécifique, un grand nombre d'autres pays
    l'inscrivent dans la catégorie de la traite des êtres
    humains en général, de la prostitution forcée ou du
    proxénétisme. Dans certains pays abolitionnistes, la
    prostitution en tant que telle est également considérée
    comme un délit, bien que la plupart n'aient pas érigé en
    infraction l'activité des intéressées. Si ces différences
    dans les dispositions juridiques - qui résultent de la
    divergence des points de vue moraux sur la prostitution -
    peuvent engendrer d'énormes problèmes dans le cadre de la
    coopération judiciaire et de la mise en oeuvre des
    conventions sur la traite des êtres humains, il serait
    malheureusement utopique de prôner leur harmonisation,
    puisque les opinions divergent tant au sujet de la
    prostitution volontaire. Dans ces conditions, il semble plus
    réaliste de préconiser l'harmonisation des dispositions
    juridiques uniquement en ce qui concerne la prostitution
    forcée et la traite des femmes.</p>
    <p align="left">21.S'agissant de l'extradition des
    délinquants, la Convention européenne d'extradition et la
    Convention européenne d'entraide judiciaire en matière
    pénale constituent déjà un bon cadre pour que les
    personnes ayant commis un délit à l'étranger n'échappent
    pas aux sanctions. Toutefois, les Etats qui n'extradent pas
    leurs ressortissants pour des délits commis à l'étranger
    pourraient envisager la possibilité de poursuivre eux-mêmes
    ceux qui ont pratiqué la traite à l'étranger, qu'il y ait
    eu ou non plainte de l'Etat dans lequel a été commis ce
    délit.</p>
    <p align="left">22.Enfin, il faut également se pencher sur
    la demande. Si les &quot;services&quot; des victimes de la
    traite et de la prostitution forcée n'étaient pas
    demandés, ce &quot;commerce&quot; ne serait pas aussi
    florissant qu'il l'est actuellement. Il ne suffit pas de
    s'attaquer à l'offre en criminalisant les actes des
    proxénètes; il faudrait aussi envisager de considérer
    comme délictueux les actes des hommes qui ont sciemment
    recours aux services de femmes victimes de la traite et de la
    prostitution forcée, des touristes sexuels qui en font de
    même à l'étranger et des hommes qui commandent une épouse
    sur catalogue en sachant qu'elle sera forcée à se marier.
    Là encore, le problème d'une telle démarche est que ce
    serait à la victime d'assumer la charge de la preuve,
    c'est-à-dire de démontrer que le client savait qu'elle
    avait été forcée à se marier ou à se prostituer. Mais le
    fait que quelques clients au moins cessent de s'en tirent à
    si bon compte serait déjà un pas dans la bonne direction.</p>
</blockquote>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>IV. Contributions éventuelles de différents
intervenants</b> </p>

<p align="left"><b>A. Le Conseil de l'Europe</b></p>

<blockquote>
    <p align="left">23.Ces quatre dernières années, le Comité
    directeur pour l'égalité entre les femmes et les hommes
    (CDEG) du Comité des Ministres s'est penché sur la question
    de la traite des femmes et de la prostitution forcée. Il a
    commencé par organiser un Séminaire de lutte contre la
    traite des femmes et la prostitution forcée en tant que
    violations des droits de la personne humaine et atteinte à
    la dignité humaine, qui a eu lieu le 25 septembre 1991 à
    Strasbourg. Le Comité a créé un Groupe de spécialistes
    sur la question en guise de suivi au séminaire, qui, en deux
    ans, a élaboré à l'intention du CDEG un rapport
    d'activités final contenant une liste de priorités en vue
    d'actions concrètes.</p>
    <p align="left">24.En juin 1994, le CDEG a décider demander
    à un expert extérieur, l'avocate belge Michèle Hirsch,
    d'élaborer un plan d'action, qu'il a examiné fin 1995 et
    déclassifié au début de 1996. Bien qu'il soit d'une
    lecture assez difficile, le plan d'action comprend des
    propositions intéressantes et une bonne analyse de la
    situation. Depuis, le CDEG semble avoir hésité sur la
    conduite à suivre, car certains Etats membres sont
    favorables à l'élaboration d'un instrument juridique tel
    qu'une recommandation du Comité des Ministres ou une
    convention, d'autres se prononcent pour une plus grande
    souplesse et un cocktail de différentes mesures.</p>
    <p align="left">25.Lors de sa dernière réunion des 26-28
    février 1997, à laquelle j'ai assisté, le CDEG prenant
    acte des positions de certains gouvernements défavorables à
    un instrument juridique contraignant, a décidé de nommer un
    nouvel expert-consultant, chargé d'établir une synthèse
    des travaux entrepris jusqu'alors, y compris ceux conduits
    dans les autres organisations internationales. Il a en outre
    été chargé de tracer les grandes lignes d'un projet de
    recommandation, lequel pourrait être examiné par le Groupe
    de Spécialistes en septembre prochain. </p>
    <p align="left">26.Selon moi, faute de prendre une décision
    adéquate après des débuts prometteurs, le Comité des
    Ministres et ses organes subsidiaires ont perdu beaucoup de
    temps. Le Conseil de l'Europe, organisation régionale
    chargée de promouvoir les droits de la personne, dont les
    pays membres comprennent nombre de pays d'origine et de pays
    de destination de femmes victimes de la traite, est bien
    placé pour participer aux actions visant à éliminer la
    traite des femmes et la prostitution forcée dans les Etats
    européens. Il doit simplement arrêter de débattre de la
    question et commencer à décider d'actions concertées. Je
    souhaiterais qu'il élabore un instrument juridique de
    caractère régional - et de préférence une convention -
    comme le veulent la majorité des pays qui ont répondu au
    questionnaire de la Commission des questions juridiques et
    des droits de l'homme (voir annexe II, point 10). Je
    reviendrais plus en détail sur cette question au chapitre V.</p>
</blockquote>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>B. Les Nations Unies</b> </p>

<blockquote>
    <p align="left">27.Plusieurs conventions des Nations Unies
    sont destinées à contenir la traite des femmes. La
    première est la Convention de Paris relative à la
    répression de la traite des blanches, adoptée le 4 mai 1910<a href="#Footnote11" name="Footref11">(11)</a>, qui porte sur
    la traite et la prostitution des mineurs, même consentants,
    et la traite et la prostitution forcée des adultes. Les
    parties à la Convention sont convenues de réprimer la
    traite des mineurs et l'exploitation de la prostitution des
    mineurs même consentants, mais elles ne considèrent pas que
    l'incitation d'une femme majeure à se prostituer soit une
    infraction pénale si elle y consent. Les parties sont de
    plus convenues de considérer comme une infraction pénale la
    traite et la prostitution forcée de personnes majeures.</p>
    <p align="left">28.Le deuxième instrument est la Convention
    du 30 septembre 1921 relative à la répression de la traite
    des femmes et des enfants, bientôt suivie par un troisième
    texte, la Convention de Genève du 11 octobre 1933, qui porte
    sur la traite des femmes majeures dans un autre pays. Selon
    la Convention, qui complète la Convention de Paris,
    l'exploitation de la prostitution de la femme majeure même
    consentante à des fins immorales dans un autre pays doit
    être réprimée.</p>
    <p align="left">29.La Convention de New York du 2 décembre
    1949, qui est le quatrième et dernier instrument des Nations
    Unies sur cette question porte sur la traite et la
    prostitution d'une personne même consentante. Les parties à
    la Convention sont convenues de réprimer l'exploitation de
    la prostitution de toute personne même consentante, quelle
    qu'en soit la forme. La Convention ne rend pas illégale la
    prostitution elle-même, mais toutes les activités qui
    l'entourent (tels que le proxénétisme, la traite, etc.) On
    peut donc dire que cette Convention est la plus complète des
    autres conventions des Nations Unies, d'autant plus que ses
    dispositions remplacent, pour les parties qui l'ont
    ratifiée, les dispositions des instruments internationaux
    antérieurs. Au 31&nbsp;décembre 1995, les 21 Etats membres
    du Conseil de l'Europe suivants l'avait ratifiée : Albanie,
    Belgique, Bulgarie, Croatie, Chypre, République tchèque,
    Finlande, ex-République yougoslave de Macédoine, France,
    Hongrie, Italie, Lettonie, Luxembourg, Norvège, Pologne,
    Portugal, Roumanie, Russie, Slovaquie, Slovénie, Espagne) et
    un l'avait signé (le Danemark). Les plus récentes
    ratifications ont eu lieu entre 1992 et 1994.</p>
    <p align="left">30.En fin de compte, de nombreux pays
    estiment que la Convention de New York ne satisfait pas
    réellement leurs besoins et ce, pour un certain nombre de
    raisons: d'abord, elle est contradictoire à plus d'un
    égard. Les mesures préconisées dans la Convention se
    fondent sur la considération exprimée dans son préambule:</p>
    <blockquote>
        <p align="left"><i>Alors que la prostitution et le mal
        qui l'accompagne, à savoir la traite des êtres humains
        en vue de la prostitution, sont incompatibles avec la
        dignité et la valeur de la personne humaine et mettent
        en danger le bien-être de l'individu, de la famille et
        de la communauté,&quot;</i> </p>
    </blockquote>
    <p align="left">La prostitution n'est donc pas prohibée <i>de
    jure</i>. La prostituée est considérée comme une victime
    qu'il faut protéger contre toute exploitation. Cependant,
    dans le même temps, la prostitution est considérée comme
    un fléau social. La Convention ne condamne pas les victimes,
    mais seulement ceux qui les exploitent. Ce faisant, elle
    marginalise nécessairement la prostituée elle-même, car
    celle-ci ne devrait pas se laisser exploiter. La Convention
    interdit donc <i>de facto</i> la prostitution. Dans la
    pratique, il est donc très difficile aux termes de la
    Convention, de protéger les prostituées contre
    l'exploitation, car tous ceux qui aident et soutiennent la
    prostitution sont passibles de poursuites, si bien que les
    prostituées sont contraintes de poursuivre leur
    &quot;travail&quot; dans l'illégalité. Ce dispositif ne
    s'est révélé très efficace ni pour combattre la traite
    des femmes, ni pour traiter de la prostitution en général.</p>
    <p align="left">31.Ensuite, la Convention n'est pas
    acceptable pour les pays qui préfèrent une optique
    réglementariste de la prostitution, car le texte interdit <i>de
    facto</i> celle-ci. Une révision de la Convention destinée
    à supprimer ses <i>a priori</i> moraux serait donc hautement
    souhaitable, mais elle est peu probable, car, pour les pays
    abolitionnistes, elle impliquerait un recul. Dans ces
    conditions, il vaudrait sans doute mieux rédiger une
    nouvelle convention de nature régionale.</p>
    <p align="left">32.Le 22 décembre 1995, l'Assemblée
    Générale des Nations Unies a adopté une résolution
    appelant les gouvernements à renforcer la législation pour
    mieux protéger les droits des femmes et des filles et
    poursuivre les contrevenants à la fois par des mesures
    civiles et pénales. L'Assemblée a aussi invité les
    gouvernements à établir ou à renforcer les institutions
    chargées de protéger les femmes et les enfants victimes de
    la traite et d'offrir aux victimes l'aide nécessaire, y
    compris des services d'assistance juridique linguistiquement
    et culturellement accessibles, pour garantir une protection,
    un traitement et une réadaptation complets. De plus, elle a
    invité les gouvernements concernés à soutenir les
    approches pratiques globales de la communauté internationale
    pour aider les femmes et les filles victimes de la traite
    transnationale à rentrer chez elles et à reprendre place
    dans leur société d'origine. Ce sont-là d'excellentes
    propositions, mais de telles résolutions non malheureusement
    guère d'influence.</p>
</blockquote>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>C. L'Union européenne</b></p>

<blockquote>
    <p align="left">33.A l'initiative de la Commissaire Anita
    Gradin et du Parlement européen, l'Union européenne a été
    très active dans le domaine de la traite des femmes à des
    fins d'exploitation sexuelle. Les 10-11 juin 1996, la
    Commission européenne a organisé à Vienne avec l'OIM une
    conférence très réussie sur la traite des femmes à
    laquelle j'ai eu l'honneur de représenter l'Assemblée
    parlementaire du Conseil de l'Europe. La conférence a
    rassemblé les représentants de gouvernements et
    d'organisations internationales et non gouvernementales venus
    de nombreux pays d'origine et de destination (la Conférence
    n'était donc pas limitée aux Etats membres de l'Union
    européenne). Elle comportait quatre ateliers sur la
    politique de migration, la coopération judiciaire, la
    répression et la coopération de la police, et la politique
    sociale. Les recommandations des ateliers ont été dûment
    reprises dans la Communication de la Commission au Conseil et
    au Parlement européen concernant la traite des femmes à des
    fins d'exploitation sexuelle<a href="#Footnote12" name="Footref12">(12)</a> transmise le 20 novembre 1996.</p>
    <p align="left">34.La communication comprend un certain
    nombre d'actions destinées aux Etats membres de l'Union
    européenne et à la Commission, qui portent entre autres sur
    la nécessité d'améliorer la collecte des données et la
    recherche, la coopération, la communication et la
    coordination, la formation et la législation. Partant de ce
    texte, le Conseil a lancé un action commune le
    29&nbsp;novembre 1996 sur la base de l'article&nbsp;K.3 du
    Traité de l'Union européenne, en élaborant un programme
    d'encouragement et d'échange de responsables de la lutte
    contre la traite d'êtres humains et de l'exploitation
    sexuelle des enfants<a href="#Footnote13" name="Footref13">(13)</a>
    doté de 6,5&nbsp;millions d'ECU pour la période de 1996 à
    l'an 2000. Le programme d'action commune est ciblé sur les
    juges, les procureurs, les services de police, les
    fonctionnaires, les services publics chargés des domaines
    suivants: contrôle de l'immigration et des frontières,
    législation sociale et fiscale, prévention et répression
    de la traite des êtres humains et de l'exploitation sexuelle
    des enfants, aide aux victimes et poursuites des
    contrevenants. Le Programme prévoit des mesures dans les
    secteurs suivants: formation, programme d'échanges et cours
    de formation, organisation de réunions et de séminaires
    multidisciplinaires, études et recherche, et diffusion des
    renseignements.</p>
    <p align="left">35.Le programme d'action commune de l'Union
    européenne garantira donc que des actions précieuses seront
    réalisées ces quatre prochaines années dans ces domaines.
    Il sera en particulier une aubaine pour les ONG, les
    universités et les instituts. Toutefois, l'Union européenne
    est gênée dans son action par le simple fait que d'abord,
    la traite des femmes et la prostitution forcée fait partie
    du troisième pilier du traité de Maastricht, c'est-à-dire
    que l'Union européenne n'a quasiment aucune compétence en
    la matière, et deuxièmement que l'Union européenne
    elle-même ne comprend pas de pays d'origine, mais presque
    uniquement des pays de destination. L'action commune ne peut
    donc aller au-delà de ce que l'Union européenne peut
    entreprendre: elle est mal placée pour élaborer des
    recommandations sur la question, et encore moins une
    Convention. C'est à d'autres organisations qu'il revient de
    rechercher les remèdes possibles à la traite des femmes et
    à la prostitution forcée à une échelle européenne plus
    large, qui ont été abordés au chapitre&nbsp;III.</p>
</blockquote>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>D. Les Etats membres du Conseil de l'Europe</b></p>

<blockquote>
    <p align="left">36.La plupart des solutions possibles que
    j'ai esquissées au chapitre&nbsp;III peuvent être le mieux
    mises en oeuvre par les Etats membres du Conseil eux-mêmes
    et leur gouvernement: les pays d'origine ont tout intérêt
    à informer de ce qui se passe leur population et tout
    particulièrement les groupes vulnérables de victimes
    potentielles. Les pays de destination ont un rôle tout aussi
    important à jouer en matière d'information des demandeurs
    de visa et de permis de séjour sur les dangers courus.
    L'amélioration des contrôles aux frontières peut, dans
    certaines régions, décourager la traite des femmes.</p>
    <p align="left">37.Les Etats membres du Conseil de l'Europe
    devraient aussi améliorer leur communication, leur
    coordination et leur coopération internationales non
    seulement dans le cadre d'Interpol et d'Europol, mais aussi
    de leurs relations bilatérales et multilatérales. Dans ces
    conditions, la mise sur pied de structures policières
    spéciales au niveau national pour combattre la traite des
    femmes et la prostitution forcée peut se révéler utile. Il
    faudrait qu'au niveau national, les législateurs prennent -
    si tel n'a pas encore été le cas - des dispositions
    autorisant la saisie et la confiscation du bénéfice retiré
    des infractions liées à l'exploitation sexuelle, ainsi que
    la fermeture des établissements où les victimes de la
    traite sont exploitées sexuellement.</p>
    <p align="left">38.Il importe aussi de mettre sur pied des
    programmes de protection des témoins et de délivrer des
    permis de séjour aux victimes de la traite et de la
    prostitution forcée qui sont disposées à témoigner devant
    la justice (l'aide à la réinsertion dans leur pays
    d'origine accordée aux victimes de la traite et de la
    prostitution forcée rapatriées ne serait qu'une maigre
    consolation). S'agissant des poursuites pénales, les
    gouvernements des Etats membres pourraient aussi envisager de
    renverser la charge de la preuve sur l'usage de la force,
    d'imposer des peines plus lourdes pour la traite des femmes
    et la prostitution forcée et de qualifier d'infraction le
    comportement de clients qui recourent en connaissance de
    cause aux services de femmes contraintes de se prostituer ou
    de se marier. Les Etats qui n'extradent pas leur
    ressortissants pour des infractions commises à l'étranger
    pourraient envisager de permettre de les poursuivre sur leur
    sol pour de telles infractions liées à la traite, qu'une
    plainte ait ou non été déposée dans le pays où
    l'infraction pénale a été commise.</p>
</blockquote>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>V. Nécessité d'une Convention du Conseil de
l'Europe</b> </p>

<blockquote>
    <p align="left">39.Comme cela a été souligné au chapitre
    IV, les textes internationaux existants - et en particulier
    la Convention adoptée par les Nations Unies en 1949 - ont
    beau ne plus être adaptés aux réalités actuelles, il est
    très peu probable qu'ils soient révisés dans un proche
    avenir. Cependant, L'Europe a véritablement besoin de tout
    un éventail de mesures pour empêcher la traite des femmes
    et la prostitution forcée de s'aggraver: le Conseil de
    l'Europe, organisation régionale comptant quarante Etats
    membres est très bien placé pour élaborer de telles
    mesures, pour rédiger un instrument juridique approprié tel
    qu'une convention internationale, et pour contrôler le
    respect de l'instrument par la suite. La quasi-totalité des
    Etats qui ont répondu au questionnaire ont estimé qu'il
    était nécessaire d'améliorer la coopération
    internationale et une majorité d'entre eux est favorable à
    un instrument juridique du Conseil de l'Europe (voir annexe
    II, point&nbsp;10).</p>
</blockquote>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>A.&nbsp;Forme et portée</b> </p>

<blockquote>
    <p align="left">40.La portée d'un tel instrument devrait
    être étroitement définie pour éviter les écueils des la
    Convention de New York. En d'autres termes, le texte ne
    devrait pas s'aventurer à donner une appréciation morale de
    la prostitution. Il devrait plutôt chercher à réunir le
    consensus le plus large possible sur la base de la
    définition que j'ai proposée. Celle-ci ne devrait pas poser
    trop de problèmes, car on s'accorde en général à
    reconnaître que la traite des femmes et la prostitution
    forcée est une violation des droits de la personne et de la
    dignité humaine:</p>
    <blockquote>
        <p align="left"><i>&quot;On entend par traite des femmes
        tout transfert légal ou illégal de femmes et/ou leur
        commerce avec ou sans leur consentement initial en vue
        d'un profit économique dans l'intention de les
        contraindre à la prostitution, au mariage ou à d'autres
        formes d'exploitation sexuelle forcée. Le recours à la
        force, qui peut être physique, sexuelle et/ou
        psychologique, comprend l'intimidation, l'abus
        d'autorité ou la mise en situation de dépendance.&quot;</i></p>
    </blockquote>
    <p align="left">La portée de la convention pourrait de plus
    être limitée aux femmes adultes, car d'autres conventions
    portent déjà sur le problème des enfants.</p>
    <p align="left">41.Il faudrait que l'instrument juridique
    revête de préférence la forme d'une convention normative.
    Quelle que soit sa nature, elle devrait être
    géographiquement ouverte aux Etats non membres de manière
    à ce qu'outre les Etats membres, un maximum de pays
    d'origine de femmes victimes de la traite puissent être
    liés par ce texte, même s'ils ne sont pas membres du
    Conseil de l'Europe. La convention, quelle qu'elle soit,
    aurait l'intérêt de permettre de créer un Secrétariat
    chargé de suivre le respect de ses dispositions. Ces deux
    avantages sont partagés tant par une convention normative
    que par une convention-cadre, mais la première aurait de
    plus, par sa nature même, l'intérêt d'être obligatoire en
    raison de ses dispositions harmonisées, contraignantes et
    applicables à tous les Etats parties, ce qui est essentiel
    dans un cas portant sur des règles pénales tel que
    celui-ci. Une convention cadre ne serait donc pour moi qu'un
    pis-aller, qui serait encore préférable à une
    recommandation du Comité des Ministres, étant donné le
    caractère non contraignant de cette dernière et l'absence
    de dispositif de suivi dans ce cas.</p>
</blockquote>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>B. Contenu</b> </p>

<blockquote>
    <p align="left">42.La Convention des Conseil de l'Europe
    pourrait être axée sur les droits de la personne: elle
    pourrait prévoir des mesures répressives pour combattre la
    traite (qu'il s'agisse des trafiquants ou des clients) et une
    aide et une protection déterminée pour les victimes de la
    traite (protection physique et juridique, aide médicale et
    psychologique) en suivant pour l'essentiel les
    recommandations que j'ai formulées au chapitre&nbsp;IV à
    l'intention des Etats membres du Conseil de l'Europe.
    Toutefois, il faudrait surtout que la Convention institue un
    mécanisme de contrôle pour suivre le respect de ses
    dispositions et coordonner les actions menées dans toute
    l'Europe en vue de combattre la traite des femmes.</p>
</blockquote>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>VI. Conclusion</b> </p>

<blockquote>
    <p align="left">43.La traite des femmes et la prostitution
    forcée sont une atteinte aux droits de la personne et de la
    dignité humaine. Malheureusement, ces infractions se
    développent et leurs auteurs deviennent de plus en plus
    dangereux en raison de leur complicité avec la criminalité
    organisée. L'Europe n'est pourtant pas impuissante face à
    cet assaut: certains Etats et organisations internationales
    ont déjà pris de nombreuses mesures, tandis que d'autres
    voient le jour, notamment à l'initiative de l'Union
    européenne. Organisation paneuropéenne chargée
    véritablement de promouvoir les droits de la personne, le
    Conseil de l'Europe ne doit pas rester en marge de cette
    évolution, mais décider d'une action concrète et urgente
    pour combattre la traite des femmes et la prostitution
    forcée, de préférence en élaborant un instrument
    juridique telle qu'une convention régionale. </p>
</blockquote>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>ANNEXE I</b> </p>

<p align="left"><b>Questionnaire sur la traite des femmes et la
prostitution forcée envoyé aux délégations nationales le 3
septembre 1996 </b></p>

<p align="left"><b>I. Remarque introductive:</b></p>

<blockquote>
    <p align="left">Ce questionnaire vise à collecter de plus
    amples informations sur la situation dans les Etats membres
    du Conseil de l'Europe en matière de traite des femmes et de
    prostitution forcée. Le sujet abordé étant des plus
    urgents, les délégations parlementaires nationales sont
    priées d'y répondre avant le 1<em>er</em> Novembre 1996, de
    sorte que le rapport puisse être débattu à l'Assemblée
    lors de sa partie de session de janvier ou avril 1997.</p>
</blockquote>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>II. Questionnaire:</b></p>

<blockquote>
    <p align="left">Veuillez répondre aux questions suivantes:</p>
    <p align="left">1. Nom de votre pays:</p>
    <p align="left">2. Votre pays est-il </p>
    <ul>
        <li><p align="left">un pays d'origine de femmes victimes
            de la traite?</p>
        </li>
        <li><p align="left">un pays de destination de femmes
            victimes de la traite?</p>
        </li>
        <li><p align="left">les deux?</p>
        </li>
    </ul>
    <p align="left">3. Si votre pays est un pays de destination
    de femmes victimes de la traite, veuillez indiquer si
    possible quels sont leur principaux pays d'origine. </p>
    <p align="left">4. Existe-t-il dans votre pays des
    dispositions juridiques, ou bien l'adoption d'une
    législation est-elle prévue dans un proche avenir: </p>
    <p align="left">(si la réponse est positive, veuillez
    indiquer, dans la mesure du possible, l'intitulé de la loi,
    la date de son adoption, et joindre copie des paragraphes
    pertinents) </p>
    <ol type="a" start="1">
        <li><p align="left">sur la traite des êtres humains en
            général</p>
        </li>
        <li><p align="left">sur la traite des femmes </p>
        </li>
        <li><p align="left">sur la prostitution forcée</p>
        </li>
        <li><p align="left">sur la prostitution en général
            (proxénétisme, poursuites pénales à l'encontre
            des prostituées ou des clients, etc.) </p>
        </li>
    </ol>
    <p align="left">5. Votre pays coopère-t-il avec d'autres
    pays pour combattre la traite des femmes et la prostitution
    forcée, et si oui, comment? </p>
    <p align="left">6. Existe-t-il des mesures spécifiques
    destinées à prévenir l'entrée sur le territoire national
    de femmes faisant l'objet de traite, et si oui, lesquelles? </p>
    <p align="left">7. Existe-t-il des mesures spécifiques
    visant à accroître l'information du public en général, et
    en particulier ciblée sur les victimes potentielles des
    proxénètes (p.ex. information du personnel des consulats et
    ambassades)? </p>
    <p align="left">8. Existe-t-il des mesures spécifiques
    d'aide aux femmes qui ont été victime de traite et/ou de
    prostitution forcée? En particulier, </p>
    <ol type="a" start="1">
        <li><p align="left">existe-t-il des services de police
            spécialisés dans la traite des femmes et la
            prostitution forcée? </p>
        </li>
        <li><p align="left">existe-t-il des procédures de
            &quot;protection des témoins&quot; pour les femmes
            victimes de la traite et qui souhaite témoigner
            devant un tribunal contre leurs proxénètes? </p>
        </li>
        <li><p align="left">les femmes victimes de la traite et
            qui souhaitent témoigner reçoivent-elles un permis
            de séjour temporaire ou permanent? </p>
        </li>
        <li><p align="left">les femmes victimes de la traite
            sont-elles aidées pour se réinsérer dans la
            société de leur pays d'origine à leur retour
            (volontaire ou non)? </p>
        </li>
    </ol>
    <p align="left">9.&nbsp;Votre pays ressent-il le besoin
    d'accroître la coopération internationale dans ce domaine,
    et est-il favorable à l'élaboration d'une instrument
    juridique du Conseil de l'Europe en la matière? </p>
</blockquote>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>ANNEXE II</b></p>

<p align="left"><b>Synthèse des réponses au questionnaire
reçues au 15 février 1997</b></p>

<p align="left"><b>Nombre de réponses reçues:</b> 30</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>1. Pays ayant répondu:</b></p>

<p align="left">Bélarus, Bulgarie, Croatie, Chypre, République
tchèque, Danemark, Estonie, &quot;l'ex-République yougoslave de
Macédoine&quot;, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Irlande,
Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Moldova, Pays-Bas,
Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Saint-Marin, Slovaquie,
Slovénie, Espagne, Suède, Suisse, Royaume-Uni</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>2. Pays déclarant être</b></p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<table border="0" width="100%">
    <tr>
        <td width="40%"><b>un pays d'origine de femmes victimes
        de la traite:</b></td>
        <td>Moldova, Slovaquie</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
    </tr>
    <tr>
        <td width="40%"><b>un pays de destination de femmes
        victimes de la traite:</b></td>
        <td>Croatie, Chypre, Danemark, &quot;l'ex-République
        yougoslave de Macédoine&quot;, Grèce, Italie, Pays-Bas,
        Norvège, Espagne, Suède, Suisse, Royaume-Uni</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
    </tr>
    <tr>
        <td width="40%"><b>les deux:</b></td>
        <td>Bulgarie, République tchèque, Estonie, Allemagne,
        Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Portugal, Roumanie,
        Slovénie</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
    </tr>
    <tr>
        <td width="40%"><b>ni l'un ni l'autre:</b></td>
        <td>Bélarus, Irlande, Luxembourg</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
    </tr>
    <tr>
        <td><b>un pays de transit pour des femmes victimes de la
        traite:</b></td>
        <td>Bulgarie, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovénie</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
    </tr>
    <tr>
        <td><b>pas de réponse:</b></td>
        <td>France, Saint-Marin</td>
    </tr>
</table>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>3.&nbsp;Principaux pays d'origine de femmes
victimes de la traite selon les pays ayant déclaré être des
pays de destination:</b> </p>

<table border="0" width="100%">
    <tr>
        <td width="20%">pour la Bulgarie:</td>
        <td>Russie, Ukraine, Bélarus, Moldova, Roumanie</td>
    </tr>
    <tr>
        <td width="20%">pour la Croatie:</td>
        <td>Ukraine, Russie, Bélarus, Lituanie, Lettonie,
        Moldova, République tchèque, Slovaquie </td>
    </tr>
    <tr>
        <td width="20%">pour Chypre:</td>
        <td>Roumanie, Philippines, Russie, Ukraine, Bulgarie</td>
    </tr>
    <tr>
        <td width="20%">pour la République tchèque:</td>
        <td>République tchèque, Ukraine, Bélarus, Russie,
        Bulgarie, Asie</td>
    </tr>
    <tr>
        <td width="20%">pour le Danemark:</td>
        <td>Thaïlande et pays africains </td>
    </tr>
    <tr>
        <td width="20%">pour l'Estonie:&nbsp;</td>
        <td>peut-être Russie</td>
    </tr>
    <tr>
        <td width="20%">pour &quot;l'ex-République yougoslave de
        Macédoine&quot;:&nbsp;</td>
        <td>Ukraine, Russie, Bulgarie</td>
    </tr>
    <tr>
        <td width="20%">pour l'Allemagne:</td>
        <td>principalement pays d'Europe centrale et orientale
        (Pologne, République tchèque, Slovaquie, Bulgarie,
        Roumanie) et de l'ex-Union soviétique (Russie, Ukraine),
        ainsi que Colombie, Philippines, Thaïlande, Brésil et
        pays africains </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>pour la Grèce:</td>
        <td>principalement pays de l'ex-Union soviétique
        (Russie, Ukraine, Géorgie, Bélarus, Kazakhstan),
        Albanie, Bulgarie, Roumanie, Pologne </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>pour la Hongrie:&nbsp;</td>
        <td>Roumanie, Russie, Ukraine </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>pour l'Italie:</td>
        <td>Albanie, ex-Yougoslavie, pays d'Europe centrale et
        orientale en général, Jamaïque, Afrique</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>pour la Lettonie:&nbsp;</td>
        <td>pays de l'ex-Union soviétique</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>pour la Lituanie:</td>
        <td>Bélarus, Ukraine et région de Kaliningrad</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>pour les Pays-Bas:</td>
        <td>Asie, Amérique latine, Afrique, Europe centrale et
        orientale </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>pour la Norvège:&nbsp;</td>
        <td>Caraïbes, Haïti et Europe de l'Est </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>pour la Pologne:</td>
        <td>principalement Bulgarie, Bélarus, Ukraine, Russie et
        Lituanie </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>pour le Portuga:</td>
        <td>Afrique, Europe de l'Est, Amérique du Sud (surtout
        Brésil) </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>pour la Roumanie:</td>
        <td>pays de l'ex-Union soviétique (Ukraine, Moldova) </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>pour la Slovénie:</td>
        <td>Ukraine, Russie, Bélarus, Roumanie, Slovaquie,
        Pologne, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Macédoine,
        République dominicaine </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>pour l'Espagne:</td>
        <td>Amérique du Sud</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>pour la Suède:</td>
        <td>Europe de l'Est et Asie (surtout Thaïlande)</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>pour la Suisse:</td>
        <td>Pologne, Russie, République tchèque, Lettonie,
        Albanie, Philippines, Maroc </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>pour le Royaume -Uni:</td>
        <td>Amérique du Sud (principalement Brésil),
        Extrême-Orient (principalement Malaisie et Thaïlande),
        Europe de l'Est </td>
    </tr>
</table>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>4. Pays se considérant comme </b></p>

<table border="0" width="100%">
    <tr>
        <td><b>très touchés par la traite des femmes:</b></td>
        <td>Allemagne, Pays-Bas, Roumanie</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
    </tr>
    <tr>
        <td><b>relativement peu touchés par la traite des
        femmes:</b></td>
        <td>Bélarus, Bulgarie, Chypre, Estonie, Irlande,
        Luxembourg, Norvège, Suède</td>
    </tr>
</table>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>5. Pays dans lesquels il existe des
dispositions juridiques</b></p>

<table border="0" width="100%">
    <tr>
        <td><b>a. sur la traite des être humains en général:</b></td>
        <td>Bulgarie, République tchèque, Allemagne, Grèce,
        Italie, Lettonie, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège,
        Pologne, Portugal, Roumanie, Saint-Marin, Slovénie,
        Suisse</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
    </tr>
    <tr>
        <td><b>b. sur la traite des femmes en particulier:</b></td>
        <td>Bulgarie, Chypre, République tchèque, Allemagne,
        Grèce, Hongrie, Irlande, Norvège, Pologne, Slovaquie,
        Royaume-Uni</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
    </tr>
    <tr>
        <td><b>c. sur la prostitution forcée:</b></td>
        <td>Bulgarie, Chypre, République tchèque, Estonie,
        France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Luxembourg,
        Pays-Bas, Portugal, Saint-Marin, Slovaquie, Slovénie,
        Suisse, Royaume-Uni</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
    </tr>
    <tr>
        <td><b>d. sur la prostitution en général:</b></td>
        <td>Bélarus, Bulgarie, Croatie, Chypre, République
        tchèque, Danemark, Estonie, &quot;l'ex-République
        yougoslave de Macédoine&quot;, France, Allemagne,
        Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lituanie, Luxembourg,
        Moldova, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie,
        Saint-Marin, Slovaquie, Slovénie, Espagne, Suède,
        Suisse, Royaume-Uni</td>
    </tr>
</table>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>6. Coopération internationale en matière de
lutte contre la traite des femmes et la prostitution forcée</b> </p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<table border="0" width="100%">
    <tr>
        <td colspan="2"><p align="center"><b>avec d'autres Etats
        dans un cadre bi- ou multilatéral:</b></p>
        </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Bélarus:</td>
        <td>avec l'Allemagne (police en Rhénanie du
        Nord-Westphalie) </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Bulgarie:</td>
        <td>avec les organes spécialisés des pays de
        destination de femmes victimes de la traite; bons
        résultats de la collaboration pratiquée dans ce
        domaine, notamment avec les services de police italiens,
        allemands et grecs </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Chypre:</td>
        <td>avec tous les pays par l'intermédiaire des agents de
        liaison et des ambassades, sous la forme d'un échange
        d'informations et, le cas échéant, d'une entraide
        judiciaire </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>République tchèque:</td>
        <td>avec les pays voisins, et dans le contexte de
        l'Europe centrale (conférences)</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Estonie:</td>
        <td>avec l'organisation suédoise de protection de
        l'enfance Rädda Barnen (concernant la prévention des
        délits sexuels commis contre des enfants) </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Allemagne:</td>
        <td>notamment avec la Pologne et la République tchèque
        dans le cadre d'accords bilatéraux relatifs à la lutte
        contre le crime organisé </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Grèce:</td>
        <td>avec plusieurs pays d'Europe centrale et orientale
        dans le cadre d'accords bilatéraux, sous la forme d'un
        échange d'informations </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Hongrie:</td>
        <td>avec 14 pays, sur la base d'accords bi- ou
        multilatéraux relatifs à la lutte contre le crime
        organisé </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Lettonie:</td>
        <td>information de l'ambassade du pays d'origine des
        personnes impliquées dans des affaires de prostitution
        ou de proxénétisme </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Lituanie:</td>
        <td>avec 12 pays, sur la base d'accords de coopération
        conclus par le Ministère de l'intérieur </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Luxembourg:</td>
        <td>avec les pays voisins, les pays de l'espace Schengen
        et de l'Union européenne, ainsi que dans le cadre de
        traités bi- et multilatéraux d'extradition et
        d'assistance judiciaire </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Norvège:</td>
        <td>par l'intermédiaire d'un agent de liaison nordique
        posté en Asie du Sud-Est </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Pologne:</td>
        <td>avec l'Allemagne sous la forme d'une entraide
        judiciaire entre les parquets et les services de police,
        et coopération entre les tribunaux et les parquets
        polonais et allemands fondée sur l'accord conclu en mars
        1993 par les ministères de la justice </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Slovaquie:</td>
        <td>entraide judiciaire dans certaines procédures
        pénales (principalement avec les Pays-Bas et
        l'Allemagne)</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Royaume-Uni</td>
        <td><p align="left">le cas échéant, demande
        d'assistance judiciaire en vue d'enquêter hors du
        &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;territoire
        britannique; réciproquement une assistance judiciaire
        peut être fournie à tout pays demandeur, sans qu'il
        soit besoin de traités ou d'accords particuliers;
        concrètement, coopération policière avec la Lituanie
        dans une affaire récente</p>
        </td>
    </tr>
    <tr>
        <td colspan="2"><p align="center"><b>dans le cadre
        d'organisations régionales et internationales et sur la
        base de conventions internationales:</b></p>
        </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Croatie:</td>
        <td>par l'intermédiaire d'INTERPOL </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Chypre:</td>
        <td>par l'intermédiaire d'INTERPOL</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>République tchèque:</td>
        <td>par l'intermédiaire d'INTERPOL et d'EUROPOL</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Estonie:</td>
        <td>par l'intermédiaire d'INTERPOL (prévention des
        délits sexuels commis contre des enfants) </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Allemagne:</td>
        <td>par l'intermédiaire d'INTERPOL et d'EUROPOL, et dans
        le cadre de l'Union européenne </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Grèce:</td>
        <td>dans le cadre de l'Union européenne, par
        l'intermédiaire d'INTERPOL </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Hongrie:</td>
        <td>sur la base de la Convention européenne d'entraide
        judiciaire en matière pénale</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Irlande:</td>
        <td>dans le cadre de l'Union européenne </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Lituanie:</td>
        <td>par l'intermédiaire d'INTERPOL </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Luxembourg:</td>
        <td>par l'intermédiaire d'INTERPOL, sur la base des
        accords de Schengen, de la Convention européenne
        d'extradition et de la Convention européenne d'entraide
        judiciaire en matière pénale</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Moldova:</td>
        <td>par l'intermédiaire d'INTERPOL </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Pays-Bas:</td>
        <td>dans le cadre de l'Union européenne et d'EUROPOL</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Norvège:</td>
        <td>par l'intermédiaire d'INTERPOL </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Pologne:</td>
        <td>sur la base de la Convention européenne
        d'extradition et de la Convention européenne d'entraide
        judiciaire en matière pénale, dans le cadre de l'Union
        européenne et d'un programme international - La Strada -
        mis sur pied par des organisations non gouvernementales </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Portugal:</td>
        <td>par l'intermédiaire d'INTERPOL et d'EUROPOL </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Slovaquie:</td>
        <td>sur la base de la Convention internationale relative
        à la répression de la traite des femmes et des enfants
        (1921), de la Convention internationale relative à la
        répression de la traite des femmes majeures (1933) et de
        la Convention internationale relative à la répression
        de la traite des blanches (1910)</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Slovénie:</td>
        <td>par l'intermédiaire d'INTERPOL </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Espagne:</td>
        <td>sur la base de la Convention des Nations Unies pour
        la répression et l'abolition de la traite des êtres
        humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui
        (1947)</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Suède:</td>
        <td>dans le cadre de l'Union européenne, du Conseil de
        l'Europe et des Nations Unies </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Suisse:</td>
        <td>par l'intermédiaire d'INTERPOL</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Royaume-Uni:</td>
        <td>sur la base de la Loi sur la justice pénale
        (coopération internationale) de 1990</td>
    </tr>
</table>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>7.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pays ayant pris des
mesures spécifiques destinées à </b></p>

<table border="0" width="100%">
    <tr>
        <td colspan="3"><p align="center"><b>prévenir l'entrée
        sur le territoire national de femmes faisant l'objet de
        traite:</b> </p>
        </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Chypre:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>les prostituées ne sont pas autorisées à
        pénétrer sur le territoire chypriote; le Bureau des
        étrangers et de l'immigration contrôle tous les
        artistes demandant un permis de travail (par ex. dans un
        cabaret ou un night-club) et n'autorise pas à débarquer
        ceux qui ont des antécédents suspects; les agents dont
        la police a connaissance qu'ils ont contrevenu à la loi
        relative à l'emploi d'artistes ne peuvent obtenir de
        nouvelles autorisations d'entrée pour des artistes</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>&quot;L'ex République yougoslave de
        Macédoine&quot;:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>contrôles aux postes-frontières; les femmes
        signalées comme faisant l'objet d'une traite ne sont pas
        autorisées à entrer de nouveau sur le territoire</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Allemagne:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>les étrangers connus des services de police
        allemands pour traite de femmes ou prostitution illégale
        peuvent être refoulés à la frontière</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Grèce:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>les autorités grecques compétentes peuvent refuser
        l'entrée à un étranger, même porteur d'un visa, si
        cette personne tombe sous le coup de conditions
        interdisant son accès au territoire d'un pays </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Hongrie:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>lorsqu'un délit en rapport avec l'entrée de
        prostituées en Hongrie est constaté (par ex. passage
        illégal de la frontière, activité d'un passeur, etc.),
        les autorités prennent les mesures nécessaires en
        matière d'immigration et sur le plan pénal. </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Italie:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>aux termes de la loi du 13 septembre 1996 sur la
        répression des activités visant à favoriser l'entrée
        illégale sur le territoire italien de personnes non
        ressortissantes de l'Union européenne, les personnes qui
        recrutent des prostituées et leur font passer
        illégalement la frontière encourent des amendes et des
        peines d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à 15 ans </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Lettonie:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>contrôle des documents à la frontière, descentes
        de police et vérifications </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Lituanie:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>en liaison avec la recherche de l'identité des
        porteurs de faux passeports</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Moldova:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>la police des frontières est alertée par le Bureau
        central national d'Interpol et le Ministère des affaires
        étrangères de la République, et prend les mesures
        nécessaires</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Suisse:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>des mesures spécifiques ont été prises pour
        protéger les danseuses de cabaret contre l'exploitation
        par leurs employeurs: en particulier, des conditions ont
        été fixées pour l'obtention d'un permis de travail de
        courte durée (âge minimum: 21 ans, contrat de travail
        conforme à certains critères, etc.); les autorités
        cantonales vérifient régulièrement que les sommes
        éventuellement déduites par l'employeur pour couvrir
        des dépenses accessoires (hébergement, nourriture,
        frais de transport, etc.) ne privent pas la danseuse d'un
        salaire; les autorités fédérales sont en train
        d'élaborer une brochure qui sera remise aux danseuses en
        même temps que leur permis de travail et de séjour </td>
    </tr>
    <tr>
        <td colspan="3"><p align="center"><b>accroître
        l'information du public en général, et des victimes
        potentielles des proxénètes en particulier</b>: </p>
        </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Bélarus:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>publications sur le sujet dans les médias</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Bulgarie:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>lorsque des affaires de traite des femmes et de
        prostitution forcée sont révélées, les consulats de
        Russie, d'Ukraine, du Bélarus, de Moldova et de Roumanie
        en sont informés; une vaste campagne de sensibilisation
        du public est en cours dans la presse; les organisations
        féminines non gouvernementales sont très actives </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>République tchèque:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>les ambassades tchèques connaissent le problème et
        sont en mesure de conseiller et d'aider les femmes qui
        font appel à elles (principalement en Italie et en
        Allemagne) </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Estonie:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>le cas échéant, la police communique aux consulats
        et aux ambassades les noms des personnes auxquelles ils
        ne doivent pas accorder de visa; ces informations sont
        fondées sur les antécédents judiciaires et les
        renseignements fournis par Interpol </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>&quot;L'ex-République yougoslave de
        Macédoine&quot;:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>informations sur certaines affaires communiquées aux
        médias nationaux</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Allemagne:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>depuis 1992, le Bureau fédéral de lutte contre la
        criminalité (BKA) publie une évaluation annuelle de la
        situation concernant la traite des êtres humains, mise
        à la disposition de tous les commissariats; le BKA
        organise également des conférences sur ce problème à
        l'intention du personnel des ambassades et des consulats;
        les membres de la police des frontières aident de leurs
        conseils les agents des compagnies aériennes à Karachi,
        Bombay et Bangkok en ce qui concerne l'authenticité des
        documents</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Grèce:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>le public est informé au moyen de réunions
        organisées par le Secrétariat général pour
        l'égalité du Ministère de l'intérieur et le
        &quot;Mouvement des femmes libres&quot;, ainsi que par
        des débats au parlement, des articles de journaux et des
        reportages télévisés </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Hongrie:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>les autorités informent les catégories sociales
        susceptibles d'être touchées par la prostitution dans
        le cadre d'une stratégie de prévention de la
        criminalité; la presse joue un rôle important à cet
        égard; les ambassades et les consulats hongrois à
        l'étranger aident les prostituées qui le demandent à
        rentrer en Hongrie </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Lettonie:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>coopération avec la radio, la télévision et
        d'autres médias; une &quot;Fondation de l'enfance&quot;
        a été créée</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Lituanie:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>des actions sont menées dans ce domaine avec
        l'assistance d'Interpol et par l'intermédiaire des
        médias </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Moldova:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>stratégie générale de prévention axée sur les
        agences de tourisme qui, sous le couvert de recruter des
        jeunes filles pour des emplois à l'étranger, les
        livrent ou les contraignent à la prostitution; des
        informations sont communiquées par l'intermédiaire du
        Bureau national d'Interpol aux ambassades et aux
        consulats de la République de Moldova dans les pays où
        existe un risque</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Pays-Bas:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>les ambassades des Pays-Bas dans les pays d'origine
        s'efforcent d'alerter les victimes potentielles des
        proxénètes; le Gouvernement néerlandais soutient
        financièrement des projets visant à favoriser
        l'autonomie économique des femmes afin de prévenir la
        traite </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Pologne:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>des campagnes d'information sont menées dans les
        médias à l'initiative de &quot;La Strada&quot;; cette
        structure met également un numéro de téléphone à la
        disposition des femmes victimes de proxénètes et de
        toutes les personnes intéressées </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Portugal:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>le Bureau des relations publiques de la police
        judiciaire a lancé plusieurs actions en vue d'informer
        le grand public, et notamment les femmes les plus
        vulnérables; la Commission de l'égalité et des droits
        de la femme a élaboré une brochure d'information et a
        participé, en collaboration avec des organisations non
        gouvernementales, à des programmes d'information sur la
        question </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Slovénie:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>le personnel des ambassades et des consulats est
        averti que les femmes demandant des permis de travail
        pour des &quot;emplois artistiques&quot; sont
        susceptibles d'être victimes de traite ou de
        prostitution forcée; si toutefois ces femmes remplissent
        toutes les conditions requises par la loi pour l'octroi
        d'un permis de travail, celui ci leur est délivré </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Suisse:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>un groupe de travail sur &quot;la traite des femmes,
        le tourisme sexuel et la prostitution&quot; a été
        créé en 1990 sous l'égide de l'Office fédéral pour
        l'égalité entre les femmes et les hommes; chargé de
        sensibiliser le public à ces questions, il a jusqu'à
        présent publié des informations sur le contexte et les
        causes du tourisme sexuel et alerté les ambassades et
        les consulats suisses dans les pays d'origine des
        &quot;danseuses de cabaret&quot; et les pays de
        destination du tourisme sexuel; un brochure d'information
        destinée aux femmes demandant un permis de travail pour
        un emploi de &quot;danseuse de cabaret&quot; est en cours
        d'élaboration </td>
    </tr>
</table>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><b>8.&nbsp;Pays ayant pris des mesures pour aider
les femmes victimes de traite et/ou de prostitution forcée: </b></p>

<p align="left"><b></b>&nbsp;</p>

<table border="0" width="100%">
    <tr>
        <td colspan="3"><p align="center"><b>a.&nbsp;services de
        police spécialisés dans la traite des femmes et la
        prostitution forcée:</b> </p>
        </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Bulgarie:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>le Ministère de l'intérieur est doté d'une
        division spécialisée, chargée de rechercher les
        organisateurs de &quot;circuits&quot; illégaux d'entrée
        et de sortie, empruntés notamment par des femmes
        contraintes ultérieurement à se prostituer</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>République tchèque:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>existence de brigades des moeurs au niveau des
        services de police
        &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;cantonaux
        et régionaux </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>&quot;L'ex-République yougoslave de
        Macédoine&quot;: </td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>(pas de précisions)</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Allemagne:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>ces affaires sont prises en charge soit par les
        services de police spécialisés dans le crime organisé,
        soit par les brigades des moeurs </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Grèce:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>les affaires de délits sexuels commis contre des
        femmes sont en général confiées à des officiers de
        police et agents chargés des interrogatoires de sexe
        féminin, qui apprennent la conduite à tenir dans le
        cadre de leur formation générale </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Hongrie:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>le service de police chargé de la lutte contre le
        crime organisé s'occupe de ces affaires </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Irlande:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>il n'existe pas de service de police s'occupant
        spécifiquement de traite des femmes, mais une unité
        spécialisée dans la violence exercée à l'égard des
        femmes </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Lettonie:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>existence d'une brigade des moeurs dans la capitale,
        Riga </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Luxembourg:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>la brigade des moeurs est chargée de ces délits</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Moldova:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>la brigade des moeurs est chargée de ces délits </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Pays-Bas:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>dans certaines régions, des unités de police
        spécialisées s'occupent de la criminalité sexuelle;
        dans toutes les régions, il existe des spécialistes de
        la traite des femmes et de la prostitution forcée</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Slovaquie:&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>le service de police chargé de la lutte contre la
        criminalité violente et sexuelle s'occupe de ces
        affaires</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Slovénie:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>depuis 1996, le service chargé de la lutte contre le
        crime organisé s'occupe de ces délits</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Suisse:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>il n'existe pas de service de police spécialisé
        dans la traite des femmes, mais des centres de
        consultation privés et publics apportent une aide
        médicale, psychologique, sociale, matérielle et
        juridique aux victimes; les victimes de délits sexuels
        ont par ailleurs le droit de demander à être
        interrogées par un policier de leur sexe</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Royaume-Uni:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>bien qu'il n'existe pas de service de police
        spécialisé à proprement parler, la police britannique
        ne traite pas les femmes ayant fait l'objet de traite ou
        de prostitution forcée comme des délinquantes parce
        qu'elles se sont livrées à la prostitution, mais les
        considère comme des victimes </td>
    </tr>
    <tr>
        <td colspan="3"><p align="center"><b>b.&nbsp;procédures
        de &quot;protection des témoins&quot; pour les femmes
        victimes de la traite qui souhaitent témoigner devant un
        tribunal contre leurs proxénètes:</b></p>
        </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Chypre:&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>bien qu'il n'existe pas de procédure particulière
        pour protéger les victimes de ce type de délit, la
        police, en collaboration avec le parquet, assure la
        protection des femmes qui souhaitent faire une
        déclaration écrite en vue d'une action pénale contre
        leurs proxénètes, et leur fournit le logement, la
        nourriture et même un travail chez un autre employeur;
        les services sociaux prennent ces personnes en charge
        chaque fois que cela est possible pour éviter qu'elles
        ne se retrouvent entre les mains de la police ou devant
        les tribunaux </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>République tchèque:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>il existe une procédure de protection des témoins,
        mais elle n'est pas souvent mise en oeuvre</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Allemagne:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>il n'existe pas de procédure particulière pour
        protéger les victimes de ce type de délit, mais les
        témoins, les codéfendeurs et leurs parents ou amis
        proches peuvent être protégés dans le cadre des
        dispositions générales de protection des témoins, qui
        sont applicables aux affaires de traite des femmes et de
        prostitution forcée, si l'on craint qu'ils ne fassent
        l'objet d'intimidations ou de menaces de la part de tiers
        (en 1995, 1,9&nbsp;% des victimes de traite des femmes ou
        de prostitution forcée ont bénéficié de ces
        procédures)</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Grèce:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>il n'existe pas de procédure particulière pour
        protéger les victimes de ce type de délit, mais les
        dispositions générales de protection des témoins leur
        sont applicables</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Lituanie:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>dans le cadre de la résolution &quot;relative à la
        procédure de protection des témoins et des victimes
        contre les intimidations&quot;, adoptée par le
        gouvernement le 7 février 1994</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Pologne:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>il n'existe pas de procédure particulière pour
        protéger les victimes de ce type de délit, mais la
        disposition relative à &quot;l'anonymat des
        témoins&quot;, qui a été ajoutée au Code de
        procédure pénale le 6 juillet 1995 et permet de ne pas
        révéler l'identité d'un témoin disposé à collaborer
        avec le parquet, s'applique également aux femmes qui ont
        été contraintes à se prostituer</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Slovaquie:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>bien que la possibilité de témoigner en tant que
        &quot;témoin anonyme&quot; existe, elle n'a jamais été
        utilisée dans des affaires de traite des femmes et de
        prostitution forcée </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Suisse:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>pour assurer la protection de la victime d'un délit
        sexuel, le procès peut se tenir à huis clos; des
        mesures de protection analogues peuvent être appliquées
        durant la procédure pénale</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Royaume Uni: </td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>il n'existe pas de procédure de &quot;protection des
        témoins&quot; spécifique pour les
        &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;femmes
        victimes de traite désireuses de témoigner devant un
        tribunal contre leurs proxénètes, mais celles-ci
        peuvent bénéficier des dispositions de protection des
        témoins que prend la police pour tout témoin jugé en
        danger</td>
    </tr>
    <tr>
        <td colspan="3"><p align="center"><b>c. octroi d'un
        permis de séjour temporaire ou permanent aux femmes
        victimes de traite qui souhaitent témoigner:</b></p>
        </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Allemagne:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>conformément à l'article 55 de la Loi sur les
        étrangers, les témoins étrangers dans une procédure
        pénale peuvent être autorisés à séjourner dans le
        pays jusqu'à l'issue du procès; en vertu de ce même
        article, il peuvent également bénéficier d'un permis
        de séjour permanent si cette mesure est nécessaire à
        leur protection</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Grèce:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>bien que la législation nationale ne le prévoie pas
        expressément, un permis de séjour temporaire peut en
        l'occurrence être octroyé à une femme étrangère si
        ses raisons de demeurer dans le pays sont jugées
        valables et qu'elle remplit les autres conditions
        exigées par la loi </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Luxembourg:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>le Ministre de la justice peut autoriser le témoin
        en question à séjourner sur le territoire
        luxembourgeois pendant un certain temps</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Pays-Bas:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>les victimes de traite qui portent plainte ont droit
        aux prestations de la sécurité sociale, à un logement
        sûr, et à une assistance juridique, médicale et
        psychologique, en même temps qu'à un permis de séjour
        temporaire </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Suède</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>une commission a été chargée d'étudier la
        question de l'octroi d'un permis de séjour temporaire
        aux femmes immigrantes dans certaines situations, telles
        que les &quot;mariées par correspondance&quot;
        maltraitées par leur époux </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Royaume-Uni:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>la majorité des femmes victimes de traite sont
        vraisemblablement entrées
        &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;illégalement
        sur le territoire britannique et sont donc expulsables;
        des mesures d'expulsion sont normalement prises peu de
        temps après qu'elles ont été découvertes; lorsqu'une
        de ces personnes est appelée à témoigner dans une
        procédure judiciaire, on peut envisager qu'elle soit
        autorisée à demeurer jusqu'au procès, mais, plus
        probablement, elle sera rapatriée, un permis de séjour
        lui étant octroyé ultérieurement pour la durée du
        procès </td>
    </tr>
    <tr>
        <td colspan="3"><p align="center"><b>d.&nbsp;aide aux
        femmes victimes de traite en vue de leur réinsertion
        dans la société de leur pays d'origine à leur retour
        (volontaire ou non):</b> </p>
        </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>&nbsp;</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Pays-Bas:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>le Gouvernement néerlandais subventionne la
        Fondation néerlandaise contre la traite des femmes (STV)
        </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Portugal:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>la police judiciaire s'efforce de diriger les
        victimes de traite vers des organisations non
        gouvernementales telles que &quot;Ninho&quot;, qui leur
        apportent un soutien, notamment en vue de leur
        réinsertion sociale </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Slovaquie:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>selon la législation en vigueur, ces personnes
        peuvent bénéficier d'une aide de la part des services
        publics d'assistance sociale</td>
    </tr>
    <tr>
        <td>Suisse:</td>
        <td>&nbsp;</td>
        <td>la victime d'un délit commis en Suisse peut exiger
        une réparation financière ou morale de la part du
        canton où le délit a été commis</td>
    </tr>
</table>

<p align="left"> </p>

<p align="left"><b>9. Pays ressentant le besoin</b></p>

<p align="left"><b>*&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;d'une coopération
internationale accrue dans ce domaine:</b> total 23 </p>

<p align="left">Bélarus, Bulgarie, Croatie, Chypre, République
tchèque, Danemark, &quot;l'ex-République yougoslave de
Macédoine&quot;, Allemagne, Hongrie, Irlande, Lettonie,
Lituanie, Luxembourg, Moldova, Pays-Bas, Norvège, Pologne,
Portugal, Roumanie, Slovaquie, Slovénie Suisse, Royaume-Uni</p>

<p align="left"><b>*&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;d'un instrument
juridique du Conseil de l'Europe en la matière:</b> total 18 </p>

<p align="left">Bélarus, Bulgarie, Croatie, Chypre, Danemark,
&quot;l'ex-République yougoslave de Macédoine&quot;, Grèce,
Hongrie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Moldova, Norvège,
Portugal, Roumanie Slovaquie, Slovénie, Suisse </p>

<p>&nbsp;</p>

<hr size="1">

<p align="left">Commission chargée du rapport: commission des
questions juridiques et des droits de l'homme </p>

<p align="left">Commisions saisies pour avis: commission des
questions sociales, de la santé et de la famille et commission
des migrations, des réfugiés et de la démographie</p>

<p align="left">Implications budgétaires pour l'Assemblée:
néant</p>

<p align="left">Renvoi en commission: Doc 7126 et renvoi n° 1965
du 5 septembre 1994</p>

<p align="left">Projet de recommandation adopté à l'unanimité
par la commission le 10 mars 1997 </p>

<p align="left">Membres de la commission: <i>M. Hagård
(Président), MM Schwimmer, Bindig, Jansson </i>(<i>Vice-Présidents</i>),
<i>Mme Aguiar, MM Akçali, Alexander</i>, Aushev, Bartumeu
Cassany, Berti, <i>Besostri, Clerfayt,</i> Columberg, <i>Contestabile</i>,
Deasy, Dees, <i>Demetriou,</i> Deniau, Mme Err<i>, M. Fogas</i>,
Mme Frimansdóttir, MM <i>Frunda</i>,<i> Fuhrmann</i>, Fyodorov,
Mme <i>Gelderblom-Lankhout</i>, MM Guenov, <i>Gürel</i>, Mme <i>Holand</i>,
M. Hunault, Mme Jäätteenmäki, MM <i>Jaskiernia</i>, Jeambrun, <i>Kelam,
Kirkhill,</i> Koschyk, <i>Kostytsky</i>,<i> Kovacevic</i>,
Loutfi, Magnusson, de Marco, Martins, Mészáros, <i>Micheloyiannis</i>,
Moeller<i> (suppléant: Kaalund)</i>, Mosetic, <i>Nastase,
Németh,</i> Mme Noveská, MM Oleksy, Pantelejevs, Patnick <i>(suppléant:
Sir Dudley Smith),</i> Pollo, Polydoras,<i> Poppe,</i> <i>Prokop</i>,
Rhinow, Robles Fraga <i>(suppléant: Lopez Henares)</i>,
Rodeghiero, Solé Tura, Solonari, <i>Staciokas</i>, Symonenko, <i>Tahiri</i>,
Vishnyakov, <i>Weyts, Mme Wohlwend</i>.</p>

<p align="left"><i>N.B. Les noms des membres qui ont pris part au
vote sont indiqués en italique. </i></p>

<p align="left">Secrétaires de la commission: M. Plate, M<em>mes</em>
Coin, Chatzivassiliou, Kleinsorge et Clamer. </p>

<hr size="1">

<p align="left"><a href="#Footref1" name="Footnote1"><i>Note: 1</i></a><i>
de la commission des questions juridiques et des droits de
l'homme</i></p>

<hr size="1">

<p align="left"><a href="#Footref2" name="Footnote2"><i>Note: 2</i></a><i>
En novembre 1996, la commission des questions juridiques et des
droits de l'homme a envoyé un questionnaire détaillé aux
délégations nationales des Etats membres du Conseil de l'Europe
et à celles jouissant du statut d'invité spécial. Ce
questionnaire fait l'objet de l'annexe I. Au 15 février 1997,
trente réponses avaient été reçues. L'annexe II comporte un
bref résumé de celles-ci.</i></p>

<hr size="1">

<p align="left"><a href="#Footref3" name="Footnote3"><i>Note: 3</i></a><i>
C'est ainsi que, par exemple, si tout le monde ne convient pas
que la prostitution des femmes adultes devrait être considérée
comme un délit pénal, je ne connais aucun pays d'Europe dans
lequel la prostitution des enfants ne constitue pas un délit.</i></p>

<hr size="1">

<p align="left"><a href="#Footref4" name="Footnote4"><i>Note: 4</i></a><i>
Plan d'action de lutte contre la traite des femmes et la
prostitution forcée, par Mme Michèle Hirsch, Strasbourg 1996,
Doc. EG (96) 2, page 12</i></p>

<hr size="1">

<p align="left"><a href="#Footref5" name="Footnote5"><i>Note: 5</i></a><i>
La traite des femmes vers l'Union européenne: caractéristiques,
tendances et politiques; document présenté par l'Organisation
internationale pour les migrations (OIM, Genève, Suisse) à la
Conférence sur la traite des femmes en vue de leur exploitation
sexuelle, Vienne, juin 1996, page 3 de la version anglaise.</i></p>

<hr size="1">

<p align="left"><a href="#Footref6" name="Footnote6"><i>Note: 6</i></a><i>
Doc. 7037/5/95 Rev. 5 COR1 20/7/95 EUROPOL 54</i></p>

<hr size="1">

<p align="left"><a href="#Footref7" name="Footnote7"><i>Note: 7</i></a><i>
Communication de la Commission au Conseil et au Parlement
européen concernant la traite des femmes à des fins
d'exploitation sexuelle, Bruxelles, 20.11.1996, COM (96) 567
final, page 2.</i></p>

<hr size="1">

<p align="left"><a href="#Footref8" name="Footnote8"><i>Note: 8</i></a><i>
La plupart des pays qui ont admis être des pays de destination,
en réponse au questionnaire adressé en novembre 1996 par la
Commission des questions juridiques et des droits de l'homme
(voir annexe II, point 4), ont désigné les pays d'Europe
centrale et orientale comme des pays d'origine. La Russie,
l'Ukraine, le Bélarus, la Bulgarie, la Roumanie et la Pologne
figurent parmi les pays les plus souvent mentionnés.</i></p>

<hr size="1">

<p align="left"><a href="#Footref9" name="Footnote9"><i>Note: 9</i></a><i>
Ainsi, la Bulgarie, qui coopère avec les organes spécialisés
des pays de destination, a obtenu dans ce domaine des résultats
positifs en collaborant notamment avec les services de police de
l'Italie, de l'Allemagne et de la Grèce. Mais l'efficacité de
cette coopération bilatérale semble être davantage l'exception
que la règle.</i></p>

<hr size="1">

<p align="left"><a href="#Footref10" name="Footnote10"><i>Note:
10</i></a><i> Aux Pays-Bas, c'est le ministère public qui mène
l'enquête. D'après Mme van der Molen, procureur national en
matière d'immigration, les objectifs de l'enquête et des
poursuites sont les suivants :</i></p>

<p align="left"><i>*&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;la neutralisation des
organisations qui se cachent derrière la traite des femmes et la
prostitution forcée ; </i></p>

<p align="left"><i>*&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;la protection des
victimes ; </i></p>

<p align="left"><i>*&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;la saisie des
bénéfices. </i></p>

<hr size="1">

<p align="left"><a href="#Footref11" name="Footnote11"><i>Note:
11</i></a><i> La Convention s'inscrit dans la ligne de la
Convention internationale du 18 mai 1904 destinée à assurer une
protection efficace contre la &quot;Traite des Blanches&quot;.</i></p>

<hr size="1">

<p align="left"><a href="#Footref12" name="Footnote12"><i>Note:
12</i></a><i> COM (96) 567 final.</i></p>

<hr size="1">

<p align="left"><a href="#Footref13" name="Footnote13"><i>Note:
13</i></a><i> Journal officiel des Communautés européennes, No
L&nbsp;322/7, 12.12.1996.</i> </p>
</body>
</html>
