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<meta name="subject" content="Projet politique européen">
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<title>Projet politique europ&#233;en</title>
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<p><b><img src="../logotran.gif" width="311" height="162"></b></p>

<hr size="1">

<p><font size="6"><b>Projet politique européen</b></font></p>

<p><font size="4">Rapport</font></p>

<p><b>Doc. 8285</b></p>

<p>22 décembre 1998</p>

<p><font size="4">Commission des questions politiques</font></p>

<p><font size="4">Rapporteur&nbsp;: Mme Kristina Ojuland,
Estonie, Groupe libéral, démocrate et réformateur</font></p>

<hr size="1">

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><i>Résumé&nbsp;</i></p>

<blockquote>
    <p>L&#146;Assemblée considère que le Conseil de
    l&#146;Europe et l&#146;Union Européenne sont les
    principales institutions capables de faire avancer le projet
    politique européen qui comprend à la fois les processus de
    coopération et d&#146;intégration européennes. Elle
    souligne l&#146;importance de la participation des
    populations à ces processus en tant qu&#146;élément
    essentiel de sa transparence et de sa légitimité
    démocratique.</p>
    <p>Par conséquent, l&#146;Assemblée préconise une plus
    grande participation des citoyens et des élus du peuple aux
    processus de décisions concernant la coopération et
    l&#146;intégration européennes, tant au niveau
    pan-européen qu&#146;au niveau national. L&#146;Assemblée
    invite également tous les Etats européens à reconnaître
    l&#146;importance de la dimension parlementaire du projet
    politique européen et à renforcer les moyens ainsi que les
    pouvoirs des organes parlementaires européens.</p>
</blockquote>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><b>I. Projet de résolution</b></p>

<blockquote>
    <p>1. L&#146;Assemblée constate que depuis la fin de la
    guerre froide, la coopération et l&#146;intégration entre
    les Etats européens n&#146;ont cessé de gagner en ampleur
    et en extension géographique. Le Conseil de l&#146;Europe et
    l&#146;Union européenne sont les principales institutions
    capables de faire avancer ce projet politique européen.</p>
    <p>2. L&#146;Assemblée a constamment souligné
    l&#146;importance de la participation des populations au
    projet politique européen en tant qu&#146;élément
    essentiel de sa légitimité.</p>
    <p>3. Le soutien public au projet politique européen ne peut
    être considéré comme automatiquement acquis. Il faut
    plutôt y voir un objectif à atteindre par une juste
    identification des besoins et des intérêts véritables des
    citoyens, par une diffusion régulière d&#146;informations
    accessibles et compréhensibles sur tous les aspects de la
    coopération et de l&#146;intégration européennes, et par
    une consultation des citoyens avant toute décision majeure
    touchant à l&#146;intégration politique et économique.</p>
    <p>4. Tout en reconnaissant le rôle essentiel des
    gouvernements et des fonctionnaires internationaux dans le
    projet politique européen, l&#146;Assemblée préconise une
    plus grande participation des élus du peuple aux processus
    de décision, estimant que cette participation, qui devrait
    intervenir au double niveau européen et national, est un
    élément essentiel de transparence.</p>
    <p>5. L&#146;Assemblée, qui réunit des parlementaires
    provenant de quarante pays et représentant plus de 850
    millions d&#146;Européens, contribue de façon majeure à
    responsabiliser le projet politique européen. Il convient
    donc de renforcer son rôle au sein du Conseil de
    l&#146;Europe et dans ses relations avec les autres
    organisations européennes.</p>
    <p>6. L&#146;Assemblée souligne qu&#146;en dépit du
    transfert croissant de compétences au niveau européen, les
    parlements nationaux demeurent le cadre principal de
    l&#146;exercice des droits démocratiques par les citoyens.
    Leur rôle dans le projet politique européen ne doit pas se
    limiter à approuver pour la forme des accords déjà
    finalisés. Sans débats réguliers, concrets et riches de
    sens sur les questions européennes au sein des parlements
    nationaux, le projet politique européen risque d&#146;être
    perçu par le public comme coupé de leurs préoccupations,
    bureaucratique et non démocratique.</p>
    <p>7. L&#146;Assemblée invite les parlements des Etats
    membres du Conseil de l&#146;Europe à:</p>
    <blockquote>
        <ol type="i" start="1">
            <li>créer des commissions chargées des affaires
                européennes, lorsque celles-ci n&#146;existent
                pas encore, pour suivre, parmi d&#146;autres
                questions, les travaux de toutes les institutions
                européennes&nbsp;;</li>
            <li>veiller à ce que le président de leur
                délégation nationale à l&#146;Assemblée rende
                régulièrement compte à la commission
                susmentionnée des activités de la délégation
                et de l&#146;Assemblée parlementaire ainsi que,
                plus globalement, des travaux de l&#146;ensemble
                du Conseil de l&#146;Europe&nbsp;;</li>
            <li>organiser régulièrement des débats sur tous
                les aspects pertinents du projet politique
                européen en vue d&#146;élaborer des
                orientations politiques à l&#146;adresse de
                leurs gouvernements&nbsp;;</li>
            <li>fournir régulièrement des informations
                complètes aux citoyens sur les activités
                qu&#146;ils mènent en matière de coopération
                et d&#146;intégration pan-européennes&nbsp;;</li>
            <li>encourager la coopération entre les partis
                politiques représentés dans leur parlement et
                les groupes politiques qui leur sont apparentés
                à l&#146;Assemblée et dans les autres enceintes
                parlementaires européennes.</li>
        </ol>
    </blockquote>
    <p>8. L&#146;Assemblée invite tous les Etats européens à
    reconnaître l&#146;importance de la dimension parlementaire
    du projet politique européen et à assurer aux organes
    parlementaires européens des moyens et des pouvoirs
    suffisants pour leur permettre de fonctionner efficacement.</p>
</blockquote>

<p>&nbsp;</p>

<p><b>II. Exposé des motifs par Mme Ojuland</b></p>

<p>&nbsp;</p>

<p><b><i>I. Introduction</i></b></p>

<blockquote>
    <p>1.<b> </b>Le 3 novembre 1998, le Bureau de l'Assemblée a
    décidé d'inscrire au projet d'ordre du jour de la partie de
    session de janvier 1999 un débat intitulé «un projet pour
    la grande Europe» qui examinerait le rapport sur le projet
    politique européen ainsi que deux autres rapports: celui sur
    le rapport du Comité des Sages «construire la grande Europe
    sans clivages», par la commission des affaires politiques et
    celui sur «l'Europe: une vision continentale» par la
    commission des relations parlementaires et publiques.</p>
    <p>2. Compte tenu de cette décision et de la portée des
    deux autres rapports, le rapporteur a décidé de se
    concentrer sur le soutien politique dont bénéficie ou non
    le projet européen parmi les citoyens d'Europe. L'ampleur de
    ce soutien est important pour la légitimité démocratique
    des institutions qui mènent ce projet. </p>
    <p>3. Le rapport et le projet de résolution
    s&#146;intéresseront également à la nécessité de donner
    un véritable rôle aux parlementaires dans le projet
    politique européen, ce rôle étant un élément essentiel
    de la transparence démocratique.</p>
    <p>4. Pour les besoins du présent rapport, l'expression
    «projet politique européen» recouvre à la fois les
    processus de coopération et d'intégration européennes tels
    qu'ils sont menés par le Conseil de l'Europe et l'Union
    européenne, qui sont les deux principaux organismes ayant
    une vocation clairement européenne.</p>
    <p>5. Le rapport repose en partie sur des sondages d'opinion
    menés périodiquement par l'eurobaromètre<a href="#Footnote1" name="Footref1"><em>(1)</em></a> dans les
    quinze Etats membres de l'Union européenne ainsi que dans
    les dix Etats d'Europe centrale et orientale candidats à
    l'adhésion. Ces sondages, strictement parlant, ne
    renseignent que sur l'attitude envers l'appartenance à
    l'Union européenne mais ils sont globalement révélateurs
    du soutien au projet politique européen.</p>
</blockquote>

<p>&nbsp;</p>

<p><b><i>II. L'origine du projet politique européen</i></b></p>

<blockquote>
    <p>6.<b> </b>Après la deuxième guerre mondiale, plusieurs
    initiatives furent prises pour donner corps au vieux rêve
    d'une Europe unie, et abolir les divisions entre les
    Européens et mettre en place la coopération en tant que
    garantie de la paix. L'Italien Altiero Spinelli proposa un
    projet de constitution européenne reposant sur l'idée d'une
    complémentarité entre les pouvoirs nationaux et européens.
    Le Suisse Denis de Rougement défendit l'idée d'un
    fédéralisme interne et proposa le démantèlement des
    Etats-nations pour construire une Europe librement acceptée
    par les régions.</p>
    <p>7. Dans un discours prononcé le
    19&nbsp;septembre&nbsp;1946 à Zurich, Winston Churchill
    marqua une étape essentielle dans l'histoire de la pensée
    européenne en évoquant l&#146;idée d&#146;«Etats-Unis
    d'Europe».</p>
    <p>8. Les tentatives pour créer un nouvel ordre en Europe
    n'ont cependant pas permis d&#146;empêcher une division de
    plus en plus marquée du vieux continent en deux blocs
    antagonistes. Cette coupure entre l'est et l'ouest,
    confirmée en 1948, a inciter les pays d'Europe occidentale
    à resserrer les rangs.</p>
    <p>9. C'est dans ce contexte que s'est tenu en mai 1948, à
    La Haye, le Congrès de l'Europe, sous les auspices d'un
    comité de coordination international qui réunissait tous
    les mouvements européens. Les principes fondamentaux
    suivants y ont été définis comme bases pour garantir la
    paix:</p>
    <ul>
        <li>la réconciliation entre les ennemis des guerres
            mondiales;</li>
        <li>la confiance et la solidarité entre des Etats
            décidant volontairement d'exercer leur souveraineté
            en commun de façon à servir la cause supérieure du
            bien commun;</li>
        <li>l'égalité des Etats ayant accepté de participer au
            projet commun.</li>
    </ul>
    <p>10. C'est au cours de ce congrès que les responsables de
    dix pays européens décidèrent de créer le Conseil de
    l'Europe, dont le statut a été signé à Londres le 5 mai
    1949. Le but principal du Conseil de l'Europe devait être la
    construction d'une société juste et démocratique soucieuse
    de renforcer la coopération internationale et la
    compréhension mutuelle.</p>
    <p>11. Jean Monnet, l'architecte de l'intégration
    européenne, proposa un nouveau cadre économique et
    politique pour reconstruire les démocraties sur les
    décombres de la deuxième guerre mondiale et empêcher les
    conflits franco-allemands de replonger le continent, et le
    monde, dans la guerre. La vision de Monnet avait avant tout
    une dimension économique et commerciale, mais son but ultime
    était d'ordre politique. </p>
    <p>12. Son idée occupe une place centrale dans le document
    fondateur de l'intégration européenne de l'après-guerre,
    le plan Schumann de 1950, élaboré par le ministre des
    Affaires étrangères français Robert Schumann et Monnet
    lui-même en consultation étroite avec le chancelier
    allemand Konrad&nbsp;Adenauer. Ce plan a servi de base pour
    une stratégie visant à édifier progressivement une Europe
    intégrée.</p>
    <p>13. Ces précurseurs proposèrent la création de la
    Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), qui
    vit le jour en 1952. Le but déclaré de la Ceca était de
    créer la base d'une communauté plus large et plus profonde
    entre les peuples longtemps divisés par des conflits
    sanglants, et de poser les fondations des institutions qui
    donneront l'orientation à une destinée désormais
    partagée.</p>
    <p>14. Après l'échec de la création d'une communauté
    européenne de défense, les Six décidèrent d'approfondir
    la coopération économique. La Communauté économique
    européenne (CEE) a été créée en même temps que la
    Communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom). Le
    but de la CEE était d'aligner les politiques économiques de
    ses membres afin de stimuler une expansion régulière et
    équilibrée de l&#146;activité économique, de renforcer la
    stabilité, de contribuer à une augmentation plus rapide du
    niveau de vie et à resserrer les relations entre les Etats
    participants.</p>
    <p>15. Dans les décennies qui suivirent, le développement
    de la Communauté européenne s'est caractérisé par la
    création d'une Union douanière, des élargissements
    successifs et le début du débat sur la forme de l'union
    politique, qui a conduit à l'accord sur l&#146;élection du
    Parlement européen au suffrage direct et à l'achèvement du
    marché intérieur par l'Acte unique européen. Plus
    récemment, l'attention a porté sur la révision élargie
    des traités, qui a conduit à la conclusion en 1992 du
    Traité sur l'Union européenne et, en 1997, du Traité
    d'Amsterdam. Ces derniers traités, qui aboutissent à un
    renforcement de la coopération politique, définissent le
    cadre juridique de l'Union monétaire européenne et de la
    citoyenneté européenne, et formalisent le principe de
    subsidiarité. </p>
    <p>16. Le Conseil de l'Europe s'est élargi depuis la chute
    du mur de Berlin et réunit aujourd'hui quarante Etats
    membres. Il est devenu un pilier de l'Europe unie au sens
    large, rassemblant tous les pays qui ne sont pas en position
    de devenir membres de l'Union européenne. Le Conseil de
    l'Europe aide les pays postcommunistes à rétablir leurs
    institutions démocratiques, l'état de droit et le respect
    des droits de l'homme. La Cour européenne des droits de
    l'homme est ouverte à plus de 850&nbsp;millions&nbsp;de
    personnes vivant dans les Etats membres.</p>
    <p>17. A la fin du millénaire, l'idée d'une Europe unie est
    devenue plus actuelle que jamais. Il existe une volonté
    politique claire qui va dans le sens d'un renforcement de
    l'intégration. L'Union européenne procède actuellement à
    des réformes internes et s'élargit vers l'est. Six pays
    &#150; la République tchèque, l'Estonie, la Hongrie, la
    Pologne et la Slovénie [et Chypre] &#150; ont commencé les
    négociations d'adhésion le 10&nbsp;novembre&nbsp;1998. Le
    Conseil de l'Europe examine également plusieurs demandes
    d'adhésion. Le défi est historique pour tous les pays
    européens qui peuvent réaliser l&#146;union du continent
    sur la base de valeurs communes visant à garantir la paix,
    la liberté, les droits de l'homme et le bien-être
    économique.</p>
    <p>18. Cependant, l'Europe reste confrontée à des conflits
    non résolus, essentiellement dans les Balkans et le Caucase.
    Il revient manifestement aux pays constituant l'Europe de
    trouver ensemble et dès que possible une solution pacifique,
    avec l&#146;aide d'autres organisations internationales. Il
    faut prendre au sérieux les leçons de deux guerres
    mondiales qui ont ravagé l&#146;Europe au cours de ce
    siècle. L'Europe ne peut pas se permettre de rester
    divisée.</p>
    <p>19. L'Europe a besoin d'une vision pour l'avenir. Dans le
    processus de mondialisation et de développement rapide de la
    société de l'information, les frontières entre les
    Etats-nations perdent de leur importance. La libéralisation
    économique et les sociétés ouvertes doivent être les
    mots-clés de tous les pays européens pour le siècle
    prochain.</p>
    <p>20. Une Europe unie doit se construire sur une base
    légitime et politique claire. L'intégration européenne ne
    peut être forcée artificiellement; elle doit être conçue
    comme un processus souple adapté aux circonstances.
    L'approfondissement de l'intégration politique ne peut
    devenir réalité que si les citoyens la veulent. Ignorer
    l'opinion publique serait en contradiction avec la
    légitimité démocratique.</p>
</blockquote>

<blockquote>
    <blockquote>
        <blockquote>
            <p>&nbsp;</p>
        </blockquote>
    </blockquote>
</blockquote>

<p><b><i>III. Absence de consensus sur l'avenir politique de
l'Union européenne </i></b></p>

<blockquote>
    <p>21.<b> </b>L'intégration européenne expose les Etats
    participants à l'influence de forces supranationales sur
    leurs systèmes politiques nationaux et sur le contenu de
    leurs politiques publiques. L'impact de ces influences
    supranationales varie selon les secteurs politiques.</p>
    <p>22. Au lieu d'accumuler une autorité politique étendue
    et autonome, l'Union cherche progressivement à modifier
    l'exercice de l'autorité politique nationale en associant
    les Etats membres à un réseau de collaboration et de
    coopération. Combiner la dimension nationale et la dimension
    européenne n'a jamais été un processus facile ni
    linéaire; il procède plutôt par morceaux et par à-coups,
    et il est souvent contesté.</p>
    <p>23. L'équilibre entre la compétence nationale et celle
    partagée de l'Europe est une question très conflictuelle au
    sein de l'Union. L'ouverture vers l'Europe et l'adaptation à
    une internationalisation croissante varient selon les Etats
    membres et, à l'intérieur de ces Etats, selon les groupes
    sociaux et les institutions.</p>
    <p>24. Les pays de l'Union européenne ont toujours été
    divisés entre le nord et le sud, les riches et les pauvres,
    ainsi qu'entre les grands et les petits. Cependant, une
    nouvelle division est apparue entre les fédéralistes et les
    partisans de l'Etat-nation.</p>
    <p>25. En même temps que l'élargissement vers l'est, on
    pourrait voir se développer la notion d'une Europe à
    plusieurs vitesses à cause des différences de niveau
    économique et de volonté politique, et des divergences de
    vues sur la coopération dans le secteur de la défense.</p>
    <p>26. En outre, il n'y a pas de consensus sur l'avenir
    politique de l'Europe concernant l'élargissement aux pays
    d'Europe centrale et orientale. Il n'y a pas d'accord sur la
    date à laquelle un tel élargissement doit intervenir, ce
    qui crée des frustrations dans les pays d'Europe centrale et
    orientale, où le soutien public pour l'adhésion à l'Union
    européenne décroît année après année.</p>
</blockquote>

<p>&nbsp;</p>

<p><b><i>IV. Légitimité politique de l'Union européenne</i></b></p>

<blockquote>
    <p>27.<b> </b>Dans la mesure où l'Union européenne allait
    au-delà des problèmes de réglementation et de création de
    marchés pour s'intéresser aux questions sensibles de
    l'autorité de l'Etat, les institutions de l'Union et les
    gouvernements des Etats membres ressentait la nécessité
    d'accroître la transparence et de s'attaquer à la question
    du déficit de légitimité.</p>
    <p>28. Les dirigeants nationaux et européens n'ont que
    partiellement soulevé la question de la place accordée à
    l'opinion publique pour définir l'orientation du processus
    européen vers un renforcement de la coopération. Par suite
    de l'absence de stratégie pour obtenir le soutien du public
    à l&#146;idée de l'intégration de l'Europe, des attitudes
    négatives se sont développées dans les opinions publiques
    de divers pays. Les référendums danois et français sur
    Maastricht en ont fourni amplement la preuve.</p>
    <p>29. Le grand public est aujourd'hui très conscient de ce
    que l'on appelle le déficit démocratique, c'est-à-dire le
    fossé qui sépare les pratiques démocratiques en théorie
    et en réalité. Le public a tendance à exagérer le rôle
    du Parlement européen et à projeter sur l'Europe l'image
    des parlements nationaux.</p>
    <p>30. Ce déficit est renforcé par la faible correspondance
    qui existe entre les élections au Parlement européen et la
    composition d'un «gouvernement de l'Union européenne».
    Cette absence de correspondance sert souvent à expliquer la
    participation relativement faible des électeurs aux
    euro-élections, ce qui semble affaiblir la légitimité
    démocratique du Parlement européen.</p>
    <p>31. Un exemple récent d'opposition à l'approfondissement
    de l'intégration a été l'absence de soutien public à la
    mise en place d'une monnaie commune à tous les Etats
    membres.</p>
    <p>32. Le budget de l'Union européenne sert de plus en plus
    à promouvoir des liens et des réseaux entre des groupes ou
    des régions à l'intérieur des Etats membres. De plus en
    plus, des groupes bénévoles ressentent la nécessité de
    s'organiser non seulement au sein de leur pays, mais aussi au
    niveau de l'Union, ce qui leur permet d'exercer une influence
    sur la Commission et sur le Parlement européen. La
    Commission voit dans le soutien apporté à ces réseaux
    transnationaux une critique de sa légitimité et de celle de
    l'Union européenne dans son ensemble.</p>
    <p>33. Le problème du déficit démocratique ne concerne pas
    seulement l'Union européenne, mais la communauté
    internationale tout entière. Si l'importance des décisions
    prises dans les différentes enceintes internationales
    devient de plus en plus grande, le cercle des décideurs se
    restreint. Il se compose presque exclusivement de
    représentants de gouvernements, à l'exclusion des
    parlementaires dont le rôle se limite souvent à ratifier
    des faits accomplis.</p>
</blockquote>

<p>&nbsp;</p>

<p><b><i>V. Enquêtes sur le soutien public à
l&#146;intégration européenne</i></b></p>

<blockquote>
    <p>34.<b> </b>Le préambule de tous les accords européens,
    depuis le statut du Conseil de l'Europe jusqu'au Traité
    d'Amsterdam, contient une référence aux peuples d'Europe.
    En réalité, les peuples eux-mêmes voit souvent dans le
    projet politique européen comme un exercice de bureaucrates
    pour des bureaucrates, sur lequel ils exercent peu ou pas
    d'influence.</p>
    <p>35. Une enquête menée au printemps de 1998 montre que le
    soutien moyen à l'adhésion à l'Union européenne parmi les
    citoyens des quinze Etats membres de l'Union est de
    51&nbsp;%. Ce soutien a régulièrement décliné (il
    atteignait 70&nbsp;% en 1990-91), mais il a repris quelques
    points au cours des deux dernières années par rapport à un
    minimum absolu de moins de 50&nbsp;% en 1996.</p>
    <p>36. Le soutien à l'adhésion est surtout faible dans les
    trois pays qui ont adhéré les derniers &#150; l'Autriche,
    la Finlande et la Suède &#150; avec 36&nbsp;% pour les deux
    premiers pays et 32&nbsp;% pour le dernier.</p>
    <p>37. Dans les dix pays candidats, 50&nbsp;% du public
    estime que «les buts et activités de l'Union européenne
    sont généralement positifs». Le soutien est le plus
    élevé en Pologne (56&nbsp;%) et le plus faible en Lettonie
    (33&nbsp;%).</p>
    <p>38. Un soutien de seulement une moitié de la population
    en faveur des processus qui façonnent la réalité politique
    et économique des Etats membres de l&#146;Union européenne
    et, de plus en plus aussi, des pays candidats ne répond
    certainement pas à ce que souhaiteraient les décideurs de
    ces pays. Ces derniers, d&#146;ailleurs, en même temps que
    les chefs d&#146;entreprises, les universitaires et les
    représentants des médias manifestent un plus grand soutien
    à l&#146;adhésion à l&#146;Union européenne que le
    citoyen moyen. Pour les dix pays de l&#146;Europe centrale et
    orientale, les pro-Européens dans ces segments de la
    population atteint les 80%.</p>
    <p>39. Bien que les chiffres ci-dessus ne concernent que le
    soutien à l&#146;Union européenne, les résultats pour le
    projet politique européen dans son ensemble risquent
    d&#146;être assez comparables. On n&#146;y rencontre pas de
    questions épineuses comme celles qui sont liées à la perte
    de la souveraineté nationale, mais le public risque
    d&#146;avoir à peu près la même opinion sur l&#146;Union
    européenne et sur projet politique européen, car il
    connaît beaucoup moins bien les autres formes de
    coopération européenne.</p>
    <p>40. A la lumière de ces chiffres, il est clair que le
    projet politique européen n&#146;est pas facile à
    «&nbsp;vendre&nbsp;» dans les politiques intérieures des
    pays. Même parmi les hommes politiques favorables au projet
    européen, beaucoup évitent de soulever ces questions au
    niveau national.</p>
</blockquote>

<p>&nbsp;</p>

<p><b><i>VI. Regagner la confiance</i></b></p>

<blockquote>
    <p>41. Depuis quelques années déjà, le sentiment d&#146;un
    besoin d&#146;intégration s&#146;est estompé dans le
    public. Certains avantages restent attrayants, tels que le
    développement économique et le renforcement de la
    stabilité en Europe, mais il n&#146;existe plus de menace
    claire que l&#146;intégration serait censée prévenir,
    comme c&#146;était le cas après la deuxième guerre
    mondiale (empêcher une troisième guerre en Europe) ou
    durant la guere froide (unir les forces contre l&#146;ennemi
    communiste).</p>
    <p>42. Un fossé se creuse donc entre l&#146;opinion publique
    et le projet politique européen. Pour regagner la confiance
    des Européens dans ce projet et dans les institutions
    paneuropéennes, le rapporteur estime que des efforts doivent
    être menés dans les deux grandes directions suivantes:</p>
    <blockquote>
        <ol type="a" start="1">
            <li>rapprocher l&#146;Europe de ses citoyens</li>
            <li>mieux informer le citoyen européen sur
                l&#146;Europe.</li>
        </ol>
        <blockquote>
            <blockquote>
                <blockquote>
                    <p>&nbsp;</p>
                </blockquote>
            </blockquote>
        </blockquote>
    </blockquote>
    <p>a. <i>Rapprocher l&#146;Europe de ses citoyens</i></p>
    <p><u>associer les citoyens au processus européen</u></p>
    <p>43. La construction d&#146;une structure politique
    démocratique en Europe est un élément essentiel pour
    regagner la confiance du peuple et aider celui-ci à ne pas
    se focaliser sur les seuls intérêts nationaux ou
    régionaux. La première tâche à accomplir en ce sens est
    combler le «&nbsp;déficit démocratique&nbsp;».</p>
    <p>44. Le manque de légitimité est considéré comme une
    des principales raisons expliquant que le peuple ne participe
    pas au processus européen. La mise en place de moyens
    permettant d&#146;exercer une influence sur les institutions
    paneuropéennes pourrait renforcer la confiance du public.
    Les organisations et institutions européennes devraient
    être plus ouvertes aux organisations non gouvernementales,
    aux réseaux transnationaux, aux groupes de pression, etc. En
    outre, il conviendrait de réfléchir de près à la manière
    de démocratiser les organisations internationales afin de
    créer une base pour regagner la confiance du public.</p>
    <p><u>respecter l&#146;identité culturelle de l&#146;Europe</u></p>
    <p>45. Le besoin de renforcer l&#146;identification du public
    au projet européen est un thème récurrent de la pensée
    officielle sur l&#146;intégration depuis la fin des années
    60, et il a toujours fait partie de la réflexion
    fédéraliste. L&#146;intégration politique était
    considérée comme inhérente au projet européen. La
    nécessité de donner à l&#146;Europe «&nbsp;un visage
    humain&nbsp;» découlait de la conviction que
    l&#146;intégration économique devait s&#146;accompagner
    d&#146;une intégration politique, et qu&#146;il fallait
    créer un sentiment de «&nbsp;nous, les Européens&nbsp;»
    afin de mettre en place une authentique communauté
    politique.</p>
    <p>46. Beaucoup de gens craignent que le développement
    d&#146;une culture paneuropéenne harmonisée
    n&#146;appauvrisse la richesse et la diversité actuelle des
    traditions et des cultures. Cependant, au-delà des
    différences nationales et régionales, qui doivent être
    respectées, les Européens partagent dans l&#146;ensemble un
    même patrimoine culturel et des valeurs communes. Les
    actions culturelles européennes doivent être un moyen de
    montrer aux citoyens, en mettant en avant leur patrimoine
    culturel partagé, ce qu&#146;ils ont en commun. Les
    politiques culturelles reposant sur la connaissance de la
    culture et de l&#146;histoire de l&#146;Europe doivent
    encourager la préservation des valeurs et la coopération
    entre les Etats. Pour les citoyens, la crédibilité de
    l&#146;Union européenne dépend beaucoup de la manière dont
    on saura préserver l&#146;identité culturelle et les
    traditions de l&#146;Europe.</p>
    <p><u>construire une Europe respectueuse des droits de
    l&#146;homme</u></p>
    <p>47. Le processus d&#146;intégration européenne doit
    continuer d&#146;être attentif aux droits de l&#146;homme et
    aux droits des minorités. Pour faciliter la mise en oeuvre
    effective des normes internationales en matière de droits de
    l&#146;homme, il convient de poursuivre la coopération et
    l&#146;échange effectif d&#146;information au double niveau
    des organisations internationales et des gouvernements.</p>
    <p><u>accroître les bienfaits de l&#146;intégration
    économique</u></p>
    <p>48. Pour renforcer l&#146;intégration politique à
    l&#146;avenir, il convient de veiller à garantir les
    conditions d&#146;un renforcement de l&#146;intégration
    économique. L&#146;élargissement de l&#146;Union
    européenne doit déboucher sur la création de vastes
    marchés libéralisés, sur la diffusion des technologies et
    sur la croissance économiques.</p>
    <p>49. Les citoyens doivent également avoir le sentiment que
    le processus d&#146;intégration européenne leur est
    bénéfique, à eux et à leur famille, et qu&#146;il leur
    apporte des avantages personnels.</p>
    <p>&nbsp;</p>
    <p>b. <i>mieux informer le citoyen européen sur
    l&#146;Europe.</i></p>
    <p>50. Une réaction automatique au manque de soutien public
    au projet politique européen consiste à en chercher les
    causes dans le manque d&#146;informations dont disposent les
    citoyens. C&#146;est une réaction d&#146;homme
    d&#146;affaires convaincu de la qualité de son produit et
    persuadé qu&#146;il n&#146;a pas fait l&#146;objet
    d&#146;une publicité suffisante.</p>
    <p>51. Il est certain qu&#146;il faut développer
    l&#146;information sur les sujets européens, qui doivent
    cessés d&#146;être considérés comme des sujets pour
    spécialistes. Près de 80% de tous les citoyens de
    l&#146;Union européenne déclarent avoir besoin
    d&#146;informations plus nombreuses. Il est important que les
    citoyens puissent accéder facilement aux renseignements dont
    ils ont besoin sur la politique européenne de chaque pays
    membre ou candidat à l&#146;Union. Cependant, il est très
    important aussi de définir qui doit fournir cette
    information et sous quelle forme.</p>
    <p>52. Lors du premier référendum danois sur le traité de
    Maastricht, le Gouvernement en a diffusé le texte dans
    l&#146;ensemble du pays. Après le scrutin, les opposants au
    traité ont prétendu que cette diffusion avait été une des
    raisons de leur victoire. En effet, le public semble avoir
    réagi négativement, en particulier au langage
    bureaucratique du traité, et il n&#146;a pas vu le lien
    entre ce traité et les avantages qu&#146;il apportait ou les
    perspectives politiquement visionnaires qu&#146;il contenait.</p>
</blockquote>

<p>&nbsp;</p>

<p><b><i>VII. Conclusions</i></b></p>

<blockquote>
    <p>53. Le soutien public au projet politique européen ne
    doit pas être considéré comme automatiquement acquis. Il
    faut plutôt y voir un objectif à atteindre par une juste
    identification des besoins et des intérêts véritables des
    citoyens et par une diffusion régulière d&#146;informations
    accessibles et compréhensibles sur tous les aspects du
    projet politique européen.</p>
    <p>54. La légitimité démocratique du projet politique
    européen reste incontestable pour le moment, mais elle
    pourrait connaître des problèmes à l&#146;avenir si le
    soutien du public continuait à faiblir ou si une majorité
    claire entendait la contester.</p>
    <p>55. L&#146;Union européenne est souvent considérée
    comme trop bureaucratique, pas assez démocratique et coupée
    des préoccupations des citoyens de ses Etats membres. On
    l&#146;accuse souvent aussi de porter atteinte à la
    souverainté nationale en assumant des compétences qui
    revenaient traditionnellement aux Etats.</p>
    <p>56. Le second défi à la transparence démocratique du
    projet politique européen est le fait que le transfert
    constant de compétences de plus en plus importantes de
    l&#146;échelon national à l&#146;échelon européen ou
    international ne s&#146;accompagne pas d&#146;un contrôle
    parlementaire adéquat des prises de décision au niveau
    international.</p>
    <p>57. Une telle critique ne trouvera pas sa solution dans un
    simple accroissement de l&#146;information. Le public doit
    pouvoir non seulement être informé mais aussi prendre une
    part active au débat. Il doit aussi être convaincu de la
    pertinence du projet politique européen dans sa vie de tous
    les jours. Pour cela, l&#146;Europe doit devenir une partie
    intrinsèque du débat public national, de la même façon
    que la Convention européenne des droits de l&#146;homme est
    devenue une référence automatique dans les systèmes
    juridiques nationaux de la plupart des Etats membres du
    Conseil de l&#146;Europe</p>
    <p>58. L&#146;Assemblée, composée de membres des parlements
    nationaux, occupe une position unique pour servir de
    passerelle entre les politiques européennes et nationales et
    organiser le flux d&#146;informations dans les deux
    directions. D&#146;un côté, les parlementaires doivent
    apporter une contribution «&nbsp;nationalement
    pertinente&nbsp;» aux débats de l&#146;Assemblée. De
    l&#146;autre, ils doivent faire référence à l&#146;acquis
    de l&#146;Assemblée et du Conseil de l&#146;Europe chaque
    fois qu&#146;une question liée à l&#146;Europe est
    débattue au niveau national.</p>
    <p>59. Les parlements nationaux devraient créer des
    commissions des affaires européennes, lorsque celles-ci
    n&#146;existent pas déjà, dont le mandat ne se limiterait
    pas à la seule Union européenne mais couvrirait toutes les
    organisations internationales, et notamment le Conseil de
    l&#146;Europe. Les présidents des délégations nationales
    à l&#146;Assemblée parlementaire du Conseil de
    l&#146;Europe devraient régulièrement rendre compte à ces
    commissions des activités de la délégation et des travaux
    de l&#146;Assemblée en général.</p>
    <p>60. La coopération entre les partis politiques des
    parlements nationaux et les groupes politiques à
    l&#146;Assemblée devraient aussi être encouragée.</p>
    <p>61. Il convient de reconnaître l&#146;importance
    d&#146;un contrôle parlementaire sur les décisions prises
    au niveau européen. Les organes assumant ce rôle doivent
    disposer des pouvoirs et des moyens nécessaires pour exercer
    leurs fonctions dans de bonnes conditions.</p>
</blockquote>

<p align="center">&nbsp;</p>

<p align="center">&nbsp;</p>

<p align="center"><b><u>ANNEXE</u></b></p>

<p align="center"><b>STRUCTURE ET PRÉPARATIFS DES NÉGOCIATIONS</b></p>

<p align="center"><b>EN VUE DE L'ADHÉSION DE L'ESTONIE À
L'UNION EUROPÉENNE</b></p>

<p>&nbsp;</p>

<blockquote>
    <p>Le 13 décembre 1997, au Sommet de Luxembourg, le Conseil
    européen a décidé d'engager avec six pays - dont l'Estonie
    - des négociations en vue de l'adhésion à l'Union
    européenne. Le Conseil de Luxembourg a déclaré :
    «L'élargissement est un processus d'intégration exhaustif
    et continu qui se déroulera en trois étapes ; chaque État
    candidat avancera à son rythme, selon son degré de
    préparation.» Par conséquent, l'Estonie prend des mesures
    et procède aux préparatifs nécessaires pour participer de
    manière effective au processus d'adhésion proprement dit,
    et les négociations en vue de l'adhésion sont un élément
    important de la stratégie qu'elle suit dans ce but, en
    tenant compte des conclusions du Conseil européen de
    Luxembourg.</p>
</blockquote>

<p>&nbsp;</p>

<p><b>Précisions :</b></p>

<blockquote>
    <p>Il a été établi une structure de négociation en vertu
    de laquelle le ministère des Affaires étrangères est
    chargé de la coordination d'ensemble des négociations, le
    mandat relatif à celles-ci étant soumis à l'approbation du
    gouvernement.</p>
    <p>Un groupe d'action de six personnes a été créé au
    ministère des Affaires étrangères pour aider le
    négociateur en chef et la délégation de négociation.</p>
    <p>Il a été créé une délégation de négociation qui, à
    intervalles réguliers, soumettra des notes d'information au
    gouvernement et à la Commission parlementaire des affaires
    européennes.</p>
    <p>L'Office pour l'intégration européenne, qui a son siège
    à la Chancellerie d'État, restera l'organe central chargé
    de coordonner l'intégration interne. Ses fonctions
    permettront d'apporter tous amendements nécessaires au plan
    d'activité du gouvernement estonien au cours des
    négociations portant sur l'adhésion.</p>
</blockquote>

<p>&nbsp;</p>

<p><b>Délégation de négociation :</b></p>

<blockquote>
    <p>Sa composition a reçu l'aval du gouvernement le 27
    janvier 1998. La délégation, qui comprend quarante-sept
    personnes en tout, est largement représentative, puisqu'elle
    comprend des membres de tous les ministères (sauf celui de
    la défense), de l'Office pour l'intégration européenne et
    de la mission estonienne à Bruxelles.</p>
    <p>La délégation de négociation comprend deux principaux
    niveaux : la délégation principale ou «groupe de base» et
    les chefs des groupes de travail.</p>
</blockquote>

<p>&nbsp;</p>

<p><b>Délégation principale (groupe de base) :</b></p>

<blockquote>
    <p>La délégation principale comprend le ministre des
    Affaires étrangères, chef de la délégation, le
    secrétaire général adjoint du ministère des Affaires
    étrangères, adjoint au chef de la délégation, des hauts
    fonctionnaires de tous les ministères, le directeur de
    l'Office pour l'intégration européenne de la Chancellerie
    d'État et le chef de la mission estonienne auprès de
    l'Union européenne.</p>
    <p>Les membres de la délégation principale conduiront et
    coordonneront les activités des groupes de travail dans leur
    domaine administratif. En outre, la délégation principale
    est chargée d'établir et de parachever les positions
    finales.</p>
</blockquote>

<p>&nbsp;</p>

<p><b>Groupes de travail :</b></p>

<blockquote>
    <p>Le second niveau se compose des chefs des groupes de
    travail. Il a été créé trente-trois groupes de travail
    dirigés par des fonctionnaires ministériels, et aussi par
    des membres officiels de la délégation de négociation.
    D'une manière générale, chacun de ces groupes travaille
    sur un chapitre déterminé des négociations.</p>
    <p>Les groupes de travail sont chargés de préparer les
    négociations avec l'Union européenne dans le cadre de
    l'acquis communautaire et dans les limites du domaine de
    compétence de chacun d'eux.</p>
    <p>La délégation principale, comme l'ensemble du processus
    de négociation, s'en remettra aux activités des groupes de
    travail sur le triple plan du contenu, de la forme et du
    calendrier.</p>
    <p>Les groupes de travail ont plusieurs responsabilités,
    dont celle d'effectuer un examen approfondi de l'acquis
    communautaire et une analyse comparative de la législation
    estonienne. Cette analyse permettra d'élaborer des
    propositions en vue de l'établissement des positions de
    négociation de la délégation principale.</p>
    <p>Au surplus, chaque groupe de travail prendra part à
    l'examen minutieux de l'acquis communautaire en formulant des
    remarques et des explications dans son domaine de
    compétence, ainsi qu'en rédigeant des projets où sera
    définie la position de négociation dans ce domaine.</p>
</blockquote>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="left">Table 1</p>

<p align="left">Table 2</p>

<p align="left">Table 3</p>

<p align="left">Table 4</p>

<p align="left">Table 5</p>

<p align="left">&nbsp;</p>

<p align="center">&nbsp;</p>

<p align="center"><font size="3"><strong>L'opinion publique en
Estonie et dans l'Union européenne</strong></font></p>

<blockquote>
    <p>Dans la population des États candidats d'Europe centrale
    et orientale, on étudie l'image de l'Union européenne
    depuis 1990, et en Estonie depuis 1991. Dès le tout début
    de ces études, des sondages d'opinion ont montré que la
    population estonienne envisageait l'adhésion à l'Union
    européenne avec réserve et pondération plus que sous un
    angle passionnel et optimiste.</p>
    <p>Il y a eu deux périodes dans l'acceptation par le peuple
    estonien de discuter de l'Union européenne. De 1991 à 1995,
    on a observé dans l'opinion une certaine euphorie, 30 à
    38&nbsp;% des gens ayant alors une perception positive de
    l'Union européenne, tandis que 1 à 5 % en avaient une
    vision négative. Quant à la période comprise entre 1996 et
    1998, elle se caractérise par le maintien de la neutralité.
    Les critiques à l'encontre de l'Union européenne sont
    exprimées avec précautions, mais le nombre de personnes qui
    ont de l'Union une vision positive a légèrement diminué,
    la plupart des gens la percevant de façon neutre (cf.
    Central and East European Barometer, 1998, N° 8, Annexe,
    Figure 10).</p>
    <p>Pour prévoir le comportement éventuel du peuple estonien
    lors d'un référendum devant décider de l'adhésion du pays
    à l'Union européenne, la Saar-Poll Company a organisé de
    petits sondages entre 1995 et 1998. En 1995, 44 % des
    personnes interrogées soutenaient l'adhésion. Un an après,
    cette proportion était tombée à 30 %. En 1997, lorsqu'il a
    été question d'inscrire l'Estonie sur la liste des
    candidats à l'adhésion en vue de la première phase
    d'élargissement de l'Union européenne, la proportion des
    partisans de celle-ci est passée à 34 %. Mais quand il est
    apparu que l'Estonie serait invitée à la première phase
    des négociations d'adhésion, l'intérêt et le soutien
    manifestés pour l'Union européenne ont diminué. En effet,
    alors que dans le contexte de perspectives d'adhésion
    abstraites, il est relativement simple d'exprimer une
    attitude positive, on se montre hésitant lorsqu'il faut
    choisir entre des options de plus en plus concrètes.</p>
    <p>Cette évolution de l'opinion publique était prévisible
    au vu de ce qui s'était passé dans les autres pays
    nordiques, car des tendances analogues à une baisse de
    l'intérêt suscité par la substance des négociations
    avaient été observées aussi en Finlande après le
    référendum sur l'Union européenne ; aussi l'expérience
    finlandaise d'euro-intégration présente-t-elle un grand
    intérêt pour l'Estonie (Voir : Finland and the Future of
    Europe. Finland's Opinion of the EU. Automne 1997).</p>
    <p>Il apparaît à l'évidence, d'après les résultats des
    sondages, que dans un nombre de cas relativement élevé, les
    Estoniens ont emprunté à d'autres pays leurs modes de
    raisonnement vis-à-vis de l'Union européenne. Comme
    d'autres peuples d'Europe orientale, le peuple estonien
    estime que les grands perdants d'une adhésion sont - en
    premier lieu - les agriculteurs et les retraités, bien que
    tel ne doive pas nécessairement être le cas en Estonie, si
    l'on en juge par la situation actuelle de l'agriculture et de
    la protection sociale dans ce pays. L'expérience acquise par
    la Finlande a déjà montré qu'après l'adhésion de ce pays
    à l'Union européenne, beaucoup de choses y avaient évolué
    d'une manière qui démentait les pronostics.</p>
    <p>Les aspirations des divers groupes composant le peuple
    estonien ont changé et sont devenues beaucoup plus
    réalistes. On comprend mieux, à présent, les chances que
    peut représenter pour un petit État la possibilité de
    faire avancer «sa propre cause» au sein d'organisations
    internationales et quel est le prix réel d'une adhésion à
    l'Union européenne, car les conditions d'adhésion se sont
    éclaircies. Il vaut la peine de noter que le pourcentage de
    personnes manifestant une attitude négative vis-à-vis de
    l'Union européenne reste relativement stable et que la
    redistribution des opinions se produit surtout entre
    «hésitants» et «partisans de l'adhésion».</p>
    <p>La majorité du peuple estonien ne peut encore imaginer
    avec précision l'avenir qui sera le sien dans un contexte
    européen. Une comparaison des résultats de nombreuses
    études sociologiques montre que ces dernières années,
    l'intérêt pour l'Union européenne s'est accru, tandis que
    les gens étaient mieux informés. Plus les personnes
    interrogées ont un niveau d'instruction élevé et mieux
    elles sont informées sur l'Union européenne, plus
    l'adhésion à celle-ci leur apparaît sous un jour
    favorable.</p>
    <p>Les principaux problèmes qui se posent à l'Estonie sont
    actuellement le chômage et la compétitivité. Les gens
    préfèrent surmonter les difficultés de la vie sociale que
    protéger leur langue et leur culture. Ils espèrent que
    l'Union européenne et son économie développée
    contribueront dans une très large mesure à améliorer leur
    niveau de vie et à créer des emplois.</p>
    <p>Les Estoniens sont devenus mieux informés sur l'Union
    européenne depuis qu'apparaît chez eux une plus grande
    motivation à rechercher ce type d'information. En Estonie,
    désormais, on s'attache à savoir ce que seront les
    résultats de l'adhésion à l'Union européenne dans la vie
    quotidienne. Bien que les gens veuillent être bien informés
    sur toutes sortes de détails, il est difficile de trouver
    des réponses à leurs questions dans la presse nationale.
    L'euroscepticisme n'est pas encore apparu en tant que
    mouvement politique principalement opposé à l'intégration
    européenne, mais la proportion de personnes et de mouvements
    qui soutiennent un point de vue critique s'est quelque peu
    accrue, et le Parti pour l'avenir de l'Estonie essaye
    d'épouser leur cause.</p>
    <p>Pour nous résumer brièvement, on peut dire qu'il
    n'existe pas de corrélation directe entre la meilleure
    information du peuple estonien sur les affaires de l'Union
    européenne et la réaction des gens à cette information ou
    - en d'autres termes - qu'une meilleure information ne
    suscite pas toujours un changement d'attitude aisément
    prévisible.</p>
    <p>L'attitude des gens vis-à-vis de l'adhésion éventuelle
    de l'Estonie à l'OTAN a été moins largement étudiée. En
    1997, l'Estonie était le seul pays candidat à l'adhésion
    à l'Union européenne où l'adhésion à l'OTAN
    bénéficiât d'un soutien supérieur. Cependant, après le
    sommet de l'OTAN qui s'est tenu à Madrid en juillet 1997,
    les Estoniens ont manifestement varié sur ce point ; en
    effet, selon les données publiées dans le dernier
    Eurobaromètre, 32 % des Estoniens voteraient pour
    l'adhésion à l'OTAN lors d'un référendum et 12 % contre,
    tandis que 37 % ne se sont pas encore décidés. Si, dans le
    cas des États baltes, on a jugé nécessaire de souligner
    aussi que le comportement des minorités ethniques lors d'un
    référendum sur l'adhésion à l'Union européenne ne
    différerait guère de celui de la majorité ethnique, un
    référendum sur l'adhésion à l'OTAN produirait des
    résultats entièrement différents, puisque 14 % seulement
    des non-Estoniens vivant en Estonie voteraient pour, tandis
    qu'il y aurait 35 % d'Estoniens dans ce cas.</p>
</blockquote>

<p>&nbsp;</p>

<p><b>Attitude des partis estoniens vis-à-vis d'une adhésion
éventuelle de l'Estonie à l'Union européenne et à l'OTAN</b></p>

<blockquote>
    <p>La plupart des partis estoniens ont exposé, dans leur
    programme, l'attitude qui est la leur vis-à-vis d'une
    adhésion éventuelle de l'Estonie à l'Union européenne et
    à l'OTAN.</p>
    <p>Dans leurs programmes, la majorité des partis les plus
    grands et les plus puissants - le Parti de la coalition
    estonienne, le Parti réformateur estonien, l'Union Pro
    Patria, le Parti estonien du centre, le Parti estonien pour
    le développement, le Parti des modérés et le Parti
    populaire - ont présenté l'adhésion de l'Estonie à
    l'Union européenne et à l'OTAN comme étant l'axe principal
    de leur politique étrangère. Le Parti rural estonien et
    l'Union des retraités et des familles ont déclaré vouloir
    oeuvrer pour l'adhésion de l'Estonie à l'Union européenne,
    mais n'ont pas dévoilé leur position en ce qui concerne
    l'OTAN.</p>
    <p>Il n'existe qu'un parti (le Parti pour l'avenir de
    l'Estonie) qui ne soutient pas l'idée selon laquelle le pays
    doit adhérer à l'Union européenne. Quant aux partis
    russes, ils sont opposés à une adhésion de l'Estonie à
    l'OTAN et soutiennent la neutralité de l'État estonien.</p>
</blockquote>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<hr size="1">

<p><i>Commission saisie du rapport</i>: commission des questions
politiques</p>

<p><i>Renvois en commission</i>: Doc. 7941 et renvoi n° 2234 du
7 novembre 1997, Doc. 7939 et renvoi n° 2232 du 7 novembre 1997</p>

<p><i>Implications budgétaires pour l&#146;Assemblée</i>&nbsp;:
Néant</p>

<p>Projet de résolution adopté par la commission le 16
décembre 1998 avec 1&nbsp;abstention.</p>

<p><i>Membres de la commission</i>&nbsp;: <i>M. Bársony
(Président)</i>, <i>Mme Ojuland (Vice-Présidente),</i> MM. <i>Antretter</i>,
Arzilli, <i>Atkinson</i>, <i>Mme Belohorská</i>, MM. <i>Bergqvist</i>,
Björck, Blaauw <i>(remplaçante: Mme Gelderblom-Lankhout)</i>,
Bloetzer, Chircop, <i>Chornovil</i>, <i>Daly</i>, <i>Davis</i>, <i>Dokle,</i>
<i>Domljan,</i> Gjellerod (<i>remplaçante: Mme Severinsen)</i>, <i>Glotov,</i>
Gül (<i>remplaçant: Akçali)</i>, Hadjidemetriou<i>
(remplaçant:Demetriou)</i> Hornhues<i> (remplaçant: Bühler)</i>,
Mme Iotti, MM.&nbsp;Irmer, <i>Iwinski</i>, Mme Kautto, MM. <i>Kirilov</i>,
Krzaklewski, Kuzmickas, Mme<i> Lentz-Cornette</i>, MM.&nbsp;<i>Lopez
Henares</i>, Lupu <i>(remplaçant: Kelemen)</i>, van der Maelen <i>(remplaçant:
Clerfayt)</i>, Maginas <i>(remplaçant: Micheloyiannis)</i>, <i>Martinez,</i>
Medeiros Ferreira, Meier, Mota Amaral, Mühlemann <i>(remplaçant:
Gross)</i>, <i>Mutman,</i> <i>Nallet,</i> Nedelciuc, Mme&nbsp;<i>Nemcova,</i>
MM. <i>Oliynyk, Pahor, Palmitjavilo Ribo,</i> Popovski, Prusak,
Mme Ragnarsdottir, Mme Roudy, MM. Schieder, Schwimmer, Seguin <i>(remplaçant:
Baumel, Vice-Président)</i>, Selva, <i>Sinka,</i> Mme Smith (<i>remplaçant:
M. Taylor)</i>, Mme <i>Stanoiu,</i> Mme Stepová <i>(remplaçant:
M. Skopal)</i>, MM. Surjan, Thoresen <i>(remplaçant: Simonsen)</i>,
Timmermans, <i>Toshev,</i> Urbain <i>(remplaçant:&nbsp;Staes)</i>,
<i>Volcic,</i> Ziuganov.</p>

<p><i>N.B. Les noms des membres qui ont pris part au vote sont
imprimés en italique</i></p>

<p><i>Secrétaires de la Commission:</i> M. Kleijssen, M. Sich,
M. Gruden</p>

<p>&nbsp;</p>

<hr size="1">

<p><a href="#Footref1" name="Footnote1"><font size="2"><em>Note
1:</em></font></a><font size="2"> Publication de la commission de
l'Union européenne.</font></p>
</body>
</html>
