<html>
<head>
<meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1">
<title>Responsabilités des parents et des enseignants dans l&#8217;éducation des enfants</title>
<meta name="GENERATOR" content="HTML Transit 7.0 by Stellent (tm), Inc. www.stellent.com">
<link rel="stylesheet" type="text/css" href="/PortailStyle.css">
</head>
<body bgcolor="#ffffff"><a name="TopOfPage"> </a>
<!-- TRANSIT - INFOBEFORE -->
<table width="100%" border="0" cellpadding="4" cellspacing="0">
  <tr>
    <td><div align="left"><img src="/Documents/LogoText.jpg" width="218" height="48"></div>
    </td>
    <td><div align="right"><img border="0" SRC="/images/logos/Logo130X120.jpg" width="130" height="120"></div>
    </td>
  </tr>
</table>
<hr size="1">

<p align="justify"><b>Doc. 8915</b></p>

<p align="justify">22 décembre 2000</p>

<p><b>Responsabilités des parents et des enseignants dans l&#8217;éducation des enfants</b></p>

<p align="justify">Rapport</p>

<p align="justify">Commission de la culture et de l&#8217;éducation</p>

<p align="justify">Rapporteur: M. Josep Varela i Serra, Espagne, Groupe libéral, démocrate et réformateur</p>

<p align="justify"><i>Résumé</i></p>

<p align="justify">Parmi tous les facteurs qui influencent l'éducation de l'enfant de sa naissance à l'age adulte, la famille et l&#8217;école jouent un rôle primordial. Cependant, avec les bouleversements profonds qui affectent aussi bien la famille que l&#8217;école traditionnelle, on constate une confusion croissante quant à leurs responsabilités respectives. Tous les deux manquent souvent de repères, surtout face à des défis comme les modèles alternatifs fournis par les médias ou à des phénomènes de société complexes tels que l&#8217;exclusion sociale, la marginalisation ou la violence.</p>

<p align="justify">Le rapport plaide en faveur d&#8217;une meilleure communication entre enfants - parents - école, avec la participation également du monde associatif et de l&#8217;éducation non-formelle, et la création d&#8217;un vrai partenariat entre eux.</p>

<p align="justify"><b>I. Projet de recommandation</b></p>

<p align="justify">1. L&#8217;Assemblée souligne que l&#8217;éducation est à la base du développement de tout être humain et de la société. De par son importance pour l&#8217;avenir de l&#8217;Europe, elle doit occuper une place prioritaire dans les débats de l&#8217;Assemblée et l&#8217;action du Comité des Ministres.</p>

<p align="justify">2. L&#8217;éducation, depuis la naissance de l&#8217;enfant jusqu&#8217;à l&#8217;age adulte, est un mélange de facteurs et d&#8217;influences. Deux institutions, cependant, jouent un rôle primordial et ont des responsabilités éducatives formelles devant la loi et la société&nbsp;: la famille et l&#8217;école.</p>

<p align="justify">3. Les parents ont toujours été et resteront les premiers éducateurs de l&#8217;enfant. Ils ont le droit et le devoir de mettre en place ses bases intellectuelles et émotionnelles et de développer son système de valeurs et d&#8217;attitudes, d&#8217;autant plus que l&#8217;avenir d&#8217;un enfant est fortement conditionné durant la période préscolaire. Ils doivent aussi exercer leurs responsabilités de parents d&#8217;élèves. De son côté, l&#8217;Etat, par le système éducatif, doit former les jeunes à devenir de bons citoyens et de bons professionnels et leur donner les bases d&#8217;un apprentissage et développement personnel tout au long de la vie.</p>

<p align="justify">4. Même si ce cadre général de répartition des responsabilités est clair, son application pratique devient de plus en plus problématique dans une société contemporaine en proie à des bouleversements profonds qui affectent aussi bien la famille que l&#8217;école, et non pas moins les liens entre les deux. Les changements dans la structure de la famille modifient la répartition classique des rôles, des tâches et des responsabilités en son sein. D&#8217;autre part, l&#8217;avènement de la société d&#8217;information pose des défis sans précédent au système éducatif. La famille et l&#8217;école sont en plus constamment exposées à des facteurs externes tels que les médias (surtout la télévision et Internet), les amis, la communauté etc.</p>

<p align="justify">5. Dans la situation actuelle, ni les parents, ni les enseignants sont, à eux seuls, en mesure de transmettre aux jeunes toutes les connaissances, compétences et valeurs dont ils ont besoin pour bien s&#8217;insérer dans la société. « Parent » reste le seul « métier » qui ne s&#8217;enseigne pas formellement, alors que l&#8217;école, qui détient la connaissance et l&#8217;expérience de l&#8217;éducation, manque souvent de motivation et de moyens. Et quand il s&#8217;agit de faire face à des défis comme la surabondance de l&#8217;information et des modèles alternatifs fournis par les médias, ou à des phénomènes de société graves tels que l&#8217;exclusion sociale, la marginalisation ou la violence, la famille aussi bien que l&#8217;école commencent à manquer des repères.</p>

<p align="justify">6.Face à cette multitude de situations complexes, on constate une confusion croissante quant au rôle que doivent jouer les parents et l&#8217;école dans l&#8217;éducation des jeunes. Ainsi risquent-ils de se renvoyer la balle, laissant de côté des problèmes sérieux sans que personne n&#8217;en prenne la responsabilité.</p>

<p align="justify">7. Sans vouloir dresser une liste rigide, mais convaincue de la nécessité d&#8217;une conscience accrue des responsabilités respectives des parents et de l&#8217;école, l&#8217;Assemblée considère néanmoins qu&#8217;au lieu de regarder ce que ces deux instances peuvent faire de façon isolée, il faudrait examiner comment leurs tâches et responsabilités peuvent s&#8217;articuler et contribuer à un mouvement d&#8217;ensemble. De ce fait, une meilleure communication entre enfants - parents - école, avec la participation également du monde associatif et de l&#8217;éducation non-formelle, et la création d&#8217;un vrai partenariat entre eux paraît être absolument nécessaire afin de répondre aux besoins éducatifs du notre société.</p>

<p align="justify">8. Bien que pendant les dernières années les autorités publiques se soient progressivement rendu compte de cette nécessité, le degré actuel de partenariat entre l&#8217;école et les parents peut être jugé comme insuffisant, même si des différences importantes existent entre différents pays et différents modes de vie, cultures et religions à l&#8217;intérieur de chaque pays. Les jeunes eux-mêmes ne se sentent pas suffisamment impliqués dans la prise des décisions les concernant. La communauté (autorités politiques, monde de l&#8217;économie, organisations et associations publiques ou privées, médias) devrait aussi être beaucoup plus activement engagée.</p>

<p align="justify">9. Par conséquent, l&#8217;Assemblée demande au Comité des Ministres:</p>

<p align="justify">i. d&#8217;examiner la question des responsabilités respectives des parents et des enseignants dans l&#8217;éducation des enfants et les mesures d&#8217;ordre législatif, éducatif et pratique qui peuvent améliorer la communication et renforcer le partenariat entre eux et en faire rapport à l&#8217;Assemblée;</p>

<p align="justify"> </p>

<p align="justify">ii. d'organiser en 2002 une conférence internationale sur le partenariat entre les parents et l&#8217;école, avec la participation de l&#8217;Union Européenne et l&#8217;Unesco;</p>

<p align="justify">10. L&#8217;Assemblée demande également au Comité des Ministres de conseiller aux Etats membres de prendre des mesures particulières visant, le cas échéant, à :</p>

<p align="justify">i.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  améliorer la communication et l&#8217;interaction entre les parents et les instances éducatives à tous les niveaux de l&#8217;enseignement (national, régional, local) et encourager l&#8217;établissement de partenariats, en assurant les conditions nécessaires d&#8217;ordre légal, financier et organisationnel pour la réalisation pratique de ces objectifs;</p>

<p align="justify">ii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; impliquer davantage les organisations non gouvernementales et plus particulièrement les instances pourvoyeuses d&#8217;éducation non-formelle;</p>

<p align="justify">iii. promouvoir et développer la formation continue des parents, afin de les aider à jouer leur rôle éducateur dans un monde en constante évolution, les rendre davantage conscients de leurs responsabilités et aussi pour assurer une plus grande cohérence entre les messages que l&#8217;enfant reçoit à la maison et à l&#8217;école;</p>

<p align="justify">iv. intégrer ou développer l&#8217;apprentissage des relations avec les parents dans la formation des enseignants, notamment la formation continue;</p>

<p align="justify">v. mettre en place des politiques visant à valoriser la profession des enseignants;</p>

<p align="justify">vi. proposer des solutions pour un meilleur exercice des tâches parentales dans des cas où la conciliation de la vie familiale et le travail est difficile et les enfants sont obligés de rester seuls à la maison;</p>

<p align="justify">vii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; rendre les autorités éducatives plus attentives aux besoins et aux préoccupations des jeunes, notamment à travers la création ou le renforcement de conseils d&#8217;élèves et d&#8217;autres formes de participation au niveau local, régional et national, les associer davantage aux choix éducatifs et à la solution de problèmes tels que la violence à l&#8217;école;</p>

<p align="justify">viii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; accorder une attention toute particulière à l&#8217;éducation des enfants issus de milieux sociaux et familiaux défavorisés et promouvoir des partenariats spécifiques, si nécessaire en dehors des écoles, avec les parents de tels milieux; former les enseignants aux relations interculturelles et assurer les moyens nécessaires pour surmonter les barrières linguistiques et culturelles dans les relations avec les familles d&#8217;immigrés; </p>

<p align="justify">ix.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; accroître la transparence du fonctionnement des établissements scolaires, afin de les ouvrir davantage au dialogue et d&#8217;encourager ainsi la participation des parents; adopter des horaires et des formes plus souples pour faciliter une telle participation;</p>

<p align="justify">x.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; encourager la coopération entre l&#8217;école et les collectivités locales en utilisant, par exemple, les établissements scolaires comme base pour créer un esprit communautaire, en mettant en place des structures sociales, sportives et culturelles;</p>

<p align="justify">xi.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; accroître l&#8217;autonomie des établissements scolaires afin de permettre à l&#8217;école de s&#8217;adapter plus facilement aux diverses réalités locales.</p>

<p align="justify">11. . L&#8217;Assemblée recommande aussi au Comité des Ministres de conseiller aux Etats membres de susciter un large dialogue public et une prise de conscience accrue de la nécessité de coopération entre la famille et l&#8217;école, par exemple:</p>

<p align="justify">i.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; en développant la participation des collectivités locales, des employeurs et des organisations non gouvernementales compétentes aux débats sur des questions scolaires;</p>

<p align="justify">ii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; en promouvant des débats télévisés sur l&#8217;éducation soulignant notamment les responsabilités éducatives des deux parents et des enseignants;</p>

<p align="justify">iii.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; en profitant des nouvelles technologies de la communication pour développer le dialogue entre la famille et l&#8217;école.</p>

<p align="justify"><b>II. Exposé des motifs par M. Varela i Serra</b></p>

<p align="justify"><b>1. Introduction</b></p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L&#8217;éducation, depuis la naissance de l&#8217;enfant jusqu&#8217;à l&#8217;age adulte, est un mélange de facteurs et d&#8217;influences. Deux institutions, cependant, jouent un rôle primordial et ont des responsabilités éducatives formelles devant la loi et la société&nbsp;: la famille et l&#8217;école.</p>

<p align="justify">Les parents sont les premiers et les plus importants éducateurs de l'enfant, non seulement parce que c'est un rôle qu'ils assument dès sa naissance mais surtout parce que la responsabilité de l'éducation des jeunes leur incombe. Ce sont eux qui doivent mettre en place les bases intellectuelles et émotionnelles de sa vie dans la société et développer les attitudes et les valeurs appropriées. Leur rôle est décisif car l&#8217;avenir des enfants est fortement conditionnée par leurs premières années de vie. Pour que l'école puisse jouer son rôle, ce sont encore les parents qui ont l'obligation - légale- d'y assurer la présence et la participation active de l'enfant. Ainsi, les parents doivent éduquer leurs enfants alors que l'Etat doit les former en bons professionnels et citoyens.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les changements profonds dans la société moderne ont énormément affecté ces dernières décennies la structure familiale traditionnelle et sont aussi en train de bouleverser le système éducatif. Il est certain qu&#8217;à présent ni la famille, ni l&#8217;école sont, à elles seules, capables de transmettre aux jeunes toutes les connaissances, compétences et valeurs dont ils ont besoin pour réussir leur insertion dans la société.</p>

<p align="justify"> En plus, les parents et l'école doivent faire face à des situations de plus en plus complexes auxquelles ni les uns, ni les autres semblent suffisamment préparés. Il s'agit, d'une part, de certains phénomènes de société tels que la marginalisation, l'exclusion ou la violence. D'autre part, la rapidité d'accroissement du volume des connaissances, ainsi que les changements de nature des compétences nécessaires dans la vie professionnelle, posent des défis sans précédent au système éducatif.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;On constate, en résultat, une confusion croissante quant au rôle respectif que doivent jouer les parents et les enseignants. Ils ont tendance à se reprocher mutuellement de ne pas faire le nécessaire pour éduquer les enfants. Nul ne conteste le fait que les deux ont des responsabilités, mais dans les conditions sociales, économiques et culturelles en pleine mutation la répartition des tâches change aussi, de même que la façon dont chacun perçoit ces responsabilités. L'influence respective des parents et de l'école varie aussi d'un pays à l'autre, selon les différentes cultures, traditions et religions.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il est par conséquent important de parvenir à une définition plus claire des responsabilités respectives des parents et des enseignants et surtout de les inciter à en prendre davantage conscience. Cependant, dans cette réalité complexe, où les influences de la famille, de l'école et de la société s'entremêlent, il serait impossible et inutile d&#8217;essayer de dresser une liste rigide de responsabilités respectives. Le dialogue accru et l&#8217;établissement d&#8217;un vrai partenariat représentent la meilleure voie qui permettra de progresser.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour l'instant, cette coopération n'est pas suffisante même au niveau de l'école primaire et elle diminue encore pendant les étapes suivantes de la scolarité.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pourtant, l'éducation apporte une richesse inestimable à la société et joue un rôle primordial dans le fonctionnement de la démocratie. Par conséquent, les autorités publiques devraient prêter davantage leur attention sur les problèmes dans ce domaine.</p>

<p align="justify"><b>2. Les changements dans la famille traditionnelle</b></p>

<p align="justify">Au cours des dernières décennies, la famille &quot;nucléaire&quot; a explosé et les types d'union qui auparavant étaient des exceptions se sont répandus au point où il faut désormais parler de plusieurs types de famille. Aujourd'hui le nombre d'enfants ayant des parents divorcés, ceux qui habitent avec un seul parent, ceux qui font partie de familles recomposées ou ceux qui n'ont pas du tout de foyer stable est parfois aussi important que celui des enfants de familles dites traditionnelles. Quelques pays européens sont allés aussi loin que de reconnaître même les familles des homosexuels.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sans nous prononcer ici sur ces différents types de famille, il faut souligner que la famille reste l'entité sociale jouant le rôle le plus décisif pour le développement et l'équilibre personnel de l'être humain.</p>

<p align="justify">En même temps, force est de constater que les parents doivent désormais faire face à des situations beaucoup plus complexes que dans le passé pour éduquer leurs enfants. Les relations entre &quot;petits&quot; et &quot;grands&quot; ne reposent plus sur ces règles strictes qui les régulaient pendant des siècles. Dans le passé, l&#8217;autorité parentale était incarnée par le père&nbsp;; au cas où il disparaissait, elle était transmise à la mère ou un autre parent. Depuis la deuxième moitié du XX siècle, les rôles de la mère et du père tendent à être beaucoup plus équilibrés, même si des divergences substantielles persistent entre les familles et aussi entre les cultures, les religions et les pays. La répartition des responsabilités devient de plus en plus floue en cas de parents divorcés ou de familles recomposées. Les rapports parents-enfants sont auss beaucoup moins hiérarchisés que dans le passé.</p>

<p align="justify">De plus, &quot;parent&quot; est peut-être la seule &quot;profession&quot; dans le monde pour laquelle il n'existe aucune formation. Dans le passé, le savoir était transmis d'une génération à l'autre; aujourd'hui les familles où les grands parents vivent avec les jeunes et peuvent partager leur expérience quotidiennement sont minoritaires. </p>

<p align="justify">Les pressions économiques empêchent aussi dans une grande mesure les parents à jouer leur rôle traditionnel. Le chômage peut avoir des effets dévastateurs sur le climat d'une famille et peut bouleverser les repères des jeunes quant aux objectifs de l&#8217;éducation. Mais l&#8217;éducation des enfants n&#8217;en souffre pas moins lorsque les parents ont trop de travail, ou d&#8217;autres occupations, et doivent - ou choisissent de - laisser à la télévision et à l&#8217;ordinateur le soin de «&nbsp;s&#8217;occuper&nbsp;» des enfants. La notion d'&quot;enfants - micro-ondes&quot; illustre bien ce rythme de vie qui ne permet plus des contacts continus et durables avec les enfants, pourtant essentiels pour garantir une bonne éducation. La mobilité entre les régions et les pays augmente pour la recherche du travail, alors que les attaches traditionnelles - familles nombreuses, religion et la communauté diminuent.</p>

<p align="justify">Le développement post-industriel fulgurant n&#8217;a pas éradiqué mais a, dans certains cas, accentué la pauvreté en aggravant les problèmes de marginalisation et d&#8217;exclusion. Des cités entières dans les banlieues sont la proie de la délinquance, du crime et de la drogue. Dans certaines zones défavorisées, l'école peut être la seule institution qui continue à représenter les valeurs de la société.</p>

<p align="justify">Les jeunes d&#8217;aujourd'hui souvent accumulent beaucoup plus d&#8217;informations que leurs parents comme résultat de l&#8217;influence des médias et de l'Internet, sans que leur système de valeurs et leurs capacités de jugement critique soient suffisamment développés pour leur permettre de bien faire la part des choses. Les jeunes sont aussi exposés à une culture de masse puissante qui mène souvent à l&#8217;uniformisation autour de &quot;valeurs&quot; commerciales (par exemple, la &quot;culture&quot; MacDonalds).</p>

<p align="justify">Selon le sociologue français Bourdieu, plus les parents partagent les mêmes valeurs que les institutions, plus il sera facile de contribuer au succès de leurs enfants. </p>

<p align="justify">Par contre, des chercheurs américains ont constaté que &quot;le désavantage familial se traduit par un désavantage éducatif dès le début de l'éducation scolaire formelle&quot; et cet écart s'élargit d'année en année. Même si l'école entreprend des mesures pour atténuer ces différences, son influence est relativement négligeable comparée aux forces puissantes extérieures qui influencent la vie des enfants des milieux défavorisés<sup><a href="#P124_17944" name="P124_17945">1</a></sup>.</p>

<p align="justify">Ces enfants doivent combler un écart beaucoup plus important entre la maison et ce qu'ils apprennent à l'école, surtout en ce qui concerne les pensées et les raisonnements plus abstraits, les règles de comportement informelles ou l'usage de la langue. Il leur arrive d&#8217;être moins acceptés par les enseignants et d&#8217;avoir plus de mal à développer une relation personnelle avec eux. Par conséquent, ils seront moins motivés, prendront graduellement conscience de leur échec et développeront une image négative d'eux-mêmes. Ils auront moins à perdre en ne respectant pas la discipline imposée par l'établissement scolaire. </p>

<p align="justify">Un symposium du Conseil de l&#8217;Europe sur la violence à l&#8217;école a identifié ainsi les différents aspects ayant trait à la famille qui peuvent expliquer la violence à l'école: &quot;perturbation des relations au sein du foyer (manque de chaleur), les déchirements entre parents, la séparation des parents, le fait d'être l'unique enfant, la pauvreté et les privations, un logement trop exigü, une éducation aléatoire, agressive, extrême, trop ou insuffisamment sévère de la part des parents, le manque de contrôle, le fait que les deux parents travaillent ou qu'un des deux parents doive supporter seul l'éducation des enfants, etc.&quot;<sup><a href="#P129_19444" name="P129_19445">2</a></sup></p>

<p align="justify">La différence entre les enfants de milieux socio-économiques divers s&#8217;exprime aussi dans le fait que les parents au statut plus bas dont les enfants sont dans des &quot;écoles-ghettos&quot; devront avant tout s'occuper à les protéger de la violence, alors que les parents des milieux plus aisés auront plus de chances à développer les talents spécifiques de leurs enfants.</p>

<p align="justify">Il ne faut pas pour autant conclure que les enfants issus de familles en situation difficile (chômage, immigrés etc.) soient condamnés à l&#8217;échec à l&#8217;école.</p>

<p align="justify">Enfin, le milieu socio-culturel intervient aussi dans le lien entre les enfants et les parents. Des recherches scientifiques démontrent également que la qualité des liens entre les familles et les écoles a une influence sur le succès des enfants et des adolescents.</p>

<p align="justify"><b>3. L'école face aux nouveaux défis</b></p>

<p align="justify">Pendant des siècles, c&#8217;était les parents, la communauté et l'église qui étaient chargés de l'éducation des enfants. Ensuite, l'Etat a commencé à assumer des responsabilités et a introduit l'éducation obligatoire. Celle-ci s&#8217;est généralisée après la Seconde Guerre Mondiale et a entraîné une répartition des rôles assez claire: les écoles étaient responsables de l'éducation alors que les parents était plutôt chargés de la socialisation, de l'éducation morale et du temps libre des enfants. Les églises ont commencé à se retirer de l&#8217;enseignement ou à former des partenariats avec les Etats. Puis, les écoles ont aussi pris en charge l'éducation sociale et morale des jeunes et pris soin de leur santé physique. Ainsi, la séparation entre l&#8217;éducation donnée par la famille et l&#8217;école s&#8217;est accentuée davantage. Ce n&#8217;est que depuis récemment qu'il a été reconnu que les parents devraient être considérées comme des partenaires des enseignants.</p>

<p align="justify">Mais de toute façon, les temps où les trois personnages dans les villages étaient le maire, le prêtre et l'enseignant sont révolus à jamais.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Face à l&#8217;accès sans restriction aux innombrables sources d&#8217;information qu&#8217;offrent les médias d&#8217;aujourd&#8217;hui, l'école a du mal à conserver son autorité, autrefois incontestée, dans le domaine éducatif. Les enseignants sont de plus en plus en butte aux critiques des élèves et des parents qui les jugent incapables de suivre l&#8217;évolution des connaissances et d&#8217;être en phase avec les réalités sociales de notre temps.</p>

<p align="justify">L'un des changements les plus importants dans les politiques éducatives ces dernières années, est que l'école s'oriente de plus en plus de l'enseignement (la délivrance du savoir par un agent) vers l'apprentissage (l'acquisition du savoir par un sujet). La Recommandation n° R (99) 2 du Comité des Ministres relative à l'enseignement secondaire parle d'un &quot;rôle nouveau des enseignants qui, devant la multiplication des sources de savoir et le développement des nouvelles technologies de l'information, consiste de plus en plus à favoriser l&#8217;assimilation et la maîtrise des informations et des connaissances acquises ailleurs qu'à l'école&quot;.</p>

<p align="justify">Ce rôle nouveau nécessite des méthodes d'enseignement très diversifiées et beaucoup plus de flexibilité afin de répondre aux besoins des différents groupes (marginaux, immigrés). L&#8217;enseignement doit refléter les changements dans la société et suivre leur rythme.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Malheureusement, les problèmes sociaux remettent en cause le système éducatif formel. L&#8217;école est dans l&#8217;incapacité de protéger les jeunes de la violence et des brutalités, du racisme et de l&#8217;intolérance, de la consommation abusive de drogues et d&#8217;alcool, de la promiscuité sexuelle, des maternités d'adolescentes ou des sévices et de les empêcher d&#8217;en être les acteurs. Pire, elle-même devient de plus en plus le théâtre d&#8217;incidents dramatiques.</p>

<p align="justify">Tout ceci pose la question de savoir si le cadre institutionnel définissant les droits et les responsabilités des professeurs est adapté aux nouvelles réalités. Le manque d'intérêt et des salaires bas provoquent un recul de la profession, ce qui augmente la surcharge de ceux qui restent, ou amène les écoles à recruter du personnel moins qualifié, ce qui fait baisser la qualité de l'enseignement. Des classes énormes ne laissent quasiment pas de place pour des contacts humains, et ceci exactement au moment où cela est de plus en plus nécessaire. Le budget restreint de l'enseignement ne suffit pas à bien former des professeurs, à doter les écoles d&#8217;outils scolaires modernes et à leur donner une apparence agréable.</p>

<p align="justify">Il est très important de revaloriser la profession d&#8217;enseignant. Ceci ne s&#8217;obtient pas uniquement par l&#8217;argent. Il faut, d&#8217;une part, faire comprendre aux jeunes enseignants qu&#8217;ils sont des acteurs sociaux de haut niveau et, d&#8217;autre part, sensibiliser la société quant à l&#8217;importance de cette profession.</p>

<p align="justify">La Recommandation sur l'enseignement secondaire pose aux enseignants un nombre impressionnant d'objectifs:</p>

<p align="justify">&quot;i. Plus encore que par le passé, l'enseignement secondaire devrait remplir un rôle déterminant au sein du système éducatif en général:</p>

<p align="justify">&#8211; pour transmettre les valeurs communes de respect des droits de l'homme, de citoyenneté démocratique, de solidarité, de tolérance, de pluralisme, de lutte contre le racisme et l'antisémitisme et de respect mutuel entre les personnes et les sexes, les groupes sociaux et les peuples;</p>

<p align="justify">&#8211; pour sensibiliser les jeunes à leurs responsabilités et leurs devoirs en tant que citoyens dans le respect des droits des autres;</p>

<p align="justify">&#8211; pour donner aux jeunes les connaissances, les compétences, les savoir-faire et les attitudes dont ils auront besoin pour faire face aux défis majeurs de la société européenne et mondiale;</p>

<p align="justify">&#8211; pour préparer les jeunes aux formations supérieures et à l&#8217;éducation tout au long de la vie, à la mobilité, au travail et à la vie quotidienne dans une Europe tolérante, démocratique, multilingue et multiculturelle;</p>

<p align="justify">&#8211; pour faire prendre conscience aux jeunes de leur héritage culturel commun et de leurs responsabilités communes en tant que citoyens européens.&quot;</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L&#8217;école ne peut pas réussir dans cette tâche énorme sans le partenariat avec les parents. Ceci nécessite aussi le soutien de la communauté et des autorités publiques.</p>

<p align="justify"><b>4. Droits et responsabilités</b></p>

<p align="justify">Plusieurs pays adoptent des politiques visant à engager davantage les parents dans l'éducation. Une relation plus complexe est nécessaire: il faut un vrai partenariat afin que chacun apporte son expérience et ses idées au profit d'une tâche commune. Il s'agit aussi d'apprendre l'un de l'autre.</p>

<p align="justify">L'Association Européenne des Parents (EPA) ainsi que plusieurs chercheurs insistent sur le fait que les parents ainsi que les écoles ont des droits et des obligations. Voici certains de principaux droits et devoirs des parents dans la Charte de l'EPA:</p>

<p align="justify">- Les parents ont le <i>droit</i> de se voir reconnaître la primauté dans l'éducation de leurs enfants. </p>

<p align="justify">- Les parents ont le <i>devoir</i> d'élever leurs enfants de manière responsable et de ne pas négliger leur éducation. </p>

<p align="justify">- Les parents ont le <i>droit</i> de plein accès au système d'enseignement pour leurs enfants en fonction de leurs besoins, de leurs capacités et de leurs mérites. </p>

<p align="justify">- Les parents ont le <i>devoir</i> de s'engager personnellement dans l'éducation scolaire dispensée à leurs enfants. </p>

<p align="justify">- Les parents ont le <i>droit</i> d'accéder à toutes les informations des institutions d'éducation relatives à leurs enfants. </p>

<p align="justify">- Les parents ont le <i>devoir</i> de communiquer aux écoles de leurs enfants toutes les informations utiles pour parvenir à leur objectif commun d'éducation. </p>

<p align="justify">- Les parents ont le <i>droit</i> de choisir pour leurs enfants l'enseignement qui correspond le mieux à leurs convictions et aux valeurs qu'ils estiment primordiales dans l'éducation de leurs enfants. </p>

<p align="justify">- Les parents ont le <i>devoir</i> de choisir judicieusement et consciencieusement l'éducation donnée à leurs enfants. </p>

<p align="justify">- Les parents ont le <i>droit</i> d'exercer une influence sur la politique mise en &#339;uvre par l'école où ils ont placé leurs enfants. </p>

<p align="justify">- Les parents ont le <i>devoir</i> de s'engager personnellement envers l'école où ils ont placé leurs enfants car elle constitue un élément vital de leur communauté locale. </p>

<p align="justify">- Les parents et leurs associations ont le <i>droit</i> d'être activement consultés sur la politique des pouvoirs publics en matière d'éducation. </p>

<p align="justify">- Les parents ont le <i>devoir</i> de désigner des associations représentatives et démocratiques pour représenter leurs intérêts. </p>

<p align="justify">La coopération entre la famille et l&#8217;école se heurte à de nombreuses difficultés dont l'une, et non la moindre, est que ce partenariat exige aussi bien des parents que des enseignants de s&#8217;y investir davantage et d&#8217;y consacrer du temps que ni les uns, ni les autres croient avoir. En fait, c'est une priorité mais il faudrait faire un grand effort de sensibilisation dans ce sens.</p>

<p align="justify"> </p>

<p align="justify">Il y a également une différence essentielle dans la définition que les parents de milieux sociaux différents donnent de leur participation à la vie scolaire et de leur façon de voir la répartition des responsabilités.</p>

<p align="justify">En principe, il paraît que les parents des classes défavorisées sont moins disposés ou habitués à s'adresser à l&#8217;école, alors que ceux des classes moyennes considèrent le fait de poser des questions aux enseignants et d'aborder le processus scolaire d'une façon critique comme un droit. Ceci s'explique en grande partie par le fait que ces derniers partagent dans une plus grande mesure le &quot;capital culturel&quot; que l'école transmet aux élèves.</p>

<p align="justify">En cherchant à attirer les parents, il faut également se rendre compte qu'ils ne sont pas une masse homogène et que ceux qui s'impliquent le plus ne sont pas forcément représentatifs de tous les parents. Tous les parents veulent le meilleur pour leurs enfants, mais la notion de ce qui serait le meilleur pour tous n'est souvent pas la même.</p>

<p align="justify">La façon dont les parents participent à la vie scolaire de leurs enfants change aussi avec le temps. Plus la matière devient complexe, moins ils sont capables d'aider à la préparation des leçons et des devoirs. Les programmes scolaires changent maintenant à une telle vitesse pour intégrer de nouvelles connaissances que même les parents les plus instruits se sentent souvent complètement dépassés. Leur participation s'exprime alors de façon différente - en choisissant la bonne école, en payant des cours particuliers ou des voyages d'études etc. </p>

<p align="justify">D'autre part, surtout à partir du secondaire, les adolescents commencent à se sentir gênés de voir souvent leurs parents à l'école car ils ont peur que leurs camarades de classe n'interprètent ceci comme du contrôle parental.</p>

<p align="justify"><b>5. Communication entre l'école et les parents</b></p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La nécessité d&#8217;un partenariat entre les parents et l&#8217;école est maintenant reconnue par les autorités publiques. Le dispositif législatif, d&#8217;une manière générale, est aussi mis en place. C&#8217;est au niveau de la pratique que les choses parfois semblent les plus difficiles. </p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La communication est au c&#339;ur du partenariat et c&#8217;est là que les écoles, aussi bien que les association des parents, doivent faire encore beaucoup d&#8217;efforts et faire preuve d&#8217;imagination.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L&#8217;école doit trouver des solutions pour abaisser les barrières gênant l&#8217;accès de l&#8217;école aux parents. Ils est important qu&#8217;ils soient bien accueillis, qu&#8217;ils se sentent à l&#8217;aise et que la rencontre se fasse d&#8217;égal à égal, dans le respect et la confiance.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Selon des experts, une des raisons pour lesquelles les parents évitent l&#8217;école est qu&#8217;ils ont peur d&#8217;être jugés par rapport à la réussite de leurs enfants. Le fait d&#8217;appeler un parent et de lui demander de venir voir le professeur est souvent associé avec un problème, une urgence. Les entretiens restent centrés sur ce qui va mal et cela engendre des difficultés de communication. Une attitude plus positive de la part des enseignants aiderait les parents à s&#8217;impliquer davantage dans la vie scolaire.</p>

<p align="justify">Des efforts spéciaux sont nécessaires pour attirer vers l&#8217;école les parents défavorisés et immigrés. C&#8217;est pourquoi la formation aux relations interculturelles doit faire parti de l&#8217;éducation des enseignants. Des formules différentes appliquées par des écoles ont eu du succès et méritent d&#8217;être plus largement diffusées&nbsp;: du café le matin à la maternelle avec les mamans, des réunions sur des sujets intéressant les pères, des rencontres en dehors de l&#8217;école, dans les quartiers où habitent les familles des immigrés.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Une bonne idée consiste aussi à former des «&nbsp;parents contacts&nbsp;» qui viendraient en appui d&#8217;autres parents dans le cadre d&#8217;un dialogue personnel et direct parents/enseignants. De façon plus générale, les fédérations de parents d&#8217;élèves ont une grande responsabilité dans les stratégies de communication et de formation pour apprendre aux parents à s&#8217;exprimer et à tisser un véritable réseau de relations.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La formation des parents doit s&#8217;effectuer aux niveaux individuel et collectif (associations). Malheureusement, les moyens provenant des cotisations des familles et des aides gouvernementales sont aléatoires et difficiles à obtenir et, de toute façon, insuffisants pour assurer une formation correcte.</p>

<p align="justify">Il est important aussi de développer la fonction du médiateur, sans que pour autant il devienne la solution panacée qui remplace le dialogue.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La communication est aussi, et surtout nécessaire dans le cas de problèmes tels que la violence à l&#8217;école. C&#8217;est rarement un phénomène qui est uniquement la faute soit de l&#8217;école, soit des parents. C&#8217;est pourquoi les accusations mutuelles ne servent pas à grand chose&nbsp;; par contre, le dialogue est primordial.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dans leurs relations avec les parents, les écoles doivent se rendre compte de la réalité des parents qui travaillent, car les rencontres organisées uniquement pendant les heures scolaires ne suffisent pas.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La révolution informatique crée de nouvelles possibilités de communication. Grâce à l&#8217;Internet, l&#8217;interaction entre parents et enseignants peut être considérablement facilitée, d&#8217;autant plus qu&#8217;elle peut rapprocher à l&#8217;école des parents qui autrement n&#8217;y vont jamais. Ils peuvent être mieux informés des politiques et du programme de l&#8217;école, connaître et contrôler l&#8217;évolution de leur enfant, suggérer des idées. Ceci étant, il ne faudrait pas que la communication électronique se substitue au contact humain.</p>

<p align="justify"><b>6. Formes de représentation des parents</b></p>

<p align="justify">On considère généralement que les parents peuvent être impliqués dans l'éducation de quatre façons différentes: dans l'école, dans des activités d'apprentissage à la maison, dans des relations entre la famille, l'école et la communauté et dans l'administration de l'enseignement.</p>

<p align="justify">Cette dernière prend deux formes principales: représentation dans des organismes responsables des politiques éducatives (ou au moins des organes consultatifs) au niveau national, régional et local et participation dans l'administration des écoles individuelles.</p>

<p align="justify">  </p>

<p align="justify">Tous les pays ont mis en place des politiques qui encouragent la participation collective des parents. Mais les types et les niveaux de représentation dans l'administration de l'éducation ou dans les organismes consultatifs varient d'un pays à l'autre.</p>

<p align="justify">D'après une étude menée par Eurydice (Le réseau d'information sur l'éducation en Europe) couvrant les pays membres de l'Union Européenne (UE), de l'Association Européenne de libre-échange (AELE) et de l'Espace économique européen (EEE), les représentants des parents dans ces pays ont le droit au moins d'être impliqués dans les choix de caractère éducatif général (curriculum, méthodes de travail, horaires, des projets-pilotes etc.)<sup><a href="#P230_35555" name="P230_35556">3</a></sup>.</p>

<p align="justify">Dans tous les pays de l'Union Européenne les parents sont organisés en associations. Dans certains pays (le Danemark, la France, l'Allemagne, l'Irlande et l'Espagne) des membres de ces associations ont le droit de siéger et formuler des avis dans les plus importants comités nationaux responsables de l'éducation.</p>

<p align="justify">Dans la majorité de ces pays les parents participent dans des structures formelles du système éducatif depuis les années 1970. Dans les années 1990 des réformes de la législation et de l'éducation ont donné à la participation des parents une base statutaire. L'autonomie des écoles et la participation des parents dans l'administration des écoles sont maintenant au centre des débats et des nouvelles initiatives législatives.</p>

<p align="justify">Au niveau européen, la tâche de la coordination des associations est assumée par quelques fédérations:</p>

<p align="justify">- L'Association Européenne des Parents (EPA)</p>

<p align="justify">- La Confédération des organisations familiales de la Communauté européenne (COFACE)</p>

<p align="justify">- Le Groupement international des associations de parents de l'enseignement catholique (OE-GIAPEC)</p>

<p align="justify">Dans tous les pays, les parents sont représentés surtout au niveau de l'école. Sur le plan national et régional/local, les parents ne sont pas toujours représentés dans les structures consultatives même là où elles existent. Par contre, certains pays ont des organismes nationaux composés exclusivement de parents qui ont des fonctions consultatives auprès du ministère de l'éducation.</p>

<p align="justify">En ce qui concerne les organes représentatifs, les parents ont généralement une représentation minoritaire à chacun des trois niveaux: central - régional/local - écoles. La participation paritaire n'existe pas au niveau national et assez rarement au niveau intermédiaire. La participation majoritaire peut être trouvée uniquement au niveau de certaines écoles au Danemark et en Ecosse.</p>

<p align="justify">Ces organismes ont deux types de pouvoirs: consultatifs et décisionnels. La fonction consultative est comprise comme le droit à l'information et le droit ou l'obligation de donner des avis, sur demande ou de façon spontanée. Les fonctions décisionnelles comprennent tous les processus, y compris la prise de décisions et leur exécution.</p>

<p align="justify"><i>Au niveau national</i></p>

<p align="justify">Sur le plan national et régional/local les parents sont surtout impliqués dans les structures consultatives avec quelques petites exceptions.</p>

<p align="justify">Selon une étude de l'OCDE<sup><a href="#P252_38060" name="P252_38061">4</a></sup>, le Danemark, la France, l'Allemagne, l'Irlande et l'Espagne ont assuré la participation des parents dans les principaux organismes nationaux responsables des politiques éducatives.</p>

<p align="justify">En ce qui concerne le curriculum, au Danemark, en Irlande et en Espagne, les parents sont représentés dans les comités nationaux qui s'occupent des programmes scolaires. En Allemagne, chaque <i>Land</i> a un conseil de parents qui donne des avis au ministère de la Culture sur des matières éducationnelles. Par contre, en Angleterre, au Pays de Galles et en France les parents ne sont pas du tout impliqués dans l'élaboration du curriculum au niveau national.</p>

<p align="justify">En ce qui concerne le niveau régional/local et les écoles, la situation varie énormément d'un pays à l'autre.</p>

<p align="justify"><i>Au niveau des écoles</i></p>

<p align="justify">A ce niveau les organes participatifs ont souvent des pouvoirs qui vont jusqu'à la prise de décisions, concernant surtout la gestion quotidienne de l'école comme les horaires, les activités extra-curriculaires, les relations parents/professeurs ou les dépenses. Parfois les parents ont même leur mot à dire sur certains aspects essentiels du fonctionnement du système éducatif comme par exemple le budget, la politique du personnel (même le choix du maître d'école), les programmes et les méthodes d'enseignement.</p>

<p align="justify">L&#8217;étude de l'OCDE sur la participation des parents dans les écoles primaires nous donne un tableau très diversifié. Dans les 12 pays examinés, environ 60% des élèves du primaire sont considérés comme étant dans des écoles où les parents participent aux décisions financières et organisationnelles mais moins d'un élève sur quatre est dans une école où les parents ont une influence sur la politique du personnel. Les pays où la participation est la plus large, selon l'étude, sont l'Italie et l'Espagne, à l'opposé de la Grèce, de la Belgique et de la France. La participation dépend aussi du niveau d'autonomie des établissements scolaires et s'ils ont des organismes de gestion ou simplement des conseils d'établissement. De ce point de vue, selon la même étude, les plus avancés sont l'Angleterre et le Pays de Galles où des conseils d'administration dans les écoles prennent toutes les décisions importantes.</p>

<p align="justify">Selon une étude du Conseil de l'Europe relative aux écoles secondaires<sup><a href="#P265_40474" name="P265_40475">5</a></sup>, de nombreux pays soulignent que la création des conseils d'administration dans les établissements ou le renforcement de leurs compétences et pouvoirs constitue un moyen important d'atteindre les objectifs de l'écoles. Des mesures dans ce sens ont du reste été prises pratiquement partout en Europe ces dernières années. Mais ces conseils diffèrent considérablement en termes de composition, de pouvoirs et de statut.</p>

<p align="justify">Il est évident que la création de telles institutions à l'intérieur des établissements scolaires afin d'en gérer l'autonomie est un phénomène très récent en Europe centrale et orientale, mais la plupart des pays ont déjà adopté la législation et les règlements nécessaires.</p>

<p align="justify">Parfois même de &#8220;petites&#8221; choses comme l&#8217;adoption d&#8217;horaires plus souples (par exemple le soir après le travail) pour les rencontres avec les parents peuvent faire la différences. En réalité, cependant, faire ces aménagements est bien plus difficile qu&#8217;il ne le paraît, car un tas de problèmes, comme ceux liés à la législation du travail des enseignants, s&#8217;y mêlent. </p>

<p align="justify"><b>7. Représentation des élèves</b></p>

<p align="justify">C'est un aspect des relations entre la famille et l'école qui est souvent négligé et qui est pourtant essentiel dans le processus d'éducation. La participation des élèves est un aspect important de leur apprentissage de la démocratie. Plusieurs pays sont d'avis que les jeunes doivent petit à petit prendre certaines responsabilités de leurs parents. </p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Lors d&#8217;une audition que la Commission de la culture et l&#8217;éducation a tenue le 5 mai 2000 avec des représentants d&#8217;associations de parents, d&#8217;enseignants et d&#8217;élèves, le représentant de l&#8217;OBESSU a exprimé le désir des jeunes de voir les professeurs s&#8217;intéresser davantage à ce que les élèves ont à dire. Il a aussi attiré l&#8217;attention sur le fait que de plus en plus des jeunes sont complètement désintéressés par l&#8217;école et refusent d&#8217;y aller. Pourtant, il a estimé que le contact humain reste beaucoup plus «&nbsp;interactif&nbsp;» et enrichissant que l&#8217;ordinateur, malgré la fascination qu&#8217;éprouvent jeunes pour les nouvelles technologies.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les participants à l&#8217;audition étaient unanimes que le rôle des élèves ne devrait pas se limiter uniquement à l&#8217;apprentissage des connaissances. En effet, les élèves essaient souvent de s&#8217;entraider avant de solliciter les professeurs et, dans certains cas, ils aident aussi les enseignants et les maîtres d&#8217;école. Les jeunes peuvent parfois suggérer les meilleures solutions dans des problèmes graves comme la violence à l&#8217;école. Dans ce contexte, le rôle des conseils d&#8217;élèves est très important.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Selon l'étude de l'OCDE, au Danemark, en France, en Allemagne et en Espagne, les écoles secondaires d'habitude ont des conseils d'élèves et les élèves sont aussi représentés dans les conseils administratifs. En Espagne, par exemple, les conseils d'administration des écoles primaires ont sept sièges pour les représentants des parents; en secondaire, ces sièges sont partagés entre quatre parents et trois élèves qui ont le droit de vote. Ces conseils ont un vrai pouvoir et sont responsables pour l'élection du maître d'école.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La même étude montre que trois pays - le Danemark, l'Espagne et l'Allemagne ont des représentants des élèves dans des organes consultatifs nationaux. </p>

<p align="justify"><b>8. Coopération entre les écoles et la communauté</b></p>

<p align="justify">L'école est souvent accusée de s'enfermer et de vivre dans un état de &quot;splendide isolement&quot;. Mais dans la foulée de la décentralisation et de l'autonomie des établissements, les échanges avec le monde extérieur est un résultat logique.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;En effet, l'école peut améliorer ses liens avec les parents en nouant des liens plus forts avec d'autres groupes de la communauté.</p>

<p align="justify">La Recommandation du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe sur l'éducation secondaire note que &quot;de plus en plus, il apparaît que l&#8217;unité élémentaire du système éducatif n&#8217;est plus seulement la classe, mais l&#8217;établissement et son environnement. C&#8217;est donc autour d&#8217;une équipe éducative, multiprofessionnelle (enseignants, administrateurs, inspecteurs, documentalistes, psychologues et conseillers, &#8230;), que devraient s&#8217;organiser l&#8217;enseignement et l&#8217;apprentissage et s'organiser la vie en commun de l&#8217;établissement.&quot;</p>

<p align="justify"> </p>

<p align="justify">&quot;Cette approche nécessite également une ouverture vers le monde extérieur et l&#8217;ensemble des acteurs qui constituent la communauté éducative (familles, autorités scolaires et politiques, monde de l&#8217;économie, organisations et associations publiques ou privées, etc.) et implique que l&#8217;établissement dispose d&#8217;un minimum d&#8217;autonomie, afin qu&#8217;il puisse mettre en place une véritable &quot;pédagogie du projet&quot; dans un contexte lui assurant aide et support adaptés aux circonstances et aux résultats.&quot;</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L'école peut contribuer à créer un esprit collectif dans la communauté en offrant ses locaux pour des activités sportives, des classes pour la formation des adultes, etc. Dans de nombreux pays il existe des accords qui assurent la participation de l'école à des activités communautaires et, d'autre part autorisent la collectivité à utiliser les locaux.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Malheureusement, les bonnes intentions ne sont pas souvent suivies d'action et ce n'est pas uniquement la faute de l'école. Surtout dans des zones défavorisées où l'esprit collectif est très faible, la plupart des efforts émanent de l'école.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il est essentiel, par exemple, de renforcer les liens avec le monde des affaires qui peut fournir une expérience professionnelle et même parfois des emplois. Il peut aussi conseiller les écoles dans l'élaboration de programmes pour la future carrière. Pour l'instant, les conseils d'établissement n'incluent presque jamais des représentants de la communauté.</p>

<p align="justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Finalement, la transparence de l&#8217;activité de l&#8217;institution scolaire est essentielle pour lui assurer une juste place dans la société. Les parents ont besoin de savoir ce qui se passe pour leurs enfants et les élus doivent savoir comment sont utilisés les fonds publics. L&#8217;information devrait aussi aider la prise de décision.</p>

<p align="justify"><i>Commission chargée du rapport</i>: commission de la culture et de l'éducation</p>

<p align="justify"><i>Renvoi en commission:</i> <a href="/ASP/Doc/RefRedirectFR.asp?Doc=Doc. 8476">Doc. 8476</a>  et renvoi n°  2421 du 20 septembre 1999</p>

<p align="justify"><i>Projet de recommandation:</i> adopté à l'unanimité par la commission le 13 décembre 2000.</p>

<p align="justify">Membres de la commission: MM. <i>Roseta</i> (Président), MM. <i>de Puig</i>, Ivanov (Vice-Présidents), Arzilli, Bartumeu Cassany, Baumel, <i>Billing</i>, Mme Castro (rempl.&nbsp;: <i>Varela i Serra</i>), Cherribi, Chiliman, Cubreacov, Dumitrescu (rempl.&nbsp;: <i>Baciu</i>), Fayot, Mme Fehr, Mme Granlund, MM. <i>Hadjidemetriou</i>, <i>Haraldsson</i>, <i>Hegyi</i>, Henry, Irmer, Mme <i>Isohookana-Asunmaa</i>, MM.&nbsp;Jakic, Javelidze, Kalkan, Mme Katseli, MM. Khripel, <i>Kiely</i>, Kofod-Svendsen, Kovacevic, Lachat, Mme Laternser, MM. Legendre, Lemoine, <i>Libicki</i>, Mme <i>Lucyga</i>, MM. McNamara, Melnikov, Mezeckis, Monfils, Mme <i>Moserova</i>, M. Nagy, Mme <i>Nemcova</i>, MM. O&#8217;Hara, <i>Pinggera</i>,  Mme <i>Poptodorova</i>, MM. Pullicino Orlando, Ragno (rempl.: <i>Rigo</i>), Risari, Mme <i>Saele</i>, M <i>Sa&#287;lam</i>, Mme Schicker, MM. Schweitzer, Shaklein, Siebert, Mme Stefani, MM. Svec (rempl. Mme <i>Keltosova</i>), Symonenko, Taliadouris, Mme Troncho, MM. <i>Urbanczyk</i>, Vahtre, <i>Valk</i>, <i>Wilshire</i>, Xhaferi, ZZ (Ukraine) (rempl.&nbsp;: <i>Manchulenko)</i></p>

<p align="justify">N.B. Le nom des membres présents à la réunion est en italiques.</p>

<p align="justify"><i>Secrétaires de la commission</i>: M. Ary, Mme Theophilova-Permaul, et Mlle Kostenko</p>
<hr align="left" size="1" width="200" noshade>

<p align="justify"><sup><a name="P124_17944" href="#P124_17945">1</a> </sup> <i>Karl L. Alexander and Doris R. Entwisle,</i> &quot;Schools and Children at Risk&quot;, In: &quot;Family-School Links: How Do They Affect Educational Outcomes?&quot;, Lawrence Erlbaum Associates, Publishers, 1996, Mahwah, New Jersey</p>

<p align="justify"><sup><a name="P129_19444" href="#P129_19445">2</a> </sup> &quot;Violences à l'école: sensibilisation, prévention, répression&quot;: Rapport du Symposium tenu à Bruxelles (Belgique), 26-28 novembre 1998 par Nicole Vettenburg, Rapporteuse générale</p>

<p align="justify"><sup><a name="P230_35555" href="#P230_35556">3</a> </sup> &quot;The Role of Parents in the Educational Systems of the European Union&quot;, EURYDICE </p>

<p align="justify"><sup><a name="P252_38060" href="#P252_38061">4</a> </sup> &quot;Parents as Partners in Schooling&quot;, Centre for Educational Research and Innovation, OCDE</p>

<p align="justify"><sup><a name="P265_40474" href="#P265_40475">5</a> </sup> &quot;L'enseignement secondaire en Europe: problèmes et perspectives&quot; par Denis Kallen, Editions du Conseil de l'Europe, 1997</p><!-- TRANSIT - INFOAFTER -->
</body>
</html>
