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<html>

<head>

<meta name="GENERATOR" content="Microsoft FrontPage 2.0">
<title>Parlements et médias</title>
</head>

<body bgcolor="#FFFFFF">

<p><font size="3" face="Courier,Courier"><img src="../logotran.gif" width="311" height="162"></font></p>

<hr>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>
<div align="center"><center>

<table border="1" cellpadding="8" cellspacing="5" width="100%">
    <tr>
        <td><p align="center"><font face="Times">&nbsp;</font><font size="1" face="Helvetica"><b>For debate in the Standing
        Committee - See Rule 47</b></font></p>
        <p align="center"><font size="1" face="Helvetica"><b>Pour
        débat à la Commission Permanente - Voir article 47 du
        Règlement</b></font></p>
        </td>
    </tr>
</table>
</center></div>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font size="5" face="Times"><b>Parlements et médias</b></font></p>

<p><font face="Times"><b>Rapport</b></font></p>

<p><font face="Times"><b>Doc. 7905</b></font></p>

<p><font face="Times">12 septembre 1997<b> </b></font></p>

<p align="left"><font face="Times"><b>Rapporteur: Mr Sören
Lekberg, Suède, Groupe socialiste</b></font></p>

<hr>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times"><i>Résumé</i></font></p>

<p><font face="Times">Les parlements, en tant qu'expression de la
souveraineté du peuple, sont au centre du débat politique.
Cependant leurs travaux sont, dans une large mesure, méconnus
des citoyens, et ce, malgré le caractère public de leurs
délibérations, leurs efforts de divulgation d'informations sous
forme de publications diverses et d'enregistrement des débats,
et les possibilités d'accès aux élus offertes aux
journalistes. Les médias ont un rôle capital à jouer dans la
sensibilisation de leurs lecteurs aux activités parlementaires.
Dans la plupart des cas, l'espace que les medias leur accordent,
n'est pas de nature à attirer l'attention. </font></p>

<p><font face="Times">La démocratie pluraliste ne peut que
pâtir de cet état de fait. Le rapport soumis à l'Assemblée,
en analyse les causes. Certaines relèvent du caractère aride et
souvent spécialisé des travaux parlementaires, de leur
inévitable durée dictée par des procédures garantissant un
fonctionnement démocratique, et de l'attraction exercée par le
rôle prépondérant de l'exécutif dans l'initiative et la prise
de décision politiques. D'autres relèvent des choix opérés
par les médias en fonction de critères d'actualité et de
contraintes liés à l'objectif prioritaire d'atteindre la plus
grande audience possible. </font></p>

<p><font face="Times">Les solutions proposées dans le rapport
visent à adapter le travail parlementaire à la nécessité
d'une meilleure accessibilité des documents, qu'il s'agisse de
leur consultation ou de leur intelligibilité pour les lecteurs
non spécialisés, d'une plus grande ouverture des travaux des
commissions, d'une amélioration des conditions de travail des
journalistes à l'intérieur des parlements et du recours aux
nouveaux moyens de télécommunication.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times"><b>I. Projet de résolution</b></font></p>

<p><font face="Times">1. L'Assemblée est consciente des
difficultés auxquelles doit faire face l'institution
parlementaire pour demeurer la pierre angulaire de la
démocratie. Les citoyens de la plupart des pays européens ne se
sentent pas suffisamment, ou pas du tout, associés au débat en
cours au sein du parlement et ne connaissent pas son ordre du
jour et son activité.</font></p>

<p><font face="Times">2 La communication est de la plus haute
importance pour combler le fossé entre les élus et les
citoyens. Les parlements devraient donc promouvoir une meilleure
coopération avec les médias afin de promouvoir un dialogue
public avec les citoyens.</font></p>

<p><font face="Times">3. Cependant, pour des motifs de
rentabilité, les moyens de communication de masse obéissent
pour la plupart à des critères, par exemple la nécessité de
divertir ou de choisir des faits de caractère événementiel,
qui présentent des difficultés pour la médiatisation des
activités parlementaires.</font></p>

<p><font face="Times">4. En outre, le désavantage des parlements
de nombreux pays européens au niveau de l'initiative et de la
prise de décision politique par rapport aux gouvernements amène
les médias à négliger les premiers au profit des seconds. Il
en résulte une perte de crédibilité pour les parlements.</font></p>

<p><font face="Times">5. De par la nature même de leurs
activités, les parlements ne peuvent pas réagir aux
événements avec la même rapidité que les gouvernements. Par
ailleurs, les longues procédures parlementaires, qui sont
essentielles pour un examen minutieux des textes de loi, ne sont
pas en phase avec le phénomène d'accélération caractérisant
la diffusion des informations par les technologies modernes de
communication.</font></p>

<p><font face="Times">6. Le rôle des parlements, en tant que
forum de débat politique central, s'est affaibli au cours de ces
dernières années. La raison réside dans la concurrence des
médias qui lancent des débats et des commentaires d'un style
non conventionnel.</font></p>

<p><font face="Times">7. Le paysage médiatique est extrêmement
complexe. A côté des médias voués au sensationnel qui
compromettent l'instauration d'un dialogue constructif avec le
public, les journaux et revues de qualité et un service public
sérieux de radio-télévision continuent à couvrir de manière
objective un large éventail d'informations, y compris
l'actualité parlementaire. Ils assurent le maintien de normes
élevées en répondant au mieux aux objectifs fondamentaux des
médias: informer, commenter, assurer la communication entre
différents groupes sociaux, offrir à l'opinion publique les
moyens de développer un jugement critique.</font></p>

<p><font face="Times">8. Cependant, la conception qualitative de
leur activité peut être mise à mal par les lois du marché.
Ainsi se trouve mise en cause la diversité des médias, si
nécessaire au bon fonctionnement de la démocratie. Les
parlements devraient donc étudier des mesures visant à
préserver le rôle des médias de qualité.</font></p>

<p><font face="Times">9. Faute de s'adapter aux méthodes de
communication modernes, les parlements pourraient facilement voir
leur activité reprise par d'autres médiateurs utilisant de
nouveaux moyens d'expression de la volonté du peuple. C'est
pourquoi, il leur faut rester en phase avec les réalités d'une
société de communication à l'échelle mondiale.</font></p>

<p><font face="Times">10. Un large recours aux nouvelles
technologies de l'information, devrait donc être considéré
comme un élément important d'une politique des services de
communication des parlements pour assurer le débat public.</font></p>

<p><font face="Times">11. L'Assemblée invite les parlements
nationaux à étudier d'urgence des mesures destinées:</font></p>

<blockquote>
    <p><font face="Times">i. à assurer une plus grande ouverture
    du travail parlementaire, y compris aux réunions des
    commissions, et considérer que cette question ne relève pas
    simplement de la politique de communication, mais qu'elle
    constitue une importante priorité politique ayant une
    incidence directe sur le fonctionnement de la démocratie; </font></p>
    <p><font face="Times">ii. à mieux utiliser des méthodes
    classiques de communication et des nouvelles technologies de
    l'information, notamment:</font></p>
    <blockquote>
        <ol type="a" start="1">
            <li><font face="Times">en offrant aux médias et tout
                particulièrement aux journalistes parlementaires
                les meilleures conditions de travail possibles;</font></li>
            <li><font face="Times">en assurant la diffusion
                rapide d'informations sur les débats;</font></li>
            <li><font face="Times">en créant des services en
                ligne permettant une communication électronique
                directe avec le public et les journalistes ;</font></li>
            <li><font face="Times">en fournissant l'accès
                complet aux documents parlementaires, de manière
                à pouvoir encourager le débat public avant le
                vote d'un texte de loi;</font></li>
        </ol>
    </blockquote>
    <p><font face="Times">iii. à faire appel aux conseils de
    spécialistes de la communication;</font></p>
    <p><font face="Times">iv. à recourir aux linguistes pour
    faciliter la compréhension des textes juridiques par les
    lecteurs non spécialisés;</font></p>
    <p><font face="Times">v. à prendre les mesures nécessaires
    pour mieux se situer dans le débat politique, en
    recherchant, par exemple, les cas où la procédure peut
    être allégée pour accélérer la prise de décision ;</font></p>
</blockquote>

<blockquote>
    <p><font face="Times">vi. à promouvoir au sein des services
    d'information et de communication l'élaboration de dossiers
    de présentation des lois qui tiennent compte de leurs
    spécificités pour les milieux journalistiques et
    professionnels particulièrement concernés;</font></p>
    <p><font face="Times">vii. à organiser des séminaires pour
    les journalistes concernés par l'activité parlementaire
    afin de les familiariser avec les procédures législatives
    et les travaux parlementaires. Les journalistes venant des
    journaux locaux et régionaux ainsi que des magazines
    devraient bénéficier d'une attention particulière;</font></p>
    <p><font face="Times">viii. à créer sur <i>Internet</i> des
    réseaux de communication qui permettent aux citoyens de
    communiquer de manière interactive, aussi bien avec les
    élus qu'avec les services d'information des parlements;</font></p>
    <p><font face="Times">ix. à étudier les moyens d'encourager
    la création de chaînes télévisées indépendantes
    consacrées à l'activité parlementaire, comme c'est le cas
    dans un certain nombre de pays européens, aux Etats-Unis et
    au Canada;</font></p>
    <p><font face="Times">x. à aider, par des mesures fiscales
    ou autres, les médias soucieux d'assurer, en toute
    indépendance, une information de qualité et menacées de
    disparition par les lois du marché.</font></p>
</blockquote>

<p><font face="Times"><b></b></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times"><b>III. Exposé des motifs par M. Lekberg</b></font></p>

<p><font face="Times"><b>I. AVANT-PROPOS</b></font></p>

<p><font face="Times">1. Le thème «Parlements et médias»
recouvre deux grandes questions: les relations entre les
parlements et les médias, et le rôle des parlements en tant que
législateurs sur les médias dans les Etats membres.</font></p>

<p><font face="Times">2. Le présent rapport s'efforcera de
dégager les raisons pour lesquelles les médias n'accordent que
peu de place aux activités parlementaires, et de suggérer des
moyens qui permettraient d'améliorer la situation.</font></p>

<p><font face="Times"><b></b></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times"><b>II. LES PARLEMENTS ET LES MÉDIAS EN
TANT QUE FORUMS PUBLICS</b></font></p>

<p><font face="Times">3. Ces dernières années, les rapports
entre les parlements et les médias sont devenus
particulièrement complexes. Face à la concurrence croissante du
pouvoir exécutif et à l'indifférence marquée des médias
vis-à-vis de leurs activités, les parlements doivent trouver
d'urgence de nouveaux moyens de rapprocher le débat politique
des citoyens. En outre, l'extraordinaire développement des
nouvelles technologies de l'information et les défis
économiques qui en résultent engendrent déjà des changements
radicaux dans les méthodes et pratiques de communication qui
servent à transmettre le message politique. </font></p>

<p><font face="Times">4. En même temps, l'accroissement du
pouvoir des médias peut paradoxalement avoir un effet de
boomerang sur une réelle liberté d'expression des journalistes
et leur devoir d'assurer une information complète, y compris sur
les travaux parlementaires. Si les journalistes doivent veiller
à ne pas être conditionnés par le pouvoir politique, ils
doivent aussi prendre garde à ne pas être conditionnés par
d'autres pouvoirs. Face à ces risques, les parlements des
démocraties pluralistes sont, en tant qu'institutions, des
alliés objectifs pour les journalistes.</font></p>

<p><font face="Times">5. Les responsables politiques et les
médias sont obligés de trouver un équilibre sur le fil ténu
qui sépare deux forces opposées, l'attraction et la répulsion.
Toutefois, le principe de base de leur coexistence reste
inchangé: le rôle des parlements et des médias est de faire
participer le public au débat politique, de soulever des
questions essentielles et de chercher des solutions fondées sur
un large consensus démocratique. </font></p>

<p><font face="Times">6. Le parlement, en tant que pierre
angulaire de la démocratie pluraliste, est l'architecte de la
liberté d'expression. En tant qu'institution elle garantit le
libre exercice de cette liberté par les médias. Pour que la
démocratie pluraliste fonctionne correctement, il convient
également d'assurer l'adhésion et la participation des citoyens
à la vie politique. Ceci signifie qu'ils doivent être bien au
fait des activités parlementaires, ce qui n'est possible que si
les sujets discutés au parlement sont proches de leurs
préoccupations quotidiennes.</font></p>

<p><font face="Times">7. A mesure que, dans la société moderne,
les questions politiques deviennent plus complexes, le processus
de décision échappe aux institutions publiques et se retrouve
monopolisé par des cercles fermés de technocrates au sein des
gouvernements. Ce processus affecte l'ensemble du corps social,
des parlements aux citoyens ordinaires, lesquels ont le sentiment
que le fossé se creuse entre les problèmes qu'ils rencontrent
quotidiennement et le fonctionnement «abstrait», à leurs yeux,
des structures de l'Etat. </font></p>

<p><font face="Times">8. De plus en plus de citoyens se sentent
exclus du dialogue politique et des décisions qui sont prises au
sommet. Souvent, leur participation à la vie politique se borne
aux élections; et même là, on enregistre une baisse du taux de
participation. Le prestige des institutions auprès du public
s'érode.</font></p>

<p><font face="Times">9. Par conséquent, il est de plus en plus
difficile de faire passer le message politique par les méthodes
traditionnelles. Les gens ont recours à d'autres formes de
communication proposées par les médias; les responsables
politiques font de même, les uns et les autres recherchant un
contact plus individualisé, moins abstrait (ou moins
institutionnalisé).</font></p>

<p><font face="Times">10. Les médias eux-mêmes traversent une
passe difficile. A mesure qu'augmentent la pression financière
du marché mondial et les défis des nouvelles technologies de
l'information, les médias sont obligés d'adopter des méthodes
de présentation axées sur le marché. Dans ces conditions, la
presse dite «de qualité», ainsi que les émissions de radio et
de télévision «de qualité» qui s'efforcent de cultiver
l'objectivité et l'impartialité dans la diffusion de
l'information, ont du mal à survivre. </font></p>

<p><font face="Times">11. Les médias ont commencé à établir
leur propre «programme» politique qui, souvent, juge de la
valeur des nouvelles en fonction de leur caractère
spectaculaire. L'accent est mis sur la schématisation et le
divertissement, du fait de la nécessité de captiver le public
à tout prix et de rester en phase avec un rythme de vie qui ne
cesse de s'accélérer. Une telle attitude prévaut sur l'effort
exigé par une présentation intéressante de la substance
multiforme des problèmes en jeu.</font></p>

<p><font face="Times">12. Les conflits sont traités comme de
pures questions d'actualité, alors qu'ils ne peuvent être
compris sans une certaine connaissance du passé. Le flot
d'informations déversé hors de tout contexte dépasse la
faculté de compréhension du public des médias. </font></p>

<p><font face="Times">13. Le fossé entre le débat parlementaire
et le contenu de l'information diffusée par les médias se
creuse encore plus, les questions adressées aux acteurs
politiques étant souvent très éloignées de ce que les
citoyens veulent réellement leur demander et les réponses
qu'ils souhaitent obtenir. </font></p>

<p><font face="Times">14. Il y a donc un danger véritable de
distorsion de la fonction originelle des parlements, en tant que
représentants de la volonté du peuple, comme des médias, en
tant qu'expression de l'esprit vigilant du public. </font></p>

<p><font face="Times">15. Le seul moyen de remédier à cette
situation, c'est d'amener le parlementaires à utiliser les
médias comme un puissant instrument de dialogue avec leur
électorat et, en même temps, à reconnaître leur rôle de
contre-pouvoir. </font></p>

<p><font face="Times">16. Les parlements devraient moderniser
leurs objectifs et méthodes de travail, en général, et leur
politique de communication, en particulier. Les responsables
politiques doivent passer par un difficile processus
d'apprentissage afin de pouvoir communiquer, à l'ère du village
électronique planétaire. Un échec pourrait mettre la
démocratie en danger. </font></p>

<p><font face="Times">17. Le facteur déterminant pour susciter
plus d'intérêt, d'engagement et de confiance de l'opinion
publique dans les affaires parlementaires réside dans une plus
grande transparence. Ce processus ira inévitablement de pair
avec un meilleur accès aux textes parlementaires ainsi qu'avec
des ajustements des processus de décision et des procédures des
débats.</font></p>

<p><font face="Times">18. Parallèlement il faudrait insister sur
les auditions parlementaires en tant que moyen de prise en compte
des suggestions faites par les citoyens. Il ne suffit pas de
s'adresser aux électeurs dans les circonscriptions: les
différentes commissions dans les parlements devraient rassembler
autant de représentants de différentes tendances de la
société civile que possible et la participation des ONG dans le
processus de décision devra être effectivement assuré. </font></p>

<p><font face="Times">19. Les journalistes doivent aussi faire
face à de nouvelles responsabilités. D'une part, ils doivent
affronter la concurrence acharnée d'Internet. D'autre part, dans
le nouveau cadre de la communication mondiale, la défense de
certaines valeurs morales dépend beaucoup d'eux. </font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times"><b>III. SURMONTER LES OBSTACLES POUR UNE
MEILLEURE COMMUNICATION</b></font></p>

<p><font face="Times"><b>1. Différences fondamentales entre le
fonctionnement des parlements et celui des médias</b></font></p>

<p><font face="Times">20. Certains problèmes de relation entre
les parlements et les médias sont conditionnés par la nature
même des deux institutions:</font></p>

<blockquote>
    <p><font face="MS LineDraw">Ä</font><font face="Times"> <i>les
    travaux parlementaires sont un processus lent, tandis que les
    médias doivent réagir aussi rapidement que possible; les
    travaux parlementaires vont en profondeur, alors que les
    reportages et les bulletins d'information s'efforcent de
    donner une vision d'ensemble</i></font></p>
</blockquote>

<p><font face="Times">21. Le parlement est un organe
délibérant, et non un producteur de nouvelles. Il faut
nécessairement du temps aux parlementaires pour examiner tous
les aspects d'une question et parvenir à un consensus.</font></p>

<p><font face="Times">22. Les médias ne peuvent reproduire <i>in
extenso</i> de longs débats; les journaux, par exemple, ne
peuvent se permettre de transformer leurs colonnes en
procès-verbaux des travaux parlementaires. Tout résumé, même
si sa rédaction procède des meilleures intentions de
neutralité et d'objectivité, risque d'offenser les orateurs qui
ne sont pas mentionnés. </font></p>

<p><font face="Times">23. Il va de soi que ni les parlements ni
les médias ne devraient sacrifier leurs méthodes de travail;
mais on peut trouver un compromis sur la base de services de
presse efficaces au sein des parlements. Les attachés de presse
parlementaires pourraient être chargés de faire le résumé des
débats ou de mettre en lumière les principaux points d'une
discussion.</font></p>

<blockquote>
    <p><font face="MS LineDraw">Ä</font><font face="Times"> <i>Le
    langage parlementaire est spécialisé et ardu tandis que le
    reportage implique un style propre à la vulgarisation; les
    travaux parlementaires portent toujours sur des questions
    d'intérêt public; les médias informent, mais aussi
    divertissent</i></font></p>
</blockquote>

<p><font face="Times">24. Même la presse de qualité et les
émissions de télévision et de radio sérieuses ne peuvent
éviter cette contrainte, bien qu'elles s'adressent
généralement à un public bien informé, comprenant des
responsables et des décideurs, qui sont aussi des faiseurs
d'opinion. En outre, ce public est très restreint, et par
conséquent, les journaux et les sociétés de radiodiffusion qui
s'efforcent de se soustraire à toute influence politique et
économique rencontrent de grandes difficultés financières. </font></p>

<p><font face="Times">25. Si l'on en juge par la majorité des
programmes de télévision et les journaux à grand tirage, les
être humains n'ont pas changé depuis que le monde est monde;
ils veulent des émotions et des jeux. Cependant, force est de
constater que des méthodes habiles de séduction peuvent créer
des besoins et des goûts qui n'étaient pas dans la nature, et
que les choix peuvent ne pas être innocents. </font></p>

<p><font face="Times">26. Sans aller aussi loin que la création
de modes pour certains types d'information, on peut se borner à
citer l'exploitation intensive de besoins réels d'évasion, au
détriment de l'espace qui pourrait être accordé à des
informations et à des analyses offrant aux individus les moyens
d'assumer de manière responsable les enjeux rencontrés dans
leur vie à plusieurs titres: citoyen(ne), parents, etc. </font></p>

<p><font face="Times">27. N'y-a-t-il pas de conciliation possible
entre l'ambition souvent proclamée d'éclairer l'opinion
publique et la préoccupation de séduire? Devenue une instance
de socialisation principale, la télévision, qu'elle soit
publique ou privée, peut-elle se soustraire à un devoir de
recherche d'équilibre entre programmes d'attraction et
programmes d'information purgé du souci prédominant du scoop?</font></p>

<p><font face="Times">28. Fort heureusement, il existe des signes
précurseurs de réaction. La dénonciation, par les journalistes
eux-mêmes, des entorses à la vérité, voire des confections de
fausses vérités qui peuvent ici ou là apparaître dans tel ou
tel média, ainsi que l'expression de nouveaux besoins en
matière d'information inspirés par une curiosité plus
exigeante, sont des signes encourageants pour une amélioration
de la situation. Des études montrent, en effet, un besoin de
chaînes spécialisées, qui est le reflet de cette curiosité
plus exigeante. Les lois du marché, auxquelles les médias sont
asservis, pourraient changer en fonction de l'affirmation de ces
besoins. </font></p>

<blockquote>
    <p><font face="MS LineDraw">Ä</font><font face="Times"> <i>Le
    poids politique que la Constitution nationale confère à
    l'institution parlementaire varie d'un pays à l'autre</i></font></p>
</blockquote>

<p><font face="Times">29. Le poids de l'information politique
dépend du poids politique de l'auteur de l'information. Dans la
plupart des pays européens, le pouvoir exécutif détient les
moyens d'une initiative prépondérante dans l'action politique
nationale et dans la prise de décision. </font></p>

<p><font face="Times">30. Pour évaluer l'incidence des
problèmes à traiter et chercher des solutions, les
gouvernements disposent, au sein de leur administration, d'un
capital d'expertise qui fait défaut aux parlements.</font></p>

<p><font face="Times">31. Les parlementaires déplorent souvent
la difficulté, voire parfois l'impossibilité, d'accéder à
l'information détenue par le gouvernement. Par ailleurs, ils se
retrouvent souvent ensevelis sous la paperasserie de l'exécutif.
Dans de telles situations, ils estiment qu'il n'est pas facile
d'extraire les données vraiment essentielles.</font></p>

<p><font face="Times">32. Le contrôle du pouvoir exécutif
exercé de façon efficace est une des fonctions fondamentales du
parlement. La présence des médias pendant le «temps des
questions» est indispensable pour assurer une surveillance
efficace de l'action du gouvernement. Les atouts de l'exécutif,
en particulier lorsque le gouvernement jouit de la majorité au
parlement, agissent comme un aimant sur les médias qui ne voient
pas dans les parlements le facteur déterminant de la vie
politique.</font></p>

<p><font face="Times">33. En dehors du gouvernement, le combat
politique se cristallise autour des chefs de parti. Une telle
personnalisation des enjeux agit également comme facteur de
détournement de l'attention qui pourrait être portée sur les
parlements. </font></p>

<blockquote>
    <p><font face="MS LineDraw">Ä</font><font face="Times"> <i>Les
    journalistes insistent pour avoir pleinement accès à
    l'information, tandis que les parlementaires, pour préserver
    le sérieux des débats, siègent parfois à huis clos. Cette
    pratique n'est pas toujours justifiée</i></font></p>
</blockquote>

<p><font face="Times">34. Les parlements devraient-ils être
ouverts sans restriction aucune au public? Le degré d'accès aux
travaux parlementaires varie considérablement d'un Etat membre
du Conseil de l'Europe à l'autre. En général, les journalistes
d'Europe centrale et orientale se heurtent, plus souvent que
leurs confrères occidentaux, à la vieille pratique des séances
parlementaires à huis clos. </font></p>

<p><font face="Times">35. L'inconvénient d'une telle pratique
aujourd'hui, c'est que les reporters dépendent des
parlementaires pour obtenir les informations factuelles
manquantes. L'opinion des élus sur les conclusions d'un débat
parlementaire est précieuse pour alimenter le débat public,
mais on ne peut guère compter sur eux pour fournir des faits
bruts. En outre, la plupart des responsables politiques ont
tendance à parler plus volontiers aux représentants des médias
qui expriment leur propre tendance politique, ce qui ne rend
guère l'information plus objective. </font></p>

<p><font face="Times">36. Les objections à un accès sans
restriction aux travaux parlementaires se fondent sur la crainte
d'une démagogie accrue, avec des parlementaires qui
débattraient constamment devant les caméras de télévision.
L'expérience montre également que lors des réunions à huis
clos, la majorité et l'opposition parviennent parfois à des
ententes qu'elles n'envisageraient jamais publiquement. Enfin, il
est généralement reconnu que les questions de défense et de
sécurité sont régies par la confidentialité. Mais il n'y a
pas consensus entre les différents pays sur ce qui devrait être
considéré comme une question de sécurité ou de défense.</font></p>

<p><font face="Times">37. Une autre constatation, c'est que la
diffusion régulière d'informations émanant des seuls
parlements ne peut garantir des effets tangibles sur la façon
dont le parlement est perçu par l'opinion publique et sur son
évolution probable.</font></p>

<p><font face="Times">38. Dans certains pays d'Europe centrale et
orientale, l'euphorie qui accompagnait initialement la
retransmission des débats des premiers parlements
démocratiquement élus a rapidement fait place à la
désillusion du public, engendrée par le sentiment que les
députés ne faisaient que se chamailler. </font></p>

<p><font face="Times">39. La transparence est un élément
essentiel de la démocratie pluraliste. Il faut mettre l'accent
sur la nécessité d'évaluer la situation dans les divers Etats
membres et d'appliquer un minimum de transparence, ce qui
constitue l'un des critères du développement démocratique. La
transparence ne doit pas être réservée aux travaux
parlementaires. Elle s'applique également à toutes les
activités des services publics. Des exemples de cette
transparence peuvent être observés dans les pays nordiques.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times"><b>2. Extrapolation des tendances
particulières au processus général de communication</b></font></p>

<p><font face="Times">40. Dans l'ensemble, l'opinion publique est
sceptique quant à la façon dont les responsables politiques et
les journalistes remplissent leur rôle. En effet, les
responsables politiques, comme les journalistes ont une mission
d'intérêt général; mais parfois, ils sont plus soucieux de
leur propre devenir que des besoins de la société. La
démagogie est une propension inhérente aux journalistes comme
aux parlementaires; il en va de même de la tendance à
l'exagération et au scandale. </font></p>

<p><font face="Times">41. Toutefois, ces cas individuels
n'autorisent pas à affirmer </font><font face="MS LineDraw">Ä</font><font face="Times">&nbsp;comme le font certains&nbsp;</font><font face="MS LineDraw">Ä</font><font face="Times"> que les médias,
dans leur ensemble, sont un instrument de manipulation et que,
globalement, le parlement est une institution inutile.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times"><b>3. Carences politiques</b></font></p>

<p><font face="Times">42. Dans une société démocratique,
l'ordre du jour politique est déterminé par les responsables
politiques, qui sont les représentants légitimes du peuple et
sont donc responsables devant leurs électeurs. </font></p>

<p><font face="Times">43. Les études scientifiques ont montré,
en fait, que l'impact politique direct des médias sur le
comportement des citoyens n'est pas aussi marqué qu'on le
prétend généralement. Par rapport aux convictions
personnelles, aux contacts avec les faiseurs d'opinion ou les
groupes de référence, les médias n'ont qu'une influence très
faible sur le comportement des électeurs.</font></p>

<p><font face="Times">44. Cependant, l'influence réelle,
quoiqu'indirecte, des médias réside dans le fait qu'ils se
substituent aux parlements pour déterminer les questions
d'actualité politique.</font></p>

<p><font face="Times">45. Maintenant que les parlements ont enfin
décidé de mener une politique de transparence, les médias ont
tendance à les ignorer. L'énorme secteur des médias entend
surtout réaliser des bénéfices. La loi de l'offre et de la
demande étouffe la diversité des opinions qu'on trouve dans la
presse. En outre, comme les parlements ont perdu une grande
partie de leur pouvoir au profit des techno-structures, ils
intéressent moins les médias. De surcroît, les événements
parlementaires répondent rarement aux critères qui déterminent
principalement si tel élément de la vie parlementaire est digne
d'être rapporté.</font></p>

<p><font face="Times">46. En moyenne, 63 % de toutes les
initiatives législatives émanent du gouvernement et leurs
chances d'aboutir sont, en moyenne aussi, de 78&nbsp;% contre
39&nbsp;% seulement pour les propositions de loi (d'initiative
parlementaire), qui, en outre, mettent souvent trois ou quatre
fois plus de temps à devenir loi (Swaelen). Le parlement risque
alors de devenir un simple organe ratificateur où la discipline
de parti prévaut sur les convictions personnelles des députés.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times"><b>4. Tendances positives de l'évolution
des médias</b></font></p>

<p><font face="Times">47. Les théories concernant l'avenir des
médias sont presque aussi nombreuses que les médias eux-mêmes.
D'aucuns prédisent la mort imminente de la presse et la
mondialisation de la télévision; plus récemment, certains
analystes ont enregistré une baisse de l'audience des chaînes
de télévision et un retour à l'information écrite. </font></p>

<p><font face="Times">48. A notre avis, il est impossible de
faire des prévisions générales, dans la situation actuelle,
caractérisée par des mutations révolutionnaires. Il est
manifeste que, selon les périodes, des tendances différentes
prévalent dans la société. Cependant, ce qui semble
inévitable, dans un proche avenir, c'est l'expansion de la
communication interactive, ou des produits médiatiques à la
carte. </font></p>

<p><font face="Times">49. Toutefois, il ne faudrait pas non plus
surestimer cette tendance. Il est peu probable que l'homme de la
rue consacre des heures à la télévision interactive, par
exemple, bien qu'inévitablement, le nouveau média fasse
l'objet, dans un premier temps, d'un intérêt obsessionnel. Mais
une fois que le public aura instauré de nouveaux schémas pour
lire, écouter et regarder, il est probable qu'il se tournera à
nouveau vers certains produits «prêts à consommer». La
différence notable, c'est que ces schémas deviendront beaucoup
plus souples, un dialogue permanent s'instaurant entre les
médias et leur public. </font></p>

<p><font face="Times">50. Dans cette situation, on peut
s'attendre à l'apparition de deux tendances opposées:
i.&nbsp;une «commercialisation» accrue de l'information
politique et, ii.&nbsp;un développement et un approfondissement
du dialogue public.</font></p>

<p><font face="Times">51. Il n'est pas réaliste de croire que la
première tendance peut être évitée. L'important,c'est de
réduire au maximum l'impact social de cette commercialisation. </font></p>

<p><font face="Times">52. La deuxième tendance se concrétise
actuellement par ce que l'on appelle le journalisme public, qui,
depuis la fin des années&nbsp;80, est ardemment défendu par
plusieurs journalistes américains, comme Arthur&nbsp;Charity,
Jay&nbsp;Rosen et Davis&nbsp;Merritt.</font></p>

<p><font face="Times">53. Selon Rosen et Merritt, le journalisme
public est né dans un contexte politique et social particulier:
&quot;Aux Etats-Unis, les journalistes sont à un tournant de
l'histoire de leur profession. Menacés, d'un côté, par la
diminution du nombre de lecteurs et de nouvelles pressions
économiques dans l'industrie des médias, ils doivent, de
l'autre côté, faire face à un autre type de menace
caractérisé par le relâchement des liens communautaires, le
dégoût croissant de la politique et un sentiment d'impuissance
et de découragement de plus en plus répandu chez des
Américains frustrés par les échecs de leur régime
démocratique&quot;. </font></p>

<p><font face="Times">54. Le développement du journalisme public
s'explique également par le fait que les professionnels des
médias sont de plus en plus déconcertés par la dilution de
l'idéal du journalisme objectif; ils se rendent compte, par
ailleurs, que ce n'est qu'en participant plus activement à la
vie communautaire qu'ils peuvent espérer trouver une réponse
positive à leurs interrogations sur l'avenir de leur profession.
</font></p>

<p><font face="Times">55. Rosen affirme que le journalisme public
propose un changement radical: un nouveau contrat par lequel les
journalistes et le public qu'ils servent reconnaissent le devoir
de la presse d'intervenir parfois dans la vie publique pour
renforcer la culture civique. Il s'agit pour les journalistes de
traiter les citoyens comme des acteurs, des participants, des
responsables, de cultiver chez eux le sens civique, d'être à
l'écoute et de réagir, plutôt que de sacraliser avec
condescendance tous leurs propos, sous prétexte que lesdits
propos émanent de gens ordinaires.</font></p>

<p><font face="Times">56. Le journalisme public et, plus
généralement, le journalisme qui s'intéresse de près aux
problèmes des citoyens et recherche le dialogue avec eux sur un
pied d'égalité, ne restera probablement pas un phénomène
purement américain. Cette supposition est illustrée par le
projet français de création de TCC, programme de télévision
par câble et par satellite qui sera conçu par l'homme de la
rue. </font></p>

<p><font face="Times">57. Ces formes de journalisme peuvent faire
des parlementaires et des journalistes des alliés naturels dans
la recherche de contacts plus étroits avec les citoyens, sans
qu'ils soient dessaisis de leurs obligations et responsabilités
particulières. </font></p>

<p align="center"><font face="Times"><b></b></font>&nbsp;</p>

<p align="left"><font face="Times"><b>IV. COMMENT PROMOUVOIR UNE
MEILLEURE POLITIQUE DE COMMUNICATION AU SEIN DES PARLEMENTS?</b></font></p>

<p><font face="Times">58. Parfois, les parlements ont du mal à
admettre qu'ils devraient moderniser leurs méthodes de travail
et de communication afin de capter l'attention du public, et
notamment des médias. La nécessité de se rapprocher des
citoyens est, à tort, associée à une prétendue dépréciation
des normes parlementaires de haut niveau, perçues comme
sacrifiés à la culture de masse. </font></p>

<p><font face="Times">59. Il ne s'agit pas, bien sûr, d'attirer
l'attention des médias par n'importe quel moyen; c'est pourquoi
il est si important de créer des services d'information très
professionnels.</font></p>

<p><font face="Times">60. Le recours à des professionnels des
médias est essentiel. On sait bien, désormais, que convaincre
un auditoire est un processus très complexe, dans lequel
interviennent, à part égale, des éléments rationnels et
irrationnels. En conséquence, les conseillers de presse ont
largement recours, de nos jours, à des techniques de marketing
politique et de communication électorale scientifiquement
éprouvées, par opposition aux méthodes traditionnelles de la
bureaucratie, qui consistent à «blanchir» l'information et à
la présenter de l'intérieur.</font></p>

<p><font face="Times">61. La pratique qui consiste à «guider»
la presse est souvent considérée, à juste titre, comme une
tentative de manipulation. Il vaut mieux cultiver un esprit
d'ouverture et fournir aux journalistes des informations
suffisantes et exactes. Les parlements ne devraient pas attendre
que les journalistes posent des questions, mais devraient
diffuser l'information de leur propre initiative.</font></p>

<p><font face="Times"><b></b></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times"><b>1.</b> <b>Amélioration des conditions
de travail des journalistes et accès plus facile à
l'information</b></font></p>

<p><font face="Times"><i>a) Publications émanant directement des
parlements eux-mêmes</i> </font></p>

<p><font face="Times">62. Presque tous les parlements publient
des revues, des bulletins et d'autres périodiques qui cherchent
à couvrir de manière plus ou moins détaillée des travaux
parlementaires et à offrir au public des informations plus
directes et moins techniques sur les textes officiels. </font></p>

<p><font face="Times">63. Ces publications devraient viser les
deux buts dans les cas où les journalistes veulent écrire leurs
articles selon leur vue personnelle et n'ont besoin que des faits
bruts qu'il peuvent citer le cas échéant.</font></p>

<p><font face="Times">64. Les services de presse parlementaires
devraient essayer d'adapter ce genre d'informations aux besoins
spécifiques de leurs interlocuteurs, en tenant compte de la
différence importante entre les médias d'information généraux
et la presse ou les émissions spécialisées. Alors qu'un
journal, une revue ou une émission de radio ou de télévision
d'information générale ne peut consacrer que quelques mots à
un débat donné, une publication ou une émission spécialisée
permet d'examiner un problème en profondeur.</font></p>

<p><font face="Times"><i>b) Attention plus grande accordée aux
médias spécialisés </i></font></p>

<p><font face="Times">65. Malheureusement, certains services de
presse tendent à centrer tous leurs efforts sur la communication
par l'intermédiaire des médias d'information générale, et
notamment de ceux qui touchent un vaste public et ont une grande
influence politique. On a parfois tendance à négliger les
médias spécialisés et leur potentiel d'influence indirecte sur
l'opinion publique, par l'intermédiaire de certaines catégories
professionnelles. A l'heure actuelle, il arrive même que les
journalistes travaillant pour ces médias aient du mal à obtenir
l'accès aux séances parlementaires.</font></p>

<p><font face="Times">66. Les parlements devraient donc
comprendre que figurer sur la page de couverture de la plupart
des médias influents n'est pas le seul critère d'un travail
fructueux. Il est tout aussi important d'associer à certains
débats spécifiques les groupes de population concernés. Il est
inconcevable, par exemple, de laisser de côté les
professionnels de l'électricité ou les écologistes lors des
débats sur l'amélioration des normes de sécurité dans les
centrales nucléaires, ou de ne pas accorder une attention
particulière à la presse ou aux émissions destinées aux
personnes âgées, lors des débats sur la réforme du système
des pensions.</font></p>

<p><font face="Times"><i>c) Informations directes sur les débats
parlementaires</i></font></p>

<p><font face="Times">67. Avec l'extension d'Internet, un nombre
croissant de parlements créent leur propre site Web qui diffuse
divers types d'informations. Le contenu varie et s'inscrit dans
un projet plus ou moins ambitieux. La plupart des parlements
nationaux ont pour politique d'informer le grand public sur le
calendrier des travaux parlementaires et certains rapports
généraux.</font></p>

<p><font face="Times">68. Certains parlements ont des programmes
plus ambitieux: faire en sorte que toutes les informations
disponibles sous forme électronique puissent l'être aussi sur
le réseau, et connecter les informations internes et externes
sur Internet. Certains parlements, comme le parlement finlandais,
vont au-delà des informations purement «techniques» et offrent
aux citoyens la possibilité de nouer un dialogue avec leurs
élus grâce au Réseau. </font></p>

<p><font face="Times">69. Plusieurs organisations
internationales, dont le Conseil de l'Europe, ont aussi leur
propre serveur. L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe
a récemment créé son propre site Web expérimental
(http://stars.coe.fr) comportant des informations sur les travaux
de l'Assemblée, sa composition, les questions d'actualité et
les dernières nouvelles. Un bulletin électronique est
également en cours d'élaboration. </font></p>

<p><font face="Times">70. L'Assemblée devrait apporter son
soutien et prendre une part active aux projets de diverses
organisations internationales visant à exploiter les
technologies de communication et d'information modernes, telles
qu'Internet, en vue d'une communication interparlementaire. </font></p>

<p><font face="Times">71. Lors d'une réunion du Comité
consultatif d'experts de l'UIP (1<sup>er</sup> décembre 1995,
Genève), les participants ont souligné que les parlements
nationaux, pour qui l'accès à l'information a toujours été
une question primordiale, sont particulièrement bien placés
pour bénéficier des facilités d'accès à l'information et de
la transparence accrue qu'offre le réseau Internet. Etant
véritablement planétaire, Internet permet d'entrer en
communication, à faible coût, avec des personnes et des
organisations du monde entier, renforçant ainsi la visibilité
et l'accessibilité des institutions parlementaires. </font></p>

<p><font face="Times">72. Il est manifeste que l'avenir de la
démocratie représentative réside dans la capacité des
parlements à se tourner vers des formes plus directes de
communication avec leur électorat. Les autoroutes de
l'information offrent une possibilité unique d'intensifier le
dialogue politique, et c'est aux parlements de trouver leur place
dans le processus de «démocratie électronique».</font></p>

<p><font face="Times"><i>d) Retransmission des débats
parlementaires</i></font></p>

<p><font face="Times">73. Un rapport d'information élaboré pour
la commission des relations parlementaires et publiques par
M.&nbsp;Caldoro (Doc. 7106 de 1994) constate que, de nos jours,
tous les parlements européens diffusent leurs débats ou
autorisent leur retransmission. Toutefois, les réunions de
commission se tiennent généralement à huis clos. </font></p>

<p><font face="Times">74. De l'avis général, le respect du
pluralisme passe par la diffusion intégrale des débats
parlementaires. Seule une couverture télévisuelle permanente
peut permettre à l'électorat de replacer dans leur contexte les
sélections et distorsions de la télévision. Il vaut même
mieux, souligne-t-on aussi, combiner cette diffusion avec la mise
en place indispensable d'une chaîne des affaires publiques,
comme «C Span» du réseau américain câblé de télévision
par satellite «<i>Americas' Cable Satellite Public Affairs
Network</i>», créé en 1977 par l'industrie de la télévision
câblée.</font></p>

<p><font face="Times">75. Une étude de 1994 fondée sur la
diffusion, pendant cinq ans, des débats de la Chambre des
Communes, en Grande-Bretagne, a permis de dégager les
conclusions ci-après: il est presque inconcevable que les
caméras puissent être un jour retirées, malgré l'opposition
farouche manifestée en permanence par un petit groupe de
parlementaires. La grande majorité des députés sont tout à
fait conscients des avantages personnels qu'ils tirent de la
télévision: ils jouissent d'un prestige accru dans leur
circonscription; et en rendant plus accessibles les travaux
parlementaires, ils améliorent leur image publique. </font></p>

<p><font face="Times">76. Quant à la création de chaînes
parlementaires spécialisées, le Canada et les USA ont donné
l'exemple respectivement avec «CPAC» et «C-SPAN» du réseau
américain câblé de télévision par satellite. C-SPAN a été
créé en 1977 par l'industrie de la télévision câblée pour
couvrir la Chambre des Représentants des USA en direct. En juin
1986, C-SPAN 2 a commencé à diffuser les séances quotidiennes
du Sénat des USA. Depuis C-SPAN s'est transformé en un réseau
de chaînes qui fournit des programmes d'actualité en continu 24
h sur 24. L'industrie du câble continue de transporter et de
financer tous les réseaux de C-SPAN en tant que service public
pour les téléspectateurs des chaînes cablées à travers les
USA.</font></p>

<p><font face="Times">C-SPAN définit sa mission comme un service
public qui fournit l'accès à des forums où la politique est
discutée, débattue et décidée. Elle diffuse des réunions de
commission des partis nationaux, conventions, conférences de
presse de toutes sortes, grands événements de la vie publique,
conférences, séminaires universitaires. Tout ceci sans
éditoriaux, commentaires ou analyses, mais avec une
présentation équitable des points de vue.</font></p>

<p><font face="Times">77. Une audition récente, organisée à
Paris, a donné à la commission l'occasion de se familiariser
avec l'expérience de l'Assemblée nationale française et le
projet de la chaîne allemande ARD tendant à créer une chaîne
d'informations parlementaires (voir AS/Parl (1996) 2). Certains
pays, comme la Suède, envisagent également la création d'une
telle chaîne.</font></p>

<p><font face="Times">78. La chaîne de télévision
généraliste allemande, Phoenix, a débuté en 1997. La
conception qui sous-tend les activités de cette chaîne est plus
large que celle de C-SPAN. Phoenix diffuse par satellite de 8 h
à minuit et fournit des informations sur la politique,
l'économie, la culture et la science, y inclus des débats au
Bundestag, dans les parlements régionaux et au Parlement
Européen. Les débats parlementaires dans d'autres pays sont
également diffusés si les sujets présentent un intérêt pour
le téléspectateur allemand. En ce qui concerne son statut
légal et son organisation, Phoenix est une filiale des deux
chaînes publiques, ARD et ZDF. Phoenix est financée par une
quote-part des redevances mensuelles de la radiotélévision.</font></p>

<p><font face="Times">79. La création d'une chaîne
parlementaire européenne n'est pas encore à l'ordre du jour. Le
parlement européen est d'avis qu'il vaut mieux fournir des
informations aux grandes chaînes de télévision européennes et
être présent dans leurs bulletins d'information. </font></p>

<p><font face="Times">80. Comme les gouvernements partagent avec
les parlements la responsabilité de faire fonctionner la
démocratie, il est de leur devoir de susciter la création de
ces chaînes et de prendre des dispositions pour leur
financement, qu'ils devront assumer en tout ou en partie. </font></p>

<p><font face="Times"><i>e) Accès à l'information</i></font></p>

<p><font face="Times">81. Le pourcentage d'informations
parlementaires auquel les journalistes ont accès grâce aux
services de presse des parlements et à leur propre initiative
est une question clé de ce rapport. L'accès à des informations
sur le vif et la proportion d'informations que les journalistes
ne peuvent obtenir qu'avec un certain délai sont tout aussi
importants.</font></p>

<p><font face="Times">82. Dans les démocraties pluralistes, les
journalistes et les médias devraient avoir un accès direct au
parlement et des contacts directs avec les parlementaires dans
les couloirs et devant la Chambre . L'Assemblée parlementaire du
Conseil de l'Europe est un bon exemple de cette ouverture.</font></p>

<p><font face="Times"><b>2. Changements nécessaires dans la
politique de communication des parlements</b></font></p>

<p><font face="Times">83. L'activité parlementaire doit donc
être adaptée, non à cause des médias, mais pour être plus
efficace et pour recouvrer son importance et son intérêt.</font></p>

<p><font face="Times">84. La réalisation de cet objectif
suppose:</font></p>

<p><font face="Times">- une forme moderne de publicité</font></p>

<p><font face="Times">- l'adaptation du style et de
l'organisation des débats avec notamment des interventions plus
brèves</font></p>

<p><font face="Times">- l'adaptation du style de documents
juridiques aux lecteurs non spécialisés.</font></p>

<p><font face="Times">85. Nombreux sont ceux, y compris les
journalistes, qui sont rebutés par le jargon des textes
juridiques produits par les parlements. Il serait souhaitable que
les parlements créent des départements dotés d'un personnel de
linguistes responsables pour </font></p>

<blockquote>
    <p><font face="Times">i. la promotion d'un nouveau style de
    rédaction des textes de loi, de manière à les mettre à la
    portée des journalistes généralistes et du grand public,</font></p>
</blockquote>

<blockquote>
    <p><font face="Times">ii. la réforme dans le même but de la
    présentation de ces textes,</font></p>
</blockquote>

<blockquote>
    <p><font face="Times">iii. l'organisation de séminaires à
    l'intention des assistants des élus pour la mise en forme de
    ces textes.</font></p>
</blockquote>

<p><font face="Times">86. Involontairement, la télévision et la
radio ont beaucoup contribué à améliorer le langage des
débats parlementaires, leur donnant un tour plus concis et
expressif (bien qu'elles aient aussi engendré le
«télécrate», type de politicien dont le seul souci est de
faire des interventions efficaces devant les caméras).
Toutefois, il faudrait former les orateurs moins doués à
l'usage des médias, comme cela se fait pour les hommes
d'affaires. A l'heure actuelle, seuls quelques parlements ont
recours à cette pratique. </font></p>

<p><font face="Times">87. Les interpellations, les questions et
autres points intéressant les médias devraient être
programmés pour le matin ou le début de l'après-midi. Il
faudrait faire des efforts accrus pour respecter le calendrier
des travaux. </font></p>

<p><font face="Times"><b>3. Nouvelle réflexion sur le rôle
politique et la revalorisation du parlement</b></font></p>

<p><font face="Times">88. Il n'est pas sûr qu'une meilleure
politique de communication suffise à développer l'intérêt des
médias pour les travaux parlementaires; le poids politique du
parlement doit être valorisé dans le processus de décision. </font></p>

<p><font face="Times">89. Comment y parvenir? Il serait vain de
chercher une réponse dans l'analyse des dispositions de la
Constitution de chaque pays qui déterminent différents degrés
de pouvoir parlementaire. La réponse, tout au plus, réside dans
l'adoption de certains codes de conduite. La personnalisation de
la politique autour d'un noyau de chefs de file fait obstacle à
un regain d'intérêt des médias et des citoyens pour le
parlement. Un exemple parmi d'autres: c'est le parlement, et non
les médias, qui devrait être informé le premier des
initiatives gouvernementales; or, cette pratique est rarement
observée. Le respect des prérogatives du parlement par le
gouvernement est une condition préalable à l'établissement de
relations viables entre le pouvoir politique et les médias. </font></p>

<p><font face="Times"><b></b></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times"><b>V. CONCLUSIONS</b></font></p>

<p><font face="Times">90. Dans la situation actuelle les
activités parlementaires ne suscitent pas l'attention des
médias; or, cette situation est préjudiciable à la société.
Elle contribue à éloigner encore plus le citoyen de la vie
politique et à faire naître d'autres méthodes de communication
entre les responsables politiques et leur électorat </font><font face="MS LineDraw">Ä</font><font face="Times"> méthodes qui
sont souvent aux antipodes des principes de légitimité
démocratique. </font></p>

<p><font face="Times">91. On peut et l'on doit améliorer les
relations entre les parlements et les médias. Bien qu'elle soit
absolument nécessaire, la modernisation de la politique de
communication parlementaire ne sera pas suffisante si les
parlements ne repensent pas leur rôle dans la société. Une
telle réforme parlementaire devra être une initiative des
députés, lesquels, du fait de leurs rencontres régulières
avec l'électorat, sont les mieux placés pour déceler les
problèmes de communication et suggérer des solutions. </font></p>

<p><font face="Times">92. Quant à la presse, il est naturel de
penser que ceux des journalistes et des médias qui croient à la
noble mission de leur profession prendront de nouvelles mesures
pour rendre le débat politique proche de la vie quotidienne des
citoyens. Les journalistes sont les meilleurs médiateurs entre
la classe politique et son électorat; ils peuvent faire beaucoup
pour organiser des face-à-face entre les députés et les
citoyens ordinaires. </font></p>

<p><font face="Times">93. L'Assemblée parlementaire du Conseil
de l'Europe a un rôle important à jouer pour mieux faire
connaître les travaux parlementaires. Des réunions régulières
entre les responsables politiques, le personnel des services
d'information des parlements, les journalistes, les
professionnels de la communication, les ONG et les experts
peuvent faciliter les réformes du processus de communication au
sein des parlements.</font><font size="3" face="Times Roman,Times"> </font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">Commission chargée du rapport: commission
des relations parlementaires et publiques</font></p>

<p><font face="Times">Implications budgétaires pour
l'Assemblée: néant</font></p>

<p><font face="Times">Renvoi en commission: Doc. 7086 et renvoi n</font><font face="Symbol">°</font><font face="Times"> 1945 du 18 mai 1994</font></p>

<p><font face="Times">Projet de résolution adopté par la
commission le 20 mars 1997</font></p>

<p><font face="Times">Membres de la commission: MM. Jansson
(Président) (Remplaçant: <i>Laakso</i>), <i>Kelam</i>
(Vice-Président), Mme Arnold, M. <i>Berceanu</i>, Sir <i>Andrew
Bowden</i>, MM. Brennan, Bugli, Mme&nbsp;<i>Bu&#154;ic</i>, MM. <i>Cardona</i>,
Christodoulides, Colombier, <i>Dagys</i>, Diacov, Dzasokhov,
Eversdijk, Mme Fernandez de la Vega, M. Foga&#154; (Remplaçant: <i>Fico</i>),
Gross, Mme&nbsp;<i>Grzeskowiak</i>, MM. Henry (Remplaçant: <i>Staes</i>),
Hughes (Remplaçant: <i>Cunliffe</i>), Jonsson, <i>Kelemen</i>,
Kotlar, Koulouris, Külahli, <i>Lauricella, Lekberg</i>,
Likhachev (Remplaçant: <i>Ryabov</i>), Loufti (Remplaçant: <i>Ivanov</i>),
Lummer, Martins (Remplaçant: <i>Pereira Marques</i>), Mignon,
Minarolli, <i>Moser</i>, Mrs <i>Nistad</i>, MM. Pahor,
Pantelejevs, Regenwetter, Samofalov, <i>Speroni, Svoboda</i>,
N... (Remplaçant: <i>Brunhart).</i></font></p>

<p><font face="Times"><i>N.B. Les noms des membres présents à
la réunion sont indiqués en italique</i></font></p>

<p><font face="Times">Secrétaires de la commission: M. La Porta
et Mme Theophilova</font></p>
</body>
</html>
