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<title>Respect des obligations et engagements contractés par l'Albanie</title>
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<p><big><big><big>Respect des obligations et engagements contractés par l'Albanie</big></big></big></p>

<p>23 janvier 1997<b> </p>

<p>Doc. 7716</b></p>

<p><big>RAPPORT<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote1" name="Footref1">(1)</a></em></big></p>

<p><big>(Rapporteur: M. Dumeni COLUMBERG,</big></p>

<p><big>Suisse, Groupe du parti populaire européen)</big></p>

<hr size="1">

<blockquote>
  <i><p></i><big>Résumé</big></p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>L'Albanie a fait des progrès considérables dans le respect des obligations et
  engagements qu'elle a contractés depuis qu'elle est devenue Etat membre du Conseil de
  l'Europe le 13 juillet 1995. En particulier, l'Albanie a ratifié la Convention
  européenne des Droits de l'Homme et nombre de ses Protocoles, ainsi que la Convention
  pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants et
  ses Protocoles. Cependant, un certain nombre d'obligations et d'engagements n'ont pas
  été satisfaits à ce jour. Les autorités albanaises devraient, notamment, poursuivre
  leurs efforts de réforme du parquet, du système judiciaire et de la police. Les lois de
  &quot;décommunisation&quot; devraient être abrogées, ou à défaut réformées, afin de
  les rendre compatibles avec les normes et les principes du Conseil de l'Europe. L'ensemble
  des partis politiques devrait participer au dialogue politique national, et coopérer au
  sein des institutions politiques, afin de garantir la poursuite et la réussite du
  processus de réforme. L'Assemblée décide donc de poursuivre le suivi du respect par
  l'Albanie de ses obligations et engagements, jusqu'à ce qu'ils aient été tous honorés.
  I. Projet de résolution</p>
  <p>1.L'Assemblée note que l'Albanie a fait des progrès considérables dans le respect
  des obligations et des engagements qu'elle a contractés depuis qu'elle est devenue Etat
  membre du Conseil de l'Europe le 13 juillet 1995. 2.En particulier, l'Assemblée se
  félicite des progrès récents visant à assurer l'indépendance du pouvoir judiciaire et
  à réformer le parquet. Elle félicite l'Albanie d'avoir récemment ratifié la
  Convention européenne des Droits de l'Homme et nombre de ses Protocoles, ainsi que la
  Convention pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou
  dégradants et ses Protocoles. Elle regrette cependant que l'Albanie ait, en même temps,
  limité le droit à des élections libres, en formulant une réserve au Protocole n°1 de
  la Convention européenne des Droits de l'Homme qui consacre ce droit. 3.L'Assemblée
  relève également que, conformément aux engagements pris à cet effet, l'Albanie a
  institué et observé un moratoire sur les exécutions des peines de mort, sans qu'à ce
  jour il ait été déclaré. 4.Toutefois, un certain nombre d'obligations et d'engagements
  ne sont pas encore respectés, et de nouveaux progrès sont nécessaires avant que
  l'Assemblée puisse clore le processus de suivi prévu par la Directive n° 508 (1995)
  pour l'Albanie. En particulier, les autorités albanaises devraient dans un avenir proche:
  i.signer et ratifier les conventions et protocoles du Conseil de l'Europe énumérés dans
  l'Avis n° 189 (1995) de l'Assemblée qui ne l'ont pas encore été; ii.mettre en
  &#156;uvre les propositions de la Commission européenne pour la démocratie par le droit
  relatives à la réforme de l'organisation judiciaire albanaise, en coopération avec le
  Programme Démo-Droit du Conseil de l'Europe, notamment pour ce qui concerne la
  nomination, la révocation et l'immunité des juges et des procureurs et la composition,
  le rôle et la procédure du Conseil supérieur de la justice; iii.poursuivre la réforme
  du parquet et de l'académie albanaise de police en coopération avec le Conseil de
  l'Europe; iv.allouer aux avocats un temps notablement plus long pour rencontrer leurs
  clients en détention provisoire; v. abroger la loi &quot;relative au génocide et aux
  crimes commis contre l'humanité en Albanie durant le régime communiste pour des motifs
  politiques, idéologiques et religieux&quot; et la loi &quot;relative au contrôle des
  personnalités officielles et d'autres personnes liées à la protection de l'Etat
  démocratique&quot;, ou à défaut les réformer afin de les rendre compatibles avec les
  normes et les principes du Conseil de l'Europe, tels qu'énoncés dans la Résolution 1096
  (1996), surtout les dispositions relatives aux pouvoirs et à la composition de la
  commission chargée de les mettre en &#156;uvre; &nbsp; vi. poursuivre les efforts visant
  à garantir un régime fiscal équitable pour la presse, améliorer l'accès des médias,
  en général, aux informations officielles, et veiller à ce qu'on s'efforce de diffuser
  des reportages politiques impartiaux à la télévision d'Etat; vii. veiller à ce que la
  police agisse dans le strict respect de la loi et à ce que toute allégation de conduite
  irrégulière fasse l'objet d'une enquête appropriée.</p>
</blockquote>

<p>5.L'Assemblée invite l'ensemble des partis politiques à participer au dialogue
politique, et à coopérer au sein des institutions politiques, afin de garantir la
poursuite et la réussite du processus de réforme.</p>

<p>6.L'Assemblée décide de continuer à veiller au respect par l'Albanie de ses
obligations et engagements conformément à sa procédure de suivi, jusqu'à ce que
l'ensemble des engagements et obligations qui reste à honorer le soit. </p>

<p>&nbsp;</p>

<p align="left"><b>II. Projet de recommandation</b></p>

<p align="left">1.Renvoyant à sa Résolution...(1997), l'Assemblée décide de continuer
le suivi des obligations et engagements contractés par l'Albanie et compte tenu des
obligations et engagements dont l'Albanie doit encore s'acquitter, l'Assemblée recommande
que le Comité des Ministres aide l'Albanie dans ses efforts notamment</p>

<p align="left">i.en renforçant l'assistance financière et d'experts à l'Albanie dans
les domaines du processus législatif, de la protection des droits de l'homme, de la
réforme des institutions judiciaires et des organes chargés du maintien de l'ordre;</p>

<p align="left">ii.en menant rapidement à terme les travaux relatifs à la création
d'une école de la magistrature et à la réforme de l'académie de police (dans le cadre
du programme intergouvernemental);</p>

<p align="left">iii.en étendant son programme de coopération à l'ordre des avocats
albanais;</p>

<p align="left">iv.en aidant à la mise en place de structures administratives locales
conformes aux normes du Conseil de l'Europe;</p>

<p>v.en fournissant une assistance à l'élaboration d'une nouvelle constitution. </p>

<p>&nbsp;</p>

<p align="left"><b>III. Exposé des motifs par M. COLUMBERG</p>

<p align="left">A</b>. <b>Introduction</b></p>

<p align="center">1.</p>

<p align="left">La Directive n°&nbsp;508 (1995) prévoit le suivi du respect des
obligations et engagements contractés par les Etats membres. La République d'Albanie a
adhéré au Conseil de l'Europe le 13&nbsp;juillet&nbsp;1995, à la suite d'un vote
favorable de l'Assemblée. La Commission des questions juridiques et des droits de l'homme
a ouvert la procédure prévue par la Directive&nbsp;n°&nbsp;508 (1995) le
6&nbsp;novembre&nbsp;1995, et m'a désigné comme rapporteur. Lord&nbsp;Finsberg
(Royaume-Uni, GDE) et M.&nbsp;Ruffy (Suisse, SOC) ont été désignés comme rapporteurs
par la Commission des questions politiques et la Commission des relations avec les pays
européens non membres respectivement.</p>

<p>2.Conformément à la Directive n°&nbsp;508 (1995), le suivi portera sur les
obligations auxquelles l'Albanie est assujettie, comme tout autre Etat&nbsp;membre, et en
particulier sur le respect de la prééminence du droit et la jouissance par toutes les
personnes relevant de sa juridiction des droits de l'homme et des libertés fondamentales
(article&nbsp;3 du Statut). En outre, il portera sur les engagements particuliers que
l'Albanie a contractés lors de son adhésion au Conseil de l'Europe. Les plus importants
de ces engagements sont énumérés dans l'Avis&nbsp;n°&nbsp;189 (1995)<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote2" name="Footref2">(2)</a></em> de l'Assemblée et dans la déclaration
écrite du 29&nbsp;juin&nbsp;1995 signée par M.&nbsp;Arbnori, Président du Parlement<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote3" name="Footref3">(3)</a></em>.</p>

<p>3.Le présent rapport est consacré aux engagements les plus importants contractés par
l'Albanie. Une approche thématique sera suivie: signature et ratification des conventions
du Conseil de l'Europe, droits de l'homme et libertés fondamentales, système judiciaire,
lois de «décommunisation» et autres questions. Le rapport n'évoquera pas dans le
détail les élections législatives et locales récentes en Albanie, l'Assemblée ayant
déjà adopté la Résolution 1095 (1996) sur les élections parlementaires, et envoyé
une délégation d'observateurs pour suivre les élections locales.<b> </b></p>

<p>4.Le rapport se fonde dans une large mesure sur la note introductive élaborée par les
trois rapporteurs (AS/Jur (1996) 10), en tenant compte juste de quelques faits plus
récents, ainsi que des observations que les autorités albanaises ont fait parvenir le 9
août 1996 en réponse à la note introductive<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote4" name="Footref4">(4)</a></em>,
qui leur avait été adressée le 10 avril 1996, conformément à la décision prise par
la Commission le 3 avril 1996. </p>

<p>5.Les rapporteurs ont eu l'occasion de se rendre en Albanie du 3 au
5&nbsp;janvier&nbsp;1996<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote5" name="Footref5">(5)</a></em>,
assistés par Mme Kleinsorge, Co-Secrétaire de la Commission des questions juridiques et
des droits de l'homme, pour surveiller le respect des obligations et engagements
contractés par ce pays. Le programme avait été très bien organisé par la délégation
parlementaire albanaise, malgré un préavis relativement court, et nous tenons à en
remercier M.&nbsp;Léon&nbsp;Shestani et à remercier tous nos interlocuteurs pour les
nombreux échanges de vues approfondis, détaillés et honnêtes que nous avons eus
notamment, avec le Président de la République, le Président du Parlement, les
présidents de partis et de commissions et plusieurs ministres. Nous avons beaucoup
apprécié le chaleureux accueil qui nous a été réservé et nous avons établi la
présente note en grande partie sur la base des informations qui nous ont été
communiquées à Tirana.</p>

<p>6.Suite aux élections parlementaires contestées de mai 1996, le Bureau de
l'Assemblée, conformément à la Résolution 1095 (1996) et à la Directive 524 (1996), a
envoyé une commission ad hoc à Tirana du 27 au 30 août 1996, dont les trois rapporteurs
étaient également membres. La visite s'est révélée très positive, et ses résultats
ont été résumés par M. Ruffy dans son rapport d'information, reproduit en tant
qu'addendum au rapport d'activité du Bureau, à l'Assemblée lors de la partie de session
de septembre 1996 (Doc. 7633, addendum III).</p>

<p>7.L'Assemblée a également envoyé une commission ad hoc en Albanie du 17 au 22, puis
du 25 au 28 octobre 1996, afin d'observer les élections locales, avec une délégation du
Congrès des Pouvoirs Régionaux et Locaux (CPRLE). La commission ad hoc s'est déclarée
en règle générale satisfaite par le déroulement des élections, bien qu'elle regrette
quelques irrégularités<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote6" name="Footref6">(6)</a></em>.
Malheureusement, Lord Finsberg est décédé depuis. Le Vice-Président de la Commission
des questions politiques, M. Van der Linden, lui a succédé en tant que rapporteur par
intérim.</p>

<p align="left"><b>B. Signature et ratification des conventions du Conseil de l'Europe</b></p>

<p align="left">8.L'Albanie s'est engagée à signer et à ratifier un certain nombre de
conventions du Conseil de l'Europe dans un délai relativement court. . Le 2 octobre 1996,
l'Albanie a signé la Convention européenne des Droits de l'Homme (CEDH) et ses
protocoles&nbsp;n°&nbsp;1, 2, 3, 4, 5, 7, 8 et 11. Elle a reconnu, avec effet immédiat
à compter de ce jour, le droit de recours individuel et la juridiction obligatoire de la
Cour, pour la Convention et ses Protocoles. Le même jour, l'Albanie ratifiait la
Convention européenne pour la prévention de la torture et des peines ou traitements
inhumains ou dégradants et ses deux Protocoles.</p>

<p>9.L'Albanie a également signé, mais pas encore ratifié, la Convention-cadre pour la
protection des minorités nationales. Elle n'a pas encore signé ou ratifié le
Protocole&nbsp;n°6 de la Convention européenne des Droits de l'Homme. Il serait
hautement souhaitable que l'Albanie signe et ratifie ces instruments juridiques dans un
proche avenir.</p>

<p>10.Nous félicitons l'Albanie pour avoir ratifié la CEDH et la plupart de ses
Protocoles, mais trouvons regrettable qu'elle ait décidé de limiter le droit à des
élections libres dans le même temps, en formulant une réserve au Protocole n°1 de la
CEDH qui consacre ce droit. Selon cette réserve, formulée pour une durée de 5 ans, le
droit à des élections libres est soumis aux lois albanaises &quot;relative au génocide
et aux crimes commis contre l'humanité&quot;, et &quot;relative au contrôle des
personnalités officielles et d'autres personnes liées à la protection de l'Etat
démocratique&quot;. Ces lois, qui privent une catégorie de personnes de toute
participation aux élections nationales et locales, sont évoquées au chapitre E du
présent rapport. Nous avons estimé qu'elles étaient incompatibles avec les principes
d'un Etat démocratique basé sur la prééminence du droit, et espérons qu'elles seront
abrogées ou modifiées substantiellement dans un proche avenir.</p>

<p align="left"><b>C. Droits de l'homme et libertés fondamentales</b></p>

<p align="left"><i>i.Liberté d'expression et des médias</p>

<p>11.Au nombre des engagements pris par les autorités albanaises, figure le
reconnaissance de l'importance cruciale de la liberté d'expression pour le bon
fonctionnement de la démocratie, rappelée à l'article&nbsp;19 de la Déclaration
universelle des Droits de l'Homme. L'Albanie a été invitée à prendre rapidement des
mesures pour encourager et protéger l'indépendance de la radiodiffusion et de la presse
écrite, en autorisant une complète liberté de rédaction, l'égalité devant l'impôt,
la libre disposition du papier de journal et l'égalité d'accès à la radiodiffusion,
aux imprimeries et aux points de distribution.</p>
</i>

<p>12.Les lois albanaises contiennent des dispositions qui pourraient, si elles étaient
appliquées d'une manière partisane, faire obstacle à la liberté d'expression et à
l'indépendance des médias. En particulier, la loi sur la presse, adoptée le
11&nbsp;octobre&nbsp;1993, prévoit des amendes extrêmement élevées, voire des peines
de prison pour toute violation de certaines dispositions, comme l'article&nbsp;20&nbsp;(2)<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote7" name="Footref7">(7)</a></em>. Des dispositions du nouveau code
pénal interdisent les insultes ou la diffamation à l'encontre de certaines parties de la
population, du Président, des fonctionnaires, de l'ordre constitutionnel, de l'Etat et de
ses symboles, et des représentants d'autres Etats, et prévoient des peines de prison
pour la diffamation, l'insulte et les ingérences dans la vie privée<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote8" name="Footref8">(8)</a></em>.</p>

<p>13.Au cours des dernières années, certains journalistes ou représentants
d'organisations internationales non gouvernementales et de partis d'opposition ont parfois
affirmé que le gouvernement et le parti au pouvoir influaient fortement sur la décision
d'engager ou non des poursuites en vertu des dispositions susmentionnées, et que seuls
des journalistes d'opposition et des journalistes indépendants étaient inculpés de
violation de ces lois. Selon eux, il en est résulté une autocensure, et par conséquent
une atteinte à la liberté d'expression. Amnesty International et Minnesota Advocates for
Human Rights placent également dans ce contexte l'affaire&nbsp;Ilir&nbsp;Hoxha<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote9" name="Footref9">(9)</a></em>.</p>

<p>14.Néanmoins, au cours de notre réunion avec des journalistes, à Tirana, notre
impression que la situation s'était améliorée au cours des six à neuf&nbsp;derniers
mois (malgré la période pré-électorale) a été confirmée par les journalistes
eux-mêmes. Seuls de rares cas, très isolés, de poursuites ayant abouti à des amendes
et à des peines de prison<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote10" name="Footref10">(10)</a></em> et
de harcèlement policier<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote11" name="Footref11">(11)</a></em> ont
été signalés, et tous les journalistes ont reconnu que les dispositions discutables de
la loi sur la presse et du Code pénal étaient moins souvent appliquées. Les principaux
sujets d'inquiétude des journalistes indépendants et d'opposition étaient les lois sur
la «décommunisation» (voir chapitre&nbsp;E), la fiscalité et le manque d'accès à
l'information en provenance des organes de l'Etat.</p>

<p>15.Un journaliste travaillant dans un journal indépendant s'est plaint du montant
particulièrement élevé des impôts frappant la presse indépendante. Le Président de
la République et le Président du Parlement ont l'un et l'autre rejeté cette accusation.
Toutefois, il est de fait que les journaux paient à l'heure actuelle un impôt sur la
diffusion, une taxe sur les salaires, une taxe sur la publicité et un impôt sur les
bénéfices, qui s'ajoutent aux taxes sur les transports et autres impôts généraux. Il
est possible que certains journaux indépendants trouvent cette charge fiscale très
lourde puisque, contrairement à la presse gouvernementale et d'opposition, ils ne
reçoivent en compensation aucune subvention de l'Etat ou des partis politiques. Des
médias vraiment indépendants et libres de toute orientation partisane sont un tel atout
pour une société démocratique que les autorités albanaises pourraient réétudier la
charge fiscale qui pèse sur les journaux indépendants et non subventionnés<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote12" name="Footref12">(12)</a></em>.</p>

<p>16.L'autre plainte formulée à plusieurs reprises - celle du manque d'accès aux
informations officielles - concerne un problème endémique dans les nouvelles sociétés
démocratiques. La plupart des ministères et des administrations d'Albanie n'ont pas
encore l'habitude de tenir des conférences de presse, de sorte qu'il est souvent
difficile, surtout pour les journaux indépendants ou d'opposition, d'obtenir des
informations officielles. Des journalistes peuvent donc se trouver conduits à se fier à
des sources confidentielles et/ou officieuses, voire même à des spéculations. Les
autorités albanaises pourraient avoir intérêt à envisager d'améliorer cette
situation.</p>

<p>17.Au cours de la période précédant les élections générales de la fin mai 1996 et
au lendemain de ces élections, des organisations non gouvernementales et des journalistes
ont accusé les autorités albanaises d'harceler les journaux indépendants et les
journaux d'opposition. Le quotidien indépendant &quot; Koha Jone &quot; (Notre Temps)
aurait été la principale victime, certains de ses véhicules de distribution ayant été
saisis et les membres du personnel arrêtés et questionnés à la suite de l'attaque à
la bombe qui a eu lieu à Tirana le 26 février 1996. Plusieurs journalistes d'opposition
auraient été battus et détenus avant l'élection. Au cours d'une manifestation de
protestation contre le résultat des élections qui s'est déroulée le 28 mai 1996 à
Tirana, une dizaine de journalistes auraient souffert de mauvais traitements selon l'ONG<i>
Journalistes sans frontières</i>.</p>

<p>18.Dans les médias électroniques, la variété d'opinions est moins grande que dans
la presse écrite puisqu'il n'existe qu'une station de télévision d'Etat. D'après les
partis d'opposition albanais, cette station de télévision d'Etat est entièrement entre
les mains du gouvernement et on ne leur donne pas l'occasion d'exprimer leur point de vue
sur l'antenne. Au cours de la campagne électorale en avril/mai 1996, la télévision
d'Etat a alloué à chaque parti parlementaire un certain temps de diffusion, tel que
stipulé par la loi, mais la priorité a toutefois été accordée au Président Berisha
pour sa campagne au nom du parti démocratique au pouvoir, par exemple lors des
informations du soir (en plus du temps spécial alloué à la campagne électorale)<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote13" name="Footref13">(13)</a></em>. La station de télévision d'Etat
devrait donner à tous les (grands) partis politiques des chances égales de s'exprimer,
par le biais d'entretiens télévisés ou de séquences publicitaires, par exemple, et
devrait par ailleurs veiller à assurer le caractère impartial des reportages politiques.
En outre, il faut essayer, si possible, d'instaurer une deuxième chaîne non
gouvernementale. 

<dl>
  <dd align="center"><p align="left"><i>ii.Liberté de réunion</p>
    <p align="left"></i>19.Au cours du déroulement puis à la suite des élections
    générales, certains partis d'opposition albanais ont critiqué un décret sur les
    meetings et les manifestations politiques, signé en 1990 par le Président
    communiste&nbsp;Ramiz&nbsp;Alia, mais toujours en vigueur alors. En fait, le décret exige
    que l'on avertisse la police des réunions se tenant dans des lieux publics seulement
    (trois&nbsp;jours, et exceptionnellement 24&nbsp;heures, d'avance). Ainsi, en général,
    la liberté de réunion ne semblait pas être indûment entravée par le décret.
    Toutefois, certaines dispositions, comme celles de l'article&nbsp;2 stipulant qu'il faut
    en même temps informer la police des slogans qui seront utilisés, ou de
    l'article&nbsp;3, en vertu duquel on peut interdire des manifestations si elles portent
    atteinte à l'orgueil national, étaient de toute évidence incompatibles avec les besoins
    d'une société démocratique. Ce décret de l'époque communiste a été remplacé par
    une nouvelle loi du 12 septembre 1996, laquelle stipule qu'aucune autorisation n'est
    exigée pour les réunions en salle, et simplifie l'obtention des autorisations pour les
    réunions en plein air.</p>
    <p align="left">20.Le lundi 27 mai 1996, les principaux partis d'opposition ont appelé à
    une manifestation sur la place Skenderberg, au centre de Tirana, pour &quot;protester
    contre la manipulation du scrutin&quot;. Le ministère de l'Intérieur a déclaré le
    rassemblement illégal et une force excessive a été déployée le lundi et le mardi pour
    disperser les manifestants. D'après les comptes rendus de certaines organisations non
    gouvernementales, non seulement les chefs de l'opposition et leurs partisans ont été
    molestés - et souvent, semble-t-il, avec brutalité - mais on s'en est également pris à
    des journalistes. Le Parti démocratique a reconnu qu'&quot;il y a eu des abus et une
    réaction excessive de la part des forces de l'ordre&quot;<a href="fdoc7716.htm#Footnote14" name="Footref14">(14)</a>; il a condamné ces excès et s'est engagé à faire poursuivre
    les coupables.</p>
    <p align="left">21.Il importe que le gouvernement reconnaisse et accorde la liberté de
    réunion non seulement aux membres et sympathisants de son propre parti (qui avaient
    célébré leur victoire annoncée à peine quelques heures plus tôt, dans les
    principales artères de Tirana), mais également aux membres et sympathisants des partis
    d'opposition. Premièrement, les manifestations organisées par les partis d'opposition
    les 27 et 28 mai 1996 n'auraient pas dû être déclarées illégales; et, deuxièmement,
    il n'aurait pas fallu y mettre un terme, comme on l'a fait, par un déploiement de force
    excessif. J'invite instamment les autorités albanaises à maintenir la liberté de
    réunion et d'expression, même dans les conditions actuelles de tension<a href="fdoc7716.htm#Footnote15" name="Footref15">(15)</a>.</p>
    <p align="left"><em>iii.Pouvoirs de la police</em></p>
    <p align="left"><i>22.En juin 1995, Amnesty International a publié un rapport inquiétant
    sur des sévices de la part de la police et des décès pendant des gardes à vue. Selon
    ce rapport, Amnesty&nbsp;International a été saisie de plus de 100&nbsp;incidents
    mettant en cause des policiers albanais qui auraient battu, agressé à coups de pieds ou
    maltraité d'autre façon des personnes au cours de leur arrestation et de leur
    détention. Amnesty International a cité, notamment, avec documents à l'appui,
    trois&nbsp;cas de sévices de la part de la police ayant conduit au décès de la victime.
    Nous avions demandé au Président du Parlement, avant le débat sur l'adhésion, en juin,
    de nous adresser une réponse à ces allégations, réponse que nous avons reçue début
    août et publiée dans un document de la Commission des questions juridiques et des droits
    de l'homme (AS/Jur&nbsp;(1995)&nbsp;31&nbsp;rév.).</p>
    <p align="left">23.Dans sa réponse, le procureur général, M.&nbsp;Dragoshi<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote16" name="Footref16">(16)</a></em> déclare que «les actes criminels
    perpétrés sous forme de sévices, de violences physiques et psychiques, de tortures et
    autres, dans les organes des forces intérieures ont augmenté en 1994 et au cours des
    six&nbsp;premiers mois de cette année». Le parquet a engagé des poursuites pénales à
    l'encontre de plusieurs policiers, mais peu de condamnations ont été prononcées, en
    raison du manque de preuves, des lenteurs de la justice ou de la disparition de l'accusé.
    Le procureur général s'est plaint du fait que «dans certains cas, les accusés ont
    été promus à de hauts postes», et a conclu que «de tels comportements ont encouragé
    le recours à la violence dans les organes de la police». Il a conclu par un appel au
    Président du Parlement, lui demandant d'«intervenir en prenant des mesures rapides qui
    amèneraient les forces de police, les officiers de police et leurs dirigeants à changer
    d'attitude et de méthodes de travail à tous les niveaux, de même qu'à s'acquitter de
    leur tâche dans le respect du droit».</p>
    <p align="left">24.Depuis l'époque où cette déclaration a été formulée, il semble y
    avoir eu plusieurs faits positifs. D'après le président du tribunal de Tirana, au cours
    du premier semestre de 1995, de nombreux policiers ont été condamnés à plusieurs
    années de prison pour avoir infligé délibérément des blessures graves entraînant le
    décès de la victime, ou pour meurtre. Au cours de notre séjour, le ministre de
    l'Intérieur nous a également informé qu'un policier avait été condamné à 38 ans de
    prison pour avoir causé la mort de sa victime par suite de sévices. Il a reconnu qu'il y
    avait eu dans la police des cas de sévices, mais a ajouté que leur nombre était en
    diminution. M. Dragoshi nous a confirmé qu'en 1995, le nombre de poursuites engagées à
    l'encontre de membres des forces de police avait été inférieur au chiffre de 1994, mais
    qu'il existait encore des cas de sévices. Des cas de comportement répréhensible de la
    part de la police et des services secrets vis-à-vis de parlementaires de l'opposition
    nous ont également été signalés<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote17" name="Footref17">(17)</a></em>.</p>
    <p align="left">25.Si ces allégations sont véridiques, elles sont inquiétantes. La
    police devrait se garder de toute attitude partisane et se borner à maintenir la loi et
    l'ordre. Elle ne devrait pas intervenir dans les réunions et les manifestations non
    violentes, surtout au cours de la période précédant ou suivant des élections
    générales. Nous pensons que le problème qui pourrait être à l'origine d'une certaine
    politisation de la police et de cas isolés de comportement violent de la part de certains
    de ses membres, réside dans le manque de formation et d'expérience. A court terme, le
    ministère de l'Intérieur devrait veiller à ce qu'aucun policier ne contrevienne à la
    loi, et à ce que, les contrevenants soient dûment sanctionnés mais, à long terme, une
    académie de police s'acquittant bien de ses fonctions pourrait contribuer à résoudre le
    problème. Le secteur intergouvernemental du Conseil de l'Europe étudie à l'heure
    actuelle avec les autorités albanaises les moyens de rendre l'académie de police
    existante plus compatible avec les normes de formation d'Europe occidentale. Il a
    suggéré, par exemple, des modifications dans le programme. Nous soutenons pleinement ce
    projet et espérons qu'il pourra être mené à bien rapidement.</p>
    <p align="left">iv.Minorités</p>
    <p align="left">26.Au moment de l'adhésion de l'Albanie, les autorités albanaises se
    sont engagées à signer et à ratifier la Convention-cadre pour la protection des
    minorités nationales, et à mettre en oeuvre vis-à-vis des minorités une politique
    fondée sur les principes énoncés dans la Recommandation&nbsp;1201&nbsp;(1993) de
    l'Assemblée. Comme on l'a vu au chapitre&nbsp;B, l'Albanie a déjà signé la
    Convention-cadre et semble, d'une manière générale, respecter ses engagements dans ce
    domaine. Le président du parti des droits de l'homme (représentant la minorité grecque)
    avait cependant formulé un seul grief: dans certaines régions, les premières classes
    des écoles destinées à la minorité grecque n'avaient pas encore été ouvertes. Selon
    lui, les conseils régionaux avaient approuvé l'ouverture de ces classes, mais le
    gouvernement était intervenu pour bloquer la décision «parce que les critères
    officiels pour l'ouverture des classes n'étaient pas respectés». Nous avons pris
    récemment connaissance de la décision du gouvernement d'autoriser l'ouverture effective
    de plusieurs classes dans des écoles publiques de villes du sud du pays. Nous nous
    félicitons de ce qu'une solution amiable ait été trouvée dans le sens des principes
    énoncés dans la Recommandation&nbsp;1201&nbsp;(1993).</p>
    <b><p align="left">D. Le système judiciaire</b></p>
    <p align="left"><strong>i.L'indépendance du pouvoir judiciaire</strong></p>
    <p align="left">27.L'un des principaux engagements contractés par les autorités
    albanaises lors de l'adhésion a été de &quot;garantir l'indépendance de la justice,
    notamment en protégeant les juges de révocations non justifiées ou arbitraires, et en
    maintenant sous leur contrôle direct les budgets opérationnels des cours et en les
    soumettant à l'approbation du parlement&quot;. Le parlement albanais, lors du vote du
    budget de 1996, a prévu des budgets séparés et totalement indépendants pour la Cour de
    cassation, la Cour d'appel et les tribunaux de district; ces budgets seront administrés
    par les tribunaux eux-mêmes. C'est un grand pas en avant dont il y a lieu de féliciter
    les autorités albanaises. </p>
    <p align="left">28.Notre séjour à Tirana, en janvier, nous a également permis de
    dissiper un malentendu. Dans une note antérieure, j'avais indiqué que le ministre de la
    Justice avait ordonné, le 14&nbsp;septembre&nbsp;1995, avec effet le lendemain, une
    réduction de 50 à 75&nbsp;% du salaire de tout le personnel administratif de la Cour de
    cassation. S'il avait agi ainsi, il aurait porté gravement atteinte à l'indépendance du
    pouvoir judiciaire. Or, mon interprétation était inexacte puisqu'il s'est avéré que le
    président de la Cour de cassation avait, illégalement et de sa propre initiative, versé
    à une partie de son personnel administratif des salaires supérieurs à ceux
    qu'autorisait la loi sur les salaires des fonctionnaires. L'ordonnance du ministre de la
    Justice visait seulement à ramener les salaires de ce personnel au niveau prévu par la
    loi, à la suite d'un contrôle effectué par le ministère dans le service financier de
    cette cour, qui avait révélé le problème. </p>
    <p align="left">29.Malheureusement, l'indépendance du pouvoir judiciaire albanais semble
    moins assurée à d'autres égards. Le 5&nbsp;septembre&nbsp;1995, le gouvernement a
    lancé une enquête de la Cour constitutionnelle à l'encontre du président de la Cour de
    cassation, M.&nbsp;Brozi, au motif qu'il avait agi de façon anticonstitutionnelle en
    suspendant (à plusieurs reprises) l'exécution d'un certain nombre de décisions de
    juridictions inférieures. Le 21&nbsp;septembre&nbsp;1995, la Cour constitutionnelle a
    déclaré que le président de la Cour de cassation avait agi de façon
    inconstitutionnelle, en sortant des limites de ses compétences. Le Président Berisha,
    chargé de garantir le respect des droits constitutionnels, a immédiatement adressé une
    lettre au parlement, en lui proposant de révoquer le président de la Cour de cassation.
    En l'absence des partis d'opposition (qui étaient sortis de la salle auparavant pour
    protester à propos d'une autre question totalement indépendante), et sans que le
    président de la Cour de cassation ait été entendu, l'ordre du jour du parlement a été
    modifié et une loi révoquant M.&nbsp;Brozi a été adoptée le même soir (par 73 voix
    pour sur 77 parlementaires présents). Les partis de l'opposition ont ensuite soulevé la
    question de savoir si 77&nbsp;parlementaires étaient vraiment présents, ou si le quorum
    avait été atteint grâce à la manipulation de trois cartes de vote électronique de
    membres de l'opposition. </p>
    <p align="left">30.Nous reconnaissons, avec le parti au pouvoir et la plupart des partis
    de l'opposition, que les actions de M.&nbsp;Brozi étaient indéfendables, en raison du
    caractère politique d'un grand nombre d'entre elles. Les critiques que nous allons
    maintenant formuler au sujet de sa révocation ne doivent donc pas être interprétées
    comme une défense de la personne ou des actions de M.&nbsp;Brozi. En fait, dans la
    plupart des pays membres du Conseil de l'Europe une procédure disciplinaire à l'encontre
    de M.&nbsp;Brozi aurait très certainement été engagée, et aurait peut-être même
    abouti à sa révocation (particulièrement eu égard à l'illégalité des paiements de
    salaire précédents). Toutefois, il nous semble qu'en l'espèce les dispositions
    constitutionnelles de l'Albanie n'ont pas été strictement observées et que cela crée
    un dangereux précédent procédural qui pourrait nuire par la suite à l'indépendance du
    pouvoir judiciaire. </p>
    <p align="left">31.Les dispositions constitutionnelles de l'Albanie stipulent qu'un juge
    de la Cour de cassation ne peut être révoqué que s'il a été reconnu coupable d'une
    grave infraction pénale ou s'il a été jugé mentalement incapable de s'acquitter de sa
    tâche. Dans le cas personnel de M.&nbsp;Brozi, le parlement a décidé unilatéralement
    d'ajouter le critère d'«action anticonstitutionnelle»; mais il ne réunissait pas la
    majorité qualifiée nécessaire pour abroger la loi constitutionnelle pertinente. En
    fait, la Cour constitutionnelle ne peut pas non plus se transformer en un tribunal pénal
    ordinaire, de sorte qu'aux termes de l'article&nbsp;6.4 (condamnation pour infraction
    pénale grave), son verdict ne pouvait pas entraîner la révocation de M.&nbsp;Brozi. On
    peut donc conclure que la révocation de M. Brozi n'a pas satisfait aux exigences
    procédurales requises. Le mal étant fait, il faut au moins en tirer des leçons. Nous
    devons veiller à ce que de telles fautes de procédure ne se reproduisent pas à
    l'avenir. </p>
    <p align="left">32.Le ministre de la Justice nous a dit que dans une affaire récente, un
    trafiquant de drogue qui avait été pris en flagrant délit et avait plaidé coupable a
    été relaxé par un jury de trois juges professionnels après deux mois de détention
    provisoire. Comme le ministre n'a pas pu prouver que les juges avaient été corrompus, il
    s'est adressé au Conseil supérieur de la Justice pour essayer de faire révoquer les
    juges. Nous avons souligné qu'il était juridiquement impossible de révoquer ces juges
    sans preuves de corruption. L'attitude du ministre de la Justice nous a paru regrettable,
    car l'indépendance du pouvoir judiciaire ne peut pas être assurée si un juge peut être
    révoqué par le Conseil supérieur de la justice sur la foi d'accusations de corruption,
    par exemple, sans preuves. Cette attitude oblige également à s'interroger sur la
    légitimité de la révocation d'un certain nombre de juges de tribunaux inférieurs entre
    1992 et 1995 pour &quot;corruption&quot;, &quot;grave manquement à la discipline dans le
    travail&quot;, &quot;prise de décisions arbitraires manifestement contraires à la
    loi&quot; ou pour &quot;accomplissement insatisfaisant de leur tâche de juge ou de
    président d'un tribunal&quot;<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote18" name="Footref18">(18)</a></em>.</p>
    <p align="left">33.La Commission européenne pour la démocratie par le droit (Commission
    de Venise) a élaboré un excellent avis sur la loi albanaise relative à l'organisation
    judiciaire (CDL&nbsp;(95)&nbsp;74&nbsp;rév.), à la demande de la Commission des
    questions juridiques et des droits de l'homme. Nous n'avons pas l'intention de rappeler
    ici toutes ses propositions; il suffira de dire que nous les soutenons pleinement et
    escomptons que les autorités albanaises les mettront en pratique le plus tôt possible,
    avec la coopération du Programme Démo-Droit du Conseil de l'Europe. De l'avis de la
    Commission de Venise, il faut accorder une attention particulière aux propositions
    relatives à la nomination, à la révocation et à l'immunité des juges et des
    procureurs et à la composition, au rôle et à la procédure du Conseil supérieur de la
    justice, faute de quoi les juges albanais ne se sentiront pas «libres de rendre leurs
    décisions sans craindre des conséquences négatives pour leur vie professionnelle»<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote19" name="Footref19">(19)</a></em>.</p>
    <dl>
      <dd><p align="left"><strong>ii.Le parquet</strong></p>
      </dd>
    </dl>
    <p align="left">34.Les autorités albanaises se sont engagées, lors de l'adhésion, à
    modifier le rôle et les fonctions du parquet, en transformant cette institution en un
    organe conforme aux exigences d'un Etat de droit et aux normes du Conseil de l'Europe.
    Selon le procureur général, M.&nbsp;Dragoshi, au moment de notre séjour, de nombreux
    changements dans la bonne direction avaient déjà eu lieu en liaison avec l'entrée en
    vigueur du nouveau Code pénal et du nouveau Code de procédure pénale. Le parquet est
    ainsi devenu «un organe de poursuites pénales». On a instauré le système accusatoire,
    qui réduit le rôle de procureur dans les procédures à celui d'une partie au procès,
    au lieu de faire de lui un organe habilité à surveiller si les droits de l'homme ont
    été violés au cours du procès. La délivrance par le parquet, de mandats d'arrêt, de
    perquisition et de saisie est maintenant rigoureusement liée aux dispositions du Code de
    procédure pénale. Une nouvelle «police judiciaire» a été créée. </p>
    <p align="left">35.La structure du parquet a également changé. Il existe aujourd'hui
    trente-sept parquets de district (c'est-à-dire un à proximité de chaque tribunal de
    district), un parquet national d'appel (auprès de la Cour d'appel) et le parquet du
    procureur général, qui s'occupe des affaires devant la Cour de cassation. Cette
    centralisation souple assure l'indépendance des procureurs pendant les instructions
    auxquelles ils procèdent et les procès auxquels ils participent. Toutefois, à l'image
    des modèles italien et français, le parquet est considéré comme partie intégrante du
    pouvoir judiciaire. </p>
    <p align="left">36.D'après le procureur général, la réforme se poursuit et une
    assistance d'experts a été demandée au Conseil de l'Europe, notamment pour ce qui
    concerne la réforme des structures internes et les critères de nomination, de
    révocation, etc. Les conditions matérielles de travail dans les parquets laissent à
    désirer; les salaires, trop bas, ouvrent la voie à la corruption. M.&nbsp;Dragoshi a
    accueilli avec satisfaction la proposition de création d'une école de la magistrature en
    coopération avec le secteur intergouvernemental du Conseil de l'Europe. </p>
    <p align="left">37.Certains de nos interlocuteurs ont néanmoins souligné que la réforme
    du parquet n'était pas encore allée assez loin, car la loi sur le parquet n'avait pas
    encore été modifiée, malgré l'entrée en vigueur du nouveau Code de procédure
    pénale. Ils ont indiqué, par exemple, que les procureurs prenaient encore des décisions
    extra-judiciaires, que leurs activités n'étaient pas transparentes et que leurs pouvoirs
    étaient encore considérés comme trop vastes.</p>
    <p align="left">38.Nous nous félicitons des progrès importants réalisés dans la
    réforme du parquet et nous souhaitons que cette réforme se poursuive (par exemple, que
    ce soit désormais les juges, et non pas les procureurs qui soient chargés de délivrer
    les mandats d'arrêt). Nous sommes très favorables à la poursuite de l'aide du Conseil
    de l'Europe dans ce domaine - tant au sujet des questions pratiques, comme l'amélioration
    de la formation et la création prochaine d'une école de la magistrature, qu'au sujet de
    questions plus théoriques comme les compétences juridiques nécessaires à
    l'élaboration des lignes directrices internes, ou la révision de la loi sur le parquet. </p>
    <dl>
      <dd><p align="left"><strong>iii.Le Barreau</strong></p>
      </dd>
    </dl>
    <p align="left">39.Les représentants de l'Ordre des avocats nous ont dit que les lois
    actuelles faisaient du Barreau une profession libre et indépendante, en général,
    conformément aux normes d'Europe occidentale. Il y a quelques exceptions à cette règle
    - ainsi, dans certains cas, l'intervention du ministère de la Justice est possible - mais
    nos interlocuteurs ont exprimé l'espoir que ces exceptions seraient bientôt abolies. En
    revanche, ils ont vivement déploré que le Conseil de l'Europe n'apporte aucune
    assistance au Barreau, alors qu'il aide le parquet et les tribunaux. La réforme du
    Barreau est également nécessaire et l'assistance du Conseil de l'Europe dans ce domaine
    serait hautement appréciée. Nous avons promis de suggérer au secteur
    intergouvernemental du Conseil de l'Europe d'examiner cette possibilité. </p>
    <p align="left">40.L'Ordre des avocats s'est également plaint de ne pas être consulté
    par les autorités albanaises, même sur les questions concernant directement le Barreau
    (comme la loi sur la profession d'avocat). Au cours de nos rencontres ultérieures avec
    les autorités albanaises, nous avons mentionné le souhait du Barreau de participer à
    ces délibérations et on nous a promis de lui offrir dorénavant cette opportunité.</p>
    <p align="left"><strong>iv. Garde à vue et détention</strong></p>
    <p align="left">41.Depuis novembre&nbsp;1994, l'administration du système pénitentiaire
    relève du ministère de la Justice (alors qu'elle relevait précédemment du ministère
    de l'Intérieur). Nous n'avons entendu aucune plainte sur l'état des prisons en
    général. Toutefois, les représentants de l'Ordre des avocats ont soulevé le problème
    suivant: au cours de la détention provisoire, les avocats n'ont le droit de voir leurs
    clients que pendant une demi-heure par jour, ce qui est insuffisant pour préparer leur
    défense. Nous ne savons pas si cette limite est prescrite par la loi ou s'il s'agit
    simplement d'une pratique. Quoi qu'il en soit, ce temps nous paraît trop court. L'idéal
    serait évidemment que l'avocat puisse voir son client en détention provisoire autant
    qu'il le souhaite mais, si une limite est nécessaire, elle pourrait être fixée à deux
    ou trois heures. Nous espérons que les autorités albanaises voudront et pourront
    appliquer cette recommandation le plus tôt possible. </p>
    <p align="left">42.Les représentants de l'Ordre des avocats ont formulé une autre
    plainte, relative à deux amendements à la loi sur l'application du Code de procédure
    pénale, et au Code lui-même, reportant l'entrée en vigueur de certaines dispositions de
    ces textes du 1<em sup>er</em> août 1995 au 15 novembre 1995, puis au 1<em sup>er</em>
    mars 1996. Le législateur a adopté ces amendements pour éviter la remise en liberté de
    suspects faisant actuellement l'objet d'enquêtes de police et se trouvant en détention
    provisoire depuis plus de dix-huit mois. En effet, le nouveau Code de procédure pénale
    fixe la limite à dix-huit mois, alors que l'ancien code ne fixait pratiquement aucune
    limite, à condition que le procureur général donne son accord au maintien en
    détention. Le ministre de la Justice a souligné la complexité de certaines des affaires
    concernées, mais les représentants de l'Ordre des avocats ont fait remarquer que dans la
    plupart des cas il s'agissait seulement d'une insuffisance de preuves. Ainsi, en vertu de
    ces amendements, de nombreux détenus n'ont pas profité de l'application rétroactive du
    Code de procédure pénale et ont été maintenus en détention provisoire pendant deux
    ans, voire davantage. </p>
    <dl>
      <dd><p align="left"><strong>v.La peine de mort</strong></p>
      </dd>
    </dl>
    <p align="left">43.Conformément à ses engagements, l'Albanie aurait institué un
    moratoire sur les exécutions à compter du jour de son adhésion au Conseil de l'Europe.
    Etant donné que l'opinion publique demeure favorable à la peine capitale, le moratoire
    n'a pas été officiellement déclaré, mais il est apparemment observé. Les
    condamnations à mort prononcées à l'encontre de trois personnes, en vertu des lois sur
    le génocide et du nouveau Code Pénal, ont été commuées en peine de prison par la Cour
    d'Appel. Même si les autorités albanaises disposent encore de deux ans pour convaincre
    la population de l'inutilité de la peine capitale, et pour l'abolir, il importe
    qu'entre-temps l'Albanie respecte le moratoire sur les exécutions.</p>
    <b><p align="left">E. Les lois de décommunisation</b></p>
    <p align="left">44.Au cours des derniers mois, deux lois que l'on peut considérer comme
    des «lois de décommunisation» ont été adoptées et sont entrées en vigueur: la loi
    &quot;relative au génocide et aux crimes commis contre l'humanité en Albanie durant le
    régime communiste pour des motifs politiques, idéologiques et religieux&quot; (du
    22&nbsp;septembre&nbsp;1995) et la loi &quot;relative au contrôle des personnalités
    officielles et d'autres personnes liées à la protection de l'Etat démocratique&quot;
    (du 30&nbsp;novembre&nbsp;1995). La Commission des questions juridiques et des droits de
    l'homme a présenté un rapport sur les «mesures de démantèlement de l'héritage des
    régimes totalitaires communistes» (rapporteur: M.&nbsp;Severin, Roumanie, SOC), à la
    partie de session de juin 1996 de l'Assemblée. Le rapport de M.&nbsp;Severin (Doc 7568)
    porte, notamment, sur les lois albanaises de décommunisation (pp. 19-21). </p>
    <p align="left">45.Les lois albanaises de décommunisation, qui sont censées avoir pris
    pour modèle les lois tchèques (mais pas les lois tchèques actuellement en vigueur,
    lesquelles tiennent compte des modifications apportées par la Cour constitutionnelle
    tchécoslovaque) interdisent aux personnes ayant occupé certaines fonctions au cours de
    la période du 28 novembre&nbsp;1944 au 31&nbsp;mars&nbsp;1991 de postuler à de hautes
    fonctions - président de la république, parlementaires, membres du gouvernement, hauts
    fonctionnaires, juges, procureurs, officier de police judiciaire, officiers de police de
    haut niveau, officiers dans l'armée, directeurs et rédacteurs de la radio et de la
    télévision albanaises, personnes occupant des fonctions de direction dans les organismes
    publics d'assurance et financiers, ou dans les banques publiques, recteurs et directeurs
    d'universités et d'établissements d'enseignement supérieur, etc. Une disposition
    concernant les journalistes et les salariés occupant des postes élevés dans des
    journaux tirant à plus de 3.000 exemplaires a été annulée par la Cour
    constitutionnelle le 31 janvier 1996. Lors des élections locales d'octobre 1996, les lois
    n'ont été appliquées ni aux candidats ni aux personnes élues aux conseils locaux ou
    comme présidents de communes.</p>
    <p align="left">46.Les fonctions antérieures qui interdisent de postuler à ces postes
    sont, notamment, celles de membres et candidats du Bureau politique, secrétaires et
    membres du Comité central du parti du travail albanais dans les régions, et niveaux
    analogues, ministres, députés de l'Assemblée du peuple, membres du Conseil
    présidentiel, président de la Cour suprême, procureur général et agents des services
    de sécurité de l'Etat. Les personnes enregistrées dans les archives de la sécurité de
    l'Etat en tant que collaborateurs (informateurs, dénonciateurs, agents, propriétaires
    ayant mis à la disposition des services de sécurité leur appartement, témoins dans des
    procès politiques) sont également exclues de toute haute fonction. Ces lois doivent
    rester en vigueur jusqu'au 31&nbsp;décembre&nbsp;2001.</p>
    <p align="left">47. La liste des personnes inéligibles à ces postes est conçue de
    manière très large, incluant tous les aspects essentiels de la vie publique et
    s'étendant aux fonctions législatives exercées entre le 28 novembre 1944 et le 31 mars
    1991. Cette exclusion n'est donc pas fondée sur la constatation d'une criminalité
    personnelle, mais s'étend à toutes choses dans le cadre de catégories largement
    définies. Ceci confère à l'Etat ce qui paraît constituer un large pouvoir
    discrétionnaire inacceptable, dans la mesure où les personnes ne sont pas tenues pour
    responsables de leur comportement (criminel) individuel passé (ainsi que cela devrait
    être le cas), mais le sont par pure association avec d'autres, en dehors de toutes
    circonstances personnelles. Cela n'est sans doute pas compatible avec les principes clés
    inscrits dans la Convention européenne des Droits de l'Homme (CEDH), tels que l'Etat de
    droit ou la certitude des lois pénales.</p>
    <p align="left">48.Plusieurs partis de l'opposition, ainsi que des journalistes albanais
    et des organisations internationales non gouvernementales, ont critiqué les lois de
    décommunisation. Leurs critiques<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote20" name="Footref20">(20)</a></em>
    sont axées sur les incidences spécifiques des lois albanaises et sur le rejet de ces
    mesures en général. La critique générale repose sur des considérations juridiques et
    de droits de l'homme, comme l'effet rétroactif des lois, leur nature collective et leur
    non-respect de la présomption d'innocence. En outre, les lois ne reconnaissent aucune
    différence de degré dans la culpabilité, résultant par exemple de circonstances
    atténuantes, de sorte que les anciens agents des services secrets ne seront pas traités
    plus sévèrement que les personnes qui ont été contraintes à collaborer avec la police
    secrète ou à l'informer. La fiabilité des fichiers des services secrets, sur la base
    desquels ces décisions sont prises, est également mise en question<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote21" name="Footref21">(21)</a></em>.</p>
    <p align="left">49.En dehors de ces critiques générales qui valent également, dans une
    certaine mesure, pour les lois de décommunisation bulgares, tchèques et allemandes, et
    que M.&nbsp;Severin a évaluées en profondeur, certaines critiques ont porté sur des
    mesures propres aux lois albanaises. La plus importante et la plus souvent réitérée
    concerne le fait que les lois albanaises interdisent à certains candidats de se
    présenter aux élections parlementaires. Le Parti socialiste voit dans cette mesure une
    violation d'un droit garanti par les dispositions de la Constitution - le droit d'être
    élu - qui ne peut être refusé aux handicapés mentaux et aux détenus condamnés. </p>
    <p align="left">50.La Cour européenne des Droits de l'Homme a jugé que toute limitation
    au droit de vote ou de se présenter aux élections ne devait pas &quot;réduire les
    droits dont il s'agit au point de les atteindre dans leur substance même et de les priver
    de leur effectivité;... [elle doit poursuivre] un but légitime; ... les moyens employés
    [ne doivent pas se révéler] disproportionnés. Spécialement, [les conditions] ne
    doivent pas contrecarrer 'la libre expression de l'opinion du peuple sur le choix du corps
    législatif '&quot;<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote22" name="Footref22">(22)</a></em>. Alors que
    l'objectif des autorités albanaises est de protéger leur démocratie émergente, ce qui
    est évidemment légitime, les moyens employés semblent disproportionnés, dans la mesure
    où l'on défend à certaines personnes de se présenter aux élections uniquement parce
    qu'elles ont détenus des postes officiels dans le passé, en dehors de toutes actions ou
    conduites répréhensibles. </p>
    <p align="left">51.Le parti socialiste critique également les limites temporelles
    stipulées dans la loi: le droit d'être élu au parlement est également refusé aux
    personnes dont la biographie politique n'a commencé qu'entre décembre 1990 et le 31 mars
    1991, et pas seulement aux anciens communistes des années totalitaires de 1944-1990<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote23" name="Footref23">(23)</a></em>. Des questions ont également
    été soulevées au sujet de la date de la loi, adoptée avec les voix du parti au pouvoir
    cinq ans après l'effondrement du totalitarisme et six mois avant des élections
    générales . </p>
    <p align="left">52.Pratiquement tous les partis d'opposition ont critiqué la composition
    et le caractère de la commission qui vérifie si un candidat aux élections est
    «compromis», et donc s'il peut ou non se présenter. La commission serait entièrement
    entre les mains du gouvernement actuel car la majorité de ses membres sont nommés par
    différents ministères. Le président de la commission a été nommé par le parlement
    (au sein duquel le parti au pouvoir à la majorité absolue, mais d'un commun accord entre
    tous les partis politiques représentés, ainsi que l'a souligné M. Arbnori, Président
    du Parlement,), le vice-président et un membre par le Conseil des ministres (le
    gouvernement), et un membre par chacune des entités suivantes: ministère de la Justice,
    ministère de l'Intérieur, ministère de la Défense et Service national d'information
    (services secrets). Les partis d'opposition craignent donc que la commission ne soit pas
    neutre, mais soit plutôt un outil entre les mains du parti au pouvoir pour empêcher les
    candidats de l'opposition de se présenter aux élections. </p>
    <p align="left">53. Au cours de la période précédant l'élection, 139 candidats, dont
    seulement trois appartenaient au Parti démocratique au pouvoir, se sont vus refuser le
    droit de participer aux élections en vertu de cette législation. Sept décisions de la
    commission ont été annulées par la Cour de cassation<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote24" name="Footref24">(24)</a></em>. Les craintes des partis d'opposition semblent donc avoir
    été dans une large mesure justifiés. Aucun chiffre n'a été fourni concernant les
    élections locales d'octobre 1996. En tout état de cause, les membres de la commission ne
    jouissent d'aucune garantie d'indépendance, puisqu'ils peuvent être remplacés au gré
    de la volonté des autorités de nomination.</p>
    <p align="left">54.Les partis d'opposition critiquent également sévèrement les
    compétences de la commission, qui lui donne le caractère d'un tribunal. La commission a
    le droit d'enquêter et d'interroger des témoins, et les personnes refusant de
    témoigner, les faux témoins et les auteurs de faux témoignages, sont passibles de
    peines en vertu du Code pénal<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote25" name="Footref25">(25)</a></em>.
    Ces droits de la commission ne sont pas contrebalancés par des droits correspondant de
    l'accusé, comme le droit d'être entendu, le droit d'accéder au dossier ou le droit
    d'être défendu par un avocat. De l'avis de l'Alliance démocratique, la commission est
    donc une juridiction exceptionnelle, dont la création est interdite par les dispositions
    de la Constitution albanaise. </p>
    <p align="left">55.Le gouvernement souligne expressément que les lois de décommunisation
    sont en fait des lois d'amnistie car elles ne visent que les personnes postulant à de
    hautes fonctions (de sorte que l'on ouvrira jamais les dossiers des agents «ordinaires»
    des services secrets). Selon lui, de nombreux auteurs de crimes graves, ayant
    effectivement ordonné des assassinats, ne seront jamais punis. En outre, même les
    personnes reconnues coupables d'avoir collaboré avec l'ancien régime ne seront exclues
    des hautes fonctions que pendant six ans, ce qui est une peine légère compte tenu de
    leurs crimes. Le Président, M. Berisha, et le Président du parlement, M.&nbsp;Arbnori,
    ont l'un et l'autre fait remarquer que leurs lois étaient inspirées du modèle tchèque
    (que le Conseil de l'Europe avait d'ailleurs également critiqué), mais étaient moins
    sévères et de moins vaste portée. Ils ont indiqué notamment qu'il existait la
    possibilité d'interjeter appel devant la Cour de cassation. M.&nbsp;Arbnori a également
    expliqué pourquoi les lois ont été adoptées à cette date: pendant trois ans et demi
    les anciens prisonniers politiques, comme lui-même, ont attendu que quelqu'un vienne leur
    présenter des excuses pour les crimes commis. Mais personne ne s'est manifesté; on a
    même entendu au parlement des déclarations signifiant: «vous n'avez eu que ce que vous
    méritiez». La tolérance des victimes était interprétée comme un signe de faiblesse.
    Ces lois sont donc nécessaires maintenant pour qu'il ne s'agisse pas de vengeance
    personnelle, mais en même temps pour faire en sorte que les mêmes crimes ne se
    renouvellent pas dans l'avenir. </p>
    <p align="left">56. Conformément au rapport de M. Severin, les lois albanaises devraient
    être modifiées à plusieurs égard pour être compatibles avec les principes d'un Etat
    de droit démocratique:</p>
    <dl>
      <dd><p align="left">a. champ d'application: la loi ne devrait viser que les fonctionnaires
        occupant des postes sensibles où ils pourraient porter atteinte aux droits de l'homme,
        comme dans l'administration publique, l'armée, les services de sécurité; elle ne
        devrait pas concerner les candidats à la députation ou à un mandat local; elle devrait
        s'appliquer uniquement aux actes, fonctions ou affiliations postérieures au 1er janvier
        1975, jusqu'à la chute du régime totalitaire;</p>
      </dd>
      <dd><p align="left">b. méthode: en ce qui concerne la lustration des &quot;collaborateurs
        conscients&quot;, il faudrait prévoir l'éventualité d'une inexactitude ou d'une
        falsification des dossiers de l'appareil de sécurité; il faudrait également tenir
        compte du fait que des personnes ont pu agir sous la contrainte;</p>
      </dd>
      <dd><p align="left">c. la commission: sa composition devrait être modifiée de manière à
        éliminer tout risque de parti pris (toute relation étroite entre les membres de la
        commission et le gouvernement, l'opposition ou un parti politique devrait être évitée),
        et ses procédures doivent être modifiées pour les rendre conformes aux exigences de
        l'article 6 de la CEDH.</p>
      </dd>
    </dl>
  </dd>
  </i>
  <dt>&nbsp;</dt>
  <blockquote>
    <p>57.Pour l'heure, nous ne voulons formuler aucun jugement sur le fait de savoir si la
    commission établie en vertu des lois albanaises est ou n'est pas neutre. Toutefois, nous
    tenons à souligner qu'il faut non seulement que justice soit rendue, mais encore qu'elle
    soit ainsi perçue. C'est pourquoi nous recommandons aux autorités albanaises de modifier
    la composition de la commission, et que le parlement albanais réforme ces lois pour les
    rendre compatibles avec les normes et principes du Conseil de l'Europe, tels qu'énoncés
    dans la Résolution 1096 (1996) sur les mesures visant à démanteler l'héritage des
    anciens régimes totalitaires communistes, et ainsi que cela est expliqué dans le
    paragraphe précédent, ou les abroge dans leur totalité, comme l'a déjà recommandé la
    Résolution 1095 (1996) relative aux élections législatives récentes.</p>
  </blockquote>
</dl>

<blockquote>
  <b><p align="left">F. Questions diverses</b></p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p align="left">i.Constitution</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p align="left">58.Au nombre des engagements contractés par les autorités albanaises
  figure la création, dans un délai raisonnable, d'une commission constitutionnelle au
  parlement. Le Président du parlement, M. Arbnori, a fait plusieurs tentatives dans ce
  sens. L'offre du parti au pouvoir à l'opposition en janvier 1996 impliquait une nette
  sous-représentation du parti au pouvoir au sein de la commission (45&nbsp;%), ce qui
  aurait laissé la majorité des sièges (55&nbsp;%) à l'opposition. Les partis
  d'opposition ont rejeté cette offre en raison de l'absence de règlement intérieur
  relatif aux travaux de la commission (les décisions seraient-elles adoptées par
  consensus, à la majorité qualifiée ou à la majorité simple?) et parce que rien ne
  garantissait que le projet de constitution, une fois élaboré par la commission, ne
  serait pas soumis directement à référendum, sans consultation du parlement. </p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p align="left">59.A notre avis, les partis d'opposition n'ont pas agi de façon correcte
  et auraient du accepter immédiatement de participer à une commission constitutionnelle
  comme celle proposée par le président. Alors que l'Albanie a besoin d'une nouvelle
  constitution, qui doit être élaborée par une commission parlementaire pluraliste, on
  redoute que le parlement actuel, avec sa majorité de plus de deux tiers pour le Parti
  démocratique au pouvoir, adopte une constitution qui ne soit pas suffisamment
  équilibrée pour pouvoir recueillir un accueil favorable et une large approbation. Toutes
  les forces politiques et sociales concernées devraient donc s'employer à ce que la
  constitution reflète les vues et les souhaits exprimés par le plus grand nombre de
  partis. </p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p align="left">ii.L'affaire Fatos&nbsp;Nano<i></p>
  </i>
</blockquote>
<i>

<blockquote>
  <p align="left"></i>60.Le 17&nbsp;octobre&nbsp;1995, le Conseil de l'union
  interparlementaire (UIP) a adopté une résolution sur l'affaire
  n°&nbsp;AL/01&nbsp;Fatos&nbsp;Nano, dans laquelle il se déclarait extrêmement
  préoccupé par l'ensemble de mesures qui ont pour effet de maintenir M.&nbsp;Nano en
  prison et par le fait que le plénum de la Cour de cassation, qui a été saisi de
  l'affaire Nano avant sa dissolution, a été empêché d'examiner l'affaire. Il a estimé
  que cette façon de procéder était contraire à la pratique normale et affirmé que, par
  conséquent, le procès, pour ce qui concerne le chef d'accusation en question, devrait
  être révisé. <i></p>
</blockquote>
</i>

<blockquote>
  <p align="left">61.M. Nano a été initialement condamné à douze ans de prison. Après
  plusieurs amnisties décrétées par le Président, M. Berisha, il lui reste deux ans et
  six mois à purger.</p>
</blockquote>

<dl>
  <dd align="center"><p align="left">62.Le Parti socialiste estime que les deux amendements
    (mentionnés plus haut dans le chapitre consacré à la garde&nbsp;à&nbsp;vue et à la
    détention) à la loi sur l'application du Code de procédure pénale, et au Code
    proprement dit, adoptés les 26 et 28&nbsp;juillet&nbsp;1995, autorisant l'application de
    l'ancien code pour les affaires pénales en cours d'instruction ou de jugement, jusqu'au
    stade de la Cour d'appel, visaient à assurer que l'affaire Nano ne serait pas
    réexaminée par le plénum de la Cour de cassation<em sup><a href="fdoc7716.htm#Footnote26" name="Footref26">(26)</a></em>. Le Parti socialiste soutient également que d'autres
    mesures, comme la révocation de l'ancien président de la Cour de cassation, ont eu pour
    but de maintenir M.&nbsp;Nano en prison. </p>
    <p align="left">63.Entre-temps, une lettre de M.&nbsp;Nano à son avocat M.&nbsp;Sanxhaku,
    en date du 21&nbsp;septembre&nbsp;1995, a été publiée dans un journal. Dans cette
    lettre, M.&nbsp;Nano déclare qu'il n'a plus confiance dans le pouvoir judiciaire albanais
    depuis la révocation du président de la Cour de cassation, et qu'il refuse d'être jugé
    par cette instance.</p>
    <p align="left">64.Nous estimons que M.&nbsp;Nano doit être traité comme n'importe quel
    autre citoyen. Nous nous joignons à l'UIP pour demander la révision du procès de
    M.&nbsp;Nano conformément au nouveau Code pénal et au nouveau Code de procédure pénale
    (en vertu duquel il peut y avoir révision d'un procès si de nouveaux témoignages
    apparaissent) et nous invitons M.&nbsp;Nano à coopérer pleinement avec les autorités
    judiciaires albanaises dans son propre intérêt. </p>
    <p align="left"><i>iii.</p>
    </i></dd>
  <i>
  <dd align="center"><p align="left">La restitution des biens</i></p>
    <p align="left">65.Nous avons reçu quelques plaintes de partis d'opposition (de droite)
    et d'une association de propriétaires fonciers au sujet de la restitution des biens. Les
    plaignants déclarent que leurs biens ne leur ont pas été restitués et critiquent
    vivement la loi foncière. Toutefois, nous avons eu l'impression que ce point de vue
    était celui d'une minorité et qu'il existait un large consensus dans le parti au
    pouvoir, comme dans le parti d'opposition (de gauche) sur la loi foncière actuelle et sa
    mise en &#156;uvre. Bien entendu, on ne peut exclure des abus dans certains cas
    particuliers. Ces abus pourront être portés à l'attention de la Commission européenne
    des Droits de l'Homme (à condition que toutes les voies de recours internes aient été
    épuisées) . </p>
    <b><p align="left">G. Conclusions et recommandations</b></p>
    <p align="left">66.Nous pouvons donc conclure avec grand satisfaction que les autorités
    albanaises ont déjà accompli des progrès considérables dans le respect de leurs
    obligations et engagements. Toutefois, de nouveaux progrès sont nécessaires avant que
    l'Assemblée puisse clore le processus de surveillance prévu dans la Directive
    n°&nbsp;508&nbsp;(1995) pour l'Albanie. </p>
    <p align="left">67.En particulier, les autorités albanaises devraient dans un avenir
    proche signer et ratifier les conventions et protocoles du Conseil de l'Europe énumérés
    dans l'Avis&nbsp;n°&nbsp;189&nbsp;(1995) de l'Assemblée qu'elles n'ont pas encore
    signés ou ratifiés, mettre en &#156;uvre les propositions de la Commission européenne
    pour la démocratie par le droit, poursuivre la réforme du parquet en coopération avec
    le Conseil de l'Europe et allouer aux avocats un temps notablement plus long, pour
    rencontrer leurs clients en détention provisoire.</p>
    <p align="left">68.Elles devraient également réétudier la charge fiscale qui pèse sur
    les journaux, améliorer l'accès des médias, en général, aux informations officielles
    et veiller à ce que tous les (grands) partis politiques bénéficient de chances égales
    de s'exprimer sur l'antenne de la télévision d'Etat (notamment au cours des campagnes
    électorales) et à ce que, à la télévision d'Etat, on s'efforce par ailleurs de
    diffuser des reportages politiques impartiaux.</p>
  </dd>
  <dd align="center"><p align="left">69.Elles devraient aussi veiller à ce que la police
    n'agisse pas contrairement à la loi et, en cas de violation, à ce que les coupables
    soient sanctionnés sans délai, et coopérer avec le Conseil de l'Europe dans la réforme
    de l'académie de police albanaise. </p>
    <p align="left">70.Nous estimons que les travaux du secteur intergouvernemental du Conseil
    de l'Europe sur la réforme du pouvoir judiciaire, du parquet et de la police sont
    extrêmement utiles. Nous espérons notamment que les travaux relatifs à la création
    d'une école de la magistrature et à la réforme de l'académie de police pourront être
    menés à terme rapidement. Nous demandons en outre au Comité des Ministres d'envisager
    d'étendre son programme de coopération à l'Ordre des avocats albanais, d'aider à la
    mise en place de structures administratives locales conformes aux normes du Conseil de
    l'Europe, et d'accroître son aide précieuse en général. </p>
  </dd>
  <dt>&nbsp;</dt>
  <hr size="1">
  <dd align="center"><p align="left"><b>Link to Document</b></p>
    <p align="center"><b>ANNEXE I</b></p>
    <p align="center"><b>Extrait de l'Avis n° 189 (1995) relatif à la demande d'adhésion de
    l'Albanie </p>
    <p align="center">au Conseil de l'Europe</b></p>
    <p align="center">_____</p>
    <p align="center">&quot;...</p>
    <p align="center">13.</p>
  </dd>
  <dd align="center"><p align="left">Une détente bienvenue à la frontière sud de l'Albanie
    s'est accompagnée d'une réaffirmation des fondements juridiques et constitutionnels de
    la politique de l'Albanie à l'égard des minorités - avec, notamment, l'assurance
    qu'aucune communauté religieuse ne sera privée en pratique de la possibilité de
    s'épanouir (lettre en date du 13 février 1995 adressée par le président du Parlement
    albanais au président de la commission des questions politiques). Le fait que cet
    engagement soit soumis au contrôle du Conseil de l'Europe devrait rassurer
    définitivement les minorités et les communautés ethniques d'Albanie.</p>
    <p align="left">...</p>
    <p align="left">16.</p>
  </dd>
  <dd align="center"><p align="left">Eu égard:</p>
  </dd>
  <dd align="center"><p align="left">i.</p>
  </dd>
  <dd align="center"><p align="left">à l'engagement de l'Albanie quant aux minorités et aux
    progrès constants dans le domaine de la législation;</p>
  </dd>
  <dd align="center"><p align="left">ii. aux dispositions constitutionnelles actuelles de
    l'Albanie;</p>
  </dd>
  <dd align="center">iii. à la participation à ses travaux d'une délégation du Parlement
    albanais ayant le statut d'invité spécial, depuis le 25 novembre 1991;</dd>
  <dd align="center">iv.</dd>
  <dd align="center">à l'instauration d'un dialogue politique entre le Gouvernement albanais
    et le Comité des Ministres,<p align="left">l'Assemblée estime que l'Albanie, au sens de
    l'article 4 du Statut, est capable et a la volonté de se conformer aux dispositions de
    l'article 3 qui précisent les conditions requises pour pouvoir adhérer au Conseil de
    l'Europe: &quot;Tout membre du Conseil de l'Europe reconnaît le principe de la
    prééminence du droit et le principe en vertu duquel toute personne placée sous sa
    juridiction doit jouir des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il s'engage
    à collaborer sincèrement et activement à la poursuite [de ses buts].&quot;</p>
    <p align="left">17.</p>
  </dd>
  <dd align="center"><p align="left">Par conséquent, l'Assemblée, sous réserve que
    l'Albanie partage son interprétation des engagements pris, tels qu'énoncés aux
    paragraphes&nbsp;13 et 16 et ait maintenant l'intention de:</p>
  </dd>
  <dd align="center"><p align="left">i.&nbsp;signer la Convention européenne des Droits de
    l'Homme au moment de l'adhésion; ratifier la Convention et les Protocoles n<em sup>os</em>&nbsp;1,
    2, 4, 7 et 11 dans le délai d'un an; reconnaître, en attendant l'entrée en vigueur du
    Protocole n°&nbsp;11, le droit de recours individuel auprès de la Commission européenne
    et la juridiction obligatoire de la Cour européenne (articles&nbsp;25 et&nbsp;46 de la
    Convention);</p>
  </dd>
  <dd align="center"><p align="left">ii. signer, ratifier et appliquer le Protocole n°&nbsp;6
    à la Convention de sauvegarde des droits de l'homme concernant l'abolition de la peine de
    mort en temps de paix dans un délai de 3 ans suivant la date de son adhésion et
    appliquer un moratoire sur les exécutions jusqu'à l'abolition de la peine de mort;</p>
  </dd>
  <dd align="center">iii.&nbsp;signer et ratifier dans l'année suivant l'adhésion la
    Convention européenne pour la prévention de la torture et des peines ou traitements
    inhumains ou dégradants;</dd>
  <dd align="center">iv.&nbsp;signer et ratifier dans l'année suivant l'adhésion la
    Convention-cadre européenne pour la protection des minorités nationales, et mener envers
    les minorités une politique conforme aux principes énoncés dans la
    Recommandation&nbsp;1201&nbsp;(1993) de l'Assemblée;</dd>
  <dd align="center">v. reconnaître l'importance capitale de la liberté d'expression dans
    une démocratie saine, comme le stipule l'article&nbsp;19 de la Déclaration universelle
    des droits de l'homme, et prendre rapidement des mesures pour encourager et protéger
    l'indépendance de la presse et des médias audiovisuels, en garantissant une liberté de
    rédaction totale, un régime fiscal équitable, le libre approvisionnement en papier
    journal et l'égalité d'accès aux moyens de diffusion et d'impression et aux circuits de
    distribution;</dd>
  <dd align="center">vi. modifier le rôle et les fonctions du parquet en faisant de cette
    institution un organe conforme aux exigences d'un Etat de droit et aux normes du Conseil
    de l'Europe;</dd>
  <dd align="center">vii. pour garantir l'indépendance de la justice, notamment en
    protégeant les juges de révocations non justifiées ou arbitraires et en maintenant sous
    leur contrôle direct les budgets opérationnels des cours et en les soumettant à
    l'approbation du parlement; </dd>
  <dd align="center">viii. instituer dans un délai raisonnable une commission
    constitutionnelle ainsi qu'indiqué au paragraphe 8.</dd>
  <dd align="center">ix.&nbsp;s'efforcer de régler les conflits internationaux par des moyens
    pacifiques (obligation qui incombe à tous les Etats membres du Conseil de l'Europe);</dd>
  <dd align="center">x.&nbsp;coopérer pleinement au processus de contrôle de la mise en
    &#156;uvre de la Directive&nbsp;n°&nbsp;508&nbsp;(1995) de l'Assemblée, relative au
    respect des obligations et engagements contractés par les Etats membres du Conseil de
    l'Europe, ainsi qu'aux processus de contrôle établis en vertu de la Déclaration du
    Comité des Ministres du 10&nbsp;novembre&nbsp;1994 (95<em sup>e</em>&nbsp;Session);</dd>
  <dd align="center">xi.&nbsp;étudier, en vue de leur ratification, la Charte sociale du
    Conseil de l'Europe et les chartes européennes de l'autonomie locale et des langues
    régionales ou minoritaires, et mener entre-temps une politique conforme à leurs
    principes;</dd>
  <dd align="center">xii.&nbsp;étudier, en vue de leur ratification, les autres conventions
    du Conseil de l'Europe et appliquer entre-temps leurs principes fondamentaux, notamment
    celles concernant l'extradition, l'entraide judiciaire en matière pénale, le
    transfèrement des personnes condamnées et le blanchiment, le dépistage, la saisie et la
    confiscation des produits du crime;</dd>
  <dd align="center">xiii.&nbsp;signer et ratifier dans l'année suivant son adhésion
    l'Accord général sur les privilèges et immunités et son protocole additionnel,<p>...&quot;
    </p>
    <p align="center"><b>ANNEXE II</p>
    <p align="center">Déclaration faite à l'occasion du débat</p>
    <p align="center">sur la demande d'adhésion de l'Albanie au Conseil de l'Europe</p>
    <p align="center">le 29 juin 1995 </b></p>
    <p align="center">_____</p>
    <p align="center">Je soussigné approuve les amendements suivants et suis prêt à engager
    mon pays en conséquence.</p>
    <p align="center">Amendement N° 1: </p>
  </dd>
  <dd align="center">Au paragraphe 17, après &quot;sous réserve que l'Albanie&quot;,
    modifier la phrase comme suit:<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>
  </dd>
  <dd align="center">&quot;partage son interprétation des engagements pris, tels qu'énoncés
    aux paragraphes 13 et 16 et ait maintenant l'intention de:&quot;<p>Amendement N° 2: </p>
  </dd>
  <dd align="center">Au paragraphe 17, modifier le texte de l'alinéa b) comme suit:<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>
  </dd>
  <dd align="center">&quot;signer et ratifier le Protocole N°6 à la Convention de sauvegarde
    des droits de l'homme concernant l'abolition de la peine de mort en temps de paix dans un
    délai de 3 ans suivant la date de son adhésion et appliquer un moratoire sur les
    exécutions jusqu'à l'abolition de la peine de mort;&quot;<p>Amendement N°3: </p>
  </dd>
  <dd align="center">Au paragraphe 17, ajouter &quot;dans l'année suivant l'adhésion&quot;
    après &quot;signer et ratifier&quot; aux alinéas c), d) et i).<p>Amendement N° 4:</p>
  </dd>
  <dd align="center">Au paragraphe 17, insérer un nouvel alinéa entre les alinéas d) et e):<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>
  </dd>
  <dd align="center">&quot;modifier le rôle et les fonctions du Parquet en faisant de cette
    institution un organe conforme aux exigences d'un Etat de droit et aux normes du Conseil
    de l'Europe;&quot;.<p>Amendement N° 5: </p>
  </dd>
  <dd align="center">Au paragraphe 17, insérer un deuxième nouvel alinéa entre les alinéas
    d) et e):<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>
  </dd>
  <dd align="center">&quot;trouver dans un délai raisonnable une solution au problème de la
    Constitution, dans le respect des normes du Conseil de l'Europe;&quot;<p>Amendement N° 6:
    </p>
  </dd>
  <dd align="center">Au paragraphe 17, insérer un troisième nouvel alinéa entre les
    alinéas d) et e):<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>
  </dd>
  <dd align="center">&quot;rechercher une solution satisfaisante à l'affaire de M. Fatos
    Nano, conformément au nouveau Code pénal tel qu'il est appliqué à tous les citoyens
    albanais.&quot;<p>Amendement N° 7: </p>
  </dd>
  <dd align="center">Au paragraphe 17, alinéa f), remplacer le texte &quot;N° 488 (1993) de
    l'Assemblée, relative au respect des engagements pris au moment de l'adhésion sur des
    questions liées aux valeurs et aux principes fondamentaux du Conseil de l'Europe&quot;
    par<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>
  </dd>
  <dd align="center">&quot;N° 508 (1995) relative au respect des obligations et engagements
    contractés par les Etats membres du Conseil de l'Europe&quot;.<p>Amendement N° 8: </p>
  </dd>
  <dd align="center">Au paragraphe 17, alinéa h), insérer après &quot;Conseil de
    l'Europe&quot; le membre de phrase suivant &quot;,notamment celles concernant
    l'extradition, le transfèrement des personnes condamnées et le blanchiment, le
    dépistage, la saisie et la confiscation des produits du crime,&quot;;<p>Amendement N° 9:
    </p>
  </dd>
  <dd align="center">Au paragraphe 17, entre l'alinéa iv. et v., ajouter un quatrième nouvel
    alinéa comme suit:<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>
  </dd>
  <dd align="center">&quot;garantir l'indépendance de la justice, notamment en protégeant
    les juges de révocations non justifiées ou arbitraires et en maintenant sous leur
    contrôle total les budgets opérationnels des tribunaux et en les soumettant à
    l'approbation du Parlement.&quot;<p>Les autorités albanaises, en outre, s'engagent à
    fournir par écrit un rapport extensif à la Commission des questions juridiques et des
    droits de l'homme avant le 20 août 1995 </p>
    <p>1.</p>
  </dd>
  <dd align="center">sur les allégations contenues dans le dernier rapport d'Amnesty
    International sur les brutalités policières et les décès au cours de gardes à vue (AI
    Index EUR 11/04/95, de juin 1995);<p>2.</p>
  </dd>
  <dd align="center">sur l'allégation de l'existence de &quot;censure de
    pré-publication&quot; au niveau des imprimeries;<p>3.</p>
  </dd>
  <dd align="center">en ce qui concerne les révocations de certains juges et membres du
    personnel judiciaire au niveau local: le nombre concerné, la procédure suivie, et les
    raisons exacts pour leur révocation.<div align="right"><p>Strasbourg, le 29 juin 1995</p>
    <p align="center">(signé:)</p>
    <p align="center">Pjeter Arbnori, </p>
    <p align="center">Président du Parlement albanais </p>
    <p align="center"><b>ANNEXE III</b></p>
    <p align="center"><b>Programme</p>
    <p align="center">de la visite des rapporteurs en Albanie les 3-5 janvier 1996 </p>
    <p align="center">_____</b></p>
    <p align="center"><b>Mercredi 3 janvier 1996</b></p>
    <p align="center">14.15 </p>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Arrivée à Rinas Airport </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Installation<p>16.00 - 21.00</p>
    </dd>
    <dd align="center">Réunion avec les partis politiques:</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">1.<i></dd>
    <dd align="center">Droite démocratique</i>: M. Petrit KALAKULLA, Président</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">2.<i></dd>
    <dd align="center">Union des Droits de l'Homme (Parti de la minorité grecque)</i>: </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">M. Vasil MELO, Président</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">3.<i></dd>
    <dd align="center">Parti républicain</i>: M. Sabri GODO, Président, </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">M. Çerçiz MINGOMATAJ, Secrétaire Général</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">4.<i></dd>
    <dd align="center">Union social-démocrate</i>: </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">M. Teodor LAÇO, Président et Ministre de la Culture</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">M. Arjan STAROVA, Vice-Ministre des Affaires étrangères</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">5.<i></dd>
    <dd align="center">Alliance démocratique</i>: M. Neritan CEKA, Président,</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">M. Arben IMAMI, Parlementaire, M. Perikli TETA, Parlementaire, </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">M. Preç ZOGAJ, Membre de la Présidence</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">6.<i></dd>
    <dd align="center">Parti démocratique</i>: M. Tritan SHEHU, Secrétaire Général, </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">M. Ali SPAHIA, Parlementaire et Vice-Président, </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">M. Pjetër PEPA, Parlementaire, M. Bashkim KOPLIKU, Parlementaire </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">7.<i></dd>
    <dd align="center">Parti social-démocrate</i>: M. Skënder GJINUSHI, Président,</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">M. Haxhi ALIKO, Vice-Président</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">8.<i></dd>
    <dd align="center">Parti socialiste</i>: M. Namik DOKLE, Parlementaire et Vice-Président,</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">M. Kastriot ISLAMI, Parlementaire, M. Ethem RUKA, Parlementaire, </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">M. Jorgji KOTE, Membre de la Présidence<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;21.00</p>
    </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Diner à l'Ambassade de Suisse, réunion avec les Ambassadeurs des Etats
      membres de Conseil de l'Europe<p><b>Jeudi 4 Janvier 1996</b></p>
      <p>9.00 - 11.30 </p>
    </dd>
    <dd align="center">Réunion avec des représentants de la presse et des médias:</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Radio-televizion</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Radio</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">ATA</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Rilindja Demokratike</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Zëri i Popullit</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Republika</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Koha Jonë</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Alternativa SD</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Aleanca</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Dita Informacion</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Voice of America</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">BBC</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Deutsche Welle</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Zëri i Rinisë<p>11.30 </p>
    </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Réunion avec le Procureur Général, M. Alush DRAGOSHI<p>13.00</p>
    </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Déjeuner<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 15.00</p>
    </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Réunion avec le Ministre des Affaires Intérieures, M. Agron MUSARAJ, en
      présence de M. Njazi KOSOVRASTESI, Secrétaire d'Etat aux autorités locales, M.
      Ferdinand PONI, Directeur Général de la décentralisation<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;16.00</p>
    </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Réunion avec la Commission des affaires juridiques: </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">M. Halit SHAMATA, Président,</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">MM. Leka TOTO, Bashkim CAKA, Kosta MAKARIADHI, Membres<p>18.00</p>
    </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Réunion avec des représentants du Barreau:</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">M. Kleanthi KOÇI, Président de la Chambre Nationale</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">M. Dashamir KORE, Membre de la Présidence</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">19.30 </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Diner offert par le Président du Parlement, M. Pjetër ARBNORI, </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">en présence de la Délégation albanaise auprès du Conseil de l'Europe<p><b>Vendredi
      5 Janvier 1996</b></p>
      <p>8.30</p>
    </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Réunion avec le Président de l'Association des Journalistes, M. Ylli
      RAKIPI<p>9.00</p>
    </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Réunion avec le Ministre de la Justice, M. Hektor FRASHËRI, </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">en présence de M. Vladimir KRISTO, Vice-Ministre<p>10.15 </p>
    </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Réunion avec le Président (M. Avni SHEHU) </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">et les Membres de la Cour de Cassation <p>11.30 </p>
    </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Réunion avec le Président de la République d'Albanie, </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Prof. Dr. Sali BERISHA<p>12.30 </p>
    </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Réunion avec le Président du Parlement, M. Pjetër ARBNORI<p>13.30 </p>
    </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">Réunion avec le Président (M. Rustem GJATA) </dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">&nbsp;</dd>
    <dd align="center">et les Membres de la Cour Constitutionnelle<p align="center"><b>ANNEXE IV</p>
      <p align="center">Correspondance des autorités albanaises en date du 9 août 1996</p>
      <p align="center">en réponse à la note introductive</p>
      <p align="center">(Lettre de M. Arbnori, Président du Parlement albanais</p>
      <p align="center">à M. Columberg, Rapporteur de la Commission des questions juridiques </p>
      <p align="center">et des droits de l'homme)</p>
      <p align="center">_____</b></p>
      <p align="center">...</p>
    </dd>
    <dd align="center">Je souhaite tout d'abord vous remercier des efforts que vous consacrez à
      suivre le respect des obligations et engagements contractés par les autorités albanaises
      à l'occasion de l'adhésion de la République d'Albanie au Conseil de l'Europe,
      conformément à la Directive n° 508 (1995).</dd>
    <dd align="center">J'appelle votre attention sur le fait que notre réponse tardive
      s'explique par les dates de la fin et du début des sessions du Parlement albanais. Comme
      vous n'êtes sans doute pas sans le savoir, le Parlement albanais a ratifié il y a
      quelques jours la Convention européenne des Droits de l'Homme et certains de ses
      protocoles et j'estime qu'il est de la plus haute importance d'inclure ce fait dans notre
      réponse pour que vous puissiez compléter votre rapport sur le respect des obligations et
      des engagements contractés par l'Albanie.</dd>
    <dd align="center">Eu égard à l'Avis n° 189 (1995) de l'Assemblée parlementaire du
      Conseil de l'Europe, à la demande d'adhésion de l'Albanie en tant qu'Etat membre à part
      entière, vu les engagements pris par les autorités albanaises, tels qu'énoncés aux
      paragraphes 13 et 16 et la liste des obligations et engagements présentés au paragraphe
      17, je souhaite vous communiquer les informations suivantes :<p>i.</p>
    </dd>
    <dd align="center">J'ai le plaisir de vous faire savoir qu'après avoir signé la Convention
      européenne des Droits de l'Homme, le Parlement albanais vient de ratifier ladite
      Convention et ses Protocoles n°1, 2, 4, 7 et 11.<p>ii. </p>
    </dd>
    <dd align="center">A propos du Protocole n°6 à la Convention européenne des Droits de
      l'Homme concernant l'abolition de la peine de mort, comme vous le savez, l'Albanie a
      institué un moratoire sur les exécutions dans un délai de trois ans suivant la date de
      son adhésion. Nous nous engageons pleinement à abolir la peine de mort au cours de cette
      période, ce qui nous permettra automatiquement de ratifier le présent Protocole.<p>iii. </p>
    </dd>
    <dd align="center">Parallèlement à la ratification de la Convention des Droits de l'Homme
      et de ses Protocoles n° 1, 2, 4, 7 et 11, nous avons également ratifié la Convention
      européenne pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou
      dégradants.<p>iv. </p>
    </dd>
    <dd align="center">L'Albanie a signé la Convention-cadre pour la protection des minorités
      nationales et la politique albanaise s'est conformée aux recommandations de l'Assemblée.
      Un pas supplémentaire vient d'être fait ces derniers jours au sujet du droit à
      l'enseignement en langue grecque avec l'ouverture de trois classes destinées aux
      minorités des trois villes suivantes: Delvine, Sarande, Gjirokaster. Il convient
      également de mentionner que les relations entre Albanais et Grecs sont marquées par une
      stabilité croissante et une meilleure compréhension.<p>v. </p>
    </dd>
    <dd align="center">Des progrès importants ont été réalisés dans le domaine de la
      liberté de la presse. Nous avons le plaisir de vous informer que l'an dernier aucune
      sanction n'a été prise à l'encontre de journalistes et qu'un contrôle a eu lieu visant
      à assurer un régime fiscal équitable à toute la presse. Une loi sur les médias
      électroniques est en cours d'élaboration et il est envisagé de réduire les impôts qui
      pèsent sur la presse. <p>vi. </p>
    </dd>
    <dd align="center">Le règlement et les fonctions du parquet font l'objet de modifications
      évidentes. Un travail remarquable a été réalisé en coopération avec le Conseil de
      l'Europe pour transformer cette institution; l'adoption de la loi sur l'organisation du
      pouvoir judiciaire fera de cette institution un organe conforme aux normes du Conseil de
      l'Europe.<p>vii. </p>
    </dd>
    <dd align="center">Comme vous le savez, lors de l'adoption des budgets des tribunaux pour
      l'an prochain, les budget opérationnels ont été approuvés séparément et maintenus
      sous le contrôle direct et entier des juges. A propos du pouvoir judiciaire, nous nous
      félicitons du travail qu'un groupe mixte d'experts d'Albanie et du Conseil de l'Europe,
      créé sous la supervision du Secrétaire Général du Conseil de l'Europe a réalisé, à
      la demande des autorités albanaises, sur l'élaboration d'une loi sur l'organisation du
      pouvoir judiciaire conformément aux normes du Conseil de l'Europe.<p>viii. </p>
    </dd>
    <dd align="center">En dépit des propositions fréquentes du Président du Parlement
      albanais visant à établir une commission constitutionnelle, telle que définie dans les
      principales dispositions constitutionnelles, les partis d'opposition n'ont pas réagi et
      ont passé sous silence le fait que les propositions leur étaient dans une large mesure
      favorables, pour ce qui est de la procédure de participation et de prise de décision.
      Nous vous assurons néanmoins de notre plein engagement pour parvenir rapidement à une
      solution.<p>ix. </p>
    </dd>
    <dd align="center">Par sa politique étrangère, l'Albanie a contribué à la stabilité et
      la paix dans les Balkans. Cette situation a été possible grâce au renforcement
      cohérent des relations avec l'OTAN dans le cadre du &quot;partenariat pour la paix&quot;.
      Il a toutefois été difficile de poursuivre une politique de modération compte tenu du
      mécontentement croissant des Albanais vivant au Kosovo où la situation des droits de
      l'homme et des droits nationaux de la population albanaise est déplorable. L'Albanie
      serait heureuse que le Conseil de l'Europe, en particulier l'Assemblée parlementaire
      s'engage davantage sur la question du Kosovo, notamment par le biais de la Commission des
      questions juridiques et des droits de l'homme.<p>x. </p>
    </dd>
    <dd align="center">Nous avons le grand plaisir de confirmer la coopération existante entre
      les autorités albanaises et l'Assemblée parlementaire en matière de suivi des
      obligations. Le rapporteur a pu, semble-t-il, vérifier ce fait au cours de sa visite en
      Albanie en janvier, dans le cadre du processus de suivi. Nous vous assurons de notre
      volonté de poursuivre cette coopération.<p>xi. </p>
    </dd>
    <dd align="center">Nous étudions sérieusement la Charte sociale du Conseil de l'Europe et
      les Chartes européennes de l'autonomie locale et des langues régionales ou minoritaires.<p>xii.</p>
    </dd>
    <dd align="center">Nous étudions également les Conventions du Conseil de l'Europe et les
      principes concernant notamment l'extradition, l'entraide judiciaire en matière pénale et
      le transfèrement des personnes condamnées. Nous sommes prêts à coopérer plus
      étroitement et plus activement dans ces domaines.</dd>
    <dd align="center">En ce qui concerne l'affaire Nano, suite à la déclaration signée par
      le Président de l'Assemblée du peuple de la République albanaise à l'occasion de
      l'adhésion de l'Albanie au Conseil de l'Europe, je tiens à vous informer qu'à la
      lumière du nouveau Code pénal et Code de procédure pénale, M. Nano a disposé et
      dispose de toutes les possibilités d'une révision de son procès et qu'il n'y a pas
      recouru, laissant entendre par la voix de son avocat qu'il n'a pas confiance dans la
      justice albanaise et nourrit l'espoir qu'après la victoire présumée du Parti Socialiste
      aux élections du 26 mai 1996, son cas pourra être réexaminé, uniquement une fois que
      les juges auront été changés.</dd>
    <dd align="center">Comptant sur votre compréhension pour tous les arguments relatifs au
      processus de suivi et vous remerciant pour votre contribution et votre évaluation
      objective du respect des obligations et engagements susmentionnés, je saisis cette
      occasion pour vous réitérer l'expression de ma plus haute considération.</dd>
    <dd align="center">... <p align="center"><b>ANNEXE V</p>
      </b><p align="center"><b>Communiqué de presse, Tirana, le 22 octobre 1996</b></p>
      <i></dd>
    <dd align="center">TIRANA, 22.10.96.- La délégation du CONSEIL DE L'EUROPE qui a observé
      les élections en Albanie le 20 octobre 1996, se déclare satisfaite du déroulement de
      ces élections, tout en regrettant quelques cas d'irrégularités suffisamment graves pour
      devoir être examinées soigneusement par la Commission Électorale Centrale.</dd>
    <dd align="center">La délégation considère que ces élections ont été libres et
      honnêtes.</dd>
    <dd align="center">Elles reflètent l'expression de la volonté des électeurs et sont aussi
      le résultat d'une préparation administrative et technique sérieuse qui a répondu en
      très grande partie aux demandes formulées par l'Assemblée parlementaire au mois de
      septembre 1996.</dd>
    <dd align="center">La plus importante de celles-ci, reprise par le Président de la
      République, a consisté à réunir une Table Ronde avec l'ensemble des partis politiques
      qui a été déterminante pour le climat des élections.</dd>
    <dd align="center">La délégation note que ces dernières ont été précédées d'une
      campagne électorale calme et sans incident notable et qu'une bonne collaboration a été
      généralement constatée au sein des bureaux de vote le jour du scrutin.</dd>
    <dd align="center">La délégation du Conseil de l'Europe espère avoir contribué à la
      consolidation de la démocratie en Albanie. Elle se félicite de la bonne coopération
      avec la Commission Électorale Centrale et l'ensemble des partis politiques.</dd>
    <dd align="center">La délégation du Conseil de l'Europe souligne le soutien de plusieurs
      autres délégations présentes en Albanie pour observer ces élections avec lesquelles
      s'est établie une concertation efficace.</dd>
    <dd align="center">Un rapport commun de la délégation du Conseil de l'Europe sera
      présenté à l'Assemblée parlementaire et au Congrès des pouvoirs locaux et régionaux
      de l'Europe. Il contiendra un bilan circonstancié de l'observation ainsi que des
      propositions constructives visant à remédier à certaines insuffisances constatées.</i>
      <p align="center"><b>Communiqué de presse, Tirana, le 29 octobre 1996</b></p>
      <i></dd>
    <dd align="center">TIRANA, 29.10.96: - La mission d'observation du Conseil de l'Europe se
      déclare globalement satisfaite de la façon dont s'est déroulé le second tour des
      élections locales, le dimanche 27 octobre, comme elle l'avait fait lors du premier tour
      le 20 octobre - même si elle déplore de nouvelles irrégularités suffisamment graves
      pour justifier un examen attentif de la part de la Commission électorale centrale.</dd>
    <dd align="center">&quot;Ces irrégularités inquiètent le Conseil de l'Europe, qui s'est
      chargé d'assurer le suivi du processus de démocratisation en Albanie&quot; a déclaré
      Andreas GROSS, Député suisse et porte-parole de la délégation.</dd>
    <dd align="center">&quot;Il y a deux grands sujets d'inquiétude, a-t-il ajouté. Le premier
      a trait aux diverses erreurs qui ont été commises dans l'application de la loi
      électorale et à la nécessité d'améliorer la présentation de la liste des
      électeurs.&quot; &quot;Le deuxième sujet de préoccupation concerne certains incidents
      graves liés au comportement de certains représentants de partis. Les manoeuvres
      flagrantes visant à compromettre la tenue d'élections libres et équitables sont tout à
      fait inacceptables, même si elles sont très peu nombreuses.&quot; Lady FARRINGTON,
      rapporteur du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe, a ajouté que
      &quot;Dans une société démocratique, les représentants de partis engagés dans un
      processus officiel devraient constamment respecter la loi, et toute atteinte grave à la
      confiance dont ils sont dépositaires doit être sanctionnée. Les partis politiques
      devraient assumer leur responsabilité en ce qui concerne le comportement de leurs
      représentants officiels dans le cadre d'élections locales&quot;. La délégation a
      conclu que mis à part ces incidents isolés dans les districts visités, le scrutin
      pouvait être considéré comme ayant été suffisamment libre et équitable pour être
      reconnu comme traduisant fidèlement le choix des citoyens en ce qui concerne leur futur
      maire ou chef de commune. Elle a estimé, par ailleurs, que ces élections étaient un pas
      décisif dans la bonne direction Sur les 31 districts dans lesquels aucun candidat n'avait
      obtenu la majorité requise le 20 octobre, 21 ont reçu la visite d'observateurs
      internationaux, et notamment celle de la délégation du Conseil de l'Europe, qui
      comprenait des membres de l'Assemblée parlementaire et du Congrès des pouvoirs locaux et
      régionaux de l'Europe. Une évaluation détaillée du suivi des deux tours figurera dans
      un rapport commun qui sera soumis à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe et
      au Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe. Ce rapport contiendra
      également des propositions constructives sur la façon dont on peut remédier à
      certaines insuffisances observées lors des élections locales.</i> <p>Commission chargé
      du rapport: commission des questions juridiques et des droits de l'homme</p>
      <p>Implications budgétaires pour l'Assemblée: néant</p>
      <p>Renvoi en commission: Directive n° 508 (1995)</p>
      <p>Projet de résolution et projet de recommandation adoptés à l'unanimité par la
      commission le 20 janvier 1997.</p>
      <p>Membres de la commission: <i>M. Hagård</i> (<i>Président</i>), M. Schwimmer,<i> </i>M<em sup>me</em><i> Err</i> (<i>Vice-Présidents</i>), M<em sup>me</em> <i>Aguiar</i>, MM. <i>Akçali</i>,
      <i>Alexander</i>, Bartumeu Cassany, Berti, Besostri, Bindig, Bobelis, Bu_ar, Cimoszewicz, <i>Clerfayt</i>,
      <i>Columberg</i>, <i>Contestabile</i>, Deasy (Remplaçant: <i>Connolly</i>), Dees
      (Remplaçant: <i>Jurgens</i>), <i>Deniau</i>, Fenech, Filimonov, <i>Fogas</i>, M<em sup>me</em>
      Frimansdóttir, MM. Frunda, Fuhrmann, Fyodorov, M<em sup>me</em> Gelderblom-Lankhout, MM.
      Guenov, <i>Gürel</i>, M<em sup>me</em> Holand, MM. Holovatiy (Remplaçant: <i>Kostytsky</i>),
      Hunault, <i>Jansson</i>, <i>Jaskiernia</i>, Jeambrun, <i>Kelam</i>, Kirkhill, Koschyk, <i>Kovacevic</i>,
      Kovalev, Kyprianou (Remplaçant: C<i>hristodoulides</i>), Loutfi, <i>Magnusson</i>,
      Martins, <i>Mészáros</i>, <i>Micheloyiannis</i>, Moeller, <i>Németh</i>, M<em sup>me</em>
      Noveská, MM. Pantelejevs, <i>Pollo</i>, Polydoras, Poppe, Prokop (Remplaçant: <i>Plechatá</i>),
      Rathbone, <i>Rhinow</i>, Robles Fraga, Rodeghiero, Severin, Solé Tura, Solonari,
      Stretovych, Tahiri, <i>Weyts</i>, M<em sup>me</em> <i>Wohlwend</i>.</p>
      <p><i>N.B. Les noms des membres qui ont pris part au vote sont indiqués en italique. </i></p>
      <p>Secrétaires de la commission: M. Plate, M<em sup>mes</em> Chatzivassiliou, Kleinsorge
      et Clamer. </p>
      <hr>
      <hr size="1">
      <p><i><a href="fdoc7716.htm#Footref1" name="Footnote1">Note: 1</a><em sup> . De la commission des
      questions juridiques et des droits de l'homme.</i></p>
      <hr size="1">
      <p><i><a href="fdoc7716.htm#Footref2" name="Footnote2">Note: 2</a> . Des extraits de cet avis sont
      reproduits en annexe&nbsp;I.</i></p>
      <hr size="1">
      <p><i><a href="fdoc7716.htm#Footref3" name="Footnote3">Note: 3</a><em sup> . Reproduite en
      annexe&nbsp;II.</i></p>
      <hr size="1">
      <p><i><a href="fdoc7716.htm#Footref4" name="Footnote4">Note: 4</a><em sup> . Voir annexe IV.</i></p>
      <hr size="1">
      <p><i><a href="fdoc7716.htm#Footref5" name="Footnote5">Note: 5</a><em sup> . Le programme figure en
      annexe III.</i></p>
      <hr size="1">
      <p><i><a href="fdoc7716.htm#Footref6" name="Footnote6">Note: 6</a><em sup> . Le rapport d'information
      sur les élections locales en Albanie (Doc. 7699 addendum I) a été renvoyé à la
      Commission (renvoi n° 2140) dans le cadre de la procédure de suivi. Les communiqués de
      presse de la délégation de l'Assemblée sont reproduits en annexe V. En outre, la
      Commission des questions politiques évoquera les élections dans son avis.</i></p>
      <hr size="1">
      <p><i><a href="fdoc7716.htm#Footref7" name="Footnote7">Note: 7</a><em sup> . A l'article 20 (2) il est
      stipulé que le rédacteur en chef ou l'éditeur qui n'empêche pas une violation du droit
      pénal dans sa publication est passible d'une peine de prison pouvant atteindre un an, ou
      d'une amende, même s'il est coupable d'une simple négligence.</i></p>
      <hr size="1">
      <p><i><a href="fdoc7716.htm#Footref8" name="Footnote8">Note: 8</a><em sup> . Ces problèmes ont déjà
      été soulevés par des experts du Conseil de l'Europe travaillant sur le projet du Code
      pénal.</i></p>
      <hr size="1">
      <p><i><a href="fdoc7716.htm#Footref9" name="Footnote9">Note: 9</a><em sup> . Le 8 juin 1995, Ilir
      Hoxha, fils d'Enver&nbsp;Hoxha, a été reconnu coupable «d'incitation à la haine contre
      certaines parties de la population» et condamné à un an de prison. Les chefs
      d'inculpation reposaient sur une interview parue dans le journal <i>Modeste</i>, dans
      laquelle Hoxha plaidait le dossier de son père et critiquait le gouvernement actuel.(Les
      représentants du gouvernement albanais ont affirmé que Hoxha avait déclaré que les
      masses populaires qui avaient renversé et traîné à travers les rues la statue du
      dictateur communiste subiraient le même sort). </i></p>
      <hr size="1">
      <p><i><a href="fdoc7716.htm#Footref10" name="Footnote10">Note: 10</a><em sup> . Le rédacteur en chef
      d'<i>Aleanca</i>, M.&nbsp;Blendi&nbsp;Fevziu, a été condamné le
      6&nbsp;décembre&nbsp;1995 à une amende de 200&nbsp;000&nbsp;lek pour diffamation et
      diffusion de fausses nouvelles, mais sa peine a été levée par décret présidentiel du
      8&nbsp;décembre&nbsp;1995. M. Gjergji&nbsp;Zefi, rédacteur du journal&nbsp;<i>Lajmentari</i>,
      a été condamné le 27&nbsp;décembre&nbsp;1995 à un mois de prison et à un an
      d'interdiction d'emploi dans la fonction publique pour diffamation d'un fonctionnaire et
      d'un policier. Dans les deux&nbsp;cas, il s'agissait d'articles sur la corruption.</i></p>
      <hr size="1">
      <p align="left"><i><a href="fdoc7716.htm#Footref11" name="Footnote11">Note: 11</a><em sup> . Un
      journaliste travaillant pour la presse du parti d'opposition s'est plaint du fait que
      parfois la police le détenait en garde à vue ainsi que ses collègues, pendant 3 à
      5&nbsp;heures et confisquait leurs films.</i></p>
      <hr size="1">
      <p align="left"><i><a href="fdoc7716.htm#Footref12" name="Footnote12">Note: 12</a><em sup> . La
      Commission a été informée le 20 janvier 1997 que la taxe sur la publicité et l'impôt
      sur les bénéfices ont été récemment supprimés.</i></p>
      <hr size="1">
      <p align="left"><i><a href="fdoc7716.htm#Footref13" name="Footnote13">Note: 13</a><em sup> . Il n'y a
      eu aucune réclamation de la sorte durant la campagne pour les élections locales en
      octobre 1996.</i></p>
      <hr size="1">
      <p align="left"><i><a href="fdoc7716.htm#Footref14" name="Footnote14">Note: 14</a><em sup> . Lettre de
      M.S Berisha, Président de l'Albanie, en date du 4 juin 1996, adressée au Président de
      l'Assemblée et reproduite dans AS/Pol/inf(1996) 4, page 11. </i></p>
      <hr size="1">
      <p><i><a href="fdoc7716.htm#Footref15" name="Footnote15">Note: 15</a><em sup> . Le Doc. 7611 de
      l'Assemblée évoque également cette question, qui a été renvoyée à la Commission
      dans le cadre de la procédure de suivi (renvoi n° 2118).</i></p>
      <hr size="1">
      <p><i><a href="fdoc7716.htm#Footref16" name="Footnote16">Note: 16</a><em sup> . AS/Jur (1995) 31
      rév., pp. 17-19</i></p>
      <hr size="1">
      <p><i><a href="fdoc7716.htm#Footref17" name="Footnote17">Note: 17</a><em sup> . Ainsi, au cours de
      notre visite, le parti socialiste a accusé la police d'avoir brutalisé M. Pellumbi,
      vice-président du parti, pour l'empêcher de se livrer à des activités publiques dans
      la ville de Lushnja - on nous a montré des photographies de contusions sur les jambes de
      M. Pellumbi - et d'avoir gêné un certain nombre d'autres membres importants du parti
      dans leur travail. L'Alliance démocratique a accusé la police d'avoir menacé son
      parlementaire et secrétaire général, M. Imami, et de l'avoir empêché de se rendre à
      une réunion dans la région de Vermosh. Elle a également accusé des agents des services
      secrets d'avoir enquêté sur des réunions de l'Alliance à Kombinat, Tirana, Vrisera et
      Gjirokaster.</i></p>
      <hr size="1">
      <p><i><a href="fdoc7716.htm#Footref18" name="Footnote18">Note: 18</a><em sup> . Réponse du Ministre
      de la Justice à la Commission des questions juridiques et des droits de l'homme,
      reproduite dans AS/Jur (1995) 31 rév., page 21.</i></p>
      <hr size="1">
      <p></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em><a href="fdoc7716.htm#Footref19" name="Footnote19">Note: 19</a> . CDL&nbsp;(95)&nbsp;74&nbsp;rév.,
      page&nbsp;14.</p>
      <hr size="1">
      <p><a href="fdoc7716.htm#Footref20" name="Footnote20">Note: 20</a> . Tous les partis d'opposition
      albanais ont accepté le principe de la lustration et de l'ouverture des fichiers des
      services secrets.</p>
      <hr size="1">
      <p><a href="fdoc7716.htm#Footref21" name="Footnote21">Note: 21</a> . L'expérience de la République
      tchèque montre que des officiers de renseignement ont parfois réussi à se faire verser
      des primes en inscrivant de faux noms dans le fichier, en attribuant à trois ou quatre
      personnes les informations obtenues d'une seule, ou en continuant à enregistrer certaines
      personnes comme «candidates à la collaboration» même après qu'elles aient refusé de
      travailler avec les services secrets.</p>
      <hr size="1">
      <p></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em><a href="fdoc7716.htm#Footref22" name="Footnote22">Note: 22</a> . Mathieu-Mohin et Clerfayt c. Belgique,
      Série A, n°113, arrêt du 2 mars 1987, paragraphe 52.</p>
      <hr size="1">
      <p><a href="fdoc7716.htm#Footref23" name="Footnote23">Note: 23</a> . Selon le parti socialiste, la
      période décembre&nbsp;1990-mars&nbsp;1991, au cours de laquelle le parti<i><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup> </em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></i>communiste
      a accepté la création d'autres formations politiques et au cours de laquelle le
      dirigeant du parti socialiste Fatos&nbsp;Nano était Premier ministre, était déjà
      démocratique.</p>
      <hr size="1">
      <p><a href="fdoc7716.htm#Footref24" name="Footnote24">Note: 24</a> . D'après les représentants du
      gouvernement albanais, sur les 139 candidats initialement déclarés inéligibles à ces
      élections, 5 étaient membres du parti DP. Sur les 60 candidats qui auraient déposé un
      recours devant la Cour de cassation, 50 ont été déboutés.</p>
      <hr size="1">
      <p><a href="fdoc7716.htm#Footref25" name="Footnote25">Note: 25</a> . Le Président du Parlement
      albanais, M Arbnori a précisé qu'en tant qu'organe administratif, la commission n'a pas
      le droit d'ordonner de telles peines mais doit s'adresser à un tribunal pour les faire
      infliger.</p>
      <hr size="1">
      <p><a href="fdoc7716.htm#Footref26" name="Footnote26">Note: 26</a> . Quand ces amendements - qui
      excluent la révision d'un procès par la juridiction supérieure, conformément à
      l'ancien Code de procédure pénale - ont été adoptés, la Cour de cassation avait
      déjà commencé à examiner l'affaire Nano. <i><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup><em sup></p>
    </dd>
    </div></dd>
  </em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></i>
</dl>
</body>
</html>
