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<title>Instruction &#233;l&#233;mentaire en science et technologie</title>
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    </td>
  </tr>
</table>
<hr size="1">
<p><b>Doc. 8122</b>
<p align="justify">19 mai 1998</p>

<p align="justify"><b>Instruction élémentaire en science et technologie</b></p>

<p align="justify">Rapport</p>

<p align="justify">Commission de la science et de la technologie</p>

<p align="justify">Rapporteuse : Mme Margitta Terborg, Allemagne, Groupe socialiste</p>

<hr size="1">
<p align="justify"><i>Résumé</i></p>

<p align="justify">La société moderne se caractérise &#8211; entre autres choses - par les nombreuses questions et inventions scientifiques et techniques qui jouent un rôle de plus en plus important dans notre vie quotidienne. La révolution des technologies de l&#8217;information, la mise au point de machines perfectionnées, la compréhension du microcosme, des molécules et des atomes sont au coeur de nombreux débats et font l&#8217;objet de multiples réglementations dans nos Etats démocratiques. Partant, une compréhension élémentaire de la science et des techniques est aujourd&#8217;hui indispensable pour permettre aux citoyens de participer à la vie de la démocratie moderne.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;C&#8217;est pourquoi il est affirmé dans le présent rapport qu&#8217;il reste encore beaucoup à faire pour consolider l&#8217;instruction élémentaire en science et technologie des enfants, des jeunes et des adultes en vue de promouvoir l'alphabétisation scientifique et technologique. Et le Conseil de l&#8217;Europe doit, par le biais de ses différents programmes éducatifs, apporter sa pierre à l&#8217;édifice.</p>

<p align="justify"><b>I. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Projet de recommandation</b></p>

<p align="justify">1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe attire l'attention sur l'importance croissante de l'instruction élémentaire en science et technologie (alphabétisation scientifique et technologique), qui doit permettre aux individus d'être compétitifs sur le plan professionnel et dans leur vie quotidienne, dans un monde qui connaît des mutations constantes et qui est interconnecté dans sa globalité. </p>

<p align="justify">2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les programmes d'éducation scientifico-technique élémentaire doivent tenir compte de cette donnée, tant dans l'enseignement général que dans l'enseignement professionnel, l'enseignement supérieur et la formation continue. Or, un état des lieux révèle l'existence de déficits et de lacunes considérables, aussi bien dans l'enseignement scolaire que dans le domaine extrascolaire et l'Assemblée parlementaire souhaiterait attirer l'attention sur ces insuffisances.</p>

<p align="justify">3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les causes en sont très diverses. Très souvent il est difficile, compte tenu de la pénurie de ressources financières, de doter les établissements d'enseignement d'équipements techniques modernes en nombre suffisant. Souvent il n'y a pas assez d'enseignants qui soient motivés et qui aient la formation nécessaire. Il est fréquent que les logiciels dont on dispose ne facilitent pas l'acquisition des connaissances scientifiques et techniques de base. Il arrive aussi que les enseignants nourrissent des préjugés profondément enracinés, qui empêchent l'acquisition de nouvelles connaissances et de nouveaux savoir-faire. </p>

<p align="justify">4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L'Assemblée parlementaire recommande aux parlements des Etats membres de faire en sorte que l'instruction scientifico-technique élémentaire devienne un élément clé de la politique de l'éducation.</p>

<p align="justify">5.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il s'agit de donner à tous les jeunes la possibilité d'accéder aux nouvelles technologies des communications et, en particulier, de promouvoir l'intérêt des jeunes filles et des jeunes femmes pour les choses de la science et de la technologie.</p>

<p align="justify">6.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais l'éducation scientifico-technique élémentaire ne doit pas se circonscrire à l'enseignement général, à l'enseignement professionnel et à l'enseignement supérieur; elle doit aussi faire partie intégrante de la formation (continue) extrascolaire, y compris la formation complémentaire professionnelle et les programmes d'éducation proposés par les médias et sur Internet. Les hommes et les femmes devraient ainsi pouvoir conserver, et continuer de développer, jusqu'à un âge avancé, les connaissances et les aptitudes qu'ils ont acquises.</p>

<p align="justify">7.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour faciliter l'apprentissage des nouvelles technologies, l'Assemblée parlementaire recommande au Conseil de l'Europe et à l'Union européenne de décerner tous les deux ans un label de qualité à des programmes d'initiation qui sont particulièrement bien conçus pour familiariser les enfants avec le monde de la science et de la technologie. De même, il faudrait distinguer les entreprises qui se sont attachées, par leur mécénat, à promouvoir l'éducation scientifico-technique élémentaire. </p>

<p align="justify">8.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L'Assemblée parlementaire recommande au Comité des Ministres:</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;i. d'attirer l'attention de tous les Etats membres du Conseil de l'Europe sur l'importance de l'instruction scientifico-technique élémentaire en tant que composante de l'enseignement scolaire, et de les encourager à élaborer des programmes scolaires-cadres dans ce domaine;</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;ii. de donner une grande attention à la formation des enseignants, pour tous les types d'établissements scolaires;</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;iii. d'exercer une influence sur la mise au point, en matière d'éducation scientifico-technologique de base, de programmes d'initiation et de manuels adaptés aux élèves;</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;iv. de s'attacher tout particulièrement à promouvoir l'éducation scientifico-technique élémentaire des jeunes filles et à prendre des mesures spécifiques pour éveiller leur intérêt pour ces domaines du savoir;</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;v. de veiller à ce que l'éducation scientifique et technique de base fasse partie de la formation pratique assurée par les employeurs, ainsi que des programmes de l'enseignement professionnel, et de faire en sorte que cette éducation ne se limite pas aux applications des nouvelles technologies de la communication qui sont purement liées à l'emploi;</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;vi. de charger une institution européenne existante de mettre au point un matériel didactique et des curriculum types dans le domaine des enseignements scientifiques et technologiques de base, à tous les niveaux de l'enseignement scolaire;</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;vii. de promouvoir la mise en place, à l'extérieur, d'une éducation permanente dans ce domaine, grâce à des stages de formation destinés aux catégories de la population qui viennent de quitter la vie active, et de faire en sorte qu'elles puissent suivre le rythme de l'évolution technologique;</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;viii. de soutenir et/ou d'organiser, à l'échelle nationale, des concours pour les écoles et les jeunes qui souhaitent exploiter leurs connaissances scientifiques et technologiques élémentaires; </p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;ix. d'inviter les médias à diffuser, à intervalles réguliers, des connaissances fondamentales d'ordre scientifique et technologique, et de s'employer systématiquement à stimuler l'intérêt pour ce domaine et à faire reculer les préjugés dont il est victime;</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;x. de promouvoir une étroite coopération entre, d'une part, l'enseignement général, l'enseignement professionnel et l'enseignement supérieur et, d'autre part, l'industrie; et d'encourager les entreprises à parrainer l'amélioration des installations techniques dans l'enseignement général, l'enseignement professionnel et l'enseignement supérieur.</p>

<p align="justify"><b>II. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Projet de directive</b></p>

<p align="justify">1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Se référant à sa Recommandation &#8230; (1998) relative à l'instruction élémentaire en science et technologie, l'Assemblée invite sa commission de la science et de la technologie, vu l'importance de cette question, à rédiger tous les trois&nbsp;ans un rapport sur les efforts déployés dans les Etats membres pour promouvoir la diffusion des connaissances scientifiques et techniques élémentaires, et à soumettre ce rapport à l'Assemblée.</p>

<p align="justify"><b>III. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Exposé des motifs  par M<sup>me</sup> Margitta Terborg</b></p>

<p align="justify"><i>Table des matières</i></p>

<p align="justify">paragraphes</p>

<p align="justify">I.<b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Introduction</b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 1-5</p>

<p align="justify">II.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Où dispense-t-on l'éducation scientifique et technologique de base?&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 6-7</p>

<p align="justify">III.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La situation actuelle&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 8-21</p>

<p align="justify">IV.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les tendances qui contrarient l'objectif poursuivi&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 22-29</p>

<p align="justify">V.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les déficits technologiques&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 30-34</p>

<p align="justify">VI.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les remèdes&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 35-52</p>

<p align="justify">VII.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L'offre d'éducation extrascolaire&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 53-58</p>

<p align="justify">VIII.<b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Conclusions</b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 59-60</p>

<p align="justify">*</p>

<p align="justify">*   *</p>

<p align="justify">I. <i>Introduction</i></p>

<p align="justify">1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les progrès rapides de la science et de la technologie ont profondément modifié la face du monde. L'énergie nucléaire et la destruction de l'environnement menacent notre existence. Des maladies telles que le cancer et le sida n'ont pas été vaincues. Les configurations climatiques mondiales deviennent instables. Les ressources naturelles s'épuiseront dans un avenir prévisible. Les nouvelles technologies, notamment dans le domaine de l'information, ont métamorphosé le monde du travail et sont en train de créer de nouvelles formes de communication et d'information à l'échelle de la planète. Un nombre croissant d'entreprises partent à l'étranger, en quête de sites et de conditions de production plus attrayants. De nombreuses séquences de production sont réalisées au sein de réseaux mondiaux. La présence physique sur le lieu de travail devient moins importante, et le télétravail gagne du terrain.</p>

<p align="justify">2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Si les individus veulent pouvoir être compétitifs dans cette société transformée, dans ces nouveaux schémas ergonomiques et d'activité professionnelle, il leur faut posséder un minimum de connaissances scientifiques et techniques, faute de quoi ils seront exclus des processus politiques, économiques et scientifiques déterminants, et ils risqueront de devenir une proie facile pour les démagogues et leurs intérêts. Ceux qui ne se seront pas adaptés à l'univers hautement technique de l'ordinateur risqueront de perdre l'emploi qu'ils occupent, ou de ne pas obtenir celui auquel ils aspirent. </p>

<p align="justify">3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C'est pourquoi les ministres européens de l'Education s'efforcent inlassablement, depuis les années&nbsp;70, de donner aux jeunes un bagage scientifique et technologique, dont on considère aujourd'hui qu'il fait partie de l'éducation en général et qu'il est un instrument de participation au développement politique, professionnel et scientifique. L'objectif est d'enseigner aux jeunes, dès l'école primaire, les bases de la science et de la technologie. Il faut éveiller la curiosité scientifique des enfants. Il faut qu'ils apprennent à s'informer, à exprimer leur pensée et à communiquer entre eux au moyen des nouvelles technologies. Ces aptitudes de base, l'individu devra les développer et les approfondir pendant sa vie active; en fait, il les conservera tout au long de son existence.</p>

<p align="justify">4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La Commission de la science et de la technologie de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe s'est fixé comme objectif de tenter de répondre aux questions suivantes: notre système d'éducation est-il à la hauteur de l'enjeu? Les technologies de communication sont-elles un facteur d'intégration humaine ou d'exclusion? Le monde du travail rend-il possible une véritable éducation permanente? Enfin, l'éducation extrascolaire est-elle incluse dans ce processus? Le présent rapport constitue une première évaluation de la situation.</p>

<p align="justify">5.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les termes «éducation scientifico-technologique élémentaire» désignent les connaissances et les savoir-faire scientifiques et technologiques dont nous avons besoin pour comprendre notre monde physique, les problèmes environnementaux, ainsi que le rôle et la fonction de la technologie dans une société de plus en plus marquée par des réseaux interconnectés à l'échelle mondiale. Ce domaine scientifico-technologique inclut l'informatique. Il importe que les citoyens sachent utiliser un ordinateur, s'ils veulent pouvoir participer pleinement à une société démocratique.</p>

<p align="justify">II. <i>Où dispense-t-on une éducation de base en science et en technologie?</i></p>

<p align="justify">6.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans notre système d'éducation, l'enseignement des connaissances de base en science et en technologie met essentiellement à contribution des disciplines telles que les mathématiques, l'informatique, la physique, la chimie, la biologie, sans oublier un certain nombre de disciplines manuelles (dans les écoles professionnelles). Des matières telles que l'éducation physique, la sociologie et l'économie sont concernées indirectement car elles aident à comprendre l'importance que revêtent la science et la technologie dans notre société. De vastes domaines du savoir &#8211; depuis l'apprentissage des langues étrangères jusqu'à l'éducation artistique &#8211; ne peuvent plus, aujourd'hui, faire l'objet d'un enseignement exhaustif si des connaissances de base en science et en technologie n'ont pas été acquises.</p>

<p align="justify">7.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les connaissances scientifico-technologiques s'acquièrent traditionnellement dans les établissements d'enseignement général et professionnel, dans les universités et les instituts polytechniques; mais elles peuvent aussi s'acquérir dans l'entreprise et dans l'administration publique, ou encore dans des centres d'éducation continue et des institutions d'éducation des adultes (depuis les universités populaires jusqu'aux universités du troisième&nbsp;âge). L'éducation permanente est bénéfique pour la compétitivité individuelle dans notre société métamorphosée. On s'efforce actuellement, tant dans le système éducatif que dans l'éducation extrascolaire, d'aider les non-spécialistes à comprendre les phénomènes scientifiques et les résultats de la recherche. Les médias ont un rôle important à jouer à cet égard.</p>

<p align="justify">III. <i>La situation actuelle</i></p>

<p align="justify">8.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une évaluation de la situation ne peut passer sous silence le fait que l'insuffisance &#8211; actuellement observée dans de nombreux pays &#8211; de l'éducation scientifico-technique élémentaire est le résultat de défaillances dans le système scolaire.</p>

<p align="justify">9.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Beaucoup de professeurs de mathématiques, de science et de technologie connaissent à fond leur domaine, mais laissent à désirer en ce qui concerne l'art d'enseigner ou la formation pédagogique. Les connaissances qu'ils tirent du monde où se forge leur expérience, ils ont du mal à les faire comprendre aux enfants à partir d'exemples; ils ont du mal à susciter l'enthousiasme des élèves et à éveiller leur curiosité scientifique. Il y a trop de cours magistraux, de mémorisation mécanique, trop de questions-réponses. On ne s'attache pas toujours à développer les aptitudes critiques des élèves; or, ce sont précisément ces aptitudes qui sont importantes pour l'acquisition des connaissances scientifico-techniques élémentaires. En Europe orientale, les enseignants sont souvent mal payés &#8211; d'où, fréquemment, la nécessité d'employer des enseignants auxiliaires qui ne possèdent pas les qualifications nécessaires, tandis que les professeurs qualifiés se reconvertissent dans d'autres professions.</p>

<p align="justify">10.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les manuels scolaires et autres supports didactiques sont souvent écrits dans un langage savant et abstrait, difficile à comprendre, inadapté au groupe d'âge en question. On ne prête pas suffisamment attention à la gamme d'expériences caractéristique des jeunes. Très souvent, les exercices proposés dans les manuels ne se fondent pas sur le «vécu» des élèves.</p>

<p align="justify">11.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; On trouve des lacunes similaires au niveau de l'évaluation et de la notation des élèves. Souvent, celle-ci met trop l'accent sur la capacité de résoudre des problèmes dans l'abstrait; et l'on tient trop peu compte du fait que les enfants ont des aptitudes différentes, qu'ils abordent les choses de manière différente et que le raisonnement abstrait n'est pas quelque chose qui va de soi pour tout le monde. Songeons à tous les élèves qui ont été mortifiés de récolter de mauvaises notes en mathématiques, en physique, en chimie et en biologie, et qui ont ainsi perdu définitivement tout intérêt pour la science et la technologie.</p>

<p align="justify">12.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L'initiative prise par de nombreux ministères de l'Education, consistant à prévoir un enseignement de base en science et en technologie dès le cycle primaire (pour les 8-9&nbsp;ans), n'a pas été couronnée de succès dans certains pays; en effet, les enseignants du primaire n'étaient pas suffisamment préparés à leur nouvelle tâche, et d'ailleurs ils n'avaient jamais, eux-mêmes, été particulièrement brillants en mathématiques et en science dans leur scolarité.</p>

<p align="justify">13.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans plusieurs pays, l'utilisation de l'ordinateur comme moyen d'enseignement de diverses matières scolaires a entraîné une transformation radicale des méthodes pédagogiques et a conduit à donner davantage de place au travail de groupe et à l'apprentissage en interaction. La démarche informatique a contribué à la motivation des élèves. Mais parfois aussi, elle n'a donné aucun résultat, notamment parce que les professeurs d'un certain âge étaient dépassés par ce qu'on leur demandait.</p>

<p align="justify">14.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les jeunes ont besoin du diplôme de fin d'études secondaires pour pouvoir être admis à l'université. En vue des difficultés d'admission à l'université, ils sont obligés de faire un effort pour obtenir, dans leurs notes scolaires, la moyenne la plus élevée possible. Le résultat, c'est que beaucoup d'élèves des grandes classes du secondaire évitent les mathématiques et les matières scientifiques.</p>

<p align="justify">15.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans les écoles professionnelles, notamment celles de l'enseignement public, la formation des enseignants et le matériel technique sont rarement suffisants pour qu'on puisse dispenser les connaissances scientifico-techniques de base nécessaires. Les programmes de formation en cours d'emploi demeurent rares, bien qu'on s'efforce, dans le travail de classe, de compenser cette déficience en matière de transmission d'un savoir scientifico-technique. L'utilisation concrète de ces connaissances semble très limitée.</p>

<p align="justify">16.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les élèves et les étudiants de l'enseignement professionnel apprennent généralement à utiliser un ordinateur chez eux ou dans leur travail; et à cet égard, ils sont souvent plus experts et plus rapides que les adultes ou les enseignants, lesquels, de surcroît, ne disposent pas d'un matériel aussi moderne.</p>

<p align="justify">17.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les méthodes qu'on utilise pour apprendre aux jeunes à se servir des nouvelles technologies de l'information et de communication ont souvent un élément ludique (par exemple, jeux informatiques); cela n'est pas de nature à favoriser une exploitation sérieuse de ces nouvelles capacités, lesquelles, dans le milieu de travail, sont généralement utilisées de manière rigide, sans esprit critique et dans une pure optique d'application. On constate un manque de connaissances de base et, dans la plupart des cas, une relative indifférence vis-à-vis des potentialités et des limites de ces outils modernes.</p>

<p align="justify">18.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; On ne peut pas dire que les institutions publiques de l'éducation des adultes (universités populaires, etc.) remédient systématiquement aux lacunes dont souffrent les programmes scolaires en matière d'enseignement scientifico-technique élémentaire. Ces institutions n'offrent, à cet égard, qu'une aide ponctuelle, par exemple sous la forme de cours d'informatique (fondés, dans le meilleur des cas, sur un système d'unités de valeur). D'une manière générale, il y a une pénurie de cours de recyclage et de formules qui permettraient à la génération proche de l'âge de la retraite de se familiariser avec les changements techniques.</p>

<p align="justify">19.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; S'agissant des institutions d'éducation des adultes du secteur privé, la situation n'est guère différente. C'est ainsi que les institutions gérées par un parti politique proposent de temps à autre des cours <i>ad hoc</i> ou organisent des groupes de travail qui entreprennent, par exemple, de lancer sur Internet une discussion au sujet des politiques des différents partis. Les séminaires et stages de formation organisés par le secteur privé se bornent à dispenser des connaissances applicables à telle ou telle tâche.</p>

<p align="justify">20.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les médias, de leur côté, ne répondent pas davantage à la demande qui existe en matière d'éducation scientifico-technique élémentaire. La télévision diffuse un certain nombre de programmes scientifiques populaires, mais ils sont souvent altérés par des préjugés aisément identifiables. La diffusion de séries d'émissions plus systématiques est encore relativement rare. Les journaux et les revues utilisent souvent un jargon difficile à comprendre, qui interdit pratiquement à l'homme de la rue d'accéder à un savoir de base. Internet offrirait des conditions idéales pour diffuser des connaissances de niveaux très divers; mais en fait, on ne l'utilise pas à cette fin.</p>

<p align="justify">21.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; On trouve dans le commerce un grand nombre de livres et d'articles de qualité, dont la préoccupation est d'élever le niveau d'instruction de la population dans le domaine scientifique et technologique; mais, aujourd'hui, les gens ne lisent plus autant qu'autrefois. Ces ouvrages s'adressent plutôt à une minorité de lecteurs déjà intéressés, et ils ne touchent pas le public &#8211; largement majoritaire &#8211; qui aurait besoin d'acquérir des rudiments de science et de technologie et de parfaire son éducation.</p>

<p align="justify">IV. <i>Les tendances qui contrarient l'objectif poursuivi</i></p>

<p align="justify">22.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Bien que le contenu de l'enseignement scolaire soit le même pour les garçons et pour les filles, on constate que, consciemment ou inconsciemment, les stéréotypes concernant le rôle des femmes dans la société et dans le milieu de travail déterminent les attitudes générales qui ont cours dans les écoles, ainsi que la manière de penser des jeunes filles et des jeunes femmes. Les sondages montrent que celles-ci rêvent, aujourd'hui encore, de devenir hôtesses de l'air, actrices, coiffeuses, enseignantes ou vendeuses; il est rare qu'elles aspirent à une profession scientifique ou technologique. Souvent elles n'osent pas suivre des cours intensifs dans les matières scientifiques ou techniques. Dans la salle de classe, le professeur, souvent inconsciemment, consacre moins d'efforts aux filles qu'aux garçons. Souvent, les garçons utilisent plus volontiers l'ordinateur; ils s'intéressent davantage aux expériences scientifiques; ils s'affirment davantage et attirent l'attention du professeur. Les enseignants n'ont pas l'habitude de «corriger le tir». Dans certains pays, devant cette situation, des voix se sont élevées, une fois de plus, pour réclamer une séparation des sexes à l'école, du moins pour les cours intensifs de science et de technologie.</p>

<p align="justify">23.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans l'enseignement professionnel, le nombre est encore trop faible des jeunes filles qui tentent d'obtenir une qualification qui leur ouvrirait une carrière scientifique ou technologique. De même, les femmes sont sous-représentées dans les disciplines scientifique et technique de l'enseignement supérieur et de la recherche.</p>

<p align="justify">24.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Depuis mai 1968 on constate, dans beaucoup de pays, que les enseignants d'âge moyen et les jeunes se montrent sceptiques, voire franchement hostiles, envers la technologie. Une croissance industrielle sans frein, la pollution de l'environnement liée à l'énergie nucléaire, et les menaces que cette dernière représente: autant d'éléments qui ont renforcé ces tendances. Ce sont essentiellement l'industrie et la technologie qu'on rend responsables des problèmes qui se posent; et l'on assimile l'économie de marché au capitalisme sauvage. Les gens voient souvent dans le chômage une conséquence des progrès de la science et de la technologie. Il arrive que des écoles qui ont fait une mauvaise expérience avec les nouvelles technologies en conçoivent un préjugé; et on les voit alors, très souvent, adopter une attitude négative à l'égard du milieu de travail industriel. De leur côté, les entreprises ne font encore que des efforts sporadiques pour établir avec le système éducatif un dialogue qui puisse contribuer à réduire les préjugés.</p>

<p align="justify">25.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il n'est pas donné à tous les parents de pouvoir, à la lumière de leurs propres connaissances et de leur propre expérience, aider leurs enfants à acquérir une culture scientifique et technologique de base. Les conditions matérielles permettant une telle initiation font souvent défaut (par exemple, pas de PC à la maison). Ainsi, les enfants de ces familles souffrent d'un handicap supplémentaire si l'on ne leur donne pas la possibilité d'accéder aux nouvelles technologies par d'autres moyens.</p>

<p align="justify">26.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La prédominance de l'anglais dans les nouvelles technologies crée des obstacles supplémentaires d'ordre linguistique. Certes, les logiciels sont devenus beaucoup plus souples, sur ce plan, au cours des dernières années; mais le facteur linguistique continue d'être un obstacle; et très souvent, il bloque l'accès aux nouvelles technologies, notamment pour les personnes relativement âgées.</p>

<p align="justify">27.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans beaucoup d'écoles, on trouve des élèves qui connaissent des difficultés d'apprentissage, mais auxquels une aide appropriée permettrait d'obtenir de très bons résultats en mathématiques, en science et en technologie. Dans d'autres cas de ce genre, un enseignement de meilleure qualité permettrait à l'élève d'acquérir au moins des rudiments de science et de technologie. Dans beaucoup de pays, le plaidoyer en faveur de l'égalité des chances dans l'éducation a empêché de promouvoir les talents dans le domaine scientifico-technique. Nous avons fini par admettre, avec l'aide de la recherche en éducation, qu'en particulier dans les groupes de population à faible niveau d'instruction &#8211; travailleurs migrants, minorités ou personnes handicapées &#8211; on trouve des individus doués, dont la société ne peut pas se permettre de négliger le développement, tout comme elle ne peut pas se permettre de ne pas aider les personnes ayant des difficultés d'apprentissage.</p>

<p align="justify">28.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les pays d'Europe centrale et orientale, ainsi que quelques régions d'Europe occidentale, n'ont souvent pas l'argent nécessaire pour doter les écoles des installations, notamment informatiques, indispensables à un enseignement moderne. L'argent fait aussi défaut, parfois, pour l'entretien et le renouvellement de ces installations. Dans bien des cas, on s'efforce de remédier à ces insuffisances en sollicitant le mécénat d'entreprise.</p>

<p align="justify">29.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un autre facteur tout aussi important, c'est le fait que, dans certaines régions européennes, on trouve des établissements scolaires dépourvus de sections mathématiques et scientifiques. Ces déséquilibres régionaux pénalisent souvent les régions rurales et montagneuses moins peuplées. Dans les écoles qui mettent l'accent sur les humanités, les matières scientifiques et techniques sont souvent délibérément négligées, voire ignorées, en dépit du fait que les nouvelles technologies ont pris de l'importance, même pour les études littéraires.</p>

<p align="justify">V. <i>Déficits technologiques</i></p>

<p align="justify">30.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les autres facteurs qui font obstacle à l&#8217;acquisition de connaissances scientifiques et techniques élémentaires ne tiennent pas tant au fait que les matériels et logiciels sont dominés par les Etats-Unis et orientés vers eux (ces obstacles à la compréhension ne sont pas insurmontables) qu&#8217;à l&#8217;existence de tendances monopolistiques au niveau des logiciels, ce qui peut conduire à la standardisation, au conformisme, voire à la manipulation de l&#8217;utilisateur, qui est guidé dans le labyrinthe des informations présentes sur le Web. Moteurs de recherche, sites connexes, stratégies de vente «subliminales», sociétés holdings non transparentes: autant d&#8217;éléments imbriqués et interconnectés qui tentent de piloter l&#8217;utilisateur.</p>

<p align="justify">31.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un autre exemple est la technologie du cryptage. Ce procédé rend possible un transfert de données en toute sécurité pour les particuliers, par exemple lorsqu&#8217;on fait des achats sur Internet avec une carte de crédit. Les Etats-Unis ont adopté une législation restrictive dans ce domaine, en interdisant l&#8217;exportation des systèmes de cryptage particulièrement sûrs, favorisant ainsi les entreprises américaines dans leurs transactions commerciales. L&#8217;Europe se verra ainsi contrainte de procéder à des investissements supplémentaires pour mettre au point ses propres techniques de cryptage. Il faut espérer que le Congrès américain amendera sa législation; en effet, certaines grandes sociétés sont déjà en train de tourner la réglementation restrictive existante en recourant aux coentreprises (&quot;joint ventures&quot;).</p>

<p align="justify">32.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il existe un manque général de logiciels didactiques de qualité pour les élèves &#8211; enfants ou adultes. Très souvent, les produits que l&#8217;industrie informatique met sur le marché ne correspondent pas à ce qui se fait de plus récent en matière de méthodes pédagogiques.</p>

<p align="justify">33.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les langages informatiques et les interfaces utilisateurs influencés par les Américains rendent également les logiciels plus difficiles à comprendre. La manière dont ils sont structurés n&#8217;est pas de nature à faciliter au maximum l&#8217;utilisation des nouvelles technologies. Les tendances monopolistiques sur le marché empêchent d&#8217;adopter des solutions plus accueillantes pour l'utilisateur. L&#8217;éducation permanente peut permettre de contrer ce phénomène. Les langages de programmation peuvent s&#8217;apprendre.</p>

<p align="justify">34.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Vu l&#8217;extrême brièveté de la vie opérationnelle des matériels et des logiciels, les écoles sont souvent amenées à travailler avec des ordinateurs et des programmes qui ne sont plus en service dans l&#8217;industrie. Très souvent, les ressources financières dont dispose le secteur de l&#8217;éducation ne sont pas suffisantes pour qu&#8217;il puisse «rester dans la course» de l&#8217;évolution technologique. Le parrainage industriel serait particulièrement utile ici; et le recours au crédit-bail permettrait de rester plus facilement au contact des développements techniques. Enfin, la compatibilité insuffisante entre les différents types de matériels et de logiciels rend parfois plus difficile leur utilisation dans le système éducatif.</p>

<p align="justify">VI. <i>Les remèdes</i></p>

<p align="justify">35.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La compétitivité de l&#8217;Europe dans un contexte de réseaux à l&#8217;échelle mondiale dépendra de plus en plus du niveau d'éducation scientifique et technologique de ses habitants. Il faudrait que le Comité des Ministres encourage les Etats membres à se préoccuper, davantage qu&#8217;ils ne l&#8217;ont fait jusqu&#8217;à présent, de l&#8217;enseignement de ces connaissances de base en milieu scolaire. En outre, on devra mettre en place et promouvoir dans l&#8217;ensemble du système éducatif les conditions qui permettront aux individus de développer et de rafraîchir leurs connaissances scientifiques et technologiques tout au long de leur existence.</p>

<p align="justify">36.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La science à l&#8217;école ne doit pas simplement être présente de manière occasionnelle et fragmentaire; les questions scientifiques doivent être présentées dans leur contexte intégral. Il ne s&#8217;agit pas de donner aux jeunes une formation hautement spécialisée, mais de leur apprendre à saisir globalement l&#8217;influence de la science et de la technologie sur le monde d&#8217;aujourd&#8217;hui. Il appartient aux enseignants de montrer comment une utilisation cohérente de la science et de la technologie peut aider à résoudre un certain nombre de problèmes majeurs qui se posent à l&#8217;humanité.</p>

<p align="justify">37.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les jeunes ont besoin d&#8217;apprendre à apprendre; et ils ont aussi besoin d&#8217;acquérir un savoir et de l&#8217;appliquer (apprendre à savoir). Ils ont besoin d&#8217;apprendre à penser et à agir de manière indépendante. Ils ont besoin de pouvoir reconnaître les relations mutuelles et de sélectionner ce qui est utile dans le flot des informations disponibles. Il leur faut apprendre à procéder selon les règles, à utiliser des méthodes scientifiques pour se forger une opinion et pour présenter des arguments. Il faut que l&#8217;école offre à tous les élèves la possibilité d&#8217;accéder librement aux nouvelles technologies (par exemple à Internet) &#8211; y compris depuis leur domicile, dans toute la mesure du possible.</p>

<p align="justify">38.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les professeurs de mathématique, de physique, de chimie, de biologie, d&#8217;informatique et de technologie devraient apprendre à présenter leurs discipline de manière attrayante et à éveiller l&#8217;intérêt des élèves. Ils devraient rapporter leur enseignement au «vécu» des élèves et l&#8217;adapter à leur niveau de développement intellectuel. Il faudrait que dans toutes les matières, et pas seulement en science et en technologie, l&#8217;ordinateur devienne l&#8217;auxiliaire pédagogique indispensable, comme cela a été le cas, jusqu&#8217;à présent, du tableau noir et de la craie. L&#8217;ordinateur permettra au professeur de réaliser un saut quantitatif pour illustrer le contenu de son enseignement, y compris au niveau de la variabilité et des simulations. A condition, naturellement, qu&#8217;il ait appris à exploiter pleinement les capacités de la nouvelle technologie; et à condition qu&#8217;il dispose du bon logiciel, ce qui n&#8217;a pas souvent été le cas jusqu&#8217;à présent.</p>

<p align="justify">39.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Si l&#8217;on veut que l&#8217;enseignement puisse «parler» aux jeunes à travers leur expérience personnelle, il faut que les manuels et les autres supports didactiques soient rédigés dans une langue compréhensible, qui soit adaptée au groupe d&#8217;âge concerné. Les écoles devraient offrir à tous les élèves l&#8217;accès gratuit à Internet &#8211; y compris à partir de leur domicile, si c&#8217;est possible. Les ministères devraient participer davantage à la mise au point des logiciels et aux ensembles multimédias, et ne pas s&#8217;en remettre entièrement aux initiatives commerciales. L&#8217;élaboration de programmes de qualité impliquera la coopération <br>
&#8211; coordonnée par le ministère &#8211; de plusieurs intervenants: informaticiens, éducateurs, spécialistes d&#8217;une discipline et spécialistes des méthodes pédagogiques. </p>

<p align="justify">40.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour que les jeunes puissent acquérir une culture de base en science et en technologie, pour qu&#8217;ils puissent l&#8217;intégrer et la conserver pendant toute leur vie, il faudra que cette éducation commence plus tôt dans la vie des jeunes &#8211; c&#8217;est-à-dire, dès l&#8217;école primaire, à l&#8217;âge de 8 ou 9 ans. Cela implique qu&#8217;on dispose de maîtres qui soient suffisamment préparés; et par conséquent, cela passe par un effort considérable en matière de formation des enseignants. Les professeurs devront comprendre que l&#8217;acquisition de connaissances scientifico-techniques élémentaires est aujourd&#8217;hui aussi importante que le fait d&#8217;apprendre à lire, à écrire et à compter. </p>

<p align="justify">41.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les écoles devront manifester un plus grand intérêt pour le monde du travail et resserrer leurs liens avec les entreprises et les pouvoirs publics. Il serait bon qu&#8217;elles invitent des scientifiques et des personnes ayant une expérience de la vie active; de même, il serait bon qu&#8217;elles envoient leurs élèves faire des stages pratiques à l&#8217;extérieur. Dans ce contexte, les élèves devraient pouvoir constater l&#8217;imbrication de la science et de la technologie dans la vie quotidienne; et leur apprentissage ne devrait pas se réduire à une application fragmentaire de connaissances livresques. Il faudrait que l&#8217;industrie et l&#8217;administration publique aient la volonté de faire en sorte que des milliers d&#8217;élèves du secondaire puissent bénéficier de telles opportunités de formation.</p>

<p align="justify">42.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour que les élèves du secondaire puissent participer aux discussions sur les problèmes scientifiques et techniques, il est indispensable de disposer de médias de bonne qualité. Les jeunes ont besoin d&#8217;apprendre à obtenir des informations; il faut qu&#8217;ils sachent où les trouver et qu&#8217;ils apprennent à en évaluer la fiabilité, etc.</p>

<p align="justify">43.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C&#8217;est également dans les cours d&#8217;éducation physique, de sociologie, d&#8217;économie, de morale et de religion qu&#8217;on devra s&#8217;attacher à montrer l&#8217;importance de la science et de la technologie dans le monde actuel, analyser la question des réseaux à l&#8217;échelle mondiale, avec leurs effets sur la société, et aborder les aspects éthiques liés à la science. Il s&#8217;agit d&#8217;habituer les individus à ne pas avoir peur des nouvelles technologies et à les utiliser de manière responsable.</p>

<p align="justify">44.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L'utilisation des nouvelles technologies ne doit en aucune manière se limiter aux matières scientifiques et techniques. Dans l'enseignement des langues vivantes, l'utilisation de l'ordinateur semble déjà aller de soi. En même temps, la nouvelle technologie est en train de gagner du terrain dans l'enseignement de la littérature, du dessin et de la musique.</p>

<p align="justify">45.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il faut que le système traditionnel de notation cesse de marquer les élèves du sceau de l'échec. On doit au contraire les motiver et les encourager à s'intéresser à la science et à la technologie. Le désir de réussir l'examen de fin d'études secondaires et d'être compétitifs pour être admis à l'université ne doit pas conduire les jeunes à suivre la voie qu'ils considèrent comme étant la plus facile pour entrer à l'université, en faisant l'impasse sur les disciplines scientifiques et techniques pendant leur scolarité.</p>

<p align="justify">46.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il est parfois nécessaire, au nom de l'égalité entre les hommes et les femmes dans la société, de prendre des mesures visant expressément à promouvoir un enseignement élémentaire en science et en technologie pour les jeunes filles et les jeunes femmes. Des formules spéciales d'éducation permanente (y compris par télé-enseignement) devraient être prévues pour les femmes enceintes et les jeunes mères.</p>

<p align="justify">47.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il conviendrait de mettre à la disposition de certains élèves &#8211; les plus faibles, d'une part, et les plus doués, d'autre part &#8211; une pédagogie de soutien hors programme. Les élèves faibles ont besoin de cours dont le rythme et la progression soient adaptés à leurs capacités. Quant aux élèves très doués (on en trouve dans tous les domaines, et pas seulement en mathématiques ou en sciences), ils peuvent avoir besoin d'un enseignement personnalisé, qui les aide à découvrir et développer leurs talents. Si, par exemple, un élève &#8211; garçon ou fille&nbsp;&#8211; est très doué pour le travail manuel, mais qu'il n'ait pas d'aptitudes intellectuelles, il risque de ne pas pouvoir développer le don en question s'il ne possède pas des rudiments de science et de technologie. Il est donc souvent nécessaire de définir, pour les cas de ce genre, des approches pédagogiques spécifiques.</p>

<p align="justify">48.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le souci de compenser les handicaps sociaux devrait conduire tous les établissements d'enseignement à faire en sorte que les élèves qui ne sont pas, chez eux, équipés en matériel technologique moderne ne soient pas pénalisés au niveau de la qualité de l'enseignement et de la formation qu'ils reçoivent. Le cas échéant, il faudrait que les écoles fournissent à tous les élèves un matériel qu'ils pourraient utiliser à domicile gratuitement ou contre une redevance modique; ou bien il faudrait qu'elles installent, dans leurs murs, une salle informatique qui pourrait être utilisée en dehors des heures de classe. Les handicaps régionaux peuvent être surmontés par l'apprentissage à distance ou avec l'aide des centres urbains les plus proches. </p>

<p align="justify">49.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il est très important que les travailleurs migrants et les minorités linguistiques puissent surmonter les obstacles liés à la langue. Dans toute la mesure du possible l'enseignement de base, en sciences et en technologie, doit être dispensé dans la langue maternelle concernée; ou du moins, des explications complémentaires devraient être fournies dans cette langue.</p>

<p align="justify">50.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L'organisation, à l'échelle locale, régionale, et nationale, de concours sur le modèle du programme «Jugend Forscht» (la jeunesse dans la recherche) qui existe en Allemagne pourrait contribuer à intéresser les jeunes à la science et à la technologie, et leur montrer comment la réflexion innovante peut les aider à acquérir de meilleures qualifications dans une optique professionnelle. En même temps, des concours de ce genre représentent une occasion d'aborder de manière créative et divertissante le domaine des nouvelles technologies de la communication.</p>

<p align="justify">51.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il faudrait que tous les élèves, qu'ils choisissent ou non d'inclure l'informatique dans leur curriculum, profitent de leur scolarité pour acquérir des connaissances de base dans ce domaine (traitement de texte, recherche et traitement de l'information) et pour se familiariser avec le rôle que jouent les technologies de l'information dans notre société. Toutes les matières enseignées à l'école devraient être mises à profit pour l'apprentissage de ces notions de base; et tous les enseignants devraient être invités à participer à cet effort &#8211; pas seulement les professeurs d'informatique.</p>

<p align="justify">52.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C'est également aux parents, et pas seulement à l'école, qu'il appartient de transmettre des connaissances élémentaires dans le domaine scientifico-technique. Il faut que l'école informe les parents du contenu de l'enseignement qu'elle dispense; et il faut qu'elle leur fasse des suggestions quant à la manière dont ils peuvent seconder son action. Les institutions d'éducation des adultes devraient, elles aussi, proposer des cours d'initiation à l'informatique, à l'intention des parents.</p>

<p align="justify">VII. <i>L'offre d'éducation extrascolaire</i></p>

<p align="justify">53.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il faudrait que les institutions publiques de l'éducation des adultes organisent davantage de cours de recyclage dans le domaine des connaissances scientifiques et techniques &#8211; dans l'esprit de l'éducation permanente; et il faudrait qu'elles mettent en place des groupes de travail, au sein desquels on apprendrait à utiliser Internet. Des cours devraient également être proposés aux retraités, afin qu'ils n'oublient pas les connaissances et les savoir-faire qu'ils ont acquis, et qu'ils puissent suivre l'évolution technologique. De leur côté, les bibliothèques publiques devraient mettre des ordinateurs à la disposition de leurs lecteurs, dans un souci d'éducation permanente.</p>

<p align="justify">54.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les institutions d'éducation des adultes du secteur privé ne doivent plus se limiter à la transmission d'un savoir étroitement spécialisé, concernant des secteurs d'activité bien précis. Il faudrait, en particulier, que les partis politiques et les organismes syndicaux qui proposent ce type de cours s'efforcent d'élargir la matière de leur enseignement.</p>

<p align="justify">55.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les programmes de télé-enseignement par multimédias qui sont proposés dans le cadre de l'éducation permanente devraient satisfaire à la norme minimale susvisée. Il s'agit d'encourager chaque apprenant à s'habituer à travailler sur Internet et à utiliser le Net aux fins de l'éducation permanente.</p>

<p align="justify">56.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il faudrait que les médias, et notamment la télévision, entreprennent de familiariser un vaste public &#8211; au-delà de la minorité activement intéressée &#8211; avec le monde de la science et de la technologie; et il faudrait qu'ils développent, au sein de ce public, la volonté d'acquérir des connaissances tout au long de la vie et de tester les savoir-faire acquis.</p>

<p align="justify">57.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les cours dispensés dans le cadre de la formation continue sur l'utilisation des nouvelles technologies dans l'industrie et dans l'administration publique ont une assise trop étroite et sont trop axées sur un emploi déterminé. Il faudrait que les entreprises et les administrations publiques en question dispensent une formation plus générale et tiennent compte du fait qu'un personnel qui possède une formation relativement large représente, en fin de compte, un «plus» pour l'employeur.</p>

<p align="justify">58.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Indépendamment des cours que les institutions d'éducation des adultes organisent pour les personnes âgées (voir paragraphe 53), il serait souhaitable qu'on affecte des fonds à ce qu'on appelle les «universités du troisième âge», grâce auxquelles des gens qui ne sont plus tout jeunes peuvent bénéficier des avancées technologiques et mettre à profit la formation scientifico-technique de base qu'ils ont acquise antérieurement.</p>

<p align="justify"><i>VIII. Conclusions</i></p>

<p align="justify">59. La liste des mesures proposées dans le domaine de l'éducation scolaire et extrascolaire constitue un programme que beaucoup de pays d'Europe ne pourront mettre en &#339;uvre que très progressivement. Il ne faut pas se dissimuler que des efforts considérables seront nécessaires si l'on veut éviter de se laisser trop distancer par le développement rapide des technologies de l'information. Il s'agit d'empêcher que ne se creuse un écart entre, d'une part, un monde du travail dominé par la science et la technologie, et d'autre part la société dans son ensemble; il faudrait en tout cas, au minimum, atténuer des différences de ce genre. Ce qu'il est nécessaire d'éviter dans la mesure du possible, c'est l'émergence d'un nouveau partage de la société entre, d'un côté, ceux qui, parce qu'ils maîtrisent l'utilisation des nouvelles technologies, se sentent plus à l'aise dans le monde du travail et, de l'autre côté, ceux que l'on qualifie de «<i>computer illiterate</i>», les profanes en informatique, pour qui ce domaine restera inaccessible.</p>

<p align="justify">60. Les diverses propositions tendant à améliorer l'enseignement des connaissances de base en sciences et en technologie procèdent de la conviction que la science et la technologie ne peuvent être dissociées de la culture de notre société. Bien que de nombreux scientifiques n'aient pas encore accepté ce fait, l'éducation littéraire et l'éducation scientifique sont très proches l'une de l'autre, et ce depuis fort longtemps. Une éducation générale intégrée dans sa composante scientifique et littéraire: voilà à quoi les citoyens d'aujourd'hui devraient aspirer; car c'est ainsi qu'ils pourront relever les défis de notre temps.</p>

<p align="justify"><i>Commission saisie du rapport</i>: commission de la science et de la technologie.</p>

<p align="justify"><i>Implications budgétaires pour l'Assemblée</i>: Néant.</p>

<p align="justify"><i>Renvoi en commission</i>: <a href="/ASP/Doc/RefRedirectFR.asp?Doc=Doc. 7692">Doc. 7692</a>, Renvoi N° 2143, 27.1.1997.</p>

<p align="justify"><i>Projet de recommandation et projet de directive </i>adoptés à l'unanimité par la commission le 20 mars 1998.</p>

<p align="justify"><i>Membres de la commission</i>: MM. <i>Melnikov</i> (Président), Birraux, Mme <i>Terborg</i>, MM. <i>Tiuri</i> (Vice-Présidents), MM. About, Atac, Bauer, <i>Beaufays</i>, <i>Berceanu</i>, Brunhart, Cherep, Cherribi, Chornovil, Cioni, Cunliffe (remplaçant: <i>Etherington</i>), <i>Faldet</i>, <i>Fernandez Aguilar</i>, Frey, <i>Ivanov</i>, Janecek, Jeszenszky, Johansson, Karlsson, Kitov, Kittis (remplaçant: <i>Hadjidemetriou</i>), Lambergs, Leers, Lekberg, Lengagne, Lenzer, Liiv, Lorenzi, Maass, Melcak, Mozgan, Naysmith, <i>Lord Newall</i>, MM. Niza, <i>Olrich</i>, Onaindia, <i>Pawlak</i>, Petersen, Plattner, <i>Prokes</i>, Prusi, <i>Raskinis</i>, Rokos, <i>Roseta</i>, Ryabov, <i>Steolea</i>, Szalay, Theis, Turini (remplaçant: <i>Speroni</i>), <i>Upton</i>, <i>Uroic</i>, Vella, <i>Weyts</i>, <i>Wittbrodt</i>, <i>Yürür</i>, Zhebrovsky, Mme Zissi.</p>

<p align="justify"><i>N.B. Les noms des membres qui ont pris part au vote sont imprimés en italique.</i></p>

<p align="justify"><i>Secrétaires de la commission</i>: M. Lervik, M. Torc&#259;toriu</p>
<hr align="left" size="1" width="200" noshade><!-- TRANSIT - INFOAFTER -->
</body>
</html>
