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<html>

<head>

<meta name="GENERATOR" content="Microsoft FrontPage 2.0">
<title>Activités des institutions de Bretton Woods (Banque mondiale et Fonds monétaire international)</title>
</head>

<body bgcolor="#FFFFFF">

<p><img src="../logotran.gif" width="311" height="162"></p>

<hr size="1">
<font size="6"><b>Activités des institutions de Bretton Woods
(Banque mondiale et Fonds monétaire international)</b></font><font size="4"><b>Rapport</b></font><b> </b><a href="#Footnote1" name="Footref1"><b>(1)</b></a><b>Doc. 7835</b>

<p align="left">3 juin 1997</p>

<p align="left"><b>Rapporteur: M. Claude Frey, Suisse, Groupe
libéral, démocrate et réformateur</b></p>

<hr size="1">

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><i>Résumé</i></p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">Le développement des pays plus pauvres est
maintenant davantage l'&#156;uvre d'investissements privés que
de l'aide gouvernementale, et il se peut que le monde se soit
largement détourné des taux de change fixes au profit des taux
de change flottants. Mais il n'en reste pas moins que la Banque
mondiale et le Fonds monétaire international, piliers des
établissements de prêt établis par les Nations Unies après la
guerre, ont encore un rôle important à jouer dans l'économie
mondiale, même s'il semble nécessaire d'introduire quelques
réformes dans leur fonctionnement.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">Le présent rapport a pour objectif de brosser le
tableau des principaux domaines d'activité de ces deux
institutions, en s'attardant aussi sur certains aspects de leurs
activités susceptibles d'être encore améliorés pour qu'elle
puissent mieux réagir aux rapides changements en cours sur la
scène internationale.</p>

<p align="left"><b></b>&nbsp;</p>

<p align="left"><b>I. Projet de résolution</b> </p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">1.L'Assemblée se félicite des résultats
obtenus en plus d'un demi-siècle par les institutions de Bretton
Woods - la Banque mondiale et le Fonds monétaire international -
qui ont aidé la communauté mondiale dans ses efforts à
promouvoir la croissance économique et le développement et
lutter contre la malnutrition, la dégradation de l'environnement
et les clivages sociaux.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">2.L'Assemblée soutient les efforts de ces
institutions pour mieux adapter leur structure aux exigences d'un
contexte international en rapide mutation et être à même de
réagir avec promptitude à des crises économiques, sociales et
environnementales.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">3.Elle encourage la Banque et le Fonds à
travailler en liaison plus étroite avec d'autres agences
spécialisées des Nations unies dans des domaines d'intérêt
mutuel et à veiller à ce qu'il n'y ait pas de duplication des
travaux avec elles.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">4.L'Assemblée se félicite de la création d'un
groupe d'experts extérieurs, indépendants, chargé d'évaluer
l'impact social et environnemental et l'efficacité des
programmes de développement de la Banque et du Fonds. Elle
estime que c'est là un pas important vers davantage de
transparence, une participation accrue de la société civile et
plus de responsabilité envers le public.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">5.L'Assemblée invite les Etats membres du
Conseil de l'Europe à faire tout leur possible pour promouvoir
et renforcer la transparence dans les opérations de la Banque et
du Fonds, en particulier pour ce qui est des projets de
développement.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">6.L'Assemblée encourage la Banque et le Fonds :</p>

<ol type="i" start="1">
    <li><p align="left">à faire preuve, dans leurs activités,
        de la plus grande responsabilité envers le public;</p>
    </li>
    <li><p align="left">à inclure dans leur mandat statutaire
        l'obligation de défendre et de promouvoir les droits de
        l'homme;</p>
    </li>
    <li><p align="left">à intégrer systématiquement à toutes
        leurs stratégies de développement les critères d'un
        développement social et environnemental durable;</p>
    </li>
    <li><p align="left">à faire de même pour promouvoir la
        bonne gestion des affaires publiques et à lutter, avec
        toute la détermination nécessaire, contre une
        corruption qui ne cesse de progresser et fait obstacle au
        progrès économique et social;</p>
    </li>
    <li><p align="left">à exiger aussi que les pays
        bénéficiaires réduisent leurs dépenses militaires
        lorsque celles-ci sont manifestement supérieures au
        niveau nécessaire pour garantir leur sécurité;</p>
    </li>
    <li><p align="left">à accélérer, le cas échéant, dans la
        mesure du possible et sous réserve que les pays
        bénéficiaires consentent aux conditions ci-dessus, des
        programmes d'allégement de la dette, qui sont souvent
        nécessaires pour permettre la reprise économique dans
        de nombreux pays pauvres et lourdement endettés;</p>
    </li>
    <li><p align="left">à compléter leurs programmes
        d'ajustement structurel par des stratégies adaptées au
        pays concerné dans les domaines politique et
        administratif, de manière à renforcer l'efficacité de
        leurs projets de développement.</p>
    </li>
</ol>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">7.En outre, l'Assemblée invite le groupe Banque
mondiale :</p>

<ol type="i" start="1">
    <li><p align="left">à faire une plus large place, dans la
        conception des projets, à la participation des
        populations et des responsables locaux - en particulier
        par le biais de la campagne de
        &quot;micro-financement&quot; destinée à permettre que
        les pauvres s'établissent à leur compte - ce qui se
        traduire par des stratégies de développement mieux
        adaptées aux conditions locales et contribuera à
        l'établissement d'un partenariat plus équilibré entre
        la Banque et ceux qu'elle a pour mission de servir;</p>
    </li>
    <li><p align="left">à promouvoir le développement de
        programmes d'enseignement et de réseaux d'information,
        en particulier en renforçant les ressources de son
        Institut du développement économique, qui offre des
        services de formation de premier plan, notamment en
        Afrique et en Europe centrale et orientale;</p>
    </li>
    <li><p align="left">à développer davantage la coopération
        avec des organisations non-gouvernementales pour la mise
        en oeuvre de projets, dans le but d'en assurer un
        meilleur suivi et de rendre les institutions publiques et
        privées des pays bénéficiaires plus responsables à
        l'égard de la population;</p>
    </li>
    <li><p align="left">à concentrer ses prêts dans les
        domaines de la lutte contre la pauvreté, de la
        sécurité sociale, de la santé et des conditions
        sanitaires, de l'éducation, de l'agriculture, de la
        distribution d'eau et de la nutrition;</p>
    </li>
    <li><p align="left">à intensifier la coordination entre sa
        Société financière internationale et la Banque
        européenne pour la reconstruction et le développement
        en matière de politiques de développement du secteur
        privé et du secteur financier en Europe centrale et
        orientale, afin d'éviter que leurs travaux ne fassent
        double emploi.</p>
    </li>
</ol>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">8.De plus, l'Assemblée encourage le Fonds
monétaire international :</p>

<ol type="i" start="1">
    <li><p align="left">à continuer d'aider les pays emprunteurs
        à formuler et à mettre en oeuvre des politiques
        économiques stables et non inflationnistes, et à
        intensifier ses discussions avec ces pays pour évaluer
        en temps opportun les problèmes qui se profilent;</p>
    </li>
    <li><p align="left">à faire face, en augmentant les
        ressources financières, à la demande croissante dont
        font l'objet ses programmes d'assistance technique et de
        formation en gestion macro- économique, en matière de
        banque centrale, de politiques fiscales, de statistiques
        et de comptabilité financière;</p>
    </li>
    <li><p align="left">à aider les pays emprunteurs à
        atténuer les conséquences sociales du processus souvent
        pénible d'ajustement économique.</p>
    </li>
</ol>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">9.Enfin, l'Assemblée Parlementaire invite les
Etats membres du Conseil de l'Europe à épauler les institutions
de Bretton Woods dont ils sont membres, notamment en respectant
les principes fondateurs de ces institutions : une gestion
économique saine au niveau national et la solidarité au niveau
international.<b> </b></p>

<p align="left"><b></b>&nbsp;</p>

<p align="left"><b>II. Exposé des motifs par M. Frey</b> </p>

<p align="left"><b>Table des matières</b> </p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<blockquote>
    <p align="left"><a href="#A. Introduction"><strong>a.
    Introduction</strong></a></p>
    <p align="left"><strong>b. Le Groupe Banque Mondiale et ses
    activités</strong></p>
    <blockquote>
        <p align="left"><a href="#i.Structure institutionnelle"><strong>i.
        Structure institutionnelle</strong></a></p>
        <p align="left"><a href="#ii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les programmes pour le développement du capital humain et ceux ciblés contre la pauvreté"><strong>ii
        Les programmes pour le développement du capital humain
        et ceux ciblés contre la pauvreté</strong></a></p>
        <p align="left"><a href="#iii.Le développement durable du point de vue de l'environnement"><strong>iii.
        Le développement durable du point de vue de
        l'environnement</strong></a></p>
        <p align="left"><a href="#iv.Le développement des secteurs privé et financier"><strong>iv.
        Le développement des secteurs privé et financier</strong></a></p>
        <p align="left"><a href="#v.Expérience de la Banque avec des organisations non gouvernementales"><strong>v.
        Expérience de la Banque avec des organisations non
        gouvernementales (ONG)</strong></a></p>
        <p align="left"><a href="#vi.L'Institut du développement économique (IDE)"><strong>vi.
        L'Institut du développement économique (IDE)</strong></a></p>
        <p align="left"><a href="#vii.L'Accord de coopération entre l'Organisation mondiale du commerce et la Banque mondiale"><strong>vii.
        L'Accord de coopération entre l'Organisation mondiale du
        commerce et la Banque mondiale</strong></a></p>
    </blockquote>
    <p align="left"><strong>c. Le Fonds Monétaire International
    et son rôle croissant</strong></p>
    <blockquote>
        <p align="left"><a href="#i.Structure institutionnelle 2"><strong>i.
        Structure institutionnelle</strong></a></p>
        <p align="left"><a href="#ii.La surveillance exercée par le fonds"><strong>ii.
        La surveillance exercée par le fonds</strong></a></p>
        <p align="left"><a href="#iii.Les facilités accordées par le fonds"><strong>iii.
        Les facilités accordées par le fonds</strong></a></p>
        <p align="left"><a href="#iv.L'essentiel du programme d'assistance du FMI"><strong>iv.
        L'essentiel du programme d'assistance du FMI</strong></a></p>
        <p align="left"><a href="#v.L'accord de coopération entre l'Organisation mondiale du commerce et le FMI"><strong>v.
        L'accord de coopération entre l'Organisation mondiale du
        commerce et le FMI </strong></a></p>
    </blockquote>
    <p align="left"><a href="#D. La question de la dette"><strong>d.
    La question de la dette </strong></a></p>
    <p align="left"><a href="#E. Le problème de la corruption"><strong>e.
    Le problème de la corruption </strong></a></p>
    <p align="left"><a href="#F. Un «programme structurel» pour la Banque mondiale et le FMI"><strong>f.Un
    «Programme structurel» pour la Banque Mondiale et le FMI </strong></a></p>
</blockquote>

<p>&nbsp;</p>

<hr size="1" width="50%">

<p align="left"><a name="A. Introduction"><b>A. Introduction</b></a>
</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">1.Après la proposition de Résolution n° 1914
du 24 janvier 1994 présentée par M.&nbsp;Holtz et plusieurs de
ses collègues, et sa Résolution 1057 (1995) relative aux
activités des institutions de Bretton Woods, l'Assemblée
parlementaire&nbsp;.&nbsp;par l'intermédiaire de sa commission
des questions économiques et du
développement&nbsp;.&nbsp;s'achemine maintenant vers un
renforcement accru de sa coopération avec la Banque mondiale et
avec le Fonds monétaire international, et envisage de servir de
tribune parlementaire pour suivre leurs activités et leurs
politiques.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">2.Les parlementaires d'une Europe élargie sont
particulièrement intéressés par des échanges de vue avec ces
institutions, à intervalles réguliers, sur des questions
touchant la sphère socio-économique, par exemple leurs
activités dans des Etats membres du Conseil de l'Europe (y
compris en matière de remboursement de la dette extérieure), la
nécessité d'un développement durable qui soit équitable du
point de vue social, sain du point de vue de l'environnement et
fondé sur la démocratie et les droits de l'homme dans les pays
plus pauvres de la planète, et la progression de la réforme
économique en Europe centrale et orientale.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">3.Le présent rapport se propose de présenter et
de commenter les activités et les préoccupations des deux
institutions, et d'examiner leur rôle dans la promotion de la
coopération internationale en matière économique et
monétaire, de la réforme économique en Europe centrale et
orientale et de la croissance dans les pays moins développés.
Le présent rapport s'appuie, non seulement sur des documents
aimablement fournis au rapporteur, mais également sur des
entretiens éclairants qu'il a pu avoir avec des hauts
fonctionnaires au cours de sa visite au siège de ces deux
institutions, à Paris, en janvier&nbsp;1997.</p>

<p align="left"><b></b>&nbsp;</p>

<p align="left"><b>B. Le Groupe Banque mondiale et ses activités</b>
</p>

<p align="left"><a name="i.Structure institutionnelle"><strong>i.Structure
institutionnelle</strong></a></p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">Le «Groupe Banque mondiale» se compose de
quatre institutions financières multilatérales:</p>

<ol>
    <li><p align="left">la Banque internationale pour la
        reconstruction et le développement (BIRD);</p>
    </li>
    <li><p align="left">l'Agence internationale pour le
        développement (ADI);</p>
    </li>
    <li><p align="left">la Société financière internationale
        (SFI);</p>
    </li>
    <li><p align="left">l'Agence multilatérale de garantie des
        investissements (AMGI).</p>
    </li>
</ol>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">4.La BIRD est la plus ancienne et la plus grande
de ces quatre institutions. Son capital est détenu par les
gouvernements des cent quatre-vingts pays qui l'ont souscrit.
Conformément à ses Statuts, un pays doit être membre à part
entière du FMI pour pouvoir participer au capital de la BIRD, et
sa souscription à ce capital dépend de sa quote-part au sein du
FMI, laquelle reflète le poids économique du pays considéré.
Au 30&nbsp;juin 1996, les prêts de la BIRD cumulés s'élevaient
à 281 millions de dollars.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">5.Alors que la Société financière
internationale a pour but d'investir dans des entreprises
commerciales des pays en développement et d'appuyer les
initiatives du secteur privé, l'objectif de la Banque
internationale pour la reconstruction et le développement et de
l'Agence internationale pour le développement est de promouvoir
le progrès économique et social ainsi que de réduire la
pauvreté. L'Agence multilatérale de garantie des
investissements, quant à elle, vise à encourager les
investissements directs étrangers dans les Etats membres en
protégeant les investisseurs contre les risques non commerciaux,
notamment le risque de guerre ou de limitations au rapatriement
des bénéfices.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">6.La Société financière internationale a été
constituée en 1956. Elle contribue à stimuler la croissance du
secteur privé dans les pays en développement en mobilisant des
capitaux étrangers et nationaux. Contrairement à la plupart des
institutions multilatérales, la SFI n'accepte pas de garanties
gouvernementales pour son financement. Elle aligne le prix de ses
services, financiers et autres, sur ceux pratiqués par le
marché privé, tout en cherchant à faire des bénéfices. Pour
faciliter l'accès à ses informations et à ses services, la
Banque mondiale a récemment créé le Centre pour le partenariat
commercial (Business Partnership Centre ou BPC), contact
privilégié des entreprises du secteur privé qui envisagent de
faire des affaires avec la Banque ou dans des pays moins
développés.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">7.L'Agence internationale pour le développement
a été créée en 1960. Elle regroupe cent cinquante-neuf pays
et axe son aide essentiellement sur les pays les moins
développés, sous la forme de subventions versées par ses Etats
membres plus riches. Ces fonds sont reconstitués tous les trois
ans d'un commun accord entre les donateurs, ce qui les rend plus
sensibles à des changements de climat politique en matière
d'aide. Les prêts de l'ADI sont accordés aux seuls
gouvernements, et leur durée de remboursement va de trente à
quarante ans. Ils ne produisent pas d'intérêts, mais une
commission annuelle de 0,5&nbsp;% est facturée. Les pays sont
éligibles aux prêts de l'ADI en fonction de leur degré relatif
de pauvreté et d'une solvabilité inexistante. Au 30 juin 1996,
les prêts de l'ADI totalisaient 97 millions de dollars.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">8.L'Agence multilatérale de garantie des
investissements, instaurée en 1988, est le dernier-né des
établissements du Groupe Banque mondiale. L'agence est une
entité distincte de la Banque mondiale; elle dispose de sa
propre équipe d'opérateurs et de juristes. Outre la promotion
des investissements, l'AMGI offre aux pays membres des services
de conseil et de consultations conçus pour instaurer un climat
favorable aux investissements. Elle compte actuellement cent
quarante et un membres.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">9.La Banque mondiale présente une
particularité, qui limite potentiellement ses activités: elle
observe une «conditionnalité de politique» moins explicite que
d'autres institutions multilatérales. Conformément à ses
Statuts, la Banque ne peut pas se laisser influencer, par
exemple, par des questions politiques ou liées aux droits de
l'homme dans ses déterminations de prêts. C'est pourquoi, dans
son processus de décision, elle ne tient compte que des facteurs
économiques. Cette restriction avait été introduite, à
l'origine, pour empêcher la Banque d'intervenir dans les
affaires politiques des Etats membres, et pour éviter que ces
derniers n'utilisent l'aide financière pour poursuivre leurs
propres desseins politiques.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">10.Cependant, dans les activités de la Banque,
il en est quatre, au moins, dont les implications touchent aux
droits de l'homme:</p>

<ol>
    <li><p align="left">les dimensions sociales des programmes
        d'ajustement structurel, comme le «filet de sécurité»
        social, l'enseignement primaire pour tous et la
        couverture sanitaire;</p>
    </li>
    <li><p align="left">la portée humaine et écologique de
        grands projets parrainés par la Banque;</p>
    </li>
    <li><p align="left">la participation du public dans la
        conception et la mise en &#156;uvre de programmes de la
        Banque; </p>
    </li>
    <li><p align="left">les droits civiques et politiques en tant
        qu'éléments de la «bonne gestion des affaires
        publiques».</p>
    </li>
</ol>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">11.Le concept de «bonne gestion des affaires
publiques», apparu dans les années 80, est né de la croyance
que la réussite ou l'échec d'un développement économique
durable dépendent de la qualité de la gestion des affaires
publiques. Aujourd'hui encore, les Etats membres s'interrogent
sur l'opportunité d'étendre ce concept aux droits sociaux et
économiques.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">12.En effet, des voix s'élèvent pour demander
que les Statuts de la Banque soient modifiés pour leur permettre
de tenir compte de critères liés aux droits de l'homme&nbsp;.la
modification des Statuts fondateurs de la Banque mondiale doit
être votée par 85&nbsp;% des actions ayant le droit de vote et
par les trois cinquièmes de ses membres. Au vu des récents
bouleversements de la situation économique et politique
internationale, notamment les relations fluctuantes entre les
pays en développement et ceux moins développés, il semble
raisonnable de lier les droits de l'homme et la démocratie à
l'aide étrangère dans la coopération bilatérale au
développement. (En fait, la charte fondatrice de la Banque
européenne pour la reconstruction et le développement,
institution créée plus récemment et à laquelle l'Assemblée
parlementaire sert de tribune parlementaire, fait explicitement
référence à ces valeurs.)</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><a name="ii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les programmes pour le développement du capital humain et ceux ciblés contre la pauvreté"><strong>ii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les
programmes pour le développement du capital humain et ceux
ciblés contre la pauvreté</strong></a> </p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">13.La stratégie de la Banque pour les années 90
est axée sur l'investissement dans le capital humain. Les prêts
pour l'investissement dans les ressources humaines ont été
multipliés par cinq&nbsp;.&nbsp;voire plus&nbsp;.&nbsp;depuis le
début des années 80. Trente-cinq milliards de dollars au total
ont été prêtés à plus d'une centaine de pays dans le cadre
de programmes d'éducation, de santé, liés à la population et
à la nutrition. Le ciblage et la conception des activités de la
Banque font actuellement l'objet d'une analyse plus poussée.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">14.La Banque mondiale est actuellement le premier
établissement au monde fournisseur de financements externes pour
les services sociaux et le développement du capital humain. Pour
l'exercice 1996, l'ensemble des prêts dans les secteurs des
soins de santé de base et des services d'éducation s'est
élevé à 1&nbsp;595 millions de dollars et à 686&nbsp;millions
de dollars respectivement. Ces dernières années, les dépenses
liées au secteur social ont englobé de nouvelles activités
telles que les retraites, les prestations de chômage, la
sécurité sociale et l'égalité entre les sexes. Les campagnes
de vaccination des enfants, pratiquement inexistantes dans les
années 50, touchent maintenant 80&nbsp;% des enfants dans le
monde. Dans les pays en développement, l'espérance de vie
moyenne est passée d'environ 40&nbsp;ans à 63&nbsp;ans en
trois&nbsp;décennies. Malgré ces résultats remarquables, des
millions de pauvres dans le monde sont confrontés chaque jour à
la maladie, à la malnutrition et à la faim.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">15.Grâce à ses programmes de prêts, à la mise
en &#156;uvre de stratégies d'assistance aux pays et à son
dialogue sur les politiques, au cours de ces dernières années,
la Banque a intensifié ses interventions pour faire reculer la
pauvreté. Dans son rapport «Poverty Reduction and the World
Bank: Progress and Challenges in the 1990s», la Banque présente
les caractéristiques principales de la situation mondiale en
matière de pauvreté et expose les grands axes selon lesquels
elle oriente ses efforts et ses stratégies pour atténuer les
souffrances des déshérités.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">16.Les programmes plus récents pour faire
reculer la pauvreté mettent l'accent sur les besoins du pays
concerné, y compris pour ce qui est des ressources humaines et
des filets de sécurité sociale. Les prêts destinés à
l'agriculture, à la distribution et à l'assainissement de
l'eau, tous essentiels pour faire reculer la pauvreté, ont été
encore augmentés. Cette évolution vers une meilleure
intégration des besoins particuliers à chaque pays est née de
la prise de conscience qu'il faut comprendre les différents
aspects de la pauvreté avant d'opter pour une stratégie.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">17.Les quatre conclusions essentielles de ce
rapport sont qu'il faut:</p>

<ol type="a" start="1">
    <li><p align="left">améliorer l'accès des pauvres à des
        facteurs de production essentiels en leur proposant des
        prêts abordables;</p>
    </li>
    <li><p align="left">accroître la productivité des pauvres
        et la part des bénéfices de leur travail qui leur
        revient, notamment dans l'agriculture;</p>
    </li>
    <li><p align="left">aider les marchés à fonctionner de
        telle sorte que les pauvres en bénéficient, en
        encourageant les gouvernements à supprimer les
        réglementations inutiles;</p>
    </li>
    <li><p align="left">encourager les efforts visant à vaincre
        la discrimination envers les pauvres et permettre à ces
        derniers d'avoir plus facilement accès aux possibilités
        offertes par la croissance économique.</p>
    </li>
</ol>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">18.Au cours des années 92 à 96, la Banque a
financé un certain nombre de projets dans plusieurs secteurs: 16
milliards de dollars pour stimuler la productivité agricole,
10&nbsp;milliards de dollars pour l'éducation, 7 milliards de
dollars pour des programmes concernant la population, la santé
et la nutrition, plus de 6 milliards de dollars pour le
développement urbain et environ 5 milliards de dollars pour
l'amélioration des réseaux d'eau potable et de collecte des
eaux usées. Malgré l'importance que la Banque attache à la
réduction de la pauvreté, les fonds dédiés aux projets
consacrés à la lutte contre la pauvreté sont restés, en 1996,
au même niveau qu'en 1995, puisqu'ils ont représenté environ
32&nbsp;% des prêts d'investissement de la Banque, soit quelque
5,4 milliards de dollars. Il convient également de noter que les
projets dans le cadre de la lutte contre la pauvreté sont
passés de 54 à 63 % du total des prêts d'investissement (de
2,4 à 3,5 milliards de dollars) entre l'exercice 1995 et
l'exercice 1996.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">19.Le développement social et la participation
active des populations sont devenus partie intégrante de l'ordre
du jour des activités de la Banque dans le domaine du
développement du capital humain. Par développement social, on
entend être à l'écoute du public, en tenir compte dans la
conception des projets et des programmes et lui faire confiance
au cours de leur processus de réalisation. Les communautés au
sein desquelles la Banque intervient peuvent ainsi s'approprier
les programmes réalisés, et la Banque peut alors gagner le
respect et la confiance des populations, dont l'appui est
essentiel à tous les stades de l'intervention. De plus, la
participation directe non seulement «humanise» le programme
tout entier, mais renforce également les capacités des
individus et des communautés à se mobiliser et à s'entraider.
Les populations peuvent ainsi redécouvrir leur potentiel de
coopération et d'effort commun.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">20.Cependant, dans plusieurs pays moins
développés, la centralisation croissante a réduit la capacité
des populations à peser sur les décisions et à contribuer au
développement social. Il y a un risque que les citoyens
deviennent, non seulement politiquement moins actifs, mais aussi
toujours plus dépendants de l'assistance de l'Etat. En outre, la
participation au développement social reste trop souvent
limitée à l'utilisation de la main d'oeuvre locale dans la
phase de construction des projets. Cela s'explique par le fait
que certains gouvernements sont très réticents à laisser les
citoyens ordinaires participer à des instances consultatives ou
à des commissions officielles. Voilà un domaine dans lequel la
Banque peut, sans aucun doute, faire encore progresser les
choses. Elle doit s'efforcer de convaincre les gouvernements de
faire en sorte que la population soit davantage impliquée dans
la conception et l'exécution des programmes, ce qui rendrait ces
derniers socialement plus acceptables pour ceux qui doivent
supporter le poids de l'ajustement économique.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">21.Le rapport de la Task Force de la Banque sur
&quot;le développement social et les résultats sur le
terrain&quot;, élaboré en octobre 1996, envisage le
développement social dans les grandes lignes : niveau de la
population en matière d'éducation, de niveau de vie, de capital
social et de relations et d'institutions sociales durables. Il
montre les résultats atteints par la Banque dans ce domaine
complexe. </p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">22.Pour ce qui est des programmes conçus pour
l'aide à la reconstruction après un conflit, la Banque mondiale
est actuellement engagée dans quatorze projets en Bosnie et
Herzégovine, pour un total de plus de 325 millions de dollars.
Dans le territoire placé sous contrôle de l'autorité
palestinienne, la Banque a contribué à créer environ 22 000
emplois. En Haïti, elle travaille, avec une association de
donateurs, au maintien de la paix et à l'instauration d'un
climat économique favorable pour les pauvres. L'Angola et le
Liban bénéficient aussi actuellement d'une aide à l'emploi et
à la reconstruction.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">23.En janvier 1997, la Banque mondiale a lancé
une campagne planétaire de lutte contre le sous-développement
et la pauvreté, dans l'espoir de recueillir autour de 100
millions USD pour le &quot;micro-financement&quot;, qui
serviront, notamment, à financer des crédits pour que les
bénéficiaires s'établissent à leur compte et à l'épargne.
Cette initiative va dans le sens de la nouvelle orientation de la
Banque, qui vise à aider les groupes les plus pauvres et les
plus vulnérables à participer plus activement au développement
social et économique de leur pays.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">24. Cette campagne est importante pour deux
raisons, principalement. Dans les pays moins développés, les
ménages ont peu d'encouragements ou de moyens pour épargner;
or, une pénurie d'épargne nationale se traduit par moins de
capitaux à consacrer à l'investissement et à la croissance. De
plus, la pauvreté et de grandes disparités de revenus
contribuent à l'instabilité politique et économique et sont
donc préjudiciables à la croissance. C'est pourquoi tout
programme de ce type visant à atténuer la pauvreté peut servir
la croissance et permettre une répartition plus équitable des
revenus. </p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">25.La Banque mondiale devrait continuer à
accroître son aide et son investissement dans le domaine des
ressources humaines, et travailler plus étroitement avec les
communautés locales. Pour renforcer l'action des outils
techniques et analytiques utilisés dans ses programmes orientés
vers le secteur social, les agences régionales de la Banque
apportent actuellement leur aide aux pays demandeurs en leur
permettant de parachever des méthodes d'étude des questions de
politiques, de diffuser des conceptions de projets dont la
productivité est optimisée (<i>best practice</i>), et de
proposer des formations au niveau local. Même si la croissance
économique demeure le pilier de la stratégie de la Banque pour
faire reculer la pauvreté, de plus en plus, dans ce que l'on
pourrait appeler sa nouvelle approche, la Banque a également
recours à des investissements consacrés aux ressources
humaines, à des stratégies d'assistance applicables à chaque
pays au cas par cas ainsi qu'à des programmes de réduction de
la pauvreté.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><a name="iii.Le développement durable du point de vue de l'environnement"><strong>iii.Le
développement durable du point de vue de l'environnement</strong></a></p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">26.Le défi des années 90 est de parvenir à un
développement durable du point de vue de l'environnement. La
Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le
développement, qui s'est tenue en juin 1992, est parvenue à
susciter au niveau mondial une meilleure prise de conscience de
l'urgence de cette tâche. Elle a confirmé que le développement
socio-économique ne peut pas durer longtemps s'il s'accompagne
d'un épuisement des ressources naturelles, notamment de celles
non renouvelables, ou d'une dégradation de l'environnement. La
Banque mondiale étant la plus grande source multilatérale de
financement de l'aide aux pays en développement, doit veiller
tout particulièrement à ce que ses programmes et ses projets
soient cohérents avec cet objectif.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">27.Depuis sa création en 1993, la
vice-présidence chargée du développement durable du point de
vue de l'environnement a proposé des stratégies novatrices pour
répondre plus efficacement aux nouveaux défis que sont,
notamment, l'augmentation des véhicules à moteur, la croissance
urbaine incontrôlée et la négligence du développement rural.
La nouvelle stratégie de la Banque tient compte des
préoccupations environnementales et prévoit aussi un volume
plus important d'investissements dans des projets
infrastructurels liés à l'environnement. En 1996, la Banque
disposait de cent cinquante-trois projets en portefeuille dans le
domaine de l'environnement, pour une valeur de plus de 11
milliards de dollars. Elle est également en train de revoir sa
stratégie dans le secteur énergétique. </p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">28.Pour aider ses clients à remplir des
objectifs environnementaux, la Banque mobilise aussi des
subventions, distribuées dans le cadre de la <i>Global
Environment Facility</i>, et s'appuie sur l'expérience des ONG.
Les subventions concernent quatre grands domaines: la
biodiversité, le climat, le retrait progressif des substances
nocives pour la couche d'ozone et l'énergie renouvelable. </p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">29.Bien que les pays sollicitant l'aide de la
Banque pour des projets liés à l'environnement soient de plus
en plus nombreux, des groupes de protection de l'environnement
continuent de soulever des questions polémiques au sujet des
prêts dans le secteur énergétique. Par exemple, lors de la
dernière assemblée annuelle de la Banque, «<i>Friends of the
Earth</i>», un groupe de pression dans le domaine de
l'environnement, a accusé la Banque de ne pas prévoir, dans ses
politiques de développement, des mesures appropriées pour la
protection de l'environnement. En outre, un mémorandum de la
Banque, élaboré en 1996, conclut que cette dernière doit
encore améliorer les méthodes auxquelles elle a recours pour
vérifier que ses programmes ne sont pas nuisibles pour
l'environnement.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">30.Pour ce qui est de l'Europe centrale et
orientale, les rapports de la Banque indiquent que, globalement,
la situation de la région s'est améliorée en matière
d'environnement. Par exemple, les rejets des grandes usines ont
diminué dans certains pays. Des pays où la réforme de marché
a bien avancé ont commencé à acquérir des technologies de
pointe pour la protection de l'environnement, essentielles pour
améliorer la qualité de l'air, de l'eau et des sols. Ces
mesures, associées à la suppression progressive des subventions
et à l'élimination d'autres distorsions des marchés, ont jeté
les bases d'une utilisation plus efficace des ressources
naturelles et d'une amélioration durable de l'environnement.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">31.En 1996, pour cette région, la Banque avait
en portefeuille vingt-deux projets en Estonie, en Lettonie, en
Lituanie, en Pologne, en Russie, dans la République tchèque, en
Turquie et en Slovénie. Ces projets concernent les déversements
accidentels d'hydrocarbures, la réduction de la pollution
atmosphérique urbaine et l'amélioration de l'eau et des
conditions sanitaires. Ces programmes s'accompagnent de projets
de création d'institutions, qui visent à renforcer la capacité
de gestion des ressources naturelles et l'efficience
énergétique.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">32.Votre rapporteur pense que la Banque a fait de
grands progrès dans la conception de sa politique de
l'environnement et qu'elle a obtenu de nombreux résultats
tangibles. Par exemple, certains pays tiennent compte, dans
l'élaboration de leurs stratégies économiques, des coûts
qu'elles sont susceptibles de représenter pour l'environnement.
Dans de nombreux pays en développement, la Banque coopère plus
activement et plus étroitement avec les autorités publiques et
les pouvoirs locaux, afin de les aider à acquérir l'expertise
et à mettre en place le système administratif nécessaires à
l'identification et à la mesure des dégradations de
l'environnement.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">33.Toutefois, il est possible de faire davantage
encore. Premièrement, la formulation des stratégies génère
fréquemment un volume trop important de documentation, ce qui
retarde leur mise en &#156;uvre et ne se traduit pas toujours par
des solutions favorables à l'environnement. Deuxièmement, la
Banque pratique souvent une certaine rétention d'informations
importantes et ne laisse pas suffisamment participer les ONG et
les communautés concernées. C'est pourquoi votre rapporteur
estime que les activités de la Banque en matière
d'environnement méritent d'être encore suivies de près.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><a name="iv.Le développement des secteurs privé et financier"><strong>iv.Le
développement des secteurs privé et financier</strong></a></p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">34.Tous les pays du monde s'efforcent, dans leur
développement économique et social, de renforcer le rôle de
leurs secteurs privés et financiers, puisque ces derniers sont
essentiels à la croissance économique, à la création d'emploi
et à une meilleure réactivité des pays à l'économie mondiale
en rapide évolution. Au cours des années, grâce à l'aide de
la Banque, les pouvoirs publics ont pu commencer à se
désengager et réduire leurs prélèvements fiscaux, notamment
par la privatisation et la restructuration des banques, ce qui a
permis de libérer des ressources pour la lutte contre la
pauvreté et pour la protection de l'environnement.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">35.Par ses conseils en matière de privatisation,
la Banque a continué d'aider les pays à intensifier leurs
efforts dans deux domaines essentiels: d'une part, la
privatisation des entreprises publiques et la refonte des cadres
réglementaires; d'autre part, la création d'institutions
fondamentales pour le développement d'un marché concurrentiel,
de services douaniers et de collecte de l'impôt, pour la mise au
point et la maîtrise des nouvelles technologies, et la création
d'institutions dans les domaines de l'éducation et de la
propriété industrielle, entre autres.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">36.Cette approche aide les pays en développement
et en transition à introduire les changements structurels
nécessaires pour attirer les capitaux privés qui financeront
les entreprises. Pour la seule année 1996, la Banque a financé
151 projets de privatisation dans des domaines aussi divers que
la finance, l'électricité, les télécommunications, le
pétrole et le gaz, l'industrie et le secteur minier, ainsi que
la distribution d'eau et l'évacuation des eaux usées,
mobilisant pour cela plus de 5 milliards de dollars.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">37. La Banque, s'efforçant de faciliter la
coordination stratégique avec des associations professionnelles
et des ONG, a mis en place un service spécial pour les
privatisations, placé sous la responsabilité unique de l'un de
ses directeurs exécutifs. Cette initiative a favorisé
d'étroites relations de travail avec d'autres institutions,
accru la réactivité de la Banque aux besoins de ses clients et
réduit le volume de documentation nécessaire pour la
préparation des prêts d'investissement. Plus précisément, le
Groupe PSD est chargé de réviser et de formuler la stratégie
de la Banque en matière de secteur privé, de coordonner les
activités au sein de la Banque, d'améliorer le marketing
externe et de s'ouvrir aux clients du secteur privé. (Les ONG ne
sont pas incluses dans cette stratégie). </p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">38.Concernant ses activités dans le secteur
financier, la Banque a adopté une approche visant à isoler les
actifs du secteur bancaire non productifs et à traiter leur
PROBLEME. En effet, la santé financière des banques détermine
dans une large mesure la qualité de l'allocation des ressources
dans un pays. L'aide de la Banque se répartit selon cinq grands
axes:</p>

<ol type="a" start="1">
    <li><p align="left">amélioration de l'environnement
        macro-économique;</p>
    </li>
    <li><p align="left">réforme des régimes des taux
        d'intérêt et des subventions;</p>
    </li>
    <li><p align="left">rénovation des infrastructures
        financières, notamment pour ce qui est des cadres
        juridique, comptable et réglementaire;</p>
    </li>
    <li><p align="left">mise à disposition d'opérateurs du pays
        client, formés aux systèmes de paiement, à la
        supervision bancaire, à la réforme des retraites et à
        la sécurité sociale; </p>
    </li>
    <li><p align="left">introduction d'activités visant à
        renforcer les capacités institutionnelles et d'un
        contrôle intensif afin d'éviter la réémergence de
        problèmes de gestion ou d'actifs.</p>
    </li>
</ol>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">39.La Banque et la SFI sont aussi engagées,
actuellement, dans toute une gamme d'activités liées au
développement des marchés des capitaux. Dans les cas où la
performance économique d'institutions financières a été
jugée particulièrement faible, la Banque s'est focalisée en
priorité sur la fourniture de services financiers de base et la
création d'intermédiaires bancaires sains, qui sont essentiels
pour financer les petites entreprises, les agriculteurs et les
municipalités. Dans d'autres cas, la Banque a apporté une
assistance au démarrage ou à la promotion de marchés des
capitaux.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">40.Au cours de l'assemblée annuelle de 1996, il
a été décidé d'étendre les activités de la SFI à des pays
plus petits et plus pauvres dont les marchés sont jugés trop
risqués ou difficiles par les marchés privés des capitaux.
Plus spécifiquement, un fonds de 40 millions de dollars doit
être constitué en vue de faire de petits investissements dans
des pays que les investisseurs privés tendent à éviter et que
la SFI n'a pas non plus réussi à aborder jusqu'à présent.
Cette initiative vise à stimuler le développement du secteur
privé et à encourager le pays concerné à créer un
environnement commercial fonctionnant davantage selon les règles
du marché, plus respectueux du droit et plus transparent, ce qui
devrait ensuite attirer les investissements privés.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">41.Dans l'ensemble, la Banque a fait, dans les
secteurs privé et financier, un travail remarquable. Puisque le
développement économique est intimement lié à la saine
croissance des banques et des entreprises privées, la Banque
encourage toujours davantage les pays à surmonter les obstacles
à la compétitivité, à investir dans les infrastructures, à
accélérer le rythme des privatisations et de la réforme
industrielle et à favoriser le financement des petites et
moyennes entreprises.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><a name="v.Expérience de la Banque avec des organisations non gouvernementales"><strong>v.Expérience
de la Banque avec des organisations non gouvernementales</strong></a></p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">42.L'objectif premier de la Banque mondiale est
d'&#156;uvrer avec ses pays membres pour lutter contre la
pauvreté et contribuer à leur développement économique et
social à long terme. Au cours des deux dernières décennies,
les conditions de vie dans les pays en développement se sont
améliorées de manière significative: le revenu moyen par tête
a doublé, la mortalité infantile a reculé, et l'espérance de
vie et le taux d'alphabétisation ont augmenté. Il ne fait aucun
doute que la Banque mondiale a joué un rôle considérable dans
cette évolution, dont on ne peut que se réjouir. Il est à
noter que, pendant cette période, le portefeuille de la Banque a
évolué, celle-ci tournant ses activités résolument vers le
secteur social, l'environnement et la réforme des politiques. Le
nouvel ordre du jour élargi, auquel votre rapporteur est tout à
fait favorable, couvre aussi des domaines tels que l'égalité
entre les sexes, la bonne gestion des affaires publiques, la
pauvreté, le renforcement des capacités institutionnelles,
autant de domaines où de nombreuses ONG, clairement, sont
compétentes.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">43.La Banque mondiale reconnaît le rôle
important que jouent les ONG, locales autant qu'internationales,
lorsqu'il s'agit de relever les défis du développement. Cela
s'est traduit par une désaffection des relations strictement
bilatérales entre donateurs et pouvoirs publics au profit d'une
préférence accrue pour les partenariats entre les pouvoirs
publics, les donateurs et la société civile. Etant donné le
potentiel de complémentarité, la Banque renforce rapidement sa
capacité à travailler avec les ONG. Bien que la Banque et les
ONG soient susceptibles de présenter des solutions différentes
à un PROBLEME donné, par la coopération et le dialogue, ces
institutions pourront mieux atteindre leurs objectifs.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">44.C'est dans les domaines de l'agriculture et du
développement rural, de l'infrastructure, du développement
urbain et de la population, de la santé et de la nutrition que
la Banque et les ONG ont le plus souvent travaillé de concert.
La coopération s'est intensifiée au cours de la dernière
décennie. Alors que, pendant les années 73 à 88, seuls
6&nbsp;% du total des projets financés par la Banque
comprenaient une participation des ONG, sous une forme ou une
autre, en 1994 et en 1995, la part de projets de ce type est
passée à pratiquement 50&nbsp;%. La coopération est la plus
forte en Afrique et en Asie.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">45.Les ONG peuvent participer à différentes
étapes d'un projet. Au cours de la phase initiale dite
«d'identification du projet», les ONG familiarisées avec le
domaine et qui ont noué des liens avec des groupes locaux
peuvent apporter, à la Banque comme aux pouvoirs publics, de
précieuses informations sur les conditions locales et les
priorités des communautés. Elles peuvent informer les
populations locales sur le projet envisagé, organiser des
consultations avec les groupes de personnes qu'il concerne
directement, et travailler avec ces derniers pour faire entendre
leur voix. Dans certains cas, les ONG ont lancé des idées de
projets, ou encore la Banque s'est inspirée des projets
existants d'ONG, au Burkina Faso, par exemple, où elle a suivi
les recommandations de l'Oxfam pour la conservation de l'eau.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">46.Etant donné que l'interaction continue avec
les ONG a donné des résultats positifs, votre rapporteur pense
que la Banque devrait continuer à travailler intensivement avec
des ONG locales et internationales, notamment sur des projets où
les compétences des ONG sont reconnues. Une telle coopération
permettra de débattre plus en profondeur du rôle de la
croissance économique dans les politiques de lutte contre la
pauvreté et la faim, et de celui des femmes dans la
communauté&nbsp;.&nbsp;deux sujets qui préoccupent également
la Banque et les ONG, mais sur lesquels leurs opinions sont
susceptibles de diverger. De plus, il serait bon de renforcer
davantage le développement de la participation, puisqu'il est
prouvé que la participation directe améliore, non seulement la
qualité, mais également la durabilité des opérations de la
Banque.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><a name="vi.L'Institut du développement économique (IDE)"><strong>vi.L'Institut
du développement économique (IDE)</strong></a></p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">47.Un développement réussi passe toujours par
l'investissement dans l'enseignement primaire. Les expériences
de différents pays au cours des dernières décennies montre que
les retombées d'une réforme politique sont, globalement,
meilleures si celle-ci s'accompagne de bons résultats dans
l'éducation. Une personne à l'éducation plus poussée
assimilera plus rapidement des nouvelles informations et
appliquera plus efficacement des concepts qui ne lui sont pas
familiers. Des données récentes montrent aussi que l'effet de
l'enseignement est multiplié lorsque les filles et les femmes
vont régulièrement en classe. Les femmes ayant reçu une
éducation forment une main-d'&#156;uvre plus compétente, et
tendent à avoir moins d'enfants, en meilleure santé.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">48.L'Institut de développement économique de la
Banque mondiale poursuit, depuis quarante ans, des actions de
formation dans les pays en développement. Il a pour objectif de
concevoir des formations axées sur l'acquisition de
compétences, afin que les dirigeants .&nbsp;qu'ils soient à la
tête de micro-entreprises rurales, de programmes de
développement financés par la Banque ou d'usines
privatisées&nbsp;.&nbsp;puissent accroître la productivité,
mais aussi l'efficience, des projets.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">49.Le programme annuel de l'IDE est bâti autour
de quelque trois cent cinquante&nbsp;conférences et séminaires.
En 1996, les activités de l'institut dans ce domaine ont touché
directement environ sept mille décideurs de haut niveau,
parlementaires, fonctionnaires, journalistes, groupements de
citoyens et dirigeants syndicaux dans les pays qui ont eu recours
à ses services. L'IDE assure également la promotion de réseaux
d'information qui servent de soutien aux programmes
d'enseignement dans les pays emprunteurs et facilitent la
circulation des idées utiles parmi ses clients.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">50.La corruption nuit à la mise en &#156;uvre de
toute stratégie de développement. Elle induit la méfiance et
le gaspillage. Le groupe de l'IDE chargé de la réforme du
secteur public s'efforce de traiter la corruption et ses
problèmes connexes dans de nombreuses régions du monde. En
Tanzanie, par exemple, l'IDE et Transparency
International&nbsp;.&nbsp;une ONG reconnue avec laquelle la
commission des questions économiques et du développement a tenu
un colloque en décembre 1994 à Genève&nbsp;.&nbsp;ont
organisé un atelier sur ce thème qui a réuni des
représentants des pouvoirs publics et du secteur privé, des ONG
et des institutions pour le respect du droit. D'autres
séminaires sont prévus en 1997 pour aider les gouvernements à
mettre en place un environnement moins à même d'induire la
corruption.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">51.Pour renforcer encore ses liens
institutionnels, l'IDE continue à inviter des ONG à participer
à de nombreuses activités, notamment dans le domaine de
l'éducation des filles, de la santé et de la reproduction, du
sida, de la pauvreté, de l'environnement et de la gestion des
ressources naturelles. Des agents d'ONG servent aussi de
personnes ressources pour la conception et la mise en &#156;uvre
de nombreux programmes et, dans certains cas, les ONG sont les
partenaires principaux dans la préparation de projets.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">52.Au Burkina Faso, au Malawi, au Mali, au
Nigéria et au Sénégal, l'IDE appuie actuellement les
activités du <i>Grassroots Management Training</i> qui vise à
renforcer la capacité des ONG et des organisations nationales de
formation à transmettre aux femmes des compétences
managériales. En Inde, le programme<i>, </i>appelé<i> Women's
Management Training Outreach Programme</i>, est mis en oeuvre par
l'intermédiaire de quelque 30 ONG nationales, vise à concevoir
et à transmettre une formation à la gestion pour renforcer la
capacité des femmes à la tête de micro-entreprises à
générer des revenus et à être autonomes.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">53.Depuis 1992, l'IDE poursuit un programme
visant à faciliter le processus de réforme en Europe centrale
et orientale, par l'intermédiaire d'un de ses groupes - le <i>Private
Sector Development Network of Economies in Transition</i> - qui
comprend maintenant plus de cinquante institutions et des
centaines de personnes. Ses séminaires traitent en général de
thèmes liés à la compétitivité internationale, à la
constitution de marchés des capitaux et à la capitalisation des
entreprises privées. </p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">54.Parmi ses autres projets, l'IDE assure la
préparation de conférences et de séminaires sur la politique
et l'instruction civique, tels que des programmes télévisuels
et la formation aux médias et leur développement pour les
établissements scolaires. </p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">55.L'IDE a vu son budget augmenté et s'efforce
d'étendre les activités les plus satisfaisantes à davantage de
pays, d'aligner davantage les programmes d'enseignement sur les
opérations de prêt et d'intégrer de nouvelles technologies
pour toucher des publics plus larges. </p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">56.Au fur et à mesure que les sociétés
s'ouvrent à des idées nouvelles, l'IDE joue un rôle toujours
plus important pour informer la société civile et la faire
participer au processus de réforme économique et politique.
L'IDE devrait continuer de viser, au-delà de son public
traditionnel, les journalistes, les enseignants, les
universités, les syndicats et le grand public pour diffuser et
confronter les expériences en matière de développement. Dans
le même temps, l'IDE doit faire le point régulièrement sur ses
résultats et ses programmes, pour offrir à ses pays membres le
meilleur en termes de produits et de services.</p>

<p align="left"><i></i>&nbsp;</p>

<p align="left"><a name="vii.L'Accord de coopération entre l'Organisation mondiale du commerce et la Banque mondiale"><strong>vii.L'Accord
de coopération entre l'Organisation mondiale du commerce et la
Banque mondiale</strong></a></p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">57.Le 28 avril 1997, M. James D. Wolfensohn,
Président de la Banque mondiale et M. Renato Ruggiero, Directeur
Général de l'Organisation mondiale du commerce, ont signé un
accord officiel de coopération permettant aux deux institutions
de coordonner plus étroitement leurs efforts pour intégrer
davantage les pays moins développés dans l'économie mondiale.
Cet accord, approuvé par le Conseil des Gouverneurs de la
Banque, aidera l'OMC et la Banque mondiale à élaborer une
stratégie concertée pour promouvoir le commerce mondial et
soutenir les pays confrontés à l'escalade de la pauvreté.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">58.Pour sa part, la Banque mondiale travaillera
plus étroitement avec ses pays emprunteurs pour réformer les
structures économiques ainsi que les systèmes juridiques et
réglementaires afin de créer un environnement commercial plus
favorable à l'investissement étranger. Le rôle de l'OMC sera
de promouvoir un système de commerce mondial équitable et
efficace et d'améliorer l'accès aux marchés pour tous ses
Etats membres. Une telle approche est susceptible de décourager
les pratiques commerciales déloyales et de consolider les
réformes structurelles, pavant ainsi la voie pour une
intégration plus rapide des pays moins développés et des
économies en transition dans l'économie mondiale. Votre
Rapporteur se félicite de cet accord. </p>

<p align="left"><b></b>&nbsp;</p>

<p align="left"><b>C. Le Fonds monétaire international et son
rôle croissant</b> </p>

<p align="left"><a name="i.Structure institutionnelle 2"><strong>i.Structure
institutionnelle</strong></a></p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">59.Le FMI a été fondé dans l'espoir que la
constitution d'un forum permanent de coopération sur les
problèmes monétaires internationaux permettrait d'éviter les
dévaluations concurrentielles, les restrictions des échanges et
d'autres politiques économiques destructrices qui avaient amené
la dépression. Depuis lors, l'économie internationale a
beaucoup changé, et le fonds aussi. Du reste, de trente-neuf
Etats membres en 1946, il en regroupe maintenant cent
quatre-vingt-un.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">60.Ses buts essentiels, fondés sur l'article I.i
relatif à la promotion de la coopération monétaire
internationale, demeurent les mêmes:</p>

<ol type="1" start="1">
    <li><p align="left">faciliter l'accroissement harmonieux du
        commerce international, et contribuer ainsi à
        l'instauration et au maintien de niveaux élevés de
        croissance et de revenu réel;</p>
    </li>
    <li><p align="left">promouvoir la stabilité des taux de
        change, maintenir entre les Etats membres des régimes de
        change ordonnés et éviter les dépréciations
        concurrentielles de change;</p>
    </li>
    <li><p align="left">fournir à ses Etats membres la
        possibilité de corriger les déséquilibres de leurs
        balances des paiements sans recourir à des mesures
        préjudiciables pour leur prospérité nationale.</p>
    </li>
</ol>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">61.Même si ses principes fondateurs peuvent
paraître quelquefois complexes, concrètement, le FMI va droit
au but: son approche consiste à encourager ses membres à
appliquer des politiques nationales saines et à ouvrir leurs
économies au commerce et à l'investissement. Pour ce faire, le
FMI préconise des politiques fiscales de discipline visant à
garantir la stabilité des prix et la réduction des déficits,
des systèmes financiers sains ainsi que des stratégies visant
à promouvoir la libéralisation du secteur privé et du
commerce.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">62.Pour suivre la performance économique de ses
Etats membres, le personnel du fonds examine en principe une fois
par an tous les aspects de leurs politiques économiques. Les
résultats de ces études sont ensuite discutés par le conseil
des administrateurs du FMI, qui transmet ses conclusions au pays
concerné, assorties généralement de recommandations sur les
améliorations susceptibles d'être apportées aux politiques
économique et sociale du pays. Ce processus de «surveillance»,
outre qu'il représente l'une des obligations de base de tous les
membres vis-à-vis de l'institution, est extrêmement utile
puisqu'il permet aux Etats membres de discuter franchement de
leurs problèmes économiques les plus pressants et de l'impact
de politiques données sur leurs propres économies et
l'économie internationale en général. Il faut noter,
cependant, que ce système de prévention n'est pas totalement
fiable: il n'a pas suffi à éviter la crise économique du
Mexique, en 1994.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">63.Les ressources financières du FMI ne sont
accessibles qu'à ceux de ses pays membres qui, en supposant
qu'ils ont un besoin de financement lié à leur balance des
paiements, négocient un programme d'ajustement qui réduira ou
éliminera leur PROBLEME de paiement extérieur. Ces programmes
sont assortis de conditions spécifiques, pour la plupart
quantifiées, visant à garantir que les changements de politique
prévus dans le cadre du programme suffisent à résoudre les
problèmes de paiements de l'Etat concerné et à permettre à ce
pays de renouer avec une croissance durable. Il s'agit là d'une
mission très lourde, puisque le fonds n'intervient qu'en cas de
crise, lorsque les gouvernements tendent à privilégier des
réformes rapides plutôt qu'en profondeur (même si, étant le
dos au mur, ils sont également plus enclins à suivre les
recommandations du FMI). Cela explique pourquoi les prêts sont
décaissés par tranches&nbsp;.&nbsp;tous les un à trois ans,
habituellement&nbsp;.&nbsp;chaque tranche suivante étant
subordonnée à la réalisation d'objectifs de performances qui
avaient été convenus pour le décaissement de la tranche
précédente.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">64.Même si le processus d'ajustement économique
est douloureux, les ressources mises à disposition par le fonds
permettent souvent à l'Etat membre d'affronter la transition
plus facilement et de manière plus ordonnée qu'il ne pourrait
le faire en temps normal. Par exemple, il n'y a pas de
restrictions sévères aux importations, même dans le cas où
les réserves de devises étrangères d'un Etat membre sont
pratiquement épuisées. Le reste du monde aussi s'en trouve
bien, puisque cela minimise les conséquences négatives sur le
commerce et l'activité économique, dont dépend en fin de
compte la bonne santé de l'économie internationale.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">65.Le FMI n'est pas une agence qui distribue de
l'aide; il s'apparente, plus justement, à une «coopérative
financière». Lors de son adhésion au fonds, chaque Etat membre
souscrit un montant appelé sa «quote-part», qui reflète la
puissance économique relative dudit pays. Les pays membres
versent normalement 25&nbsp;% de leur quote-part souscrite en
puisant dans leurs réserves de devises étrangères, le reste
étant payé dans leur devise nationale. Lorsqu'un pays obtient
un emprunt du fonds, il échange un certain montant de sa devise
nationale contre le droit d'utiliser un montant équivalent de
devises d'un pays ayant une position extérieure forte. Le pays
emprunteur verse des intérêts au taux flottant du marché pour
le montant qu'il a emprunté, le pays dont la devise a été
empruntée recevant des intérêts sur la part effectivement
utilisée du montant emprunté dans sa devise.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">66.En conclusion, le FMI est financé par les
liquidités extérieures de ses membres, auxquelles ces derniers
peuvent faire appel très rapidement pour résoudre un PROBLEME
de balance des paiements, et il prête des fonds pour aider les
pays à corriger des déficits de balance des paiements à court
ou moyen terme. Contrairement à la Banque mondiale et à
d'autres institutions multilatérales de développement, les
financements du FMI ne concernent que les balances des paiements,
et non des financements de projets ou pour le développement.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">67.Le FMI dispose d'arrangements distincts pour
les pays incapables de payer les taux d'intérêts du marché.
Concrètement, il a créé une facilité
spéciale&nbsp;.&nbsp;appelée la Facilité d'ajustement
structurel renforcée (FASR)&nbsp;.&nbsp;pour laquelle un grand
nombre de pays ont mis des prêts et des subventions à
disposition du FMI, qui les utilise pour prêter à des taux
d'intérêt très faibles à ses Etats membres les plus
déshérités.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">68.A la suite de la crise mexicaine de 1994, le
fonds a pris des mesures pour renforcer ses opérations de
surveillance, adapter ses procédures et instruments financiers,
vérifier que ses ressources financières étaient adéquates et
encourager ses pays membres à améliorer la qualité de leurs
statistiques de base. Il a également mis en place un mécanisme
financier d'urgence conçu pour lui permettre de réagir
rapidement et d'aider les pays membres confrontés à une crise
financière extérieure.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">69.Pour mieux aider ses pays membres à revenus
faibles, en avril 1996, le FMI a décidé de continuer à
financer la Facilité d'ajustement structurel renforcée (FASR).
Entre-temps, le fonds poursuit ses actions en faveur de ses pays
membres pour les aider à élaborer des politiques
macro-économiques saines et à améliorer le fonctionnement des
marchés financiers.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">70.Du fait du passage d'une économie planifiée
à une économie de marché, et alors qu'un nombre toujours plus
grand de pays s'efforcent d'équilibrer leur budget et de
renforcer leurs institutions monétaires et financières, le
fonds est de plus en plus sollicité pour fournir une assistance
technique et une formation dans des domaines tels que la gestion
macro-économique, les banques centrales, les politiques
fiscales, les statistiques et la comptabilité financière. En
1995-1996, l'assistance technique et la formation ont
représenté environ 15&nbsp;% du total des frais administratifs
du fonds. </p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">71.Dans un monde où l'économie et la finance
sont toujours plus complexes, le fonds continue de s'acquitter de
missions fondamentales: promouvoir des politiques économiques
nationales stables et non inflationnistes; intensifier les
discussions avec les Etats membres pour procéder à des
évaluations précises et opportunes de leurs problèmes
économiques; élaborer des analyses économiques de qualité
pour les marchés et le grand public; encourager les pays à
s'ouvrir aux échanges et aux investissements; et traiter les
crises monétaires internationales lorsqu'elles surviennent. De
manière générale, le FMI contribue à instaurer et à
consolider une économie mondiale plus forte et plus stable.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><a name="ii.La surveillance exercée par le fonds"><strong>ii.La
surveillance exercée par le fonds</strong></a></p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">72.Au cours de l'année financière 1995-1996, le
fonds a pris des mesures visant à rendre la surveillance plus
constante et plus efficace, en intensifiant le dialogue sur les
politiques avec ses Etats membres et en se focalisant davantage
sur les pays jugés à risque. Une telle démarche est cohérente
avec l'un des volets du mandat du fonds, qui le charge de
garantir le bon fonctionnement du système monétaire
international.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">73.La surveillance consiste à examiner les
politiques de chaque pays, à encourager les pays à adopter des
mesures macro-économiques renforçant la stabilité économique
mondiale et à évaluer les conséquences des politiques de
chaque pays pour garantir un fonctionnement plus harmonieux des
marchés financiers.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">74.Il est fondamental, pour la qualité et la
précision de la surveillance, que les données fournies au FMI
soient fiables et opportunes, et que la politique fiscale et
monétaire du pays objet de la surveillance soit transparente.
Pour prévenir la survenance de nouvelles crises financières, le
fonds s'est attaché encore davantage à la qualité des
statistiques, notamment dans des pays où des évolutions
économiques défavorables peuvent être préjudiciables à
d'autres pays.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">75.Votre rapporteur estime que le fonds devrait
également suivre la bonne santé des secteurs financiers. La
viabilité du système financier est importante pour la
stabilité macro-économique et pour l'application de politiques
visant à une réforme structurelle et à la stabilisation. On
pourrait, par exemple, accroître l'assistance technique dans le
domaine de la supervision bancaire et du développement des
secteurs financiers.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><a name="iii.Les facilités accordées par le fonds"><strong>iii.Les
facilités accordées par le fonds</strong></a></p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">76.Pour apporter son assistance financière à
ses membres, le FMI use de différents moyens. La procédure
normale consiste, pour un Etat membre, à procéder à un achat,
ou tirage, auprès du FMI en échangeant un montant de sa monnaie
avec un montant équivalent en devises d'autres Etats membres,
choisies dans le panier de devises constituant les Droits de
tirage spéciaux (DTS) détenus par le fonds. Après une période
donnée, il lui est demandé de racheter le montant de sa monnaie
au moyen des devises qui lui avaient été remises ou des DTS. Le
fonds facture des frais d'achat sur l'opération, et l'achat,
puis le rachat, par un Etat membre constituent une opération
très similaire à celle consistant à recevoir un prêt
générant des intérêts et à le rembourser.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">77.Il existe trois grandes catégories de
facilités, qui se distinguent par leurs procédures de suivi et
leurs sources de financement:</p>

<ol type="a" start="1">
    <li><p align="left">les facilités ordinaires: elles
        concernent les accords de confirmation, qui couvrent en
        général une période de douze à dix-huit mois mais
        peuvent être étendus à trois ans, et les mécanismes
        élargis de crédit&nbsp;.&nbsp;dont le montant est en
        général plus élevé que pour les accords de
        confirmation&nbsp;.&nbsp;qui aident à surmonter des
        déséquilibres structurels de balance des paiements,
        dans le cadre d'accords qui portent normalement sur trois
        ans et peuvent être étendus sur une année
        supplémentaire;</p>
    </li>
    <li><p align="left">les facilités spéciales: elles incluent
        la Facilité de financement compensatoire et de
        financement pour imprévus (FFCI) qui met un financement
        à disposition de pays confrontés à des difficultés de
        balance des paiement dues à des facteurs largement hors
        de leur contrôle, notamment des réductions temporaires
        de revenus tirés des exportations, et la Facilité pour
        la transformation systémique (FFTS), créée en 1993
        pour aider les pays issus de l'ex-Union Soviétique et
        d'autres pays d'Europe de l'Est à résoudre des
        difficultés de balance des paiements dues à des
        bouleversements de leurs courants d'échanges et accords
        de paiements induits par le passage des prix commerciaux
        fixés par des règles autres que celles du marché à
        des prix fixés selon les règles du marché. Les
        opérations dans le cadre de cette facilité ont été
        arrêtées fin décembre 1995;</p>
    </li>
    <li><p align="left">les facilités pour les pays à revenus
        faible confrontés à des difficultés prolongées de
        balance des paiements. A l'heure actuelle, la Facilité
        d'ajustement structurel renforcée (FASR) est l'outil qui
        sert à mettre des fonds à disposition, assortis de
        conditions, pour faciliter les programmes d'ajustement
        structurel.</p>
    </li>
</ol>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">78.Outre l'aide apportée en matière de balance
des paiements grâce à ses facilités ordinaires et spéciales,
le FMI propose une aide d'urgence sous la forme d'achats
permettant d'aider des pays membres à surmonter des problèmes
de paiements dus à des catastrophes naturelles ou à des
conflits. </p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">79.L'approche analytique du fonds a été
critiquée ces dernières années. Les attentes monétaristes
selon lesquelles les restrictions de crédits n'auraient que peu
ou pas de conséquences négatives sur la production et l'emploi
ne se sont, dans de nombreux cas, pas réalisées, ce qui a
affaibli l'attrait politique et la durabilité du monétarisme
strict. Du fait de l'internationalisation des marchés financiers
et du rythme soutenu de l'innovation dans le secteur financier,
il est devenu de moins en moins facile de parvenir à contrôler
de manière satisfaisante l'offre de monnaie dans les limites
d'une économie nationale. </p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">80.Or, le choix des instruments pour mener une
politique est fortement influencé par le niveau de
développement atteint par un pays. Dans un pays au marché
financier relativement sous-développé et fortement segmenté,
l'économie risque de réagir avec moins de flexibilité à des
modifications de la politique monétaire. En outre, en cas
d'importantes distorsions&nbsp;.&nbsp;dues à des contrôles des
prix, à des restrictions des échanges et du commerce, à des
taux de change surévalués ou à des taux d'intérêts
officiellement plafonnés&nbsp;.&nbsp;l'efficacité de l'approche
adoptée par le fonds est grandement diminuée et la nécessité
d'introduire des changements plus structurels et globaux se fait
plus pressante.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">81.Une critique supplémentaire a été formulée
concernant la confiance exagérée dans les forces du marché. Il
convient de tenir compte du fait que: i. le développement
durable ne peut être atteint tant que les distorsions qui
freinent une allocation efficiente des ressources ne sont pas
éliminées; et ii. de grandes avancées ont été faites dans
l'amélioration des programmes, comme on l'a mentionné au
paragraphe 73.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">82.L'autre critique de fond est que la
conditionnalité attachée aux programmes d'ajustement négociés
avec les pays en développement tend à être trop stricte. Il
faut toutefois voir que la vocation du fonds n'est pas de
distribuer de l'aide, comme on l'a mentionné au paragraphe 59,
et que des efforts considérables ont été consentis pour
répondre aux besoins des membres les moins riches, notamment par
la création de la FASR et grâce à la récente initiative en
faveur des pays fortement endettés.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">83.Concernant maintenant la dimension sociale des
facilités du fonds, votre rapporteur pense que ses programmes se
sont grandement améliorés. Le fait que le FMI ait reconnu
l'importance des aspects sociaux pour un développement
économique et humain durable s'est traduit par une coopération
toujours plus étroite avec d'autres agences des Nations Unies
directement concernées par les questions sociales. Des
politiques sociales saines prévoyant des filets de sécurité
pour protéger les pauvres au cours de la période consacrée à
la réforme économique, des politiques du marché du travail
créatrices d'emploi et une bonne gestion des affaires publiques,
grâce à des institutions dont la responsabilité puisse être
engagée et à un cadre légal transparent, voilà autant
d'éléments fondamentaux dans une stratégie visant à soulager
la pauvreté, à stimuler l'emploi, à accroître la
participation et à promouvoir l'intégration sociale.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">84.Toutefois, dans plusieurs pays, l'application
d'une politique sociale a été contrecarrée par des données de
piètre qualité et une capacité administrative limitée, par un
faible engagement politique, par des avantages acquis et une aide
étrangère insuffisante. Cela s'est traduit par des retards ou
un rythme inégal dans le développement. En particulier,
l'inflation et la surévaluation des devises frappent les pauvres
de plein fouet, surtout si leurs revenus sont fixes ou dépendent
d'un secteur agricole voué à l'exportation. Seule une gamme
équilibrée d'instruments politiques adéquats peut minimiser
les conséquences préjudiciables pour les pauvres.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">85.En conclusion, votre rapporteur estime qu'il y
a lieu d'intensifier la coopération entre le FMI et d'autres
organisations, notamment pour ce qui est des conseils sur la
composition des dépenses publiques des pays en développement
(par exemple, la réduction des dépenses militaires) et le suivi
des politiques et indicateurs sociaux, en coopération avec les
agences spécialisées des Nations Unies.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><a name="iv.L'essentiel du programme d'assistance du FMI"><strong>iv.L'essentiel
du programme d'assistance du FMI</strong></a></p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">86.Selon de nombreuses études du FMI, les pays
en développement et les économies en transition auraient besoin
d'améliorer davantage leur performance économique en utilisant
à plein les possibilités offertes par l'économie mondiale
d'aujourd'hui. Cela suppose une réévaluation fondamentale du
rôle de l'Etat et l'application d'une stratégie plus axée sur
la prédominance du secteur privé et l'ouverture vers
l'extérieur. Les gouvernements devraient garantir, au niveau
national, des conditions propices à inspirer suffisamment
confiance au secteur privé pour que ce dernier épargne,
investisse et produise.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">87.Les décideurs doivent donc poursuivre des
politiques fiscales et monétaires disciplinées et prévisibles.
En particulier, les déficits publics doivent être réduits
jusqu'à ce qu'ils puissent être financés sans créer
d'inflation et sans monopoliser l'investissement privé, ni
provoquer une désaffection des actifs étrangers. Dans le même
temps, les pouvoirs publics doivent améliorer la qualité de
leurs dépenses&nbsp;.&nbsp;en les redéployant dans
l'éducation, la santé et des filets de sécurité sociale bien
ciblés.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">88.Les pays en développement et les économies
en transition ont encore besoin d'entreprendre un ensemble de
réformes structurelles vitales pour améliorer l'allocation des
ressources, faciliter la participation aux échanges
internationaux, encourager l'injection de capitaux privés et
stimuler les investissements productifs, l'emploi et la
croissance. Il convient de promouvoir la viabilité des systèmes
financiers ainsi que la flexibilité des marchés. De plus, les
politiques devraient être rendues davantage transparentes par la
diffusion aux agents économiques internationaux d'informations
fiables et à jour sur la performance économique du pays.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">89.Le FMI, au cours de son assemblée annuelle de
1996, a étendu sa mission au système bancaire, afin de
renforcer l'économie mondiale. Cette nouvelle approche reflète
une plus grande reconnaissance des fonctions fondamentales
assurées par un système bancaire sain, telles que
l'intermédiation entre épargnants et investisseurs, le
financement du commerce et des investissements du secteur privé
et la contribution à une allocation efficiente des ressources
financières de l'économie. En outre, il a été rappelé que
les banques doivent continuer de développer leur technologie et
d'améliorer leur analyse des crédits et leurs procédures
internes afin de contribuer plus efficacement au développement
économique, et notamment au maintien de la stabilité
macro-économique.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">90.Cet ordre du jour de stabilisation et de
réforme structurelle est très exigeant. Pourtant, compte tenu
de la concurrence accrue que connaît l'économie actuelle en
matière de capitaux d'investissement et de marchés
d'exportation, votre rapporteur est convaincu qu'il est important
d'entamer au plus tôt le processus d'ajustement et de progresser
régulièrement dans les réformes. Les pays qui se lancent dans
ce programme d'action peuvent compter sur l'assistance
financière et technique du FMI et, cela va de soi, de la
communauté internationale tout entière. Cependant, les capitaux
les plus importants demeurent les ressources financières
dégagées par les activités du secteur privé, national autant
qu'étranger.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><a name="v.L'accord de coopération entre l'Organisation mondiale du commerce et le FMI"><strong>v.L'accord
de coopération entre l'Organisation mondiale du commerce et le
FMI</strong></a></p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">91.Les activités commerciales et financières
mondiales étant de plus en plus imbriquées, le 9 décembre
1996, le FMI et l'Organisation mondiale du commerce ont décidé
de renforcer la coopération dans leurs domaines d'expertise
grâce à un nouvel arrangement institutionnel, dans le but de
promouvoir des politiques et un environnement favorables à la
croissance économique, et à même de la soutenir.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">92.Les mesures de réforme des politiques
commerciales sont étroitement liées à la stabilisation
macro-économique et à la réforme structurelle. Un système
commercial ouvert favorise non seulement l'accès aux marchés
internationaux, mais aussi l'intégration d'un pays à
l'économie mondiale, notamment parce qu'il accroît son
potentiel d'attraction des investissements directs étrangers. Au
contraire, une dégradation des conditions macro-économiques, la
lenteur des avancées dans la privatisation ainsi que des
faiblesses structurelles peuvent retarder la libéralisation des
échanges, ce qui affecte directement les perspectives de
croissance commerciale et économique.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">93.L'accord est structuré en trois parties.
Premièrement, il pose les fondements de la mise en &#156;uvre
pratique du mandat ministériel de l'OMC visant à instaurer une
plus grande cohérence dans la politique économique mondiale,
grâce à une coopération plus étroite avec le FMI et la Banque
mondiale. Deuxièmement, il crée des canaux de communication
pour garantir que les droits et les obligations des Etats membres
sont pris en compte comme il convient dans les principes
généraux qui animent chacune des organisations. Troisièmement,
il accorde à l'OMC le statut d'observateur, ce dernier pouvant
assister aux réunions du conseil des administrateurs du FMI
lorsqu'elles traitent de questions liées au commerce, le FMI se
voyant, en retour, octroyer le statut d'observateur dans la plus
grande partie des instances de l'OMC. Enfin, il prévoit un
échange de documents officiels, sous réserve d'accord de l'Etat
membre concerné.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">94.Votre rapporteur se félicite de cet accord,
qui permettra à l'OMC et au FMI de se rapprocher davantage dans
leurs actions. Cette initiative peut se traduire par une
rationalisation des procédures administratives et réduire le
risque de chevauchement des activités.</p>

<p align="left"><b></b>&nbsp;</p>

<p align="left"><a name="D. La question de la dette"><b>D. La
question de la dette</b></a> </p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">95.Au cours de ces dernières années, le FMI a
été invité, à plusieurs reprises, à s'attaquer au PROBLEME
du niveau élevé de la dette. Le FMI et la Banque mondiale, avec
la participation d'autre institutions financières, ont
travaillé sur des propositions visant à ramener à des niveaux
supportables le fardeau de la dette extérieure d'un certain
nombre de pays pauvres. Il s'agit d'aider les pays fortement
endettés à parvenir à une position de leur balance des
paiements qui soit viable. En septembre 1996, un premier plan
d'allégement de la dette a été élaboré. Les créanciers
institutionnels dépenseront quelque 7 milliards de dollars au
cours de la prochaine décennie pour amener le fardeau de la
dette qui pèse sur les pays les plus déshérités à un niveau
supportable par ces derniers, en donnant ainsi aux pays engagés
dans une réforme économique une deuxième chance.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">96.Ce plan se heurte cependant à certains
obstacles. Parmi eux, l'absence de fonds officiellement engagés
peut empêcher le FMI de mettre cette initiative en pratique
aussi rapidement et largement que possible. En effet, le plan
d'allégement risque de perdre de son impact dans le temps, car
une partie des pays qui y participent, tels que l'Allemagne et la
Suisse, continuent d'être réticents à autoriser la vente de
5&nbsp;% au maximum des réserves d'or du FMI, dont la valeur
totale au prix actuel du marché avoisine les 40&nbsp;milliards
de dollars des Etats-Unis, au cas où des contributions
bilatérales s'avéreraient insuffisantes à financer la
contribution du FMI.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">97.Le plan de «vente d'or» est simple. Dans le
cadre du présent arrangement, 5&nbsp;% des réserves totales
d'or du FMI seraient&nbsp;.&nbsp;certes&nbsp;.&nbsp;vendues en
réalité, mais seuls les bénéfices sur l'investissement des
revenus dégagés par cette vente, correspondant à la
différence entre la valeur comptable et le prix du marché,
seraient ensuite utilisés pour lever des fonds supplémentaires
en faveur de l'initiative d'allégement de la dette. Le fonds
n'investirait pas en actions, mais uniquement en obligations
négociables émises par des organisations financières
internationales, des pays membres ou des institutions
financières publiques nationales, et pratiquerait des dépôts
auprès de banques commerciales, d'institutions financières
publiques nationales et d'institutions financières
internationales. Le projet prévoit également un engagement par
la communauté internationale de prendre d'autres mesures
complémentaires en vue de réduire le fardeau de la dette pour
les pays concernés. L'initiative a pour objectif de parvenir, de
manière générale, à une stabilisation durable de la dette au
cas par cas, en offrant ainsi une porte de sortie viable qui
permettra d'échapper au cercle vicieux et sans espoir du
rééchelonnement.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">98.Les opposants à la «vente d'or» font valoir
que la participation au financement d'un plan d'allégement de la
dette pourrait créer un précédent fâcheux et affaiblir la
surface financière du FMI, déjà considérablement ponctionnée
du fait des lourdes demandes introduites par des pays tels que
l'Argentine, le Mexique, la Russie et l'Ukraine. L'Allemagne et
la Suisse suggèrent que «l'initiative en faveur des pays les
plus déshérités» soit financée par des contributions
régulières apportées par les facilités existantes du fonds,
que ces deux pays sont prêts à doter de concours financiers
supplémentaires. Un autre argument avancé est que, pour que les
pays bénéficiaires de l'aide soient davantage responsabilisés,
le FMI et la Banque mondiale devraient se charger du contrôle de
l'ensemble du programme d'allégement de la dette, en particulier
pour éviter toute mauvaise allocation des ressources.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">99.En bref, bien que la décision d'appliquer le
plan d'allégement de la dette soit maintenant arrêtée, ce
dernier risque encore de se heurter à une certaine réticence,
pour deux raisons au moins. Premièrement, le plan doit être
financé par les 5&nbsp;% de réserves d'or du FMI, comme on l'a
déjà mentionné plus haut, ce qui n'est pas encore acquis.
Deuxièmement, le Club de Paris des créanciers publics, qui sert
de forum pour le rééchelonnement des dettes publiques
bilatérales, a décidé de plafonner la part de dettes publiques
susceptible d'être allégée à 80&nbsp;% de la dette totale,
pourcentage que plusieurs hauts fonctionnaires du FMI jugent
insuffisant pour amener le fardeau de la dette de certains pays
à un niveau supportable. (La proposition, à l'origine, faisait
état d'un allégement de 90&nbsp;%, qui aurait fait partie d'une
mesure globale portant sur 2 milliards de dollars de la Banque
mondiale et 1,2 milliard de dollars du FMI.)</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">100.Les problèmes de la dette qui se posent
actuellement semblent indiquer qu'une politique de stabilisation
orientée vers le développement nécessite une marge de
man&#156;uvre financière plus importante que celle que la
plupart des pays débiteurs sont à même de mobiliser
aujourd'hui. Les remboursements élevés du service de la dette
les obligent à négliger les mesures orientées vers le
développement, car le besoin de se procurer des devises
étrangères prime. Ce n'est que lorsqu'un pays débiteur n'est
plus en mesure de rembourser que les pays créanciers normalement
acceptent un rééchelonnement. Après une courte période de
défaillance, qui est trop courte pour profiter au
développement, le pays débiteur peut être confronté à des
engagements encore plus élevés qu'avant en matière de service
de la dette. C'est pourquoi, quelles que soient les précautions
institutionnelles et techniques à prendre, le FMI et la Banque
mondiale devraient élaborer une politique où les intérêts des
créanciers ne soient plus aussi impitoyablement opposés à ceux
du pays débiteur, et en particulier à ceux de sa population la
plus défavorisée.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">101.Cependant, au grand regret de votre
rapporteur, une crise de la dette est fréquemment «induite»
par les politiques économiques, financières et de
développement des pouvoirs publics de certains pays en
développement qui, quelquefois, ne font pas un usage productif
des prêts étrangers. Fréquemment, la corruption et la mauvaise
gestion empêchent les fonds d'être répartis de manière
efficace. Par exemple, au lieu de donner, à part égale, la
priorité à l'agriculture et à l'industrie et d'y consacrer des
montants relativement faibles de capitaux complétés par une
technologie adaptée, les gouvernements préfèrent investir les
capitaux des prêts étrangers dans des projets très chers axés
sur des technologies de pointe, voire dans l'armement.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">102.L'importance du FMI en tant que gendarme
financier international ne se limite pas à discipliner les pays
débiteurs par le truchement des programmes de stabilisation. Les
donateurs, publics et privés, bilatéraux et multilatéraux,
voient dans les accords du FMI un signal pour renouveler des
financements en faveur d'un pays débiteur, lui accorder des
prêts de refinancement ou lui accorder un report d'échéance de
remboursement par le biais d'un rééchelonnement. En outre, la
situation de l'endettement du pays concerné est étudiée en
fonction des analyses du FMI. C'est l'effet catalyseur des
accords du FMI qui donne donc à cette institution son véritable
pouvoir, puisque les prêts que d'autres créanciers sont
disposés à accorder à un pays après un accord du FMI sont
normalement bien plus élevés que ceux accordés par le FMI
lui-même.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">103.Le FMI joue également un rôle important
dans l'application des accords de rééchelonnement. Dans ces
accords, le FMI se voit presque toujours chargé d'informer les
créanciers sur la situation économique du pays débiteur qui
demande un rééchelonnement.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">104.Plus précisément, le Club de Paris
n'acceptera un rééchelonnement que si un pays a réussi à
négocier un programme d'ajustement soutenu par le fonds. Il
s'agit de colmater dans le financement de la balance des
paiements une brèche identifiée dans le cadre d'un programme de
ce type. C'est pourquoi, si le programme est suivi et que le
rééchelonnement colmate en effet cette brèche, il ne devrait
pas être nécessaire de procéder à un rééchelonnement
complémentaire. Le fonds a pour mission de s'assurer que le
programme est appliqué comme il convient.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">105.Attirer des capitaux privés étrangers
semble être une stratégie gagnante, y compris pour les pays
pauvres. D'une part, des termes de l'échange défavorables,
accompagnés d'une sécheresse et d'une guerre civile, passent
quelquefois au second plan des préoccupations d'un pays, loin
derrière son endettement. D'autre part, beaucoup de pays
endettés devront également transformer radicalement leur cadre
politique et juridique. En tout état de cause, la majorité des
pays pauvres ont consolidé la position de leur balance des
paiements, ce qui n'exclut pas pour autant que leur dette
extérieure se creuse à l'avenir.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">106.L'investissement direct étranger,
accompagné de politiques économiques saines, est nécessaire
pour relancer la croissance économique et réduire la dette
extérieure, et contribuer ainsi à ramener cette dernière à un
niveau supportable dans un délai raisonnable. Mais votre
rapporteur est convaincu que les préoccupations sociales doivent
également être prises en compte dans les futures stratégies du
FMI en matière d'endettement.</p>

<p align="left"><b></b>&nbsp;</p>

<p align="left"><a name="E. Le problème de la corruption"><b>E.
Le problème de la corruption</b> </a></p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">107.Le public se montre, en général, sceptique
pour ce qui est de l'aide au développement, scepticisme nourri
par la situation économique troublée que connaissent bon nombre
de pays industrialisés. De nouvelles propositions, visant à
définir de manière plus concrète les objectifs et les
stratégies de la coopération pour le développement, accordent
davantage d'attention au développement de la participation
civile, à la démocratisation et à la bonne gestion des
affaires publiques (qui passe par la prééminence du droit, la
responsabilité devant le peuple, le contrôle de la corruption
et la diminution des dépenses militaires excessives).</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">108.Dans son discours prononcé à l'occasion de
l'assemblée annuelle de 1996 de la Banque mondiale et du Fonds
monétaire international, M. James Wolfensohn, président de la
Banque mondiale, a lancé un avertissement: dans les pays
donateurs, la corruption, en particulier, a miné le soutien de
l'électorat aux programmes d'aide et aux actions humanitaires,
ce qui a exacerbé la crise de financement. Il a poursuivi en
déclarant que, dans les pays bénéficiaires, la corruption
détourne au profit des riches les ressources financières
destinées aux pauvres, augmente le coût de gestion des
entreprises et des commerces, introduit une distorsion dans les
dépenses publiques et décourage les investisseurs étrangers.
Cet avertissement a été renforcé par les propos de
M.&nbsp;Michel&nbsp;Camdessus, directeur du FMI, qui a déclaré
que les pays doivent apporter la preuve qu'ils ne tolèrent
aucune forme de corruption.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">109.Lors d'une précédente occasion, M.
Wolfensohn avait déclaré que les pays qui sont fondamentalement
corrompus devront être avertis qu'à moins d'y mettre bon ordre,
ils ne recevront plus d'argent. Il avait également ajouté que
la corruption est une préoccupation constante de toutes les
organisations non gouvernementales intervenant dans des pays
bénéficiaires des aides.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">110.Il a mentionné deux solutions possibles.
Tout d'abord, la Banque mondiale devrait aider les pays à bâtir
leurs propres structure, droits de propriété et système
judiciaire, ainsi qu'un cadre solide de promotion des
investissements privés. A cette fin, la Banque devrait
encourager les investissements du secteur privé dans des pays
pauvres en offrant davantage de garanties aux entreprises qui
passent des contrats à long terme avec les pouvoirs publics.
Deuxièmement, la Banque devrait, elle-même, investir davantage
dans le secteur agricole, puisque, comme le faisait remarquer M.
Wolfensohn, ce secteur fixe la population hors des villes, aide
l'environnement, est moins destructeur et conserve une
visibilité de la structure sociale.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">111.Votre rapporteur croit que les Etats membres
du Conseil de l'Europe devraient faire davantage que ce qu'ils
ont fait jusqu'à présent pour lutter contre la corruption dans
les pays en développement (et aussi dans leur propre pays, bien
entendu), étant donné qu'elle sape le soutien de l'opinion
publique aux aides pour le développement. En outre, il encourage
le FMI et la Banque mondiale à veiller, lorsqu'elles traitent
avec les pouvoirs publics des pays bénéficiaires, à ce que les
fonds alloués à l'aide sociale parviennent aux groupes les plus
déshérités de la société.</p>

<p align="left"><b></b>&nbsp;</p>

<p align="left"><a name="F. Un «programme structurel» pour la Banque mondiale et le FMI"><b>F.
Un «programme structurel» pour la Banque mondiale et le FMI</b>
</a></p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">112.Au cours de l'analyse des activités de la
Banque mondiale et du FMI, une question a été soulevée de
manière récurrente par des parlementaires et des
fonctionnaires: dans quelle mesure les objectifs initiaux, tels
qu'ils avaient été fixés à Bretton Woods en 1944, ont-ils
été atteints par ces deux institutions? Tout compte fait, de
l'avis de votre rapporteur, elles ont rempli une bonne part de la
mission qui leur avait été assignée à l'origine. Aujourd'hui,
des pays auparavant pauvres, notamment en Asie, sont des
concurrents sérieux des pays les plus avancés dans de nombreux
secteurs économiques, notamment l'informatique, l'automobile et
les produits de haute technologie. Le FMI a, pour sa part,
considérablement réduit les fluctuations des taux de change sur
des marchés financiers en rapide croissance et a poursuivi
l'amélioration de ses programmes d'ajustement structurel.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">113.Toutefois, leurs modes opératoires
s'appuient toujours sur deux présupposés qui sont de plus en
plus étrangers à l'économie mondiale d'aujourd'hui. Le premier
est que l'Etat souverain est le seul acteur dans l'ordre
international. Le second est qu'à l'exception des Nations Unies,
la plupart des agences de cette organisation se sont vu confier
des mandats limités à un ensemble fini de problèmes. Par
exemple, la Banque mondiale doit s'occuper de questions liées au
développement économique et laisser les questions monétaires
au FMI, celles liées au travail à l'Organisation internationale
du travail, et celles liées à la santé à l'Organisation
mondiale de la santé.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">114. Au cours de ces dernières années,
l'économie mondiale a subi de tels bouleversements que la
validité de ces deux présupposés doit être remise en
question. Des acteurs non étatiques, individus, populations,
entreprises privées, organisations non gouvernementales et même
des mouvements nationaux, jouent maintenant un rôle
significatif. En outre, la complexité croissante des problèmes
du monde économique actuel et la difficulté croissante des
Etats à parvenir à une position commune sur de nombreuses
questions internationales ont affecté l'efficacité globale des
programmes de la Banque mondiale et du FMI.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">115.Les deux organisations se voient chargées de
résoudre un très grand nombre de problèmes associés à cette
nouvelle donne mondiale, sans toutefois être autorisées à
modifier en profondeur leurs arrangements institutionnels, par
exemple avoir la possibilité de suivre plus attentivement les
affaires intérieures de leurs Etats membres. La distinction
observée jusqu'ici par la communauté internationale entre les
questions nationales et celles relevant du domaine international
est maintenant bien moins nette. La plupart des problèmes
économiques de notre époque ont une dimension à la fois
nationale et internationale et, pour qu'une solution soit
durable, il importe de plus en plus souvent que l'action soit
menée à ces deux niveaux.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">116.La Banque mondiale et le FMI ont répondu à
ce défi en élargissant l'éventail de leurs activités. La
Banque s'est attachée, avec détermination, à intégrer dans
son mandat sur le développement des considérations liées à
l'environnement, aux questions d'égalité des sexes, à la bonne
gestion des affaires publiques et à la participation civile. Le
FMI a pleinement reconnu que des questions telles que
l'environnement, les filets de sécurité sociale et des
installations militaires excessives relevaient de son mandat
monétaire. Dans leurs activités de prêts, les deux
institutions sont passées d'une optique exclusivement centrée
sur les projets de développement et des considérations
monétaires à une approche prenant en compte le contexte
général des politiques au sein duquel doivent s'inscrire leurs
projets. </p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">117.Cette approche plus globale a permis, par
exemple, à la Banque mondiale et au FMI de mieux s'attaquer au
problème de la pauvreté, et d'obtenir par là-même des
résultats plus rapides et plus concrets. Elle englobe de
nombreuses questions liées à la pauvreté, comme celles des
réfugiés, de la dégradation de l'environnement, de la
capacité des pouvoirs publics à gérer leurs ressources de
manière efficace et équitable, et la politique démographique.
Le rapporteur estime, cependant, qu'à l'avenir, l'on pourrait
aussi donner un rôle accru aux droits de l'homme, pour ce qui
est notamment du statut des femmes, des groupes ethniques
autochtones et des minorités.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">118.Cette stratégie «élargie» a une
conséquence inévitable: les activités de la Banque mondiale et
du FMI commencent à empiéter de plus en plus souvent sur les
domaines d'intervention traditionnels d'autres agences
spécialisées au sein du système onusien. Il faut rappeler que,
dans le cadre des accords de relations passés par la Banque
mondiale et le FMI avec les Nations Unies, ces deux organisations
se voient uniquement demander d'«examiner» les décisions et
les recommandations des Nations Unies et d'autres agences
spécialisées. De manière générale, au fur et à mesure que
les activités de la Banque mondiale et du FMI s'élargissent, on
court le risque d'être confrontés à une redondance des
travaux, à une confusion entre les stratégies de développement
élaborées par différentes instances des Nations Unies et à
des conseils contradictoires.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">119.L'une des solutions permettant d'y remédier
serait d'allouer davantage de ressources à la Banque mondiale et
au FMI pour leur permettre de développer, en interne, leur
capacité à traiter les nouvelles questions en toute
indépendance. Cette stratégie peut également se traduire par
un transfert de personnel entre agences des Nations Unies. Une
autre possibilité serait d'encourager les deux institutions à
suivre pleinement les politiques d'autres agences des Nations
Unies chargées au premier chef d'élaborer des stratégies dans
un domaine donné. Cela suppose que le dialogue avec elles soit
intensifié, comme c'est déjà le cas entre la Banque et
l'Organisation mondiale de la santé pour ce qui concerne des
questions liées à ce domaine.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">120.Toutefois, cette dernière solution présente
deux difficultés. La première est liée à la juridiction,
puisqu'il y peut y avoir plus d'une organisation internationale
compétente dans le domaine visé. Le fait qu'il n'existe pas de
mécanisme international efficace pour résoudre ce type de
«querelles de clocher» est un facteur aggravant. Deuxièmement,
les recommandations d'autres agences spécialisées des Nations
Unies ne peuvent pas être transposées facilement dans les
activités de la Banque ou du FMI. Votre rapporteur pense,
cependant, que ces questions pourraient être résolues en
accroissant la coopération entre les agences des Nations Unies,
ce qui implique un échange d'idées, d'informations et de
connaissances plus intense et plus régulier entre les personnels
des agences concernées ainsi qu'avec des organisations non
gouvernementales.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">121.Le rapporteur estime donc que le
fonctionnement actuel de la Banque mondiale et du FMI pourrait
être amélioré en explorant les pistes suivantes:</p>

<ol>
    <li><p align="left">réinterpréter la Charte de 1944 pour
        clarifier, dans les problèmes qui se posent, quels sont
        ceux qui relèvent de la sphère nationale, et sont donc
        hors du champ d'action du mandat de la Banque mondiale et
        du FMI. Une telle réinterprétation pourrait faciliter
        les efforts visant à promouvoir un processus de
        développement qui respecte les droits de l'homme,
        l'environnement et la prééminence du
        droit&nbsp;.&nbsp;tous éléments que l'on estime
        aujourd'hui ressortir aussi à la responsabilité de la
        communauté internationale;</p>
    </li>
    <li><p align="left">faire que la Banque mondiale et le FMI
        collaborent de manière plus intense avec d'autres
        agences spécialisées concernées. Cette collaboration
        pourrait passer par des programmes joints de formation et
        des échanges de personnel afin d'intensifier leur
        dialogue sur des questions d'intérêt mutuel. Des ONG
        sélectionnées, dont l'expertise peut apporter une
        contribution à la stratégie globale de développement,
        devraient pouvoir également participer à ces
        discussions;</p>
    </li>
    <li><p align="left">ouvrir davantage les procédures
        administratives et règles opératoires de la Banque
        mondiale et du FMI à la participation de la société
        civile et les soumettre davantage au contrôle
        démocratique pour renforcer leur crédibilité. Cela
        devrait englober non seulement une possibilité de débat
        public sur les projets de politiques et l'ouverture des
        organes de prises de décision à la participation
        civile, comme la réunion du Conseil des gouverneurs, par
        exemple, mais également un examen extérieur,
        transparent et indépendant de toutes les activités
        principales de ces deux institutions. En ce qui concerne
        le FMI, le rapporteur note que la transparence a été
        considérablement améliorée par la récente mise à
        disposition au public, de manière systématique et peu
        de temps après leur élaboration, de documents jusqu'ici
        confidentiels;</p>
    </li>
    <li><p align="left">collecter des informations sur les
        engagements juridiques internationaux des Etats
        emprunteurs et la manière dont ils s'en sont acquittés.
        Par exemple, des Etats signataires de différentes
        conventions de sauvegarde des droits de l'homme devraient
        se voir demander de veiller à ce que leurs projets et
        programmes soient cohérents avec leurs obligations dans
        le cadre de ces conventions; et</p>
    </li>
    <li><p align="left">s'attaquer à la pauvreté et aux
        inégalités sociales, en particulier en travaillant plus
        étroitement avec des ONG.</p>
    </li>
</ol>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">122.De telles mesures permettraient aux
actionnaires de la Banque mondiale et du FMI de participer plus
activement au débat sur l'éventail de plus en plus large de
questions auxquelles sont confrontées les institutions. En
outre, d'autres agences des Nations Unies pourraient se sentir
ainsi encouragées à se pencher de plus près sur les questions
économiques et politiques qui, traditionnellement, relevaient
exclusivement de la Banque mondiale et du FMI.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">123.En avril 1997, M. James Wolfensohn,
Président de la Banque mondiale, a obtenu l'aval du Conseil
d'Administration pour ses propositions visant à restructurer
l'organisation en profondeur. Ce programme, baptisé
&quot;Strategic Compact&quot;, devrait être achevé en trente
mois et coûtera environ 250 millions de dollars . </p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">124.Le programme de M. Wolfensohn a plusieurs
objectifs :</p>

<ul>
    <li><p align="left">réorienter des ressources de
        l'administration aux opérations sur le terrain,</p>
    </li>
    <li><p align="left">développer de nouveaux services,</p>
    </li>
    <li><p align="left">étoffer l'expertise technique du
        personnel,</p>
    </li>
    <li><p align="left">décentraliser des activités dans des
        pays clients,</p>
    </li>
    <li><p align="left">créer des partenariats avec d'autres
        organisations,</p>
    </li>
    <li><p align="left">améliorer la gestion de l'information et
        procéder à la refonte des politiques en matière de
        personnel.</p>
    </li>
</ul>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">125.En outre, un programme parallèle ayant pour
objectif d'identifier les emplois surnuméraires se traduira par
une réduction de 700 postes. M. Wolfensohn voit dans ce
programme une tentative pour s'attaquer à la &quot;crise
d'efficacité&quot; dans la Banque, dont un tiers des projets
sont considérés comme déficients. </p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">126.Ce programme vise à relever le défi que
posent les flux croissants de capitaux privés et le déclin dans
le soutien à l'aide publique, en augmentant la gamme et la
qualité des services et en offrant aux pays emprunteurs un
accès direct, souple, aux &quot;bonnes pratiques&quot; dans le
domaine du développement. L'avenir de la Banque dépendra dans
une très large mesure de l'attention qu'elle portera à la
durabilité en matière sociale et environnementale.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">127.Ce programme vise également à réduire les
dépenses totales à partir du prochain millénaire. D'ici 2001,
le budget administratif doit demeurer à 3% de plus que son
niveau actuel et à 7% de moins que son niveau en 1994. Une
étude de fond est menée actuellement pour abaisser les
dépenses et redéployer les ressources en faveur des services
prioritaires. </p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">128.Au cours de la dernière décennie, le monde
a été témoin de bouleversements fondamentaux et aux
conséquences d'envergure, tels que la révolution technologique
dans les communications, qui permet à l'information la plus
complexe d'atteindre les points les plus reculés de la planète
en quelques secondes. Les anciens schémas du développement sont
remis en question. Ces bouleversements, et d'autres, constituent
des défis majeurs pour toutes les organisations intervenant dans
le développement.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">129.Pour maîtriser ces bouleversements, la
Banque mondiale et le FMI doivent réagir par des solutions
créatives. Elles doivent faire le lien entre la pauvreté et la
famine, d'une part, et les filles et les femmes confrontées à
des obstacles socio-économiques dans de nombreuses régions du
monde, la dégradation de l'environnement qui freine tout
progrès économique durable, le fossé entre pays riches et pays
pauvres et celui qui sépare, dans les pays même, les riches et
les pauvres, et la migration des réfugiés et des personnes qui
tentent de fuir la pauvreté.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">130.Compte tenu de ces formidables défis, et de
leur fait même, la Banque mondiale et le FMI continueront
d'influer de manière significative sur les évolutions que
connaîtra le monde dans son ensemble. Leurs politiques et
programmes influent encore considérablement sur les pays où ils
opèrent, par l'assistance directe qu'ils apportent, mais aussi,
indirectement, par l'exemple qu'ils sont pour les autres. </p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<hr size="1">

<p align="left">Commission chargée du rapport: commission des
questions économiques et du développement </p>

<p align="left">Implications budgétaires pour l'Assemblée:
néant </p>

<p align="left">Référence: Doc. 6982, renvoi n° 1914 du 24
janvier 1994 et Résolution 1057 (1995).</p>

<p align="left">Projet de résolution adoptée à l'unanimité le
15 mai 1997 par la commission</p>

<p align="left"><i>Membres de la commission:</i> MM. <i>Davis</i>
(Président), Mme <i>Degn</i> (Vice-présidente), MM. <i>Bloetzer</i>,
Valleix (Vice-présidents), Andreoli, <i>Behrendt</i>, Bilinski, <i>Billing</i>,
Mme <i>Blattmann</i>, MM. Bogár (Remplaçant: <i>Bársony</i>), <i>Bonet
Casas</i>, Mme Bribosia-Picard (Remplaçant: <i>Staes</i>), M. <i>Brunhart</i>,
Mme <i>Calner</i>, MM.&nbsp;Cusimano (Remplaçant: <i>Turini</i>),
Dumitrescu, Mme <i>Durrieu</i>, MM. <i>Elo</i>, Eyskens, Dame
Peggy Fenner (Remplaçant: <i>Sir John Cope</i>), MM. Figel, Frey
(Remplaçant: <i>Columberg</i>), Mme Frimannsdottir, MM Galanos,
Galváo Lucas, Mme Gatterer, MM. <i>Gonzalez Laxe</i>,
Gusenbauer, <i>Gylys</i>, Jelenkovic, Kamhi, <i>Kiratlioglu</i>,
Kirilov, Kopliku, Koucky, Kuznetsov (Remplaçant: <i>Masliukov</i>),
Lambergs, <i>Le Grand</i>, <i>Leers</i>, Liapis, Malinowski,
Merkushov, Minkov, Muravschi, Pereira Coelho (Remplaçant: <i>Pocas
Santos</i>), Poppe, Puche (Remplaçant: <i>Ramirez Pery</i>),
Rigo, Rippinger, Rutskoy, Sceberras Trigona, Siebert, Mme <i>Squarcialupi</i>,
Mme <i>Stepova</i>, MM <i>Szalay, Telgmaa</i>, Thaler, Townend,
Tripunovski, Vasile, Verivakis, Mme Verspaget, MM. Wallace,
Yavorivsky.</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left"><i>N.B. Les noms de ceux qui étaient présents
à la réunion sont indiqués en italique.</i></p>

<p align="left"><i>Secrétaires de la commission:</i> MM. Torbiörn,
Bertozzi et Mlle Ramanauskaite. </p>

<hr size="1">

<p align="left"><a href="#Footref1" name="Footnote1"><i>Note: 1</i></a><i>de
la commision des questions économiques et du développement</i> </p>
</body>
</html>
